Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
Le poisson Voyageur, le rêve de pêche à votre mesure !

Accès au Fly Shop Signez le livre d'or Suivez-moi sur facebook Le Fly Shop sur facebook

Gestion piscicole

Les actions menées sur le terrain et infos diverses sur le monde complexe de la gestion halieutique

Fil des billets - Fil des commentaires

jeudi 27 février 2020

Zoom sur une AAPPMA: Verdon-Colostre.

Aujourd'hui je vous propose de partir à la découverte d'une AAPPMA très dynamique dans le Sud-Est de notre pays. Partons sur le Verdon si vous le voulez bien avec son président que vous connaissez peut-être pour ces articles et livres sur la pêche à la mouche, Jean-Christian Michel.

-Présentation de l’AAPPMA Verdon-Colostre, ses actions et ses projets.

Bonjour Nicolas. L’aappma Verdon-Colostre est située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, sur le cours terminal du Verdon. Quand celui-ci arrive sur notre territoire de gestion il a déjà parcouru près de 120 kilomètres et traversé trois grands barrages (Castillon, Chaudanne, Sainte-Croix). Il lui reste encore 45 kilomètres à parcourir. Sur ce secteur terminal, le Verdon est parfois limitrophe avec le département du Var. L’aappma Verdon-Colostre gère 60% du lac de Montpezat-Quinson (150 hectares) et 80% du lac d’Esparron-de-Verdon (328 hectares). Ces lacs de seconde catégorie piscicole sont le résultat de l’ennoiement des gorges et vallées du Bas-Verdon à partir de la seconde moitié du vingtième siècle. On y pêchait la truite fario et on y voyait des aprons dans des décors de gorges uniques…Aujourd’hui c’est plutôt pédalos, perches, gardons et brochets ! Ainsi va le monde.

En aval du lac d’Esparron-de-Verdon, la rivière ressuscite pendant une petite quinzaine de kilomètres avant de rejoindre les eaux de la Durance. Sur cette portion, l’aappma Verdon-Colostre gère huit kilomètres sur le Verdon vivant en amont et en aval de la station thermale de Gréoux-les-bains. La rivière traverse ensuite les départements du Var et des Bouches-du-Rhône pendant 7 kilomètres avant de terminer son cours.

Situé en rive droite du Verdon, le Colostre est notre plus important affluent de première catégorie. Long de 36 kilomètres, il rejoint le Verdon en amont de la station thermale de Gréoux-les-Bains. Nous gérons également plusieurs ruisseaux et leurs chevelus  ( « adoux », en provençal) dont le linéaire cumulé atteint une cinquantaine de kilomètres. Notre territoire de pêche s’étend sur neuf communes au total. Lacs, rivière, ruisseaux : nous gérons donc des masses d’eau très différentes (de 50 mètres à 5 cm de profondeur !) Et si nous on ajoutons à cela la prise en compte de l’artificialisation des masses d’eau et les altérations anthropiques, tu comprendras que nous ne gérons pas les territoires d’une seule pêche et d’une seule catégorie de pêcheurs… pas facile de contenter tout le monde ! Le Colostre et le Verdon sont en gestion patrimoniale stricte afin de préserver la reproduction de nos superbes truites méditerranéennes mais sur certains plans d’eau nous « bassinons » de la truite arc-en-ciel… Les mentalités évoluent mais nous ne nous adressons ni à un seul public ni à un seul contexte piscicole… Ce serait plus confortable pour nous mais ce n’est pas le cas et nous tentons d’intégrer au mieux cette complexité ! Notre but est que toutes les catégories disparates de pêcheurs que nous touchons se fédèrent en faveur de la cause de la protection des milieux aquatiques.

-Côté gestion et actions, que faisons-nous ?

Commençons par le Verdon sur sa portion où il est encore une rivière : notre première action de gestion a été de porter la taille légale de capture de la truite fario à 30 cm (elle était à 23cm) en commun avec l’aappma voisine ainsi que d’interdire la pêche en marchant dans l’eau jusqu’au 31 avril. Ces deux mesures ont été prises par arrêtés inter-préfectoraux. Je ne me suis pas fait que des amis mais aujourd’hui l’interdiction de marcher dans l’eau est entrée dans les mœurs et même les scientifiques abondent dans notre sens.

