Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
Le poisson Voyageur, le rêve de pêche à votre mesure !

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jeudi 23 juillet 2020

Compliqué sur les parcours avals.

La situation s’aggrave assez vite sur les parcours avals la rivière d'Ain à partir de Crotenay. Des fonds complétement colmatés et de plus en plus de poissons en souffrance. Je pense qu'il est grand temps de lever le pied au niveau pêche. Je vous invite malgré tout à rester présent par le biais de promenade de surveillance.

vendredi 17 juillet 2020

Mortalités sur la haute rivière d'Ain.

Si jusque là nous avions été épargnés, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Depuis quelques semaines, des mortalités régulières de truites et d'ombres sur la rivière d'Ain sont observées par les pêcheurs. J'ai eu de nombreux retours en ce sens malheureusement. J'ai également pu le constater de mes yeux. Ces visions de poissons morts sont toujours très douloureuses. On se sent impuissants face à ce phénomène récurrent...Jusqu'au jour où la population sera si faible que l'on ne verra plus rien. Ni mort ni vivant.

Amont des "riverains"

Pourtant, on ne peut pas pointer du doigt la température de l'eau. Cette année, à l'inverse des précédentes, c'est tout à fait convenable, y compris sur les parcours avals. La qualité de l'eau, sa concentration de polluants avec les faibles débits actuels est forcément la cause principale.

Aval Pont-du-Navoy

Les truites sont parfois aveugles, parfois mycosées et souvent sans signe apparent. Bref, difficile de se faire une idée. Tous les secteurs sont touchés puisque des poissons morts sont vus régulièrement même en amont de Champagnole. Des poissons fourrages types chabots et autres ont été aussi trouvés morts sur les affluents.

Cela inquiète peu de monde. Comme chaque année. La densité de truites s’éclaircit gentiment mais surement. Et ce n'est pas les baigneurs que ça gênent non plus. Ils sont de plus en plus nombreux. Certains jours de grand soleil, la rivière d'Ain se transforme en piscine municipale. Ce mardi 14 juillet, le phénomène était tel, qu'avec mon fils, nous avons pu voir les traces de crème solaire en surface à l'aval des baigneurs. Comme si les truites avaient besoin de cet apport ! Sans parler de toutes les incivilités qui en découlent avec notamment les déchets laissés sur place. Je me suis permis d'envoyer un mail d'information aux mairies de Crotenay et Pont-du-Navoy sur ces nouvelles nuisances pour le milieu naturel. Sur le secteur du "Verriou", la rivière n'est plus un milieu naturel. C'est Saint-Tropez là-bas !

D'ailleurs, des scènes similaires ont eu lieu avec une population encore plus dense aux cascades des tufs. 2000 personnes cumulées sur le WE du 14/07. La Cuisance coulait d'un blanc laiteux. En aval, les mortalités se sont déclenchées également. Triste situation pour ce joyau jurassien.

Truite adulte de la Cuisance

Une fois de plus, et pour le voir régulièrement sur les réseaux sociaux, je vous rappelle que la pêche de l'ombre est interdite dans le Jura. Donc si vous prenez un ombre par inadvertance, relâchez le au plus vite. Pas de manipulation, pas de photo. Hop, à l'eau direct. Merci pour eux.

Ombre de la rivière d'Ain.

Base de la Roche à Champagnole.

Difficile de conseiller aux pêcheurs de ne plus pêcher. Les conditions sont bonnes. L'eau est très froide pour une mi-juillet. Les fonds, en tous les cas en amont, sont très propres. Mais voilà, tout n'est pas rose et le cheptel baisse inexorablement.

Hier, j'ai pêché. J'ai pris du poisson et surtout du plaisir. Puis je suis tombé sur cette truite. J'ai arrêté. Le plaisir avait disparu pour laisser place à la désolation.

Aval de Champagnole.

Ces images font mal, très mal. La rivière souffre et les truites disparaissent d'année en année.

mardi 14 juillet 2020

Nous entrons dans le dur.

À la mi-juillet, la situation est meilleure que l'an passé. Mais de toutes évidences, nous allons entrer dans le dur. Les 45 prochains jours vont être déterminants pour les habitants de la rivière d'Ain. Du côté débit, c'est très faible, tout aussi faible que l'an passé malheureusement. C'est au niveau des températures que c'est bien mieux. Pour l'instant en tous les cas. C'est la bonne nouvelle !

Le débit de la rivière d'Ain est très faible.

