Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
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Mot-clé - Haute rivière d Ain

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mercredi 20 janvier 2021

Evolution de la taille moyenne.

Y’a plus rien ! En voilà une phrase que l’on peut entendre au bord de l’eau. Pour ma part, je l’ai entendu bien des fois par chez moi. Que cela soit sur les berges de la haute rivière d’Ain ou sur une autre rivière de mon département. C’est éloigné de la vérité malgré tout même si on s'en rapproche de jour en jour. Il y a une explication à la naissance de ce sentiment chez bien des pêcheurs.

Pour posséder un vécu de plus de 35 ans sur cette rivière, je peux donc avancer que j’ai été le témoin de cette évolution sur la rivière d'Ain en y étant très attentif. D’ailleurs, au moment où j’ai débuté, j’ai croisé des anciens qui me disaient déjà qu’il n’y avait plus rien. Mais de cela j’en ai parlé dans un précédent article.

Magnifique poisson sauvage au gobage.

Lorsque j’ai commencé à pêcher au milieu des années 80, il y avait encore une population de truites et d’ombres extraordinaire. Si les effectifs ont évolué en nombre dans le mauvais sens comme vous le savez, ils ont aussi évolué en taille. De cela, on en parle beaucoup moins. Je m’explique. À l’époque, alors que l’on prenait de nombreuses truites et même encore des ombres, la taille moyenne de ces poissons était assez modeste. J’ai même le souvenir que la barre des quarante-cinq centimètres était un marqueur important. C’est à partir cette taille qu’on parlait de grosse truite. Ce n’est pas une question de savoir-faire ou de technique, c’était le cas pour nombre de pêcheurs. Pour en reparler régulièrement avec eux, on se fait toujours cette même réflexion. Pour voir un gros poisson sur les linéaires que je parcours encore aujourd’hui, il fallait vraiment se focaliser dessus. Le rechercher spécifiquement. Et puis souvent, c’était vraiment un très gros. Il n'y avait cette présence de poissons intermédiaires. En tous les cas pas avec une densité que l'on a pu connaitre dans les années 2010-2015. Depuis, les effectifs chutent d'année en année pour les raisons que l'on connait.

Truite sauvage en poste.

Pour résumer ma pensée, il y a 30 ans, je voyais peu de truites de cinquante centimètres. Il y avait par contre une quantité incroyable de poissons entre vingt et quarante centimètres, mais plus haut, cela devenait rare. On en prenait, mais vraiment très peu. À côté de cela, tous les ans, je voyais plusieurs poissons de plus de soixante-dix centimètres. Il y avait le tout venant et les vraiment grosses. Aujourd'hui, sur ces mêmes parcours, il y a très peu de juvéniles, les poissons d'un ou deux kilos sont les plus répandus et les très très grosses ont quasiment disparues. Ces immenses poissons qui tous les ans me foutaient une trouille en faisant barrer les ombres qui étaient devant moi !

La beauté du poisson sauvage.

La taille moyenne des truites a vraiment évolué de façon considérable sur les trente dernières années. Sans parler de pêche, ces observations sont identiques sur les frayères. C'est flagrant pour celui qui les observe depuis longtemps sur les mêmes linéaires. Cela n'a rien à voir avec une gestion halieutique type parcours no-kill puisque les mêmes observations se font sur les autres linéaires où les prélèvements sont autorisés. J’ai par exemple fait ces dix dernières années des saisons avec plusieurs dizaines de truites à plus de cinquante centimètres alors qu’à l’époque, je devais en prendre une ou deux par an en pêchant beaucoup plus. Pourtant, ado, je pratiquais un peu toutes les pêches dont le vairon manié ou bien encore la pêche à vue au lancer avec des larves de plécoptère et j'avais en plus un temps de pêche considérable. Ces techniques de pêche étaient redoutables et ciblaient justement les plus beaux poissons. Je prenais très régulièrement des quarante ou quarante-cinq mais plus rarement au-delà. Les copains, mon père ou même André Terrier avec qui je pêchais très souvent avaient les mêmes résultats. Pour prendre une très grosse il fallait y passer un temps fou. La repérer dans la masse et l'étudier pour être au bon endroit au bon moment.

Alevin de truite sauvage.

Cette augmentation de la taille moyenne des poissons n’est à l'évidence pas une bonne chose. C’est un signe comme bien d’autres que la rivière s'est dégradée petit à petit. Sauf que ce celui-là « arrange » une partie des pêcheurs, donc on en parle moins.

