Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
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Mot-clé - Truite fario

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vendredi 26 juin 2020

L'histoire d'une truite (50)

La dernière fois, c’était pour la fermeture 2019, mais cela faisait surtout des mois que je n’avais pas revu mon copain Gaël. Suite à sa proposition, nous avons convenu d’un rendez-vous afin de partager une après-midi au bord de l’eau.

Le temps ce jour-là était bien maussade et la veste de pluie était de rigueur. À cela il fallait ajouter des derniers échos de la rivière peu glorieux. Tant pis, un mauvais jour de pêche avec un ami reste une très belle journée. J’ai proposé un parcours qui nous avait déjà réussi par le passé. Gaël a accepté avec plaisir tout en me soulignant que lorsqu’il m’accompagne là-bas, ça se passe généralement très bien pour moi. Quoi qu’il en soit, nous voilà partis en Sandero. Gaël avait quelques histoires à me raconter durant le trajet. Il fut pour le coup très court et bien plaisant.

Arrivés sur les lieux, on s'est très vite rendu compte que la visibilité était vraiment médiocre. Nous avons alors décidé de privilégier la recherche des gobages avant tout car les mouches étaient bien présentes sur l'eau. La rivière étant peu accessible depuis la berge, nous nous sommes positionnés dans le lit de celle-ci en progressant lentement vers l’amont tout en étant attentif à ce qu’il se passait sur la surface de l’eau. Malgré deux paires d’yeux affutées, aucun gobage de repéré si ce n’est ceux de petits poissons que nous n’avions pas l’intention d’embêter.

Nous étions là depuis une bonne heure et toujours rien. Un gobage vu par Gaël qui ne s’est pas répété. C'était maigre ! Nous étions collés à la rive gauche mais la rive droite, malgré l’absence d’activité de surface, nous inspirait profondément. J’ai fini par trouver un « couloir » sans risque de remplir le waders afin d’atteindre un joli bloc qui était à environ dix mètres de la berge opposée. Je suis monté doucement sur le blog pour me donner un peu d’angle. Cette berge était trop belle pour être vide. Une fois un peu en hauteur, j’ai pu voir le fond de l’eau avec plus de facilité malgré une lumière très faible. Un poisson était là en poste juste au dessus de moi. J’ai informé Gaël. C’était trop beau. S’il n’y avait pas eu de poisson là, il n’y aurait eu nulle part.

J'ai tenté la truite avec une cuivre. Rien. Aucun mouvement. J'ai fait un passage avec un gammare, rien, aucun mouvement. Elle aurait pu avoir la politesse de s’y intéresser ! J’ai remis une cuivre un peu plus lestée. Il n’y avait pas de raison. Au moment où j’allais « fouetter », un autre poisson est sorti de la berge pour se mettre à remonter lentement le couloir devant moi. Je n'ai pas cherché à comprendre et j'ai posé dans l’axe de cette nouvelle truite. Elle devait être à cinq ou six mètres de moi. Courte dérive, légère animation. La truite s'est décalée méchamment pour venir prendre cette nymphe sans faire de manière.

J'ai ferré assez fort en basculant sur ma gauche. Le mouvement m'a fait perdre mon équilibre sur le bloc. Sans trop m’occuper du poisson, je me suis remis tant bien que mal en position plus stable. À l'instant où je reprends mes appuis, je vois mon bas de ligne tout entortillé autour de mon scion de pointe. La magie de la pêche et ces questions sans réponse. Je ne sais pas encore comment j'ai pu en arriver là, mais c’était le cas. Grace à un coup de chance digne des plus grands joueurs de loterie au monde, la truite se battait sur place sans tirer plus que de raison sur le fil. Je ne me suis pas affolé. Certainement à la grande surprise de Gaël qui était témoin de cette scène rocambolesque, j’ai posé mon talon de canne au fond de l’eau, tenu ma canne par le milieu et j’ai pris mon fil en bout de scion pour le tourner 3 fois autour de celui-ci afin de démêler tout ce cirque. La scène dure finalement très peu de temps, mais je pense qu’il fallait le voir pour le croire. La truite a été sympa et l'élasticité du bas de ligne m'a certainement bien aidé.

