Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
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dimanche 14 avril 2019

La rivière d'Ain pas épargnée par les algues brunes.

C'est un peu la tradition maintenant...Comme un jour férié ou une date anniversaire...Mais en beaucoup moins joyeux pour le coup. Les algues brunes sont de retour sur la rivière d'Ain. Les épandages de lisier ayant débutés il y a quelques semaines un peu partout dans le département, la fonte du dernier manteau neigeux nous a offert sa dose de lisier pour l'année. La rivière d'Ain était encore magnifique il y a moins d'une semaine. Des fonds vraiment nickel. Comme d'ailleurs à chaque fois à la sortie de l'hiver. Avec donc la dernière fonte massive de neige, la rivière est montée, elle s'est chargée de cette eau glaciale venue du haut Jura et du plateau de Nozeroy. Mais attention, elle n'était pas seule cette neige fondue...En quelques jours, cela a fait son petit effet sur le fond de la rivière...Les gravières sont passées d'une couleur blanche/sable immaculé à marron/noire gluant. Incroyable cette efficacité dans la crasse et le poison !

Avant le coup d'eau, un fond de rivière comme il devrait être tout le temps !

C'était beau non ?

A partir de vendredi dernier, la transformation...radicale !

Mais pas surpris puisque c'est tous les ans. Puisque rien n'est fait pour que ça change. Bien au contraire, l'intensité augmente d'années en années. Maintenant, il suffit d'attendre les conséquences...Ha ben justement, dès le lendemain, soit samedi matin 11heures, j'ai filmé ma première truite mycosée sur Pont-du-Navoy. Quelle coïncidence non ??? Dingue quand même ! Moi, ça me rends fou furieux, j'ai le ventre qui se tord dans tous les sens bordel. Mais que font nos instances ? Celles de la pêche, des services de l'état, nos élus ??? Ho, on ne va pas laisser faire ça encore des lustres non ? En fait, vous attendez peinard que tout crève et comme ça, plus personne ne vous embêtera, c'est ça ? Mais il n'y a pas d'agriculteurs qui soient aussi amoureux de nos rivières et qui se rendent compte du massacre ? Ce n'est pas possible de laisser perdurer une telle situation...Il doit y avoir forcément des solutions pour faire autrement non ?

Pensez à mettre en HD pour apprécier ce triste spectacle.

Le constat de tout ça, c'est quoi dans le département du Jura ?

  • Échec total sur les pollutions domestiques avec des défaites récurrentes dans les tribunaux et une incapacité évidente à faire entendre raison aux instances dirigeantes.
  • Échec total sur les pollutions agricoles avec des poussées d'algues brunes de plus en plus virulentes tous les ans.
  • Chouette, zéro pointé sur toute la ligne. Il y en a qui doivent trouver le temps long durant leur journée de travail avec de tels résultats.

Par contre, on sait nous dire encore avec un sourire en coin que le No Kill ne sert à rien...On nous prends toujours pour des barjots nous qui nous battons pour que cela soit obligatoire sur toute la rivière d'Ain...On nous accuse même ici et là de créer des clivages entre pêcheurs à force d'être comme ça. Ben voyons, c'est qui les barjots dans cette histoire vous croyez ? Ceux qui pensent cela ou ceux qui prélèvent toujours dans cette ressource à la limite de l'extinction ? Il n'y a que ce paramètre sur lequel on peut influer aujourd'hui, tous les autres sont des échecs à répétitions, pire, ces nuisances augmentent et ne cesseront pas demain, on le sait tous ! Alors ce n'est pas compliqué, actionnez le seul bouton qui peut l'être ! Et vite !

jeudi 11 avril 2019

Des poissons mycosés vus sur le Dessoubre.

Une vidéo reçue ce jour comme un témoignage du pêcheur qui a été le triste spectateur de cette scène. Un façon de ne pas oublier que nos rivières souffrent terriblement et que le double effet épandage va se faire sentir quelques semaines...

Ces poissons ont été filmés aujourd'hui en amont du lieu dit Maurice Maison. Merci à J.C pour la vidéo. 

dimanche 10 mars 2019

On a parlé no kill aux informations.

C'est la principale raison qui m'a fait accepter ce reportage. Parce qu'un jour d'ouverture, je vous avoue que je préfère rester tranquille autour du feu avec les copains. Mais là, comment ne pas sauter sur l'occasion afin de communiquer sur le pourquoi du no kill sur l'ensemble de notre parcours. Nous avons un parcours en no kill depuis une petite dizaine d'années. Celui-ci devait faire 500 mètres environ. Depuis l'an passé, nous avons passé tout le linéaire possible en no kill, soit 2.5 kilomètres. Il était important pour moi d'expliquer à un public plus large pourquoi. La raison est très simple, nous n'avaon pas fait cela par envie, pas pour embêter une catégorie de pêcheur, encore moins par philosophie mais tout simplement parce que nous n'avons plus le choix !

