Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
Mouches et bas de ligne

Accès au Fly Shop Signez le livre d'or Suivez-moi sur facebook Le Fly Shop sur facebook

Mot-clé - Blog de pêche à la mouche

Fil des billets - Fil des commentaires

mercredi 29 mai 2019

À tous les sceptiques du No Kill.

Je vous invite aujourd'hui à découvrir une nouvelle histoire de pêche, qui donnera, je l'espère, à réfléchir pour les quelques indécis qui me liront.

Cela faisait plusieurs fois que je voyais ce poisson. Une truite d’ailleurs plutôt portée sur la nourriture se trouvant à la surface de l’eau. Une ombre plutôt qu'une belle image de zébrée, collée à la berge, laissait entrevoir un très joli poisson. Le poste était idéal pour une belle truite. Une grosse souche d’arbre avec des racines de partout. Une profondeur d’eau importante et quelques blocs au fond le tout le plus souvent protégé du soleil. Le courant était quasiment inexistant sur deux bons mètres depuis la berge, puis plus important en revenant vers l’intérieur du lit de la rivière. Au coin amont de l’imposante souche, la rivière formait un petit renfoncement pour venir mourir contre le sable. C’est précisément à cet endroit que je voyais gober le poisson à chacune de mes visites en ces lieux. Depuis plusieurs semaines, je voyais au loin cette truite manger régulièrement. Je ne l’ai jamais tenté. Beaucoup trop compliqué d’envoyer une mouche là où elle était. Les branches de l’arbre en berge qui retombaient sur l’eau n’offraient guère d’espace et d’espoir !  La truite avait sans aucun doute choisit le bon endroit. Elle pouvait aller et venir sans qu’on l’embête.

Et puis à force d'accumuler les jours sans eau ou presque, le niveau de la rivière a vraiment baissé. Il est devenu si bas que cela faisait déjà peur d’ailleurs. Mais bon, comme dirait un jeune homme que j’apprécie au plus haut point, ne nous inquiétons pas avant l’heure…

La rivière étant donc beaucoup plus basse, j’ai pu voir un passage possible pour ma soie et mon bas de ligne entre et sous les branches de mon arbre. Une mince fenêtre pour enfin tenter la belle fario qui se cachait là en me narguant avec ses gobages à répétition. Un niveau bas engendre bien entendu un faible débit, donc une approche sans faute en étant dans l’eau. Ce que je suis parvenu à faire. Ma truite réalisait un court circuit alors que je pensais qu’elle gobait là en poste fixe. Elle montait un peu plus haut que l’endroit où elle gobait, faisait demi-tour avant une grosse branche morte immergée, prenait parfois une mouche dans le petit renfoncement contre le sable puis redescendait dans la zone profonde sur deux à trois mètres en aval. Cela, je ne l’avais jamais vu en fait. C’est l’erreur qu’elle n’aurait pas du commettre et que je n’aurais pas du voir pour sa tranquillité. Car c’est essentiellement sur ces deux mètres que je pouvais éventuellement lancer une mouche ou une nymphe entre les branches. L’espace entre deux était d’un bon mètre. J’étais moi à environ dix bons mètres de la truite. Je ne pouvais approcher plus de peur de la faire fuir à cause des  mouvements d’eau (n’est pas Simon qui veut, l’homme qui avance dans l’eau sans faire une seule ride !). Le poisson, dont je ne voyais qu’une ombre noire à cause des jeux de lumière, allait et venait sans cesse. J’ai d’abord tenté ma chance en sèche avec un sedge. Problème, je ne pouvais le poser exactement là où elle gobait, de plus, il n’y avait pas de courant. Comme je le pensais, la truite est passée dessous sans même regarder ma mouche. J’ai très légèrement fait draguer mon imitation pour provoquer un intérêt. Bingo, la truite s’est retournée pour monter à la surface, coller son nez contre le sedge et redescendre dans le profond. Refus !

Est-ce que ce refus était lié à la mouche ou au fait qu’elle ne gobait jamais à cet endroit ? Je pense sincèrement à la deuxième option. J’ai souvent vu des poissons avoir ce comportement. Manger toujours du même côté de la berge, ou toujours au même endroit sur un circuit, etc…Cela ne m’étonne pas et j’irais jusqu’à dire que je l’avais prévu. Mais j'avais tellement envie de prendre ce poisson en sèche qu’il fallait que j’essaie malgré mon pessimisme. A noter que je n’ai pas insisté de cette façon, j’allais finir par l’alerter et donc saboter ma tentative pour l'admirer de plus près. Changement de tactique, lui proposer une nymphe. J’ai retiré mon sedge pour mettre un gammare JFD en taille 16. Avec la hauteur d’eau et la faible longueur de dérive qu'offrait le coup, il fallait que ça coule assez vite. De plus, en taille 16, le JFD se lance facilement et précisément, ce dont j’avais besoin. Je suis loin d’être une bête de technique au niveau du lancer, donc jamais vraiment sûr de mon coup quand il faut glisser une nymphe de cette façon. Je parie volontiers plus souvent que je vais mettre ma bestiole dans une branche plus qu’autre chose. Je me suis mis à fouetter en réglant la distance et en attendant que la truite revienne dans le profond après son passage dans le renfoncement. Ce fut le cas assez vite car le circuit était court. J’ai posé sur l’eau mon gammare à ce moment là pour que le poisson tourne le dos lors de l’impact. La nymphe descendait au fond pendant que la truite faisait son demi-tour à l'extrémité aval de son circuit. Le gammare allait atteindre le fond au moment où le poisson était 30-40 centimètres de lui. Le plus dur était fait, tout était parfait. Il suffisait d’animer légèrement ma bestiole. Ce que j’ai fait. La truite s’est jetée littéralement dessus. Là non plus je n’étais pas surpris. Le ferrage a pu être de cette façon effectué dans le bon tempo pour provoquer ensuite la furie de dame fario !

