Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
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Pensée personnelle

Tout ce qui me passe par la tête.............

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vendredi 16 novembre 2018

Je comprends enfin les paroles des vieux du village…

Lorsque j’étais ado et que la pêche était au-dessus de tout dans ma vie, j’avais parfois du mal avec les anciens du village. Combien de fois ai-je entendu des propos du genre : « Je n’ai plus la foi ! » ou encore « Je n’y vais plus, il n’y a plus rien. » mais aussi « Pas la peine de sortir la canne, il n’y a plus de gobage ! »

Ces phrases qui résonnent encore dans ma tête sont celles des vieux pêcheurs du village. Ils me les répétaient à chaque occasion. Lors de nos échanges, je tentais de leur faire entendre raison car moi, à cette époque, j’étais persuadé du contraire. Je prenais des truites, des ombres, ça gobait de partout, bref, la pêche était fabuleuse au milieu des années 80 quand j’ai débuté. Je ne comprenais absolument pas qu’ils puissent penser ce qu’ils me disaient. Pour moi, c’est gens là étaient dépassés, ils ne savaient plus pêcher et me sortaient ces balivernes en guise d’excuses ou encore parce qu’ils étaient frustrés. J’avoue même mettre moqué d’eux parfois. Quel idiot !

C’est évident qu’ils avaient raison, que leurs sentiments étaient légitimes. Je faisais moi connaissance avec la rivière, eux, la pêchait depuis des décennies. Alors certes, pour moi, comme pour beaucoup d’autres, les populations de poissons sauvages dans la rivière d’Ain à cette époque étaient fabuleuses. Mais pour eux, qui l’avaient connu 30, 40 ou plus de 50 ans avant cela, la rivière d’Ain n’était plus que l’ombre d’elle-même. Elle était moribonde. Que de sottises pensais-je !

Les choses ont bien changé dans mon esprit. J’ai ce même sentiment aujourd’hui avec la jeune génération. La Grande différence avec un grand "G" est que moi, gamin, j’avais ce décalage d'idées avec des pêcheurs âgés de plus de 60-65 ans.  Aujourd’hui, je n’en ai que 44. Vous saisissez à quel point la dégradation s’accélère dans le temps. C'est effrayant ! Je compare aujourd’hui à une dizaine d’années seulement. Pas au siècle dernier ! Car il y a seulement 10 ans, à aucun moment je n’aurais imaginé un avenir si noir. Pour moi la rivière d’Ain ne pouvait pas devenir malade, les truites ne pouvaient pas disparaitre à cette vitesse. C’était impossible. Et pourtant…J’en suis quasiment persuadé aujourd’hui.

Je comprends enfin à mon âge ce que devaient ressentir ces anciens lorsqu’une jeune pousse leur soutenait qu’il y avait encore plein de truites. Un peu comme aujourd’hui quand je rencontre des gens qui me disent avoir vu plein d’ombres sur tel ou tel parcours à Champagnole ou ailleurs. Ho ! Vous plaisantez !!! J’ai vu de mes yeux plus de 100 ombres frayer à la base de la roche à Champagnole…Que des beaux et gros poissons…Et j’ai 44 balais, je ne suis pas un ancêtre. Aujourd’hui, que cela soit un gamin ou un touriste qui découvre la rivière pour la première fois, il s’extasie devant un banc d’ombres de 7-8 individus. Waouh Nicolas, tu sais, y’a plein d’ombres là-bas et des beaux qu’ils me disent. J’en ai mal au ventre.

Mais c’est tout à fait normal qu’ils me racontent cela car pour eux, et pour ne pas avoir connu « avant », c’est déjà très bien. Pour mon gamin c’est pareil, il me sort souvent ce genre de phrase après une sortie de pêche. Papa, c’était tout dehors, j’en ai vu une bonne dizaine de poissons. Oui, pour lui c’est une belle journée de voir et tenter autant de poissons différents, je le conçois. Mais bon, 10 poissons différents (dans les très bons jours) c’est juste ridicule, sincèrement. Je me souviens avoir pêché à vue un banc de truites début octobre quand la pêche fermait plus tard en amont du viaduc de Syam qui était composé de plus de 80 truites. Elles étaient toutes devant moi à moins de 10 mètres...Vous voyez le truc...Et ce n'était pas il y a 50 ans.