Merci aux deux journalistes de France3 très sympas.

Dans l'édition TV du midi de ce journal télévisé visible en replay quelques jours, j'ai même dit que dans l'absolu, je serais le premier à être heureux de faire manger des truites de la rivière tous les dimanche à ma famille, mais que justement, la rivière n'avait plus les ressources pour ce genre de pratique. Que si nous voulions que nos jeunes pêcheurs profitent des truites sauvages, il fallait obligatoirement remettre à l'eau nos poissons aujourd'hui.

Louis et Thibaut en interview.

J'avais "convoqué" 2 de nos jeunes, Louis et Thibaut. Je trouve que c'est nettement plus sympa de voir des jeunes pêcheurs à la TV que des anciens. Dans l'édition du soir de ce même journal (sujet visible dans la vidéo ci-dessous), Thibaut répond au journaliste. Vous verrez dans cette vidéo une première partie tournée sur l'AAPPMA de Champagnole que je vous laisse découvrir également...Chacun avec un discours différent. Le principal à mes yeux reste que les derniers poissons sauvages de la rivière d'Ain soit protégés.

vendredi 1 mars 2019

Plus que quelques jours...

Aujourd'hui, c'est l’ouverture de la pêche à Goumois. Nous devions nous y rendre avec Thibaut, mais finalement, on a changé d'avis pour diverses raisons. Tant pis pour nous. L'occasion pour moi de vous écrire ce billet afin de vous informer qu'au village nous sommes prêts pour le 9 Mars ! Oui, car l'ouverture générale ne se fera que dans une semaine.

Nous avons profité des derniers jours d'été (en février) pour faire quelques travaux sur le lieu qui accueille tous les ans les pêcheurs le jour J. Les crues hivernales avaient fait pas mal de dégâts. On a aussi réalisé un passage pêcheurs sur un barbelé de parcelle à vaches. Une après-midi passée en bonne compagnie qui s'est terminée autour d'un verre chez le président de l'AAPPMA.

Il reste maintenant à faire un bon feu pour que les braises viennent cuire et dorer nos saucisses au petit matin de l'ouverture ! Un grand merci à Didier et Denis qui sont au top pour ce genre de travaux et pour bien d'autres choses !

La belle équipe !

Le parrain et son filleul.

Avec le petit Louis en train de démonter la table pour réfection.

Le passage barbelés...Merci pour les waders !

Notre Grain, maître du chantier !

Tout est prêt ! Merci.

 

samedi 16 février 2019

Merci à tous !

Une grosse centaine de sociétaires, une petite vingtaine de présents hier soir, c'est sur cette belle note que s'est déroulée l'assemblée générale de notre AAPPMA. Pourquoi cet air joyeux ? Tout simplement parce que par rapport à la moyenne de ce que je peux connaitre, c'est une importante participation. En tant que président, cela me touche et me fait plaisir. Merci à tous d'être venu avec une mention spéciale pour les personnes qui avaient de la route. Des pêcheurs passionnés ont fait le déplacement parfois de loin dans le Jura, mais aussi depuis le 71, le 25 et même de Suisse. Comme quoi, quand on veut, on peut !

Je tiens également à remercier particulièrement mon vice-président Bernard qui m'aide énormément tout au long de l'année. A remercier Sébastien qui passe beaucoup de temps (en plus de pêcher ;-) ) à ramasser tous les déchets qu'il peut trouver sur le parcours.

Après un rapport moral sur la saison de pêche passée et les difficultés rencontrées par nos chères truites zébrées, nous sommes passés au bilan financier. Au sujet des cartes de pêche, le tarif 2019 est le même. A noter une augmentation des prises de cartes de près de 40% chez nous en 2018. Nous n'avons jamais eu si peu de poissons pour autant de pêcheurs, c'est le paradoxe. Mais la plupart des preneurs de cartes le font par adhésion à notre discours et nos actions. Nous vous remercions tous pour ça aussi.

Nous avons évoqué ensuite diverses informations importantes, proposé des actions et débattu sur les questions posées par les sociétaires. Un verre de l'amitié a clôturé cette soirée avec des discussions de pêcheurs à n'en plus finir. Si bien que je suis rentré le lendemain ;-)

Photo vite fait au téléphone...(je n'ai pas pu cadrer tout le monde).

mercredi 30 janvier 2019

Au tour de la STEP de Champagnole...

