Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
Centre de pêche en Bosnie.

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Pensée personnelle

Tout ce qui me passe par la tête.............

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dimanche 17 août 2025

Se contenter de l'essentiel

Après quelques jours de vacances rédactionnelles sur ce blog, je reprends du service avec toujours le même plaisir…Comme depuis plus de 18 ans que je tiens ce support d’écriture.

Je tenais à faire écho ici au très bon article de Thierry Bruand ainsi qu’à l’excellent complément de Bill François que vous trouverez dans le Numéro 959 de La Pêche et Les Poissons. Magazine mensuel disponible dans les kiosques depuis quelques jours. Sans tout vous dévoiler sur ces textes je peux vous dire que je m’y retrouve pleinement. Les deux auteurs nous invitent à revoir notre façon de pêcher. De moins prioriser une espèce, d’oublier la recherche permanente de la performance, de diminuer les kilomètres…

À retrouver aussi dans ce numéro un article que j'ai écrit sur le choix de la nymphe.

Leurs mots ont raisonné en moi comme un trait d’union avec ce que je vis depuis des années. J’ai stoppé la compétition mouche depuis bien longtemps pour ces raisons. Je ne change plus de rivière comme j'ai pu le faire dans le passé en suivant le calendrier pour optimiser mes chances de captures. Je ne choisis plus mes parcours en étant obsédé par la taille des truites qui y vivent. Non, depuis bientôt 10 ans, je ne pêche plus que chez moi. Sincèrement, si je devais faire le choix unique du score, des prises records, je n’y mettrais pas les pieds en fait. Pourtant, c’est sur ce territoire qui se détériore chaque année que j’aime pêcher. C’est chez moi.

Depuis la fin Juin, la pêche de la truite est devenue anecdotique sur nos linéaires. Elle est même fortement déconseillée ces derniers jours pour cause de chaleurs excessives. Aucune importance. Comme le dit si bien Thierry Bruand dans son article, il faut apprendre à se contenter de l’essentiel et donc souvent de peu. Les pêcheurs, dans leur grande majorité, ont perdu cela. Ils veulent prendre toujours plus, toujours plus gros et toujours plus vite.

Je termine aujourd'hui deux semaines de vacances. Je n’ai pas pris une truite malgré des sorties tous les jours. Et alors ? Rien de grave, rien d’important. J’étais tous les jours sur le parcours que j’aime par-dessus tout. J’étais tous les jours sur le territoire que je chéris et que je protège à mon niveau et selon mes moyens. C’est pour moi cela l’essentiel. Les pêcheurs, qu’ils soient locaux ou pas, pensent et vivent la rivière uniquement dans la bonne période de pêche à la truite. Période qui se réduit comme peau de chagrin tous les ans. Avant, après, plus personne. La rivière est laissée à son propre sort. Je ne peux m’y résoudre. C’est avant tout une évolution personnelle car il y a 10, 20, 30 ou 40 ans, je calquais comme la plupart des collègues pêcheurs ma pêche aux conditions du moment. Par exemple, au lieu de rester chez moi ces deux dernières semaines sans prendre de truite, je serais monté sur la partie amont de la rivière d’Ain pour profiter de l’eau fraiche et des truites en formes et bien plus nombreuses. Je serais partie à la recherche d'une autre rivière aux eaux plus froides. J'aurais trouvé une solution pour continuer à prendre des truites dans tous les cas.

Encore une fois, j’ai appris ces dernièrs temps à me contenter de peu. J’ai réorienté ma pêche au fil des années. Je me surprends à rire seul en pêchant les vairons en nymphe à vue. Quelle galère à ferrer ces bestioles ! J’arrive à m’amuser en trompant les nombreux chevesnes du parcours. Je tente de capturer quelques perches qui trainent ici où là. J’ai même tenté de leurrer une carpe sans succès. Bref, je m’adapte tout en continuant à remplir mon rôle de sentinelle. Celui-ci est essentiel. Les quelques juvéniles de truites et d’ombres présents étant à la merci des jeunes harles bièvres déjà bien trop nombreux. Ma présence les incommode. Un ami qui voit les choses comme moi est lui tombé nez à nez avec des braconniers. Gendarmerie prévenue. Ils se sont déplacés d’ailleurs, merci à eux. Sans nos yeux fixés en permanence sur la rivière nous n'aurions pas vu la pollution de la lagune du village par exemple. La rivière a besoin d'un oeil bienveillant, pas d'abandon.