Pour ce genre de combat, c’est les dix premières secondes qui importent, il faut obligatoirement sortir le poisson de sa berge, des racines qui forment cette berge. Tellement d’éléments contraires où une truite peut aller s’aider pour casser le fil. J’ai bridé comme un fou, à la limite de mon fil. La truite n’a eu d’autre choix que de sortir de sa berge pour me rejoindre en milieu de rivière. La fête était finie ! Après quelques gros coups de tête et une belle défense, la belle était à moi, bien au chaud dans le filet de l’épuisette. J’étais dans l’eau au niveau du nombril environ, impossible pour moi d’admirer ma nouvelle amie comme il se doit. J’ai rejoint la berge d’où je venais et j’ai déposé mon épuisette sur le fond de la rivière dans quelques centimètres d’eau afin que le poisson reste en permanence dedans. Là, j’ai découvert ce poisson. De suite j’ai pensé à une truite que j’avais prise deux fois la saison précédente. Mais si c’était vraiment elle, sa taille me laissait un doute. Il y avait bien dix centimètres de plus. Le poste pouvait convenir puisque j’ai pris le poisson que j’avais en tête 10-12 mètres en aval sur un profil similaire mais avec moins de profondeur. Seul le retour à la maison et le visionnage des photos pouvait m’enlever ce doute. J’ai avant tout continué ma partie de pêche durant quelques heures.

Une fois rentré à la maison et après avoir rangé mon matériel, je suis allé sur mon ordinateur. Le doute fut lever en quelques secondes, les points correspondaient, c’était bien le même poisson ! Un poisson pris deux fois l’an passé, et donc une fois cette année, soit 3 fois en 11 mois. Pour une fois, j’avais le regret de ne pas mesurer mes truites, parce que là, franchement, elle avait bien profité. A l’œil, au minimum dix centimètres de plus en onze mois, incroyable. Un poisson pris une première fois avec une blessure vraiment pas jolie sur le haut de la tête, une deuxième fois avec cette même blessure cicatrisée et une troisième fois sans aucun signe de plaie. Que la nature est bien faite, le tout sans toubib ou autres médicaments.

En haut à gauche, notre première rencontre (juin 2018). Déjà une très belle truite. En bas à droite, 11 mois après (mai 2019).

Lors de notre deuxième rencontre en juin 2018 toujours, la cicatrisation était en cours.

Encore une fois une belle leçon de vie. Il fut un temps pas si lointain finalement où j’aurais sacrifié sans remord ce poisson dès la première prise en me disant que je pouvais le garder, qu’il allait crever. Une façon de se donner bonne conscience en continuant à garder les poissons jugés par le pêcheur déficients à cause de blessures ou autres maux. Voir cette truite continuer sa croissance, soigner ses blessures aujourd'hui me rempli de joie. Je pense souvent à tous ces imbéciles (oui, j’ai arrêté le dialogue social) qui pensent le contraire quand on parle « no kill ». Certes il faut le faire dans les règles (poisson toujours dans l'eau sans manipulations), mais remettre ses poissons à l’eau sur un linéaire en mauvaise santé reste la seule et unique action qu’un pêcheur peut mettre en application à son niveau pour le maintien des populations.

Une dernière photo de Madame, elle a bien grandit depuis juin l'année dernière !

mercredi 1 mai 2019

Mon blog fête ses 12 ans.

Mai 2007, c'était le tout début de ce blog ! Depuis, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts, et pas toujours de bonne qualité malheureusement. Douze années après mon premier billet sur ce blog, c'est plus de 1400 autres articles qui ont été mis en ligne sur ce support que je gère seul depuis le départ. C'est donc quasiment un article tous les 3 jours en moyenne ! Je dis ça au cas où vous découvriez seulement mon blog...Vous avez de la lecture devant vous ;-) 

C'est une magnifique aventure que j'ai envie de continuer. Je ne sais pas si vous êtes nombreux à me suivre depuis le tout début, mais si c'est le cas, je vous en remercie. Vous me témoignez régulièrement votre fidélité que cela soit par mail ou par un petit mot écrit lors de vos commandes de mouches par exemple, je trouve ça toujours très sympa. Merci beaucoup.

Néanmoins, au fil des années, les retours par le biais des commentaires sur les articles se sont réduits très nettement. Alors que dans le même temps, il y en a de nombreux quand je relai ces mêmes articles sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, etc...). C'est vraiment dommage, car ces commentaires, parfois très intéressants et instructifs, sont éphémères. Avec le temps, on ne peut plus les retrouver. Alors qu'à la suite de l'article, ils restent et surtout, ils profitent à tout le monde. Je prends l'exemple de l'article récent sur les gammares que j'ai écrit. Il y a eu un grand nombre de retours sur Facebook quant à de potentielles explications...Il aurait été plus utile de mettre ces observations à la suite de l'article. Cela le complète et tous mes lecteurs peuvent profiter de ces informations. Heureusement, il y a un petit noyau de lecteurs qui laisse une trace écrite de temps à autres, merci pour ça. Voilà, c'était mon petit moment grognon ;-)

Du côté de l'audience, c'est sans arrêt en augmentation. Des pointes à plus de 4000 visites/jour au mois d'avril...Merci sincèrement de vos visites régulières.

Ne vous éloignez pas trop loin, bientôt une nouvelle histoire de truite à lire assez sympa ;-)

A bientôt et surtout merci !

dimanche 7 avril 2019

L'histoire d'une truite (44)

Prendre une truite me donne toujours énormément d’émotions. Enfin surtout celles de ma rivière de cœur, celles qui comptent réellement pour moi. D’autant plus à notre époque où ces truites sauvages deviennent de plus en plus rares. A chaque poisson, je me dis que je suis un pêcheur privilégié, que la rivière d’Ain m’offre une nouvelle fois un ultime cadeau après toutes ces années à la côtoyer. Ces truites que j’observe durant les douze mois de l’année me fascinent comme au premier jour, voir plus encore. J’ai un profond respect pour ces poissons qui ont survécu à tant de bêtises humaine.  

Mais il y a quelque chose d’encore plus beau, de plus puissant. Bien au-delà de tous les poissons que j’ai pu prendre ou que je prendrai. Je parle là des scènes que je vis en étant le témoin direct des captures de mon fils. Je ne pense pas être capable de mettre les mots exacts pour définir ce que je ressens lors de ces instants magiques. C’est difficilement descriptible. C'est aussi tellement rare. Oui, car souvent, nous sommes éloignés l’un de l’autre de quelques dizaines de mètres. Dans cette situation, j’assiste à la fin du combat, à la mise à l’épuisette. C’est déjà fantastique bien sûr, mais j’ai toujours cette frustration. Car je sais à quel point assister à ce qu’il se passe avant me donne du plaisir. Voir Thibaut repérer la truite, analyser la situation, prendre la décision de se placer à tel endroit plutôt qu’un autre, de lancer de telle manière. Toute cette démarche, que lui fait machinalement pour tenter dans les meilleures conditions son poisson, est un véritable cadeau pour moi lorsque je peux tout voir. C’est là où je me rends compte des progrès qu’il réalise au fil des saisons de pêche. Et c’est aussi durant ces prises de décisions que je peux encore lui donner quelques conseils. Pour le reste, il sait faire maintenant, il n’a plus besoin de moi. Mais que j’aime assister à toute la scène.

