Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
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Gestion piscicole

Les actions menées sur le terrain et infos diverses sur le monde complexe de la gestion halieutique

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dimanche 4 décembre 2022

La carte fédérale du Jura passe à 105 euros.

C'est désormais officiel, la carte fédérale du Jura "personne majeure" passe de 100 à 105 euros pour 2023. Cartes disponibles à la vente dès le 15 décembre d'ailleurs. Cela faisait de nombreuses années que le tarif de cette carte n'avait pas bougé. L'augmentation s'articule comme suit :

  • +1euro du timbre CPMA (fédé nationale + agence de l'eau) => de 36.20€ à 37.20€
  • +2euros de la part fédérale (département) => 18.80€ à 20.80€
  • +2euros pour la réciprocité fédérale Jura => => 26€ à 28€

Si vous êtes observateurs, vous aurez remarqué que l'AAPPMA n'est pas mentionnée. À juste titre puisque notre AAPPMA a refusé de voir sa part augmenter. La raison coule de source si je peux me permettre. Gérant un parcours de 1ère catégorie, nos pêcheurs ont vu leur saison tronquée ces trois dernières saisons. Deux pour confinement et une pour fermeture anticipée. De plus, les étés chauds et secs à répétition mettent à mal les populations de truites sauvages. Au contraire de ce que j'ai pu lire dans la presse, les mortalités ont été très importantes encore cette année puisque les juvéniles présents par milliers au printemps avaient disparu à la fin de l'été. Moins de temps de pêche, moins de poissons, compliqué d'argumenter sur une augmentation.

D'un point de vue personnel, je suis prêt à payer ma carte 200 euros ou plus s'il le faut. La pêche c'est toute ma vie. Je le ferais même lorsqu'il ne restera plus rien dans l'eau ce qui n'est pas loin d'être le cas aujourd'hui. Mais j'arrive à comprendre que cette augmentation ne soit pas comprise par des pêcheurs plus occasionnels, avec un degré de passion moindre. Je crains que cela soit une raison supplémentaire soit pour ne plus prendre de carte, soit pour continuer à pêcher mais en d'autres lieux, en quittant les berges des rivières jurassiennes.

On pourra justifier cette augmentation comme on veut devant nos pêcheurs, car il y a de vrais arguments, mais au final, pour les pêcheurs de truites jurassiens, on va leur proposer de payer plus pour pêcher moins en quantité et qualité. Si on suit cette logique, on devrait vite arriver à payer une carte 200 euros avec des rivières vident de vie.

C'est pourquoi notre AAPPMA n'a pas voulu suivre cette démarche. Malgré ça, notre carte sociétaire augmentera quand même puisque les autres entités ont augmenté leur part. Les explications comme suit :

  • En 2022, la carte de notre AAPPMA était à 74€. Elle passe pour 2023 à 77€
  • +1euro de CPMA => 37.20€
  • +2euros de part fédérale Jura => 20.80€
  • Notre part restant constante => 19€

Même décompte pour la fédérale du Jura à laquelle il faut ajouter l'augmentation (encore une !) du timbre réciprocité :

  • En 2022, la carte fédérale du Jura était à 100€. Elle passe pour 2023 à 105€
  • +1euro de CPMA => 37.20€
  • +2euros de part fédérale Jura => 20.80€
  • +2euros pour la réciprocité fédérale Jura (26€ en 2022) => 28€
  • Notre part restant constante => 19€

La part de notre AAPPMA passe donc de 19% à 18% du prix d'une carte de pêche Jura annuelle.

jeudi 17 novembre 2022

Communication Décevante.

Ce billet pour faire suite à un article de journal parut récemment.

Étant président d'AAPPMA d'un lot unique de 1ère catégorie 100% en No Kill (la seule dans le Jura), je ne pouvais faire autrement que de réagir à ces écrits. D'ailleurs, heureusement que j’étais assis lorsque j’ai lu ces lignes dans l'Hebdo39. Notre président départemental, malgré l'immense respect que j’ai pour lui vis à vis de son exceptionnel investissement personnel pour notre fédération départementale, a fait là une sortie de piste que je qualifierais de maladroite mais qui est avant tout décevante.

On peut lire dans l’article du 15/11/22 de l’hebdo39 que Roland Brunet n’est pas partisan à outrance des parcours no kill. Jusque-là, rien à signaler, chacun est libre de penser ce qu’il veut que l'on soit président ou simple pêcheur. C’est la suite qui me fait réagir aujourd’hui publiquement au même titre que cet article de journal.

Je cite l’article en question qui argumente sur la position présidentielle citée plus haut : En cause, des poissons stressés qui se terrent en journée, ou qui périssent du fait d’infection à cause des piqûres d’hameçons.

L'article en question => https://hebdo39.net/peche-une-saison-epique/

Notre président aurait voulu mettre à mal les fragiles bases du no kill jurassien qu’il ne s’y serait pas pris autrement. C’est aussi une manière involontaire, je l’espère, de décrédibiliser les AAPPMA mettant en place ce genre de parcours.