Sortie de la lagune sur un fond déjà totalement colmaté.

Imaginez si les quelques copains et moi n'étions que des consommateurs de pêche. À laisser sans surveillance notre rivière durant cette période d'étiage pour aller chercher les truites où l’herbe est plus verte. Car oui, mise à part ces quelques pêcheurs amoureux de leur territoire, il n’y a personne pour faire face aux agressions que subit la rivière. Rien. Que nous.

Pour ma part, si je vais à la rivière tous les jours et parfois plusieurs fois par jour, c’est parce que je peux continuer à pêcher. Je ne cherche plus les truites bien entendu, mais j’ai la possibilité de tromper d’autres poissons qui sont plus adaptés aux fortes chaleurs. Si demain on me dit Pêche Fermée, je n’aurais plus les mêmes raisons pour me rendre au bord de l’eau. Je l’assume totalement. Si nous défendons ces milieux aquatiques avec autant de vigueur, c’est parce nous sommes pêcheurs. Il ne faut pas l’oublier et surtout l'assumer.

L’acte de pêche n’est en rien responsable de toutes les misères qui touchent la rivière. Qu’on ne punisse pas, qu’on ne pointe pas du doigt les seuls qui se soucis de l’avenir de ces cours d’eau. Ces lignes répondront à de nombreux messages reçus sur une éventuelle fermeture de la pêche. Vous connaissez ainsi ma position.

Cela permet de continuer à pêcher.

Et même de s'amuser comme un gosse ! 

Avant de clore cet article, je me permets un aparté au sujet du magnifique documentaire diffusé le samedi 9 aout à 20h30 sur France2 (vous pouvez le trouver en replay assez facilement). C’est une nouvelle fois l'ami Bill François qui est à l’image en nous faisans le plaisir de venir découvrir la rivière d’Ain et ses truites zébrées. Vous êtes une petite dizaine à m’avoir contacté depuis cette diffusion pour me signaler le contraste entre mes constations dramatiques et l’embellie constatée lors de ce reportage au sujet de la rivière d'Ain. Tout d’abord, il est à signaler que la production du documentaire n’a pas souhaité intégrer les séquences liées aux explications sur les différentes nuisances qui touche notre rivière. Ensuite, il faut savoir que ce reportage a été tourné 20 kilomètres de rivière en amont de chez nous. C’est donc la même rivière, oui, mais deux mondes totalement différents. J'en veux pour exemple si en ce moment la température de l’eau vacille autour des 20 degrés chez nous, tout là-haut ça ne dépasse jamais les 15 degrés. La densité de truites, la diversité d’insectes, un peu tout d’ailleurs n’est pas comparable. C’est essentiellement pour cela qu’il peut y avoir de grandes disparités dans les discours de chacun. Quand de mon côté je parle de la rivière d’Ain sur ce blog ou les réseaux sociaux, quand je diffuse des photos, des vidéos, c’est toujours par rapport aux linéaires que je pratique, soit bien en aval de Champagnole. Le sujet TV en question ayant été tourné bien en amont de cette même ville.

Photos prises ces deux derniers jours sur notre parcours. Les carpes, présentes sur nos linéaires.

Gros ombre mort.

Grosse truite morte.

En conclusion, n'abandonnez pas vos linéaires parce qu'ils sont en difficultés, ils ont toujours besoin de vous, de votre présence. Tant pis si durant une période vous devez ne plus prendre de truites, ce n'est pas grave. Adaptez-vous ! 

dimanche 25 mai 2025

Plaisir et joie sans cesse renouvelés.

Nous passons tous par de nombreuses étapes dans notre vie de pêcheur. Quelles soient identiques ou pas, il y a obligatoirement de nombreux changements dans nos attitudes ou nos pensées lorsqu'on porte notre regard en arrière.

Cela peut s'étaler sur des thèmes bien différents comme l'évolution de nos boites de mouches à travers le temps, nos choix sur le matériel utilisé ou bien encore notre engagement bénévole. Un jour c'est ainsi et quelques années plus tard c'est autrement. On peut aussi parlé bien entendu de notre relation au poisson ou pour les plus âgés d’entre nous, la pêche a débuté avec des paniers remplis de truites. Aujourd'hui, nous sommes beaucoup à avoir modifié cela en remettant les poissons sauvages à l'eau après capture. Quand je repense à tous ces petits trucs que je trouvais tellement importants selon les époques de ma vie de pêcheur alors qu'aujourd'hui je les voie comme futiles. Cela fait certainement partie du cycle naturel des choses. De leur évolution.

