Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
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mercredi 18 juillet 2018

L'histoire d'un poisson merveilleux.

Cette histoire débute assez tôt en matinée vendredi dernier...

Depuis quelques jours, j'emmène ma grande fille tous les matins à la caserne des pompiers de Champagnole afin qu'elle y suive une formation. Ce fut donc le cas vendredi. Nous étions à la caserne autour des 7h15. Ayant quelques heures devant moi et comme parfois le matériel de pêche dans le coffre, j'ai voulu en profiter pour faire un parcours tout proche que je n'avais pas pratiqué depuis bien longtemps. La seule condition qui m'aurait empêché d'aller au bout de mon idée était de voir un parking trop rempli. Coup de chance, personne ! Le temps de passer le fil dans les anneaux et je pouvais me mettre en quête des zébrées sauvages. Le niveau de la rivière était extrêmement bas. Avant de faire quoi que ce soit, j'ai pris la température de l'eau. 16.5°c à cet endroit. Encore correct pour la pêche, mais déjà chaud malgré tout. Les jours qui arrivent seront cruciaux pour bon nombre de truites de la rivière d'Ain...C'est certain.

Quoi qu'il en soit, j'ai commencé à voir quelques truites assez vite. Les premiers postes pouvaient se pêcher qu'à l'arbalète. J'ai donc naturellement opté pour un gammare JFD. La reine des nymphes pour cette pratique. Parfois, lors d'une partie de pêche, tout tourne à l'envers, rien ne veut aller. Ce matin-là, j'ai eu l'impression contraire très rapidement. Le premier beau poisson actif repéré est passé trop vite devant moi. Il descendait la rivière. Pas eu le temps de tenter quoi que ce soit. J'ai quand même continué à le suivre du regard. Chose qui n'arrive quasiment jamais, il s'est retourné pour me revenir droit dessus. Il était même encore plus près de la berge. Si le facteur chance s'était arrêté là, il n'y aurait pas eu grand chose à dire finalement, mais non, cela a continué à me sourire. J'ai donc arbalèté mon gammare JFD devant la truite afin qu'il soit présent à son niveau et dans sa trajectoire. Pas de réaction du poisson, j'ai donc décidé d'animer ma bestiole. Dès le premier mouvement de la nymphe, la truite est venue dessus. Elle a légèrement changé de niveau en montant mais sans marquer d'arrêt à l'endroit où je pensais que ma nymphe évoluait. Je n'ai donc pas ferré. Erreur ! La truite a mis un coup de gueule sur le côté...Mais elle l'a en bouche ! Ferrage...Au bout ! Rhooo, ce poisson de raccroc ! J'ai tellement eu du retard dans mon ferrage que je pense sincèrement qu'elle s'est piquée toute seule. Je ne l'ai pas vu prendre, tout simplement.

La matinée ne pouvait pas mieux débuter. Quel beau poisson ! 

Enfin, je n'allais pas bouder non plus, d'autant plus que j'avais un combat à gérer. Et avec un poisson très puissant qui plus est. Vraiment pas mal de chance sur ce coup-là. Il en faut parfois. Après avoir remis mon poisson à l'eau, j'ai continué ma prospection. Je suis arrivé près d'un tout petit bief. Une truite tournait là. A l’œil, un poil plus petite que celle que je venais de prendre. Sur ce poisson, rien de spécial à raconter, il est venu prendre mon gammare comme s'il n'avait jamais rien vu. Presque trop simple, mais ça fait du bien de temps en temps. Et puis cela donnait encore plus de valeur à ma partie de pêche du jour car c'était un très joli poisson. En ces périodes d'étiage, faire pêche n'est jamais facile.

Poisson plus fin, mais bien en forme.

Le soleil était un peu plus haut dans le ciel, et je me suis souvenu qu'il y avait un radier sympa un peu plus en amont que je pratiquais beaucoup étant plus jeune à l'étiage. J'avais le souvenir de truites qui venaient en bordure de courant pour se nourrir. Et vous savez, chez les truites, les générations passent, mais les bons postes restent. Effectivement, mon radier était toujours là et comme par magie, j'ai de suite vu deux belles truites qui faisaient un circuit en bordure de la veine principale. Comme si après toutes ces années, rien n'avait changé. Elles étaient très visibles, encore plus avec le soleil qui montait très vite au fil des minutes qui passaient. J'ai pu me mettre en position sans rentrer dans l'eau tout en étant à l'aise pour fouetter. Les deux truites passaient devant moi par séquences à environ 10 mètres. Il me paraissait évident que le JFD n'était pas adapté pour ce coup-là. Peu d'eau et un courant quasiment nul très vite le long du radier. J'ai regardé mon accroche mouche, et allez savoir pourquoi, j'ai pris de ma main droite une énorme tête orange. J'avais ça ici car j'en avais monté quelques unes pour notre sortie à Veirières avec mon fils. Elle n'avait bien entendu par servie depuis. Pourquoi j'ai pris ça, je n'en sais encore rien aujourd'hui. Je l'ai senti, j'ai pensé qu'il fallait cette bestiole par rapport à la situation. Et pourtant, une sacrée bestiole, montée sur un TMC3769 en 8. Pas vraiment une nymphe d'étiage. Non plombée bien entendu. Tête orange en soie floss vernis et non avec une bille. Le reste en faisan. D'ailleurs, elle était bien malade, le faisan avait souffert des dents des grosses arc-en-ciel de Veirières.