Père et fils en quète de zébrées.

Cette année, j’ai déjà eu cette chance immense. C’était même au-dessus de tout car, en plus de bien voir Thibaut, je pouvais très bien distinguer le poisson également. J’étais à 10 mètres d’eux à peine. Nous progression sur une berge haute. La vision était au top. Le niveau de la rivière très bon pour pêcher à vue. Le fond de la rivière propre. Des conditions idéales. On pêchait depuis quelques heures et nous n’avions rien pris. Il faut dire que dès que les niveaux sont bas, on pense que ça va le faire. Mais les conditions du mois de mars restent ce qu’elles sont même avec une rivière basse. J’ai mesuré la température de l’eau en dessous des 10 degrés ces jours, il est donc tout à fait normal d’avoir une très faible activité.

Thibaut progressait devant moi. Je privilégie toujours mon fils. Comme je le dis aux copains, j’ai pris ce que je devais prendre, maintenant c’est à lui. Il avait donc une dizaine de mettre d’avance. A la vue du poisson, il s’est tassé pour tenter de camoufler son mètre quatre vingt quinze. « Papa, j’en ai une là, juste devant, elle est pas vilaine en plus. »

J’avais bien compris à son comportement qu’il y avait un poisson. Comme j’étais en amont de Thibaut et près de la berge, j’ai pu localiser la truite. Elle était contre la berge elle aussi à environ un bon mètre. Je la voyais de face en fait, elle était contre le courant, en attente de nourriture. Pour Thibaut, il était placé à sa perpendiculaire. Moi, j’aurais fait une approche à genoux, bien tranquille. Thibaut a fait le choix de rester debout tout en se baissant. Choix payant puisque le poisson ne l’a pas repéré. La truite était assez proche pour un lancer arbalète. Thibaut a pincé sa nymphe, une cuivre, dans sa main gauche. Après avoir tendu sa 9 pieds soie de 5, il a propulsé sa nymphe dans l’eau en amont du poisson. J’ai pu voir l’impact de la nymphe sur l’eau. Ceci m’a permis de suivre seconde par seconde la scène. Fantastique ! J’essayais de regarder la truite et Thibaut en même temps, compliqué ! La nymphe est bien tombée devant le poisson, assez haut de lui, juste bien. La truite était bonne fille puisqu’en voyant la nymphe descendre, elle est venue à sa rencontre (les joies du début de saison, ça va vite changer !). Le ferrage allait intervenir. Ce moment où tout bascule. Cet instant où le poisson se lie au pêcheur par le biais du fil et de la soie. Cette seconde magique et pleine d’adrénaline. Une seconde où j’ai vu les ouïes du poisson s’ouvrir ! Où j’ai vu Thibaut lever le bras droit très sèchement. Cette seconde si importante où mon fils avait réussi son coup de ligne ! Quelle magie ! Quel plaisir !

Mais de suite, il fallait rester lucide. Et comme par réflexe, j’ai crié très fort : « saute !! » Thibaut du coup s’est exécuté sans trop réfléchir. Il le fallait, car la berge est vraiment très haute à cet endroit. Je vous avoue que moi, je n’aurais jamais sauté ! Pas folle la bête ! Mais Thibaut si. Quel saut ! Du coup, il a pu être bien plus au contact de sa truite et c’était une bonne chose tant elle a tenté de rejoindre une racine sous une lignée de saules en bordure. J’ai entendu le fil siffler dans les branches. Il fallait bien un bon 14 centièmes qui en fait en fait 16 au réel (ancien Teklon). Après 30 secondes pas simples du tout, Thibaut a pu sortir définitivement la truite des branches. Mise à épuisette dans la foulée et le gamin était aux anges. Mais sa joie, bien que grande, était bien loin de la mienne. Tout a été fait comme il faut. Il a juste fallu que je le motive à sauter.

Gros bridage !

Après discussion, Thibaut n’était pas certain qu’il aurait sauté en étant seul. Dans ce cas, je pense qu’il aurait perdu la truite. Bon, c'est rassurant d'un côté, je sers encore à quelque chose.

Thibaut étant dans l’eau, c’est moi qui ai donc fait la photo souvenir. Une belle truite de début de saison, le genre de poisson qui fait très plaisir car les occasions de prendre un tel poisson en nymphe à vue sont minimes au mois de mars chez nous. Petit détail qui me fait penser qu’il progresse, c’est qu’il a changé sa pointe de suite après être remonté sur la berge sans que j’ai eu besoin de lui dire. La truite ayant fait siffler et donc souffrir le fil dans les branches de saules, celui-ci a sans doute été endommagé. C’est un bon réflexe.

Je ne doute pas que nous vivrons d'autres aventures similaires dans les prochains jours. J'en garde certaines pour moi et les amis proches, mais je me ferai un plaisir de vous raconter quand même quelques nouvelles histoires durant la saison...A bientôt.

Thibaut tout sourire avec sa truite.

Retour matériel : Comme vous pouvez le voir que la première photo, j'ai rangé mon gilet cette année. Après un petit mois d'ouverture (déjà ! ) je peux revenir sur ce Chest Pack C&F Design. Je m'y suis fais très vite. C'est très facile tellement il se fait oublier, et c'était le but, pêcher léger ! J'ai largement assez de place pour prendre ce qu'il me faut. L'essentiel est là. J'avais un doute sur son équilibre avec une épuisette dans le dos, mais non en fait. C'est nickel. A voir le vieillissement sur les parties aimantées mais à ce jour, rien à redire. J'ai pris la version large. Suivre le lien pour se le procurer => Chest Pack C&F Design Large A-820

mardi 26 mars 2019

L'histoire d'une truite (43)

Que d’eau en ce début de saison, quel plaisir de voir la rivière pleine de vie. Un réel contraste avec cet été puis cet automne où elle était quasiment sans courant, sans mouvement. Triste et muette. Là, depuis début mars, c’est tout le contraire. Des niveaux d’eau importants, un débit soutenu et bruyant, une rivière qui fait plaisir à voir.

