Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
Centre de pêche en Bosnie.

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Mot-clé - Sorties de pêche

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dimanche 12 avril 2026

Ha ces brachycentrus !

Il y a des périodes lors d'une saison de pêche de la truite qu'il ne faut surtout pas manquer. Celles des éclosions massives des brachycentrus en fait partie. Ce petit trichoptère appelé plus communément brachy ou encore cul-vert est toujours bien présent sur la Loue. Nous nous sommes donc rendu avec mon fils sur cette rivière du département voisin en espérant assister à une éclosion massive de brachys.

Nous avons opté pour une journée très ensoleillée car oui, c'est un insecte qui possède un net penchant pour le soleil. La matin quelques brachys volaient déjà ici et là. Mais c'est en milieu de matinée que l'éclosion a eu lieu. Un spectacle que seule la Loue en Franche-Comté peut nous offrir. Si cette rivière souffre comme toutes les autres à savoir la Bienne, l'Ain ou encore le Doubs, on ne peut nier y voir de la vie. Nous avions des milliers de mouches devant nous. Des trichoptères à perte de vue. Extraordinaire. Certes, peu de poisson actif, mais qu'il est agréable de voir une rivière avec de la vie. Car il faut bien le dire, sur l'Ain, c'est misérable côté insecte.

Nous pêchions avec des amis. C'est le grand plaisir de cette pêche. L'activité ne dure pas longtemps. Il faut profiter de l'instant présent. Quelques poissons soient manqués, d'autres décrochés et un ou deux qui ont terminé dans le filet pour notre plaisir. Rien d'extraordinaire non plus. La Loue souffre. Son fond est noir comme partout. Les oiseaux volent dans le ciel. La menace est permanente, par la qualité de l'eau ou la prédation.

Toutefois, qu'il est bon de marcher de nouveau sur les berges de la Loue et de profiter de ces instants précieux. Le cadre reste un rêve éveillé. La pêche y est unique. Les hommes peu communs. Chaque journée en ce lieu est un cadeau de la vie.

La Loue.

Une belle zébrée prise en nymphe à vue.

Les brachys !

Cademène.

Thibaut avec Laurent et Théo.

Les brachys volent !

Bien dodue !

mercredi 8 avril 2026

Des premières semaines compliquées.

Si parfois le début de saison m'offre de belles surprises que cela soit en sèche ou en nymphe à vue, cette année c'est diète forcée. Que c'est dur ! Des eaux glacées par la fonte du manteau neigeux ont considérablement ralenti l'activité des poissons. Toutes les nuits, l'Ain comme la Saine voyaient leur débit augmenter par la fonte journalière. En conséquence l'eau était entre 5 et 7 degrés. Seuls les pêcheurs aux leurres ont réussi à faire quelques poissons et encore, pas les pêches habituelles, loin de là. Compliqué pour tout le monde au final. De mon côté, j'ai déjà un nombre non négligeable de capot. Même si cela devient une triste habitude pour un pêcheur à la mouche jurassien, cela peut commencer à faire beaucoup. Je le comprends. Il ne faut pas s'étonner de voir moins de pêcheurs au bord de l'eau ou de vendre moins de carte. Il n'y a rien de plus logique. Comment voulez-vous qu'un gamin accroche à la pêche de la truite de nos jours chez nous ? Impossible.

La rivière montait tous les jours.

Si cette eau de neige a largement perturbé ce début de saison côté pêche, le débit des rivières ne s'est fait que par cela par contre. Effectivement, il est tombé 30mm de moins que la normale en mars et toujours rien en avril. Il est certain que sans la fonte, les rivières jurassiennes seraient déjà à l'étiage. Alors sans doute un mal pour un bien. Je vous avoue que je ne serais pas contre un coup de pluie pour qu'il y ait un bon coup d'eau. Quand on voit le fond de la rivière, cela me fend le cœur sérieusement. C'est toujours plus ou moins colmaté dans cette première partie du printemps mais cette année nous sommes clairement vers le plus. Les fonds étaient encore nickel la semaine avant l'ouverture début mars. Et puis tout est allé très vite. Cette sorte de couche fine marron à noire hyper glissante qui colmate l'entièreté du fond est apparue très vite. Je suis interrogatif sur les conséquences que cela a sur les invertébrés car aucune éclosion depuis mi-mars. La rivière semble comme morte. La photo ci-dessous avec une légère montée des eaux sur le gravier propre est très parlante !