Une fois la reprise de contact effective, le combat a pu se terminer dans la filoche non cette fois-ci, une belle défense de la zébrée. Je n’ai pas encore compris comment j’ai pu m’emmêler de la sorte et comment cette truite dont la taille avoisine les 55 centimètres a pu ne pas en profiter. Il n’y a rien à expliquer, juste à savoir que ce genre de chose de m’arrivera plus. Ce n’est pas possible d’avoir autant de chance sur un tel coup de ligne. Enfin si, la preuve ! Cela fait du bien d'avoir de la chance parfois. C'est agréable.

La suite de l’après-midi nous offrira quelques autres moments très sympas aussi. Mais ce poisson là, je vais m’en souvenir ! Gaël est vraiment mon porte-bonheur sur ce parcours ! Merci pour ces bons moments !

Photo prise vite fait.

lundi 8 juin 2020

L'histoire d'une truite (49)

Il y a une dizaine de jours, alors que j'étais à la terrasse de la maison avec des amis, mon fils s'est décidé d'un coup à partir à la pêche. Il a salué tout le monde et en avant vroum dans la Clio 20 ans d'âge. Cette année, peut-être à cause du confinement, il pêche avec une intensité plus élevée que les saisons précédentes. Il est d'ailleurs au coup du soir au moment où j'écris ces lignes.

J'avais dans l'idée de le rejoindre par la suite. C'était la fin de matinée. Quoi qu'il en soit, nous avons continué à refaire le monde avec les amis. Un peu plus d'une demie-heure après le départ de Thibaut, je reçois un sms. J'annonce aux copains qu'il doit venir du gamin...Pas manqué, c'était une photo d'un beau poisson. Il n'avait pas trainé ! Dix minutes plus tard, un autre sms, une autre photo. De nouveau dix minutes plus tard, une autre photo...De toutes évidences, le gosse était bien chaud et les poissons dehors. D'autant plus que les truites étaient toutes de belle taille.

Après avoir salué à mon tour mes amis à leur départ, j'ai pris le temps de manger avant de rejoindre Thibaut. Il ne faut quand même pas éliminer des étapes importantes comme celle-là. On s'est donc retrouvé au bord de l'eau en début d'après-midi sur le haut de la rivière.

Les truites étaient effectivement en place. C'est plaisant à voir car cette saison, ce n'est pas souvent que j'ai eu l'occasion de "bien tomber". Thibaut a repris un poisson devant moi. Plus petit. Ce fut ensuite mon tour. La pêche était vraiment agréable d'autant plus que j'étais en très bonne compagnie. Nous pêchions l'un à côté de l'autre, parfois même l'un en spectateur de l'autre. Des moments de vie qui comptent. Les plus beaux.

La rivière devenait plus large, plus lente. Nous arrivions à une belle trouée comme on dit chez nous. Une zone de berge où il est possible de fouetter sans que la végétation ne nous embête. Thibaut s'est alors accroupi derrière moi pour me regarder. Sur ma droite, il y avait une jolie truite d'environ trente cinq centimètres en aval d'un petit saule. Devant les yeux de mon fils, j'aime m'appliquer. À la première dérive, la truite est montée entre deux eaux pour venir pousser ma nymphe du bout du nez sans ouvrir la bouche, refus ! Thibaut a adoré la scène ! Moi, un peu moins...Nouvel essai avec encore moins de réaction du poisson. J'ai alors dit à Thibaut de l'essayer. J'ai donc pris sa place et lui la mienne. Mais au moment de tenter le poisson, il m'a dit :

-Je ne vais pas pêcher ta truite papa, je vais plutôt tenter celle-ci.

-Laquelle, j'en ai vu qu'une moi !

-La toute belle qui est au fond de la fosse sur ma gauche dans les bois morts.

