Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
Centre de pêche en Bosnie.

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Mot-clé - La nymphe à vue

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mercredi 14 octobre 2026

Le gammare JFD, toujours imité, jamais égalé.

Le gammare JFD...

Voilà plus de 15 ans que j’ai proposé cette imitation de gammare à la vente à travers la collection de mon fly shop. De mon côté, je l’utilise depuis plus de 35 ans sur les ombres et les truites.

J’étais certain du futur succès du JFD tant est si bien que j’avais dit à mon ami Jean-François que cette bestiole deviendrait sans doute aussi célèbre que la A4. Nous en sommes pas loin. Cette imitation étant en très bonne place dans de nombreuses boites de nymphes. J’ai même publié à l’époque la fiche de montage avec la liste des matériaux. Chaque pêcheur avait donc le choix de commander ou de fabriquer.

De souvenir, avant le JFD, il n’y avait pas (à ma connaissance) d’imitation de gammare de ce style sur le marché. La plupart étaient montées façon BM22 avec une carapace en matériaux naturel tel que le faisan. On trouvait aussi des carapaces type corplast un peu comme les nymphes tchèques. Il y avait souvent un cerclage pour maintenir l’ensemble.

Force est de constater que ces dernières années, les imitations de gammares lourds à la carapace lisse et dure comme le JFD ont fleuri de partout. De nombreux monteurs professionnels ont ajouté une imitation similaire à leur catalogue en changeant ici ou là un détail dans une vaine tentative de personnalisation du produit final. D’autres ne s’embêtent même pas en vendant ce qu’ils pensent être le même produit. C’est le jeu. Un poil moins d’hypocrisie serait malgré tout le bienvenu surtout quand ces monteurs parlent de mise au point durant des mois voire des années, quand même…

C’est comme si j'avais le même discours à propos de la cuivre alors que ce n’est qu’une copie de l’imitation de Mr Sawyer. Il faut savoir rendre à césar ce qui lui appartient. Néanmoins, être copié par les autres monteurs est finalement une marque de reconnaissance. Je préfère de loin être copié qu’être le copieur.

Merci avant tout à mes clients qui restent fidèles à l’originale en me faisant travailler quotidiennement dans mon petit atelier jurassien.

Qu'on se le dise, le gammare JFD, toujours imité, jamais égalé.

dimanche 11 octobre 2026

Les rencontres de 2026

La saison 2026 est terminée depuis quelque semaines d’un point de vue calendaire. De beaucoup plus en réalité tant ces derniers mois ont été compliqués. En guise de résumé, je vais tenter de vous faire vivre certaines rencontres que j’ai eu la chance de faire au printemps.

La rivière ne va pas bien, les truites se font rares, mais elles ne sont pas totalement éteintes. Pour les trouver, il faut connaitre son territoire par cœur afin d’éviter les secteurs vides. Il faut passer énormément de temps au bord de l’eau pour espérer tomber sur des micros-moments d’activité. Le plus souvent sous l’eau car les éclosions disparaissent elles aussi à petit feu. Les capots sont de plus en plus nombreux pour ma part. Les actions de pêche réelles se comptent régulièrement sur les doigts d’une seule main lors d’une journée de pêche. Les coups du soir sont devenus un souvenir. Les captures se font sur quelques journées seulement.

Si je faisais le ratio heures passées pour prendre 1 truite aujourd’hui par rapport à 10 ou 15 ans en arrière, je raccrocherais les cannes au râtelier. Il ne faut pas y penser et ne pas trop remonter le temps…Ce n’est pas indiqué.

Quoi qu’il en soit, j’ai eu la chance de prendre quelques truites. Toutes sous l’eau. Voici les rencontres qui m’ont marqué à travers un voyage génétique et des robes bien différentes.

La Pointée rouge.

J’ai pris ce poisson lors d’une journée que je qualifierais de prolifique. Pas par le nombre de poissons mis à l’épuisette mais par rapport à mon taux de réussite poissons attaqués / poissons pris. Des coups de ligne parfois assez compliqués qui ne sont tous bien terminés. La pointée rouge me laisse un souvenir d’un combat hyper violent. Ses points rouges sur les flancs bien dispersés mais présents m’ont surpris. Bien longtemps que je n’avais pas vu un poisson de cette taille avec cette caractéristique. On peut trouver sur nos zébrées des points rouges quand elles sont dans leurs deux premières années. Mais une fois adulte non. Comme quoi, dans ce domaine, on trouve de tout. Cette truite est venue intercepter ma cuivre alors qu’elle-même était en mouvement. Elle avait énormément de force. Je suis toujours bien content d’être en 0.165mm en pointe quand un poisson me fait un tel combat.

