Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
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Mot-clé - Gestion piscicole - AAPPMA

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vendredi 15 mai 2020

23 ans de fermeture de l'ombre et maintenant ?

L'ombre sur la haute rivière d'Ain, plus globalement dans le Jura, c'est une longue et triste histoire. Ce poisson emblématique des cours d'eau francomtois est interdit à la pêche depuis 1997. Vingt-trois ans de protection totale pour quel résultat à ce jour ? Une espèce totalement dilapidée de nos rivières jurassiennes et finalement, qui s'en soucie ? Cette situation est tellement tombée dans l'oublie que la plupart des pêcheurs vont finir par oublier que ce poisson était roi sur l'Ain, la Bienne, la Valouse, la Basse Loue et j'en passe...

Il y a 20 ans déjà, et ce même dans les plus hautes sphères de la pêche du département du Jura, la majorité des dirigeants en place n'avaient que faire de l'avenir de ce poisson. Il a fallu se battre comme un beau diable seulement 2 ans après la parution de l'arrêté qui protégeait l'ombre jurassien. 4 ans après, soit en 2001, et malgré un rapport accablant sur les populations existantes, toutes les AAPPMA (sauf une) souhaitaient la réouverture aux prélèvements de ce poisson. Tragique !

Vingt ans après, quand on connait le peu de poissons qui vivent encore dans nos eaux, on imagine facilement que ce vote, s'il avait été validé par les services de l'état, aurait anéanti à jamais les quelques ombres qui survivent dans nos rivières.

Je vous laisse découvrir ou redécouvrir un article paru dans la presse halieutique de l'époque sur le sujet.

Merci Jean-Louis pour cette archive ! Très heureux de constater que les choses ont bien changé depuis toutes ces années où, il faut bien le dire, je me sentais bien seul. Il reste encore aujourd'hui des AAPPMA qui sont dans le déni vis à vis de la réalité, mais globalement, quelle amélioration !

Norbert Morillas, qui est à l'origine de cet arrêté de protection de l'ombre, en serait certainement très heureux. Comme il l'était de m'avoir en soutien à chacun de ses exposés pour défendre ce poisson. Le seul soutien.

Si la réouverture de l'ombre n'a jamais eu lieu, c'est finalement dû à un concours de circonstances. La volonté était là, mais d'après les services de l'état, ouvrir l'ombre voulait aussi dire que l'impact des grands cormorans n'était plus aussi flagrant et que les tirs octroyés tous les ans pour ces oiseaux pouvaient être suspendus. Les présidents majoritaires, à contre cœur, ont choisi de pouvoir continuer à tirer les oiseaux piscivores plutôt que de manger les derniers ombres...Juste incroyable. Les derniers ombres jurassiens ont été sauvés par les cormorans...du moins dans les textes !

Oui, car dans la vraie vie, les quelques noyaux de populations qui vivent ici et là, ne peuvent se développer en autre, à cause de la prédation des grands cormorans doublée depuis quelques années par celle des harles bièvres. Nous avons d'ailleurs le plaisir et l'honneur de vous annoncer notre première nichée sur notre linéaire cette année. Quelle joie ! Une maman harle avec 8 petits qui vont se délecter des 3 ou 4 ombres qu'il reste dans le coin et certainement de quelques truites sauvages au passage...Cette situation devient absurde puisque l'espèce protégée (allochtone) se porte mieux que l'espèce (autochtone) dont elle se nourrit !!! Y'a pas un lézard là ?? Alors c'est bien beau de faire des études et autres comptages depuis 1997, mais il ne faut pas avoir fait de grandes études pour comprendre ce que l'on voit !

Qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas écrit, je ne pointe pas ces deux oiseaux piscivores comme premiers responsables du déclin des ombres jurassiens à la fin des années 90, mais par contre, ils sont pour moi, aujourd'hui, le premier obstacle à leur recolonisation. L'ombre est le premier touché par cette prédation. La truite se cache, lui reste en pleine eau. Il est confronté tous les jours à cette nouvelle prédation dans l'efficacité est tout simplement redoutable. Sans y être préparé. Sans avoir les armes pour se défendre. C'est dans le contexte actuel, impossible pour ce poisson de faire grandir ses rangs.