Un sujet de plus qui tombera sans doute à l'eau...polluée.

Après les échecs accablants des procès de la STEP de Montigny et celui de la lagune de Crotenay, au tour aujourd'hui de la STEP de Champagnole. Pour y passer régulièrement, il ne faut pas avoir fait de grandes études pour comprendre qu'il y a un problème. Le visuel et les odeurs parlent d'eux mêmes. A chaque coup d'eau, c'est le grand déversoir crasseux. Si des rejets polluants en sortie de STEP ont été constatés en 2016 ce qui donne lieu à ce procès, je peux vous assurer que c'est très réguliers. Sans compter les innombrables rejets non raccordés de la ville qui se jettent eux directement dans la rivière. Rejets que je connais pour certains depuis tout gamin.

Derrière ces procès, à chaque fois la même communauté de communes et bien entendu toujours Véolia. Soit les mêmes hommes et malheureusement les mêmes résultats. j'espère malgré tout que ce procès aura une autre conclusion, et qu'au delà des sanctions, qu'on fasse fonctionner correctement ces systèmes dépuration, c'est tout ce que l'on demande ! Délibéré à suivre le 12 mars.

Au final, c'est une haute rivière d'Ain qui crève d'années en années...Autant de dysfonctionnements sur un si petit linéaire ne peut rester sans conséquences. Et celles-ci sont plus que visibles sur la faune de la rivière dès l'aval du rejet de la STEP de Champagnole. Mais après tout, peu importe, l'eau suffit pour faire naviguer les canoës, les truites ne sont pas indispensables.

Et le pire dans tout ça, c'est que dimanche prochain, lors de l'AG de l'AAPPMA de Champagnole, les pêcheurs et le bureau plaisanteront tous ensemble avec le maire de Champagnole qui est habituellement toujours présent...Maire qui, je vous le donne en mille, est également responsable de la commission assainissement de la communauté de communes incriminée...Ce n'est pas dramatique ça ! Moi, j'en ai mal au ventre !

Source Le Progrès : Article à lire.

samedi 26 janvier 2019

Le 10 février, une date à retenir pour la Bienne.

Vous le savez certainement maintenant, la Bienne dans sa partie aval va de nouveau retrouver les pêcheurs. La situation n'est pas des plus confortable, mais comme dit dans un article précédent, je pense néanmoins que c'est la bonne décision. Quoi qu'il en soit, et avant de retrouver les berges cannes en main, il faut, si sincèrement vous aimez cette rivière, être présent à la prochaine assemblée générale de la biennoise le 10 février prochain.

L'A.G du dimanche 10 février se déroulera en deux parties. Une première A.G extraordinaire de 9h30 à 10h30 avec les élections pour compléter le C.A de l'AAPPMA (6 postes à pourvoir). Pour ce faire, il faut être en possession des cartes 2018 et 2019 pour se présenter et la carte 2019 pour avoir le droit de vote. Si des personnes remplissent ces conditions et sont motivés, il faut envoyer les candidatures à l'adresse suivante contact@bienne-pechejura.fr avant le 1er février.

La seconde partie de l'A.G à partir de 10h30 sera ordinaire et plus classique avec rapport moral, financier, questions diverses etc...

Alors encore une fois, faites le pas, ne soyez pas qu'un simple consommateur, investissez-vous !

jeudi 17 janvier 2019

Zoom sur une AAPPMA: les Pêcheurs des Vallées du Guiers et du Thiers.

Le Guiers, ça vous parle ? C'est une rivière magnifique que j'ai eu la chance de pêcher il y a quelques années en Isère. J'ai donné la parole au responsable de l'AAPPMA locale. Bonne lecture.

Pour que les lecteurs de ce blog puissent bien se situer, merci de nous localiser les lots dont votre AAPPMA a la gestion.

AAPPMA des Pêcheurs des Vallées du Guiers et du Thiers - Pont de Beauvoisin/La Bridoire (73)

Notre AAPPMA est située dans l'Avant Pays Savoyard, à proximité du lac d'Aiguebelette, entre Chambéry et Lyon. Nous sommes frontaliers entre les départements de l'Isère (38) et la Savoie (73). Le Guiers lui-même forme la frontière entre l'Isère et la Savoie, qui était autrefois celle entre la France et l'Italie. Nous sommes l'avant dernière AAPPMA sur le bas du Guiers, avant sa confluence avec le Rhône. Même si nous sommes une AAPPMA savoyarde, nous gérons la quasi totalité des 2 rives du Guiers (73 et 38) de l'entrée des Gorges de Chailles (Saint Franc) au barrage Richard (Romagnieu). La rive Isère du Guiers entre l'Ainan et le ruisseau de Beauchiffray est gérée par une AAPPMA isèroise. Nous nous occupons également des affluents du Guiers sur les 2 rives (Thiers, Grenand, Paluel, Ruisseau des Carmes, Ruisseau de Beauchiffray) ainsi que leurs tributaires. Notre association, qui a été créée en août 1945, possède également quelques terrains, dont l'étang de Reculfort à Pont de Beauvoisin 38 dont nous sommes propriétaires.