Je vais vous donner un autre exemple dont je parle souvent à mes amis. Durant les saisons 2008, 2009 ou encore 2010, il m’arrivait régulièrement de faire 1,2 même 3 truites dans la grosse heure que j’avais le matin avant d’aller au boulot. Je parle ici de truites au-delà de 45cm car je pêchais uniquement à vue en sélectionnant les belles truites. C’était très commun. C’était hier. Depuis 3 saisons, et durant ce même laps de temps qui je le conçois une fois encore est très court, je fais un beau poisson par semaine, tout au plus. La voilà l’évolution. Là voici la réalité.

Alors certains pêcheurs, parfois même des amis pensent que je raconte tout cela pour éloigner les pêcheurs de la rivière d’Ain. Vous êtes sérieux ? Vous pensez que j’invente ?

Si vous, en découvrant la rivière ces dernières années vous pensez qu’elle est bien peuplée parce que vous avez pris 4 beaux poissons sur X sorties, parce que vous vous satisfaites de pêcher des truites qui se nourrissent sur un fond colmaté, parce que vous êtes indifférents au fait que nous pêchons dans une eau toujours plus chaude, toujours plus basse, libre à vous. Mais laissez-moi le droit de penser le contraire et que ces poissons pris par rapport au potentiel réel de la rivière sont ridicules, que les conditions de pêche ces dernières années sont désastreuses en terme de débit et d’éclosions. Laissez-moi le droit de me souvenir de mes anciens villageois qui n’étaient pas du tout d’accord avec moi et avec qui je suis d’accord aujourd’hui. Laissez-moi le droit de vous dire que vous avez tort et ce même si vous pensez avoir raison, comme moi plus jeune à votre place. Tout est histoire d’échelle de comparaison. Ce n'est pas parce qu'on continue à prendre quelques truites que la rivière se porte bien, car heureusement qu'un pêcheur comme moi continu à en prendre. Je dis régulièrement à qui veut l'entendre que le jour où il restera seulement 3 truites sur les kilomètres de linéaire en bas de la maison, je saurais les trouver et les prendre si je le souhaite. Aucune prétention de ma part, sincèrement, mais je passe plusieurs jours par semaines depuis des décéniies sur ces parcours et ce durant les 4 saisons. Donc oui, on prend toujours des truites, mais c'est ce ration temps passé/truite capturée qui a dégringolé ces trois dernières années. Rien de plus. Pour conclure sur ce point précis, cela ne vient pas du pêcheur pour les esprits taquins puisque j'ai fait des pêches extraordinaires sur d'autres rivières qui pouvaient correspondre à ce que je faisais sur l'Ain il y a 10 ans.

Quel intérêt j’aurais à communiquer de cette façon franchement ? Oui, j’insiste car cela m’est revenu aux oreilles plusieurs fois et tout ceci me chagrine car ce n’est pas moi. Je vous rappelle que j’ai une activité commerciale liée à la pêche, pas de pêcheur, pas de business. C’est pourtant simple non ? A l'inverse, il me serait tellement plus facile de raconter le contraire. D’écrire que tout n’est pas si mal finalement. Que les populations souffrent mais qu’il y a toujours moyen de s’amuser. De publier au jour le jour mes photos de poissons sans autre forme de procès. De continuer à faire des articles qui vous feraient rêver afin de vous faire venir sur l’Ain et qui m’aideraient à vendre des mouches encore et encore. Non, désolé, j’ai fait un choix de transparence en racontant aussi l’envers du décor, de dire la vérité. La triste vérité.

Si je suis alarmiste sur la situation actuelle de la rivière, sur les populations de truites sauvages, c’est que je le ressens de cette manière, que pour moi ce n’est rien d’autre que la terrible réalité qui découle d’un vécu de plus de 32 ans de pêche et d'observations sur les mêmes parcours.

Alors pensez ce que voulez de mes écrits, mais je n’en changerais pas.

Après cette mise au point que je pensais nécessaire, je tiens pour terminer ce billet à présenter mes excuses à mes vieux pêcheurs, le Coco, le Roland, Le Marcel, Dominique, René, Gilbert "dit le russe", mon ami Charles et bien d’autres tous au paradis des pêcheurs aujourd’hui. L’idiot du village, ce n’était pas un de ceux-là, mais bien moi ! Si j’avais pris la pleine mesure de leurs paroles, j’aurais dénoncé le mal être de cette rivière et uniquement celui-ci dès le début. Je n’aurais pas pensé qu’à pêcher ou perdre mon temps dans des histoires sans fin de règlementation en me disant que ces papys divaguaient et qu’il y avait bien assez de poissons pour s'amuser…Alors jeunes gens ou vous qui découvrez la rivière récemment, pensez-y et ne répétez pas l’histoire...

jeudi 18 octobre 2018

Un coup de mou.

