Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
Le poisson Voyageur, le rêve de pêche à votre mesure !

Accès au Fly Shop Signez le livre d'or Suivez-moi sur facebook Le Fly Shop sur facebook

Divers

Le fourre tout!!!

Fil des billets - Fil des commentaires

vendredi 26 février 2021

J'en ai très envie !

J’ai vraiment très envie de retrouver les berges de la haute rivière d’Ain avec ma canne à mouche entre les mains. La situation sanitaire que nous vivons depuis un an en est certainement responsable, mais je crois en avoir encore plus envie que toutes ces dernières années. Mes balades automnales et hivernales ne m’ont pas rassasié cette année comme cela pouvait être le cas auparavant. Je suis, en plus d’être un amoureux inconditionnel du monde rivière, un pêcheur. En tant que tel, je suis impatient de renouer avec toutes ces sensations qui renaissent en moi lorsque je foule mes linéaires préférés dans l'idée de capturer une truite. Tous ces moments d’observations, d’affûts, de rêveries et de lâcher-prise me manquent terriblement. Je sais que je vais retrouver une rivière pas au mieux de sa forme avec une densité de truites sauvages au plus bas, mais sincèrement, là, maintenant, tout de suite, je n’ai pas envie d’y penser. Non, j’ai avant tout vraiment très envie d’aller à la pêche sans penser à autre chose.

J’ai vraiment très envie de sentir de nouveau toutes ces odeurs printanières qui accompagnent les premières semaines de la saison de pêche. Être au plus près de la nature lorsqu’elle va se réveiller de toutes parts en profitant en tant que témoin privilégié de toutes ses richesses. Je suis déjà émerveillé à l’idée d’entendre comme tous les ans le coucou pour la première fois. Peut-être que cette année cela arrivera lorsque je serais en train de relâcher une belle truite ou bien lors d’une cueillette improvisée de morilles sur une berge de l’Ain. Retrouver les hirondelles venant s'alimenter d’une éclosion d’éphémères ou bien encore profiter de l’extraordinaire spectacle d’un frai de vairons. Cette période anxiogène que nous vivons me fait d’autant plus trépigner d’impatience. J’ai vraiment très envie d’aller à la pêche sans penser à autre chose.

J’ai vraiment très envie de sentir à travers ma peau la douceur du liège de ma poignée. De faire plier le carbone de ma canne à mouche pour renouer avec la joie de leurrer un poisson sauvage. Entendre les nœuds du bas ligne passer dans les anneaux…Ces truites zébrées que j’aime tant et qui deviennent si rares...Dans quelques jours, je pourrais enfin en profiter de nouveau. Je pourrais enfin me mesurer à ce qui se fait de mieux à mes yeux en termes de malice en eau douce. Repérer un poisson, se positionner, lancer sa nymphe dans le bon timing, voir ce poisson s’en saisir, ferrer et combattre. Cette fermeture m’a semblé la plus longue que j’ai jamais vécu. J’ai vraiment très envie d’aller à la pêche sans penser à autre chose.

J’ai vraiment très envie de prendre avant même un poisson du plaisir ! Il y a tellement de possibilités de prendre du plaisir à la pêche. Avec les yeux, avec les oreilles ou encore grâce à notre odorat. Et puis il y a les amis, les casse-croutes, les interminables histoires que l’on se raconte sur le parking en rangeant nos affaires. Il y a aussi parfois ces rencontres fortuites avec un animal sauvage qui restent gravées dans nos mémoires. Il y a pour moi, ces grands moments de solitude loin de tout dont j’ai besoin dans mon équilibre en tant qu’homme. Prendre à la pêche ne se résume pas qu’au poisson, non, il y a bien d’autres options dont on profite tous. J’ai vraiment très envie d’aller à la pêche sans penser à autre chose.

J’ai vraiment très envie d’aller à la pêche et je ne pense pas être le seul. Alors au moins pour quelques semaines, pour quelques jours ou même quelques heures, je vous souhaite de prendre énormément de plaisir. Pêcher et ne penser à rien d’autre, que pêcher ! 

dimanche 21 février 2021

Tout est prêt pour le jour J !