Le Jura, terre d'exception !

Après un nombre de sorties déjà conséquent sans rien prendre, je me suis décidé à aller voir ailleurs. C'est déjà une anomalie dans mon fonctionnement. Mais là ça faisait vraiment beaucoup. Le dernier week-end de mars par exemple, j'ai pêché à la maison le vendredi, samedi et dimanche. À raison de sorties de 5 heures en moyenne. 3 capots. Dont un le samedi avec des conditions au top pour la pêche en sèche. Pas de mouche. Rien. Et je sais où chercher ! Alors ailleurs je n'ai rien trouvé d'extraordinaire, mais j'ai vu quand même quelques poissons et ainsi, j'ai pu pêcher ! Je ne demande pas grand chose, juste pêcher.

Belle truite en sèche à vue.

dimanche 15 mars 2026

Ouverture 2026 faite !

Il fallait être plutôt motivé samedi en partant dans la nuit pour rejoindre la rivière. Des flocons de neige tombaient avec une densité peu commune. À cela il fallait ajouter des trombes d'eau tombées dans la nuit avec un vent dont les rafales ont dépassé les 80 km/h. La neige nous a dissuadé de descendre jusqu'au parking avec les voitures. Tout le monde à pied ce samedi matin ! Avec la pluie de la nuit, la rivière était en train de monter et de se teinter à notre arrivée. Vraiment pas engageant. Surtout en pensant à la météo de la veille !

Thibaut a tenté sa chance aux leurres.

Côté pêche, même les copains et mon fils aux leurres ont fait capot. Nous avons croisé aussi des jeunes pêcheurs , 4 de souvenir. Ils avaient fait un poisson en tout et pour tout. Bref, ouverture des plus timides sur nos lots. Pour moi, avec ma canne à mouche, c'était perdu d'avance. J'ai eu de la visibilité au ras de la bordure durant 20 grosses minutes. Après la rivière était trop sale. Dans ce cas-là, direction le feu !

Bien heureusement, il y a des choses qui ne changent pas. La bonne humeur des copains pour le casse-croûte de l'ouverture reste au plus haut niveau. C'est chaque année un moment que l'on attend tous avec impatience. On s'est régalés une fois encore. Et malgré les conditions, nous étions quand même une vingtaine. Une vraie belle matinée passée tous ensemble.

Les copains !

Si je retourne habituellement tenter ma chance un coup dans l'après-midi, cette année, j'ai rendu les armes. La rivière était trop montée et de plus, elle était beaucoup trop sale. Bref, un samedi sans pêcher pour moi.

Ce dimanche, un coup d’œil sur les courbes. L'Ain et la Saine ont perdu un peu. Je me tâte puis me prépare pour le coup de midi. Le ciel est plutôt clair. La rivière a effectivement baissé un peu. Les bordures se sont éclaircies jusqu'à une limite d'un bon mètre. Très compliqué encore pour la nymphe à vue. Il est évident que la rivière charrie de l'eau de neige. Compliqué. Je me suis mis en recherche d'un poisson. Je connais bien ces conditions. Une seule rencontre suffit. La connaissance du terrain et l'expérience sont de vrais atouts. Je vous avoue que c'est dans cette difficulté que je prends un maximum de plaisir. Prendre 3 ou 4 belles truites mi-mai quand tout est actif et que tout le monde en prend, c'est génial, mais prendre un poisson dans des conditions qui ont poussé la majorité des pêcheurs à quitter les lieux, ça, oui, c'est mon plaisir.

