Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
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Mot-clé - Haute rivière d Ain

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dimanche 23 février 2020

Travaux, No-Kill, sentinelles...Le bien-être de la rivière d'Ain est notre priorité.

Vendredi soir s'est déroulée notre assemblée générale. Très heureux car pour notre petite AAPPMA d'à peine 130 sociétaires, avoir 23 présents donne du baume au cœur. Sincèrement. Merci à tous d'être venus parfois de loin.

Un petit verre de l'amitié avant de se quitter.

Nous avons perdu une quinzaine de cartes par rapport à 2018. Pas grave. Merci aux 8 femmes qui nous ont fait confiance. On aimerait un peu plus de jeunesse mais nous sommes conscients d'avoir un parcours assez compliqué pour débuter. L'équation n'est pas simple.

Le grand motif de satisfaction de 2019 fut l'aboutissement d'un enquête suite à un évènement qui s’est déroulé durant le mois de mai dernier. Une situation dont j’ai été le témoin direct et que j’ai dénoncé auprès de la fédération qui a fait le relai auprès de l’AFB. À l'aide de mes photos et vidéos, une enquête a été menée. J’ai les résultats depuis quelques semaines mais avant de vous en parler, je voulais tout d’abord en faire le compte-rendu à l’assemblée générale de notre AAPPMA. C’est chose faite.

Pour souvenir, j’ai été témoin d’une baisse brutale du niveau de la rivière d’Ain entre Crotenay et Pont-du-Navoy alors que j’étais à la pêche. Ce n’était pas la première fois que j’étais témoin de cela. En 2018, je l’avais vu aussi et signalé. Pour la baisse de niveau de mai 2019, j’ai fait de nombreuses images que j’ai mis en ligne. Une enquête de l'AFB a débuté à partir de celles-ci.

Sur la berge en face, on voit une baisse de niveau de près de 30 centimètres.

Tout d’abord, je dois faire mes plus plates excuses au propriétaire du barrage de Pont-du-Navoy qui était le coupable évident d’après moi. Je ne me suis pas gêné pour le pointer du doigt d’ailleurs dans mes articles de l’époque. Il se trouve que cet ouvrage n’y est pour rien.

En réalité, l’enquête menée par un agent de l’AFB a démontré que c’est l’ouvrage de Bourg de Sirod situé plus en amont qui est le responsable de ces variations de niveau en plein étiage. Ce barrage est géré par EDF. Alors nous sommes loin des marnages provoqués par les barrages sur la basse rivière d'Ain qui eux vont finir par anéantir la faune de la rivière, mais c’est quand même non négligeable.

La micro-faune de cette gravière s'est retrouvée au sec en quelques minutes.

La variation a été visible sur plusieurs dizaines de centimètres et ce en plein étiage. Je me dois de conserver confidentiel le PV que l’on m’a fait suivre, mais l’enquête a bien mis en évidence un défaut de gestion de l’automate commandant les turbines du barrage. Cela se produisait durant un certain débit de rivière.    

Aujourd’hui, les réglages de l’automate ont été modifiés. Le responsable du site a admis les dysfonctionnements. On est donc en droit d’espérer que cela ne se reproduira plus. D'autant plus que c'est une contravention de la 5ème classe et qu'un avertissement a été transmis au Procureur de la république auprès du tribunal de grande instance de Lons-le-Saunier.

Au-delà de tout ça, cette procédure rondement menée par l’AFB a permis de bien informer le personnel du barrage des conséquences de ces dysfonctionnements sur le milieu naturel. Il est probable que les personnels en place n'en avaient pas conscience.

Quand on parle des pêcheurs comme premières sentinelles des rivières, cet exemple en est la preuve ! Nous sommes les premiers témoins et notre devoir est de dénoncer tous les maux qui touchent nos cours d’eau. Si parfois vous avez l’impression de le faire dans le vide, sentiment que j’ai régulièrement, il faut continuer encore et encore, car parfois, comme ici, on arrive à un résultat qui semble positif…Bien que je vais rester sur mes gardes. Ne soyez pas que des consommateurs, soyez vigilants et faites remonter ce dont vous êtes témoins. Merci.

Dans les autres sujets évoqués, nous avons parlé des travaux comme des plantations de saules pour retenir certaines parties de berges ainsi que le câblage d'arbre à la berge pour créer des habitats.

Notre Seb en plein boulot ! Merci les copains, sans vous, rien de serait possible !

 

Nous sommes très heureux aussi d'avoir finaliser notre volonté de protéger 100% du linéaire de notre parcours. Les derniers 400 mètres avals le seront désormais. Les truites sauvages sont bien trop rares de nos jours pour finir la nuque fracassée.