Côté pêche, c'est beaucoup moins simple. Si Thibaut s’est lui adapté très facilement à ces fluctuations de débits avec différentes techniques de pêche en prenant du poisson à chaque sortie, pour ma part, j’ai pris mon mal en patience en attendant que la nymphe à vue soit praticable. C’est un choix tout à fait volontaire. Seule la vision du poisson prenant mon imitation me donne du plaisir depuis maintenant quelques années. Mais comme le dit si bien le proverbe, tout vient à point à qui sait attendre. Et puis en attendant, je me régale des anecdotes de mon fils, c'est tout aussi plaisant que de pêcher.

Mais même pour la pêche à vue, Thibaut m’a devancé cette année. Avec ses horaires d’étudiant, il a pas mal de temps de libre en semaine ce qui lui a permis de prendre ses deux premières truites en nymphe à vue avant même que j’aille trainer mes guêtres sur les berges de la rivière avec ma canne à mouche. Qu’à cela ne tienne, c’était mon tour cette fois. Une journée que j’avais déjà imaginé dans ma tête depuis quelques nuits. Tous les matins, je voyais les courbes de niveaux baisser et mes simulations à plusieurs jours me donnaient un niveau limite mais jouable pour espérer voir quelques poissons. Même après toutes ces années de pratique, même après ces trois dernières saisons où l'Ain a énormément souffert, j’ai toujours cette envie de retrouver la rivière et ses dernières truites avec ma canne à mouche. Une envie des plus tenaces !

Au mois de Mars, peu importe finalement le matériel et la technique, ce qui compte le plus, de mon point de vue, c’est la parfaite connaissance de la rivière que l'on pêche et le fait d’être capable d’anticiper les comportements des poissons selon les conditions du moment en sachant que ceux-ci restent très spécifiques avec ces eaux très froides. Si j’ai fais le choix de pêcher à 95% de mon temps le même cours d’eau, d’y passer également un maximum de temps lors de la fermeture, c’est pour plusieurs raisons comme celle d’être d’une grande précision dans mes décisions lors de ces périodes compliquées. Le choix des berges à prospecter selon les horaires fera toute la différence, loin, très loin devant votre choix de mouche ou de diamètre de fil ou encore de puissance de canne. Une truite à cette époque sort peu de temps durant la journée et elle est active encore moins que ça. Il faut prendre les bonnes décisions au bon moment. C’est primordial pour avoir un minimum de réussite. Après plus de 33 ans à pratiquer la rivière d’Ain, à la chérir, à l'observer à toutes saisons et à toutes heures de la journée, j’ai, je pense, ce petit plus sous ma casquette. Je tente de m’en servir pour le mieux, bien évidemment.

Pour ma première journée de pêche, j’étais certain de trouver du poisson avant même d’être arrivé sur les lieux. Cela peut vous paraitre prétentieux, mais c’est la stricte vérité. Après, prendre ces poissons vus est une autre paire de manche qui plus est avec les années qui passent. Je me pose toujours quelques questions en début de saison surtout par rapport à ma vue. Je me rends bien compte que les yeux de mon fils sont bien plus performants, que les miens fatiguent saisons après saisons. Et puis est-ce que je vais conserver cette réussite au ferrage qui a toujours été mon point fort. L’an passé, j’ai eu l’impression de baisser un peu avec quelques loupés grossiers, ce qui ne m’arrivait quasiment jamais. Est-ce que cela allait empirer cette année ? Il fallait que j’ai des prémices de réponses assez vite.

Ce jour-là, le débit de la rivière était encore élevé mais surtout, la clarté de l’eau laissait à désirer. La rivière avait une couleur laiteuse dès que la profondeur se faisait sentir. Certainement une présence d’eau de neige.  Mais la bordure était lisible. On pouvait voir assez bien jusqu’à 1.20m environ. Largement suffisant pour capter les zébrures d’une belle en maraude. J’ai débuté ma partie de pêche assez tôt vers 7h15. Le soleil était encore planqué et ma tenue légère me le rappelait à chaque seconde d'autant plus qu'il a fallu gratter le pare-brise de la voiture pour partir. Hostile le Jura ! Comme je m’en doutais, très peu de poissons dehors. Il faut dire que les trois derniers étés en ont laissé sur le flanc et pas qu'un peu malheureusement. Malgré cela, comme prévu, comme un plan qui se déroule sans accroc, j’ai vu mes deux premières truites aux postes habituels par ces niveaux à cette époque. Pour la première, j’étais limite en arbalète et trop à découvert pour tenter un rouler. Le poisson m’aurait capté de suite, c’est certain. J’ai donc tenté une arbalète sans trop y croire. Le poisson a bien vu le gammare dériver, mais justement, cette dérive était tout sauf naturelle car en bout de course, et même sur un poisson qui n’avait rien vu depuis l’ouverture, il n’y avait pas d’autre alternative que le refus. Cela reste des truites de la rivière d’Ain, elles ont de la mémoire ! Je vous dis cela car j’en ai parlé avec un client (qui se reconnaitra ;-) ) qui est passé ce week-end à la maison prendre ses mouches. Il revenait de 15 mois en Nouvelle-Zélande où il a fait des pêches fantastiques. Il était venu découvrir la rivière d’Ain et ses truites. Le challenge n’était pas simple et son retour tout à fait réaliste sur la difficulté de ces zébrées. Les truites de l’Ain restent de farouches adversaires qui se méritent. Hormis quelques jours dans l'année où tout va bien, où les poissons semblent coopératifs, ces truites demandent au pêcheur d'être complet pour pouvoir les leurrer. C'est d'autant plus gratifiant lorsque l'on réussi ce challenge.

Pour le deuxième poisson vu de la matinée, la simple vision des 20 centimètres de mon bout de scion a suffit pour le faire fuir ! Ce n’est plus de la mémoire là, c’est un truc de fou. Le soleil était bien monté dans le ciel pour mon plus grand bonheur. Il était temps de reprendre la voiture pour aller sur une autre berge. Je vous le dis sincèrement, j’ai horreur de faire ça, reprendre la voiture…Une fois posé, je reste en général au même endroit. Mais là, au tout début de l'année, c’est compliqué car il faut suivre le soleil heure par heure, c’est la clé du succès. J’arrive donc sur une nouvelle berge. Pointe de 3 mètres en 14°, gammare JFD -14 noué au bout. Toujours entre le pouce et l’index de la main gauche le gammare, près à être propulsé à la moindre vision d’une truite en bordure. C’est ma nymphe de base pour les prospections depuis la berge. C’est une imitation qui pêche vite et bien. Une valeur sûre. Sur cette berge, j’avais 3 endroits différents où je pensais voir au moins une truite. Le premier ? Rien, aucun poisson (et pourtant je suis resté longtemps à attendre). Le deuxième, une truite de 30-35 qui est partie de suite. Je ne sais pas encore pourquoi. C’est truites sont déroutantes parfois, je ne pense pas avoir fait d'erreur dans mon approche. Les réponses aux questions ne viennent pas. Le troisième endroit ? Haaaa, le troisième endroit !

