Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
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vendredi 16 octobre 2020

Saison 2020, le bilan.

Une saison 2020 qui restera à coup sûr dans les mémoires. Nos raisons seront sans doute différentes, mais il est certain que nous ne l’oublierons pas.

Pour ma part, elle a pourtant débuté comme toutes les autres soit le deuxième samedi de mars. Comme chaque année, nous avons mangé les saucisses autour du feu avec les copains. Thibaut quant à lui a pris sa première truite aux leurres afin de sauver la bredouille comme tous les ans. La saison était donc lancée de la plus habituelle des manières. Tellement bien lancée, que l’après-midi de ce premier jour d’ouverture et ce sans trop y croire, j’ai eu la chance de capturer ce qui doit être un de mes plus beaux poisson de ma saison. Sans m’arrêter en si bon chemin, cette même réussite m’a permis de faire le doublé avec une truite un peu plus petite mais en sèche quelques minutes après. Je ne prends quasiment jamais rien le jour de l’ouverture, c’était donc forcément un signe que la suite allait être inédite.

Première truite de la saison en nymphe à vue.

Nous avons été confinés le lundi suivant à midi, soit le 16 mars. J’ai pêché jusqu’à 10 minutes du délai afin d’être à la maison à midi. J’ai d’ailleurs fait un joli capot le lundi matin. Puis, Il y a eu un flou les jours suivants. L’arrêté sur l’interdiction de pêcher est sorti le vendredi dans notre département. Je suis allé pêcher jusque cette date une heure par jour avec mon attestation sans trop savoir si j’en avais le droit. J’aurais d’ailleurs bien continué. Mais non, après le 20 mars, j’avais toujours le droit d’aller à la rivière une heure par jour, mais cette fois-ci sans canne à pêche. Mr le préfet ayant mis son véto sur cette activité dangereuse pour la transmission du virus en n’en point douter. Je ne vais pas revenir là-dessus, mais je n’en pense pas moins ! Heureusement que la Gouille était là pour m'occuper. J'espère que mes vidéos vous ont fait autant marré que lorsque je les ai réalisé. Je me souviens encore de ma grande fille qui me regardait faire en se demandant si son père ne devenait pas fou ! 

La seconde ouverture est intervenue le 11 mai. Ma situation personnelle de cette période de l'année m’a permis de pêcher énormément. J’étais la plupart du temps en chômage partiel ou en télétravail ce qui permet de s'organiser facilement pour être au bord de l'eau dans les bons horaires. Autant vous dire que j’ai eu vite fait de rattraper mes heures de pêche perdues en avril. Je pense qu’à la mi-juin, j’avais même plus pêché que lors d’une saison normale. Vraiment étrange comme situation.

Les premiers jours du déconfinement furent incroyables.

J'ai même profité de cette fin mai pour faire mes deux seules sorties hors du département. Deux virées sur la Loue dont une avec mon fils où l'on s'est régalé à Cademène. Le reste du temps s'est passé uniquement dans le Jura mais sur différentes rivières. Mon activité partielle m'a permis également d'accompagner un jeune pêcheur débutant sur une journée au bord de la Bienne. Près de 4 ans que je n'y était pas retourné. Nous avons passé une belle journée avec ce jeune pêcheur.

Kévin se souviendra de cette journée.

Puis, vers la fin juin, ce fut le début d’une dégradation généralisée des rivières du coin. Au fil des semaines, seuls quelques parcours bien situés permettaient une pêche sans contrarier la survie des truites. Mais logiquement, ils étaient tous très prisés. J’ai donc lâché un peu l’affaire durant une période. Je grogne parfois quand la pression est trop grande sur mes parcours privilégiés en fin de printemps, ce n’est pas pour en mettre une supplémentaire sur d’autres linéaires à une autre époque.

