Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
Centre de pêche en Bosnie.

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Mot-clé - La nymphe à vue

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jeudi 16 avril 2026

L'histoire d'une truite (52)

Nous avons tous des attentes différentes en terme de pêche. Quelques soient les techniques utilisées ou les poissons recherchés, il y a, selon les pêcheurs, un instant magique qui domine parmi tant d'autres. Sans occulter tout ce qui nous entoure dans l'environnement dans lequel nous évoluons, il y a forcément dans l'acte de pêche en lui-même un mouvement, une réaction ou encore une décision qui reste un tournant extraordinaire dont jamais vous ne vous lasserez.

Sans avoir pratiqué toutes les techniques ou traquer tous les poissons, j'imagine par exemple que chez le pêcheur au coup c'est le frémissement du bouchon en surface qui peut être cet instant précis. Pour les amateurs de carpes, sans doute le bip du détecteur de touches. Je pourrais ainsi lister de nombreux exemples. Pour moi, au risque de choquer quelques lecteurs, ce n'est pas le moment où la truite vient crever la surface de l'eau pour gober ma mouche. Non, et ce même si j'ai depuis toujours un immense plaisir à pêcher en sèche. Ce n'est pas mon Graal en terme de sensation.

Le plus simple étant de vous raconter une histoire vécue il y a peu. Vous comprendrez mieux mon sentiment.

J'étais à la pêche sur un célèbre parcours pour la journée. Malheureusement, ma maladresse ce jour-là n'a eu d'égale que cette superbe chute dans l'eau en début d'après-midi. Entre mauvaises approches, poissons décrochés ou tout simplement mal pêchés, c'était la journée catastrophe. Vers 15 heures, j'ai rencontré Romain. Nous avons passé la fin de journée ensemble. Malgré cette belle rencontre, j'ai conservé mon tempo. Une truite manquée au ferrage en bordure peu après. Magnifique. À la suite de ce nouvel échec nous avons discuté de tout et rien en continuant notre progression vers l'amont. Très peu de poissons vus sur un grand linéaire. Nous sommes arrivés paisiblement en limite amont. Je m'étais fait à l'idée que cette journée serait un capot magistral. Non pas à cause du manque de poisson mais bien de ma faute.

Sur le chemin du retour pour rejoindre nos véhicules, mon regard fut attiré par un poisson à bonne distance de la berge. Il y avait une belle truite posée sur le fond en amont de la trouée de végétation où l'on se trouvait. La dernière chance dans les arrêts de jeu...De toutes évidences ! Je me suis approché à genoux sur la berge pour m'ouvrir l'angle afin de pouvoir fouetter. Il y avait un bon tirant d'eau et la truite, en apparence du moins, ne se nourrissait pas. Aucun mouvement. Je n'avais d'autres choix que de poser ma nymphe très en amont d'elle tout en tentant de faire un joli poser paquet. Ainsi, j'avais l'espoir que ma cuivre perce la colonne d'eau rapidement pour être à hauteur du poisson en fin de dérive utile. Pas simple mais possible.

Sur les premières dérives, aucune réaction de la truite. Normal, aucun poser ne m'avait apporté satisfaction. C'est complexe de faire un poser paquet avec précision à longue distance. Et puis à un moment, la nymphe a percé la surface de l'eau exactement où je le souhaitais et de la façon voulue. Un "Là, je suis bon" est sorti de ma bouche. Mes yeux sont restés fixés sur la truite lors de la dérive. Je n'ai pas animé. La tête du poisson s'est décalée d'un rien sur sa gauche. Uniquement la tête. Le corps est resté immobile. Mon bras droit, celui qui tient la canne, est monté automatiquement.

C'est bien cette seconde là qui me fait kiffer plus que tout. Ce moment où la truite valide la précision de ma dérive par la prise de mon imitation et où son mouvement de bascule valide lui mon ferrage. Juste cet instant. Et dans ces conditions précises de longue distance avec un poisson qui prend sans se déplacer. C'est vraiment trop bien. Tellement satisfaisant. C'est mon Graal à moi ! Même après 40 ans, je prends toujours mon pied sur ce genre d'action.

mercredi 8 avril 2026

Des premières semaines compliquées.