Alors laissons faire, et le vote de 2001 sera exaucé. Les derniers ombres jurassiens disparaitront et tout espoir de les voir de nouveau plus nombreux sera anéanti.

mercredi 15 avril 2020

Vidéo : La vallée de l'Albarine.

Voici une vidéo que je partage aujourd'hui avec vous avec un immense plaisir. Cette AAPPMA est un véritable exemple dans notre monde associatif. Un travail colossale a été réalisé depuis de nombreuses années accompagné de résultats plus que positifs. 

Un immense bravo à tous les intervenants et à Emmanuel Lerbret pour la mise en images. Que cette vidéo donne envie à de nombreux jeunes pêcheurs de s'investir par la suite...

Un dernier mot messieurs, merci !

jeudi 26 mars 2020

Seasons Hebdo N°117 - Franche-Comté

Pour occuper votre temps libre à la maison, je mets en ligne cet extrait d'un Seasons Hebdo tourné en 2014 sur la Bienne. De souvenir, le but du tournage était de prendre des nouvelles de la rivière suite à sa fermeture et aux nombreuses atteintes que le milieu avait subit. Charles Varenne était à la tête de l'AAPPMA la Biennoise à l'époque. J'étais intervenu uniquement pour le côté pêche. La prise du premier est un grand souvenir car on venait d'allumer la caméra !

Souvenir avec Charles et David.

Une rivière qui six années après souffre toujours autant. Bien des pensées à tous les bénévoles qui ont repris le travail de Charles et qui continuent à y croire. Bravo et merci !

jeudi 5 mars 2020

Démantèlement de seuils sur la Saine (39)

Je souhaitais vous faire découvrir la vidéo qui va suivre. Je l'ai visionné pour la première fois il y a seulement quelques heures. Elle a été mis en ligne par le Parc Naturel Régional du Haut Jura. Il faut savoir que depuis plusieurs années, le PNRHJ agit pour redonner un fonctionnement plus naturel aux rivières en restaurant leur continuité écologique. La vidéo ci-dessous présente le cas concret de la Saine avec le démantèlement de six seuils pour recréer des habitats plus favorables aux poissons et améliorer leur circulation dans la rivière. La Saine étant le principal affluent de la rivière d'Ain dans sa partie amont.

Je trouve cette vidéo très bien réalisée. Un bel exemple qui mêle actes sur le terrain, explications claires et communication parfaite. Bravo.

 

Edit du 06-03-20 : de toutes évidences, et après avoir reçu et lu de nombreux messages des pêcheurs locaux entre autres, les bienfaits de ces actions restent à démontrer. Je suis pour le coup bien moin emballé...Merci pour vos retours.

Edit du 10-03-20 : La vidéo a été supprimée par le PNRHJ !

dimanche 23 février 2020

Travaux, No-Kill, sentinelles...Le bien-être de la rivière d'Ain est notre priorité.

Vendredi soir s'est déroulée notre assemblée générale. Très heureux car pour notre petite AAPPMA d'à peine 130 sociétaires, avoir 23 présents donne du baume au cœur. Sincèrement. Merci à tous d'être venus parfois de loin.

Un petit verre de l'amitié avant de se quitter.

Nous avons perdu une quinzaine de cartes par rapport à 2018. Pas grave. Merci aux 8 femmes qui nous ont fait confiance. On aimerait un peu plus de jeunesse mais nous sommes conscients d'avoir un parcours assez compliqué pour débuter. L'équation n'est pas simple.