Quoi qu’il en soit, l’été a été dévastateur. Je pèse mes mots. Mise à part les parties amonts qui s’en sont sorties plus ou moins bien, les parties avals ont subi de plein fouet les faibles débits et des températures bien trop chaudes pour que les truites vivent dans de bonnes conditions. Bien au contraire, ces poissons qui forcent l’admiration se sont mis en mode survie durant de trop longues semaines. Beaucoup ont péri, cela ne fait aucun doute. En particulier les plus gros sujets.  À cela s’ajoute une quantité de baigneurs jamais vu pour moi depuis que je foule les berges de la rivière d’Ain. Il fallait le voir pour le croire. Certains habitués vont être malheureusement très surpris lorsqu’ils vont revenir pêcher leurs parcours favoris l’année prochaine. Il va manquer un grand nombre de poissons. J’ai déjà pu le constater ces derniers jours.

Photo prise par mes soins au début de l'été.

Il y a eu néanmoins quelques petites éclaircies dans l'été. J'ai participé à un nouveau tournage pour la chaîne Seasons avec les copains Pascal et Cyril. Au-delà des phases de tournage, on a vraiment bien rigolé. Merci à eux de continuer à me faire confiance et mettre en avant mon travail d'artisan. Le seul média français qui le fait, je leur en suis très reconnaissant. Nous avons aussi avec Thibaut fait un Week-end silure/truite sur 3 jours assez génial. Je reviendrais dessus dans de futurs articles.

Sur la fin de saison, j’ai retrouvé cette envie de pêcher qui s'était, il faut bien le dire, quelque peu dissipée. Je suis allé pratiquer sur des linéaires où je pensais que cela était possible. L’eau était toujours basse bien entendu, mais les températures tout à fait acceptables et même souvent froides. L'activité des poissons s'en ressentait. Il y a même eu de nouveau des éclosions avec des gobages. J’ai profité de ces conditions pour finir la saison sur une note un peu plus joyeuse, qui plus est avec des amis.

Au final, une saison de pêche, comme le reste finalement, remplie de contrastes et de phases totalement inédites.

Deux jolis souvenirs des derniers jours.

mercredi 9 septembre 2020

Interdiction de marcher dans l'eau.

L'information du jour. Interdit de rentrer dans l'eau jusqu'à la fermeture. Je vous fais un copier-coller du message de la Fédération de Pêche du Jura.

[⛔️ Interdiction de la pêche en marchant dans l'eau]

Malgré l'épisode pluvio-orageux de la fin du mois d'août, le niveau des cours d'eau du massif est à nouveau critique. La situation s'est même dégradée en Petite Montagne et sur les cours d'eau du Revermont.

Suite au durcissement des restrictions de l'usage de l'eau et conformément à l'interdiction de pratiquer des activités aquatiques susceptibles de perturber le fond des cours d'eau, notre fédération a demandé à ce que la pratique de la pêche en marchant dans l'eau sur l'ensemble des cours d'eau de 1ère catégorie piscicole du département soit également concernée par cette interdiction.

Cette mesure s'applique dès à présent sans modification de l'arrêté niveau crise pris le 02/09, considérant que la liste des activités aquatiques citées n'était pas restrictive. La pratique de la pêche restera autorisée en 1ère catégorie , uniquement du bord, jusqu'à la fermeture fixée au 20 septembre 2020.

jeudi 27 août 2020

Un mois d'août bien compliqué.

Ce mois d'août se termine dans la douleur. Celui de 2019 avec ses averses régulières fait allure de paradis à côté. Cette année, nous sommes à moins de 25mm de pluie chez moi. Si on additionne un total quasiment similaire sur juillet, vous comprendrez aisément la catastrophe qui se trame actuellement.

Dès la mi-juillet, j'ai averti les autorités sur les mortalités en cours. Comme tous les ans, rien de "spectaculaire" sur la rivière d'Ain, mais des signalements journaliers sur tous les linéaires par les pêcheurs. J'ai reçu de nombreuses photos. Aucun parcours n'a été épargné. Moi-même, je voyais des poissons sur le dos à chaque sortie.L'OFB suite à ses observations et mon alerte a fait des sorties sur le terrain sur la fin juillet. 13 kilomètres de parcourus en canoé pour un total de 3 poissons morts vus. Pour eux, et à juste titre vu le résultat, rien d'alarmant. Mais de toute évidence, cela ne reflète pas la réalité du terrain et il faudrait certainement plusieurs sorties de ce genre pour avoir un retour plus proche de la vérité. Les 3 poissons morts par exemple, je les ai vu sur 200 mètres en 1 heure lors de ma dernière sortie fin juillet sur l'aval de Champagnole. A ceci il faut ajouter 1 poisson agonisant avec les deux yeux éclatés. Du coup, vous comprenez que je reste dubitatif et que finalement, nous ne sommes pas sur les mêmes longueurs d'ondes avec les autorités.