Pas mécontent de voir le soleil pointer le bout du nez !

C’est un endroit où la profondeur de l'eau est de 70-80 centimètres à la berge pour aller jusqu’à presque 1.50m au plus profond. Avec les niveaux du jour où j’ai pêché bien entendu. Il y a près du bord vers une trouée un très gros chêne. Idéal pour coller son épaule contre le tronc massif de l’arbre et rester là à observer. Oui, je voulais rester, car c’est souvent que je ne vois rien en arrivant sur poste, mais qu’en regardant de partout, je finis par apercevoir un poisson en maraude. Souvent, la truite passe sous les saules qui garnissent la berge et je la vois se nourrir au fond. J’ai en souvent pris de cette façon à l’arbalète, presque dans mes pieds. 5 minutes, 10 minutes, 15 minutes, toujours rien. Mon moral n’était pas atteint. Je vois tous les débuts de saison à ce niveau d’eau des poissons à cet endroit. De plus, j'étais certain d'être au bon endroit dans la bonne plage horaire.

En bout de coup à pêcher, et à environ 10-12 mètres de ma position, il y a un petit banc de sable en léger dévers. Je connais ce coup par cœur. J’y ai passé des dizaines d’heures. Oui, dès mon arrivée, j’avais vu cette forme plus sombre que le sable et qui pour moi n’était pas là l’an passé. Mais voilà, dans mon esprit, après les crues hivernales, n’importe quel morceau de bois ou autre pouvait s’être déposé à cet endroit précis. Bref, je n’avais pas bloqué dessus. Puis, après ce petit quart d’heure à attendre, mes yeux sont revenus dessus pour je ne sais quelle raison. Je me suis mis à fixé comme un fou cette forme sombre qui faisait légèrement contraste avec le sable. Mais rien d’évident avec cette eau laiteuse. A force de fixer, je voyais bouger la forme. Mais bon, je ne suis pas non plus un « gamin du mois d’août » comme on dit au village. Je sais très bien qu’à force de vouloir voir quelque chose, je peux me faire des films, et je m'en fais régulièrement ! Il fallait être sur de soi. Merci mon Dieu, la truite, car oui c’était bien une truite a décidé de m’aider. Elle a bougé franchement. Le doute n’était plus permis ! Je savais que j’allais en trouver une par là ! Rien que pour ça j’étais heureux. C’est vraiment gratifiant de genre de moment où l'on se rend compte que la bonne décision a été prise. C'est aussi bon que la prise du poisson en elle-même.

Il fallait maintenant analyser la situation pour mettre toutes les chances de mon côté. Je n’étais pas pressé, cela faisait au minimum un quart d’heure qu’elle était devant moi déjà. Pour la nymphe, pas de souci, le gammare allait passer crème, c'était certain. Par contre, la question était comment lui amener. J’ai pris la décision de renter légèrement dans l’eau pour m’ouvrir un angle afin de pouvoir fouetter. Première dérive de l‘année sur un poisson à 8-9 mètres, fallait pas trembler. En tenant mon gammare, j’ai sorti tranquillement mon bas de ligne entièrement. Puis, dès que la soie eut passé mon anneau de pointe, j’ai commencé à fouetter afin de sortir la longueur de soie nécessaire à ce coup de ligne. J’étais dos à la truite. J’ai posé avec une précision moyenne mais presque normale pour ce premier jet sur la droite de la truite. Un JFD en 14 coule assez vite et avant qu’il ne touche le fond, j’ai réalisé une animation assez vive. Bien visible quoi !

J’ai alors vu ma truite ce mouvoir lentement dans sa direction. Je la distinguais plus que je ne la voyais, mais son déplacement ne faisait aucun doute sur ses intentions. Arrêt du poisson, ferrage ! Et pas un petit ! La truite était à moi. J’ai eu bien du mal à la contrarier au premier départ, mais j’ai réussi malgré tout. Une chandelle, puis deux !  Un combat court mais puissant. Une canne en vrac, un nylon qui siffle, le bruit des noeuds dans les anneaux, le pied ! Après, mon diamètre de fil m’autorisait un bridage autoritaire. La mise à l’épuisette me donna l’occasion d’admirer ce trésor de plus près. Et même si je ne pouvais pas le voir, je devais avoir une sacrée banane sur le visage. Un poisson sauvage de sa rivière bien aimée possède une valeur que jamais un autre poisson ne pourra approcher ni même effleurer. Cette truite m’a donné un bonheur réel et sincère. Non pas par ses mensurations, mais par son esthétisme parfait. Quelle robe, quelles couleurs. Je ne pouvais rêver mieux pour un premier poisson en nymphe à vue. En fait si, cela aurait pu être encore mieux si mon fils avait été avec moi pour partager cet instant de vie tous les deux. Mais le connaissant, il n'aurait pas eu la patience de rester un quart d'heure à mes côtés. Il y aura d'autres occasions de vivre de tels moments...

J’ai pris un peu de temps avec le poisson dans l’épuisette tout en le laissant dans l’eau pour le regarder, pour l’admirer. Je voulais que cette truite reste dans ma mémoire à une place bien précise. J’ai fait quelques photos également. Le poisson était tranquille dans l’eau, calme. Comme s’il savait…Et puis je l’ai relâché, tout aussi tranquillement. De mon expérience, je ne la reverrai pas, en tous les cas pas sur ce poste. C’est certain. Par contre, on se croisera peut-être de nouveau dans quelques semaines sur un autre poste pas très loin, et à un autre horaire, ça, c’est fort probable.

Magnifico ! Pensez-y, même pour la photo, un poisson est toujours mieux dans l'eau.

