Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
Centre de pêche en Bosnie.

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Mot-clé - La Bienne

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vendredi 11 septembre 2026

Que penser de cette fermeture temporaire de la pêche dans le Jura ?

Depuis le 09-09-2026, la pêche dans le Jura est de nouveau autorisée sur la rivière d'Ain, la Bienne et tous leurs affluents. L'arrêté préfectoral lié à l'interdiction des diverses activités aquatiques a été levé. Il reste donc une grosse semaine pour en profiter canne en main.

La pêche a été fermée presque 6 semaines sur le bassin de l'Ain et presque 9 semaines sur celui de la Bienne. Sur cette dernière, c'est quasiment un tiers de la saison complète qui a été fermé à la pêche. Tout sauf une paille. Il y aura forcément des conséquences.

À l'évidence, à travers la fermeture de la pêche, c'est avant tout l'équité entre les diverses activités aquatiques qui était visée. En résumé, si l'on veut interdire la navigation, le canyoning ou bien encore la baignade, il faut interdire la pêche. Si l'action de départ est louable bien que discutable (j'y reviendrais), il convient d'analyser ce qu'il s'est réellement passé sur le terrain.

La pêche a été interdite partout sur la Bienne et l'Ain comme sur les affluents sauf de Pont-Du-Navoy à Marigny (uniquement du bord). La raison est toute simple. Une mise à l'eau de canoës à Pont-Du Navoy (comment interdire complètement la pêche si on laisse les canoës naviguer ?) . Eux, ont eu une dérogation pour continuer leur activité et 9h à 17h. Pêche interdite sur les secteurs amont où l'eau possédait une thermie conforme à la pêche de la truite, mais autorisée sur un secteur aval en surchauffe. La logique ? Aucune. Tout comme le canyoning qui a continué tout l'été dans un affluent de l'Ain comme de la Bienne. Là aussi, autre dérogation.

Le canoë et le canyoning sont visiblement des activités économiques qui comptent pour les services de l'état. Les détaillants d'articles de pêche et les guides de pêche pas du tout en comparaison. Ces derniers, on les a totalement ignoré durant cette période. Alors qu'un guide justement, allait pouvoir expliquer à ses clients les problèmes rencontrés cet été, les informer sur les différences de thermie et les emmener sur les linéaires encore compatibles avec l'exercice de la pêche de la truite. Car il y en avait dans le Jura. Encore une fois, mauvaise pioche.

Pour la baignade c'est encore différent. Comment contrôler des centaines de kilomètres sur plusieurs rivières ? Impossible. Alors bien entendu la baignade a continué cet été. Au final, seule la pêche a été interdite réellement. C'est la réalité de terrain.

Mon avis est qu'il faut sortir de cet arrêté cadre. Conserver notre indépendance sans être tributaires des autres activités. Car avec un peu de recul et de vécu sur la rivière et non loin d'elle, est-ce que c'est vraiment nécessaire de se battre pour tout interdire ?

La seule activité réellement néfaste pour les milieux en période d'étiage sévère, c'est le canyoning. Après cet été, nous avons bien compris que cette activité était plus forte que nous. Cela rend les choses déjà bien plus compliquées. Comment faire accepter à des pêcheurs qu'ils ne peuvent pas aller pêcher des gorges d'affluents en été alors que le canyoning s'y pratique tous les jours ? Impossible pour moi.

