Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
Le poisson Voyageur, le rêve de pêche à votre mesure !

Accès au Fly Shop Signez le livre d'or Suivez-moi sur facebook Le Fly Shop sur facebook

Mot-clé - La nymphe à vue

Fil des billets - Fil des commentaires

vendredi 26 juin 2020

L'histoire d'une truite (50)

La dernière fois, c’était pour la fermeture 2019, mais cela faisait surtout des mois que je n’avais pas revu mon copain Gaël. Suite à sa proposition, nous avons convenu d’un rendez-vous afin de partager une après-midi au bord de l’eau.

Le temps ce jour-là était bien maussade et la veste de pluie était de rigueur. À cela il fallait ajouter des derniers échos de la rivière peu glorieux. Tant pis, un mauvais jour de pêche avec un ami reste une très belle journée. J’ai proposé un parcours qui nous avait déjà réussi par le passé. Gaël a accepté avec plaisir tout en me soulignant que lorsqu’il m’accompagne là-bas, ça se passe généralement très bien pour moi. Quoi qu’il en soit, nous voilà partis en Sandero. Gaël avait quelques histoires à me raconter durant le trajet. Il fut pour le coup très court et bien plaisant.

Arrivés sur les lieux, on s'est très vite rendu compte que la visibilité était vraiment médiocre. Nous avons alors décidé de privilégier la recherche des gobages avant tout car les mouches étaient bien présentes sur l'eau. La rivière étant peu accessible depuis la berge, nous nous sommes positionnés dans le lit de celle-ci en progressant lentement vers l’amont tout en étant attentif à ce qu’il se passait sur la surface de l’eau. Malgré deux paires d’yeux affutées, aucun gobage de repéré si ce n’est ceux de petits poissons que nous n’avions pas l’intention d’embêter.

Nous étions là depuis une bonne heure et toujours rien. Un gobage vu par Gaël qui ne s’est pas répété. C'était maigre ! Nous étions collés à la rive gauche mais la rive droite, malgré l’absence d’activité de surface, nous inspirait profondément. J’ai fini par trouver un « couloir » sans risque de remplir le waders afin d’atteindre un joli bloc qui était à environ dix mètres de la berge opposée. Je suis monté doucement sur le blog pour me donner un peu d’angle. Cette berge était trop belle pour être vide. Une fois un peu en hauteur, j’ai pu voir le fond de l’eau avec plus de facilité malgré une lumière très faible. Un poisson était là en poste juste au dessus de moi. J’ai informé Gaël. C’était trop beau. S’il n’y avait pas eu de poisson là, il n’y aurait eu nulle part.

J'ai tenté la truite avec une cuivre. Rien. Aucun mouvement. J'ai fait un passage avec un gammare, rien, aucun mouvement. Elle aurait pu avoir la politesse de s’y intéresser ! J’ai remis une cuivre un peu plus lestée. Il n’y avait pas de raison. Au moment où j’allais « fouetter », un autre poisson est sorti de la berge pour se mettre à remonter lentement le couloir devant moi. Je n'ai pas cherché à comprendre et j'ai posé dans l’axe de cette nouvelle truite. Elle devait être à cinq ou six mètres de moi. Courte dérive, légère animation. La truite s'est décalée méchamment pour venir prendre cette nymphe sans faire de manière.

J'ai ferré assez fort en basculant sur ma gauche. Le mouvement m'a fait perdre mon équilibre sur le bloc. Sans trop m’occuper du poisson, je me suis remis tant bien que mal en position plus stable. À l'instant où je reprends mes appuis, je vois mon bas de ligne tout entortillé autour de mon scion de pointe. La magie de la pêche et ces questions sans réponse. Je ne sais pas encore comment j'ai pu en arriver là, mais c’était le cas. Grace à un coup de chance digne des plus grands joueurs de loterie au monde, la truite se battait sur place sans tirer plus que de raison sur le fil. Je ne me suis pas affolé. Certainement à la grande surprise de Gaël qui était témoin de cette scène rocambolesque, j’ai posé mon talon de canne au fond de l’eau, tenu ma canne par le milieu et j’ai pris mon fil en bout de scion pour le tourner 3 fois autour de celui-ci afin de démêler tout ce cirque. La scène dure finalement très peu de temps, mais je pense qu’il fallait le voir pour le croire. La truite a été sympa et l'élasticité du bas de ligne m'a certainement bien aidé.