Quand je pense qu’il y a 35 ans (alors que 99.9% des pêcheurs conservaient toutes leurs prises), cela devait être des milliers de truites tous les ans qui étaient retirées de la rivière entre Marigny et Sirod. On ne voyait pas la différence à l’ouverture l’année d’après. Il y avait plus de truites en bas de la maison alors qu’on pouvait en garder huit par jour que maintenant alors qu'on est en no kill total. Aujourd'hui, les truites sont plus grosses, mais elles sont si peu nombreuses, si précieuses. Quel gâchis quand on y pense...Il va rester des linéaires où vivront quelques truites de deux kilos et plus ici et là. Des truites réservées à une élite tant elles deviendront difficiles à capturer (c'est déjà un peu le cas). Et entre deux poissons, des centaines de mètres de rivière vides de truite.   

Deux poissons sauvages sur frayère.

Dans ces conditions, il est compliqué d'y croire encore, de rester motivé et concentré sur les agressions qui provoquent cette disparition programmée du cheptel sauvage de nos rivières jurassiennes. Mais justement, et plus que jamais, nous devons impérativement rester les sentinelles actives et attentives au chevet de ces rivières. Au moins par respect pour ces derniers poissons merveilleux que sont les truites sauvages. 

mercredi 13 janvier 2021

Balades hivernales.

Si ma vingtaines de sorties automnales m'avaient mis sur la piste, mes observations hivernales me l'ont confirmé sans aucun doute possible. De souvenir, je n'ai jamais observé une chute aussi brutale des effectifs sur une année. Bien entendu, il reste quelques poissons ici et là, mais bien peu. Les plus gros sujets ont disparus. Pas vu sur les frayères en tous les cas. Là où je voyais l'an passé 25 poissons sur une place de frai, j'en ai vu 5 ou 6 cette année. Essentiellement des poissons entre 30 et 40 centimètres. Si ce frai là ne fonctionne pas avec le peu de reproducteurs vus, on sera très proche de la fin.

Une truite seule sur son nid entouré de galets bien noirs !

Voilà ce que je voyais encore l'an passé sur les mêmes zones de reproduction. Sur la photo ci-dessous, il y a une vingtaine de truites. Il y en avait d'autres hors cadre. Je n'ose mettre une image d'il y a une dizaines d'années...

Photo prise il y a plus d'un an. Hors nid, le fond était bien moins noir quand même.

La femelle a trouvé son mâle. Pas si simple cette année !

La rivière se vide encore plus vite que mes prévisions les plus pessimistes. Un peu comme le réchauffement qui bat records sur records au-delà des prévisions les plus sombres. Malgré ça, et sans trop savoir pourquoi, je me sens toujours aussi bien sur les berges de la rivière d'Ain. Je sais aujourd'hui que je foulerai ses berges avec ou sans poisson. Hiver comme été, au printemps ou bien encore à l'automne. Elle reste à mes yeux la plus belle.

La rivière d'Ain sous la neige.

Avec mon fils, nous nous sommes octroyés une petite fenêtre de deux jours pour amener de la variété lors de nos balades hivernales. Deux jours près de l'eau salée. Nous avons tenté de capturer des poissons dont nous ignorons tout. Une belle petite récréation en ces périodes plutôt moroses.

Le port de la Ciotat.

Pris à vue avec un bonbon blanc.

Lever du jour en bord de mer.

De retour sur nos terres natales, j'ai repris mes balades le long des cours d'eau jurassien. Si la rivière d'Ain reste ma préférée et de loin, j'aime aller à droite et à gauche pour voir ce qui s'y passe.

Un méandre d'une rivière de plaine.

Les différents coups d'eau de l'automne ont en partie décolmaté le fond de la rivière d'Ain. On peut voir sur la photo ci-dessous que c'est surtout le cas pour la veine centrale. Les autres zones restent bien sombres. La crue annoncée fin de semaine avec le cumul précipitations et fonte de manteau neigeux pourrait terminer ce nettoyage nécessaire.

La rivière d'Ain photographiée ce dimanche.

Il n'y a pas que des mauvaises nouvelles. Il faut s'accrocher à des petits détails ou une simple rencontre par exemple. J'en ai fait une plutôt inattendue ce dimanche. Alors que j'étais très loin du premier accès à la rivière, j'ai croisé sur mes berges favorites un jeune homme de 15 ans qui était là lui aussi pour observer. Il faisait un froid de canard. Nous avons discuter ensemble et partager nos observations du jour. Quel plaisir de voir un jeune homme motivé de la sorte. Cela m'a fait chaud au coeur.