Pas simple en ce moment...

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lundi 24 septembre 2018

Pêcheur de rivière

L'air du temps...

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jeudi 12 juillet 2018

Ho ! Une éclosion d’A4…

Bonne lecture !

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dimanche 28 janvier 2018

Pensées de pré-ouverture...

Quelques semaines...

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dimanche 12 novembre 2017

Retour sur 20 ans de présidence d'AAPPMA.

Retour en arrière...

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vendredi 6 octobre 2017

Papa, 20 ans, un manque irremplaçable.

Le temps ne fait pas tout oublier...

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vendredi 7 avril 2017

Sécheresse printanière, un mal pour un bien ?

A se poser des questions...

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vendredi 10 mars 2017

Sur la Haute Rivière d'Ain, chaque vie comptera.

Le 11 mars, jour de l'ouverture de la pêche dans le Jura, c'est demain. C'est un jour béni pour nous pêcheurs. Des mois que nous l'attendons parfois même en comptant les jours sur le calendrier.

L'ouverture, et les jours qui vont suivre, c'est aussi la période où les prélèvements sont les plus nombreux sur la rivière. La densité de pêcheurs est très importante lors de ces premières semaines de la saison de pêche. Pour l'année 2017, et comme l'an passé, le nombre de truites autorisées est de trois maximum par jour sur le bassin de la rivière d'Ain. Si vous suivez un peu l'actualité de la rivière d'Ain dans sa partie amont de Vouglans via ce blog par exemple, vous savez sans doute qu'elle a énormément souffert ces deux dernières années. A tel point que la pêche a été fermée par anticipation l'an passé. De nombreuses truites ont été trouvées mortes ou agonisantes sur les linéaires avals (Crotenay et Pont du Navoy pour les plus touchés).

C'est donc suite à cette triste situation, suite aux nombreuses observations que j'ai pu faire sur les frais cet hiver que je demande expressément aux pêcheurs de limiter leurs prélèvements et de ne pas aller jusqu'aux trois truites autorisées. Je vous assure pour être sur la rivière toute l'année, que ces linéaires ne sont plus que l'ombre de ce qu'ils ont été. Chaque truite, chaque vie est importante. Si vous souhaitez absolument conserver un poisson, faites-le, mais remettez les suivants à l'eau s'il vous plait. Ne gardez pas trois poissons sauvages, la rivière d'Ain n'en a plus les ressources. Et si toutefois vous devez garder un poisson, dans la mesure du possible, faites-le dans les classes d'âge des poissons de tailles moyennes, genre 25-32 cm. Remettez les plus beaux géniteurs à l'eau, les truites au-delà de 40cm. C'est elles qui ont le plus souffert, il en reste très peu. Je ne parle même pas des truites de plus de 50cm.

Il est compliqué de faire des règlements différents en particulier sur le même cours d'eau, en tous les cas dans notre département au vu du fonctionnement de notre DDT. Mais si cela ne tenait qu'à moi, l'Ain à partir de Crotenay serait interdit au prélèvement afin d'aider la population de truites sauvages survivantes aux deux derniers étés de se maintenir voir de se refaire une santé.

Si vous aimez cette rivière, vous comprendrez mes écrits, j'en suis certain.

En ce qui concerne les pêcheurs qui pratiquent le no-kill de façon régulière. Faites-le correctement. J'ai pu voir durant l'hiver sur les réseaux sociaux encore bon nombre de vidéos où l'on voit des truites faire des apnées de 30-40-50 secondes pour le plaisir du pêcheur et de la photo. Cela dépasse même parfois la minute (vous tenez plus d'une minute sous l'eau après un effort vous ?). Ce n'est plus possible ce genre de comportement. Ce n'est guère mieux que de lui tordre le coup au final. Remettre un poisson à l'eau est une très bonne chose, alors autant le faire du mieux possible.

Je le répète, sur la rivière d'Ain, de Crotenay à Blye, les populations ont payé un très lourd tribut, en particulier les belles truites, n'en rajoutons pas. Pratiquons notre passion avec envie et respect en ayant conscience de la fragilité des populations de truites sauvages sur ces linéaires. Merci de m'avoir lu et un immense merci à tous ceux qui appliqueront ces quelques "conseils" au bord de l'Ain à partir du 11 mars.

mercredi 1 juin 2016

Réflexions sur les habitudes du pêcheur.

A réfléchir...

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