Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
Le poisson Voyageur, le rêve de pêche à votre mesure !

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dimanche 14 juin 2020

Nouvelle campagne Pub TV de la FNPF

Vous l'avez peut-être vu sur vos petits écrans, notre fédération nationale a lancé depuis le 5 juin dernier une campagne publicitaire. Quatre spots de 15 secondes chacun diffusés sur les plus grandes chaines TV. 

L'immense majorité des réactions dans le monde de la pêche est très critique pour ne pas dire plus vis à vis de ces spots. On y voit des personnes parlant seules, sans décor "pêche". Il est vrai que s'en est presque ridicule. Je vous livre ci-dessous deux exemples.

Pas un chant d'oiseau, pas de rivière en fond, rien. Difficile de comprendre. Tellement incompréhensible que j'ai fini par penser que ces pubs étaient destinées à un public bien ciblé comme les non-pêcheurs. Car de toutes évidences, ces images ne pouvaient par faire rêver un pêcheur. J'ai donc utilisé mes réseaux sociaux pour leur poser la question, voici leur retour.

  • Réponses négatives :

Jérôme : Dommage que les spots ne soient pas tournés au bord de l'eau.

Isabelle : Je ne pêche pas ! Pour moi, ce sont des pubs pour la radio. Il manque l'essentiel qui n'a pas besoin de commentaire en voix off : montrer la rivière, son calme, les poissons et toutes les émotions qui sont "dites" dans les pubs. Montrer sans dire c'est beaucoup plus fort.

Manon : Je suis une femme et j'ai pêché qu'une fois dans ma vie avec mon grand-père quand j'avais moins de 10 ans. Je suis donc la cible dont tu demandes l'avis ici. Premier point : même si on voit une femme parler, ces 4 pubs ciblent clairement des hommes. En tant que femme, je ne me sens pas du tout être la cible de cette pub SAUF pour ce qui est de mes enfants (et donc dans le rôle de mère, mais pas pour moi personnellement). C'est déjà un gros point négatif. 2ème point encore plus important : c'est 4 pubs parlent d'histoire de famille. ça présente la pêche comme quelque chose qui se transmet de génération en génération (ce qui est le cas d'ailleurs !) et donc du coup, ça exclut tous ceux qui n'ont pas de pêcheurs dans leur famille. ça ne fait que renforcer ce que je pense (et qui m'énerve au plus haut point) concernant la pêche : soit tu connais quelqu'un de proche (ton père, ton grand-père principalement) qui te montre, soit tu peux très difficilement rentrer dans ce milieu. (et je pense la même chose de la chasse ! ce sont des milieux fermés).

Premier spot "Tom et son grand-père" 2ème "Les garçons" 3ème "avec mon père" et le 4ème "Papa se levait tôt". En fait, on dirait des pubs sexistes tout droit sorties des années 80. Une des images que j'ai des pêcheurs (attention, je n'y vais pas par 4 chemins, mais je pense pas être la seule non-pêcheur à imaginer cela), c'est une image d'hommes qui se lèvent tôt pour être au bord de l'eau et qui laissent leur femme gérer la maison et les enfants. Est-ce qu'on imagine la maman de la famille se lever à 5h et laisser toute la maison sans sa surveillance pour aller pêcher ? à l'évidence non. En tous les cas, ces pubs ne l'imaginent même pas, elles proposent juste de reproduire les schémas "classiques". Mais après tout, c'est peut-être exactement la cible qu'ils visaient. Et je pense bien comme dit plus bas, que le but de ces pubs est + de faire reprendre leur carte de pêche à ceux qui l'ont déjà eu un jour que de chercher à toucher de nouveaux publics.

  • Réponses positives :

Nicolas : Je ne pêche pas mais j’ai regardé quand même, j’aime beaucoup.

Amandine : C'est pas mal du tout. On sent le plaisir de chacun, les valeurs, la nature...
En tant que non pêcheuse je suis surtout touchée par la dame qui parle du moment convivial en pleine nature. Ca donne envie.

Romain : Des vidéos qui donnent envie de se lever tôt pour admirer la nature même sans pêcher.