Permettez-moi de donner mon point de vue en tant qu'homme de terrain. Les pêcheurs de truites fondent comme neige au soleil depuis très longtemps mais plus encore ces 5 dernières années dans le Jura. Les locaux se redirigent sur les lacs à corégones pendant que les touristes pêcheurs, encore présents, choisissent de plus en plus d'autres destinations. Finalement, la pression de pêche n'a jamais été aussi faible sur les truites jurassiennes. Que l'on ne se trompe pas surtout, c'est la mauvaise qualité de l'eau qui stressent les truites, c'est la température de l'eau trop élevée qui stressent les truites, c'est les attaques permanentes des deux espèces d'oiseaux piscivores allochtones qui stressent les truites, c'est les activités aquatiques estivales qui stressent les truites en les empêchant de stationner sur leur froidière, mais sûrement pas en 2022 la pression de pêche.

Cette vidéo a été tournée en 2022 sur le plus célèbre des parcours no kill jurassien. On y voit des truites gober et nympher en pleine eau, en plein découvert, en pleine journée et ce malgré la présence des pêcheurs. Tout sauf stressés ou terrés ces poissons non ?

J'avais comme dernier espoir que la Fédération du Jura en lien avec les AAPPPMA concernées allait profiter de la saison 2023 pour protéger totalement les derniers poissons sauvages des grandes rivières jurassiennes après ce terrible été 2022, mais non. Ceci expliquant sans doute cela.

Ma foi, moi qui me prive depuis bien trop longtemps de prélever une truite sauvage alors que j’adore ça, j’irai sur ces parcours pour prélever mes deux truites de temps à autres afin de les déguster. Après tout, d’après ce que je viens de lire dans la presse, les poissons s'ils ne sont pas stressés, périssent à cause des piqûres d’hameçon. Alors autant que je les mange…avant les cormorans ;-)

Trêve de plaisanterie, si des poissons meurent après remise à l'eau, c'est avant tout la faute de l'égo des pêcheurs qui font trop durer la séance photo. Mais une fois de plus, ce phénomène s'estompe ces dernières années pour quasiment disparaitre. Merci à la Biennoise qui comme Crotenay communique et informe ses pêcheurs depuis des années pour les inciter à des séances photos avec le poisson dans l'eau. Avec le temps, beaucoup ont changé leur habitude. Comme pour la pêche dans une eau trop chaude, ce n'est qu'une histoire de communication en sensibilisant les pêcheurs. 

Voilà encore un exemple de ces satanées infections dues aux piqûres d'hameçons ;-)

Vous pouvez vérifier, c'est bien le même poisson. Capturé 6 fois en 4 ans. 4 hivers de plus à se reproduire. Une croissance de 20 centimètres en 4 ans qui prouve qu'elle se nourrit sans stress aucun. Et aucune infection.

Si ces propos m'ont avant tout déçu, rien d'important, qui plus est quand on voit l'actualité autour de nous. Tous ces écrits et autres avis divergents sur la gestion halieutique de nos rivières ne seront bientôt que souvenirs, à l'instar des truites sauvages jurassiennes.

mercredi 9 novembre 2022

La carte de pêche Fédérale du Jura va augmenter.

La carte de pêche fédérale du Jura va augmenter, c'est désormais une certitude.

Il est déjà acquis que la carte personne majeure interfédérale passera de 100€ à 105€. Celle-ci concerne les départements réciprocitaires avec les diverses ententes (URNE, EGHO, CHI). Elle se décompose comme suit : +1€ de CPMA, +2€ pour les ententes, +2€ pour les fédérations départementales.

Pour le cas du Jura, un département indépendant à l'image de nos amis ardéchois, le calcul va être différent. S'il est acté que la fédération nationale a voté une augmentation de 1€ de la CPMA, la Fédération de pêche du Jura devrait elle suivre avec une augmentation similaire de sa part (1€). Il a été demandé aux AAPPMA jurassiennes de définir leur position.

Notre AAPPMA ne souhaite pas augmenter sa part. À savoir que celle-ci était de 19€ ces dernières années lorsque vous preniez votre carte fédérale jurassienne à 100€ chez nous. Notre souhait est de ne pas demander plus aux pêcheurs. À minima, la carte Fédérale du Jura passera donc à 102€ suite aux augmentations conjuguées de la fédération nationale et départementale. À confirmer dans les semaines à venir. Comme le prix de toutes les autres cartes jurassiennes annuelles ou temporaires qui auront toutes au moins une augmentation de leur CPMA.

Les justificatifs des fédérations pour ces augmentations sont pêle-mêle : Pas d'augmentation depuis quelques années, hausse des frais énergétiques, hausse des missions et des études suite aux épisodes de sécheresse, etc...