Si parfois le début de saison m'offre de belles surprises que cela soit en sèche ou en nymphe à vue, cette année c'est diète forcée. Que c'est dur ! Des eaux glacées par la fonte du manteau neigeux ont considérablement ralenti l'activité des poissons. Toutes les nuits, l'Ain comme la Saine voyaient leur débit augmenter par la fonte journalière. En conséquence l'eau était entre 5 et 7 degrés. Seuls les pêcheurs aux leurres ont réussi à faire quelques poissons et encore, pas les pêches habituelles, loin de là. Compliqué pour tout le monde au final. De mon côté, j'ai déjà un nombre non négligeable de capot. Même si cela devient une triste habitude pour un pêcheur à la mouche jurassien, cela peut commencer à faire beaucoup. Je le comprends. Il ne faut pas s'étonner de voir moins de pêcheurs au bord de l'eau ou de vendre moins de carte. Il n'y a rien de plus logique. Comment voulez-vous qu'un gamin accroche à la pêche de la truite de nos jours chez nous ? Impossible.

La rivière montait tous les jours.

Si cette eau de neige a largement perturbé ce début de saison côté pêche, le débit des rivières ne s'est fait que par cela par contre. Effectivement, il est tombé 30mm de moins que la normale en mars et toujours rien en avril. Il est certain que sans la fonte, les rivières jurassiennes seraient déjà à l'étiage. Alors sans doute un mal pour un bien. Je vous avoue que je ne serais pas contre un coup de pluie pour qu'il y ait un bon coup d'eau. Quand on voit le fond de la rivière, cela me fend le cœur sérieusement. C'est toujours plus ou moins colmaté dans cette première partie du printemps mais cette année nous sommes clairement vers le plus. Les fonds étaient encore nickel la semaine avant l'ouverture début mars. Et puis tout est allé très vite. Cette sorte de couche fine marron à noire hyper glissante qui colmate l'entièreté du fond est apparue très vite. Je suis interrogatif sur les conséquences que cela a sur les invertébrés car aucune éclosion depuis mi-mars. La rivière semble comme morte. La photo ci-dessous avec une légère montée des eaux sur le gravier propre est très parlante !

Le Jura, terre d'exception !

Après un nombre de sorties déjà conséquent sans rien prendre, je me suis décidé à aller voir ailleurs. C'est déjà une anomalie dans mon fonctionnement. Mais là ça faisait vraiment beaucoup. Le dernier week-end de mars par exemple, j'ai pêché à la maison le vendredi, samedi et dimanche. À raison de sorties de 5 heures en moyenne. 3 capots. Dont un le samedi avec des conditions au top pour la pêche en sèche. Pas de mouche. Rien. Et je sais où chercher ! Alors ailleurs je n'ai rien trouvé d'extraordinaire, mais j'ai vu quand même quelques poissons et ainsi, j'ai pu pêcher ! Je ne demande pas grand chose, juste pêcher.

Belle truite en sèche à vue.

dimanche 15 mars 2026

Ouverture 2026 faite !

Il fallait être plutôt motivé samedi en partant dans la nuit pour rejoindre la rivière. Des flocons de neige tombaient avec une densité peu commune. À cela il fallait ajouter des trombes d'eau tombées dans la nuit avec un vent dont les rafales ont dépassé les 80 km/h. La neige nous a dissuadé de descendre jusqu'au parking avec les voitures. Tout le monde à pied ce samedi matin ! Avec la pluie de la nuit, la rivière était en train de monter et de se teinter à notre arrivée. Vraiment pas engageant. Surtout en pensant à la météo de la veille !

Thibaut a tenté sa chance aux leurres.

Côté pêche, même les copains et mon fils aux leurres ont fait capot. Nous avons croisé aussi des jeunes pêcheurs , 4 de souvenir. Ils avaient fait un poisson en tout et pour tout. Bref, ouverture des plus timides sur nos lots. Pour moi, avec ma canne à mouche, c'était perdu d'avance. J'ai eu de la visibilité au ras de la bordure durant 20 grosses minutes. Après la rivière était trop sale. Dans ce cas-là, direction le feu !