Ensuite, il y a le canoë. Même si en tant que pêcheur j'ai les poils qui se dressent quand ils arrivent sur moi, il faut rester objectif. Cette activité ne nuit pas au milieu. De plus, un peu comme la pêche, quand les niveaux sont vraiment trop bas, ils ne peuvent plus en faire ou presque. Pour finir vient la baignade. De la même façon, certains excès me rendent fou comme l'utilisation de crème solaire, les déchets laissés sur place, ou bien les abus avec, pour les avoir vu, des cavaliers venant en nombre avec leur chevaux dans la rivière. Mais une fois encore, comment interdire les gens de se baigner avec ces chaleurs excessives ? J'ai reçu de nombreux appels ce mois d'août pour m'avertir que des personnes se baignaient les lots de notre AAPPMA. Qui je suis moi pour interdire la baignade alors que je me suis baigné dans cette rivière tous les étés de 7 à 20 ans ? À aucun moment je ne suis allé voir ces personnes où je les ai dénoncées. Encore une fois, il me semble que le dialogue, l’information et la pédagogie pour éviter les abus sont les solutions. On ne peut pas tout interdire tout le temps. Les rivières ont besoin de la présence des pêcheurs pour continuer à être témoin des abus comme le braconnage, les pollutions, les pompages illégaux. Ou bien encore pour gêner les oiseaux piscivores. Les canoës et les baigneurs aident aussi pour ces derniers. Avec le recul, il vaut mieux trop de présence que pas du tout pour les oiseaux, sincèrement.

Il y a aussi les dommages collatéraux. Pour moi, cette interdiction de pêche fait beaucoup plus de mal que de bien. Deux personnes du village sont venues aux renseignements cet été pour savoir s'il était possible d’emmener un gosse pêcher des vairons à la rivière. Je les ai informé de la situation. Arrêté préfectoral interdisant la pêche. Alors que l'été et les basses eaux sont faites pour ça, Une pêche de famille sécurisante avec un gamin. D'autres m'ont appelé pour savoir s'ils pouvaient faire leur bourriche d'écrevisses américaines sur un affluent bien connu de l'Ain. Ben non, arrêté préfectoral interdisant la pêche. Aucun passe droit avec ce texte. Moi qui passe mes étés à courir après les chevesnes et brochets sur nos lots tout en laissant bien tranquille les truites, pareil, interdit. Il est où le problème d'un gosse qui pêche des vairons et d'une pêche de chevesnes avec ces conditions ? Aucun. Mauvaise pioche une fois encore.

Sans parler du message global que l'on fait passer en interdisant la pêche. On admet finalement que notre loisir a un impact négatif sur le milieu lors de ces périodes estivales. En plus d'être totalement faux, il ne faudra pas se plaindre si nos détracteurs reprennent le bâton qu'on vient de leur offrir sur un plateau d'argent. Car finalement, s'il y a eu de grosses campagnes d'informations pour que l'on se méfie des associations anti-pêche, c'est les pêcheurs eux-mêmes qui ont fermé la pêche. Ils n'ont eu besoin de personne.

En aparté, il y a des choses aussi totalement loufoques. Le système de prise de carte sur le net cartedepeche.fr n'empêchait aucunement les touristes pêcheurs de prendre des cartes temporaires (journée ou hebdomadaire) sur les AAPPMA où la pêche était fermée. Donc un type, venant de Mayenne par exemple, prenant sa carte journalière car de passage dans le coin, se voyait alpaguer par un garde au bord de l'eau pour lui signifier que la pêche était interdite. Ou passait sa journée à la pêche dans l'ignorance totale. Nul n'est sensé ignorer la loi me direz-vous. Je vous raconte donc l'histoire d'un client qui est venu prendre quelques mouches à la maison en début de semaine. Cet homme a appelé deux fois la fédération courant août pour préparer son séjour de deux semaines dans le Jura en région de Champagnole. On lui a donné de nombreuses informations mais c'est moi qui lui ai appris l'interdiction de pêche sur les principales rivières du département. Autant vous dire qu'il était sur les fesses. La base serait quand même de mettre un message automatique avant validation de la carte temporaire sur le système cartedepeche.fr. Là, on a continué à vendre des cartes à des personnes qui n'avaient pas le droit de pêche. C'est très limite me semble t-il.