Il y a une chose qui n'a pas bougé pour moi, une. Enfin si, mais...Bref, je m'explique. La prise d'une truite, c'est ce moment que l'on vient chercher en plus de tout ce qu'une rivière et son monde fantastique peut nous apporter en tant que pêcheur et même en tant qu'homme. Les sensations, la joie, les émotions que provoquent la capture d'un poisson sauvage sont à l'identique que mes toutes premières truites capturées au ver de terre avec mon père lorsque j'étais tout môme. J'ai du mal à exprimer à l'écrit exactement ce que je ressens aujourd'hui après quarante saisons à pêcher ces truites sauvages. Je profite de chaque poisson comme si c'était le premier et en pensant que cela pourrait être le dernier. Chaque truite qui vient intercepter ma nymphe entre deux eaux ou ma mouche dans les friselis de la surface est un vrai présent que m'offre la rivière. J'en ai pleine conscience aujourd'hui. Je prends le temps pour admirer ces animaux sauvages lorsqu'ils reprennent leur esprit dans l'épuisette. J'en observe les caractéristiques, je m'offre ces quelques secondes avec les yeux d'un gosse qui découvrirait pour la première fois la beauté de ces poissons. Je me retrouve ces dernières années réellement comme un enfant. Que la truite soit un juvénile, un jeune adulte ou un très beau poisson, je ne fais aucune différence. C'est un moment rare quoi qu'il arrive. Je le sais.

Pourtant, après mes premières années de pratique, j'ai eu un passage en mode compétition où j'ai pratiqué sur tout le territoire français en me confrontant aux meilleurs spécialistes de l'époque. Cette ambiance, mon changement de mentalité, mes objectifs du moment ont fait que je ne regardais plus les truites de la même façon. En tous les cas plus comme elles l'auraient mérité. Elles étaient devenues pour moi un instrument pour atteindre un résultat, pour me comparer aux autres. Je ne regrette aucunement cette période pour de très nombreuses raisons. C'est même tout le contraire. Si c’était à refaire, je le referais. En parallèle, j'ai fait mes premiers pas sur internet. Avant les réseaux sociaux, à l'époque des forums. Là aussi, ma vision de la pêche, ma façon d'apprécier la capture de ces fabuleux poissons sauvages a changé. Une époque où j'étais plus soucieux de faire une belle photo pour la poster que d'apprécier le moment présent. Parce que capturer un poisson sauvage, c'est un moment merveilleux. C'est des instants qui doivent être appréciés à leur juste valeur. J'ai perdu le fil pendant pas mal de temps. Pas si éloigné mais quand même.

Aujourd'hui, je souris à la vue de ces zébrures noires charbon, je m'abandonne à rire tout seul devant un gobage, je parle régulièrement à ces poissons merveilleux dans le filet en les admirant de tous côtés. Parfois, je m'excuse de les avoir embêté en plein festin, parfois je les encourage à devenir plus malins. Lorsque je vais à la pêche aujourd'hui, je n'ai plus aucun objectif, je n'ai pas d'attente particulière. Je suis simplement heureux d'être là. Sur les berges de ma rivière de cœur. Là où avec mon père j'ai fait mes premiers pas. Et si celle-ci m'offre un poisson sauvage de temps à autre, je redeviens cet enfant qui prenait sa première truite avec les yeux remplis de bonheur et de surprise. Je sais que ce temps est compté. J'en profite pleinement aussi souvent que je le peux. Je n'ai jamais autant pêché, je n'ai jamais eu autant envie de pêcher.

La Bossue !

dimanche 6 avril 2025

De la beauté du sauvage.