J'ai débuté ma traque vers midi pour arriver vers 15h15 sans avoir rien vu. Ni poisson, ni rien du tout mise à part deux harles qui tentaient leur chance eux aussi. Satanés volatiles.

Alors que j'allais abandonner moi aussi, il m'a semblé voir une barre d'un teint plus sombre que le fond dans une veine d'eau courante mais peu profonde. J'ai bien mis 5 minutes pour avoir la certitude que c'était un poisson. La voilà ma truite ! Le plus dur était fait. Y croire en cherchant l'impossible. La visibilité était vraiment médiocre mais j'ai bien vu le mouvement de cette tête au passage de ma cuivre. Un ferrage appuyé avec une pointe de gros diamètre. Un combat court et intense. Mais surtout un petit cri de joie pour la première de l'année ! Elle était pas donnée celle-ci ! Surtout avec ce niveau, cette eau laiteuse et cette bise glaciale. Cela donne encore plus de valeur à ce poisson. 40 ans que je pêche, et ce poisson, j'avais l'impression que c'était le premier ! Cette merveilleuse truite sauvage m'a procuré une immense joie !

La saison est lancée. Profitez bien et prenez soin de ces joyaux !

lundi 9 mars 2026

Un dimanche sur le Doubs à Goumois

Ayant entendu ou lu des retours allant du pessimisme appuyé à l'optimisme modéré, je me suis décidé au dernier moment d'aller faire mon ouverture anticipée sur le Doubs franco-suisse afin d'avoir mon propre avis. La vallée de Goumois avec ou sans truites reste un écrin magnifique. Avant même d'arriver en bas, lors des derniers virages dans la descente, il se passe toujours un truc. L'émotion monte. C'est un vrai sentiment de bien-être qui m'envahit.

Ce dimanche, la météo était parfaite, le niveau très bon. Le Doubs avait même pour ma venue des fonds un peu près corrects.

Je pense que c'est temporaire. Lors de mont trajet en voiture, j'ai mesuré la chance que nous avions dans le Jura. Car si ici ou là il y a quelques parcelles arrosées de lisier, c'est sans commune mesure avec le département du Doubs. Des dizaines de prairies vues noircies par les déversements de lisiers. Gare à la prochaine pluie et aux répercutions dans les cours d'eau.

Sans entrer dans les détails de ma partie de pêche, je suis déjà très heureux de ne pas avoir vu de poissons malades ou morts. Ma dernière ouverture ici avait été terrible pour cela. C'est d'ailleurs ce qui a décidé mon fils de ne pas m'accompagner cette année.

Après, il évident que les populations de poissons ont payé un lourd tribu. Difficile de se faire une idée précise sur une sortie. Je peux simplement dire que sur 5 bonnes heures de pêche (de recherche de poissons en fait), j'ai vu ou aperçu une quinzaine de truites différentes. Des poissons plutôt jeunes allant de 25 à 40 centimètres. Je n'ai pas vu un seul ombre ! Juste ce qui semblait être deux grattées en bout de la Verrerie. Pas un ombre de vu, quelle tristesse. Il est évident qu'ils se sont fait décimer par les épisodes de mortalités des dernières années. Sans parler des harles bièvres vu en nombre qui doivent finir le travail.

Alors est-ce que 15 truites vues c'est bien ou pas ? C'est évident que sur un tel parcours la réponse est non. Mais on ne peut pas dire non plus que tout est mort. Chez moi, sur un week-end complet, je ne vois pas 15 truites, loin de là. C'est certain. Mais je comprends à 200% les amoureux de ce parcours qui pleurent aujourd'hui car la pêche n'est plus du tout ce qu'elle était.

D'ailleurs, il y a des signes qui ne trompent pas, nous étions moins de 10 pêcheurs (toutes techniques confondues) de la Verrerie au pont de Goumois. 7 jours après l'ouverture, un dimanche, avec une météo et un niveau parfait. Impensable.

