Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
Centre de pêche en Bosnie.

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Mot-clé - Haute rivière d Ain

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lundi 24 novembre 2025

Plus de 10 ans qu'on nous promène...

Le 28 juillet dernier j'ai publié ici même une vidéo qui ne laissait aucune place aux doutes. Celle de la sortie de la lagune du village directement dans la rivière d'Ain. Si vous avez manqué cette parution, vous trouverez ci-dessous une photo pour le souvenir.

Si ces images ont choqué, rien d'étonnant pour les membres de notre AAPPMA. Cela fait au moins dix ans que nous alertons sur les dysfonctionnements récurrents de la lagune du village. Pour nous, il est clair que celle-ci n'a jamais fonctionné. C'est pourquoi entre 2015 et 2016 nous sommes allés au tribunal avec en face de nous la communauté de communes et Véolia. Nous avions été renvoyés poliment chez nous sans que rien n'accuse la com-com ou le prestataire. Depuis, nous n'avons cessé d'alerter encore et encore. Mais que peut bien faire une petite AAPPMA avec quelques bénévoles réellement actifs face à l'administration ? D'autant plus que nous avons tenté une action en justice comme dit précédemment malgré le rapport de puissance en notre défaveur.

Malgré des rappels réguliers, la vidéo de juillet a fait plus de bruit ou devrais-je dire qu'elle a dérangé plus qu'à l'habitude. Nous avons donc demandé à la fédération de pêche du Jura de prendre les choses en mains afin d'organiser une rencontre avec les principaux acteurs. La fédération étant à notre avis mieux armée pour faire face à ces gens-là.

Je vous joins le compte-rendu écrit d'une rencontre avec les politiques locaux en charge de l'assainissement :

Ces responsables ont finalement admis que la lagune ne fonctionne pas. Qu'elle n'a en fait jamais fonctionné. Ils ont aussi dit qu'aucune solution à court terme n'était envisagé pour améliorer les choses. Que des futurs travaux étaient dans les tuyaux sans qu'on connaissent la longueur des tuyaux...

Ce qui fait mal, ce n'est pas d'avoir raison, non. C'est que tous ces gens nous aient pris pour des imbéciles depuis tout ce temps en nous faisant passer pour des menteurs. Jusqu'à aller nous battre au tribunal en sachant qu'ils avaient tort. Quel monde merveilleux. Tout ce temps de perdu, toute cette pollution dans la rivière d'Ain...Démoralisant, sincèrement.

La production de Comté a bien entendu une part belle dans la dégradation de nos rivières, mais l'assainissement n'est pas en reste, la preuve !

jeudi 6 novembre 2025

Ce soir sur Seasons.

Si j'avais vous êtes abonnés à la chaine Seasons ne manquez pas le dernier film d'Alain Morizot-Thibault, les reflets de l'ombre.

L'occasion de découvrir de superbes images sur ce poisson fantastique. Vous aurez également le plaisir de voir quelques images de la haute rivière d'Ain où j'explique la situation locale de ce poisson. Bon visionnage. Première diffusion ce soir !

lundi 27 octobre 2025

Des pluies bénéfiques !

Dans mon cas l'esprit n'est plus à la pêche. Pour moi, une rivière se vit au fil des saisons et du cycle biologique de dame fario. Je profite donc de chaque instant en tant que spectateur attentif et averti.
Après des semaines de lumières et de couleurs automnales changeantes à observer la rivière et ses habitants, la période actuelle ne peut mieux se passer. Des pluies abondantes depuis la semaine passée ont gonflé la rivière et ses affluents. Depuis le 23 octobre, le débit de nos rivières ne cesse de fluctuer avec des pics de crue importants. C'est environ 120mm de pluie sur les 7 derniers jours chez moi. Quasiment la normale mensuelle. Il faut encore compter quelques dizaines de millimètres pour aujourd'hui. Des crues successives qui vont avoir pour effet de nettoyer en profondeur les places de frai. Les truites auront moins à travailler pour creuser leur nid.
C'est une très bonne nouvelle car la période de reproduction des truites sauvages va débuter dans quelques semaines. Encore une fois, je n'en louperai pas une miette.
Les dernières truites jurassiennes auront donc certainement des gravières aussi propres que celle de l'image ci-dessous photographiée par mes soins en 2018.

dimanche 12 octobre 2025

La rivière a retrouvé son calme.

Voilà déjà quelques semaines que la pêche est fermée chez nous dans le Jura. Les rivières ont retrouvé leur calme petit à petit. Délaissées qu'elles sont des quelques pêcheurs encore assidus et surtout des (trop) nombreux touristes des semaines estivales. Je l'ai écrit moult fois ici ou ailleurs, mais c'est pour moi la plus belle époque. Celle où la rivière se pare de mille couleurs et où les truites retrouvent un comportement plus naturel. Sauf les jours où les oiseaux piscivores sont présents. Qu'on le veuille ou non.