Plus les années passent, plus mon admiration envers ces dernières truites sauvages s'amplifie. Pourtant, à l'image d'un passionné de bécasses dans le monde cynégétique, je ne peux m'empêcher de leur rendre la vie encore plus dure qu'elle ne l'est. Je suis pêcheur et cela ne pourra jamais en être autrement. Mon immense respect pour ces truites sauvages est à la hauteur de l'énergie que j'ai mis tout au long des quarante dernières années à les traquer. C'est impossible à expliquer. Car finalement, avec ce trop plein d’admiration pour leur résilience, je devrais simplement poser mes cannes afin de les laisser tranquilles. Cela devrait être la suite logique de mon évolution personnelle. Mais non, c'est inconcevable pour moi. J'ai toujours en moi cette envie de me mesurer au sauvage. Car au final, oui, ces truites sont dans mon esprit la définition du sauvage. Quand on connait tous les obstacles qu'elles doivent surmonter pour simplement rester en vie, c'est hallucinant. Je suis tout aussi heureux et surpris d'avoir après toutes ces années cette flamme toujours présente. Je ne me lasserai jamais de ces poissons sauvages qui deviennent tellement rares...

vendredi 31 janvier 2025

Mes encouragements aux motivés.

<p class="MsoNoSpacing">L’actualité des rivières fait grise mine ces derniers jours, une fois de plus me direz-vous. Entre les mortalités sur la haute Loue et les marnages d’EDF sur la Dordogne pour ne citer que ces deux exemples, les poissons sauvages en prennent pour leur grade.</p>

<p class="MsoNoSpacing">En parallèle de ces nombreuses catastrophes environnementales qui touchent nos rivières, les plus hauts responsables politiques de notre pays détruisent à travers leurs discours l’OFB. Mieux, Laurent Wauquier demande la suppression totale de la police de l’environnement avec des mensonges qui en disent long sur les autres sujets qu’il traite.</p>

<p class="MsoNoSpacing">Wauquier mets par exemple en avant un harcèlement de l’OFB sur le monde agricole alors qu’en 2023, plus de 21 000 contrôles ont été effectués pour moins de 2800 sur les exploitations agricoles…Soit un peu plus de 10%. Visiblement, Wauquier devrait revoir, en autres, la définition de harcèlement sur le Larousse.</p>

<p class="MsoNoSpacing">Au niveau local, notre Sénateur Pernot avait lui aussi mis sa pierre à l’édifice au sujet de l’OFB avec un discours au Sénat rappelant l’épisode du comice agricole qui avait conduit à la pollution de la Furieuse (39). Vous avez sans doute deviné où allait son soutien…</p>

<p class="MsoNoSpacing">Je ne défends pas à tout prix l’OFB non plus car je ne vois les choses en noir ou en blanc. Je me souviens aussi d’interventions assez limites en pleine battue de chasse de leur part par exemple. Mais soyons sérieux, s’il n’y a plus de garde-fou pour veiller à la bonne mise en place des normes environnementales en matière de pollutions des eaux, c’est ingérable et nous allons droit dans le mur. C’est malheureusement tout le contraire qui se passe aujourd’hui puisque tout va être allégé, tout va être simplifié (le sénat ayant déjà commencé le travail). La tendance va à l’inverse de ce que demande nos rivières en sachant qu’elles sont à ce jour déjà fortement impactées par les abus et négligences de toutes sortes.</p>

<p class="MsoNoSpacing">Je pense sincèrement qu’Il n’y a pas de mauvais paysans et de méchants agents, il y a seulement des hommes qui chacun de leur côté effectuent leur travail du mieux qu’ils peuvent. Les discours politiques démagogiques tentent d’opposer les deux professions. Le monde agricole ne peut nier que certains individus ne suivent pas les règles. Il faut alors les rappeler à l’ordre quand ces abus deviennent nocifs à la ressource en eau qui elle est indispensable à tous.</p>

<p class="MsoNoSpacing">Chez nous cette situation découle vers une focalisation des pollutions agricoles en pointant du doigt les déversements de lisier jusqu’à obtenir un mouvement de pêcheurs demandant le boycott du comté, rien que ça. Comme si l’assainissement était un sujet sans conséquence sur la qualité de l’eau de nos rivières ou encore nos modes de consommations à outrance. Mais l’humain est ainsi fait. Il est toujours plus aisé de montrer du doigt son voisin, dans ce cas le vilain paysan. Du coup, nous pêcheurs, on boycott le comté tout en prenant l’avion pour aller prendre une truite au Chili ou en Nouvelle-Zélande ou bien encore un bonefish dans les Caraïbes ? Sérieusement ? Nous allons faire la leçon à un type qui tente de gagner un peu plus qu’un smic en bossant 7 jours sur 7 sans jamais prendre de vacances alors que nous n’avons jamais autant voyagé autour du monde pour simplement « pêcher » …J’aurais pu prendre bien d’autres exemples mais celui-ci est pas mal je trouve.</p>