Autrefois, le Guiers était une rivière merveilleuse, de ses sources (Guiers Vif et Guiers Mort) à sa confluence avec le Rhône à Saint Genix sur Guiers. On venait de très loin pour pêcher sur le Guiers qui avait une renommée nationale. On raconte même que Churchill venait parfois pêcher le Guiers à la mouche, avec ses gants blancs.

Je n'ai pas connu le Guiers à cette époque. Quand j'ai connu le Guiers c'était les années 80, boom de l'industrialisation à outrance et de l'agriculture intensive. Je me rappelle, gamin, que le Guiers, chaque jour avait une couleur différente... Rouge, jaune, vert pomme, bleu turquoise... toutes les couleurs de l'arc en ciel y passaient. Ceci à cause des industries notamment papetières et textiles qui prospéraient le long des berges. Les fonds de la rivière, à l'époque, étaient recouverts de plusieurs centimètres, voire dizaines de centimètres de pâte à papier et de divers membres ou reste de porcs ou autres des abattoirs environnants, qui évidemment rejetaient tout en direct à la rivière. Sans parler des rejets domestiques des 2 villes de Pont de Beauvoisin qui finissaient tous, sans exception dans le Guiers. A cette époque l'AAPPMA vendait plus de 1200 cartes de pêche.

Pourtant on y voyait encore des poissons et des beaux ! Le nombre d'heures que j'ai pu passer sur le pont François 1er à contempler les "mémères" qui croisaient dans la rivière en dessous...

Dans les années 2000, l'AAPPMA "L'Allobroge" de Pont de Beauvoisin fusionne avec l'AAPPMA "Les Pêcheurs du Thiers" de la Bridoire et devient notre AAPPMA actuelle. L'association "Réciprocité Guiers" est également créée, c'est une association interdépartementale qui regroupe toutes les AAPPMA du bassin versant du Guiers, afin d'aller vers une gestion commune et de simplifier la pêche sur le Guiers, qui réglementairement était très compliquée (Rive Isère gérée par la Savoie et inversement, pas de réciprocité entre AAPPMA du même département...).

En 2015, l'AAPPMA vend une centaine de cartes de pêche par an. Un nouveau bureau est mis en place et je reprends la présidence. L'ancienne équipe reste en place et on essaie de trouver de nouvelles forces vives, ce qui marche plutôt pas mal, car je fais de précieuses rencontres, à ce moment là, des bénévoles passionnés, femmes et hommes, jeunes et moins jeunes, mais qui comme moi, ont la volonté d'essayer de "faire quelque chose". Nous nous engageons donc maintenant un peu plus vers la protection de l'Environnement et des écosystèmes au sens large, même si cela dépasse notre champ (réduit) de compétences.

Le Guiers (@J.Pouille)

Quels sont les droits de pêche dont il faut s’acquitter pour être en règle sur vos linéaires ?

Comme je le disais précédemment, la pêche sur le Guiers, fut, à une époque assez compliquée au point de vue des cartes de pêche, du fait de la position limitrophe du Guiers entre l'Isère et la Savoie. Fort heureusement pour le pêcheur cela a été grandement simplifié par la création de l'association "Réciprocité Guiers", regroupant toutes les AAPPMA 73 et 38 du bassin versant du Guiers, qui permet via l'achat d'un timbre (à 8€ à l'année !) apposable sur n'importe quelle carte de pêche valide de l'Isère ou de la Savoie, de pouvoir pêcher l'intégralité du Guiers sur n'importe quelle rive depuis les sources (Guiers Vif et Mort) jusqu'à la confluence avec le Rhône. (En faisant toutefois attention, il existe un parcours privé de l'ONF, dans les gorges du Guiers Mort).

Donc pour faire simple, pour pêcher le Guiers chez nous (des gorges de Chailles au barrage Richard à Romagnieu) et les affluents (Thiers, Grenand...) ou l'étang de Reculfort, il faut notre carte AAPPMA Guiers-Thiers ou n'importe quelle carte d'une autre AAPPMA de Savoie.

