Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
Le poisson Voyageur, le rêve de pêche à votre mesure !

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mercredi 2 octobre 2019

Le serpent se mord la queue…Mais a-t-il le choix ?

Difficile d’être affirmatif sans étude, sans chiffre, sans données précises et datées. Je n’ai finalement que mes deux yeux couplés à mon vécu issu de quelques années à observer sans relâche les truites de la rivière d’Ain. Quoi qu'il en soit, ce début d’automne confirme les précédents. Les insectes sont absents de la rivière. il n'y a aucune éphémère. J’avais pourtant bon espoir cette année car durant le dernier printemps, j’ai eu le sentiment d’avoir vu plus d’éclosions en terme de nombre et de volume. Les plus belles depuis bien cinq ou six saisons. Malheureusement, cela ne se répète pas ces jours. J’espère me tromper et que les insectes vont revenir durant les prochaines semaines afin que les truites puissent s’en goinfrer sans limite. C’est la période où elles se remettent à manger à longueur de journée en pensant au frai qui va arriver. L’énergie qu’elles dépensent durant la reproduction dépend des forces qu’elles emmagasinent aujourd’hui.

Du coup, les belles zébrées s’adaptent. Dans tous les cas, il faut bien se nourrir pour survivre. Elles n'ont pas le choix. Depuis quelques années, j’observe toujours plus de truites de toutes tailles chassant vairons, chabots et autres juvéniles de truites ou de rares ombres à cette époque de l’année. Alors ce n’est que mon impression, mon ressenti d’observateur attentif, mais je serais prêt à parier que la prédation sur les juvéniles de truites en particulier est plus importante d’années en années au vu de la raréfaction des insectes. Sur une population déjà mal en point, cela ne va pas vraiment dans le bon sens il me semble. Le plus souvent, c'est même des poissons pas très gros qui sont essentiellement piscivores, des truites de 30-35 centimètres. Je n'ai sincèrement pas le souvenir de voir autant de chasses il y a quelques années en arrière.

Les seules bestioles qui tombent sur l’eau de temps en temps depuis la fermeture ressemblent à une sorte de petit plécoptère très clair à 4 ailes. Une bestiole très fine qui ne fait pas un gros casse-croûte d'ailleurs. C’est ce que gobe la truite de la vidéo ci-dessous filmée ce dimanche. La seule qui était en poste en surface. On croise les doigts, un petit coup d’eau pourrait éventuellement leur donner ce volume de nourriture dont elles ont besoin. Faites la danse de la pluie ;-)

vendredi 27 septembre 2019

Les quatre farfelues.

La saison de pêche de la truite dans le Jura est bel et bien terminée. Le temps est venu de passer devant l'étau afin de reconstituer un stock conséquent en prévision du prochain printemps. C'est aussi le moment de se souvenir. La saison qui vient de s'écouler nous a apporté à Thibaut et moi de nombreuses émotions et parfois même des scènes de vie totalement nouvelles pour nous. J'ai en mémoire quelques anecdotes à vous raconter si vous voulez bien prendre le temps de me lire...

  • What luck !

Je pense sincèrement qu'au delà de la technique, être au bon endroit au bon moment est encore plus important. Et si le pêcheur possède dans sa besace une fiole de chance, c'est parfait ! Pour cette première anecdote, je pêchais en toute décontraction avec l'ami Alex sur une berge de la belle rivière d'Ain. Notre ami commun Victor était lui un peu plus en amont. La pêche était ma foi très compliquée. Pas que les truites ne soient pas le nez dehors, mais bon sang, impossible à faire mordre malgré toutes nos tentatives. Là n'était pas l'essentiel car pêcher avec un gaucher est un plaisir rare. Vous pouvez vous positionner à ses côtés aussi proche que vous le souhaitez sans que cela gêne ni l'un, ni l'autre. Vraiment génial pour pêcher à deux. Quoi qu'il en soit et comme les truites nous boudaient sévèrement, nous discutions de divers sujets tout en lançant sans arrêt nos nymphes dans l'eau. Et puis vous savez ce que c'est, parfois, dans une discussion, on est amené à rentrer un peu plus dans le sujet si tant est qu'il soit passionnant. C'était le cas. Alors que ma nymphe dérivait après un lancer à disons dix, douze mètres, je tourne la tête côté gauche pour parler à mon interlocuteur en le regardant. Tout en causant, je sentis comme une légère traction dans ma canne. Ma soie était arrivée en fin de dérive mais ce n'est pas pour cela qu'elle s'est tendue. Non, pas du tout. J'ai relevé ma canne à mouche pour en avoir le cœur net. Qu'elle ne fut pas notre surprise à Alex et moi de voir une truite se tortiller au bout de mon bas de ligne. Une nymphe bien plantée au bout du bec et un poisson magnifique. Cela m'est déjà arrivé de nombreuses fois, mais toujours avec des riquettes ou des ombres, jamais avec un poisson de cette taille...What luck !