Quoi qu'il en soit, les truites disparaissent. Le mois d'août n'a pas failli dans ce domaine. Sur l'aval, nous avons eu des poissons dérivants sur le dos tous les jours. A cela s'ajoute le braconnage bien entendu. Braconnage connu depuis des décennies en période estivale. Une tradition ! Des groupes de plusieurs hommes pêchant à la main ou encore au fusil harpon comme cet été sur notre AAPPMA. Bien entendu, rien n'est fait. On empêche les mecs qui paient leur carte d'aller pêcher lors du confinement alors qu'ils habitent à côté de la rivière mais on laisse les bracos piller à loisir quand les autres ont repris le boulot. Ce monde est merveilleux et me donne envie de tout faire, sauf de suivre les règles !

Durant cet été, de nombreux pêcheurs m'ont également signalé des brusques variations de niveaux sur la rivière. C'est un phénomène connu, signalé par notre AAPPMA depuis 2 ans à l'OFB. Problème que je pensais résolu. Il faut croire que non. Après, ces variations sont visibles de partout et de tous, et si comme souvent seule notre AAPPMA monte au créneau pour grogner, ça ne bougera pas. J'invite donc mes collègues des AAPPMA amonts et avals à prendre leur téléphone en signalant ce problème à chaque fois qu'il a lieu.

Suite à la surpopulation de baigneurs sur la rivière et surtout aux incivilités qui en ont découlé, les deux communes concernées m'ont entendu suite à un mail que j'avais rédigé. Merci également aux deux riverains qui se reconnaitront pour le temps passé à gérer cette situation. Des actions devraient se mettre en place pour l'été 2021. En attendant, j'invite les pêcheurs qui vont revenir sur les berges (sous réserve d'un peu de pluie) à ramasser tous les déchets présents. Merci aux chasseurs dès l'ouverture du gibier d'eau de faire de même.

La seule bonne nouvelle du moment est la baisse des températures. Le niveau reste toujours catastrophique (record mensuel du plus bas observé en cours) mais les truites vont enfin respirer. Notre AAPPMA a d'ailleurs refusé qu'une pêche électrique (prévue demain) et qui devait être réalisée par Aquabio pour l'OFB ne se fasse. Les truites galèrent depuis presque 2 mois, les pêcheurs ne les embêtent plus depuis 1 mois et demi selon les consignes de l'AAPPMA alors laissons les se remettent tranquillement de ces douloureux épisodes successifs. Nous avons réussi à faire reporter cette pêche au printemps. De toutes façons, il ne restera pas grand chose à compter...Tout cela pour savoir s'il reste 6 ou 8 adultes. Oui, on en est là.

D'un point de vue plus personnel, la pêche a été mis de côté en ce mois d'août. C'est la première fois en 35 ans que je pêche si peu. Une grosse dizaine d'heures tout au plus. Les truites survivantes à ce terrible été vont bientôt pouvoir souffler...Jusqu'à l'arrivée des harles bièvres et des cormorans (mais zut, ils sont déjà là). À se demander comment il peut rester une ou deux truites avec toutes ces agressions sérieux...

L'observation des frayères sera révélatrice des pertes estivales. La seule valable pour moi. Et j'ai déjà peur de ce que je pourrais ne plus voir...

Croisons les doigts pour que ces joyaux aient survécu.

jeudi 13 août 2020

La rivière d'Ain est au bout.

Trop chaud, trop sec, trop long...Cette période sèche, cet été caniculaire, le sixième consécutif est un véritable cauchemar...

Quand un cours d'eau comme la rivière d'Ain coule à 900 litres par secondes, il y a de quoi avoir mal au ventre.