Ces réactions hors monde la pêche sont très intéressantes. Mais après coup, et Manon en parle dans son commentaire, il se trouve que ces spots publicitaires ne ciblent pas uniquement les non pêcheurs, mais aussi les pêcheurs, qui par la crise du Covid, auraient laissé ce loisir de côté. On le découvre sur le site de l'agence verte qui a tourné ces spots et qui explique tout ça. Je cite :

LA QUESTION POSÉE :La pêche est une activité populaire pratiquée par plus de 1,5 million de Français de tous âges et de tous milieux. 
Au 1er trimestre 2020, l’épidémie du COVID-19 nous a confiné chez nous.  Conséquence pour la Fédération Nationale de la Pêche en France : moins de cartes de pêche donc moins de ressources financières pour l’entretien de nos rivières, la gestion des ressources ou encore la protection de la biodiversité. 
Comment, dès la fin du confinement, inciter les français à (re)prendre leur carte de pêche ? 
 
Voilà, on comprend déjà un peu mieux "la cible". Ce n'est pas du tout le pêcheur passionné qui est lui on ne peut plus critique sur ces pubs. Mais pourquoi des tournages sans rivière, sans esprit nature ? Peut-être une réponse :
 
LA SOLUTION :
-Des portraits de famille, vrais et touchants qui installent la pêche, au-delà d’un loisir, comme une émotion, un certain rapport à la nature qui se transmet de génération en génération... 
-Une campagne populaire, qui touche au cœur, avec des mots simples.
-Un tournage responsable et agile avec un bilan carbone quasi neutre (équipe technique, réalisateur, comédiens tous présents dans un rayon de 5km + réunions de pré-prod et post-proden visio ou avec un bon vieux téléphone + 1 catering bio et local + 1 équipe de prod réduite au maximum en période d’épidémie.
-Un plan média national et des décrochages régionaux pour combiner visibilité et proximité.
-Une campagne TV conçue pour se décliner sur tous les autres canaux : presse, affichage et web.

Du coup, on en sait un peu plus. Après est-ce que c'est judicieux ? Je vous laisse juge. Quoi qu'il en soit, sur le fond, rien à redire. Une fédération se doit de communiquer pour fidéliser ses adhérents et éventuellement en trouver d'autres. Sur la forme, on a tous nos avis. Je souhaitais juste approndir un peu plus sur ce sujet et avoir des avis hors monde de la pêche. Merci aux personnes ayant répondu à mon appel.

jeudi 4 juin 2020

David, graphiste pêcheur de talent.

Nicolas : Salut David. J’ai souhaité faire un article sur mon Blog pour mettre en avant ton travail que je trouve formidable. Avant d’aller dans le détail, donne-nous les grands traits de ton activité « décoration » et comment en es-tu arrivé là (formation ou autre) ?

David : Salut Nicolas. Autodidacte, j'ai toujours été passionné par tout ce qui se rapporte à la création artistique dans tous les domaines. En 2012, j'ai décidé de quitter le monde de la métallurgie pour créer ma micro-entreprise en tant que tatoueur où j ai pu m'épanouir en tant qu'artiste. Pour des raisons de santé, j'ai dû malheureusement cesser cette activité. Passionné par la pêche depuis mon enfance, c'est tout naturellement que j ai voulu combiner ma passion avec mon savoir faire artistique.

La première activité de David.

Depuis c'est les poissons.

Nicolas : Au départ, j’ai découvert tes vêtements. Maintenant, c’est les chaussures. Peux-tu nous donner des détails ? (dessins standards, à la carte, que de la pêche, etc…)

David : Éprouvant le désir de partager mes dessins exclusivement sur le thème de la pêche en premier lieu, j'ai découvert le site Spreadshirt grâce à un ami, ce qui m'a permis de pouvoir faire imprimer mes premiers vêtements. Au jour d'aujourd'hui, je réalise également des dessins sur demande pour des clubs, des associations et bien sur des indépendants.

Exemple de dessin pour vêtements.

En début d'année 2020, une personne de ma famille est venue à moi, me demandant de lui personnaliser une paire de basket. Ravi de mon travail, son partage ainsi que les réseaux sociaux ont permis de toucher un large public de tous horizons.