  • Pas là où l'on pensait.

Les premières sorties en compagnie de mon fils sont toujours des moments très spéciales. En effet, on se perd un peu de vue durant la fermeture car on partage moins de temps ensemble. C'est donc du pain béni pour le père que je suis. Nous étions tous les deux un peu en galère. Les truites ce jour-là n'étaient pas bonnes copines, vraiment. On tentait de faire de notre mieux mais il fallait se résoudre au capot car l'activité était quasiment nulle. Pas grave, j'étais avec mon fils. Pas pour longtemps d'ailleurs, il décida de prendre un peu d'avance en ayant une idée derrière la tête. En fait, il connaissait un tout petit ruisseau un peu plus en aval de notre position où il avait déjà vu à plusieurs reprises des truites autour des 25 cm. Assez pour satisfaire son envie de prendre un poisson. Arrivé sur le ruisseau, qu'elle ne fut pas sa surprise de voir sortir de la seule racine du coin une très belle truite toute claire du fait de la marne présente au fond du petit affluent. Ni une ni deux et sa nymphe était elle aussi dans l'eau. La truite n'a pas cherché à comprendre et s'en est saisie. Un combat des plus indécis dans cet espace plutôt restreint. La bredouille était sauvée, mais pas là où l'on pensait !

  • Quand la vie rencontre la mort.

33 ans, c'est mon nombre de saisons de pêche complètes que j'ai derrière moi sur la rivière d'Ain. J'ai déjà été témoin d'un très grand nombre de situations abracadabrantesques (c'est d'actualité) sur cette rivière. Les années passent et j'en vis de nouvelles chaque saison, c'est incroyable. Alors que je pêchais seul sur un parcours que je connais par cœur, j'arrive après quelques échecs à enfin ferrer une belle truite. Un poisson massif, robuste, énergique et combattif. Une vraie belle truite bien en forme. Le combat m'a fait un peu dévaler la rivière afin de suivre la truite pour l'épuiser plus facilement. Le soulagement est de mise dans ces cas-là. Une belle truite dans le filet donne toujours le sourire. Celui-ci allait vite disparaitre. Je me suis rapproché de la berge pour faire une photo de mon poisson. Le hasard ou pas d'ailleurs a fait que je suis tombé nez à nez avec un cadavre de truite. Ce poisson certainement mort depuis quelques jours gisait là, devant moi, enfin devant nous. Je ne sais pas pourquoi, mais du coup, j'ai souhaité faire cette photo que l'on peut intituler, quand la vie rencontre la mort.

  • Quand le rêve devient réalité.

Cette histoire est à peine croyable mais pourtant bien réelle. Mon fils en est témoin ! J'ai fait un rêve. Au petit matin, c'était tellement réel. Je me lève, Thibaut lui se préparait pour l'école. Je lui raconte.

-Tu sais gros, j'ai rêvé que je devais aller sur le petit muret que tu connais bien, quand arrivant tôt le matin, j'allais voir un poisson dans les premières secondes et que j'allais le prendre.

Thibaut n'a pas vraiment réagit se disant certainement que le vieux commençait à décabanner. De mon côté, je n'ai pas chercher à comprendre et j'ai laissé l'étau ce matin-là. Je suis parti alors que mon fils prenait son café aux premières lueurs du jour. J'avais une confiance indescriptible quand aux prochaines minutes que j'allais vivre. Sincèrement.

Une fois la canne montée, je me suis dirigé vers le muret en question. La berge est un peu haute donc la visibilité extra même tôt le matin. Je me suis assis en tailleur au coin du mur. Nymphe dans la main entre pouce et index. Je n'ai vraiment aucune raison de vous mentir, vous pouvez me croire même si moi j'ai encore des doutes sur ce qu'il s'est passé...Mais à peine ma nymphe entre mes deux doigts qu'une truite autour des cinquante centimètres est apparut un peu en aval en remontant au ras du mur dans un un peu moins d'un mètre d'eau. J'ai propulsé ma nymphe. Celle-ci s'est mise à couler lentement du fait de son lestage, la truite remontant toujours. Légère animation qui a fait dévier le poisson de sa trajectoire initiale. J'étais tellement près qu'il m'était possible de compter ses dents lorsqu'elle a ouvert la gueule ! Incroyable ! Le poisson était au bout de mon bas de ligne...Quand le rêve devient réalité ! 

lundi 23 septembre 2019

Les plaisirs de la fermeture.

