Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière,la Hte rivière d'Ain.
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jeudi 11 janvier 2018

Zoom sur une AAPPMA : L'Albarine.

De retour avec cette catégorie qui me tient à cœur. Je manque de temps pour réaliser plus d'articles de ce genre et j'en suis désolé. L'AAPPMA de l'Albarine dans le 01 est un exemple de par son travail extraordinaire. C'est un article moins cliquant que des photos de gros poissons, de paysages à l'autre bout du monde, mais tellement plus important de savoir, que chez nous, en France, des gens se battent pour améliorer les choses. Et en l'occurrence, dans ce cas, cela aboutit à un résultat positif !

1-Pour que les lecteurs de ce blog puissent bien se situer, merci de nous localiser les lots dont votre AAPPMA a la gestion.

L'AAPPMA de l'Albarine se situe dans le département de l'Ain, plus précisément dans le Bugey, et propose un parcours de 17 kms compris entre St-Rambert-en-Bugey et la cascade de Charabotte située sur la commune de Chaley. Elle gère en partenariat avec les AAPPMA de la basse rivière d'Ain les pêches de sauvetage sur la basse Albarine.

2-Quels sont les droits de pêche dont il faut s’acquitter pour être en règle sur vos linéaires ?

L'AAPPMA n'est pas réciprocitaire. Les adhérents peuvent donc prendre une carte annuelle chez nous avec la CPMA, ou, s'ils possèdent déjà une carte, payer la cotisation de la fédération de l'Ain et de l'AAPPMA en complément.

3-Comment définiriez-vous votre AAPPMA en termes de politique piscicole ?

Depuis quasiment trente ans, l'AAPPMA a basé sa gestion sur la qualité de la rivière dans son ensemble, tant au niveau de l'eau, des milieux que des poissons.

La qualité de l'eau a été l'élément essentiel dans la reconquête de la rivière, et l'AAPPMA s'y est employée dès le départ. Un dialogue constant mais convainquant envers les communes, avec un rapport de force qui s'est traduit la plupart du temps par une participation de tous les instants à la création des réseaux, des stations d'épuration, des déversoirs d'orage. Beaucoup de réunions de chantier, et une présence accrue et continue lors des travaux et une considération dans le choix des stations d'épuration. Par exemple à Tenay, où les travaux ont nécessité une intervention lourde dans le lit du cours d'eau et où un travail rapproché avec les maîtres d'ouvrage, d’œuvre et les entreprises ont permis en plus de l'assainissement, d’améliorer la capacité d'accueil de la rivière. Le plus gros point noir, la commune d'Hauteville-Lompnes, située sur le plateau, a demandé du temps : prélèvements, réunions, mise en demeure...Mais le jeu en valait vraiment la chandelle.

Ci-dessous, à gauche, la meilleure preuve de la reconquête de la qualité de l'eau: le retour des grandes perles, posé de surcroît sur la vanne de régulation de nos petits canaux annexes, réhabilités pour la reproduction des truites.

Ici, la diversité des espèces, en l’occurrence des invertébrés, qui font toute la richesse d'une rivière.

Cela a pris environ 15 années pour tout régler (notamment le bon fonctionnement des déversoirs d'orages, souvent par nos propres soins). C'est un travail de très longue haleine, mais la connaissance aujourd'hui de tous les réseaux permet d'intervenir en amont et très rapidement lorsqu'il y a un problème avec les gestionnaires des réseaux que nous côtoyons régulièrement. Il a notamment fallu expliquer qu'une relation très étroite relie les déversoirs et les stations à la rivière, mais c'est entrer dans les mœurs.

Idem avec les entreprises locales qui sont dorénavant aux normes. Mais nous avons eu droit en notre temps aux lavages à la soude, aux colorants chimiques, etc...

Aujourd'hui, avant qu'un problème se pose, nous sommes tout de suite consultés. Lorsque l'on en arrive là, c'est gagné ! Même si évidemment on ne peut pas tout prévoir.

Concernant les milieux, l'AAPPMA, sur ses fonds propres, a investi presque un million d'euros. Non pas que nous soyons plus riche que les autres, mais tout l'argent a été réinvesti systématiquement pour le milieu naturel depuis 20 ans.

  • Achat de terrains, qui garantit la pêche à long terme, la réalisation des travaux, une gestion pour la pêche et les pêcheurs et qui autorise à dire aujourd'hui que l'AAPPMA est propriétaire de plusieurs kilomètres de berges, de plusieurs hectares de zones humides et de zones inondables
  • La mise en place d'un poste de technicien en partenariat depuis 18 ans avec la Communauté de Communes, indispensable pour un tel mode de gestion
  • La création d'habitats piscicoles sur tout le linéaire, un entretien pour l'accessibilité aux berges
  • Participation à toutes les fiches actions du contrat de rivière, un contact permanent avec ce dernier, et où notre technicien a réalisé toutes les actions dans la vallée afin que soient pris en considération l'aspect piscicole. Là aussi une réalisation de tous les jours au moment des travaux. Au « cul de la pelle » comme on pourrait le dire. C'est primordial et sans appel, sinon on passe à côté de beaucoup trop de choses. Aujourd'hui, on a réinjecté, avec l'appui financier du contrat de rivière dans son ensemble, plusieurs milliers de tonnes de blocs, alluvions, rééquilibré le lit. Car outre le problème de la qualité de l'eau, l'Albarine était en déficit très important de matériaux dû à des curages en règle, des minages de blocs, et présentait un enfoncement du lit de plus en plus marqué. On a ainsi lié pendant vingt ans rééquilibrage et capacité d'accueil du milieu. Cette dernière étant une clé de voûte dans le développement des populations, surtout avec le réchauffement climatique.