Il fut une époque, où après un joli coup de ligne, je me posais sur la berge, j'allumais une cigarette en repensant seconde par seconde à ce que je venais de vivre. J'avoue que si une cigarette me manque aujourd'hui, c'est sans aucun doute celle-ci ! Je prenais conscience de la chance que je venais d'avoir. Capturer un poisson sauvage de l'Ain est une chance oui, un privilège même, d'autant plus à notre époque avec des effectifs en chute libre. J'ai fait la même chose pour cette truite, mais sans la cigarette. Juste en regardant les quelques photos que je venais de faire. Je ne pouvais quitter des yeux ce trésor que la rivière venait de m'offrir...A bientôt pour une nouvelle histoire de pêche.

Retour Matériel : Aujourd'hui, je voulais vous parler des lunettes polarisantes que nous portons mon fils et moi (à voir sur la première photo de cet article). C'est des lunettes JMC équipées de nouveaux verres "made in France" en polycarbonate 720. Le pouvoir de ce verre est incroyable pour éliminer un maximum de reflet sur la surface de l'eau. Nous avons tous les deux des verres jaunes (il y a deux autres coloris). Vous avez une lumière extraordinaire pour le coup et ce même tôt le matin et/ou par temps sombre. Thibaut possède le modèle "laser" et moi le "treck". J'apprécie également le confort de ces montures et le choix (3 montures différentes) que propose JMC pour un même verre. De plus, et je le signale car ce n'est pas le cas de toutes les marques (c'est du vécu !), vos lunettes sont livrées avec un étui protecteur, un cordon et une chiffonnette. Si vous souhaitez en savoir plus, suivez le lien => Lunettes polarisantes verre 720.

mercredi 6 février 2019

Jordan Hernandez

Pas simple de définir mon invité du jour, il y a tellement à dire. Peut-être un fou furieux ou encore un passionné d'un autre monde mais plus sûrement un pêcheur ultra complet, surdoué, en permanence dans la progression et qui possède un mental sans faille. C’est aussi et surtout un jeune homme d’une gentillesse exceptionnelle.

J’ai la chance dans mon parcours de pêcheur de rencontrer de nombreux passionnés. De tous bords et de tous âges. Jordan en fait parti. Il est même dans le peloton de tête. C’est un garçon que j’apprécie énormément pour ces qualités d’homme et de pêcheur. On se connait seulement depuis quelques années, mais pour dialoguer régulièrement, on tombe souvent d’accord sur les sujets qui tournent autour de la pêche. De plus, étant très restreint (par choix) sur ma façon de pêcher, je porte énormément d’intérêt sur sa façon de voir les choses, c'est très enrichissant. Echanger avec lui est toujours un immense plaisir car malgré son jeune âge, il possède déjà un parcours hors normes. A votre tour de le découvrir maintenant, bonne lecture !

Nicolas : Salut Jordan. Très heureux de te recevoir sur mon blog. Pour mes lecteurs qui ne te connaissent pas, peux-tu nous faire une petite présentation, merci.

Jordan : Salut Nico et bonjour à tes lecteurs. Merci à toi pour ton invitation, c'est un plaisir d'être reçu sur ton blog. Je trouve le principe de ces interviews très intéressant et franchement ça change, donc forcément j'adhère !

Moi c'est Jordan Hernandez, je souffle ma 26ème bougie en même temps que je réponds à ton interview... c'est cadeau !

Je suis originaire et je vis actuellement dans le département de la Loire (42, plaine du Forez), en région Rhône Alpes. Comme tu le sais déjà, je travail exclusivement les week-ends en mécanique industrielle et je consacre le reste de ma semaine à mes activités favorites, pêche et sport !

Mon invité, Jordan Hernandez.

Nicolas : Comme je le répète souvent à mes amis, j’en ai déjà croisé des fondus de pêche, mais des comme toi, jamais ! Tu en es conscient ou pour toi c’est la normalité ?

Jordan : Comme quoi, il ne faut jamais dire jamais ! J'ai envie de te répondre les deux. Lorsque j'en parle autour de moi, la réaction des gens me fait souvent prendre conscience que ce n'est pas vraiment ordinaire. Mais d'un côté, quand il s'agit de ton quotidien, par la force des choses ça devient normal. Donc les deux !

Un quotidien pas si ordinaire...

Nicolas : Revenons au tout début. Depuis quand cette passion est née pour toi et comment cela t’es venu ?

Jordan : Cela m'est venu par mon père qui nous emmenait avec mon frangin dès notre plus jeune âge. Il y a plus de vingt ans, je me rappelle de ces premières sorties en famille à la découverte de la truite au toc et des carnassiers. De sacrés souvenirs !

Un des premiers brochets aux leurres de Jordan (avec son grand frère Kévin, collector la photo !!).

Nicolas : C’est donc une histoire de famille. Il y a la pêche et le reste chez les Hernandez ?

Jordan : Oui c'est bien ça ! Le reste, qui n'est pas des moindre, encore une fois avec mon père qui a clairement géré sa transmission de passions. Ce qui fait que nous le suivons à la pêche, dans la nature, à la chasse et aussi dans le sport (cyclisme). Les semaines sont biens remplies chez les Hernandez !

Vélo avec son papa.

Nicolas : Tu es devenu au fil de temps un pêcheur complet en termes de poissons capturés et de techniques pratiquées. Quel a été ton cheminement personnel ?

Jordan : Mon parcours perso dans la pêche est plutôt varié, dans le style " touche à tout ". A partir du moment où j'ai été assez autonome au bord de l'eau, j'ai commencé à me consacrer à la pêche au coup. C'est là que j'ai pris part à mes premières compétitions (adulte) et que j'ai réalisé mes premières victoires du haut de mes 11/12 ans à l'époque.

La suite de mon adolescence, j'ai alterné la pêche de la carpe et celle des carnassiers. Avec une première participation à un événement de plus grande ampleur, le championnat de France carpiste en 2008 en binôme avec mon frère.

Puis, à ma période lycéenne, je m’investis exclusivement dans la pêche des carnassiers aux leurres artificiels. Tout va très vite, avec plusieurs victoires et podiums lors de dates du championnat de France bateau, l'arrivé des premiers sponsors. Une détermination toujours grandissante nous pousse, mon frangin et moi, à nous lancer dans les plus grandes compétitions européennes où nous nous hisserons sur quelques podiums.

Enfin, venons à la partie que tu préfères...La truite ! Comme je l'avais cité plus haut, j'avais suivis mon père et mon frère lors de quelques sorties truites étant très jeune mais ça restait anecdotique. C'est il y a seulement quatre ans que je me suis mis à parcourir les rivières aussi bien à la mouche qu'aux leurres.

3ème place prédator tour en Hollande.