Fermé ou ouvert, le plaisir est le même. Cette date de fermeture ne provoque en moi aucune émotion particulière. Au final, je pêche toute l’année, tantôt avec la canne, tantôt avec les yeux mais toujours avec le cœur et mon regard d’enfant. Ce regard s’est justement posé sur une habitante de ma rivière de toujours ce week-end. Et au moment où je parlais, la belle a gobé. Instant magique !

L'heure de passer de longues heures seul avec les truites sauvages est venue...Mais sans la canne à mouche cette fois !

vendredi 20 septembre 2019

Retour sur la pêche électrique de la Bienne.

Ce billet pour revenir sur la pêche électrique qui a eu lieu sur la Bienne ce jeudi 19 septembre. L’ensemble des employés de la fédération de pêche du Jura, ceux d’autres fédérations voisines ainsi qu’un nombre conséquent de bénévoles s’étaient donné rendez-vous en début de matinée en amont du vieux pont de Jeurre. Pour les connaisseurs, on parle ici du parcours canins.

C’est donc plusieurs dizaines de personnes qui se sont affairées dès 9 heures le matin jusqu’à 15h30. 3 passages à 10 anodes ont été effectués sur le linéaire délimité à l’avance. Le tronçon de rivière a une longueur de 240 mètres.

Il y avait du monde ! (merci Gaël pour les photos)

Le résultat peut choquer ou au contraire, pour les personnes qui suivent cette rivière ne pas surprendre. Un seul géniteur en capacité de se reproduire (53cm), deux autres poissons d’environ 25 cm et c’est presque tout…Presque, car il y a avait également entre 250 et 300 truitelles de l’année. La seule et unique lueur d’espoir. De toutes évidence, il faut il me semble quelques adultes pour qu’il y ait des juvéniles, à moins que ces jeunes truitelles soient issues d’une seul et unique couple, mais j’ai du mal à y croire quand. Il est possible qu’une scalimétrie nous donne plus d’information sur ce sujet. Le linéaire pêché était avec cet étiage sévère très peu profond. Ce qui peut expliquer en partie le peu de présence des poissons adultes sur cette zone. On peut donc espérer aussi une désertion du secteur pour des zones plus profondes des beaux poissons. Quoi qu’il en soit, un seul géniteur, c’est misérable ! Même si les zones les plus profondes du linéaire étaient inférieures au mètre, des truites de 30-35 centimètres auraient du s’y trouver…

Au comptage...de pas grand chose...

J’ai souvenir de pêches effectuées il y a quelques années en aval de Châtillon sur la rivière d’Ain, un secteur où la rivière est vraiment mal en point, les résultats étaient médiocres et sans surprise, mais pas à ce point ! Un seul géniteur…sur la Bienne…désolant.

Voilà pour le compte-rendu de cette pêche électrique. De mon côté, j’étais l'an passé pour la réouverture de la pêche sur la Bienne, pour que les pêcheurs soient présents sur le bord de la rivière qui était littéralement laissée à l’abandon mise à part quelques rares passionnés. Les braconniers et autres harles bièvres s’en sont donnés à cœur joie. Par contre, je n’y ai pas mis les pieds. Par choix personnel et parce qu’aussi j’ai eu quelques retours plutôt pessimistes. Je sais aussi que sur des secteurs bien précis, lorsque tout était en phase, il était possible de prendre quelques poissons sains et en formes. Très bien. Je déplore juste, pour l’avoir vu tout au long de la saison sur les réseaux sociaux le non respect des consignes écrites par l’AAPPMA de la biennoise en début de saison. En effet, l'AAPPMA avait fait passer à l’ouverture 2019 un souhait parmi d’autres vis-à-vis des prises photos pour une remise à l’eau optimum de ces poissons toujours fragiles. Il était simplement demandé de ne pas manipuler les truites en les laissant dans l’eau pour la photo si vous souhaitiez en faire une. Bon nombre de pêcheurs n’ont pas respecté cette consigne venant de l’AAPPMA locale, c’est vraiment dommage. On sait tous que ces poissons vivent dans un milieu très impacté, donc essayons de tout mettre en œuvre pour que le pêcheur ait lui un impact le plus faible possible.

dimanche 15 septembre 2019

Une belle fermeture pour Thibaut.