Si vous suivez ce blog depuis quelques années, vous savez que le jour de l'ouverture est très important pour nous. Et ce n'est pas le fait de retrouver les poissons qui donne à ce jour un parfum bien particulier, mais celui de retrouver les copains autour du feu de l'ouverture ! C'est véritablement un moment à part qui marque le début de saison.

La parcelle où nous avons établi notre camp de base nous appartient. Nous sommes donc libre d'aménager comme bon nous semble. Tous les ans, une crue hivernale tente de nous déstabiliser en cassant tout sur son passage. C'est sans compter sur la bonne humeur des copains pour remettre de l'ordre.

La crue dévastatrice a eu lieu il y a quelques semaines à peine. La quasi totalité des bancs a été détruite. Il fallait remédier à cela. Nous en avons profité pour câbler un épicéa qui a été déraciné. Celui-ci restera ainsi le long de la berge afin de conserver cet abri de choix pour les poissons encore présents. Merci aux copains pour leur travail formidable. Mention spéciale également à Sébastien qui a rempli de nombreux sacs poubelle de déchets en tout genre lors de ses balades depuis la décrue.

Denis et Sébastien au milieu des copeaux !

Louis à l’écorçage.

Câblage de l'épicéa.

Travaux terminés ! On va être bien là !

Testé et approuvé par des spécialistes !

mercredi 20 janvier 2021

Evolution de la taille moyenne.

Y’a plus rien ! En voilà une phrase que l’on peut entendre au bord de l’eau. Pour ma part, je l’ai entendu bien des fois par chez moi. Que cela soit sur les berges de la haute rivière d’Ain ou sur une autre rivière de mon département. C’est éloigné de la vérité malgré tout même si on s'en rapproche de jour en jour. Il y a une explication à la naissance de ce sentiment chez bien des pêcheurs.

Pour posséder un vécu de plus de 35 ans sur cette rivière, je peux donc avancer que j’ai été le témoin de cette évolution sur la rivière d'Ain en y étant très attentif. D’ailleurs, au moment où j’ai débuté, j’ai croisé des anciens qui me disaient déjà qu’il n’y avait plus rien. Mais de cela j’en ai parlé dans un précédent article.

Magnifique poisson sauvage au gobage.

Lorsque j’ai commencé à pêcher au milieu des années 80, il y avait encore une population de truites et d’ombres extraordinaire. Si les effectifs ont évolué en nombre dans le mauvais sens comme vous le savez, ils ont aussi évolué en taille. De cela, on en parle beaucoup moins. Je m’explique. À l’époque, alors que l’on prenait de nombreuses truites et même encore des ombres, la taille moyenne de ces poissons était assez modeste. J’ai même le souvenir que la barre des quarante-cinq centimètres était un marqueur important. C’est à partir cette taille qu’on parlait de grosse truite. Ce n’est pas une question de savoir-faire ou de technique, c’était le cas pour nombre de pêcheurs. Pour en reparler régulièrement avec eux, on se fait toujours cette même réflexion. Pour voir un gros poisson sur les linéaires que je parcours encore aujourd’hui, il fallait vraiment se focaliser dessus. Le rechercher spécifiquement. Et puis souvent, c’était vraiment un très gros. Il n'y avait cette présence de poissons intermédiaires. En tous les cas pas avec une densité que l'on a pu connaitre dans les années 2010-2015. Depuis, les effectifs chutent d'année en année pour les raisons que l'on connait.

Truite sauvage en poste.

Pour résumer ma pensée, il y a 30 ans, je voyais peu de truites de cinquante centimètres. Il y avait par contre une quantité incroyable de poissons entre vingt et quarante centimètres, mais plus haut, cela devenait rare. On en prenait, mais vraiment très peu. À côté de cela, tous les ans, je voyais plusieurs poissons de plus de soixante-dix centimètres. Il y avait le tout venant et les vraiment grosses. Aujourd'hui, sur ces mêmes parcours, il y a très peu de juvéniles, les poissons d'un ou deux kilos sont les plus répandus et les très très grosses ont quasiment disparues. Ces immenses poissons qui tous les ans me foutaient une trouille en faisant barrer les ombres qui étaient devant moi !

La beauté du poisson sauvage.