C'est certainement ce qui sauve les truites, la température de l'eau actuelle. Nous sommes passés à côté des grosses chaleurs que l'on avait eu fin juin 2019 par exemple. De plus, les nuits sont très fraiches. Cela a pour effet de maintenir malgré un débit d'étiage une température de l'eau tout à fait convenable pour les truites sauvages. Les deux nuits à venir vont être encore plus fraiches. Tant mieux. On attend même quelques millimètres de pluie demain. Rien de conséquent, mais c'est mieux que rien.

Mais voilà, il reste une grande période où tout peux encore basculer faute d'intempérie régulière. Il va falloir croiser les doigts comme depuis l'été 2015 pour que tout se passe bien.

Côté pêche, c'est encore possible. Surtout sur l'amont d'ailleurs car sur l'aval, il faut composer avec les baigneurs, campeurs et les "troupeaux" de canoés. Les fins de journées étant horribles avec des morceaux de "mousses" dérivantes un peu partout décollées du fond par toute cette population estivale invasive.

Nous entrons donc dans le dur. Prenez soin des poissons et relâchez les le plus rapidement possible. Merci.

Très peu de sorties ces derniers jours mais quelques trésors quand même.

lundi 8 juin 2020

L'histoire d'une truite (49)

Il y a une dizaine de jours, alors que j'étais à la terrasse de la maison avec des amis, mon fils s'est décidé d'un coup à partir à la pêche. Il a salué tout le monde et en avant vroum dans la Clio 20 ans d'âge. Cette année, peut-être à cause du confinement, il pêche avec une intensité plus élevée que les saisons précédentes. Il est d'ailleurs au coup du soir au moment où j'écris ces lignes.

J'avais dans l'idée de le rejoindre par la suite. C'était la fin de matinée. Quoi qu'il en soit, nous avons continué à refaire le monde avec les amis. Un peu plus d'une demie-heure après le départ de Thibaut, je reçois un sms. J'annonce aux copains qu'il doit venir du gamin...Pas manqué, c'était une photo d'un beau poisson. Il n'avait pas trainé ! Dix minutes plus tard, un autre sms, une autre photo. De nouveau dix minutes plus tard, une autre photo...De toutes évidences, le gosse était bien chaud et les poissons dehors. D'autant plus que les truites étaient toutes de belle taille.

Après avoir salué à mon tour mes amis à leur départ, j'ai pris le temps de manger avant de rejoindre Thibaut. Il ne faut quand même pas éliminer des étapes importantes comme celle-là. On s'est donc retrouvé au bord de l'eau en début d'après-midi sur le haut de la rivière.

Les truites étaient effectivement en place. C'est plaisant à voir car cette saison, ce n'est pas souvent que j'ai eu l'occasion de "bien tomber". Thibaut a repris un poisson devant moi. Plus petit. Ce fut ensuite mon tour. La pêche était vraiment agréable d'autant plus que j'étais en très bonne compagnie. Nous pêchions l'un à côté de l'autre, parfois même l'un en spectateur de l'autre. Des moments de vie qui comptent. Les plus beaux.

La rivière devenait plus large, plus lente. Nous arrivions à une belle trouée comme on dit chez nous. Une zone de berge où il est possible de fouetter sans que la végétation ne nous embête. Thibaut s'est alors accroupi derrière moi pour me regarder. Sur ma droite, il y avait une jolie truite d'environ trente cinq centimètres en aval d'un petit saule. Devant les yeux de mon fils, j'aime m'appliquer. À la première dérive, la truite est montée entre deux eaux pour venir pousser ma nymphe du bout du nez sans ouvrir la bouche, refus ! Thibaut a adoré la scène ! Moi, un peu moins...Nouvel essai avec encore moins de réaction du poisson. J'ai alors dit à Thibaut de l'essayer. J'ai donc pris sa place et lui la mienne. Mais au moment de tenter le poisson, il m'a dit :

-Je ne vais pas pêcher ta truite papa, je vais plutôt tenter celle-ci.

-Laquelle, j'en ai vu qu'une moi !

-La toute belle qui est au fond de la fosse sur ma gauche dans les bois morts.

Là, il a fallut encaisser. Je n'ai jamais vu ce poisson. Et je ne voulais pas risquer de me relever pour le voir.

-Vas-y gros, elle risque plus que toi cette truite.

Vu la profondeur, Thibaut changea de nymphe pour mettre une cuivre sur hameçon de 16. La base de toutes tentatives. Après avoir sorti quelques mètres de soie dans les airs, le premier poser fut parfait. Suite à une animation très légère, la truite est montée sur près d'un mètre pour venir intercepter la nymphe de mon fils. Ferrage appuyé en treize centièmes et la truite était prise ! C'est en fait la première fois où je la voyais ! Quel poisson !