Une fois la reprise de contact effective, le combat a pu se terminer dans la filoche non cette fois-ci, une belle défense de la zébrée. Je n’ai pas encore compris comment j’ai pu m’emmêler de la sorte et comment cette truite dont la taille avoisine les 55 centimètres a pu ne pas en profiter. Il n’y a rien à expliquer, juste à savoir que ce genre de chose de m’arrivera plus. Ce n’est pas possible d’avoir autant de chance sur un tel coup de ligne. Enfin si, la preuve ! Cela fait du bien d'avoir de la chance parfois. C'est agréable.

La suite de l’après-midi nous offrira quelques autres moments très sympas aussi. Mais ce poisson là, je vais m’en souvenir ! Gaël est vraiment mon porte-bonheur sur ce parcours ! Merci pour ces bons moments !

Photo prise vite fait.

lundi 8 juin 2020

L'histoire d'une truite (49)

Il y a une dizaine de jours, alors que j'étais à la terrasse de la maison avec des amis, mon fils s'est décidé d'un coup à partir à la pêche. Il a salué tout le monde et en avant vroum dans la Clio 20 ans d'âge. Cette année, peut-être à cause du confinement, il pêche avec une intensité plus élevée que les saisons précédentes. Il est d'ailleurs au coup du soir au moment où j'écris ces lignes.

J'avais dans l'idée de le rejoindre par la suite. C'était la fin de matinée. Quoi qu'il en soit, nous avons continué à refaire le monde avec les amis. Un peu plus d'une demie-heure après le départ de Thibaut, je reçois un sms. J'annonce aux copains qu'il doit venir du gamin...Pas manqué, c'était une photo d'un beau poisson. Il n'avait pas trainé ! Dix minutes plus tard, un autre sms, une autre photo. De nouveau dix minutes plus tard, une autre photo...De toutes évidences, le gosse était bien chaud et les poissons dehors. D'autant plus que les truites étaient toutes de belle taille.

Après avoir salué à mon tour mes amis à leur départ, j'ai pris le temps de manger avant de rejoindre Thibaut. Il ne faut quand même pas éliminer des étapes importantes comme celle-là. On s'est donc retrouvé au bord de l'eau en début d'après-midi sur le haut de la rivière.

Les truites étaient effectivement en place. C'est plaisant à voir car cette saison, ce n'est pas souvent que j'ai eu l'occasion de "bien tomber". Thibaut a repris un poisson devant moi. Plus petit. Ce fut ensuite mon tour. La pêche était vraiment agréable d'autant plus que j'étais en très bonne compagnie. Nous pêchions l'un à côté de l'autre, parfois même l'un en spectateur de l'autre. Des moments de vie qui comptent. Les plus beaux.

La rivière devenait plus large, plus lente. Nous arrivions à une belle trouée comme on dit chez nous. Une zone de berge où il est possible de fouetter sans que la végétation ne nous embête. Thibaut s'est alors accroupi derrière moi pour me regarder. Sur ma droite, il y avait une jolie truite d'environ trente cinq centimètres en aval d'un petit saule. Devant les yeux de mon fils, j'aime m'appliquer. À la première dérive, la truite est montée entre deux eaux pour venir pousser ma nymphe du bout du nez sans ouvrir la bouche, refus ! Thibaut a adoré la scène ! Moi, un peu moins...Nouvel essai avec encore moins de réaction du poisson. J'ai alors dit à Thibaut de l'essayer. J'ai donc pris sa place et lui la mienne. Mais au moment de tenter le poisson, il m'a dit :

-Je ne vais pas pêcher ta truite papa, je vais plutôt tenter celle-ci.