La taille moyenne des truites a vraiment évolué de façon considérable sur les trente dernières années. Sans parler de pêche, ces observations sont identiques sur les frayères. C'est flagrant pour celui qui les observe depuis longtemps sur les mêmes linéaires. Cela n'a rien à voir avec une gestion halieutique type parcours no-kill puisque les mêmes observations se font sur les autres linéaires où les prélèvements sont autorisés. J’ai par exemple fait ces dix dernières années des saisons avec plusieurs dizaines de truites à plus de cinquante centimètres alors qu’à l’époque, je devais en prendre une ou deux par an en pêchant beaucoup plus. Pourtant, ado, je pratiquais un peu toutes les pêches dont le vairon manié ou bien encore la pêche à vue au lancer avec des larves de plécoptère et j'avais en plus un temps de pêche considérable. Ces techniques de pêche étaient redoutables et ciblaient justement les plus beaux poissons. Je prenais très régulièrement des quarante ou quarante-cinq mais plus rarement au-delà. Les copains, mon père ou même André Terrier avec qui je pêchais très souvent avaient les mêmes résultats. Pour prendre une très grosse il fallait y passer un temps fou. La repérer dans la masse et l'étudier pour être au bon endroit au bon moment.

Alevin de truite sauvage.

Cette augmentation de la taille moyenne des poissons n’est à l'évidence pas une bonne chose. C’est un signe comme bien d’autres que la rivière s'est dégradée petit à petit. Sauf que ce celui-là « arrange » une partie des pêcheurs, donc on en parle moins.

Quand je pense qu’il y a 35 ans (alors que 99.9% des pêcheurs conservaient toutes leurs prises), cela devait être des milliers de truites tous les ans qui étaient retirées de la rivière entre Marigny et Sirod. On ne voyait pas la différence à l’ouverture l’année d’après. Il y avait plus de truites en bas de la maison alors qu’on pouvait en garder huit par jour que maintenant alors qu'on est en no kill total. Aujourd'hui, les truites sont plus grosses, mais elles sont si peu nombreuses, si précieuses. Quel gâchis quand on y pense...Il va rester des linéaires où vivront quelques truites de deux kilos et plus ici et là. Des truites réservées à une élite tant elles deviendront difficiles à capturer (c'est déjà un peu le cas). Et entre deux poissons, des centaines de mètres de rivière vides de truite.   

Deux poissons sauvages sur frayère.

Dans ces conditions, il est compliqué d'y croire encore, de rester motivé et concentré sur les agressions qui provoquent cette disparition programmée du cheptel sauvage de nos rivières jurassiennes. Mais justement, et plus que jamais, nous devons impérativement rester les sentinelles actives et attentives au chevet de ces rivières. Au moins par respect pour ces derniers poissons merveilleux que sont les truites sauvages. 

mercredi 13 janvier 2021

Balades hivernales.

Si ma vingtaines de sorties automnales m'avaient mis sur la piste, mes observations hivernales me l'ont confirmé sans aucun doute possible. De souvenir, je n'ai jamais observé une chute aussi brutale des effectifs sur une année. Bien entendu, il reste quelques poissons ici et là, mais bien peu. Les plus gros sujets ont disparus. Pas vu sur les frayères en tous les cas. Là où je voyais l'an passé 25 poissons sur une place de frai, j'en ai vu 5 ou 6 cette année. Essentiellement des poissons entre 30 et 40 centimètres. Si ce frai là ne fonctionne pas avec le peu de reproducteurs vus, on sera très proche de la fin.

Une truite seule sur son nid entouré de galets bien noirs !

Voilà ce que je voyais encore l'an passé sur les mêmes zones de reproduction. Sur la photo ci-dessous, il y a une vingtaine de truites. Il y en avait d'autres hors cadre. Je n'ose mettre une image d'il y a une dizaines d'années...

Photo prise il y a plus d'un an. Hors nid, le fond était bien moins noir quand même.

La femelle a trouvé son mâle. Pas si simple cette année !