<p class="MsoNoSpacing">Et puis d’un point de vue individuel, c’est vrai que l’on n’a rien à se reprocher. Nous avons tous des métiers « propres » et des habitudes de vie irréprochables qui n’ont aucune conséquence sur les milieux aquatiques. Je travaille pour ma part depuis bientôt 30 ans dans l’industrie plastique donc j’ai du mal à faire la leçon à d’autres en matière de pollution. On doit être beaucoup dans ce cas-là bien que certains l’oublient facilement.</p>

<p class="MsoNoSpacing">Bien entendu que le monde agricole et la filière comté a sa responsabilité dans la dégradation de nos rivières, mais tout comme nous tous à travers nos rejets et nos habitudes de vie de consommateurs. Ne cherchez pas un coupable, nous le sommes tous et je me mets dans le sac.</p>

<p class="MsoNoSpacing">Je suis le premier effondré de la situation actuelle pour suivre cette triste actualité sur le terrain depuis la fin des années 80. La qualité de l’eau qui ne fait que de se détériorer. L’eau qui chauffe toujours un peu plus en période estivale. La gestion calamiteuse des piscivores. Le silence assourdissant de notre fédération nationale. Le désintérêt et l’inaction sur le sujet des milieux aquatiques de la part de nos politiques locaux et nationaux. L’attitude ridicule de ces mêmes politiques qui préfèrent proposer une loi pour l’interdiction de la pêche au vif en occultant la pollution des eaux. Les pêcheurs qui, à l’image de nombreuses autres communautés pensent devenir des défenseurs de rivières parce qu’ils ont partagé une vidéo ou liké une photo sur Facebook alors que dans le même temps toutes les A.G verront moins de 5% de leurs membres en présentielle les autres ayant toujours une bonne excuse. Mieux, ces mêmes pêcheurs sont capables par exemple de se pointer à 4000 sur un salon spécialisé mouche pour acheter du matos sans pour autant acquitter une cotisation annuelle dans des associations comme Anper Tos, SOS Loue ou encore pour soutenir un label comme Rivière Sauvages. C’est ainsi et pas que dans la pêche, c’est partout pareil. On le voit chez nos opposants par exemple. Ces associations animalistes extrémistes qui demandent parfois jusqu’à l’arrêt de la pêche de loisir peuvent avoir des dizaines voir des milliers de soutiens sur la toile à travers des pétitions ou autres. Et puis quand il faut faire une action devant le Décathlon du coin pour manifester contre la vente de vifs, ils se retrouvent à 7 illuminés. Sacrés réseaux sociaux. C’est sur le terrain et dans la vraie vie qua ça se passe, pas en comptant le nombre de vue d’une publication.</p>

<p class="MsoNoSpacing">Je vais débuter ma 28<sup>ème</sup> année en tant que président bénévole d’AAPPMA et je n’ai que 50 ans. Je peux dire que j’ai un certain recul maintenant. Cette situation, tous ces évènements, ces comportements, ces discours, sans parler de ce qui se passe dans le monde pour ne rester que dans le domaine environnemental font que j’arrive au bout de mon rouleau de motivation. J’ai passé plus de temps dans ma vie à m’occuper des autres à travers le système associatif pour arriver aujourd’hui à une situation qui n'a jamais été aussi critique, aussi lamentable. Mes proches le savent depuis un ou deux ans, j’ai juste envie de stopper tout ça car si j’ai eu l’espoir de jours meilleurs durant de très longues années à en avoir mal au ventre, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Et finalement je me sens mieux.</p>

<p class="MsoNoSpacing">Malgré ce sentiment personnel, j’ai une immense admiration pour toutes les personnes encore complètement concernées et motivées pour faire bouger les choses. Vous avez sans aucune réserve tout mon soutien. Bravo pour votre travail et vos actions. Nos rivières vous le rendront !</p>

<p class="MsoNoSpacing"><u><strong>Quels liens utiles :</strong></u></p>

<p class="MsoNoSpacing">Soutenir l’OFB =&gt; <a href="https://www.change.org/p/soutien-aux-agents-de-l-office-francais-de-la-biodiversite">https://www.change.org/p/soutien-aux-agents-de-l-office-francais-de-la-biodiversite</a></p>

<p class="MsoNoSpacing">Adhérer à Anper TOS =&gt; <a href="https://anper-tos.fr/">https://anper-tos.fr/</a></p>