-Laquelle, j'en ai vu qu'une moi !

-La toute belle qui est au fond de la fosse sur ma gauche dans les bois morts.

Là, il a fallut encaisser. Je n'ai jamais vu ce poisson. Et je ne voulais pas risquer de me relever pour le voir.

-Vas-y gros, elle risque plus que toi cette truite.

Vu la profondeur, Thibaut changea de nymphe pour mettre une cuivre sur hameçon de 16. La base de toutes tentatives. Après avoir sorti quelques mètres de soie dans les airs, le premier poser fut parfait. Suite à une animation très légère, la truite est montée sur près d'un mètre pour venir intercepter la nymphe de mon fils. Ferrage appuyé en treize centièmes et la truite était prise ! C'est en fait la première fois où je la voyais ! Quel poisson !

Dès les premières secondes de combat, la truite a décidé de traverser la rivière aussi large soit-elle à cet endroit. Thibaut a alors sauté à l'eau sur un fond vaseux. Il a eu bien des maux à s'extirper de ce mauvais pas pour ensuite se positionner en milieu de rivière avec la truite qui tentait de rejoindre les obstacles en berge opposée. De mon côté, j'étais aux premières loges. Je me suis même permis une remarque qui m'a fait comprendre que je n'étais plus dans le coup du tout ! Thibaut pendant qu'il gérait le poisson se déplaçait sur sa gauche. Je lui ai conseillé de rester en place. Mais sa réponse était sans équivoque. Il voulait se placer devant les bois morts près de notre berge pour empêcher la truite d'y retourner sur un dernier rush proche de lui. Logique. Et c'est de plus ce qui est arrivé en fin de combat. La belle a tenté le coup mais le pêcheur avait déjà tout compris. Bravo.

La mise à l'épuisette fut un réel moment de joie collectif. La truite était pour le parcours d'une beauté fantastique. Nous l'avons admiré tout en la laissant dans l'eau. Thibaut ce jour-là a fait une pêche extraordinaire. Il m'a laissé les miettes avec deux truites. Mais quel régal de partager de tels moments tous les deux.

J'en redemande !

Une jolie truite de chez nous.

vendredi 29 mai 2020

L'histoire d'une truite (48)

Rares sont les fois où je retourne voir un poisson spécifiquement. Pourtant, c'est ce que j'ai fait mardi soir dernier. Une sortie de pêche dédiée à une seule truite. Non pas parce que c'était le poisson de ma vie, mais parce qu'à notre première rencontre, je n'ai pas pu la tenter de façon convenable.

Tout débute deux jours avant. J'étais à la rivière le dimanche soir, seul, les pieds dans l'eau jusqu'aux chevilles. Un appel téléphonique avec mon copain Simon. On discute de chose et d'autres durant plusieurs minutes. Au milieu de notre conversation, je me permets de couper Simon pour lui signaler qu'un joli poisson passe devant moi. Rien de grave, c'est aussi très sympa d'observer un poisson sans l'embêter. Une fois le coup de fil terminé, j'ai pu localiser cette truite avec une grande difficulté. Malgré ses déplacements dans une très faible hauteur d'eau, j'avais bien du mal à la voir clairement. La cause à ces multiples reflets de fin de journée. J'ai préféré m'abstenir de l'attaquer malgré le fait qu'elle perçait la surface de l'eau avec sa caudale à chaque fois qu'elle capturait une bestiole sur le fond. Si j'avais tenté ma chance de cette façon, avec une visibilité aussi médiocre, je pense que je l'aurais manqué au ferrage.