Denis toujours là !

Merci infiniment à tous les membres de notre AAPPMA, car si c'est moi qui communique, nous sommes une vraie et belle équipe. C'est tous ensemble que nous arrivons à faire un peu pour la rivière. Continuons !

vendredi 31 janvier 2020

René Sansonnens soutient notre AAPPMA.

Les autres membres de notre société de pêche ne m'en tiendront pas rigueur, j'en suis certain.

Je souhaitais vivement aujourd'hui remercier publiquement un tout nouveau membre de notre AAPPMA, qui plus est notre nouveau doyen. Monsieur René Sansonnens, par le biais de sa prise de carte de pêche à l'AAPPMA de Crotenay, nous fait un grand honneur. Sans trop me tromper, je pense que c'est une manière de nous encourager dans la voie qui est la notre afin de protéger au mieux notre linéaire sur la rivière d'Ain. Nous en sommes très flattés.

83 ans en août prochain et toujours debout sur sa barque. (automne 2019 pour la pose des fils).

René représente l'attachement sans faille à une rivière et cela nous correspond très bien, tant notre amour pour la rivière d'Ain est immense.

Néanmoins, pour certains de nos membres, nous aurons le plaisir d'aller saluer René et la famille Sanso à Cademène sur les berges de la grange Golgru comme chaque année. Cela fera 100 ans en 2021 que la famille Sansonnens vit à cet endroit. Qui voit ce lieu pour la première fois ne peut qu'en tomber amoureux et y revenir. Il me tarde donc le samedi 4 avril qui donnera le coup d’envoi de la saison sur la Loue à Cademène.

Colette et René Sansonnens à Cademène. (printemps 2019)

Merci beaucoup René pour votre soutien et au plaisir de venir vous saluer sur vos terres !

dimanche 26 janvier 2020

Travaux et Assemblée Générale.

Le passé nous l'a malheureusement prouvé de nombreuses fois, lorsque l'homme pense bien faire vis à vis du milieu naturel, c'est souvent le contraire qui se produit au final. C'est pourquoi j'ai toujours un doute dans le bienfait des actions humaines sur la rivière. Dans un second temps, il faut garder l'esprit ouvert et ne pas s'arrêter sur les mauvaises expériences du passé. C'est pourquoi nous discutons depuis plusieurs années de travaux à effectuer pour aider nos chères truites. Nous avons regardé ce qu'il se faisait ailleurs en constatant de nos yeux les conséquences positives de ces actions, nous avons écouté avec attention les conseils de professionnels pour finir par nous lancer à notre tour.

La problématique est simple finalement. Sur certains tronçons de la rivière, l'habitat est en déficit sur notre parcours. Qui plus est avec le colmatage des fonds qui anéanti de nombreuses caches à truites. C'est pourquoi nous avons tenté l'expérience des arbres câblés à la berge pour créer des zones de caches ou du moins pour les conserver sur le long terme. Hier, avec les plus fidèles des fidèles, nous nous sommes affairés à sécuriser un énorme sapin tombé à l'eau en le câblant afin que les futures crues ne l'arrache pas de la berge. Et auquel cas cela devait arriver, celui-ci se rabattrait obligatoirement à cause du câble contre la berge légèrement plus en aval afin de conserver un abri pour les truites. Plus en aval, il y avait un gros tilleul qui menaçait de tomber. On souhaitait ne rien faire puis après analyse de l’arbre, on s'est rendus compte qu'il était fendu sur la longueur depuis sa base sur plusieurs mètres. Ce n'était qu'une question de temps pour qu'il tombe de lui-même. Nous l'avons donc abattu de façon à pouvoir le câbler plus facilement à sa souche. La prochaine crue fera le reste en le rabattant contre cette berge. C'est une aubaine pour ce petit linéaire totalement vide d'habitat. Les truites de tous âges, trouveront refuge dans ce tilleul. Après avoir nourrit les abeilles, il aidera la faune de la rivière d'Ain.

Pour les personnes qui me sollicitent régulièrement pour nous donner un coup de main, désolé de ne pas avoir prévenu ou fait une convocation, mais comme souvent, nous nous sommes décidés au dernier moment et surtout vis à vis des conditions. C'est juste impossible à planifier ce genre de travaux. Il faut obligatoirement être à l'étiage. Mais il reste d'autres choses à faire sur le linéaire, donc ce n'est que partie remise.

Sinon, pour les personnes qui le souhaitent, notre Assemblée Générale se tiendra le vendredi 21 février à 20h30 à la Mairie de Crotenay. Merci de votre présence.