Pour la pêche à proprement parlé, il n'y a pas eu d'éclosion donc quasiment aucun gobage. Cela fait bizarre de ne pas voir les ombres gober en début d'après-midi à cette époque.

Je me suis donc concentré à trouver des truites sur le fond pour les tenter en nymphe à vue. J'ai pu en attaquer quatre dans de bonnes conditions pour en prendre deux. Une s'est décrochée à l'épuisette et l'autre est entrée dedans. Une pêche simple avec une pointe en 15 centièmes et une cuivre sur hameçon de 16. Du grand classique.

Voilà ce qu'est devenu Goumois pour celui qui privilégie la capture des truites, un parcours comme les autres voir moins bien.

Il est évident qu'il ne faut plus venir sur les berges du Doubs dans le but unique de prendre des truites. Restez chez vous si vous êtes de ceux-là. Par contre, si comme moi l’atmosphère, le cadre, l'histoire et bien plus encore suffisent à votre bonheur, alors venez trainer vos guêtres sur le Bourassin ou ailleurs sur le parcours. Ce linéaire reste un enchantement pour moi et je suis certain de ne pas être le seul à le penser.

Un dernier petit mot pour les rencontres faites au hasard des coups de ligne ce dimanche. Merci messieurs pour vos bons mots et votre gentillesse ainsi que pour la photo ci-dessous. Au plaisir !

dimanche 1 février 2026

Un chouette retour client.

Je ne partage pas ici tous mes retours clients. Je le fais essentiellement sur la page Facebook de mon Fly Shop qui est faite pour cela. Mais pour une fois, je vais faire un petit écart.

En août dernier, Mathias m'envoie un message. Il m'informe de son projet de voyage en Nouvelle-Zélande pour le début d'année 2026. Il souhaite que je lui réalise une boite complète de nymphes et de sèches pour son séjour. Boite composée de 60% de nymphes (pour pêcher à vue) et 40% de sèches. Je fais donc rapidement une proposition détaillée à Mathias où j'indique les tailles, les poids et les possibles utilisations de chaque imitation. Non pas que je sois déjà allé en Nouvelle-Zélande, mais voilà près de 15 ans que je fabrique des mouches pour mes clients voyageurs de ce beau pays. À cela vous ajoutez 40 années d'expérience dans le domaine de la nymphe à vue.

Quoi qu'il en soit, Mathias n'a pas discuté en acceptant ma proposition dans sa totalité. Cela reste une vraie responsabilité malgré tout. Pour mon client, c'est le voyage de sa vie et je n'ai pas le droit de passer à côté avec ce que je vais lui vendre. De plus, la pêche est quand même différente là-bas, notamment avec une taille moyenne des truites bien plus élevée. Il est donc important d'adapter la résistance des hameçons pour que le pêcheur puisse utiliser des pointes de diamètres importants sans risquer d'ouvrir un hameçon. Je ne le répéterai jamais assez mais une bonne mouche, c'est avant tout un bon hameçon ! J'ai donc fabriqué l'ensemble des mouches de Mathias sur des hameçons forts de fer.

Mathias est venu chercher sa boite de nymphes et sa boite de sèches directement à la maison. J'ai donc eu le plaisir de faire sa connaissance. Nous avons pris le temps de discuter de son futur voyage. Un chouette moment !

Et puis, avant-hier, j'ai eu des nouvelles de Mathias. Il est en plein dans son séjour au pays du grand nuage blanc. Quelle joie de lire son retour. Quel régal de découvrir les photos qu'il m'a envoyé. Des truites magnifiques capturées avec les nymphes fabriquées de mes mains. Il n'a pas eu l'occasion de beaucoup pêcher en sèche, mais pour les nymphes, ça fonctionne fort !

Bien entendu, rien ne remplacera la joie que me procure la capture d'une belle truite si ce n'est la capture d'une belle truite par mon fils...Mais quand même, voir un client s'éclater de la sorte en partie grâce à mon travail me rend sincèrement heureux. Alors merci Mathias pour tes photos et surtout, bravo pour tes beaux poissons !

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