D'un point de vue personnel, je le comprends très facilement. De plus, 100, 102 ou même 105€, cela reste une prix tout à fait correct pour un loisir que l'on peut pratiquer toute l'année. D'un autre côté, je suis très inquiet de la réaction, que j'ai déjà pu entrevoir, des pêcheurs de truites jurassiens. Dans ce cas précis, cette augmentation est très mal venue et je n'aurais aucun argument pour la défendre. Nous sortons de 3 saisons raccourcies de manière assez conséquentes suite aux confinements et à la fermeture anticipée. Les rivières jurassiennes ne cessent de voir leur population de truites décroitre. Les pêcheurs assistent impuissant à la curée des harles et des cormorans sur les derniers poissons jurassiens. Cela fait beaucoup. J'ai bien peur que cette minuscule goutte soit le déclencheur d'une nouvelle perte importante de pêcheurs de truites jurassiens. La pêche de la truite dans le Jura perd en quantité et en qualité tout en étant plus chère. Difficile de l'expliquer. En tant que président d'AAPPMA, je ne pourrais le faire avec mes pêcheurs. C'est un peu comme si vous deviez payer votre baguette de pain plus chère et qu'elle ressemble à une ficelle... 

D'autant plus qu'il y a des fédérations qui vont à contre courant avec un discours qui me parle. Bravo.

mercredi 2 novembre 2022

Photo aussi incroyable que la scène est dramatique.

Vous allez me dire que j'insiste sur le sujet et c'est sans doute un peu vrai, mais pas que. En fait, suite à mon dernier article où j'ai partagé un article de presse au sujet du Harle Bièvre, un fidèle lecteur de ce blog, pêcheur et passionné de photos animalières, m'a contacté. Il m'a proposé de me faire passer une photo réalisée par ses soins samedi dernier. Car comme souvent, une image vaut mille mots !

Ce cliché a été réalisé sur la haute rivière d'Ain à Champagnole (39-Jura). Entre la centrale de la base de la roche et le viaduc de la voie de chemin de fer. Cette image est aussi incroyable que le scène est dramatique. Je vous laisse la contempler tout en remerciant une nouvelle fois Claude Muller.

Scène de pêche sur la rivière d'Ain à Champagnole.

Pour un canard censé se nourrir que de petits poissons du genre vairons et autres chabots, il me semble reconnaitre une truite sauvage de belle taille dans le bec de ce mâle Harle. Une de plus qui n'aura pas le temps de se reproduire en passant.

La photo est grandiose, encore bravo Claude. Mais cette scène est dramatique lorsque l'on est conscient du cheptel restant en truite sauvage sur notre rivière comme toutes les autres qui subissent de plein fouet la prédation de ces oiseaux. À cette prédation, il faut bien entendu ajouter celle du grand cormoran qui reste malheureusement d'actualité.

Il est évident que nos têtes de bassins comme la rivière d'Ain à Champagnole/Sirod ne supporteront pas longtemps cette prédation JOURNALIÈRE. Les oiseaux, comme les pyrales après avoir mangé tous les buis, iront ailleurs une fois avoir pillés les populations de truites et d'ombres encore présentes chez nous.

Une truite est préparée dans ses gênes à la prédation du héron cendré ou du martin pêcheur pour les juvéniles car ces prédateurs font parti de la biodiversité locale depuis toujours. La truite est complètement désemparée face aux harles et aux cormorans. Elle ne sait pas s'en défendre et faire face à ces nageurs/pêcheurs exceptionnels. Ces oiseaux sont apparus il y a peu. Ils déséquilibrent totalement la faune piscicole autochtone. Malgré ce que pense leurs défenseurs, c'est une plaie béante pour la biodiversité locale. 

Quand une espèce végétale apparait pour nuire à des espèces locales, on utilise le terme "invasive" sans que cela pose problème. Je pense à la renouée du Japon par exemple. Quand c'est un insecte de type frelon asiatique et que tous les moyens sont bons pour le tuer, cela ne pose pas de problème également. Mais là, un oiseau que nos grands-pères n'ont jamais vu sur nos rivières et qui apparait du jour au lendemain en déséquilibrant toute une chaine, c'est un problème de vouloir agir sur les populations.

Nous sommes plusieurs à passer beaucoup de temps sur ces rivières où les dernières truites sauvages survivent. Personne ne pourra nous convaincre du contraire que ces oiseaux ont un impact très lourd sur les populations. C'est une catastrophe écologique. On laisse une espèce allochtone détruire une espèce autochtone. C'est démoralisant pour le bénévole que je suis. On peut faire ce que l'on veut pour protéger le cheptel, si les oiseaux sont là, c'est peine perdue.

Je souhaite terminer cet article avec les mots de Claude qui accompagnaient sa photo : Les harles sont arrivés à 5 (sur le plat de la Roche) et en quelques secondes cette capture. C'était impressionnant d’efficacité, je n'y croyais pas !

Faites le calcul...Seulement ces 5 oiseaux pêchant durant des mois sur la rivière...

mardi 1 novembre 2022

Article de presse sur le Harle.

Ce court billet pour vous partager un article de presse parut ce jour. Difficile d'être sur la même longueur d'onde entre passionnés des oiseaux et des poissons...

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