Pour pêcher l'intégralité du Guiers sans se soucier des limites (départementales ou d'AAPPMA), il faut une carte Isère ou Savoie de n'importe quelle AAPPMA réciprocitaire sur laquelle tu rajoutes le "Timbre Guiers" à 8€ à l'année. Attention toutefois, ce timbre ne permet pas de pêcher les affluents du Guiers ni les étangs des AAPPMA riveraines.

D'aucun auront noté que j'ai précisé que c'était pour le "pêcheur" que cela avait été simplifié. Car en ce qui concerne les AAPPMA, cela a clairement créé un abandon des achats de cartes côté Savoie, qui n'est pas réciprocitaire au niveau national (91€/an pour pêcher l'intégralité du département de la Savoie), au profit de l'Isère (95€/an pour pêcher 91 départements)... C'est un des facteurs prédominants de la baisse continue de ventes de cartes de nos AAPPMA côté Savoie... D'autant qu'en 2018 n'importe quelle carte Savoie est devenue d'office réciprocitaire au niveau départemental, augmentant au passage le prix, alors qu'avant cette réciprocité était en option. En ce qui nous concerne, nous avions, grâce aux actions menées et à la communication, réussi à passer de 100 cartes vendues en 2015 à plus de 500 en 2017. Mais cette année, nous connaissons une perte de 125 cartes.

Le Grenand.

Comment définiriez-vous votre AAPPMA en termes de politique piscicole ?

Vaste question ! Je crois que la meilleure réponse, c'est on fait au mieux avec ce qu'on a...

Aujourd’hui nous avons 2 politiques de gestion : halieutique et patrimoniale sur notre domaine. En gros, tout le domaine est en patrimoniale (Guiers et affluents) sauf la partie basse du Guiers (de Pont De Beauvoisin à Belmont Tramonet) qui ,elle, est en gestion halieutique et dans laquelle nous introduisons chaque année 450 Kg de truites arc en ciel en 2 fois, afin de donner une légère surdensité de poissons au parcours No-Kill aval qui souffre le plus des conditions et des événements climatiques.

Ca, c’est la situation actuelle. Mais beaucoup de choses ont été essayées par le passé.

Dans les années 80, pour combler la disparition progressive des poissons autochtones, les AAPPMA, à l'époque ont misé (sur les conseils de leurs Fédérations) sur un alevinage massif de truites fario (de souche atlantique) à tous les stades, des boîtes Vibert au poisson portion... Tragique erreur... Certes il y avait plus de poissons à pêcher, mais ces poissons se sont reproduits avec les quelques méditerranéennes de souche locale qui restaient et ont fini par quasiment faire disparaitre la souche autochtone du Guiers.

Puis dans les années 90, les responsables d'AAPPMA ont compris l'erreur et se sont tournés vers d'autres moyens, on a même eu une écloserie à la Bridoire que géraient à cette époque les bénévoles, mais ce type de structure est trop chronophage et pointue pour être gérée par une poignée de bénévoles. C'est par la suite qu'a été mis en place le premier parcours No-Kill (Gorges de Chailles à Saint Béron) et la gestion patrimoniale sur les secteurs qui se portaient le mieux. Entre temps, le Guiers a perdu de ses "couleurs" (celles dues aux papeteries, et c'est tant mieux !), mais de nouvelles pollutions beaucoup plus dévastatrices ont vu le jour (cyanures et autres), qui ont éradiqué toute vie sur des dizaines de km de rivière... je me rappelle, j'étais ado, à la pêche au Bonnard à Domessin, quand tout à coup la rivière s'est littéralement mise en ébullition... Les poissons, truites et ombres sautaient de toute part pour échapper au poison dans l'eau, certains se jetaient même sur la berge... une demie heure plus tard la rivière n'était qu'un immense cimetière où gisaient les milliers de cadavres des poissons de toutes espèces confondues.

Dans les années 2000, la qualité d'eau s'améliore un peu (création ou remises aux normes de stations d'épuration, obligation de mise aux normes des industries...), mais le mal est fait, la population de géniteurs n'est plus assez nombreuse pour assurer le renouvellement de sa propre descendance, sans parler des croisements génétiques qui mettront de nombreuses années avant que les caractéristiques de nos truites de souche adaptées à notre milieu, reprennent le dessus. Les alevinages de truites farios se font toujours, mais avec, cette fois, des truites et des alevins de type méditerranéens provenant de la pisciculture de Chazey-Bon, dans l'Ain. Le résultat n'est pas meilleur, les truites ne semblent pas avoir un génotype qui permet de s'adapter à la rivière.