Là, il a fallut encaisser. Je n'ai jamais vu ce poisson. Et je ne voulais pas risquer de me relever pour le voir.

-Vas-y gros, elle risque plus que toi cette truite.

Vu la profondeur, Thibaut changea de nymphe pour mettre une cuivre sur hameçon de 16. La base de toutes tentatives. Après avoir sorti quelques mètres de soie dans les airs, le premier poser fut parfait. Suite à une animation très légère, la truite est montée sur près d'un mètre pour venir intercepter la nymphe de mon fils. Ferrage appuyé en treize centièmes et la truite était prise ! C'est en fait la première fois où je la voyais ! Quel poisson !

Dès les premières secondes de combat, la truite a décidé de traverser la rivière aussi large soit-elle à cet endroit. Thibaut a alors sauté à l'eau sur un fond vaseux. Il a eu bien des maux à s'extirper de ce mauvais pas pour ensuite se positionner en milieu de rivière avec la truite qui tentait de rejoindre les obstacles en berge opposée. De mon côté, j'étais aux premières loges. Je me suis même permis une remarque qui m'a fait comprendre que je n'étais plus dans le coup du tout ! Thibaut pendant qu'il gérait le poisson se déplaçait sur sa gauche. Je lui ai conseillé de rester en place. Mais sa réponse était sans équivoque. Il voulait se placer devant les bois morts près de notre berge pour empêcher la truite d'y retourner sur un dernier rush proche de lui. Logique. Et c'est de plus ce qui est arrivé en fin de combat. La belle a tenté le coup mais le pêcheur avait déjà tout compris. Bravo.

La mise à l'épuisette fut un réel moment de joie collectif. La truite était pour le parcours d'une beauté fantastique. Nous l'avons admiré tout en la laissant dans l'eau. Thibaut ce jour-là a fait une pêche extraordinaire. Il m'a laissé les miettes avec deux truites. Mais quel régal de partager de tels moments tous les deux.

J'en redemande !

Une jolie truite de chez nous.

vendredi 29 mai 2020

L'histoire d'une truite (48)

Rares sont les fois où je retourne voir un poisson spécifiquement. Pourtant, c'est ce que j'ai fait mardi soir dernier. Une sortie de pêche dédiée à une seule truite. Non pas parce que c'était le poisson de ma vie, mais parce qu'à notre première rencontre, je n'ai pas pu la tenter de façon convenable.

Tout débute deux jours avant. J'étais à la rivière le dimanche soir, seul, les pieds dans l'eau jusqu'aux chevilles. Un appel téléphonique avec mon copain Simon. On discute de chose et d'autres durant plusieurs minutes. Au milieu de notre conversation, je me permets de couper Simon pour lui signaler qu'un joli poisson passe devant moi. Rien de grave, c'est aussi très sympa d'observer un poisson sans l'embêter. Une fois le coup de fil terminé, j'ai pu localiser cette truite avec une grande difficulté. Malgré ses déplacements dans une très faible hauteur d'eau, j'avais bien du mal à la voir clairement. La cause à ces multiples reflets de fin de journée. J'ai préféré m'abstenir de l'attaquer malgré le fait qu'elle perçait la surface de l'eau avec sa caudale à chaque fois qu'elle capturait une bestiole sur le fond. Si j'avais tenté ma chance de cette façon, avec une visibilité aussi médiocre, je pense que je l'aurais manqué au ferrage.

Je l'ai regardé faire un grand moment. Avant de partir, j'ai voulu voir si à cet endroit, la visibilité était meilleure depuis le milieu de la rivière et non depuis la berge. J'ai fait sauver mon poisson en progressant dans l'eau, mais j'avais ma réponse. En étant positionné ainsi, les reflets n'étaient plus qu'un mauvais souvenir du moins à cet horaire. Je voyais toute la zone où la truite venait se nourrir parfaitement. La chose était entendue, je reviendrais !