Samedi, je n'ai pas vu un poisson. Normal, j'ai fait partir deux cormorans sur 800 mètres d'intervalle. Ils pêchaient. Autant dire que toutes les nageoires étaient planquées ou au mieux bien flippées. Ce dimanche, pas un oiseaux. Des truites dehors en recherche de nourriture. Comme par hasard. C'est toujours un régal de voir évoluer ces poissons sauvages dans leur milieu naturel sans le stress des pêcheurs qu'ils soient à plumes ou à deux pattes. Car oui, les comportements sont radicalement différents.

Malheureusement, une fois encore, tout n'est pas rose puisque les quelques merveilleuses journées ensoleillées que l'on vient d'avoir on fait pousser des algues sur le fond de la rivière. A tel point que les truites se confondent avec ces choses gluantes. Elles sont présentes en quantité même avec une flotte à 10 degrés.

Pour observer longuement les dernières truites en ce moment, peu ou pas de mouches à se mettre sous la dent. Elles ont de plus tous les maux du monde à trouver des larves dans ce fond où l'on ne voit plus les galets. Du coup, elles se rabattent sur les naissances de l'année en particulier les ombrets de 6 ou 7 centimètres. Il faut qu'ils se planquent les cocos car en ce moment, c'est la nourriture principale des zébrées, comme des piscivores quand ils sont là ! Mais ces chasses qui sont rarement productives sont chouettes à voir !

dimanche 5 octobre 2025

La grande truite de Thibaut.

Si mon fils pêche beaucoup moins qu’à une époque, il prend quand même quelques jours au printemps pour traquer les truites sauvages de notre rivière. La passion pour les zébrées reste bien ancrée en lui mais la faiblesse des densités l’éloigne toujours plus longtemps des berges de la rivière au fil des années. Thibaut passe du temps sur la rivière seulement durant les semaines qu’il ne faut pas manquer. Ces jours où toutes les truites ou presque sont actives. Cela permet de croire qu’il en reste encore un peu. Autant dire qu’il pêche très peu.

Cette saison, durant sa petite période de congés, il a capturé quelques truites sur de très jolis coups de ligne. J’ai en souvenir cette belle truite prise en sèche alors qu’il était en baskets. J’ai encore dans les oreilles le rire de mon fils au téléphone en train de marcher dans l’eau glacée jusqu’à mi-cuisses après une course poursuite pour épuiser cette truite ! Et puis quelques autres…

Mais il y a surtout eu ce poisson. La truite. Cette truite dont il avait connaissance avec son grand copain Victor. Trois ans exactement que Thibaut et Victor croisaient la route de ce poisson une à deux fois chaque saison. Sur le même poste, souvent à la même période. Aucun des deux amis n’avaient réussi jusque-là à tromper la belle zébrée. Parfois même pas "tentable", parfois si mais avec à la clé le refus du poisson devant l’imitation.

Ce printemps, alors que Thibaut terminait ses congés, il eut l’envie de retourner voir si leur truite était toujours là. Il n’y était pas encore allé cette saison. J’étais de mon côté au boulot mais je me souviens avoir reçu des messages où Thibaut me disait qu’elle était toujours au même endroit. Qu’elle ‘était active. Qu’il allait prendre le temps de voir comment il allait faire avant de tenter quoi que ce soit.

Il faut bien dire que le poste où vit ce poisson est très compliqué à aborder. Par endroit des falaises, une grande hauteur d’eau, un débit très faible. Victor et Thibaut, contrairement à leur habitude de pêcher plutôt avec de gros diamètres en pointe, sont déjà descendus en 15 centièmes les saisons précédentes pour tenter ce poisson mais sans succès. Il faut dire que cette truite vit sur un parcours hyper fréquenté sur le plein amont de la rivière. Un parcours où les prélèvements sont autorisés. Autant dire que pour arriver à cet âge-là à cet endroit précis, elle avait oublié d’être stupide.

Après un long temps d’observation, additionné à ses expériences passées sur ce même poisson, Thibaut décide de se positionner sur le poste du haut. Là où il y a un minuscule couloir contre la roche avec une plus faible profondeur d’eau. La truite monte jusque-là pour chercher des nymphes. Le risque est grand mais Thibaut refait toute la fin de son bas de ligne pour mettre une pointe en 13 centièmes. Dans sa réflexion et suite aux expériences passées avec Victor, il était persuadé qu’il fallait la pêcher fin. Le parcours est encore une fois très couru. Les truites voient des pêcheurs tous les jours utilisant toutes les techniques avec une majorité de pêcheurs en nymphe à vue. Le parcours s’y prêtant très bien. Pour mon fils, cette truite reste avant tout un poisson hyper éduqué. La finesse du nylon peut être la clé pour tromper sa vigilance.