Toujours dans mes incompréhensions, cette réouverture à 10 jours de la fermeture avec, il faut le noter, un niveau plus bas que lors de la fermeture. D'un point de vue personnel, j'en suis très heureux. Je ne souhaitais pas de fermeture. Donc merci. Mais, oui, il y a un mais. J'ai quand même une pensée pour ces personnes qui étaient pour la fermeture en ayant à l'idée qu'ils protégeaient les truites. Un bénévole d'une autre AAPPMA m'a même dit qu'on avait évité un massacre. Que l'on oublie pas que cette ouverture de 10 jours jusqu'au 20 septembre se fait avec la réglementation actuelle, soit le droit de conserver 2 truites par jour et par pêcheurs. Des poissons qui n'ont pas été pêchés depuis juillet. Des truites qui sur les linéaires avals sont terriblement affaiblies. Sans oublier que cette soit disant protection sera vite oubliée en mars 2027 quand tout ce petit monde fera son panier de truites. Bref, j'ai bien une petite idée d'où se situe réellement le massacre.

Chacun a sa façon de protéger les truites.

En conclusion et si jamais la fédération de pêche du Jura ainsi que les services de l'état insistent dans cette direction, j'espère sincèrement qu'à minima, la pêche ne sera plus jamais fermée. Il y a la possibilité du moins pire en laissant les pêcheurs pratiquer du bord. Nous sommes les seuls à nous soucier du bien-être de nos rivières, ne nous mettez pas de côté. Merci.

mercredi 26 août 2026

Il en faudra bien plus !

Sur ma région de Champagnole, en plein cœur du Jura, l'eau est de nouveau tombée du ciel. Pas en grande quantité, mais elle s'est faite si rare depuis mi-juin, que l'on prend chaque goutte ! Depuis le 17 août, c'est 42mm qui sont venus apporter un minimum de répit à nos rivières. Malgré cet apport d'eau, le niveau de l'Ain n'a guère bougé. La Saine un peu plus avec un débit maximum à 2mètres cube/seconde pendant une paire d'heures.

De toutes évidences, il va en falloir beaucoup plus pour que cela se traduise par un vrai coup d'eau. Les prochaines précipitations sont annoncées pour ce vendredi. Situation à suivre donc.

Malgré un été catastrophique, la rivière d'Ain, à ma très grande surprise, s'en tire pas si mal. J'en veux pour preuve son débit. Nous sommes plusieurs à avoir eu un ressenti visuel identique. Avec quelques amis, il nous semblait l'avoir vu bien plus basse. En 2026, pour les valeurs minimum, la rivière d'Ain est restée proche du mètre cube/seconde en débit. C'est extrêmement faible bien entendu, mais loin des 460 litres/secondes d'août 2022, des 648 litres/seconde d'août 2003 ou encore des 819 litres/seconde d'août 2018.

Année 2022

D'ailleurs, lors de ce mois d'août 2022, la rivière d'Ain était restée stable autour des 500 litres/seconde durant une longue période. Donc, si je reste uniquement sur les chiffres, nous avons eu le double de débit en 2026 par rapport à 2022. Impression visuelle finalement validée.

Pour les truites, il y a eu, sur les parcours avals, des mortalités durant le mois de juillet principalement. Même si avec les copains nous trouvons encore ces derniers jours quelques poissons morts ici ou là. Rien de plus normal quand la rivière est à 22 degrés sur une longue période comme cet été. Les individus les plus faibles sont restés sur le carreau malheureusement. Les plus forts sont allés stationner sur les froidières. Ils y sont encore malgré une baisse lente de la température de l'eau.

Pas simple selon les linéaires.

Sur les parcours amont, pour avoir fait quelques sorties sans canne puisque pêche fermée oblige, les truites se comportent bien mieux. La thermie est bien plus basse et si le niveau d'eau est forcément très faible, j'ai pu voir des poissons qui se nourrissaient en pleine eau sans être obligés de rester sur une froidière. J'ai pu observer des truites de toutes tailles avec des comportements normaux. La thermie est un facteur hyper important pour l'activité pêche estivale et pourtant si peu pris en compte dans les discussions (elle n'est pas mentionnée dans l'arrêté préfectoral par exemple). Il suffit pourtant de passer un peu de temps au bord de l'eau pour s'en rendre compte.