Deux jours après, le mardi soir, j'avais une heure devant moi. Une heure dans le bon horaire. J'ai enfilé mes nouvelles cuissardes et hop, direction vite fait bien fait la rivière. Sans regarder si ma truite était là ou pas, je suis descendu dans l'eau bien plus en aval. Je me suis décalé de façon à être en plein milieu de la rivière. Ensuite, j'ai remonté pas à pas en créant le moins d'ondulation possible tout en regardant cette berge. Quel plaisir, je voyais bien le fond sur au moins trente mètres devant moi. J'ai vu ma truite assez vite au final. Elle était bien au rendez-vous. Toujours avec cette façon de manger en venant bouger de l'eau à chaque fois. La profondeur était d'à peine vingt centimètres.

Ma nymphe non plombée et assez planante était déjà fixée à mon quinze centièmes. Je savais exactement ce que j'étais venu faire là ! J'ai posé ma soie et sur cette première courte dérive, la truite est venue croquer ma nymphe sans sourciller. Le combat qui s'en est suivi a été d'une rare violence par contre. Très heureux d'avoir choisi de rester en quinze centièmes ! Il a fallu brider fort tout du long pour l'empêcher d'aller se mettre dans des bois morts en berge opposée. Encore une qui habite d'un côté pour venir manger de l'autre !

Une fois la truite relâchée, je suis rentré à la maison. Mes cuissardes étaient rodées comme on dit au village !

dimanche 17 mai 2020

Une bien belle récompense.

Si les personnes que j'ai eu au téléphone ces jours voient ce qui va suivre, elles vont me traiter de menteur. Pourtant, il me semble avoir dit la vérité. La rivière est devenue pêchable en nymphe à vue, mais avec une activité vraiment médiocre pour ne pas dire pire. De plus, les conditions météo avec un grand soleil doublé d'une bise assez puissante faisait que tout était réuni pour bien galérer.

Avant même d'espérer prendre un poisson, il faut en trouver un. À ce petit jeu, Thibaut a eu plus de nez que son père aujourd'hui. L'histoire ne dira pas que c'était l'inverse la veille ;-) .

Je suis parti bien après mon fils aujourd'hui à la pêche. Au moment où je l'ai retrouvé au bord de l'eau, je l'ai vu alors qu'il était encore à 100 mètres de moi. Au loin, j'étais persuadé de voir sa 9 pieds pliée de sa plus belle courbe. Je me suis dit, ce n'est pas vrai, il le fait exprès ! Je le voyais serein, donc je ne me suis pas pressé. je l'ai vu descendre de la berge pour aller dans l'eau épuiser son poisson. En arrivant vers lui, en surplomb de sa position, il a levé sa petite tête dans ma direction avec son petit sourire de couillon ! Elle est belle hein qu'il me dit. Tu m'étonnes ! Belle bête.

Voilà comment mon fils, à 20 ans, alors qu'il me suit depuis plus de 15 ans sur les rivières du coin, m'offre tant de bonheur. C'est à chaque scène de ce genre que je pense être le plus chanceux des papas. Merci mon fils pour ces moments, que cela dure une éternité !

vendredi 17 avril 2020

Des nouvelles de la rivière d'Ain, de la Bienne et d'autres.

Très compliqué de savoir ce qu'il se passe sur les berges de nos rivières en période de confinement. Pour ma part, j'ai cette chance, et ce depuis ma naissance, d'avoir la rivière d'Ain dans mon kilomètre réglementaire actuel. Alors sur une sortie d'une heure, ce n'est pas simple de faire un état des lieux précis, mais je m'y attèle depuis le 17 mars à midi, jour de la mise en place du confinement. Je réalise des virées régulières en partant à pied depuis la maison. De plus, j'ai quelques contacts amis plus haut sur la rivière ainsi que plus en aval. Cela permet d'en savoir un peu plus et de rester connecter au cours d'eau malgré la situation actuelle.