<p class="MsoNoSpacing">Mortalités Loue =&gt; <a href="https://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/doubs/on-a-massacre-cette-riviere-des-truites-gisent-a-nouveau-dans-la-loue-le-cri-d-alarme-d-un-garde-peche-3097066.html">https://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/doubs/on-a-massacre-cette-riviere-des-truites-gisent-a-nouveau-dans-la-loue-le-cri-d-alarme-d-un-garde-peche-3097066.html</a></p>

<p class="MsoNoSpacing">Eclusées EDF Dordogne =&gt; <a href="https://www.youtube.com/watch?v=vUNnzOQSJZI">https://www.youtube.com/watch?v=vUNnzOQSJZI</a></p>

<p class="MsoNoSpacing"> </p>

jeudi 5 janvier 2023

Et bien soit, bon appétit !

J'ai appris suite à la lecture de l'ARP réglementant la pêche en eau douce dans le Jura qu'en 2023 le Black-Bass sera en no-kill dans tout le département. Je ne connais pas du tout ce poisson et encore moins ses effectifs sur notre territoire, mais de toutes évidences, c'est une bonne nouvelle pour les amateurs de ce poisson. Content pour vous.

Nos instances montrent là qu'il est possible d'interdire les prélèvements sur une espèce de poisson. Merci à elles. 

Par conséquent, dans le Jura, on stoppe les prélèvements pour tenter d'offrir une pêche de meilleure qualité sur une espèce allochtone réintroduite et dans le même temps, on continue d'autoriser les prélèvements sur une espèce sauvage autochtone en total danger : la truite. J'avoue être perdu. Je ne remets pas en cause la règlementation black-bass, bien entendu, mais je suis perdu malgré tout.

C'est sans doute la dernière fois que je parle de ce sujet ici. Je ne vais pas me faire mal au ventre plus que de raison non plus. Sur le linéaire de notre AAPPMA, nous avons fait ce qu'il faut depuis des années. Que les voisins assument leurs décisions puisqu'à travers celles-ci, ils estiment que les truites sont assez nombreuses pour en autoriser un prélèvement journalier. La situation me fait sourire car les parcours no-kill sont mis très souvent en avant à travers diverses communications, mais la vérité est tout autre. Les chiffres ne trompent pas et c'est assez flagrant. Sur ce que j'estime être le dernier bassin (Champagnole et son amont) où les densités de truites sauvages restent correctes (malgré une baisse impressionnante ces dernières années), la majorité des parcours donneront le droit de prélever 2 truites par jour et par pêcheur en 2023. Malgré un dernier été catastrophique et une prédation d'oiseaux piscivores omniprésente depuis octobre.

Je le fais court. La rivière d'Ain possède 4 affluents principaux sur la zone Sirod-Syam-Champagnole.

  • J'ai nommé la Saine, la Lemme, la Serpentine et l'Angillon. Soit plus de 70 kilomètres de rivière où il est possible de prélever. Aucun parcours no-kill.
  • Sur la rivière d'Ain en amont des pertes et jusqu'à la source c'est environ 7 kilomètres de parcours où il est possible de prélever. Aucun parcours no-kill.
  • Sur la rivière d'Ain en aval des pertes et jusqu'à la limite aval de Champagnole c'est environ 13 kilomètres de parcours où il est possible de prélever sur environ 57% du linéaire. 5.6 kilomètres en no-kill.

Sur la totalité de ce bassin, c'est seulement 6% du linéaire qui est en no-kill. C'est à dire rien ou presque quand on connait l'état des populations de truites sauvages.

De mon côté, et c'est pourquoi je vais arrêter de communiquer sur ce sujet, je suis sincèrement usé d'essayer de convaincre. Je vais même aller plus loin car en plus de passer pour un con en rabâchant la même chose depuis des lustres, je me prive depuis beaucoup trop d'années d'un plaisir simple. Je vais donc aller cette saison pêcher ces linéaires où je n'allais plus pour conserver quelques truites de temps à autres. Pourquoi diable continuer à aller acheter son poisson en pisciculture (qui est source de pollution pour la rivière) ou sur l'étalage du marché (avec des poissons donc la ressource n'est pas enviable à celle des truites sauvages) alors que finalement, d'après la grande majorité des décisionnaires, il reste assez de truites sauvages pour tout le monde.

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