En conclusion, et sincèrement, je n'en reviens pas de dire cela, mais il me semble que l'on ne s'en tire pas si mal vis à vis de la météo depuis mi-juin. Un été qui me redonne de l'espoir finalement. Ces truites vont nous survivre même si les populations baissent lentement mais sûrement. Elles sont incroyablement résistantes. À confirmer lors des visites sur frayères en fin d'automne.

mardi 11 août 2026

Arrêté cadre sécheresse Jura

Depuis le 31 juillet dernier, le Préfet du Jura a décidé le passage au niveau 1 de l'arrêté préfectoral "Activités aquatiques". La fédération de pêche du Jura est aussi impliquée selon ses propres propos : Nous continuons notre travail avec sérieux et détermination dans l'intérêt des pêcheurs et de la préservation des milieux aquatiques. En tant qu'expert technique, notre fédération apporte aux services de l'État les éléments relatifs à l'état des milieux aquatiques et défend les intérêts ainsi que l'image des pêcheurs de loisir, tout en maintenant un dialogue permanent avec les autres usagers des milieux aquatiques.

Je me suis positionné contre la fermeture de la pêche depuis toujours. Dans le pire des cas je pourrais être d'accord avec une interdiction d'entrer dans l'eau durant l'acte de pêche. Ceci afin de coller avec les interdictions de baignade et de navigation. Mais ça, c'était avant de tout connaitre des subtilités de cet arrêté cadre. De ses dérogations devrais-je dire.

Sincèrement, pour ce qui va suivre, je n'ai plus de mot. Si on voulait nous prendre pour des cons, il était impossible de mieux s'y prendre !

Donc selon l'arrêté cadre jurassien au niveau 1, les activités aquatiques sont désormais interdites sur :

•Le bassin de la Bienne et de ses affluents

•Le bassin de la rivière d'Ain et de ses affluents (Lemme, Saine…).

Sont notamment concernées les activités de :

•Pêche, Kayak, Paddle, Baignade ou marche dans l'eau.

Ces pratiques sont suspendues dans ces deux vallées jusqu'à une amélioration des conditions météorologiques et un retour à des niveaux d'eau compatibles avec leur exercice.

Jusque là, rien de choquant. Mais il faut, comme dit plus haut, aller voir les dérogations.

Par exemple, la pêche du bord, le canoë et les autres activités aquatiques sont autorisées sur un linéaire de Pont-du-Navoy à Marigny au niveau 1. Où comment favoriser certaines activités économiques vis à vis des milieux aquatiques. Et oui, il y a un loueur de canoës à Pont-du-Navoy. Faut surtout pas se fâcher avec ces gens-là. Du coup, on sent bien l'obligation d'autoriser tout le reste sur ce linéaire. Mais attention, uniquement de 9h à 17H. C'est bien, on vise bien les heures les plus chaudes ! Magnifique.

Quelle logique !

Il y a d'autres parcours de ce genre sur l'Ain comme à Blye où tout est autorisé. Une contradiction parmi tant d'autres. On "protège" les truites et les milieux aquatiques en amont du Pont et en aval, on détourne le regard en faveur du tourisme. C'est d'autant plus stupide que ce sont justement les parcours avals qui souffrent le plus. Les parcours amont ne sont pas en reste puisque le canyoning sur la Saine est autorisé lui aussi selon des conditions de lieu et d'horaire. Vous avez bien lu ! Pêche interdite mais canyoning autorisé ! Là, c'est tout simplement scandaleux.

Nous sommes en niveau 1 (côté orange)

La pub est régulière pour aller faire trempette dans la Saine, là même où la pêche est interdite pour préserver les milieux !

La pratique de la pêche pourrait altérer le milieu à cet endroit vous comprenez ?

Le pire dans cette histoire, c'est que la fermeture de la pêche estivale qui est censée protéger les populations de truites selon ses défenseurs, n'empêchera pas en mars 2027 le prélèvement des survivantes sur la majorité des parcours jurassiens. Encore une fois, on prend les vrais défenseurs de nos rivières pour des imbéciles.