Il en faut de la motivation. Car si la rivière se porte plutôt mal, c'est aussi le cas de la végétation en berge. Tous les épicéas sèchent les uns après les autres. C'est une catastrophe. Il va falloir couper ces arbres. Les berges vont ressembler à un champ de mines !

Ici sur une parcelle dont l'AAPPMA est propriétaire.

Comme si tout cela ne suffisait pas, j'ai vu un seul et unique poisson dimanche, jour de ma dernière sortie à cette date. Une truite d'environ 50 centimètres. Morte. C'est moralement difficile à supporter quand même. Croisons les doigts pour que je sois passé à côté de certaines choses, ce qui est aussi tout à fait possible.

Il me semble malgré tout que la pêche sur la rivière d'Ain va se résumer à Champagnole et son amont dorénavant. Les parcours avals seront peuplés de très rares poissons qui seront finalement réservés à une élite de la pêche tant ils seront traqués au vu de leur faible densité qui contraste avec celle des pêcheurs les recherchant spécifiquement.

Truite morte dans les branches.

vendredi 4 décembre 2020

La mort pour donner la vie ?

Les fonds noirs d'une rivière francomtoise ne nous sont malheureusement pas inconnus. En règle générale, les pêcheurs alertent qui veut les entendre que le phénomène se déclenche au cours du mois d'avril après les grosses campagnes d'épandages de lisier. En cette année 2020, c'est la double lame ! Quelle p****n d'année quand même ! 

De mémoire, je n'ai jamais vu les fonds de la rivière d'Ain aussi noirs à cette époque de l'année. C'est d'autant plus terrible et traumatisant que les truites, enfin, les quelques individus adultes qui ont survécus aux épandages du printemps et à la sécheresse estivale, doivent tenter de se reproduire. Pour se faire, et vous le savez bien, ces poissons survivants doivent creuser dans les sédiments englués de merde noire un nid pour y déposer les œufs. En creusant ce nid ou même avant ça lors des combats entres mâles, les poissons dans certains cas en ressortiront avec des plaies souvent bénignes. Mais vous l'aurez compris, le contact de ces plaies avec ce dépôt noir sur les graviers leur sera le plus souvent fatal.

Les dernières truites sauvages de Franche-Comté en sont donc là. Donner la vie en trouvant la mort ! Il est certain que les populations devraient croître rapidement avec un tel procédé.

Je vous avoue que j'arrive de moins en moins à me rendre sur les berges de ma rivière. A chaque sortie, c'est le mal de ventre assuré. Je n'arrive plus à trouver un seul motif de satisfaction. Je dirais que j'ai fait une vingtaine de sorties depuis début octobre. Mon constat est sans appel. Par rapport à 2019, je vois 4 à 5 fois moins de truites. Tous les ans la population baisse, je le vois bien et j'en suis parfaitement conscient. Mais certainement dû au fait que notre parcours est 100% no kill, cette baisse était lente bien que réelle. Cette année, c'est juste hallucinant. Je ne vous ferais pas cet hiber de vidéo sur les frayères celles-ci étant dépourvues de poissons sur mes secteurs de promenade. Il y a bien ici et là un couple qui gratte dans les algues noires, mais c'est surtout le vide qui s'est installé.

L'Ain aval. Cette zone de frai (vide) montre à quel point la rivière est noire à côté.

Sur Champagnole ce n'est pas mieux. (photo : @alex)

Toute la rivière est touchée, ici, l'amont de Sirod. (photo : @dylan)

La Loue est tout aussi noire que les autres. (photo : @stéphane)

Comme un cri du cœur. (photo : @stéphane)

Les poissons sont toujours malades. (photo : @stéphane)

Donner la vie pour trouver la mort ! (photo : @stéphane)

Vidéo réalisée par Fred sur un petit affluent de la Loue.

lundi 23 novembre 2020

Pendant ce temps là...

Il y a des choses plus graves que d'autres dans la vie. Ceci est un fait. Si j'en crois la vague déferlante de mécontentements des pêcheurs sur les divers réseaux sociaux, c'est le fait de ne pas aller à la pêche durant ce deuxième confinement qui est tout en haut sur l'échelle de la gravité.