Chaussures truites !

Ou autre...

Nicolas : J’ai vu dernièrement que tu avais un partenariat avec JC Patch pour une personnalisation de ses patchs. Peux-tu nous en dire plus s’il te plait ?

David : Grâce aux réseaux sociaux JC Patch a pu découvrir mes créations. Il m'a alors demandé de lui réaliser une peinture sur un premier Patch. Le résultat de notre première collaboration étant très satisfaisant, nous aimerions maintenant réaliser des patchs personnalisés à la demande de futurs clients.

Très sympa !

Nicolas : J’ai l’impression que tu es un jeune homme plein de ressources et que de nouvelles idées vont naître à l’avenir, d’autres projets dans le même style ?

David : j'ai récemment investi dans l'achat d'une tablette graphique afin de continuer et d’améliorer d'autant plus la qualité de mes créations.

Nicolas : Donne-nous les moyens de te contacter ou/et suivre ton travail. Merci pour mes lecteurs.

David : Pour ce qui est des réseaux sociaux je vous invite à me suivre sur Facebook et Instagram

perso : @David Dubbing

reservoir de peche : @lamoucheriedumoulin

basket custom : @sneakart_custom

Nicolas : Tu gères également depuis quelques années un plan d’eau type réservoir. Dis-nous en plus, situation géographique, conditions de pêche, peuplement…

David : j'ai en effet créé un réservoir de pêche ''La Moucherie du Moulin '' dans le Territoire de Belfort (90). Ce réservoir, composé de 3 bassins (1 canal et 2 réservoirs) est exclusivement dédié à la pratique de la pêche à la mouche. Il est riche en salmonidés (farios, arcs, saumons de fontaine), ce qui promets un bon coup de ligne. Il est également possible de se restaurer sur place avec réservation. J'aime accueillir les pécheurs, les novices comme les expérimentés pour partager nos expériences, nos savoir-faire français tels que ''Hoh Flyfish'' fournisseur de canne, Serge Marty tourneur sur bois...

Nicolas : Pour terminer, une question plus personnelle. Quand tu n’es pas à ton plan d’eau ou derrière tes crayons, tu prends du temps pour lancer un peu de soie sur nos rivières ou bien ?

David : bien sûr 0-) ,dès que le temps le permet je fonce sur nos belles rivières comtoises, La Franco-Suisse, la Loue...J’apprécie également me rendre chez notre ami Laurent Jeudy (BelmontFlyFishing 70) pour passer un réel moment de détente et de partage. 

Nicolas : Merci David de nous avoir fait découvrir ton univers. Bonne continuation à toi. Je te souhaite une pleine réussite dans tous tes projets.

David :  Merci à toi de t'intéresser à mon travail, mes activités et mes passions. C'est avec plaisir que je viendrai découvrir les belles de la rivières de l'Ain. A très bientôt au bord de l'eau.

vendredi 8 mai 2020

Une nouvelle ouverture ce 11 mai !

Situation exceptionnelle que celle-ci. Une deuxième ouverture se profile. Après le samedi 14 mars, voici le lundi 11 mai. La préfet du Jura autorise de nouveau la pratique de la pêche en rivière dans notre département. Enfin !

Je n'ai pas compris cet arrêté pour ma part. D'ailleurs, peu de départements étaient dans ce cas. Les autres suivaient simplement les règles de confinement. Dans mon cas, je pouvais me rendre à la rivière tous les jours durant une heure puisque dans mon kilomètre. Que je le fasse avec une canne ou pas, quelle était la différence sérieusement ? On m'a donné plusieurs réponses du genre :

Si vous avez un accident, vous allez encombrer les hôpitaux...Il est vrai que le loisir pêche en pleine activité est un gros vecteur d'accidents.

C'est par solidarité pour les non riverains...Bien sûr, ceux-ci vont donc être solidaires à leur tour quand j'irai au boulot au mois de Juin et qu'eux auront des vacances, pas de pêche messieurs !