Notre fédération a communiqué hier. Le conseil d’administration de la fédération a décidé de suspendre toutes ses missions à destination de l’État et donc les représentants de la fédération (élus et salariés) n’assisteront désormais plus à aucune réunion ou concertation de l’administration. Ceci faisant suite aux non réponses des services de l'état face aux demandes de la fédération. Il est clair qu'à aucun moment les pêcheurs pèsent dans la balance. D'autres secteurs économiques oui, de toutes évidences. J'ai une pensée pour tous les professionnels de la pêche de la région qui ne sont pas du tout considérés. C'est sidérant.

À noter tout de même que dans sa communication la fédération nous indique que depuis plus de trois semaines, elle demande la fermeture de la pêche en totalité dans le département du Jura sur la 1ère catégorie, accompagnée en cela de la fermeture totale des activités aquatiques et surtout du canyonisme qui n’a pas été intégré dans l’arrêté préfectoral.

En conclusion, le monde de la pêche se pénalise tout seul. On assiste là à une superbe démonstration d'auto flagellation. Le message pour moi est clair. La pêche a une influence néfaste sur les milieux aquatiques puisqu'on souhaite l'interdire. Mais quelle bande d'ânes on fait sérieusement. Prenons directement notre abonnement chez Zoopolis puisque c'est ce que cette association cherche à faire depuis des années. Ils doivent être aux anges !

Heureusement, bien d'autres fédérations départementales sont dans un schéma totalement opposé. Croisons que les doigts pour que celles-ci fassent entendre raison à la nôtre au plus vite.

mercredi 15 juillet 2026

Pourquoi faut-il laisser la pêche ouverte ?

Pour faire suite à mon dernier billet vous informant de la fermeture de la pêche sur la Bienne et ses affluents, il me semblait opportun de préciser ma pensée sur le sujet. En effet, comme l'AAPPMA de la biennoise ou la fédération de pêche de l'Ain, je me suis prononcé contre cette fermeture que je trouve absurde.

Je ne connais pas parfaitement le bassin versant de la Bienne, mais celui de l'Ain oui. J'imagine qu'il y a de grandes similitudes. Je suis d'autant plus à l'aise pour en parler que la fermeture de la pêche pourrait concerner notre vallée dans les jours qui vont suivre.

La première des choses à comprendre lorsqu'une telle décision est actée, cela concerne tout le bassin versant de la rivière principale. En l’occurrence la rivière d'Ain. Si vous pratiquez un peu cette rivière, pensez-vous que les conditions de thermie sont identiques à Marigny, à Champagnole ou à Sirod ? Bien sur que non. Si la flotte monte fort en température sur les parcours avals, elle reste dans des valeurs acceptables sur les parcours amonts. Et dans ces conditions, le pêcheur doit être responsable pour faire le bon choix. Il se trouve que notre AAPPMA comme d'autres communiquent depuis des années sur l'importance de la thermie en période estivale. Cela fonctionne. La pêche se ferme d'elle-même sur les linéaires concernés. Pas besoin d'un élu ou d'un agent de l'état en costard derrière un bureau pour nous dire ce qui est le mieux sur le terrain que l'on pratique depuis des décennies !

De plus, sur ces linéaires en surchauffent pour les salmonidés, il y a de plus en plus de poissons d'accompagnement. Des chevesnes, quelques carpes et tanches, même des brochets. Des poissons qui supportent aisément d'être pêchés à des températures de 21, 22 ou 23 degrés comme actuellement. En continuant à pêcher ces poissons, c'est aussi continuer à être présent sur ces parcours où nombre d'incivilités se passent à l'étiage. J'en veux pour exemple où par deux fois les copains ont surpris les gens du voyage en train de pêcher à la main sur nos lots. Merci à la gendarmerie de s'être déplacée les deux fois. Plus de pêcheurs sur les berges, plus de sentinelles. C'est la porte ouverte à tout !

Pour ma part, je continue donc d'arpenter ces parcours où la flotte est autour des 22 degrés en ce moment. Si le plus souvent je me balade canne cassée en deux, il m'arrive de la monter pour pêcher d'autres poissons que les truites qui elles souffrent en continue.