Je me suis décidé à suivre le plus gros de deux poissons. Il fallait attendre la meilleure opportunité pour poser la nymphe sur son circuit. La meilleure lumière. Avec ces petites vaguelettes, j'estimais cette truite à un bon 45. Me suis bien planté ! Après deux petits tours sous les vagues, cette truite a remonté le radier dans la partie calme tout en cherchant sa pitance sur les galets du fond de la rivière. C'est à ce moment que j'ai décidé d'étendre ma soie afin de poser ma nymphe hameçon de 8 sur l'eau. Que cet instant qui est très court dure longtemps au final. Ce moment où l'on est en attente de l'immersion totale de la nymphe, où la truite se rapproche...Très légère animation, la truite a réagi de suite en accélérant en direction de mon imitation. Un arrêt du poisson suivi d'un ferrage appuyé grâce à un fil de pointe encore épais pour la saison ! Elle était à moi ! A la première tension du fil, la truite est retournée dans la veine centrale du radier. Tout est relatif avec ce niveau très bas, mais disons qu'elle a très bien utilisé le peu de courant qu'il y avait. Un vrai beau combat avec pas mal d'indécision. C'était vraiment sympa.

Quelle caboche !

Et que dire de la beauté de ce poisson merveilleux lorsque je l'ai vu glisser dans mon épuisette. Un présent de la rivière. Un trésor comme elle seule peut m'offrir. Ce poisson a tout pour lui. Après trois photos rapides dans l'eau, j'ai redonné à la rivière le cadeau qu'elle venait de me faire. Cette truite lui appartenait, comme toutes les autres. Comment peut-on tuer un tel poisson...Comment aujourd'hui, en 2018, lorsque l'on connait le taux de mortalité annuelle lié aux pollutions et au réchauffement, comment peut-on autoriser les pêcheurs à tuer ces poissons sauvages qui sont les derniers réprésentants de cette rivière d'Ain...Comment est-ce possible !?!?!?!

Collector la photo ! ;-)

dimanche 8 juillet 2018

Un geste essentiel...

Petite vidéo d'un geste essentiel pour au moins freiner le déclin des populations de truites sauvages de nos rivières jurassienne. Truites capturées lors du week-end dernier.

Un geste essentiel. from Nicolas Germain Fly Shop on Vimeo.

lundi 2 juillet 2018

Entre chaud et froid...

Nouvelles sorties...

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mercredi 13 juin 2018

Une sortie symbolique.

Bon anniversaire mon fils...

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vendredi 8 juin 2018

Retour sur la pollution de l'Ain datant de 2010.

De qui se monque t-on ???

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mercredi 30 mai 2018

Avis aux spécialistes, merci pour vos réponses.

Questions sans réponses...

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vendredi 25 mai 2018

Waders, cuissardes, même résultat !

Un nouveau récit...

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dimanche 6 mai 2018

Thibaut a retrouvé ma truite !

Voilà une histoire de pêche vraiment peu commune. Le genre d'histoire que nous nous souviendrons, Thibaut et moi, jusqu'à la fin de nos jours.

Revenons à la saison de pêche 2014. Un jeune homme venant des Pyrénées me contacte pour une commande de mouches. Il vient à la maison et j'accroche assez vite avec lui. Il est là pour un long séjour axé nymphe à vue. Je n'ai plus de souvenirs bien précis, mais il se trouve que nous nous sommes croisés au bord de l'eau un ou deux jours après. Il en a profité pour me regarder pêcher un peu. J'étais ce jour-là sur une vaironnée. Quelques belles truites picoraient les vairons sur leur lieu de reproduction. J'avais bien du mal à les faire mordre d'ailleurs. A tel point que je me suis décidé à nouer un streamer au bout de ma pointe et de faire une première dérive inerte un peu comme en nymphe. Une truite a mis un coup de gueule sur le côté, j'ai ferré, elle était à moi. Cette truite que j'ai estimé à l'époque à 45cm avait comme particularité d'avoir des tâches et non des points sur les flancs. Elle était aussi très jaune et avait un léger bécard ce qui pouvait laissé penser que c'était un mâle. Nous étions avec mon compagnon du jour en admiration devant ce poisson. Il était reparti dans son élément sans aucun problème.