Nicolas : Aujourd’hui, quels sont les poissons et les techniques que tu préfères ?

Jordan : J'adore tous les carnassiers aux leurres, avec une préférence pour toutes les pêches qui demandent d'avoir beaucoup de tactile. Et la pêche à la mouche, forcément, avec un plus pour la pêche en sèche.

Nicolas : Tu as une belle complicité avec ton frère avec qui tu fais aussi des compétitions carnassiers aux leurres. Que t’apporte ce genre d’évènement par rapport à une pêche loisir ?

Jordan : Ce que ce genre d'événement m'apporte, tout d'abord de l'expérience. Ça me pousse à rehausser mon niveau, à être beaucoup plus réfléchi et concentré. Chose qui est difficile à reproduire en pêche loisir. Pour moi, ces événements sont une étape importante pour ma progression.

Brochet de 123cm pris en compétition internationale.

Nicolas : Ton frère Kévin est connu pour être plutôt un pêcheur de spécimen, comment tu te définirais de ton côté et pourquoi cette philosophie ?

Jordan : Kévin préfère la qualité à la quantité, moi c'est l'inverse. Je mise tout sur la quantité. La recherche de spécimen est un mode spécifique qui demande à s'adapter au comportement d'une minorité de poisson. Personnellement, je suis plus intéressé par le comportement de la majorité, donc forcément des poissons plus petits. Ça n'empêche pas de croiser de beaux poissons, comme tu as pu le remarquer sur mon bateau ! ;-)

Choisir la quantité n'empêche pas de prendre gros !

Nicolas : Ce que j’apprécie chez toi, c’est ta simplicité qui dénote malgré ce monde parfois farfelu pour ne pas dire autre chose de la pêche moderne. Que penses-tu justement de cette évolution dans ton domaine de prédilection qu’est le leurre ?

Jordan : Merci, je te retourne le compliment. Tu connais mes principes de pêche, simple et efficace ! Je pense que cette évolution dépasse un peu la pêche. Comme par exemple, le faite de connaître le dernier leurre qui vient de sortir, ou de connaître le nom de millier de références, etc... Savoir tout cela n'a jamais fait attraper de poissons donc je ne m'y intéresse guère. Au fil du temps, je pense me détacher de cette évolution, de ces mentalités qui ne me correspondent pas.

Nicolas : On est sur un blog de pêche à la mouche, alors on va laisser tes trucs en plastique de côté. Pourquoi avoir voulu aussi pêcher à la mouche ?

Jordan : Oui, revenons-en à nos plumes !

Tout simplement parce qu'un jour, alors que je pêchais aux leurres, un ami pêchant à la mouche m'a littéralement mit une leçon. Au coup du soir, il m'a fait tester son fouet et je prends deux truites correctes en quelques passages en nymphe au fil. Tu t'imagines bien qu'à partir de ce moment là j'ai voulu savoir faire. Le lendemain, j'avais commandé mon premier ensemble mouche !

La première truite de Jordan avec une canne à mouche.

Nicolas : Toi qui excelles dans la pêche aux leurres, trouves tu des similitudes avec la pêche à la mouche ou est-ce que pour toi c’est deux mondes totalement différents ?

Jordan : Pour moi, il y a de grandes similitudes. Que l'on utilise un leurre en plastique ou une mouche faite de plume, tout deux restent des imitations artificielles. N'en déplaise aux puristes, ces deux techniques sont assez proches, à quelques variantes près du comportement de nos truites. J'estime qu'un bon pêcheur de truites se doit de maîtriser la pêche à la mouche, aux leurres ainsi qu'au toc afin de s'adapter à toutes les situations que l'on rencontre au cours de la saison. Je prends l'exemple du pro " pêche à vue seulement " qui se retrouve au chômage technique lors des crues pendant que moi je me régale aux leurres…Quel dommage ! Il n'y a pas de techniques supérieures ou plus honorables que d'autres, ni de méthodes qui rajoutent de la valeur aux truites...Il n'y a que des bons pêcheurs qui agissent avec passion !

Bien sur, ça ne reste que mon avis.

Une magnifique truite prise au leurre, reste une magnifique truite.

Nicolas : Avec ta canne à mouche, ta priorité est de pêcher en adaptant la technique aux conditions ou est-ce que par exemple tu vas chercher à pêcher à vue en priorité ?

Jordan : Oui, j'essaie toujours de m'adapter au mieux aux conditions de chaque sortie. Mais, si j'ai l'occasion de pêcher à vue, je ne m'en prive pas.

Truite de N.Z prise en nymphe à vue.

Nicolas : Tu reviens d’un voyage en Nouvelle-Zélande en duo avec Franck. Globalement, que retiens tu de ce trip pas comme les autres ?

Jordan : Ce que je retiens le plus c'est que, réellement, on est très loin des vidéos que l'on peut voir sur le net. En réalité, les poissons sont beaucoup plus méfiants et difficiles à aborder. Il faut rajouter à cela des conditions climatiques qui compliquent beaucoup la pêche avec régulièrement une météo mitigée et quotidiennement un vent très fort. Lorsqu'on additionne tous les facteurs négatifs, prendre un poisson devient alors une performance.

Nicolas : En quoi la pêche est-elle différente de ce que tu connais ici ?

Jordan : La seule grosse différence, c'est que l'on croise très peu de petits poissons. La taille moyenne est vraiment haute. Par contre, on en croise beaucoup moins, ce qui est logique. Il faut parfois parcourir plusieurs kilomètres avant de voir une truite.

Plusieurs kilomètres avant de croiser celle-ci !

Nicolas : Tu peux nous raconter l’histoire d’un poisson capturé lors de ce séjour ?

Jordan : Pour rassurer les lecteurs qui auraient en projet ce voyage, mon anecdote sera positive. J'aborde une 60+ avec l'une de tes cuivres, je la prend rapidement et la relâche. Puis j'attaque un nouveau poisson une quinzaine de mètres plus haut, postée en plein courant. Je lui propose une bille montée par mes soins. Après quelques passages, je finirai par la convaincre sur une animation. Ce n'est que lors de la séance photo que Franck me fait remarquer qu'elle a des ressemblances à celle que je venais de prendre juste avant. Et en effet, il y avait plus que des similitudes puisque c'était le même poisson prit deux fois à quelques minutes d'intervalles. De loin le coup de chance du voyage avec cette truite à la mémoire de poisson rouge.

Deux fois la même truite en quelques minutes.