Au début du mois, j'ai reçu des appels téléphoniques de pêcheurs sociétaires de notre AAPPMA pour m'avertir de sauts de cabris sur les courbes de niveaux de la rivière d'Ain sur la station de Bourg de Sirod. J'avais moi-même vu cela et averti très vite l'agent de l'OFB qui avait eu en charge le dossier l'an passé suite déjà à nos observations sur le terrain cette fois (à lire ici).

Courbes de niveaux avec un souci le 6 avril par exemple.

Après avoir pris contact avec le gestionnaire de la centrale hydroélectrique, l'OFB m'a informé que les réglages issus des constats de l'an passé n'ont pas été suffisants. À la suite de nos nouvelles constatations sur les courbes, de nouveaux réglages ajustables manuellement au jour le jour ont été mis en place. La solution paraissant moyennement viable mais la vétusté des automatismes ne permet pas de faire mieux à ce jour. Une rénovation complète du système est en cours et devrait se terminer dans l'année.

Les courbes à la suite de notre intervention.

Il me semble que c'est beaucoup mieux. Même si j'étais resté attentif, merci aux fidèles de m'avoir averti. En espérant que les alevins de l'année n'en aient pas souffert. Quand une rivière possède un débit aussi faible, la moindre variation trop rapide peut être fatale à bon nombre de truites de l'année. Pour terminer sur le sujet, je tiens à souligner que c'est une nouvelle fois les pêcheurs (qui plus est de notre AAPPMA) qui ont donné l'alerte. Sur ce sujet et dans le contexte actuel, un simple clic suffisait, cela démontre quand même bien des choses.

Durant cette terrible sécheresse que nous vivons, la rivière perd de l'eau inexorablement. Nous sommes au 37ème jour consécutif sans pluie chez moi. Cela me laisse sans voix. Ce triste évènement constitue un nouveau record. Celui-ci étant toujours en cours pour s’aggraver au moins jusqu'à demain...Cette période fait d'ors et déjà partie des 5 sécheresses les plus sévères depuis 1945 chez nous en terme de jours consécutifs sans précipitation.

La rivière en tout début de mois.

Deux semaines plus tard. La gravière se découvre toujours plus...

Alors comme souvent, dans ces situations exceptionnelles, il y a du bon et du moins bon. Commençons s'il vous plait par les bonnes nouvelles car nous en avons tous besoin. C'est même parfois des nouvelles assez surprenantes. La rivière d'Ain est extrêmement basse oui. Moins de 2 m3 à ce jour. À la mi-avril, je ne me rappelle pas avoir vu ça. D'un autre côté, la température de l'eau est encore froide. Cela ne va pas aller dans le bon sens avec des températures de l'air proches des 25 degrés prévues ce week-end. Quoi qu'il en soit, le fond de la rivière chez nous reste propre en visuel, ce qui n'était pas du tout le cas l'an passé. J'ai été surpris encore hier de voir des zones en plein soleil avec une hauteur d'eau de quelques centimètres encore clean. Pour mémoire, l'an passé, les fonds étaient bien marron.

La rivière d'Ain le 16 avril.

Par contre, le débit fait vraiment peur. Toujours le 16 avril.

Paradoxalement, ce niveau super bas est parfait pour les éclosions d'alevins de l'année. Il y en a vraiment beaucoup et rien ne peut me rendre plus heureux. Voir cette nouvelle génération de truites sauvages évoluer est une vraie bonne nouvelle. C'est pour cela qu'il faut rester vigilant vis à vis des micro-centrales pour ne pas que le fruit exceptionnel de la reproduction sauvage soit anéantie.

Que la nature est belle !

Même tout en aval de nos secteurs, du côté de Châtillon, la rivière reste propre sur le fond. Les ombres communs (car c'est là-bas qu'ils sont le plus nombreux et de bonne souche) ont pu frayer dans des conditions correctes. Les alevins de truites y sont aussi nombreux. C'est vraiment top comme nouvelle. On connait tous la hausse de la thermie en été sur ces parcours avals, c'est d'autant plus remarquable. Ces poissons sauvages nous montrent à quel point leur envie de survivre est forte ! Merci Arnaud pour tes observations.