La rivière se vide encore plus vite que mes prévisions les plus pessimistes. Un peu comme le réchauffement qui bat records sur records au-delà des prévisions les plus sombres. Malgré ça, et sans trop savoir pourquoi, je me sens toujours aussi bien sur les berges de la rivière d'Ain. Je sais aujourd'hui que je foulerai ses berges avec ou sans poisson. Hiver comme été, au printemps ou bien encore à l'automne. Elle reste à mes yeux la plus belle.

La rivière d'Ain sous la neige.

Avec mon fils, nous nous sommes octroyés une petite fenêtre de deux jours pour amener de la variété lors de nos balades hivernales. Deux jours près de l'eau salée. Nous avons tenté de capturer des poissons dont nous ignorons tout. Une belle petite récréation en ces périodes plutôt moroses.

Le port de la Ciotat.

Pris à vue avec un bonbon blanc.

Lever du jour en bord de mer.

De retour sur nos terres natales, j'ai repris mes balades le long des cours d'eau jurassien. Si la rivière d'Ain reste ma préférée et de loin, j'aime aller à droite et à gauche pour voir ce qui s'y passe.

Un méandre d'une rivière de plaine.

Les différents coups d'eau de l'automne ont en partie décolmaté le fond de la rivière d'Ain. On peut voir sur la photo ci-dessous que c'est surtout le cas pour la veine centrale. Les autres zones restent bien sombres. La crue annoncée fin de semaine avec le cumul précipitations et fonte de manteau neigeux pourrait terminer ce nettoyage nécessaire.

La rivière d'Ain photographiée ce dimanche.

Il n'y a pas que des mauvaises nouvelles. Il faut s'accrocher à des petits détails ou une simple rencontre par exemple. J'en ai fait une plutôt inattendue ce dimanche. Alors que j'étais très loin du premier accès à la rivière, j'ai croisé sur mes berges favorites un jeune homme de 15 ans qui était là lui aussi pour observer. Il faisait un froid de canard. Nous avons discuter ensemble et partager nos observations du jour. Quel plaisir de voir un jeune homme motivé de la sorte. Cela m'a fait chaud au coeur.

Il en faut de la motivation. Car si la rivière se porte plutôt mal, c'est aussi le cas de la végétation en berge. Tous les épicéas sèchent les uns après les autres. C'est une catastrophe. Il va falloir couper ces arbres. Les berges vont ressembler à un champ de mines !

Ici sur une parcelle dont l'AAPPMA est propriétaire.

Comme si tout cela ne suffisait pas, j'ai vu un seul et unique poisson dimanche, jour de ma dernière sortie à cette date. Une truite d'environ 50 centimètres. Morte. C'est moralement difficile à supporter quand même. Croisons les doigts pour que je sois passé à côté de certaines choses, ce qui est aussi tout à fait possible.

Il me semble malgré tout que la pêche sur la rivière d'Ain va se résumer à Champagnole et son amont dorénavant. Les parcours avals seront peuplés de très rares poissons qui seront finalement réservés à une élite de la pêche tant ils seront traqués au vu de leur faible densité qui contraste avec celle des pêcheurs les recherchant spécifiquement.

Truite morte dans les branches.

dimanche 3 janvier 2021

Un dernier aurevoir Michel.

Un dernier au revoir par le biais de cet article à mon ami Michel avec quelques photos qui pour certaines n'ont jamais été publiées.

Heureux comme un poisson dans l'eau. J'ai pris cette photo de Michel tenant une truite sur la Cuisance. À chaque fois qu'il venait, l'Ain n'était pas pêchable !

Lors de nos nombreuses sorties au réservoir du Martinet où il nous faisait le plaisir de sa présence.

À Goumois lors d'une manifestation pour la sauvegarde des rivières comtoises.

Lors d'un challenge sur le Doubs Franco-Suisse. Nous nous retrouvions toujours avec un immense plaisir.

Michel malgré son absence de parole monopolisait l'attention. Un maestro du montage de mouches ! Ici lors d'une démo pour notre club.

Ses stecks ont fait rire tant de pêcheurs et pas que ! Qu'est qu'il nous aura amusé ! (A voir au salon d'Ornans)

Ici lors d'une ouverture à Goumois où il nous avait accompagné. J'ai d'ailleurs pris ma première truite ce jour-là sur un de ses conseils !

Au revoir Michel. Tu vas nous manquer terriblement.

- page 1 de 66