Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
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lundi 23 janvier 2023

Vidéo : Le harle bièvre ce fléau.

L'AAPPMA de l'Albarine vient de publier deux vidéos plus que parlantes sur le réseau social Facebook. Je relaie ici leurs images car je croise encore des personnes ici ou là qui ne veulent pas croire ce qui parait évident. Le harle en compagnie du cormoran va finir pas faire disparaitre le peu qu'il reste.

Avant de vous inviter à regarder les vidéos, quelques anecdotes pour ceux qui connaissent le parcours de la haute rivière d'Ain dans le Jura. Pas plus tard qu'hier, un ami s'est baladé en compagnie de sa chérie et son chien sur le linéaire aval de notre AAPPMA. Ils ont longé la rivière sur seulement 800 mètres. Ils ont vu 3 cormorans et 2 harles en train de pêcher. Aucun avec du poisson dans le bec. Même s'ils pêchent bien plus efficacement que nous, quand il n'y a presque rien, c'est compliqué pour eux aussi. Par contre, ils prélèvent forcément le peu qu'il y a de temps en temps. Autre retour, un ami voulant faire des photos s'est rendu sur le linéaire de l'AAPPMA de Champagnole il y a quelques jours. Dans son après-midi et après avoir fait quelques kilomètres sur les berges de la rivière d'Ain, c'est 7 cormorans et 2 harles vus. Tous en train de pêcher ou en train de digérer en se séchant les ailes bien écartées au soleil. J'ai aussi eu un retour d'un ami ayant vu un harle bièvre pêcher à la Papeterie sur l'AAPPMA de Sirod. Vous l'aurez compris, ils sont partout et pêchent TOUS les jours. Comme le Comté avec la toute puissance de l'AOP, nous sommes maintenant impuissants face à la LPO. Raison de plus, en tous les cas chez nous, pour que les pêcheurs équilibrent les prélèvements en stoppant les leurs puisque les oiseaux ont un impact toujours plus important.

Voici les vidéos de l'AAPPMA de l'Albarine ainsi que le texte qui les accompagnait.

 

Tout frais de ce matin ! Les harles en pleine action. Dans la littérature, on peut lire que ces oiseaux se nourrissent de petits poissons...çà porte à sourire quand on voit ce que ce mâle peut avaler, et la vidéo qui suit, prise à la même place cinq minute avant, nous prouve qu'il n'en est rien. Mieux, on pourrait plutôt dire que les géniteurs passent à la casserole ! Pour cet ombre, pas de reproduction possible cette année...une reproduction qui allait débuter dans un mois. Et pour la vidéo suivante, la truite ingurgitée qui dépasse les 35 cm ne se posera plus la question de savoir s'il faut se reproduire ou pas l'année prochaine ! La messe est dite !
La scène se situe dans le barrage en amont de Tenay, un barrage remis en service "proprement", fruit d'un travail de plusieurs années entre le propriétaire et l'aappma. Une passe à dévalaison financée par l'agence de l'eau, des habitats redistribués dans la retenue grâce à l'appui technique de l'aappma.
La vidange s'est effectuée plusieurs fois sans encombre grâce au savoir faire de l'aappma...idem en aval ou les restes de curage, et notamment tous les gros éboulis qui avaient été enlevés ont été remis en concertation avec le propriétaire et l'aappma (comme quoi, question sédimentaire, l'aappma travaille dur également, n'est-ce-pas, mais çà personne ne dit merci !). Donc des densités de poissons exceptionnelles en amont et en aval de cette retenue ! Pour ceux qui auraient des doutes, ou nous prendrait pour des imbéciles côté densités, parlez-en au propriétaire...
Une collaboration sans faille qui a permis jusqu'à maintenant de concilier hydroélectricité et biodiversité grâce à la l'échange et au savoir faire de l'aappma qui a passé des dizaines d'heures sur le chantier.
Alors, à tous ces gens que l'on ne voit pas au bord des rivières, la prochaine fois qu'un projet de ce type voir le jour, eh bien ne comptez pas sur nous pour passer des heures à surveiller, donner des conseils pour faire en sorte que la rivière revive, car on n'est pas là pour nourrir les oiseaux piscivores ! Vous n'imaginez pas combien une vidange peut-être destructrice si elle est mal faite...eh bien le prochain coup, advienne que pourra ! Dans cette retenue, il y a environ une demi-tonne de poissons (truites et ombres), oui vous avez bien lu, une demi-tonne, alors quand vous faites n'importe quoi au moment des travaux, c'est terrible pour les espèces qui vivent dans la retenue et on ne parle même pas de l'aval, y compris sur la ressource en eau !
On le redis, on a été SEUL sur ce suivi de chantier, et on est fier du travail abouti ! Merci au propriétaire pour cette expérience, et nous pensons fortement que nos allons revoir notre discours puisque la rivière se vide aujourd'hui de ses poissons "grâce" aux oiseaux piscivores, et que l'avenir d'une rivière sans poissons est à l'hydroélectricité, çà paraît logique non ? Parce qu'emmerder un exploitant de centrale en lui imposant des contraintes (passes à poissons, à dévalaison, débit réservé...), pour garantir le fonctionnement piscicole de la rivière, et voir ce qu'on voit sur cette vidéo, et bien nous pensons à l'aappma, que cette réglementation est désormais caduque car comment garantir le bon état, quand des espèces provoquent de tels dysfonctionnement ! On souhaite d'ailleurs bon courage aux gestionnaires des rivières à saumons, car quand ces oiseaux vont débarquer (et ils arrivent vu le taux de reproduction de l'espèce!), cela va remettre en question, là aussi des années de gestion !
Ah oui, on ne vous a pas dit...le harle est dit "bièvre", qui se traduit par "mange tout le temps"...alors ce que vous avez vu sur ces vidéos, c'est plusieurs fois par jour !