Bref, tout cela m'a fatigué. Comme si être riverain d'un d'une rivière était une faute. Mais bon. Quoi qu'il en soit, nous allons de nouveau pouvoir pêcher ce lundi...sous la pluie. Il est annoncé de bonnes quantités. C'est tant mieux vu le déficit d'avril.

Par contre, et c'est pour tous ceux qui prônent une ouverture décalée en pensant que le 2ème samedi de mars est trop tôt, vous allez comprendre cette année que c'est une grossière erreur. Il devrait avoir foule au bord de l'eau, qui plus est avec le nombre de pêcheurs encore en arrêt de travail (chômage, etc...). Nous sommes au mois de mai, l'activité des truites est énorme ces derniers jours. De plus, les poissons ont pris confiance et doivent êtres cons comme des balais. Il est évident qu'en dehors des parcours no-kill, cela va être un carnage. De nombreux capots qui peuvent se faire en mars par manque d’activité des poissons vont se transformer par des jolis paniers de beaux géniteurs capturés facilement.
Avec la flotte annoncée lundi et le potentiel coup d'eau derrière, cela va amplifier le truc avec tous les pêcheurs d'eaux tendues...J'ai peur que disparaissent bien plus de truites dans les jours qui viennent que pour une ouverture classique en mars avec une éducation des poissons progressive au fur et à mesure qu'ils se mettent en activité. J'en suis même persuadé. D'autant plus si la pêche en lac reste dans le flou et que tout ce petit monde se retrouve sur les quelques rivières où il reste des truites.

Bien content que notre linéaire soit protégé à 100%, mais inquiet pour le reste. Bonne ouverture à tous !

vendredi 17 avril 2020

Des nouvelles de la rivière d'Ain, de la Bienne et d'autres.

Très compliqué de savoir ce qu'il se passe sur les berges de nos rivières en période de confinement. Pour ma part, j'ai cette chance, et ce depuis ma naissance, d'avoir la rivière d'Ain dans mon kilomètre réglementaire actuel. Alors sur une sortie d'une heure, ce n'est pas simple de faire un état des lieux précis, mais je m'y attèle depuis le 17 mars à midi, jour de la mise en place du confinement. Je réalise des virées régulières en partant à pied depuis la maison. De plus, j'ai quelques contacts amis plus haut sur la rivière ainsi que plus en aval. Cela permet d'en savoir un peu plus et de rester connecter au cours d'eau malgré la situation actuelle.

Au début du mois, j'ai reçu des appels téléphoniques de pêcheurs sociétaires de notre AAPPMA pour m'avertir de sauts de cabris sur les courbes de niveaux de la rivière d'Ain sur la station de Bourg de Sirod. J'avais moi-même vu cela et averti très vite l'agent de l'OFB qui avait eu en charge le dossier l'an passé suite déjà à nos observations sur le terrain cette fois (à lire ici).

Courbes de niveaux avec un souci le 6 avril par exemple.

Après avoir pris contact avec le gestionnaire de la centrale hydroélectrique, l'OFB m'a informé que les réglages issus des constats de l'an passé n'ont pas été suffisants. À la suite de nos nouvelles constatations sur les courbes, de nouveaux réglages ajustables manuellement au jour le jour ont été mis en place. La solution paraissant moyennement viable mais la vétusté des automatismes ne permet pas de faire mieux à ce jour. Une rénovation complète du système est en cours et devrait se terminer dans l'année.

Les courbes à la suite de notre intervention.

Il me semble que c'est beaucoup mieux. Même si j'étais resté attentif, merci aux fidèles de m'avoir averti. En espérant que les alevins de l'année n'en aient pas souffert. Quand une rivière possède un débit aussi faible, la moindre variation trop rapide peut être fatale à bon nombre de truites de l'année. Pour terminer sur le sujet, je tiens à souligner que c'est une nouvelle fois les pêcheurs (qui plus est de notre AAPPMA) qui ont donné l'alerte. Sur ce sujet et dans le contexte actuel, un simple clic suffisait, cela démontre quand même bien des choses.