Dès les premières secondes de combat, la truite a décidé de traverser la rivière aussi large soit-elle à cet endroit. Thibaut a alors sauté à l'eau sur un fond vaseux. Il a eu bien des maux à s'extirper de ce mauvais pas pour ensuite se positionner en milieu de rivière avec la truite qui tentait de rejoindre les obstacles en berge opposée. De mon côté, j'étais aux premières loges. Je me suis même permis une remarque qui m'a fait comprendre que je n'étais plus dans le coup du tout ! Thibaut pendant qu'il gérait le poisson se déplaçait sur sa gauche. Je lui ai conseillé de rester en place. Mais sa réponse était sans équivoque. Il voulait se placer devant les bois morts près de notre berge pour empêcher la truite d'y retourner sur un dernier rush proche de lui. Logique. Et c'est de plus ce qui est arrivé en fin de combat. La belle a tenté le coup mais le pêcheur avait déjà tout compris. Bravo.

La mise à l'épuisette fut un réel moment de joie collectif. La truite était pour le parcours d'une beauté fantastique. Nous l'avons admiré tout en la laissant dans l'eau. Thibaut ce jour-là a fait une pêche extraordinaire. Il m'a laissé les miettes avec deux truites. Mais quel régal de partager de tels moments tous les deux.

J'en redemande !

Une jolie truite de chez nous.

vendredi 29 mai 2020

L'histoire d'une truite (48)

Rares sont les fois où je retourne voir un poisson spécifiquement. Pourtant, c'est ce que j'ai fait mardi soir dernier. Une sortie de pêche dédiée à une seule truite. Non pas parce que c'était le poisson de ma vie, mais parce qu'à notre première rencontre, je n'ai pas pu la tenter de façon convenable.

Tout débute deux jours avant. J'étais à la rivière le dimanche soir, seul, les pieds dans l'eau jusqu'aux chevilles. Un appel téléphonique avec mon copain Simon. On discute de chose et d'autres durant plusieurs minutes. Au milieu de notre conversation, je me permets de couper Simon pour lui signaler qu'un joli poisson passe devant moi. Rien de grave, c'est aussi très sympa d'observer un poisson sans l'embêter. Une fois le coup de fil terminé, j'ai pu localiser cette truite avec une grande difficulté. Malgré ses déplacements dans une très faible hauteur d'eau, j'avais bien du mal à la voir clairement. La cause à ces multiples reflets de fin de journée. J'ai préféré m'abstenir de l'attaquer malgré le fait qu'elle perçait la surface de l'eau avec sa caudale à chaque fois qu'elle capturait une bestiole sur le fond. Si j'avais tenté ma chance de cette façon, avec une visibilité aussi médiocre, je pense que je l'aurais manqué au ferrage.

Je l'ai regardé faire un grand moment. Avant de partir, j'ai voulu voir si à cet endroit, la visibilité était meilleure depuis le milieu de la rivière et non depuis la berge. J'ai fait sauver mon poisson en progressant dans l'eau, mais j'avais ma réponse. En étant positionné ainsi, les reflets n'étaient plus qu'un mauvais souvenir du moins à cet horaire. Je voyais toute la zone où la truite venait se nourrir parfaitement. La chose était entendue, je reviendrais !

Deux jours après, le mardi soir, j'avais une heure devant moi. Une heure dans le bon horaire. J'ai enfilé mes nouvelles cuissardes et hop, direction vite fait bien fait la rivière. Sans regarder si ma truite était là ou pas, je suis descendu dans l'eau bien plus en aval. Je me suis décalé de façon à être en plein milieu de la rivière. Ensuite, j'ai remonté pas à pas en créant le moins d'ondulation possible tout en regardant cette berge. Quel plaisir, je voyais bien le fond sur au moins trente mètres devant moi. J'ai vu ma truite assez vite au final. Elle était bien au rendez-vous. Toujours avec cette façon de manger en venant bouger de l'eau à chaque fois. La profondeur était d'à peine vingt centimètres.

Ma nymphe non plombée et assez planante était déjà fixée à mon quinze centièmes. Je savais exactement ce que j'étais venu faire là ! J'ai posé ma soie et sur cette première courte dérive, la truite est venue croquer ma nymphe sans sourciller. Le combat qui s'en est suivi a été d'une rare violence par contre. Très heureux d'avoir choisi de rester en quinze centièmes ! Il a fallu brider fort tout du long pour l'empêcher d'aller se mettre dans des bois morts en berge opposée. Encore une qui habite d'un côté pour venir manger de l'autre !

Une fois la truite relâchée, je suis rentré à la maison. Mes cuissardes étaient rodées comme on dit au village !

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