L’orange.

J’ai raconté cette histoire dans la revue de la pêche et les poissons. Je vous la remets ici.

Les pêcheurs de truites mettent le plus souvent en avant à travers leurs récits ou autres histoires contées sur les berges des poissons exceptionnels de par leur taille. Les centimètres étant légion chez nous autres pêcheurs. Et pas que chez les truiteux. J’ai moi aussi une place toute particulière pour les grands poissons que j’ai eu la chance de capturer, mais j’aime également me remémorer les truites remarquables par leur esthétisme singulier. C’est le cas pour cette truite qui est l’actrice principale du récit qui va suivre. Depuis le début de cette saison, lorsque le niveau d’eau le permettait, je suivais régulièrement un poisson qui possède des reflets orangés bien visible sous l’eau. J’ai même pu le tenter en nymphe à vue plusieurs fois sans succès. Cette truite est reconnaissable entre toutes. Dans la rivière que je pratique, les truites sauvages sont majoritairement zébrées de noir avec des reflets jaune pâle. La couleur jaune entre les zébrures foncées peut être plus marquée si le poisson sort de sa cache par exemple. Dans le cas de ma truite, pas zébrure significative mais des flancs tout orangés ! C’est vraiment prononcé et visible de très loin. À la fin du mois d’Avril, j’ai eu le privilège de partager une partie de pêche avec notre rédacteur en chef préféré. Bill étant de passage par chez moi, nous nous sommes rendus au bord de l’eau pour tenter notre chance en nymphe à vue. J’avais en tête de lui montrer cette truite orange. Je sais qu’il est friand de ces poissons exceptionnels. Je lui ai donc indiqué où se positionner pour avoir une chance de l’apercevoir et pourquoi pas de la tenter. Il y avait juste une petite cassure à quelques mètres de la berge. Les truites ont leurs habitudes sur ce spot. Elles remontent lentement sur cette cassure en se nourrissant. Si le pêcheur est patient, il peut les voir passer à quelques mètres de lui. Après une dizaine de minutes d’affut à l’endroit indiqué, Bill a pu observer la truite orange. Elle était accompagnée d’un poisson plus typique de la rivière. Les deux mangeaient tout en restant constamment en mouvement. Malgré son application, Bill n’a pas eu la chance de ferrer ce poisson. Comme moi lors de mes dernières tentatives. J’ai donc promis à Bill de tenter de lui montrer en photo cette truite dans les semaines qui suivaient. J’y suis retourné de nombreuses fois. Parfois le poisson n’était pas là. Parfois, j’ai été maladroit comme cette fois où la truite a enfin pris ma nymphe. Après un ferrage que je pensais être bon, le poisson s’est décroché dans les dix premières secondes du combat. Quelle frustration ! J’ai envoyé un message de suite à Bill pour lui raconter. Je pensais que l’histoire avec cette truite orange était terminée pour de bon. D’ailleurs, par la suite, j’ai eu bien plus de mal à la localiser. Elle avait totalement changé ses habitudes suite à la rencontre avec mon hameçon. Elle ne passait plus du tout sur la petite cassure mais avait un circuit totalement différent plus en amont sur la rivière. Elle ne venait plus sur la bordure mais restait à bonne distance en plein de centre de rivière. De toutes évidences elle avait tiré des leçons de sa mésaventure. Vers la mi-juin, alors que je ne pensais plus trop à ce poisson, elle est de nouveau apparue devant moi comme par magie. J’étais à près d’une centaine de mètres en amont d’où Bill l’avait tenté huit semaines auparavant. Elle se trouvait à environ douze à quatorze mètres de moi au centre de la rivière. Elle avançait lentement en cherchant sa pitance. Ses flancs larges et puissants tout orangés ne laissaient aucune place aux doutes, c’était bien elle ! J’étais sur une période où j’avais un très bon taux de réussite avec une nymphe de trichoptère peu plombée et très dépouillée. J’ai débuté mon mouvement avant-arrière pour déployer la distance de soie nécessaire. Il fallait en faire le moins possible pour ne pas éveiller la truite du danger potentiel. J’ai réalisé un magnifique poser cloche où j’ai vu ma longueur de pointe faire le mouvement exact que je souhaitais. L’impact de la nymphe sur l’eau fut le plus discret possible. Impossible pour la truite de le déceler. La dérive s’est faite très lentement. Lorsque la nymphe est arrivée dans le champ visuel de la truite, j’ai eu nul besoin de l’animer. Le poisson a validé ma dérive en venant croquer mon imitation sans aucune crainte. J’ai pu arracher ma soie de la surface de l’eau dans un puissant ferrage. L’orange était au bout ! Quel pied ! Si elle n’était pas très longue, son poids était un sérieux atout dans le combat. Elle avait des arguments pour m’embêter jusqu’au bout. J’ai bien cru que je ne la mettais jamais à l’épuisette. Pourtant, elle a bien fini par céder. J’ai ainsi pu admirer de près ce poisson réellement atypique pour notre rivière. J’ai surtout pu tenir ma promesse en envoyant la photo de la truite orange à Bill !