J'ai donné mon avis sur la question en étant surtout contrarié que l'on ne puisse pas pêcher dans les conditions du confinement (1 heure/1kilomètre). Après tout, on peut faire du vélo, se promener ou que sais-je encore en respectant ces règles, pourquoi ne pas pêcher si nous avons la chance d'avoir un lieu pour le faire ? Cela est restée un pensée personnelle, sans aller plus loin. En aucun cas je n'ai eu l'idée de faire des demandes particulières en tant que président d'AAPPMA pour que les pêcheurs aient des passe-droits. Il y a quand même une situation sanitaire inédite avec encore aujourd'hui de nombreuses inconnues quoi qu'on en dise. Par respect pour les personnes touchées et pour ceux qui donnent de leur temps pour les soigner, on pourrait pour une fois ne pas penser qu'à son petit confort. C'est mon avis.

Il faut croire qu'il n'est pas partagé. Nombre d'articles, de vidéos et autres supports dénoncent ce confinement pour les pêcheurs. Certains souhaitant même avoir le droit de pêcher au-delà des règles des 1 km/1heure. L'argument est que la pêche se pratique seule en plein air. Certains demandent des réductions de cartes pour 2021, d'autres appellent à ne pas en prendre du tout ! Et puis il y a ceux qui vomissent sur les actions des structures associatives avec en ligne de mire la fédération nationale.

Que d'énergie, que de volonté, que d'envie pour changer les choses. Les réseaux sociaux nous ont dévoilé en quelques jours des dizaines de leader voulant renverser des montagnes afin d'inverser la tendance actuelle. Quelle belle et bonne nouvelle ! Tout cela pour qu'on puisse pêcher en pleine pandémie. Quel beau combat à mener ! 

Sauf que pendant ce temps-là et ce depuis des décennies, les rivières et autres milieux aquatiques souffrent tellement qu'ils sont à l'agonie pour beaucoup. J'ai un doux rêve. Que toutes ces nouvelles énergies venues des leaders du Web viennent renforcer les rangs des quelques pêcheurs travaillant pour de vrai. Qui sont eux sur le terrain pour essayer de faire de bonnes choses dans la mesure de leurs moyens.

À vrai dire, je n'ai pas les compétences pour dire que notre système associatif national est bien ou pas. S'il est adapté ou pas. Non, je ne le sais pas. Je peux par contre faire le constat suivant : c'est un échec total dans presque tous les domaines ! Je sais aussi qu'il n'a pas du tout été exploité par les pêcheurs. Ignoré par ces mêmes personnes qui aujourd'hui se plaignent de tout. Qui se réveillent uniquement parce qu'elles n'ont plus le droit de pêcher. Quelle tragédie !

La vraie tragédie se répand depuis des années. La vraie tragédie c'est que confinement ou pas, nous ne pourront plus pêcher faute de rivières vivantes !

Les pêcheurs ont eu leur chance via le système en place. Je prends simplement l'exemple que je connais le mieux, ici, chez moi. Il est certainement duplicable ailleurs. Sur notre secteur de la haute rivière d'Ain, il y a 4 AAPPMA dont la nôtre où je suis président depuis 23 ans. Depuis tout ce temps et même avant, j'ai tenté de faire comprendre aux pêcheurs autour de moi qu'il fallait s'engager dans les AAPPMA pour ensuite aller en Fédération. Il n'y a rien de plus simple pour prendre "le pouvoir". En 23 ans, j'ai vu une légère amélioration des choses en termes d'idées et de volontés à Champagnole. Sur l'amont et l'aval, cela s'est empiré. Il y a toujours les mêmes personnes aux commandes, toujours les mêmes idées obsolètes. Si on veut avoir une chance de faire vaciller le sommet de la pyramide, soit notre président national si décrié, il faut au minimum que la base se bouge. Force est de constater que ce n'est pas le cas.

Je n'en veux même pas aux personnes qui crient leur colère aujourd'hui en demandant des remboursements de cartes ou autres, parce qu'au final, pas certain que les AAPPMA aient eu à y gagner avec de tels personnages. Non, j'en veux un peu à tous les pêcheurs et plus globalement à tous les acteurs du monde la pêche qui se taisent, qui se cachent. Ces personnes qui m'ont répondu un jour : "ce n'est pas pour moi une fonction d'élu" ou bien encore "je manque de temps pour m'investir", etc...Que des bonnes excuses. Le manque de temps par exemple, quelques réunions par an et personne ne peut se libérer. Par contre, pour faire des dizaines de sorties dans la saison, là, il y a du monde. Pour préparer ses voyages à l'étranger, il y a toujours foule aussi. J'ai tellement d'exemples à citer.