Parlons des actions de restauration : depuis une dizaine d’année l’aappma Verdon-Colostre et la Fédération de Pêche des Alpes-de-Haute-Provence portent un projet de diversification des habitats du Bas-Verdon dont nous sommes à l’origine. Tout ceci est parti de ce que j’avais observé à Goumois autour du plat de la Verrerie et d’une discussion entre copains…voilà comment essaiment les idées de l’Est au Sud ! Nous avons commencé à élaborer notre projet alors que nous n’étions pas encore à la tête de l’aappma. Nos réunions se déroulaient dans l’ancienne école de Saint-Martin-de-Brômes, non loin du Colostre. Nous étions une poignée de pêcheurs amis des superbes truites du Verdon et nous voulions faire évoluer la gestion dans le sens d’une meilleure préservation de ces superbes truites sauvages. Peu à peu les choses se sont faites : nous avons pris la présidence de l’aappma et appris peu à nous familiariser avec la gestion des milieux aquatiques et la politiques de l’eau française. Ce fut long mais nous avons fait ce que nous avons voulu. Nous avons mis en place une gestion patrimoniale partout où la reproduction des truites sauvages se fait correctement. Nous n’alevinons plus le Colostre et le Verdon. Nous avons procédé à de nombreux aménagements afin d’améliorer la capacité d’accueil de la rivière. Des secteurs où les poissons adultes étaient absents accueillent aujourd’hui de superbes truites. Tout n’est pas rose mais les choses ont évolué dans le bon sens. Nous avons introduit des rochers, créé des berges creuses, implanté des ouvrages en génie végétal, réalisé des tests de recharge sédimentaire (le Verdon en aval du barrage est en déficit). Actuellement un suivi scientifique effectué sur trois ans par la Fédération de pêche des Alpes-de-Haute-Provence est en cours et les premiers résultats sont très positifs. (Merci à nos techniciens et à notre FD !)

-Nous avons beaucoup d’autres projets.

Depuis plusieurs années je fais mon possible auprès du SAGE Verdon (je suis le représentant de la Fédé 04) afin que l’impact des éclusées EDF sur les poissons et les invertébrés soit étudié et je tente de militer pour la prise en compte de la problématique sédimentaire. Une importante étude pilotée par le PNRV et la FD04 a été menée en 2018-2019, j’espère qu’elle va aboutir à l’élaboration de projets sérieux dans les années à venir sur les communes de Castellane et de Gréoux-les-Bains.

L’AAPPMA Verdon-Colostre accompagne à son échelle la politique de rétablissement des continuités écologiques menée par les services de l’État que ce soit sur le Colostre ou le Verdon. La pièce centrale du rétablissement des continuités sera l’arasement du seuil de Gréoux-les-Bains sur le Verdon en 2021. Ce seuil haut de 6 mètres à été « offert » aux riverains du Verdon dans les années soixante en compensation de l’assèchement du lit du Verdon à cette époque d’avant la première loi sur l’eau ou la notion de débit réservé n’existait pas… Un boudin en béton et caoutchouc en travers d’un joyau écologique comme le Verdon : quelle horreur ! La rivière y stagne et s’échauffe sur près d’un kilomètre et les truitelles nées sur les frayères de l’amont ne peuvent pas dévaler. De plus cet ouvrage constitue un danger pour le lotissement situé en rive droite. Nous faisons confiance aux services de l’État mais nous ne manquerons pas de porter le dossier devant les tribunaux si l’affaire traine trop. Il y aurait également à dire sur la STEP de Gréoux-les-Bains, ville membre de la Chaîne Thermale du Soleil, troisième station thermale de France (40 000 curistes par ans) et qui ne respecte pas les exigences de qualité des eaux du Verdon approuvée par le Préfet (SAGE Verdon, paramètre NH4 : valeurs neuf fois au-dessus de la valeur maxi en 2019). C’est très dommage. Le Verdon en aval de Gréoux mérite mieux que ça. Mettre des libellules sur un panneau « ville nature », c’est facile… mais sur le long terme je crois qu’il n’est pas très prudent de prendre les curistes pour des idiots. Le thermalisme et le tourisme doivent apprendre à devenir durables en aval de Gréoux-les-Bains.

-Quelques mots sur le Colostre.