La jaune.

Voilà une truite comme on en croise parfois dans une saison. J’ai vu ce poisson pour la première fois le jour où je l’ai pris et je ne l’ai jamais revu depuis. Un fantôme ! Et pourtant, elle se voit à des dizaines de mètres avec sa couleur très claire. Jaune presque blanche. Quand elle est arrivée dans mon champs visuel alors que j’étais sur la bordure, je ne pouvais pas la manquer ! Un trait jaune clair sans zébrure sur un fond de rivière très foncé, c’est un cadeau pour un vieux pêcheur qui ne voit plus grand-chose. Il m’arrive encore après 40 saisons passées au bord de cette rivière d’avoir des petits coups de pression à la vue d’un poisson. Surtout quand il est unique de par sa robe comme cette truite. Je me suis très appliqué dans mon lancer. J’étais très attentif lors de la dérive de ma cuivre. La truite jaune est venue la prendre très doucement. J’ai pu faire un ferrage efficace et le combat s’en est suivi. Cette truite est restée dans l’épuisette un peu plus longtemps que les autres afin que je l’admire. Une robe si claire, avec ces tâches et non des points noirs. Vraiment pas commun comme rencontre. Mais sincèrement très joli.

L’emblématique.

Pour terminer comment ne parler d’un poisson que je considère comme typique de ma rivière. Marbrée de noir, avec ses points et ce fond jaune passé. Une tête bien marquée également. Voilà une vraie belle truite qui de mon point de vue correspond à la rivière d’Ain. Mais force est de constater qu’il y a de tout dans cette rivière comme dans bien d’autres. Je ne suis même pas certain que la souche originelle soit encore présente avec toutes les réintroductions faites par le passé. La plupart des pêcheurs ne s’en rendent pas compte et ne sont pas attachés à ce genre de détails. Du moment qu’il y a une truite au bout… J’avoue que je suis vraiment admiratif des ces poissons à la robe typée franc-comtoise avec ces zébrures très marquées. Mon dieu que c’est beau ! Que ça respire le sauvage !

mercredi 2 septembre 2026

Déjà 15 ans !

En septembre 2011, je me lançais en tant qu'auto-entrepreneur comme monteur de mouches artificielles et de bas de ligne mouche. Ma seule ambition à cette époque était de palier financièrement au changement horaire de ma chérie. Rien de plus.

C'est toujours dans cet esprit que j'ai voulu proposer une collection très restreinte de mouches et de nymphes. Uniquement des modèles que j'utilisais sans aller plus loin si ce n'est que j'ai souhaité donner toutes les fiches de montage détaillées des imitations que je mettais en vente. Il me semble que cela a été très apprécié. Tant mieux. Bien entendu, j'ai également proposé mes bas de ligne qui faisaient déjà à l'époque, beaucoup parler d'eux. Le phénomène ne faiblit pas, bien au contraire.

15 ans plus tard, je suis toujours en place. Toujours avec les même modèles. Toujours dans la simplicité car c'est ce qui caractérise en autres cette pêche qui me passionne tant, la nymphe à vue. C'est sincèrement un plaisir d'être à votre écoute que cela soit à travers les différents modes de communication internet, par téléphone, plus récemment sur les salons ou encore à mon domicile où vous êtes nombreux à prendre rendez-vous. Lors de nos échanges, je peux vous conseiller au mieux sur cette technique que je pratique depuis tout gosse. Une référence d'hameçon plus adaptée, une longueur de bas de ligne particulière, les nuances entre lestages et j'en passe. En faisant appel à me services, vous ne vous adressez pas uniquement à un monteur de mouches pro avec 15 ans de métier, mais avant tout à un pêcheur passionné possédant 40 années d'expérience sur les rivières de Franche-Comté.