Durant cette terrible sécheresse que nous vivons, la rivière perd de l'eau inexorablement. Nous sommes au 37ème jour consécutif sans pluie chez moi. Cela me laisse sans voix. Ce triste évènement constitue un nouveau record. Celui-ci étant toujours en cours pour s’aggraver au moins jusqu'à demain...Cette période fait d'ors et déjà partie des 5 sécheresses les plus sévères depuis 1945 chez nous en terme de jours consécutifs sans précipitation.

La rivière en tout début de mois.

Deux semaines plus tard. La gravière se découvre toujours plus...

Alors comme souvent, dans ces situations exceptionnelles, il y a du bon et du moins bon. Commençons s'il vous plait par les bonnes nouvelles car nous en avons tous besoin. C'est même parfois des nouvelles assez surprenantes. La rivière d'Ain est extrêmement basse oui. Moins de 2 m3 à ce jour. À la mi-avril, je ne me rappelle pas avoir vu ça. D'un autre côté, la température de l'eau est encore froide. Cela ne va pas aller dans le bon sens avec des températures de l'air proches des 25 degrés prévues ce week-end. Quoi qu'il en soit, le fond de la rivière chez nous reste propre en visuel, ce qui n'était pas du tout le cas l'an passé. J'ai été surpris encore hier de voir des zones en plein soleil avec une hauteur d'eau de quelques centimètres encore clean. Pour mémoire, l'an passé, les fonds étaient bien marron.

La rivière d'Ain le 16 avril.

Par contre, le débit fait vraiment peur. Toujours le 16 avril.

Paradoxalement, ce niveau super bas est parfait pour les éclosions d'alevins de l'année. Il y en a vraiment beaucoup et rien ne peut me rendre plus heureux. Voir cette nouvelle génération de truites sauvages évoluer est une vraie bonne nouvelle. C'est pour cela qu'il faut rester vigilant vis à vis des micro-centrales pour ne pas que le fruit exceptionnel de la reproduction sauvage soit anéantie.

Que la nature est belle !

Même tout en aval de nos secteurs, du côté de Châtillon, la rivière reste propre sur le fond. Les ombres communs (car c'est là-bas qu'ils sont le plus nombreux et de bonne souche) ont pu frayer dans des conditions correctes. Les alevins de truites y sont aussi nombreux. C'est vraiment top comme nouvelle. On connait tous la hausse de la thermie en été sur ces parcours avals, c'est d'autant plus remarquable. Ces poissons sauvages nous montrent à quel point leur envie de survivre est forte ! Merci Arnaud pour tes observations.

La rivière d'Ain en aval. On y voit des nids réalisés par les ombres communs.

Pour finir dans le dossier bonne nouvelle, sur l'ensemble de mes sorties à ce jour, je n'ai vu aucun poisson malade ou mort. Cela ne veut pas dire qu'il y en a pas, mais vu la visibilité que l'on a, c'est compliqué de passer à côté. L'activité des truites n'est pas ouf n'ont plus. Peu ou pas d'éclosion et je ne voit pas tant de truites que ça. On peut juste remarquer des comportements qui se rapprochent grandement de ce que je peux observer en octobre lorsque la pêche est fermée. Sauf qu'au printemps, les truites sont bien plus en chair et reste farouches comme jamais !

Une belle en maraude.

Bien entendu, il y a aussi le côté plus sombre du confinement. Certains diront que l'absence de l'être humain est une bonne chose au final, que les truites peuvent vivre en paix. C'est ce que l'on peut penser quand on est bloqué chez soi sans se rendre compte des réalités de terrain effectivement. Sur notre linéaire, nous avons fait le choix de protéger 100% du parcours en y interdisant les prélèvements. Pas par mode, pas pour embêter une catégorie de pêcheurs, mais simplement parce l'espèce truite était en danger de disparition. Nous avons ainsi réduit considérablement la baisse des effectifs. Ceux-ci vont être malheureusement mise à mal durant ce confinement, c'est certain. En temps normal, les harles bièvres ne font que de courtes escales chez nous car ils sont sans arrêt dérangés. Ce printemps, les couples prennent leur quartier et s'installent plus durablement.