Je l'ai regardé faire un grand moment. Avant de partir, j'ai voulu voir si à cet endroit, la visibilité était meilleure depuis le milieu de la rivière et non depuis la berge. J'ai fait sauver mon poisson en progressant dans l'eau, mais j'avais ma réponse. En étant positionné ainsi, les reflets n'étaient plus qu'un mauvais souvenir du moins à cet horaire. Je voyais toute la zone où la truite venait se nourrir parfaitement. La chose était entendue, je reviendrais !

Deux jours après, le mardi soir, j'avais une heure devant moi. Une heure dans le bon horaire. J'ai enfilé mes nouvelles cuissardes et hop, direction vite fait bien fait la rivière. Sans regarder si ma truite était là ou pas, je suis descendu dans l'eau bien plus en aval. Je me suis décalé de façon à être en plein milieu de la rivière. Ensuite, j'ai remonté pas à pas en créant le moins d'ondulation possible tout en regardant cette berge. Quel plaisir, je voyais bien le fond sur au moins trente mètres devant moi. J'ai vu ma truite assez vite au final. Elle était bien au rendez-vous. Toujours avec cette façon de manger en venant bouger de l'eau à chaque fois. La profondeur était d'à peine vingt centimètres.

Ma nymphe non plombée et assez planante était déjà fixée à mon quinze centièmes. Je savais exactement ce que j'étais venu faire là ! J'ai posé ma soie et sur cette première courte dérive, la truite est venue croquer ma nymphe sans sourciller. Le combat qui s'en est suivi a été d'une rare violence par contre. Très heureux d'avoir choisi de rester en quinze centièmes ! Il a fallu brider fort tout du long pour l'empêcher d'aller se mettre dans des bois morts en berge opposée. Encore une qui habite d'un côté pour venir manger de l'autre !

Une fois la truite relâchée, je suis rentré à la maison. Mes cuissardes étaient rodées comme on dit au village !

dimanche 12 avril 2020

Seasons - Nymphe à vue dans le Jura

Pour occuper votre temps libre à la maison, j'ai mis aujourd'hui en ligne un des neuf chapitres du reportage de 52 minutes réalisé pour la chaine Seasons en juin 2015. Merci d'ailleurs à Rémi et David pour avoir accepté ma demande car c'est exceptionnel.

Souvenir de tournage avec Mathieu.

Cette séquence qui dure un peu plus de sept minutes a été tournée sur trois heures durant le coup de midi. Là où la luminosité est souvent la meilleure. Le but de cette partie de pêche était de prendre un joli poisson en nymphe à vue. Pour ceux qui connaissent les parcours avals de la rivière d'Ain, rien n'est écrit à l'avance. L'échec guette chaque tentative, qui plus est avec une contrainte de temps et une caméra dans le dos.

Nous avons croisé la route de trois poissons différents ce jour-là. Une truite attaquée depuis la berge, deux autres en étant dans l'eau. Vous verrez aussi que la boite de nymphes ne fait pas le résultat...On dit souvent que c'est les cordonniers qui sont les plus mal chaussés...Cela doit être vrai quand je revois ces images.

Bon visionnage et prenez soin de vous.

jeudi 26 mars 2020

Seasons Hebdo N°117 - Franche-Comté

Pour occuper votre temps libre à la maison, je mets en ligne cet extrait d'un Seasons Hebdo tourné en 2014 sur la Bienne. De souvenir, le but du tournage était de prendre des nouvelles de la rivière suite à sa fermeture et aux nombreuses atteintes que le milieu avait subit. Charles Varenne était à la tête de l'AAPPMA la Biennoise à l'époque. J'étais intervenu uniquement pour le côté pêche. La prise du premier est un grand souvenir car on venait d'allumer la caméra !

Souvenir avec Charles et David.

Une rivière qui six années après souffre toujours autant. Bien des pensées à tous les bénévoles qui ont repris le travail de Charles et qui continuent à y croire. Bravo et merci !

- page 1 de 53