D'ailleurs, quand je vois le nombre de pêcheurs qui sont capables de faire des centaines de kilomètres pour aller faire les salons ou même pêcher à l'étranger durant la fermeture de la truite, je ne doute pas que les A.G des AAPPMA ce printemps seront envahies de personnes remplies de bonne volonté ;-)

mercredi 22 janvier 2020

Toujours y croire !

Et pourtant, j'ai eu de nombreuses fois des passages à vide en pensant qu'il n'y avait pas d'issue. C'est toujours un peu le cas, car je pense toujours que la montée en température lors des prochaines années que cela soit dans l'air comme dans l'eau reste malheureusement d'actualité.

D'un autre côté, les truites sauvages de la rivière d'Ain me surprendront toujours. Ces animaux sont phénoménaux. Leur envie de survivre est hors normes ! Malgré tous les maux qui touchent leur habitat, ces truites continuent à nager dans les eaux de nos rivières jurassiennes avec vaillance. Vous l'aurez compris, au fond de moi, je sais que l'issue est inéluctable au rythme où ça va, mais malgré ce sentiment, j'ai envie d'y croire quand même car ces truites sauvages méritent tout simplement qu'on croit en elles !

Les truites sauvages de la rivière d'Ain doivent en grande partie "le maintien" des populations à leur formidable pouvoir d'adaptation et aussi, un tout petit peu aux quelques fous qui se battent pour les protéger des prélèvements irraisonnés. Car si on regarde un peu dans le rétroviseur, la rivière d'Ain est bien seule dans ce combat.

  • Un contrat de rivière devait voir le jour il y a quelques années. Le projet était bien avancé. Il portait en lui de nombreux espoirs de faire remonter au grand jour et aux élus les problématiques existantes sur cette rivière. Finalement, il est tombé aux oubliettes par je ne sais quel tour de passe-passe.
  • Des parcours No Kill ont été retirés du linéaire contre toutes logiques. Le plus récent en date, celui de Sirod en amont de la rivière d'Ain. Mais il est bon de rappeler que près de 7 kilomètres ont sauté entre Châtillon et l'aval de Montigny/Ain il y a quelques années. Un des parcours les plus faiblement peuplé de la rivière où à ce jour, chaque pêcheur est en droit de garder 3 truites/jour, une aberration ! Les prélèvements ont été de nouveau autorisés sur ces 7 bornes malgré une pêche électrique effectuée annuellement (sur Châtillon) donnant des résultats plus que médiocres. À se poser des questions sur l'utilité de ces pêches quand on voit cela.
  • Le plus aberrant, c'est que sur le linéaire cité plus haut, des rempoissonnements sont réalisés chaque année avec du poisson de pisciculture. Donc je résume si vous le voulez bien, on retire un No Kill de 7 kilomètres afin de pouvoir à nouveau prélever les poissons sauvages mais on remet des poissons de foire parce qu'il y en a plus assez ! Vous suivez ? Moi non ! Pour les chiffres, c'est 2 tonnes de poissons adultes (arc et fario) + 20 000 alevins. Et tout cela au milieu des poissons sauvages avec les risques que cela engendre. Au mieux, une concurrence alimentaire qui n'est pas une bonne chose avec la pénurie d'insectes par exemple, au pire un croisement génétique. Tellement triste comme situation car il en reste des poissons sauvages ! Voir la vidéo ci-dessous. J'en ai mal au ventre de ces mauvaises décisions et de ce laisser-faire !
  • Des systèmes d'épuration parfois défaillants. Des rejets connus non raccordés. Des poursuites en justice ont donné choux-blanc à chaque fois. Aucun résultat dans les tribunaux comme sur le terrain. Comme si de rien n'était au final. Pour information, tous les rejets filmés pour mon DVD à l'époque existent encore à ce jour. Tous !
  • Autour de 25 ans de fermeture de la pêche de l'ombre commun par arrêté préfectoral. Les populations n'évoluent pas. Les réponses aux questions sont absentes. Les actions pour faire évoluer les choses également. C'est devenu tellement la norme qu'on fini par l'oublier, mais c'est tout sauf normal comme situation !

Alors merci aux deux AAPPMA de la rivière d'Ain (Champagnole et Crotenay) de prendre conscience de la situation en mettant des linéaires protégés supplémentaires. Merci de prendre conscience que nous sommes seuls pour agir et que nous n'avons finalement que ce levier unique pour le faire. Celui du prélèvement. Que les grincheux le veuillent ou non. À ce jour, il n'y a que ça à faire puisque rien n'est fait dans les autres domaines.