mercredi 7 décembre 2022

Nouvelle hécatombe sur le Doubs !

On l'avait presque oublié ! La Sapro, elle, n'a pas oublié de revenir pour faire des ravages dans les populations de poissons du Doubs Franco-Suisse. Il y avait eu des prémices au début de l'automne avec des poissons trouvés ici où là par les pêcheurs. Depuis quelques jours c'est une véritable hécatombe avec des dizaines de poissons retrouvés morts.

Alors que l'OFEV (office fédérale de l'environnement Suisse) qualifie dans son dernier rapport le Doubs en bonne santé car dans les normes, on est en droit de se poser des questions !! C'est une honte sincèrement. On connait tous les maux qui agressent nos rivières mais rien, absolument rien ne se passe sur le terrain ! Après 2010 et 2014 pour le Doubs, voilà un hiver 2022-23 qui s'annonce malheureusement mortel !

L'article de journal paru se jour. Un autre doit paraitre dans l'Est républicain.

Sincèrement, je n'ai plus les mots pour qualifier ces images. J'ai une immense pensée pour les copains des deux berges. Vivre une nouvelle fois ces horreurs doit être démoralisant. 

Des images de ces derniers jours.

Aparté : Sur la haute rivière d'Ain, je n'ai pas observé de mortalité pour le moment malgré 3 sorties/semaine en moyenne. A la fois, je n'observe presque pas de poisson non plus. Par contre, les fonds sont tous très noirs et je crains voir le même phénomène assez vite chez nous aussi. A suivre...

jeudi 17 novembre 2022

Communication Décevante.

Ce billet pour faire suite à un article de journal parut récemment.

Étant président d'AAPPMA d'un lot unique de 1ère catégorie 100% en No Kill (la seule dans le Jura), je ne pouvais faire autrement que de réagir à ces écrits. D'ailleurs, heureusement que j’étais assis lorsque j’ai lu ces lignes dans l'Hebdo39. Notre président départemental, malgré l'immense respect que j’ai pour lui vis à vis de son exceptionnel investissement personnel pour notre fédération départementale, a fait là une sortie de piste que je qualifierais de maladroite mais qui est avant tout décevante.

On peut lire dans l’article du 15/11/22 de l’hebdo39 que Roland Brunet n’est pas partisan à outrance des parcours no kill. Jusque-là, rien à signaler, chacun est libre de penser ce qu’il veut que l'on soit président ou simple pêcheur. C’est la suite qui me fait réagir aujourd’hui publiquement au même titre que cet article de journal.

Je cite l’article en question qui argumente sur la position présidentielle citée plus haut : En cause, des poissons stressés qui se terrent en journée, ou qui périssent du fait d’infection à cause des piqûres d’hameçons.

L'article en question => https://hebdo39.net/peche-une-saison-epique/

Notre président aurait voulu mettre à mal les fragiles bases du no kill jurassien qu’il ne s’y serait pas pris autrement. C’est aussi une manière involontaire, je l’espère, de décrédibiliser les AAPPMA mettant en place ce genre de parcours.

Permettez-moi de donner mon point de vue en tant qu'homme de terrain. Les pêcheurs de truites fondent comme neige au soleil depuis très longtemps mais plus encore ces 5 dernières années dans le Jura. Les locaux se redirigent sur les lacs à corégones pendant que les touristes pêcheurs, encore présents, choisissent de plus en plus d'autres destinations. Finalement, la pression de pêche n'a jamais été aussi faible sur les truites jurassiennes. Que l'on ne se trompe pas surtout, c'est la mauvaise qualité de l'eau qui stressent les truites, c'est la température de l'eau trop élevée qui stressent les truites, c'est les attaques permanentes des deux espèces d'oiseaux piscivores allochtones qui stressent les truites, c'est les activités aquatiques estivales qui stressent les truites en les empêchant de stationner sur leur froidière, mais sûrement pas en 2022 la pression de pêche.

Cette vidéo a été tournée en 2022 sur le plus célèbre des parcours no kill jurassien. On y voit des truites gober et nympher en pleine eau, en plein découvert, en pleine journée et ce malgré la présence des pêcheurs. Tout sauf stressés ou terrés ces poissons non ?