La rivière d'Ain en aval. On y voit des nids réalisés par les ombres communs.

Pour finir dans le dossier bonne nouvelle, sur l'ensemble de mes sorties à ce jour, je n'ai vu aucun poisson malade ou mort. Cela ne veut pas dire qu'il y en a pas, mais vu la visibilité que l'on a, c'est compliqué de passer à côté. L'activité des truites n'est pas ouf n'ont plus. Peu ou pas d'éclosion et je ne voit pas tant de truites que ça. On peut juste remarquer des comportements qui se rapprochent grandement de ce que je peux observer en octobre lorsque la pêche est fermée. Sauf qu'au printemps, les truites sont bien plus en chair et reste farouches comme jamais !

Une belle en maraude.

Bien entendu, il y a aussi le côté plus sombre du confinement. Certains diront que l'absence de l'être humain est une bonne chose au final, que les truites peuvent vivre en paix. C'est ce que l'on peut penser quand on est bloqué chez soi sans se rendre compte des réalités de terrain effectivement. Sur notre linéaire, nous avons fait le choix de protéger 100% du parcours en y interdisant les prélèvements. Pas par mode, pas pour embêter une catégorie de pêcheurs, mais simplement parce l'espèce truite était en danger de disparition. Nous avons ainsi réduit considérablement la baisse des effectifs. Ceux-ci vont être malheureusement mise à mal durant ce confinement, c'est certain. En temps normal, les harles bièvres ne font que de courtes escales chez nous car ils sont sans arrêt dérangés. Ce printemps, les couples prennent leur quartier et s'installent plus durablement.

J'avais déjà un avis assez tranché sur cet oiseau piscivore mais après l'avoir vu une nouvelle fois chasser hier, je suis intimement persuadé que c'est un fléau pour les populations. Une fois de plus, quelques pêcheurs et autres protecteurs vivants dans le monde parallèle des bisounours vont me tomber dessus. La nature reprend ses droits qu'ils vont me dire. Ce n'est pas les harles qui font disparaitre les truites pour d'autres...Certes, je l'entends bien. Mais je sais ce que j'ai vu par contre ! Il faut bien comprendre qu'une truite n'a qu'une seule façon de se sentir en sécurité, c'est de rester immobile sous sa cache. D'ailleurs, pour ceux qui ont pratiqué, vous le savez. Rien de plus facile que de prendre une truite à la main. Elles sont bêtes comme tout une fois planquées. Hier après-midi, alors que j'étais en mauvaise posture dans la ripisylve, j'ai aperçu un gros remoud en bordure bien plus en aval de moi. Je me suis alors immobilisé. Un autre remoud, puis un autre...Un canard ? Une poule d'eau ? Finalement, je l'ai vu. C'était un harle mâle en chasse. J'ai pu l'observer quelques minutes. Assez pour voir ce que je pensais impossible. J'étais persuadé que les eaux basses l'empêchait de chasser avec efficacité. J'ai pris peur ! Cet oiseau fouillait méticuleusement chaque faille, chaque cavité, chaque cache potentielle de truite avec son bec crochu. Dans des zones si peu profondes que l'animal dépassait hors de l'eau. très vite, il s'est saisit d'une truitelle de 10-12 centimètres devant mes yeux.

Alors soit, cet oiseau doit se nourrir, je le comprends bien. Mais dites-moi s'il vous plait où est la logique quand un animal est protégé à 100% alors que ses populations se portent mieux que l'animal dont il se nourrit ??? La truite sauvage autochtone n'a si peu d'intérêt que l'on favorise une espèce allochtone à son détriment ?? Cette situation me rend fou sérieux ! Je me sens si impuissant face à une telle bêtise. Si les deux couples que j'ai vu à chaque sortie se reproduisent sur notre linéaire, c'est plus de 20 oiseaux présents cet été. Le parcours sera alors décimé.