Je ne sais pas pour le système, mais je sais que je ne crois plus du tout à la bonne volonté des pêcheurs. Pour la plupart, ils aiment pêcher et critiquer, ça s'arrête là !

Pour chez nous, les choses sont claires, c'est trop tard. Nous pêchons les dernières truites sauvages. Alors ne nous plaignons plus, car nous avons pour la grande majorité été totalement passifs sur ce qui s'est passé ces dernières années. Aujourd'hui, j'ai surtout de la peine pour les pêcheurs débutants ou peu aguerris. Comment prendre du plaisir avec des populations si faibles.

Je vous joins une vidéo réalisée par mes soins en 2009. Je voyais des dizaines de truites rassemblées. 70 poissons adultes ce jour-là. C'était il y a 11 ans. Hier. Cet automne, j'ai fait également de nombreuses sorties. J'ai vu entre 1 et 6 poissons différents par sortie. Dites-moi ce que je verrais dans 11 ans ??

Vous avez vu le fond de la rivière sur la vidéo en 2009 ? Regardez-le maintenant sur cette photo prise hier. Il est noir comme du charbon. Cette rivière se meurent, comme des centaines d'autres en France, mais ce qui importe le plus, c'est que nous puissions pêcher !

dimanche 1 novembre 2020

Vidéo : Souvenir partagé avec mon fils.

Je vais revenir aujourd'hui sur ce qui fut la seule et unique partie de pêche commune avec mon fils cette année. Une saison vraiment pas comme les autres. Thibaut a pas mal pêché à la sortie du confinement pour assez vite laisser tomber la rivière au profit d'autres espaces aquatiques.

Par le fait, nos chances de pêcher ensemble étaient très réduites. Nous l'avons fait ce jour-là. J'ai pu ainsi me rendre compte que Thibaut, malgré un temps de pêche très faible, savait toujours capturer les belles zébrées de la rivière d'Ain.

Le temps de pêche, voilà un élément important. Quoi de plus "facile" que de capturer truites sur truites lorsque l'on pêche 40 heures par semaines. Lorsque l'on passe la majorité de son temps libre sur les berges, on possède là toutes les chances de tomber dans les bonnes fenêtres d'activités. Je suis bien placé pour en parler. Plus jeune, je pêchais même certainement plus de 40 heures par semaine. En toute logique, la technique s'affine à vitesse grand V et le pourcentage de tomber dans les meilleurs moments d'activité est énorme. C'est bien différent lorsque l'on pêche 40 heures par saison. Les réflexes, la techniques, les sensations sont bien différentes. De plus, tomber en face oblige d'avoir une grande part de chance.

C'est pour toutes ces raisons que je suis bien plus admiratif d'un pêcheur passant peu temps au bord de l'eau tout en ayant des résultats que de celui qui y passe sa vie. Dans ce cas-là prendre des truites en nombre relève de la normalité, dans le cas contraire, il faut changer de loisir ;-)

Quand on pêche peu, une belle truite donne encore plus plaisir, qui plus est sur un parcours réputé très difficile. Cela faisait plusieurs heures que nous trainions nos guêtres avec mon fils le long des berges de la rivière. Il y avait une bonne activité et nous avions tous les deux pris du poissons. La journée était déjà remplie de jolis souvenirs partagés, de joie et de belles émotions. Sans le savoir, la cerise sur le gâteau attendait patiemment de se faire croquer.

Alors que j'étais mis en échec sur une truite d'environ 40 centimètres depuis plusieurs minutes, j'ai proposé à mon fils qui était à mes côtés de tenter sa chance. Ce poisson était situé à environ une douzaine de mètres de la berge. Une fois en place, Thibaut commença à sortir de la soie mais se ravisa de suite. 

-Papa, tu n'as pas vu la truite dans le profond sur ta gauche ?

Je vous avoue que non. Je n'avais pas vu cette truite immobile au fond de cette petite fosse. J'étais concentré sur le poisson de 40 bien plus visible. Thibaut lui n'a pas hésité une seule seconde. Il a changé d'objectif dans la foulée. Après un posé légèrement en paquet et une légère animation, il a ferré cette truite de façon autoritaire ! Je vous fait profiter de la suite en vidéo. J'ai commencé à filmer 5 à 6 secondes après le ferrage.

Merci mon fils pour ce joli souvenir partagé ensemble.

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