Avant de profiter de cette dernière journée de pêche sur ma rivière de cœur, je souhaitais revenir sur ce qui a été la fermeture de Thibaut. Mon fils a très peu pêché cette saison, peut-être encore moins que les autres années. Disons qu'il pêche par période. Il est capable d'aller à la rivière cinq à six jours de suite, ne penser qu'à ça, et puis ne plus toucher la canne durant trois ou quatre semaines, voir plus...C'est selon ses envies de jeunes hommes et surtout ses autres activités parfois noctures !

Quoi qu'il en soit, il a pêché samedi dernier dernier et hier pour terminer sa saison. La semaine dernière, je l'ai bassiné tout le matin pour venir avec moi l'après-midi, n'étant pas disponible avant. J'aime pêcher les derniers instants en sa compagnie. J'ai senti de suite que ça ne le ferais pas, qu'il avait une idée derrière la tête. Le passage à la maison de Victor et d'Alex en fin de matinée pour venir le chercher n'a pas fonctionné non plus. Il voulait faire un linéaire seul et les rejoindre seulement après.

J'apprécie qu'il aille au bout de ses idées, qu'il croit en lui. Il le fait de plus en plus même si parfois ses choix me surprennent ! Cette fois, il a eu mille fois raison ! Le téléphone a sonné alors que j'étais moi même arrivé à la rivière sur un autre linéaire, seul...

-Alors papa, qu'est-ce que tu fais ?

J'ai bien senti dans le ton de sa voix une immense joie à peine dissimulée.

-J'attaque la pêche mon gros, et toi, tu vois du poisson ?

-Ben tu vois j'ai bien fait de venir là. Je viens de prendre une belle truite qui m'a fait un combat de fou, je suis trop content !

Il y avait de quoi ! Ce poisson pris à distance avec une cuivre sur hameçon de seize, frisait les soixante centimètres. Cinquante-neuf pour être précis. Thibaut, au contraire de son père, mesure lui ses beaux poissons. Autant vous dire que j'étais le plus heureux des papas. En rejoignant ses deux copains par la suite, il reprendra un autre poisson.

Hier, c'était sa fermeture. Ne pouvant y aller aujourd'hui, il fallait donc profiter. Comme la semaine précédente, nous n'étions pas d'accord sur le lieu à pêcher. On est donc partis chacun de son côté tout en restant ensemble car dans ces cas-là, on doit s'échanger des dizaines de sms. On partage tout, le moindre événement, c'est assez rigolo.

Dans les premiers messages, je lui dis que je sens bien le capot avec une décroche et une casse, que la journée débutait bien. Lui venait de louper un poisson et de voir un renard passer devant lui à trois mètres sans avoir été vu. Quelques minutes plus tard, la sonnerie du téléphone m'indique la réception d'un nouveau sms. Une photo de truite avec ce commentaire "Et là y'a rien ! 61 !"

J'ai mis un peu de temps pour répondre, 59 samedi dernier, 61 aujourd'hui...Ce gamin, qui n'en est plus un, m'étonnera toujours.

Ce n'est pas pour le mettre sur un piédestal que j'écris ces quelques lignes, car il y a des jeunes pêcheurs tout aussi talentueux voir même bien plus performants déjà rien que dans notre entourage proche. Mais quel immense plaisir pour le père que je suis ! Surtout justement que je connais parfaitement son temps de pêche, son implication. Thibaut possède un ratio temps de pêche/belles truites exceptionnel cette saison. Si je devais appliquer le même sur ma saison, je serais à 15-20 truites de plus de 60, ce qui est très loin d'être le cas. C'est une notion importante le temps de pêche si on souhaite évaluer une performance dans son ensemble. Alors bravo mon fils et maintenant, on essaie de s'améliorer dans la prise photo. Je lui en ai parlé. Poisson dans l'eau, etc...Il doit s'améliorer là-dessus mais sincèrement, il n'est pas fan d'image et cela lui passe au-dessus de la tête...Il clic une fois sans chercher à mettre le poisson en valeur, comme ça vient et puis basta.

Voilà, nous nous sommes retrouvés en fin de matinée pour passer deux heures ensemble et fermer tous les deux. Toujours une immense joie pour moi. Il me reste à vous souhaiter un bon dimanche de fermeture, pour ma part, je rejoins la rivière de suite !

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