Cette rivière fait actuellement l’objet d’un projet de restauration hydromorphologique porté par le Parc Naturel Régional du Verdon. Nous en attendons beaucoup car le Colostre était le poumon halieutique du sud de notre département : cette rivière ne produit pas beaucoup de gros sujets mais elle était très poissonneuse par le passé. En 2019 la Fédé 04 a réalisé une étude pour comprendre le phénomène de concrétions calcaire qui fige le lit de la rivière. 2020 verra la mise en place d’un chantier d’enlèvement des embâcles. Notre aappma conduit un projet de restauration des adoux du Colostre, ces petits affluents où les truites remontent frayer sont au nombre d’une dizaine et ils sont tous en assez mauvais état. En 2020 nous allons commencer par restaurer le ruisseau du Pontet à Saint-Martin-de-Brômes, capitale historique de notre aappma qui par le passé se nommait « La gaule saint-martinoise ». Dans le paysage local, ce village, ses habitants et sa municipalité sont un bonheur pour les pêcheurs comme nous ! Dans ce village au moins tout nos dossiers reçoivent un franc soutien !

-Parlons no-kill maintenant.

Il existe un parcours No-kill sur le Verdon en amont de Gréoux-les-Bains : mis en place par mon prédécesseur et allongé sur sa partie des Alpes-de-Haute-Provence par la suite, il mesure désormais 3400 mètres. Le no-kill n’est pas une solution miracle mais un choix de gestion. Nous avons des suivis assez précis des peuplements sur ce parcours. La biomasse n’a pas beaucoup évolué en revanche nous avons 5 fois plus de poissons dont la taille est supérieure à 30 cm. La pêche y est difficile mais les poissons sont beaux !

Nous travaillons depuis une dizaine d’année sur la problématique gestion patrimoniale et restauration des milieux aquatique, je crois que nous avons jeté des bases qui commencent déjà à porter leurs fruits dans la rivière et dans les mentalités. Nous allons donc poursuivre dans cette direction pour les années à venir.

Nous élaborons depuis quelques temps un autre gros projet qui concerne les lacs artificiels d’Esparron-de-Verdon et de Montpezat-Quinson. La rupture des continuités écologiques fait que depuis un demi-siècle les peuplements salmonicoles ont presque totalement disparu sur ces lacs. La pêche des carnassiers et des poissons blancs y est intéressante mais nous trouvons dommage de ne pas exploiter la zone pélagique et profonde de ces plans d’eau. Nos lacs contiennent suffisamment l’oxygène dissous sur toute la colonne d’eau et la température au fond de ces lacs se situe entre 12 et 14 degrés même en été. Une étude destinée à connaître la richesse en zooplancton est en cours et les premiers résultats semblent indiquer que les peuplements sont satisfaisants. Nous avons donc lancé une réflexion sur l’implantation de salmonidés lacustres (corégone, omble chevalier, truite fario). Nous allons mettre en place un dispositif de pacage lacustre en 2020. Il s’agit de cages immergées où sont introduits des alevins. Les juvéniles sont nourris par le phytoplancton et le zooplancton du lac attiré par un dispositif d’éclairage nocturne. Des salmonidés dans les lacs du Bas-Verdon ?  A suivre !

-Pour finir que dire aux pêcheurs ?

D’abord les convaincre de ne pas se tromper de cible. Le vrai combat à mon sens n’est pas de monter les pêcheurs les uns contre les autres mais de les fédérer afin de construire un message politique audible. Sortons la pêche française de son nombrilisme !  Tout est politique : les problèmes comme les solutions. Restaurer les milieux aquatiques, c’est super… mais cette action est un coup d’épée dans l’eau si elle n’est pas relayée politiquement dans le temps. La temporalité politique est électorale. Elle relève du court et du moyen terme alors qu’une action efficace pour restaurer la biodiversité de ce pays demande de se préoccuper du long terme. Mon constat est un peu amer : nos élus n’ont pas toujours (euphémisme...) une conscience environnementale très développée. Nous devons leur rappeler en permanence que l’eau est un bien commun de la nation. Dans certaines régions les rivières sont un trésor mais chez-moi elle sont plutôt considérée comme une part maudite dont on pense seulement à se protéger… J’ai peur que la mise en œuvre de la nouvelle compétence GEMAPI se fasse surtout au profit de la prévention du risque inondation et au détriment des milieux aquatiques ! A nous d’être vigilants et de montrer la beauté de nos cours d’eau à nos concitoyens afin que les milieux aquatiques soient considérés comme un atout à valoriser. Nous devons apprendre à nos élus et à nos concitoyens que vivre au bord de l’eau c’est vivre heureux.

Le site internet de l'AAPPMA => Verdon Colostre

 

dimanche 23 février 2020

Travaux, No-Kill, sentinelles...Le bien-être de la rivière d'Ain est notre priorité.

Vendredi soir s'est déroulée notre assemblée générale. Très heureux car pour notre petite AAPPMA d'à peine 130 sociétaires, avoir 23 présents donne du baume au cœur. Sincèrement. Merci à tous d'être venus parfois de loin.