Couple de harles bièvres bien peinard avec ce confinement. 

Il y a d'autres espèces qui profitent aussi de la non présence des pêcheurs comme cette truite arc-en-ciel qui n'est pas vraiment à sa place.

Pour la suite des mauvaises nouvelles sur la rivière d'Ain, remontons si vous le voulez bien tout en amont en compagnie de Dylan. Historiquement, le visuel à cette époque est toujours plus triste à voir en ce qui concerne le fond de la rivière sur Sirod. En effet, le haut de la rivière subit de plein fouet les effets des épandages printanier du plateau de Nozeroy par le biais de la Serpentine. C'est ainsi que l'on peut observer un contraste saisissant entre l'amont et l'aval. Les fond sont noirs et remplis d'algues brunes entre Sirod et Contes. Alors est-ce que c'est les faibles débits qui ont empêchés à ce jour ces effets d'arriver chez nous, aucune certitude. En tous les cas, Dylan a vu dans le même temps deux poissons adultes morts, deux truitelles et quelques chabots...

Une fois de plus, c'est un constat que nous pêcheurs faisons annuellement. Même si quelques agriculteurs travaillent dans le bon sens vis à vis de l'environnement, force est de constaté que ce n'est pas le cas de tous.

Les cailloux sont tous marrons et gluants.

Difficile de vire dans de telles conditions.

Pour la Cuisance, j'ai les mêmes échos que chez nous. Une rivière extrêmement basse pour la saison mais des fonds relativement encore en bon état. Pourvu que cela dure. Cette rivière est déjà à bout de souffle.

Du côté de la Bienne, c'est un peu plus délicat avec une progression rapide du salissement du fond de la rivière. Au niveau de St Claude, cela s'est vu sur seulement quelques jours. Ici aussi, la bassin versant est tellement vaste que la densité de polluant est très importante avec des débits aussi faibles.

Début du mois, la rivière reste magnifique en apparence.

Le 16 avril, plus la même chanson.

Du coup, quelques poissons malades observés par Emre mais relativement peu quand même vu la situation. Après, la population est si faible que c'est compliqué de faire plus.

Une truite de 60 centimètres mycosée ici.

La bonne nouvelle pour la Bienne est la reproduction. Comme chez nous, Emre a observé bon nombre d'alevins de l'année. C'est une nouvelle fantastique pour cette rivière qui souffre encore plus que les autres.

Alevins de truite de la Bienne.

J'ai également eu aussi hier un retour de l'ami Tibo à propos de l'Oignin. Rivière qui retrouve la rivière d'Ain en aval du barrage de Coiselet. Tibo souhaiterait véhiculer l'idée que sur cette rivière, qui n'a pas vu un seul pêcheur depuis l'ouverture, et au profit d'un étiage sévère (digne de juillet) qu'il n'a jamais vu autant de jolis poissons se nourrir. Que cela soit en terme de densité ou de taille. Il a été surpris de ne voir que des jolis poissons se nourrir. Son avis est que les premiers jours de nourrissage en mars mais surtout avril sont sûrement décisifs pour que les poissons notamment les géniteurs (pas vu une seule en dessous de 40cm, alors que s'en est cafis en été) se refassent une santé après la frai. Comme ici, les comportement sont aussi très différents avec ce confinement. Des truites postées à 20cm sous la surface au dessus de fosses...Comme dans une réserve. 

Nous avons échangé entre nous. Si moi aussi j'ai pu voir des comportements "type réserve" sur certains poissons, j'ai émis un bémol sur une plus forte activité dû au confinement. En tous les cas, je ne l'ai pas observé sur mon secteur. Selon les rivières, c'est sans doute complètement différent.

Voilà pour le petit tour des rivières du coin. Merci aux copains pour leur aide. Nous sommes a n'en point douter, les premières sentinelles de nos rivères !

Je vous laisse avec deux photos d'hier, prenez soin de vous !

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