Dans les années 2010, on abandonne petit à petit l'alevinage en truites farios. Le second parcours No-kill est créé sur la portion aval allant de Pont de Beauvoisin à Belmont Tramonet. On essaie maintenant de combler le manque avec des lâchers de truites Arc en ciel (pour éviter toute reproduction avec les autochtones), allant même jusqu'à tenter (avec la Fédération de Savoie) l'alevinage de truites arc en ciel des Bouillouses, qui potentiellement pourraient se reproduire dans la rivière et mieux supporter les conditions climatiques (qui, on en prenait déjà conscience à l'époque, se réchauffaient largement). Pas plus de réussite.

Depuis 2015, on conserve la politique halieutique avec les lâchers d'arc en ciel sur l'aval du parcours (depuis Pont de Beauvoisin), zone la plus "sinistrée" et on arrête toute autre introduction de poissons surdensitaires (truites et ombres). Ailleurs, on laisse faire la nature (pour qu'elle fasse encore ce qu'elle peut) et on revient à la gestion patrimoniale. On modifie le règlement Intérieur drastiquement (interdiction de marcher dans l'eau jusqu'à l'ouverture de l'ombre, hausse de la taille légale de la truite à 30cm, baisse du quota à 2 poissons), pour essayer de faire prendre conscience au pêcheur que si lui même ne protège pas la ressource sur laquelle est basée sa passion, autant se mettre au tricot tout de suite ! et on accompagne ça de communication et de pédagogie pour ne pas que ça ait l'air trop brutal. On continue d’observer et suivre les frayères, l'éclosion des alevins, on accumule des données sur les débits, les températures, les pollutions, les problèmes divers et variés de continuité écologique, d'assec, de rectification du lit... Tout ça afin d'avoir de vraies données pour réfléchir et ne pas se baser sur de vagues sentiments. Tout cela demande du temps sur le long terme (analyse) et est extrêmement chronophage au quotidien, mais tellement enrichissant.

Etang Reculfort (@L.Madelon)

Quelles sont les principales actions menées et à venir de l’AAPPMA ?

En ce qui concerne les actions menées, nous avons beaucoup œuvré, ces dernières années, sur l'habitat (création de caches et de frayères sur les affluents) avec de belles réussites, sur l'entretien des chemins de berges où nous avons les baux et également sur la qualité d'eau, travaillant étroitement avec le SIEGA (Syndicat des Eaux), les communes environnantes, l'AFB, et depuis cette année le SAMU de l'Environnement, en signalant les rejets, pollutions et autres atteintes, les analysant si besoin.

Comme je l'évoquais, nous avons aussi fait évoluer le règlement Intérieur, au contraire de ce qu'il peut se dire, pas pour embêter ou culpabiliser le pêcheur, mais pour lui faire prendre conscience qu'il doit être le premier à agir et à respecter son environnement et ses "compagnons de jeu", car très honnêtement, il faut qu'il comprenne que la pêche-alimentaire ne peut plus exister en terme de prédation naturelle (beaucoup trop peu de poissons qui se raréfient, pour nourrir des êtres humains en expansion toujours exponentielle). Il faut qu'au contraire, le pêcheur devienne une sentinelle qui œuvre pour le milieu en le protégeant de son mieux. Notre règlement intérieur interdit donc de marcher dans l'eau jusqu'à l'ouverture de l'ombre (pour essayer de donner quelques chances de plus à ces petits alevins qui vont sortir des frayères qu'on suit avec amour tout l'hiver et le printemps), le quota de prises a été baissé à 2 salmonidés/jour/pêcheur, dont un ombre, et la taille légale de la truite a été augmentée à 30 cm, puisque cela fait maintenant 4 ans que j'observe les frayères et que je ne vois pas un poisson de moins de 25 cm sur les frayères. Les truites ont une croissance assez rapide sur le Guiers et à 23cm elles ne se sont encore pas reproduites... On a donc décidé de monter la maille à 30cm afin que les poissons aient l'opportunité de se reproduire au moins 2 fois avant d'être éventuellement prélevés.

Nous venons d'acquérir un local dans Pont de Beauvoisin, juste au-dessus du Guiers sur le Pont François 1er. C'est une ancienne chapellerie. Cela nous permet de stocker nos archives et notre petit matériel, d'avoir un endroit "à nous" où on peut se retrouver, discuter, travailler, mener les réunions, accueillir du public, communiquer via la vitrine. J'espère que cela va servir également à mieux nous identifier auprès des riverains et de permettre un meilleur dialogue et plus d'information sur nos missions en tant qu'AAPPMA. Je dois avouer qu'aujourd'hui quand je me repenche sur le pont François 1er, j'ai une certaine nostalgie...