Un petit verre de l'amitié avant de se quitter.

Nous avons perdu une quinzaine de cartes par rapport à 2018. Pas grave. Merci aux 8 femmes qui nous ont fait confiance. On aimerait un peu plus de jeunesse mais nous sommes conscients d'avoir un parcours assez compliqué pour débuter. L'équation n'est pas simple.

Le grand motif de satisfaction de 2019 fut l'aboutissement d'un enquête suite à un évènement qui s’est déroulé durant le mois de mai dernier. Une situation dont j’ai été le témoin direct et que j’ai dénoncé auprès de la fédération qui a fait le relai auprès de l’AFB. À l'aide de mes photos et vidéos, une enquête a été menée. J’ai les résultats depuis quelques semaines mais avant de vous en parler, je voulais tout d’abord en faire le compte-rendu à l’assemblée générale de notre AAPPMA. C’est chose faite.

Pour souvenir, j’ai été témoin d’une baisse brutale du niveau de la rivière d’Ain entre Crotenay et Pont-du-Navoy alors que j’étais à la pêche. Ce n’était pas la première fois que j’étais témoin de cela. En 2018, je l’avais vu aussi et signalé. Pour la baisse de niveau de mai 2019, j’ai fait de nombreuses images que j’ai mis en ligne. Une enquête de l'AFB a débuté à partir de celles-ci.

Sur la berge en face, on voit une baisse de niveau de près de 30 centimètres.

Tout d’abord, je dois faire mes plus plates excuses au propriétaire du barrage de Pont-du-Navoy qui était le coupable évident d’après moi. Je ne me suis pas gêné pour le pointer du doigt d’ailleurs dans mes articles de l’époque. Il se trouve que cet ouvrage n’y est pour rien.

En réalité, l’enquête menée par un agent de l’AFB a démontré que c’est l’ouvrage de Bourg de Sirod situé plus en amont qui est le responsable de ces variations de niveau en plein étiage. Ce barrage est géré par EDF. Alors nous sommes loin des marnages provoqués par les barrages sur la basse rivière d'Ain qui eux vont finir par anéantir la faune de la rivière, mais c’est quand même non négligeable.

La micro-faune de cette gravière s'est retrouvée au sec en quelques minutes.

La variation a été visible sur plusieurs dizaines de centimètres et ce en plein étiage. Je me dois de conserver confidentiel le PV que l’on m’a fait suivre, mais l’enquête a bien mis en évidence un défaut de gestion de l’automate commandant les turbines du barrage. Cela se produisait durant un certain débit de rivière.    

Aujourd’hui, les réglages de l’automate ont été modifiés. Le responsable du site a admis les dysfonctionnements. On est donc en droit d’espérer que cela ne se reproduira plus. D'autant plus que c'est une contravention de la 5ème classe et qu'un avertissement a été transmis au Procureur de la république auprès du tribunal de grande instance de Lons-le-Saunier.

Au-delà de tout ça, cette procédure rondement menée par l’AFB a permis de bien informer le personnel du barrage des conséquences de ces dysfonctionnements sur le milieu naturel. Il est probable que les personnels en place n'en avaient pas conscience.

Quand on parle des pêcheurs comme premières sentinelles des rivières, cet exemple en est la preuve ! Nous sommes les premiers témoins et notre devoir est de dénoncer tous les maux qui touchent nos cours d’eau. Si parfois vous avez l’impression de le faire dans le vide, sentiment que j’ai régulièrement, il faut continuer encore et encore, car parfois, comme ici, on arrive à un résultat qui semble positif…Bien que je vais rester sur mes gardes. Ne soyez pas que des consommateurs, soyez vigilants et faites remonter ce dont vous êtes témoins. Merci.

Dans les autres sujets évoqués, nous avons parlé des travaux comme des plantations de saules pour retenir certaines parties de berges ainsi que le câblage d'arbre à la berge pour créer des habitats.

Notre Seb en plein boulot ! Merci les copains, sans vous, rien de serait possible !

 

Nous sommes très heureux aussi d'avoir finaliser notre volonté de protéger 100% du linéaire de notre parcours. Les derniers 400 mètres avals le seront désormais. Les truites sauvages sont bien trop rares de nos jours pour finir la nuque fracassée.

Denis toujours là !