Thibaut a fait le choix de nouer une nymphe que son pote Victor lui avait donné. Le tricho d’Alex ! Une jolie bestiole peu plombée montée sur un fort de fer. Après s’être positionné pour avoir le meilleur angle d’attaque, après quelques longues minutes de patience, la belle est arrivée sur le poste comme Thibaut l’avait imaginé. Un coup de ligne à l’arbalète classique comme les deux amis l’avait déjà tenté sur cette même truite par le passé. Mais cette fois-ci, le poisson a ouvert sa grosse gueule sur l’imitation de nymphe de trichoptère au lieu de la refuser comme habituellement. Est-ce le choix du fil plus fin qui a été payant ? Est-ce tout simplement ce jour-là que la truite devait se faire blouser et pas un autre ? Difficile de répondre à ces questions. Thibaut à lui la certitude d'avoir validé son choix de fil fin en tous les cas.

Après un bon ferrage, la truite a basculé directement dans le haut fond. Thibaut a dû sauter à l’eau se retrouvant les pieds dans le vide. A cet instant il a compris avoir commis sa seule erreur du jour. Avoir mis ses waders. Ceux-ci se sont remplis assez vite. Tout en combattant la truite dans cette immense fosse, Thibaut a pu s’accrocher au banc de roche avec son bras gauche et se poser sur les talons afin de terminer le combat sans battre des jambes pour rester en surface. L’eau était glacée bien entendu. Il fait bon avoir vingt-cinq ans !

Depuis sa nouvelle position ma foi précaire mais plus stable malgré tout, il a pu gérer son combat de la meilleure des manières. Malgré sa pointe très fine pour un tel poisson, la délivrance est arrivée après quelques minutes de résistance tout en force en glissant la grande truite dans l’épuisette à la première tentative. J’ose croire que l’élasticité du fil rouge qui compose le corps de son bas de ligne l’a bien aidé quand même. Trois ans que ce poisson était connu. Trois ans après il était enfin là, dans le filet. Un poisson d’une beauté incroyable. Un esthétique parfait à nos yeux. Massif derrière la tête avec une proportion poids/taille parfaite également. Quelle magnifique truite sauvage !

Il a tout de suite appelé deux personnes. Son copain Victor qui connaissait lui aussi ce poisson. Il avait à cœur de partager ce moment avec son pote. Et puis son père, trop occupé au boulot pour répondre ! Quand mon temps de pause est arrivé, j’ai vu sur mon téléphone 4 appels en absence de Thibaut. J’étais fou ! Sur mon WhatsApp des photos ! Mon Dieu ce poisson !

Ni une ni deux, je l’ai rappelé. Il était sur le sentier entre son coup de pêche et sa voiture. Il était complètement gaugé, frigorifié d’avoir rempli les waders mais tellement heureux. Une joie si communicative. J’ai passé ma meilleure pause professionnelle en l’écoutant me raconter toute l’histoire dans les moindres détails.

Cette truite, un mâle de toutes évidences, mesure 66 centimètres. Sur ce linéaire, tout en amont de la rivière, c’est très gros. Très rare. Très vieux. La thermie beaucoup plus basse du fait d’être en tête de bassin rend la croissance plus lente et produit des poissons à taille égale beaucoup plus âgés. Une truite très compliquée à prendre tant ces grands poissons en ont vu passer de toutes les couleurs. Rien à voir avec une grande truite d’un parcours aval que l’on peut attaquer en 20 centièmes parce qu’elle voit un pêcheur tous les 36 du mois. Non, là, c’est une truite d’une très grande valeur sur un parcours mythique. Un coup de ligne dont Thibaut se souviendra toute sa vie. De plus, tenter un poisson autour des 3 kilos en 13 centièmes, il fallait oser quand même. Pari réussi. Bravo fils !

Thibaut a quasiment terminé sa saison sur ce poisson. Même si j’ai réussi à le trainer au bord de l’eau pour une ou deux sorties communes, il n’y avait plus rien de sérieux derrière cet instant. Cela doit être quelque chose comme sentiment d’arriver à tromper un tel poisson que l’on suit sur plusieurs années. Le but pour Thibaut maintenant étant d’en trouver une autre pour y passer autant de temps avec espérons-le pour lui, la même fin heureuse.

La grande main de mon fils qui mesure 1.96m parait bien petite.

Cette beauté sauvage est repartie à l'eau comme si de rien n'était.

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