Nous avons également mis l'accent sur l'étang de Reculfort, pour l'accueil du public et en faveur de la protection de l'environnement, en créant un refuge LPO, de nouvelles frayères en piquets, où le poisson peut également aller se cacher un peu de temps en temps. Une autre est d'ailleurs prévue d'être créée pendant ce mois de février. L'étang qui était avant assez "sélectif" en terme de pêche est aujourd'hui ouvert aux pêcheurs à toutes les techniques, du moment qu'ils respectent le règlement : seuls les hameçons simples sont autorisés et sans ardillons. Nous avons également réouvert une partie du "petit étang" réservé à la pêche en Nokill pour les moins de 15 ans.

On essaie de renouer des liens avec tous les acteurs qui ont trait à la sauvegarde de l'environnement, les autres AAPPMA, les politiques locaux, les divers syndicats, afin de faire prendre conscience qu'il faut qu'il y ait un réveil collectif sur le "problème de l'eau". La ressource n'est pas inépuisable (d'autant plus avec les incertitudes des effets du changement climatique), et au delà du problème de quelques truites qui disparaissent dans les rivières (ce qui embête bien les pêcheurs), c'est la question de la suffisance de la ressource en eau pour tout un chacun qui est en jeu. L'eau pour l'irrigation agricole, pour les procédés industriels, et bien sûr l'eau potable... Tout ce qu'on n’est pas prêt à abandonner ou à modifier pour garder notre "confort" de vie, nous humains de l'anthropocène...

Le Thiers

Avez-vous un parcours No-Kill actuellement ? De nouveaux projets dans le domaine ?

Nous possédons 2 parcours No Kill (toutes techniques, hameçons sans ardillons) sur le Guiers, sur 18 km de rivière que nous gérons, nous en avons 6 km en No-Kill. Le No-Kill de Saint Béron (1,5 km) à la sortie des gorges de Chailles est un parcours en gestion patrimoniale et assez "sportif", Le No-kill de l'aval de Pont de Beauvoisin (4,5 km), est lui un parcours en halieutique, plus accessible pour les débutants, sur lequel ils retrouveront une plus grande densité de salmonidés, dont les arcs en ciel.

Concernant l'étang de Reculfort, le No-Kill est bien évidemment de mise pour la pêche à la carpe, mais également sur les carnassiers (black-bass, sandres, brochets).

Nous n'avons pas d'autres projets d'extension du No-Kill, car bien qu'indispensable, il n'est pas la solution "miracle" à tous les maux de nos milieux.

6-Si vous aviez un ou plusieurs souhaits venant des hautes instances (FNPF, élus locaux, etc…) à exaucer, quels seraient-ils ?

Nous pensons qu'il est indispensable que l'on prenne en compte le manque de ressources en eau probable dans le futur et que l'on protège au maximum ce qui peut être protégé au niveau des milieux aquatiques. Il faut qu'on trouve des solutions énergétiques alternatives à l'hydroélectrique (on voit les dégâts catastrophiques sur la basse rivière d'Ain) et au pétrole, il faut revoir et renouveler le système de traitement des eaux et inclure le traitement des composés médicamenteux, des perturbateurs endocriniens, des Polluant Organiques Persistants... Il faut ouvrir un maximum l'accès aux déchetteries au lieu d'en restreindre l'accès et de faire payer de plus en plus cher, car sinon, on va se retrouver avec de plus en plus de décharges sauvages (ce qu'on constate déjà régulièrement). Mon souhait serait donc : arrêtons de penser au fric et à la croissance et pensons en tant qu'humains intégrés dans leur environnement et qui cherchent à le défendre pour continuer à vivre plutôt qu'à le détruire pour en profiter égoïstement.

Le Guiers (@J.Pouille)

Pour terminer, un message pour les tous les pêcheurs qui pratiquent votre linéaire ?

MERCI !

Un grand merci à tous ces pêcheurs qui malgré tout continuent à sillonner nos berges à la recherche de la belle zébrée, elle est là, elle vous attend, alors traitez la respectueusement ! Si vous parvenez à la duper, utilisez votre épuisette, ne la sortez pas de l'eau, faites une photo du poisson dans l'eau et dans l'épuisette, et remettez la aussi vite que possible dans son élément avec le moins de stress possible. Rien que par ces gestes simples, votre poisson pourra se reproduire, donner un spectacle exceptionnel (au peu de personnes qui les voient, et c'est tant mieux !), et surtout donner une descendance avec un patrimoine génétique adapté (et adaptable) à la rivière et ses particularités.

Merci d’avoir répondu à mes questions et bonne continuation pour la suite à toute votre équipe.  Merci de nous donner les liens de vos médias pour celles et ceux qui souhaitent continuer à vous suivre.