Merci infiniment à tous les membres de notre AAPPMA, car si c'est moi qui communique, nous sommes une vraie et belle équipe. C'est tous ensemble que nous arrivons à faire un peu pour la rivière. Continuons !

vendredi 14 février 2020

L'éducation, base de toutes choses.

Je voulais aujourd'hui mettre en lumière le travail de nos voisins du département de l'Ain. Je suis tombé sur un article de journal qui m'a donné envie d'en savoir plus. Parce que de mon point de vue, l'éducation des enfants aux milieux aquatiques doit être une des grandes priorités des pôles techniques de nos fédérations via leurs professionnels avertis. Je vous laisse tout d'abord découvrir l'article de presse.

Aller dans les écoles, directement à la rencontre des jeunes élèves et des enseignants, voilà qui est extrêmement important. J'ai le souvenir un jour d'avoir emmené à la rivière ma plus jeune fille accompagnée d'une copine à elle. Nous avions passé notre temps à découvrir la micro-faune qui vit sous les cailloux de la rivière. Les gamines étaient émerveillées et pour la copine de Lilou, s'était une vraie découverte. Elle n'osait plus marcher dans l'eau après de peur d'écraser toutes ces bestioles... C'est donc une mission primordiale car les gamins ne savent pas et n'apprennent pas ce genre de chose dans leur cursus de la petite enfance. Même si cela reste ponctuel, même si sans doute quelques uns n'y prêteront pas attention, ce message doit être passé. Connaitre le fonctionnement d'une rivière, sa flore, sa faune, tout ce monde merveilleux que nos activités de tous les jours mettent à mal. Nos enfants doivent savoir. C'est notre mission. C'est ainsi que l'on aura des adultes plus avertis et je l'espère, plus responsables. Dans tous les cas, je suis pour que ce genre d'initiative soit une mission prioritaire dans nos fédérations.

Celle de l'Ain est grandement soutenue par son conseil départemental qui plus est. On est là sur une volonté commune qui est à souligner ! Certaines interventions sont effectuées dans le cadre de contrats de rivières. Les employés de la fédération font découvrir les milieux aquatiques aux élèves selon les thèmes suivants : fonctionnement naturel des cours d'eau, cycle de l'eau, poissons et invertébrés. La fédération du 01 a développé et acquis un joli ensemble d'outils pédagogiques en ce sens. Bravo messieurs !

On est au-delà de ce que peuvent apporter les écoles de pêche des AAPPMA par exemple. Celles-ci sont très importantes également. Mais ce complément apporté par les professionnels de l'eau et des milieux aquatiques est essentiel.

Il y a bien longtemps, nous avions organisé avec notre AAPPMA ce genre de journées pédagogiques. Je me souviens que les enfants avaient été demandeurs, attentifs et même passionnés. Nous avions réussi à réunir le responsable du CSP (nom de l'époque) et le responsable du pôle technique de la fédération de pêche du Jura en la personne de Norbert Morillas.

Norbert avait même fait une mini-pêche électrique devant les enfants ébahis de la présence de toute cette faune dans la rivière dont ils ignoraient pour la plupart l'existence. Nous avions aussi parlé de l'importance des pêcheurs qui étaient au chevet des rivières et de leur rôle dans la protection de celles-ci. Un sujet qui revêt encore plus d'importance aujourd’hui où la pêche est attaquée de toute part à l'image de la chasse par des citadins hors sols. J'ai un magnifique souvenir de ces deux journées en compagnie des enfants et de leur envie d'en savoir toujours plus. Nous avions tenté de réitérer cette initiative les années suivantes mais les volontés communes n'étaient plus les mêmes, bien dommage.

Par le biais de cet article, je souhaitais remercier toutes les personnes qui vont à la rencontre des plus jeunes pour leur faire connaitre "notre monde". Chaque petite action a son importance, l'éducation des plus jeunes reste la base de toutes choses. Bravo et merci à toutes et à tous

lundi 27 janvier 2020

Bienne : les truites meurent toujours.

Quoi de neuf sur la Bienne ? Dans l'eau, c'est malheureusement toujours le même rituel morbide. Des truites mortes ou malades sont vues régulièrement par les pêcheurs qui s'y promènent ces derniers jours. Des pêcheurs passionnés par cette rivière qui en reviennent avec un moral bien bas. Et ce n'est pas les quelques truites observées en pleine forme qui vont faire pencher la balance de l'autre côté. D'après deux retours que je viens d'avoir, on peut penser que près de 50% des truites vues sont mortes ou mycosées. C'est un énorme pourcentage. La qualité de l'eau, l'empoisonnement des sédiments ou que sais-je encore tuent tous les jours sur la Bienne. C'est un fait. Les quelques truites assez fortes qui passent entre les gouttes doivent encore faire face aux nombreux harles bièvres présents sur la rivière. Ils pêchent tous les jours eux...et plutôt bien en plus !