J'avais comme dernier espoir que la Fédération du Jura en lien avec les AAPPPMA concernées allait profiter de la saison 2023 pour protéger totalement les derniers poissons sauvages des grandes rivières jurassiennes après ce terrible été 2022, mais non. Ceci expliquant sans doute cela.

Ma foi, moi qui me prive depuis bien trop longtemps de prélever une truite sauvage alors que j’adore ça, j’irai sur ces parcours pour prélever mes deux truites de temps à autres afin de les déguster. Après tout, d’après ce que je viens de lire dans la presse, les poissons s'ils ne sont pas stressés, périssent à cause des piqûres d’hameçon. Alors autant que je les mange…avant les cormorans ;-)

Trêve de plaisanterie, si des poissons meurent après remise à l'eau, c'est avant tout la faute de l'égo des pêcheurs qui font trop durer la séance photo. Mais une fois de plus, ce phénomène s'estompe ces dernières années pour quasiment disparaitre. Merci à la Biennoise qui comme Crotenay communique et informe ses pêcheurs depuis des années pour les inciter à des séances photos avec le poisson dans l'eau. Avec le temps, beaucoup ont changé leur habitude. Comme pour la pêche dans une eau trop chaude, ce n'est qu'une histoire de communication en sensibilisant les pêcheurs. 

Voilà encore un exemple de ces satanées infections dues aux piqûres d'hameçons ;-)

Vous pouvez vérifier, c'est bien le même poisson. Capturé 6 fois en 4 ans. 4 hivers de plus à se reproduire. Une croissance de 20 centimètres en 4 ans qui prouve qu'elle se nourrit sans stress aucun. Et aucune infection.

Si ces propos m'ont avant tout déçu, rien d'important, qui plus est quand on voit l'actualité autour de nous. Tous ces écrits et autres avis divergents sur la gestion halieutique de nos rivières ne seront bientôt que souvenirs, à l'instar des truites sauvages jurassiennes.

mardi 1 novembre 2022

Article de presse sur le Harle.

Ce court billet pour vous partager un article de presse parut ce jour. Difficile d'être sur la même longueur d'onde entre passionnés des oiseaux et des poissons...

vendredi 23 septembre 2022

Elan politique local pour la sauvegarde des milieux aquatiques.

Si vous suivez l'actualité locale du moment, il se peut que vous soyez surpris par l'ensemble des annonces faites par nos instances et politiques locaux. Effectivement, ces derniers temps, certains affichent une réelle envie d'améliorer les choses vis à vis des milieux aquatiques.

La préfecture du Doubs a par exemple annoncé la signature d'un plan nommé : Rivières Karstiques 2022-2027.

Suite à cette annonce, j'ai vu ici et là fleurir des réactions diverses et opposées comme les plus négatives : "Que des belles paroles..." ou encore "C'est trop tard, tout est mort !" au plus positives : "Mieux vaut tard que jamais, restons positifs !" ou encore "Beaucoup d'attentes à travers ce projet."

Je vous laisserais vous faire votre propre opinion. Nous ne connaissons pas à ce jour les détails de ce projet, mais j'ai trouvé dans la presse locale un petit complément. On y lit que la première "force d'intervention" est prévue en mai 2023...Après la période d'épandage et de mortalité printanière...Comme un faux-départ finalement. Un autre regret, celui de ne pas voir dans les intervenants le collectif SOS Loue qui travaille depuis des années sur le sujet et qui par conséquent, possède une pleine expérience de terrain. Quoi qu'il en soit, souhaitons pour les rivières du Doubs que ce projet lancé par les instances du 25 porte ses fruits. Restons positifs puisque finalement, nous avons tous rêvé de lire ces lignes un jour ou l'autre.

Plus près de chez nous, dans le Jura, nous sommes aussi les témoins du prise de conscience politique. Dans un premier temps, la ville de Champagnole va investir afin de rénover son réseau d'assainissement. C'est une très bonne nouvelle pour la rivière d'Ain.

Je n'ai pas d'information officielle, mais des rumeurs courent aussi sur une modification de la lagune de Crotenay où enfin, les responsables seraient tombés d'accord sur des dysfonctionnements récurrents...A suivre...

Toujours chez nous, c'est le lac de Chalain et la qualité de ses eaux qui est aujourd'hui au centre des préoccupations. Il devrait là aussi y avoir des changements. Un peu comme pour la Loue dans le 25, on peut noter que les associations locales qui dénoncent la dégradation depuis longtemps ne sont pas conviées aux discussions.

Finalement, c'est un lot de bonnes nouvelles qui nous arrivent. De plus, j'ai un sentiment de travail bien fait pour l'ensemble des bénévoles qui dénoncent depuis des années voir des décennies la dégradation des milieux et l'inaction de nos instances. J'ai envie de croire que tout ce travail de communication est en partie (même infime) responsable de ces prises de décisions.

Alors continuons notre rôle de sentinelles...Continuons à dénoncer lorsque le besoin s'en fait sentir.

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