Bien heureusement, il y a des choses qui ne changent pas. La bonne humeur des copains pour le casse-croûte de l'ouverture reste au plus haut niveau. C'est chaque année un moment que l'on attend tous avec impatience. On s'est régalés une fois encore. Et malgré les conditions, nous étions quand même une vingtaine. Une vraie belle matinée passée tous ensemble.

Les copains !

Si je retourne habituellement tenter ma chance un coup dans l'après-midi, cette année, j'ai rendu les armes. La rivière était trop montée et de plus, elle était beaucoup trop sale. Bref, un samedi sans pêcher pour moi.

Ce dimanche, un coup d’œil sur les courbes. L'Ain et la Saine ont perdu un peu. Je me tâte puis me prépare pour le coup de midi. Le ciel est plutôt clair. La rivière a effectivement baissé un peu. Les bordures se sont éclaircies jusqu'à une limite d'un bon mètre. Très compliqué encore pour la nymphe à vue. Il est évident que la rivière charrie de l'eau de neige. Compliqué. Je me suis mis en recherche d'un poisson. Je connais bien ces conditions. Une seule rencontre suffit. La connaissance du terrain et l'expérience sont de vrais atouts. Je vous avoue que c'est dans cette difficulté que je prends un maximum de plaisir. Prendre 3 ou 4 belles truites mi-mai quand tout est actif et que tout le monde en prend, c'est génial, mais prendre un poisson dans des conditions qui ont poussé la majorité des pêcheurs à quitter les lieux, ça, oui, c'est mon plaisir.

J'ai débuté ma traque vers midi pour arriver vers 15h15 sans avoir rien vu. Ni poisson, ni rien du tout mise à part deux harles qui tentaient leur chance eux aussi. Satanés volatiles.

Alors que j'allais abandonner moi aussi, il m'a semblé voir une barre d'un teint plus sombre que le fond dans une veine d'eau courante mais peu profonde. J'ai bien mis 5 minutes pour avoir la certitude que c'était un poisson. La voilà ma truite ! Le plus dur était fait. Y croire en cherchant l'impossible. La visibilité était vraiment médiocre mais j'ai bien vu le mouvement de cette tête au passage de ma cuivre. Un ferrage appuyé avec une pointe de gros diamètre. Un combat court et intense. Mais surtout un petit cri de joie pour la première de l'année ! Elle était pas donnée celle-ci ! Surtout avec ce niveau, cette eau laiteuse et cette bise glaciale. Cela donne encore plus de valeur à ce poisson. 40 ans que je pêche, et ce poisson, j'avais l'impression que c'était le premier ! Cette merveilleuse truite sauvage m'a procuré une immense joie !

La saison est lancée. Profitez bien et prenez soin de ces joyaux !

lundi 9 mars 2026

Un dimanche sur le Doubs à Goumois

Ayant entendu ou lu des retours allant du pessimisme appuyé à l'optimisme modéré, je me suis décidé au dernier moment d'aller faire mon ouverture anticipée sur le Doubs franco-suisse afin d'avoir mon propre avis. La vallée de Goumois avec ou sans truites reste un écrin magnifique. Avant même d'arriver en bas, lors des derniers virages dans la descente, il se passe toujours un truc. L'émotion monte. C'est un vrai sentiment de bien-être qui m'envahit.

Ce dimanche, la météo était parfaite, le niveau très bon. Le Doubs avait même pour ma venue des fonds un peu près corrects.

Je pense que c'est temporaire. Lors de mont trajet en voiture, j'ai mesuré la chance que nous avions dans le Jura. Car si ici ou là il y a quelques parcelles arrosées de lisier, c'est sans commune mesure avec le département du Doubs. Des dizaines de prairies vues noircies par les déversements de lisiers. Gare à la prochaine pluie et aux répercutions dans les cours d'eau.

Sans entrer dans les détails de ma partie de pêche, je suis déjà très heureux de ne pas avoir vu de poissons malades ou morts. Ma dernière ouverture ici avait été terrible pour cela. C'est d'ailleurs ce qui a décidé mon fils de ne pas m'accompagner cette année.