 

  • Un dernier point est celui des centrales hydroélectriques, puisque l'Albarine en possède quatre sur son linéaire sur la partie haute de la rivière. Toutes turbinent au fil de l'eau. Toutefois, en fonction des travaux, de manipulations électriques ou mécaniques, l'impact peut être préjudiciable sur la rivière comme tout le monde s'en doute. Depuis quinze ans, l'AAPPMA a travaillé avec les usiniers. Les marnages n'existent plus, l'AAPPMA est informée de toutes interventions notoires, et cerise sur le gâteau, c'est même l'AAPPMA qui a gérée les travaux de la dernière centrale en 2017 en cours de rénovation, depuis la vidange jusqu'au réaménagement du lit, et qui est devenu, depuis les récentes dernières crues, un parcours qui n'a rien à voir avec ce qu'il était avant. Ce climat de confiance était indispensable notamment pour la sauvegarde des frayères et l'émergence des alevins.

Concernant les poissons, le dernier alevinage a eu lieu au printemps 1999. Depuis, l'Albarine retrouve ses poissons méditerranéens. Cela fait partie de la rivière, c'est son patrimoine. Même s'il reste quelques individus « atlantiques louches », les poissons arborent des robes bien typées et c'est pour ces poissons que l'on se bat.

4-Quelles sont les principales actions menées et à venir de l’AAPPMA ?

Concernant les actions menées, elles ont été développées ci-dessus. Pour celles à venir, disons qu'il nous reste, à part un projet de restauration hydromorphologique sur le bas du parcours pour lequel l'AAPPMA a déjà acquis les terrains nécessaires, des petites actions concernant l'habitat piscicole afin de rendre chaque mètre de rivière toujours plus productif. Mais ne vous y trompez pas, et vous le savez mieux que quiconque, une rivière se gère en continue, tous les jours de l'année au bord de l'eau, avec un recommencement sans fin. Sans cela, c'est impossible.

5-Avez-vous un parcours No-Kill actuellement ? De nouveaux projets dans le domaine ?

Actuellement, l'AAPPMA dispose de 5 parcours no-kill qui tournent à peu près tous les 4 ans pour la plupart. Les premiers no-kill ont été mis en place sur la rivière en 1992. Ils couvrent 3 kilomètres sur les 17 que nous gérons. Il y aura du changement dans ces parcours en 2018.

6-Si vous aviez un ou plusieurs souhaits venant des hautes instances (FNPF, élus locaux, etc…) à exaucer, quels seraient-ils ?

Aujourd'hui, on est très loin de la réalité de terrain, celle qui prévaut. Il faut redescendre de notre nuage. On continue à promouvoir la pêche, c'est très bien, il faut le faire. Mais on se rend compte aujourd'hui qu'il ne faut pas oublier le principal : la qualité du milieu dans lequel on assouvit notre passion. C'est là qu'il faut mettre tous les moyens, car il ne faut pas être dupe, si le monde de la pêche ne change pas son fusil d'épaule sur sa manière de faire, on va dans le mur. Les problèmes sont grandissants et s'accumulent et il faut des milieux aquatiques fonctionnels pour lutter contre le réchauffement climatique sinon ils ne s'en remettront pas. Qualité et quantité sont les maîtres mots pour définir cet élément qui conditionnent notre activité sportive : l'eau !

Les rivières sont des milieux complexes, interactifs avec les écosystèmes qui les entourent et incontournables. Il faut que les politiques en prennent conscience. Nos hautes instances halieutiques ont pour rôle essentiel aujourd'hui de marteler ce message, peut-être encore plus que le reste, une priorité pourrait-on dire.

7-Pour terminer, un message pour les tous les pêcheurs qui pratiquent votre linéaire ?

L'Albarine est une rivière facile à percevoir de par son gabarit, contrairement aux grandes rivières. Les poissons sont là, mais suivant les techniques, et en fonction des conditions du moment, on passe très vite d'une pêche facile à très difficile ou inversement. Il y a souvent un moment dans la journée où les poissons sont actifs et il ne faut pas louper cet instant.

La rivière est très facilement accessible et on peut changer de poste très rapidement sans perdre de temps.

Les différents faciès d'écoulement de la rivière, plats, radiers, gorges, en font un parcours varié où toutes les techniques de pêche ont leur place.

8-Merci d’avoir répondu à mes questions et bonne continuation pour la suite à toute votre équipe. Merci de nous donner les liens de vos médias pour celles et ceux qui souhaitent continuer à vous suivre.

Vous pouvez nous suivre sur notre site internet (www.peche-albarine.com) ou sur notre page facebook. Merci à toi Nicolas pour cette publication, et souhaitons aux rivières jurassiennes qu'elles retrouvent leur visage d'antan. L'Albarine fait partie du massif du Jura sur le plan géologique, et ressemble en cela à bien des rivières du Jura ou du Doubs. Dans son fonctionnement, elle s'apparente d'ailleurs de très près au Dessoubre. Gageons que tous ces cours d'eau retrouve eux aussi un jour leur renommé halieutique.

Bonne année 2018 à tous.

dimanche 21 avril 2013

L'Albarine et la Peute, le duo gagnant !

Rivière vraiment pleine de poissons...IMG_2470r.JPG

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