J'avais déjà un avis assez tranché sur cet oiseau piscivore mais après l'avoir vu une nouvelle fois chasser hier, je suis intimement persuadé que c'est un fléau pour les populations. Une fois de plus, quelques pêcheurs et autres protecteurs vivants dans le monde parallèle des bisounours vont me tomber dessus. La nature reprend ses droits qu'ils vont me dire. Ce n'est pas les harles qui font disparaitre les truites pour d'autres...Certes, je l'entends bien. Mais je sais ce que j'ai vu par contre ! Il faut bien comprendre qu'une truite n'a qu'une seule façon de se sentir en sécurité, c'est de rester immobile sous sa cache. D'ailleurs, pour ceux qui ont pratiqué, vous le savez. Rien de plus facile que de prendre une truite à la main. Elles sont bêtes comme tout une fois planquées. Hier après-midi, alors que j'étais en mauvaise posture dans la ripisylve, j'ai aperçu un gros remoud en bordure bien plus en aval de moi. Je me suis alors immobilisé. Un autre remoud, puis un autre...Un canard ? Une poule d'eau ? Finalement, je l'ai vu. C'était un harle mâle en chasse. J'ai pu l'observer quelques minutes. Assez pour voir ce que je pensais impossible. J'étais persuadé que les eaux basses l'empêchait de chasser avec efficacité. J'ai pris peur ! Cet oiseau fouillait méticuleusement chaque faille, chaque cavité, chaque cache potentielle de truite avec son bec crochu. Dans des zones si peu profondes que l'animal dépassait hors de l'eau. très vite, il s'est saisit d'une truitelle de 10-12 centimètres devant mes yeux.

Alors soit, cet oiseau doit se nourrir, je le comprends bien. Mais dites-moi s'il vous plait où est la logique quand un animal est protégé à 100% alors que ses populations se portent mieux que l'animal dont il se nourrit ??? La truite sauvage autochtone n'a si peu d'intérêt que l'on favorise une espèce allochtone à son détriment ?? Cette situation me rend fou sérieux ! Je me sens si impuissant face à une telle bêtise. Si les deux couples que j'ai vu à chaque sortie se reproduisent sur notre linéaire, c'est plus de 20 oiseaux présents cet été. Le parcours sera alors décimé.

Couple de harles bièvres bien peinard avec ce confinement. 

Il y a d'autres espèces qui profitent aussi de la non présence des pêcheurs comme cette truite arc-en-ciel qui n'est pas vraiment à sa place.

Pour la suite des mauvaises nouvelles sur la rivière d'Ain, remontons si vous le voulez bien tout en amont en compagnie de Dylan. Historiquement, le visuel à cette époque est toujours plus triste à voir en ce qui concerne le fond de la rivière sur Sirod. En effet, le haut de la rivière subit de plein fouet les effets des épandages printanier du plateau de Nozeroy par le biais de la Serpentine. C'est ainsi que l'on peut observer un contraste saisissant entre l'amont et l'aval. Les fond sont noirs et remplis d'algues brunes entre Sirod et Contes. Alors est-ce que c'est les faibles débits qui ont empêchés à ce jour ces effets d'arriver chez nous, aucune certitude. En tous les cas, Dylan a vu dans le même temps deux poissons adultes morts, deux truitelles et quelques chabots...

Une fois de plus, c'est un constat que nous pêcheurs faisons annuellement. Même si quelques agriculteurs travaillent dans le bon sens vis à vis de l'environnement, force est de constaté que ce n'est pas le cas de tous.

Les cailloux sont tous marrons et gluants.

Difficile de vire dans de telles conditions.

Pour la Cuisance, j'ai les mêmes échos que chez nous. Une rivière extrêmement basse pour la saison mais des fonds relativement encore en bon état. Pourvu que cela dure. Cette rivière est déjà à bout de souffle.

Du côté de la Bienne, c'est un peu plus délicat avec une progression rapide du salissement du fond de la rivière. Au niveau de St Claude, cela s'est vu sur seulement quelques jours. Ici aussi, la bassin versant est tellement vaste que la densité de polluant est très importante avec des débits aussi faibles.

Début du mois, la rivière reste magnifique en apparence.

Le 16 avril, plus la même chanson.