Nicolas : Pour te connaitre un petit peu, je te sais homme de défi qui aime, en autre,  se donner des objectifs ? En as-tu encore de non réalisés côté pêche ?  

Jordan : J'ai réalisé beaucoup de mes objectifs mais il m'en restera toujours. Dès lors que j'en réussi un, je m'en fixe un nouveau plus difficile, plus fou. De manière à ce que la boucle ne soit jamais bouclée !

Le record truite à ce jour de Jordan, et il compte bien le battre !

Nicolas : Merci beaucoup Jordan d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. J’espère te croiser de nouveau cette année.  

Jordan : Pas de quoi Nico, merci à toi. C'était un plaisir et tu sais que tu es toujours le bienvenu sur mon bateau ! ;-)

Tu sais Jordan, il est de tradition sur mon blog lors des interviews qu’un proche de l’invité fasse une petite apparition. Je n’ai pas cherché longtemps à vrai dire. Ton Frère Kévin a bien voulu se prêter au jeu et je trouve qui l’a très bien fait ! C’est pour toi Jordan (et aussi un peu pour nous).

Kévin : S'il fallait faire un résumé du parcours pêche de Jordan, voici ce qu'il serait...

Jordan tient sa force de sa polyvalence dans les techniques, de son mental et de son imperméabilité à toutes les choses annexes !

Maitriser la pêche de plusieurs espèces tout en appliquant des techniques et des principes de base est le principal moteur de ce joli parcours.

Personnellement, c'est pour moi un équipier sûr en compétition car je sais qu'il prendra des poissons qui comptent et ensemble, en plus des souvenirs, nous avons réalisé de belles choses.

Pour les anecdotes de pêche concernant Jordan, je garde un super souvenir de son brochet de 123 cm capturé durant la dernière heure de compétition et qui nous propulse en 3ème place du Predatortour !

Je pense aussi à cette truite de 63cm capturée dans la Loire sur une action improbable alors qu'il n'avait que 10ans...

Il y a aussi ce jour où, au Léman, je lui ai envoyé le blank de ma canne Big bait en plein derrière la tête lors d'un lancé...La casquette, les lunettes, tout avait volé !

Et enfin, un sandre du Rhône que nous avons capturé 2 fois dans la journée, chacun à notre tour. Jordan le fait en verticale, c'était un poisson moche, avec les nageoires abimées et plein de cicatrices...L'après midi, sur la même zone, je prends une touche en linéaire puis arrive ce poisson au bateau. Je lui lance : "il est moche, on dirait le tient"

- "Non, le mien était plus gros" réplique t'il...

Après vérification photographique, il s'agissait bien du même poisson, capturé 2 fois le même jour !

Pour conclure, je pense que ce parcours va encore s'embellir dans les années à venir. Les défis sont là, il y a encore des records à battre et des trophées à aller chercher !

Les deux frangins !

Merci à tous les deux, c’était vraiment top. Je pense que mes lecteurs ont pris autant de plaisir à vous lire que j’en ai eu à réaliser cette interview. Au plaisir de vous revoir et ne changez rien !

lundi 4 février 2019

Nouvelles bobines Teklon, comment est-ce possible ?

C'est suite à une discution sur mon profil facebook avec les personnes qui me suivent que j'ai eu l'idée de rédiger cet article. Tout est dans le titre ! Comment peut-on avoir une idée aussi saugrenue ?

Cela ne vous à sans doute pas échappé, d'autant si comme moi vous êtes fan de ce nylon depuis des années, le changement de conditionnement du Teklon pose problème. Il y a quelques mois maintenant le Teklon est passé sur des bobines aux dimensions grotesques si on veut les transporter sur soi durant une partie de pêche. Effectivement, nous sommes passés sur des bobines qui font aujourd'hui 10 centimètres de Ø pour 2.5 centimètres de largeur. Alors que les anciennes bobines ne faisaient que 8 centimètres de Ø pour 1.5 centimètre de largeur. Bien entendu, tout cela pour une contenance identique, soit 100 mètres. Je vous avoue ne pas comprendre le choix marketing là...Il y a quelque chose qui m'échappe.

Deux bobines de 12 centièmes, la nouvelle à gauche. 

Mais ce n'est pas tout, car lorsqu'on y regarde de plus près, le fil n'est plus le même également. J'ai réalisé quelques mesures dans un local climatisé avec un micromètre étalonné. De plus, et cela tombe fort bien, je suis métrologue de métier. Parce qu'avoir les outils est une bonne chose, savoir les utiliser dans les conditions adéquates en est une autre. Vous trouverez mes résultats dans le tableau ci-dessous.

On peut remarquer que ce fil se rapproche du Ø de fil annoncé sur l'étiquette. Il était clairement surdimensionné sur les anciennes bobines, mais cela n'est pas important si on le sait dès le départ. Le principal pour moi, c'est que le fil actuel conserve son état de surface pour le traitement que je lui fais subir sur les gros Ø (du 50 au 20 centièmes). C'est le cas, donc je rassure de suite les fans des bas de ligne rouges, rien ne change ! Cela aurait pu être le contraire. Mon traitement ne prenant pas sur toutes les marques de fil, loin de là. 

Maintenant, avec ces grosses bobines, il est clair que cela le pénalise pour les pointes à cause de la place qu'elles prennent. Je me suis donc mis à la recherche d'un autre nylon depuis l'an passé pour mes pointes. Un nylon conditionné dans des bobines au format qui correspond le mieux à mon besoin avec les qualités similaires au Teklon. Une recherche identique à celle que j'avais fait lors de la disparition du fil Ashima à l'époque. Je vous ferais un retour sur mes investigations.

dimanche 9 décembre 2018

Les belles rencontres de notre saison 2018.

Retour sur 2018 côté pêche...

Lire la suite »

jeudi 25 octobre 2018

Journée montage de mouches à Jura Pêche.

Venez nombreux !

Lire la suite »

lundi 24 septembre 2018

Pêcheur de rivière

L'air du temps...

Lire la suite »

mercredi 19 septembre 2018

Le Doubs, message d'espoir, la vidéo.

La pêche est terminée dans le Jura, mais les prolongations peuvent avoir lieu autour de chez nous. Sur le Doubs par exemple, et ce jusqu'au 30 septembre.

Mon ami Romain vient de me faire passer une vidéo pleine d'espoir pour cette rivière mythique. Lui et ses amis ont capturé de nombreux beaux poissons cette saison. Je vous laisse voir de vous-mêmes !

- page 1 de 55