Oui, rien de vraiment neuf sous le soleil de la vallée de la Bienne. On est alors en droit de s'interroger sur les priorités de la ville de Saint de Claude et du Parc Naturel du Haut-Jura lorsque l'on sait que des travaux conséquents ont été lancés. Ceux-ci ont pour but de redonner à la rivière un fonctionnement plus naturel et d'améliorer le cadre de vie du quartier en question. On pourra donc faire de belles promenades le long de la rivière qui sera elle un cimetière à poissons. Une fois de plus, je suis dans l'incompréhension.

Néanmoins, il ne faut pas lâcher l'affaire. Il y a depuis peu une nouvelle équipe qui a formidablement pris le relai du travail de l'ancienne (une pensée pour Charles). Ils ont besoin de tout votre soutien et cela débute par votre présence lors de la prochaine assemblée générale. Celle-ci se tiendra le dimanche 9 février à 9h30 à la Salle Bavoux Lançons de St Claude (1 avenue de Belfort). Ne pensez pas qu'à venir à la pêche, soyez investis !

Photos réalisées dans le week-end entre Lavancia et Chassal.

dimanche 26 janvier 2020

Travaux et Assemblée Générale.

Le passé nous l'a malheureusement prouvé de nombreuses fois, lorsque l'homme pense bien faire vis à vis du milieu naturel, c'est souvent le contraire qui se produit au final. C'est pourquoi j'ai toujours un doute dans le bienfait des actions humaines sur la rivière. Dans un second temps, il faut garder l'esprit ouvert et ne pas s'arrêter sur les mauvaises expériences du passé. C'est pourquoi nous discutons depuis plusieurs années de travaux à effectuer pour aider nos chères truites. Nous avons regardé ce qu'il se faisait ailleurs en constatant de nos yeux les conséquences positives de ces actions, nous avons écouté avec attention les conseils de professionnels pour finir par nous lancer à notre tour.

La problématique est simple finalement. Sur certains tronçons de la rivière, l'habitat est en déficit sur notre parcours. Qui plus est avec le colmatage des fonds qui anéanti de nombreuses caches à truites. C'est pourquoi nous avons tenté l'expérience des arbres câblés à la berge pour créer des zones de caches ou du moins pour les conserver sur le long terme. Hier, avec les plus fidèles des fidèles, nous nous sommes affairés à sécuriser un énorme sapin tombé à l'eau en le câblant afin que les futures crues ne l'arrache pas de la berge. Et auquel cas cela devait arriver, celui-ci se rabattrait obligatoirement à cause du câble contre la berge légèrement plus en aval afin de conserver un abri pour les truites. Plus en aval, il y avait un gros tilleul qui menaçait de tomber. On souhaitait ne rien faire puis après analyse de l’arbre, on s'est rendus compte qu'il était fendu sur la longueur depuis sa base sur plusieurs mètres. Ce n'était qu'une question de temps pour qu'il tombe de lui-même. Nous l'avons donc abattu de façon à pouvoir le câbler plus facilement à sa souche. La prochaine crue fera le reste en le rabattant contre cette berge. C'est une aubaine pour ce petit linéaire totalement vide d'habitat. Les truites de tous âges, trouveront refuge dans ce tilleul. Après avoir nourrit les abeilles, il aidera la faune de la rivière d'Ain.

Pour les personnes qui me sollicitent régulièrement pour nous donner un coup de main, désolé de ne pas avoir prévenu ou fait une convocation, mais comme souvent, nous nous sommes décidés au dernier moment et surtout vis à vis des conditions. C'est juste impossible à planifier ce genre de travaux. Il faut obligatoirement être à l'étiage. Mais il reste d'autres choses à faire sur le linéaire, donc ce n'est que partie remise.

Sinon, pour les personnes qui le souhaitent, notre Assemblée Générale se tiendra le vendredi 21 février à 20h30 à la Mairie de Crotenay. Merci de votre présence.

D'ailleurs, quand je vois le nombre de pêcheurs qui sont capables de faire des centaines de kilomètres pour aller faire les salons ou même pêcher à l'étranger durant la fermeture de la truite, je ne doute pas que les A.G des AAPPMA ce printemps seront envahies de personnes remplies de bonne volonté ;-)

- page 1 de 58