Merci à tous les professionnels qui me font confiance. Merci à tous les particuliers qui continuent depuis toutes ces années à utiliser mes références avec succès. Grace à vous tous, les gammares JFD, les cuivres, les bas de ligne rouge et toutes mes autres références ont pris des poissons partout dans le monde. C'est vraiment chouette.

Continuez à me faire rêver en m'envoyant les photos de vos captures suite à vos virées. Votre satisfaction est une grande motivation pour continuer. Car travailler seul des heures durant devant un étau, c'est tout sauf un rêve ! Encore une fois, merci à tous !

samedi 15 août 2026

La pêche toujours autorisée chez les voisins.

Étant donné que la pêche est interdite sur mes linéaires de pêche habituels dans le Jura, je me suis rendu chez les gentils voisins du 01 cette semaine.
J'étais bien accompagné puisque le président de la fédération du département de l'Ain m'a consacré sa journée et ce pour mon plus grand plaisir.
Nous avons tenté de tromper les redoutables truites du contre-canal de Serrières-de-Briord. Mission vraiment très compliquée ! Ces truites savent se défendre grâce au bon débit du contre-canal et une température de l'eau très fraîche. Elles sont d'une incroyable difficulté. Rarement vu cela. 
 
Nous aussi dans le Jura nous avons, malgré l'été cauchemardesque en cours, des linéaires où le débit et la thermie sont compatibles avec la pêche de la truite. Notre fédération et les services de l'état ont préféré tout fermer. La fédération de l'Ain, comme celle du Doubs ou encore de la Haute-Vienne de ce que j'en sais, a une vision totalement différente.
 
C'est finalement ce que je retiendrais de cette situation estivale inédite. Toutes les fédérations ont à leur tête des directeurs ou techniciens issus de cursus scolaires plus ou moins identiques. Ces personnes sont certainement passées par des formations environnementales communes. Ils possèdent à l'évidence les mêmes outils pour analyser les situations. Et pourtant, sur un même sujet, comme celui du maintien de la pêche par ces conditions extrêmes, il y a une vision totalement opposée. Des fédérations sont pour la fermeture de la pêche quand d'autres y sont farouchement opposées.  
Si les professionnels ne s'entendent pas, qu'on n'en demande pas plus aux pêcheurs ! 
 
De mon côté, et vous l'avez compris, je suis pour l'information, la pédagogie et la responsabilisation des pêcheurs. Je suis contre la fermeture de la pêche. Et même, avec le recul, pour ne rien interdire du tout. Je préfère de loin voir des gosses se baigner ou faire du canoë comme on le faisait nous aussi tous les étés étant mômes, que de voir les jeunes cormorans de l'année arriver en nombre depuis le début du mois et pêcher dans un confort total sans présence humaine. 
 
Quoi qu'il en soit, j'ai passé une superbe journée en bonne compagnie. Merci super Niko !
 

mercredi 8 juillet 2026

Canne JMC Kult

En cette période de vache maigre côté pêche, retour sur une séance de test de la nouvelle canne à mouche JMC - Mouches de Charette.

En 2026, la gamme Kult a vu le jour chez JMC. J'ai choisi de tester la 8 pieds 6 pour soie 4-5. Cette canne est donnée pour une action médium-fast. Je l'ai utilisé avec une soie numéro 5 Orvis pro trout smooth. Le combo fonctionne vraiment bien.

J'ai trouvé la canne super réactive. Elle a validé le premier test de la sortie d'un grand bas de ligne en fouettant afin de se mettre en action immédiatement à la vue du poisson (indispensable !).

Cette dimension de canne c'est quelque chose quand même. Quel plaisir à fouetter dans n'importe quelle condition. La Kult possède une réelle précision entre 5 et 12 mètres. La tenue du poisson est très bonne. Je n'ai décroché aucune truite sur plusieurs sorties. Elle travaille sur les 2/3 du blank et malgré des pointes de gros diamètres avec un bridage musclé, elle fait très bien le boulot.

Surprenant au premier abord ce blank rugueux mais original. Le liège de la poignée est de très bonne qualité et la finition de l'ensemble très sympa. La poignée est fine ce qui pour ma part me convient.

Mais sincèrement, le mieux dans tout cela, c'est son prix. Moins de 350€. Rapport qualité/prix exceptionnel ! Parce que les cannes qui valent un SMIC, ça va bien 5 minutes hein.

Bravo à la maison JMC - Mouches de Charette pour cette réalisation ! Une vraie bonne canne. Voir le produit => https://www.pecheur.com/achat-canne-mouche-jmc-kult-371690.html#af=326409

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