Je vous dis tout ça parce que le potentiel existe encore en 2020 malgré tout. Rien à voir avec les populations de l'époque, bien entendu, mais les truites sauvages sont là, elles sont autonomes, elles se reproduisent. Il faut juste avoir conscience qu'elles sont peu nombreuses et qu'il faut les protéger. Pour cela, il faut passer du temps au bord de l'eau, 40 années de pêche ou une bardée de diplômes ne suffisent pas, c'est le vécu sur les berges de la rivière et les centaines d'heures d'observation qui comptent, rien d'autre. C'est avec ce vécu, comme par exemple un suivi des frayères chaque année, qui fait que l'on sait de quoi on parle. En tous les cas à mes yeux.

Alors croyez-y, motivez tous les pêcheurs autour de vous à comprendre que chaque poisson sauvage de cette rivière est important, motivez-vous pour les futures élections d'AAPPMA à l'automne pour améliorer la situation car elle peut l'être encore !

Bon visionnage de ma dernière vidéo où des scènes ont été filmées sur le parcours public. Linéaire où les gestionnaires pensent qu'il faut remettre des poissons adultes pour aider à la reproduction. Quand on voit ces images...On a envie de pleurer en pensant à ça. Dans cette vidéo, à partir de 1'10", il y a une scène avec une femelle au centre qui est protégée par un mâle dominant. J'estime la femelle à 40 centimètres...Je vous laisse deviner la taille du mâle et du coup je fais un petit clin d’œil à tous les instruits qui pensent que les grosses ne se reproduisent plus ! Observez, apprenez !

Cliquez sur HD pour une meilleure image.

Frai truites 2019 - Jura from Nicolas Germain Fly Shop on Vimeo.

samedi 18 janvier 2020

Fini le parcours sauvage de la source de l'Ain ?

Les parcours encore sauvages se font rares, qui plus est sur la rivière d'Ain. Il en est encore un qui reste préservé pourtant. Celui de la source de l'Ain et son aval jusqu'à Conte car son accès est limité. Il faut marcher pour profiter de cette nature encore intacte. Ce lieu est un petit paradis pour les promeneurs déjà nombreux, ceux qui aiment découvrir d'eux mêmes mais aussi pour les pêcheurs. C'est un sujet dont je vous ai déjà parlé mais refait surface ces jours.

Sur ce bout de rivière, les truites sont de tailles bien modestes certes, mais le lieu n'a aucun égal. Il y a aussi la confluence avec la Serpentine sur ce linéaire. Petite rivière qui nous vient du plateau de Nozeroy. Oui, cet endroit, quelle que soit son activité, est paradisiaque. La question est jusqu'à quand ? Car si l'on en croit la presse, la communauté de communes Champagnole Nozeroy Jura a un projet sous le coude. Alors, en tant qu’amoureux des espaces naturels encore "sauvages", cela me gène énormément. Dans un second temps, je me dis que lorsque je me transforme moi-même en touriste, il m'arrive d'utiliser ce genre de chemin pédestre pour découvrir le lieu où je suis. Du coup, on va dire que cela fait un équilibre dans ma réflexion et que j'ai bien du mal à savoir si c'est une bonne chose ou pas.

L'article date de cette semaine.

Et puis, lorsque je vois le budget potentiellement alloué, soit près de 600 000€ et que dans le même temps je connais des problématiques sur cette rivière d'Ain depuis près de 30 ans qui ne sont pas réglés...J'ai un petit pincement au ventre. Il y a par exemple des canalisations non reliées au réseau dans la ville de Champagnole qui se jettent en direct dans le rivière. Des rejets que l'on dénonce depuis plus de 20 ans...Et même plus pour certains.

Voilà, je sais qu'il faut de tout pour faire un monde, mais sincèrement, la rivière d'Ain a nettement plus besoin qu'on prenne soin d'elle à travers sa qualité d'eau plutôt que d'axer nos priorités sur ce genre de projet. Projet qui sera un succès, je n'en doute pas lorsque l'on voit ce qui se passe sur les cascades du Hérisson. Mais auquel cas, encore un linéaire de plus en moins où pratiquer notre passion.

Il y a des élections à venir...Je vous rappelle que la pêche, c'est par exemple l'activité numéro 1 sur une ville comme Champagnole...Et oui, même devant le foot en terme de pratiquants. Et pourtant...Alors sans dire de pousser les élus actuels dehors, ce n'est pas du tout le but de mon propos, sincèrement. Mais il faut que l'on soit écouté à hauteur de notre pouvoir aux urnes. Il faut communiquer sans doute d'une autre façon afin que nos élus nous entendent, qu'ils nous comprennent...Car aujourd'hui, on est complétement transparents...Et c'est la rivière qui en subit les conséquences...

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