Après, il évident que les populations de poissons ont payé un lourd tribu. Difficile de se faire une idée précise sur une sortie. Je peux simplement dire que sur 5 bonnes heures de pêche (de recherche de poissons en fait), j'ai vu ou aperçu une quinzaine de truites différentes. Des poissons plutôt jeunes allant de 25 à 40 centimètres. Je n'ai pas vu un seul ombre ! Juste ce qui semblait être deux grattées en bout de la Verrerie. Pas un ombre de vu, quelle tristesse. Il est évident qu'ils se sont fait décimer par les épisodes de mortalités des dernières années. Sans parler des harles bièvres vu en nombre qui doivent finir le travail.

Alors est-ce que 15 truites vues c'est bien ou pas ? C'est évident que sur un tel parcours la réponse est non. Mais on ne peut pas dire non plus que tout est mort. Chez moi, sur un week-end complet, je ne vois pas 15 truites, loin de là. C'est certain. Mais je comprends à 200% les amoureux de ce parcours qui pleurent aujourd'hui car la pêche n'est plus du tout ce qu'elle était.

D'ailleurs, il y a des signes qui ne trompent pas, nous étions moins de 10 pêcheurs (toutes techniques confondues) de la Verrerie au pont de Goumois. 7 jours après l'ouverture, un dimanche, avec une météo et un niveau parfait. Impensable.

Pour la pêche à proprement parlé, il n'y a pas eu d'éclosion donc quasiment aucun gobage. Cela fait bizarre de ne pas voir les ombres gober en début d'après-midi à cette époque.

Je me suis donc concentré à trouver des truites sur le fond pour les tenter en nymphe à vue. J'ai pu en attaquer quatre dans de bonnes conditions pour en prendre deux. Une s'est décrochée à l'épuisette et l'autre est entrée dedans. Une pêche simple avec une pointe en 15 centièmes et une cuivre sur hameçon de 16. Du grand classique.

Voilà ce qu'est devenu Goumois pour celui qui privilégie la capture des truites, un parcours comme les autres voir moins bien.

Il est évident qu'il ne faut plus venir sur les berges du Doubs dans le but unique de prendre des truites. Restez chez vous si vous êtes de ceux-là. Par contre, si comme moi l’atmosphère, le cadre, l'histoire et bien plus encore suffisent à votre bonheur, alors venez trainer vos guêtres sur le Bourassin ou ailleurs sur le parcours. Ce linéaire reste un enchantement pour moi et je suis certain de ne pas être le seul à le penser.

Un dernier petit mot pour les rencontres faites au hasard des coups de ligne ce dimanche. Merci messieurs pour vos bons mots et votre gentillesse ainsi que pour la photo ci-dessous. Au plaisir !

dimanche 1 mars 2026

1er mars, jour d'ouverture à Goumois !

Le Doubs frontière possède une réglementation toute particulière. Effectivement, la truite ouvre le 1er mars là-bas. C'est aujourd'hui !

La Franco-Suisse a ceci de particulier qu'elle nous permet, nous autres jurassiens comme bien d'autres "étrangers" au département du Doubs et de la Suisse, de venir "ouvrir" en avance.

Cette année, le niveau étant encore proche des 40m3, nous avons décidé à regret de faire l'impasse. Mais c'est l'occasion pour moi de faire un tour dans mon disque dur pour ressortir quelques souvenirs de ces belles journées passées en famille ou entres amis lors de cette ouverture unique en son genre sur le parcours de Goumois.

Bien des pensées aux copains qui sont quand même sur les berges du Doubs en ce beau dimanche. Amusez-vous bien et doucement au casse-croûte !

Truite typique du Doubs à Goumois. Capturée avec un sparkler un matin d'ouverture.

Le pré à vaches en aval de la Verrerie. Quel lieu magique.

Avec les amis. Quelle belle journée nous avions vécu.

Thibaut n'avait que 13 ans sur cette photo, mais déjà la capacité de prendre des truites sauvages en nymphe à vue.

Mon ami Michel Flénet avec qui j'ai fait quelques ouvertures à Goumois. Il nous manque terriblement

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