Du coup, quelques poissons malades observés par Emre mais relativement peu quand même vu la situation. Après, la population est si faible que c'est compliqué de faire plus.

Une truite de 60 centimètres mycosée ici.

La bonne nouvelle pour la Bienne est la reproduction. Comme chez nous, Emre a observé bon nombre d'alevins de l'année. C'est une nouvelle fantastique pour cette rivière qui souffre encore plus que les autres.

Alevins de truite de la Bienne.

J'ai également eu aussi hier un retour de l'ami Tibo à propos de l'Oignin. Rivière qui retrouve la rivière d'Ain en aval du barrage de Coiselet. Tibo souhaiterait véhiculer l'idée que sur cette rivière, qui n'a pas vu un seul pêcheur depuis l'ouverture, et au profit d'un étiage sévère (digne de juillet) qu'il n'a jamais vu autant de jolis poissons se nourrir. Que cela soit en terme de densité ou de taille. Il a été surpris de ne voir que des jolis poissons se nourrir. Son avis est que les premiers jours de nourrissage en mars mais surtout avril sont sûrement décisifs pour que les poissons notamment les géniteurs (pas vu une seule en dessous de 40cm, alors que s'en est cafis en été) se refassent une santé après la frai. Comme ici, les comportement sont aussi très différents avec ce confinement. Des truites postées à 20cm sous la surface au dessus de fosses...Comme dans une réserve. 

Nous avons échangé entre nous. Si moi aussi j'ai pu voir des comportements "type réserve" sur certains poissons, j'ai émis un bémol sur une plus forte activité dû au confinement. En tous les cas, je ne l'ai pas observé sur mon secteur. Selon les rivières, c'est sans doute complètement différent.

Voilà pour le petit tour des rivières du coin. Merci aux copains pour leur aide. Nous sommes a n'en point douter, les premières sentinelles de nos rivères !

Je vous laisse avec deux photos d'hier, prenez soin de vous !

lundi 6 avril 2020

Il ne reste plus que la Gouille !

Compliquée cette période...Restez chez soi avec tout ce que cela implique comme ne plus aller à la pêche (bien que cela reste un petit souci à côté du reste). On se sait privilégiés à la maison, car nous avons une gouille avec quelques poissons pour nous occuper. Ce petit plan d'eau date un peu déjà. Je vous remémore son histoire si jamais vous débarquez sur ce blog...

La Gouille familiale ! Une longue histoire. Le but initial était de créer un terrain d'apprentissage pour mon fils afin qu'il puisse pêcher à chaque fois qu'il le souhaitait. Il a pris ses premiers poissons dedans à 3-4 ans et à 20 ans, ces derniers jours, il y pêche encore.
Nous avons fait faire cette petite pièce d'eau il y a plus de 20 ans. Grâce à de nombreuses sources sur un sol de tourbières, ce fut possible à l'aide d'une pelle mécanique. Nous avons laissé sécher les berges durant un an avant de mettre en eau. Cette eau reste translucide, coule en permanence et reste à température quasi constante toute l'année. Elle ne gèle jamais.

Avant...

Après...


Les canards sauvages viennent régulièrement y faire une halte, les hérons tentent eux aussi d'y trouver pitance, ainsi qu'un harle bièvre (une seule fois)...Tous les ans, nous trouvons des œufs de batraciens. Mais les deux plus beaux spectacles à mes yeux restent les hirondelles qui se réunissent là pour boire et prendre leur eau nécessaire à la fabrication des nids. Parfois, c'est toutes les hirondelles du village qui viennent s'approvisionner. C'est fantastique à voir. Dans un autre style, au moment des libellules, je peux rester des heures à les voir faire quand elles viennent pondre...
Depuis quelques années, il est vrai qu'on ne pêchait plus trop dedans...Le confinement fait remonter de nombreux souvenirs...Mes filles et moi-même y avons passé des heures, Thibaut lui y a passé son enfance...Voilà pour l'histoire de la Gouille.

Avec mes deux grands...Lilou n'était pas encore là.

Mon fils y a passé toute son enfance.

Je vous laisse avec une vidéo réalisée ces jours...Il faut bien garder la main ! Prenez soin de vous.

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