Quand la température de ses eaux passe sur de nombreux linéaires les 20 degrés, ça sent la mort.

Quand ses berges sont envahies par des personnes peu soucieuses de sa santé c'est le pompon..

Il n'est pas simple de devoir vivre dans les eaux des rivières jurassiennes de nos jours. C'est sans doute un pari des plus risqué. Une truite sauvage, qu'elle le veuille ou pas, à plus de chance de succomber que d'avoir une vie épanouie et quel que soit son âge.

La rivière d'Ain sur la majorité de son linéaire n'est plus qu'un mélange d'algues diverses qui colmatent les fonds et autres habitats de poissons et d'invertébrés. Cette soupe de laitue qui dérive dans un lent courant en devient verte fluo au soleil. Ce soleil qui brule tout du matin au soir et qui chauffe l'eau de la rivière au point d'en faire un lieu de baignade privilégier. Dans ces conditions, peu importe la qualité de l'eau, les truites crèvent dans ces eaux et alors, l'eau "est bonne". Je ne jette la pierre à personne ayant moi-même gamin profité généreusement des joies de la baignade en dessous de la maison. D'ailleurs, à cette époque, je ne me posais aucune question.

La différence, c'est qu'il y a 30 ans, il y avait uniquement les gamins du village qui se baignaient sur le linéaire de notre AAPPMA. On ne faisait pas de feu, on emmenait rien au bord de l'eau si ce n'est notre joie de vivre, on ne se badigeonnait pas de produits solaires...Aujourd'hui, rien qu'au "Verriou", lieu-dit situé entre Crotenay et Pont-du-Navoy, c'est une piscine municipale à ciel ouvert. Les gens se touchent tellement ils sont nombreux. S'ils ne faisaient que se baigner d'ailleurs...

En septembre, les pêcheurs, les chasseurs et autres riverains, ceux qui sont souvent moqués et montrés du doigt ramasseront tous ces déchets laissés par les gentils baigneurs. Cette situation si elle n'est pas prise au sérieux par les instances dirigeantes va dégénérer dans les années à venir. Je rappelle simplement que la moindre parcelle en bordure de rivière appartient à un privé ou une commune. Chez nous, le plus souvent à un privé. Et ce au même titre qu'une cour de maison. Il y a toujours eu une forme de tolérance des propriétaires pour laisser la libre circulation des personnes mais attention à ne pas pousser le bouchon trop loin car l'exaspération gagne du terrain.

Plus de débit, des eaux chaudes et des incivilités, le cocktail mortel pour les truites jurassiennes en cet été 2020.

Voilà une photo qui parle d'elle-même. La rivière d'Ain à Champagnole ces jours.

Quand je lis aujourd'hui le message de Jura Tourisme sur Facebook, je cite dans le texte : "Le Jura est resté lui-même dans un pacte de non agression entre l’homme et la nature." je ne sais pas si je dois rire ou pleurer. Il y a clairement une forme de dénie au profit du tourisme à tout va. Attention, moi aussi je vis en partie de tourisme. De nombreux pêcheurs passent à la maison prendre leurs mouches. Je ne vais pas cracher dessus. Mais malgré le fait d'avoir une activité liée au tourisme, on est en droit d'être transparent. De relater la réalité. Oui, notre Jura souffre, nos rivières sont moribondes tant sur la qualité de l'eau que pour les débits. Oser dire qu'il y a "un pacte de non agression", c'est fort de café !

Les prévisions météo donnent des températures en baisse et des possibles intempéries. Croisons les doigts, cela devient vraiment urgent.

La période de reproduction des truites sauvages sera révélatrice. J'ai déjà peur de ce que je vais pouvoir observer ou plutôt, de ce que je ne vais pas voir...

jeudi 23 juillet 2020

Compliqué sur les parcours avals.

La situation s’aggrave assez vite sur les parcours avals la rivière d'Ain à partir de Crotenay. Des fonds complétement colmatés et de plus en plus de poissons en souffrance. Je pense qu'il est grand temps de lever le pied au niveau pêche. Je vous invite malgré tout à rester présent par le biais de promenade de surveillance.

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