Les chevesnes, mes plus fidèles copains en été.

Les carpes ne sont plus si rares !

On tombe même sur de l'exotique !

En complément, il reste les parcours amont. L’extrémité des têtes de bassin où l'eau est toujours fraiche. J'ai encore mesuré ce week-end un ruisseau où l'eau était à 12 degrés sur notre bassin versant. Il y a un débit d'étiage certes, mais la pêche est tout à fait praticable enfin ! C'est quoi ce délire d'interdire !

Truites de tête de bassin

Au pire des cas, et pour coller avec l'interdiction des autres activités aquatiques, pourquoi ne pas laisser la pêche ouverte seulement du bord ? Laissez les pêcheurs sentinelles accéder à leur parcours, être présents lors de ces conditions extrêmes et s'ajuster aux autres interdictions. Mais si notre avis était pris en compte on le saurait !

Plus facile d'interdire la pêche en été que de stopper les pollutions connues de tous les élus des systèmes d'assainissements comme celui de notre village ! Plus facile d'interdire la pêche en été que de protéger totalement les poissons sauvages sur la rivière d'Ain alors que le prélèvement autorisé est majoritaire. Plus facile d'interdire la pêche en été aux seules personnes payant une redevance milieux aquatiques que de gérer les gens du voyage qui pillent tout de partout ! Tout cela me rend fou sérieusement !

lundi 13 juillet 2026

Pêche fermée sur la Bienne !

C'était dans les tuyaux comme annoncé sur ce blog il y a quelques jours, c'est effectif depuis le 10 juillet dernier. La pêche est interdite sur la Bienne, le Tacon et leurs affluents. C'est une première étape. La vallée de l'Ain devrait suivre en toute logique. Ce n'est pas encore le cas au moment où j'écris ces lignes.

Les autres activités aquatiques sont-elles aussi interdites. Même si je vois mal la gendarmerie faire des rondes journalières sur un tel réseau hydrographique rien que pour rappeler à l'ordre ou verbaliser les baigneurs en cette période de canicule où tout le monde cherche du frais !

Si je suis complètement opposé à la fermeture de la pêche, il y a bien pire dans tout cela. Car si vous prenez le temps de bien lire cet arrêté, vous allez apprendre qu'il y a des dérogations pour le canyoning ! Effectivement, cette activité pourra se pratiquer en matinée sur des zones interdites à la pêche !!! Il est pas hallucinant le message là !

Cette décision est d'autant plus révoltante qu'elle va à l'encontre des souhaits de l'AAPPMA la Biennoise détentrice des droits de pêche sur la majorité des linéaires donnés plus haut. Je cite les propos de Pascal Grillet, administrateur à la biennoise : En tant qu'administrateur de l'Aappma la Biennoise , et à titre perso, je suis scandalisé de cette décision prise à contrario de l'avis et des propositions que nous avions exprimé lors de la rédaction du nouvel arrêté cadre. Un arrêté totalement inique qui dissocie les pressions sur la ressource selon les usages, une première en France. Une décision unilatérale prise sans consultation aucune de la Biennoise. Je reste fermement et totalement opposé à la fermeture de la pêche sur la Bienne, sur la même ligne que celle défendue par la Fédération pour la pêche et la protection des milieux aquatiques de l'Ain .

J'ai moi aussi cité plusieurs fois la position de nos voisins du 01 sur ce sujet de fermeture. Visiblement, nous avons dans le 39 beaucoup à apprendre d'eux ! Encore une fois, la pêche se ferme d'elle-même sur les linéaires avals où la température de l'eau devient excessive. Mais elle est tout à fait possible sur les parties amont. La thermie y étant bien plus faible. J'ai mesuré encore hier des zones à moins de 15 degrés. Fermer la pêche s'est déresponsabiliser les pêcheurs mais surtout faire passer le message qu'ils peuvent être responsables de dégradation envers le milieu à travers leur activité...Contrairement au canyoning visiblement ! C'est purement scandaleux ! Je rappelle que seuls les pêcheurs paient à travers leurs cartes de pêche la RMA (redevance milieux aquatiques). Nous écarter ainsi des rivières est totalement contre productif.