Merci beaucoup à toi Nicolas de nous avoir donné l'opportunité de nous exprimer avec une audience bien plus large !

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mercredi 16 janvier 2019

Date A.G de notre AAPPMA.

Ce très court billet pour vous annoncer la date de l'assemblée générale de notre AAPPMA. Vous êtes bien entendu le bienvenu.

vendredi 11 janvier 2019

Les pêcheurs vont retrouver la Bienne !

C’est le principal changement en ce qui concerne la pêche de la truite dans le Jura en 2019. La Bienne va de nouveau accueillir les pêcheurs après presque 3 années de fermeture (actée en juin 2016). Le secteur aval du barrage d’étables à St Claude jusqu’à Lavancia ne sera plus fermé. Bien entendu, sur ce très long linéaire, il sera strictement interdit de prélever les truites. Enfin, si vous en trouvez…

Je dramatise un peu mais je ne suis pas si loin que ça de la vérité. De ce que j’ai vu, de ce qu’on m’a rapporté, il reste quelques poissons ici où là, mais rien à voir avec ce que l’on a connu il y a seulement 5 ans. Pour vous donner une idée et pour ceux qui connaissent le parcours public de la haute rivière d’Ain, je pense que l’on se rapproche de la densité existante à ce jour de Montigny à Châtillon. C'est-à-dire une faible à très faible densité. De plus, mais comme sur l’Ain finalement, il est encore fréquent de croiser une truite malade tâchée de blanc ou même des cadavres. C’est donc dans ce contexte que les pêcheurs vont retrouver la Bienne.

Souvenir de 2015.

Une nouvelle ouverture, avec une nouvelle équipe ! Un nouveau bureau devrait voir le jour. Si jamais vous vous sentez le cœur de vous investir pour cette rivière, n’hésitez surtout pas. Car des pêcheurs, il y en aura de partout sur la rivière, mais des bénévoles pour veiller sur elle, beaucoup moins. Je prends les paris ! Renseignez-vous, une A.G élective devrait avoir lieu dans la première quinzaine de février.    

Vu la situation, si vous aller pêcher cette rivière à partir du 09 mars, je me permets de vous donner quelques conseils pour relâcher du mieux possible vos truites si toutefois vous avez la chance de capturer une survivante. Je veux dire par là qu’il faut donner toutes les chances au poisson pour assurer sa survie.

Mon fils en "fight" avec une biennoise.

En premier lieu, il ne faudra pas s’éterniser sur les séances photos/vidéos comme on peut le voir encore trop souvent. Ces truites sont de toutes évidences plus fragiles qu’ailleurs à cause des conditions de vie que leur offre la très médiocre qualité de l’eau de la rivière. Donc une fois piqué et mis à l’épuisette, ne touchez pas le poisson si c'est possible. Toutes manipulations est à éviter, c'est une règle de base. Si vous voulez faire une photo (et pas 36), pensez à laisser le poisson dans l’eau tranquillement positionné dans le filet de votre épuisette. De cette façon, vous conserver un souvenir et la truite repartira de la meilleure des façons sans faire d’apnée même d’une courte durée. Quand les beaux jours arriveront, vous pouvez aussi prendre le temps de plonger un thermomètre dans la rivière en début de partie de pêche. On en trouve pour vraiment pas cher et cela ne prend pas de place dans le gilet. Perso, je ne mesure pas mes poissons, mais j’aime connaitre la température de l’eau avant de pêcher. De cette façon, je sais si je peux capturer une truite dans de bonnes conditions. Si sur certaines rivières la question ne se pose pas, chez nous, oui. La température peut atteindre et même dépasser les vingt degrés parfois. Compliqué pour les truites du coup…

Pour finir, je pense que cette ouverture est une bonne chose. Cette rivière, mise à part quelques passionnés et bénévoles de l’AAPPMA, était totalement abandonnée depuis juin 2016. C’est ainsi, la très grande majorité des pêcheurs se rendent à la rivière uniquement pour pêcher, rien d’autre, reflet de notre société de consommation dans le monde de la pêche. Avec cette ouverture sur le linéaire aval, la Bienne retrouvera un semblant de vie du moins sur ses berges. Les braconniers qui sévissent tranquillement auront la vie moins facile, les actes de pollution ne passeront plus inaperçus comme ça pouvait être le cas faute de présence humaine…De plus, et ce n’est pas négligeable pour les autres cours d’eau, la pression de pêche s’étalera un peu sans être concentrée sur les mêmes lieux.

Mon Fredo sur sa Bienne bien aimée.

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