Lors de la saison 2015, et ce vers la fin du printemps, j'étais à la pêche avec Akira, mon ami japonais et mon fils. Le niveau était idéal pour une partie de nymphe à vue. Je me souviens que Thibaut avait réalisé un très joli coup de ligne devant les yeux admiratifs d'Akira. De mon côté, et après avoir pris en photo Thibaut en pleine action, je suis monté dans le radier en amont. Alors que j'étais encore sur la berge, j'ai repéré une très belle truite qui remontait le courant tout en piochant sur le fond. J'ai à peine mis un pied dans l'eau pour me décaler afin d'avoir une bonne fenêtre. Je pouvais tenter le poisson. A la première dérive de ma cuivre, elle s'est soulevée. Elle était à moi. Ce que je ne savais pas, c'est que ce poisson était le même que j'avais pris l'année d'avant au streamer. Elle était encore plus belle, plus longue. Et ces tâches irrégulières sur les flancs jaune, une merveille de la nature. Une fois de plus, elle est repartie au mieux.

Prendre le même poisson deux ans de suite, c'est déjà assez cocasse. Cette truite avait du prendre 5 centimètres environ. Je ne l'ai pas revu en 2016, ni en 2017. Je ne vous cache pas que j'étais certain qu'il lui était arrivé malheur. Nous avons eu beaucoup de mortalité sur la population de gros poissons ces deux années là, j'étais donc persuadé qu'elle faisait parti du lot.

Ce samedi, Thibaut s'est levé tôt. Il n'arrivait pas à dormir. Bref, il s'est vite branché à sa console pour faire une ou deux parties. J'étais à l'étau. Je lui ai dit une fois : si tu veux, je t'emmène où tu as envie à la rivière, il faut super beau. Pas de réaction, une autre partie de console. Sa mère, quelques minutes après moi, lui dit qu'il devrait profiter du beau temps. 9h30, Thibaut me dit, papa, je mets le waders et tu m'emmènes stp. Ben voilà !

Thibaut n'avait pas pris la canne depuis le tournage de Seasons. Je l'ai donc laissé à la rivière sur un parcours de son choix pour 2 petites heures. Je devais le récupérer à 12h car il avait un match de foot à l'extérieur. Je n'ai d'ailleurs pas pu aller le chercher car j'avais des clients à la maison. C'est donc sa maman qui y est allée. A peine la voiture devant la maison à leur retour que je suis sorti à leur rencontre. Sa maman me dit : il fallait y aller ce matin ! Et Thibaut d'enchaîner, j'ai fait une truite de 61cm papa !

Ho super ! Montres moi vite les photos que je vois ce poisson. Et là, de suite à la première vision, je regarde Thibaut et je lui dis : Thibaut, c'est ma truite bordel ! On s'est donc précipité tous les deux à mon atelier où j'ai un agrandissement encadré de ce poisson pris la deuxième fois en 2015. Thibaut a mis son téléphone à côté et nous avons comparé les points. Le doute n'était plus permis, ma truite était en fait toujours vivante, plus belle que jamais et c'est mon fils qui l'avait prise. Quelle histoire extraordinaire. Il y avait beaucoup de joie, car un tel poisson, ce n'est pas tous les jours, mais en plus avec un tel passif, c'est vraiment hors normes. Le bécard est encore plus prononcé, ce mâle a du transmettre ses gênes durant tous ces hivers. Et quels gênes. Il est passé entre les mortalités. Quel poisson, quel combattant.

Après l'émotion partagée, Thibaut m'a raconté sa prise. Il venait de casser une truite au ferrage de sa faute avec un mouvement beaucoup trop sec ! Sa pointe était donc neuve. Il avait une cuivre au bout. Il venait de voir dépasser dans le radier amont un museau. Il s'est donc déplacé pour être en face du poisson. Elle était là, au fond. Il a fait deux dérives avec la cuivre sans aucune réaction du poisson. Rien.

Il a donc décidé de nouer un gammare JFD-14. Il a fait poser sa nymphe trois bons mètres en amont du poisson, légère animation et là, la truite s'est bien soulevée pour prendre son imitation. Un joli combat s'en est suivi pour se terminer dans son épuisette. Thibaut n'est pas comme son père, il a son mètre lui. 61 centimètres, soit environ 11 de plus qu'en 2015. La truite est repartie comme une furie et nous espérons tous les deux la revoir avec une immense joie en 2019.

Aux personnes qui pensent que de relâcher un poisson est inutile, dites vous que si cette truite avait été prélevé en 2014, elle aurait frayée 4 hivers de moins...Et cela représente quelques truites au final, pas une seule !

2014, le papa - Estimée à 45cm.

2015, le papa - Estimée à 50cm.

2018, le fils - Mesurée à 61cm.

vendredi 27 avril 2018

L'histoire d'une truite (41)

Une nouvelle histoire...Bonne lecture.

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lundi 23 avril 2018

Séjour père & fils à Veirières.

Une fois encore, c'était top !ver2.jpg

 

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