Le grand motif de satisfaction de 2019 fut l'aboutissement d'un enquête suite à un évènement qui s’est déroulé durant le mois de mai dernier. Une situation dont j’ai été le témoin direct et que j’ai dénoncé auprès de la fédération qui a fait le relai auprès de l’AFB. À l'aide de mes photos et vidéos, une enquête a été menée. J’ai les résultats depuis quelques semaines mais avant de vous en parler, je voulais tout d’abord en faire le compte-rendu à l’assemblée générale de notre AAPPMA. C’est chose faite.

Pour souvenir, j’ai été témoin d’une baisse brutale du niveau de la rivière d’Ain entre Crotenay et Pont-du-Navoy alors que j’étais à la pêche. Ce n’était pas la première fois que j’étais témoin de cela. En 2018, je l’avais vu aussi et signalé. Pour la baisse de niveau de mai 2019, j’ai fait de nombreuses images que j’ai mis en ligne. Une enquête de l'AFB a débuté à partir de celles-ci.

Sur la berge en face, on voit une baisse de niveau de près de 30 centimètres.

Tout d’abord, je dois faire mes plus plates excuses au propriétaire du barrage de Pont-du-Navoy qui était le coupable évident d’après moi. Je ne me suis pas gêné pour le pointer du doigt d’ailleurs dans mes articles de l’époque. Il se trouve que cet ouvrage n’y est pour rien.

En réalité, l’enquête menée par un agent de l’AFB a démontré que c’est l’ouvrage de Bourg de Sirod situé plus en amont qui est le responsable de ces variations de niveau en plein étiage. Ce barrage est géré par EDF. Alors nous sommes loin des marnages provoqués par les barrages sur la basse rivière d'Ain qui eux vont finir par anéantir la faune de la rivière, mais c’est quand même non négligeable.

La micro-faune de cette gravière s'est retrouvée au sec en quelques minutes.

La variation a été visible sur plusieurs dizaines de centimètres et ce en plein étiage. Je me dois de conserver confidentiel le PV que l’on m’a fait suivre, mais l’enquête a bien mis en évidence un défaut de gestion de l’automate commandant les turbines du barrage. Cela se produisait durant un certain débit de rivière.    

Aujourd’hui, les réglages de l’automate ont été modifiés. Le responsable du site a admis les dysfonctionnements. On est donc en droit d’espérer que cela ne se reproduira plus. D'autant plus que c'est une contravention de la 5ème classe et qu'un avertissement a été transmis au Procureur de la république auprès du tribunal de grande instance de Lons-le-Saunier.

Au-delà de tout ça, cette procédure rondement menée par l’AFB a permis de bien informer le personnel du barrage des conséquences de ces dysfonctionnements sur le milieu naturel. Il est probable que les personnels en place n'en avaient pas conscience.

Quand on parle des pêcheurs comme premières sentinelles des rivières, cet exemple en est la preuve ! Nous sommes les premiers témoins et notre devoir est de dénoncer tous les maux qui touchent nos cours d’eau. Si parfois vous avez l’impression de le faire dans le vide, sentiment que j’ai régulièrement, il faut continuer encore et encore, car parfois, comme ici, on arrive à un résultat qui semble positif…Bien que je vais rester sur mes gardes. Ne soyez pas que des consommateurs, soyez vigilants et faites remonter ce dont vous êtes témoins. Merci.

Dans les autres sujets évoqués, nous avons parlé des travaux comme des plantations de saules pour retenir certaines parties de berges ainsi que le câblage d'arbre à la berge pour créer des habitats.

Notre Seb en plein boulot ! Merci les copains, sans vous, rien de serait possible !

 

Nous sommes très heureux aussi d'avoir finaliser notre volonté de protéger 100% du linéaire de notre parcours. Les derniers 400 mètres avals le seront désormais. Les truites sauvages sont bien trop rares de nos jours pour finir la nuque fracassée.

Denis toujours là !

Merci infiniment à tous les membres de notre AAPPMA, car si c'est moi qui communique, nous sommes une vraie et belle équipe. C'est tous ensemble que nous arrivons à faire un peu pour la rivière. Continuons !

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