Honte à tous les acteurs qui ont participé de près ou de loin à cette prise de décision finale !

Pour votre information, je vous fais un copier/coller de la communication de la fédération de l'Ain :

Comme en 2022, nos cours d’eau ainsi que leurs habitants sont fortement impactés par cette sécheresse record et notre loisir en pâti : dès lors, certains pêcheurs s'interrogent sur la nécessité de limiter la pêche, dans le but de "préserver" les salmonidés, mais aussi les brochets, les carpes, etc.

Votre fédération souhaite apporter quelques éléments de réflexion à ces questionnements.

-Certaines rivières connaissent une situation critique alors que d’autres, bien que présentant des débits faibles, conservent une thermie correcte. Dès lors, une fermeture de la pêche n'aurait concrètement aucun sens.

- Pour les rivières ayant malheureusement séchées, il va de soit que la pêche ne présente plus grand intérêt.

- Sur les cours d’eau les plus impactés (assec partiel et/ou conditions biologiques difficiles), la pêche des salmonidés en particulier se ferme d'elle-même, par l’arrêt de l’activité alimentaire de ces derniers et par les pêcheurs qui n'ont souvent ni le plaisir, ni l'envie de pratiquer leur loisir dans ces conditions.

Cependant, de nombreuses espèces piscicoles moins sensibles peuplent nos rivières et conservent un fort intérêt halieutique. Ces pêches, parfois moins "populaires", n'ont aucune raison d'être interdites : en priver nos adhérents n'aurait la aussi aucun sens.

Ensuite, il y a le volet purement scientifique : toujours garder en tête que la pêche à la ligne, dans le respect de la loi et à l’échelle de la dynamique d'une population piscicole, n'a AUCUN impact : il n'est pas possible de mettre en péril une espèce par la pratique de notre loisir, peu importe la réglementation en place. Interdire la pêche n’est pas pertinent scientifiquement dans le but de « protéger » les populations.

A contrario, ce type de raccourci (forcer des mesures coercitives pour "sauver" les poissons) pourrait faire oublier les véritables problématiques de fond qui mettent en péril nos rivières et contre lesquelles le monde associatif de la pêche lutte au quotidien : gestion quantitative de l'eau (CDRE, Cellule d'alerte, etc.), pollution, invasion des espèces piscivores allochtones (cormorans, harles bièvres), lutte contre le braconnage (javel, pêche à la main), continuité écologique, etc. Vos AAPPMA et votre Fédération sont tous les jours, aussi bien en réunion que sur le terrain, présentes pour défendre nos milieux aquatiques contre leurs véritables agresseurs.

La FDAAPPMA 01 estime que vous n'avez pas besoin d'interdictions ni de leçons. Vous êtes respectueux de la loi et nous vous faisons confiance.

A raison, puisque vous êtes déjà nombreux à nous avoir signalé des dizaines de cas de pollutions, assecs, prélèvements d’eau illégaux et autres braconnages. La meilleure garderie reste votre présence et votre engagement au bord de l'eau. Véritables sentinelles des rivières, la vigilance de tous les pêcheurs permet de constater, prévenir et limiter les infractions durant ces périodes critiques.

C’est valoriser l'engagement et le civisme de nos adhérents. C'est refuser de se laisser aller à un moralisme stigmatisant et contre-productif entre pêcheurs. C'est ne pas mettre à tort notre passion au même niveau que d'autres activités réellement impactantes. C'est surtout vous considérer comme de véritables acteurs d'un combat quotidien à mener pour sauver nos rivières.

Amis pêcheurs, nous renouvelons nos remerciements pour votre engagement exemplaire et votre participation à la gestion de ce type d'événements.

Dans l'attente de jours pluvieux, bonne pêche à tous.

Nicolas Mandic Président FDAAPPMA 01

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