Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
Le poisson Voyageur, le rêve de pêche à votre mesure !

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samedi 16 novembre 2019

Vidéo : Automne 2019 - Jura

Vu le peu de temps que j'ai passé au bord de l'eau en pouvant filmer les truites au début de l'automne, je ne pensais pas avoir assez d'images pour vous présenter un petit film. La pluie tant attendue en octobre a été aussi bénéfique pour la rivière et ses habitants que néfaste pour la visibilité. Tant mieux !

Voici donc une petite vidéo avec quelques scènes plutôt sympathiques. Bon visionnage et merci pour votre fidélité.

Automne 2019 from Nicolas Germain Fly Shop on Vimeo.

vendredi 1 novembre 2019

Vidéo - Saison père et fils 2019.

En cette veille de fête des morts, je préfère ici vous parler des vivants. Car quand on parle de "no kill", il faut aussi avoir une vision inverse. Imaginer tous les poissons remis à l'eau sur une saison morts les uns à côté des autres...Vous l'avez cette vision ? Moi oui. Et pour bien connaitre les rivières autour de chez moi, je me dis que si seulement trois ou quatre connaissances proches se mettaient à prélever ce qu'ils prennent, je pourrais vendre mes cannes à mouche sur-le-champ !

La pêche de la truite ne sera par éternelle dans le Jura...Le fait de remettre son poisson à l'eau ne fait que repousser l'échéance, mais ce n'est déjà pas rien ! Alors faites-le. Merci.

La qualité de la vidéo est moyenne. Tout est filmé au téléphone.

dimanche 20 octobre 2019

La rivière d'Ain est sorti de son lit.

Ce n'était plus arrivé depuis le mois de mars de cette année. Alors oui, ce n'est qu'une simple crue, mais comme cela devient tellement rare, on a tendance à en parler un peu plus. Celle-ci est admirablement bien placée. Deux effets positifs. Les truites adultes ont du se gaver et le font encore pour reprendre des forces. Les fonds vont êtres blanchis pour la période de reproduction qui va débuter d'ici quelques semaines.

Nous sommes dans une situation totalement opposée à celle de l'an dernier où les fonds au début du frai étaient totalement colmatés. Où la rivière avait un débit de tout juste 800 litres/seconde. Un filet d'eau...

Souvenez-vous un an en arrière jour pour jour.

Si le mois de septembre a été pauvre en intempérie, octobre est lui généreux pour notre Jura. Samedi matin au lever du jour, la Normale Mensuelle de 145mm pour ce mois était déjà atteinte. Et c'est plusieurs dizaines de millimètres supplémentaires qui sont tombés depuis. Un mois donc largement excédentaire alors que nous sommes que le 20. C'est à noter.

Même endroit que la première photo un an après.

Il fallait ça. Car septembre a été particulièrement sec. Juillet et août ont été eux aussi excédentaires en terme de pluviométrie. 145mm en août et 115mm en juillet. Finalement, la rivière a réellement souffert du 20 juin au 20 juillet. Une période plus courte que les étés précédents ce qui a permis aux truites de la passer sans trop de difficultés.

À gauche, octobre, à droite mars 2019. Crue plus importante au printemps.

La rivière d'Ain et la Saine ont frôlé la crue biennale. Un bon coup d'eau salvateur pour la faune, la flore et finalement pour tous les écosystèmes. De nouvelles pluies sont attendues ce lundi, on prend !

Ce matin, la rivière baisse gentiment.

mercredi 2 octobre 2019

Le serpent se mord la queue…Mais a-t-il le choix ?

Difficile d’être affirmatif sans étude, sans chiffre, sans données précises et datées. Je n’ai finalement que mes deux yeux couplés à mon vécu issu de quelques années à observer sans relâche les truites de la rivière d’Ain. Quoi qu'il en soit, ce début d’automne confirme les précédents. Les insectes sont absents de la rivière. il n'y a aucune éphémère. J’avais pourtant bon espoir cette année car durant le dernier printemps, j’ai eu le sentiment d’avoir vu plus d’éclosions en terme de nombre et de volume. Les plus belles depuis bien cinq ou six saisons. Malheureusement, cela ne se répète pas ces jours. J’espère me tromper et que les insectes vont revenir durant les prochaines semaines afin que les truites puissent s’en goinfrer sans limite. C’est la période où elles se remettent à manger à longueur de journée en pensant au frai qui va arriver. L’énergie qu’elles dépensent durant la reproduction dépend des forces qu’elles emmagasinent aujourd’hui.

Du coup, les belles zébrées s’adaptent. Dans tous les cas, il faut bien se nourrir pour survivre. Elles n'ont pas le choix. Depuis quelques années, j’observe toujours plus de truites de toutes tailles chassant vairons, chabots et autres juvéniles de truites ou de rares ombres à cette époque de l’année. Alors ce n’est que mon impression, mon ressenti d’observateur attentif, mais je serais prêt à parier que la prédation sur les juvéniles de truites en particulier est plus importante d’années en années au vu de la raréfaction des insectes. Sur une population déjà mal en point, cela ne va pas vraiment dans le bon sens il me semble. Le plus souvent, c'est même des poissons pas très gros qui sont essentiellement piscivores, des truites de 30-35 centimètres. Je n'ai sincèrement pas le souvenir de voir autant de chasses il y a quelques années en arrière.

Les seules bestioles qui tombent sur l’eau de temps en temps depuis la fermeture ressemblent à une sorte de petit plécoptère très clair à 4 ailes. Une bestiole très fine qui ne fait pas un gros casse-croûte d'ailleurs. C’est ce que gobe la truite de la vidéo ci-dessous filmée ce dimanche. La seule qui était en poste en surface. On croise les doigts, un petit coup d’eau pourrait éventuellement leur donner ce volume de nourriture dont elles ont besoin. Faites la danse de la pluie ;-)

vendredi 27 septembre 2019

Les quatre farfelues.

La saison de pêche de la truite dans le Jura est bel et bien terminée. Le temps est venu de passer devant l'étau afin de reconstituer un stock conséquent en prévision du prochain printemps. C'est aussi le moment de se souvenir. La saison qui vient de s'écouler nous a apporté à Thibaut et moi de nombreuses émotions et parfois même des scènes de vie totalement nouvelles pour nous. J'ai en mémoire quelques anecdotes à vous raconter si vous voulez bien prendre le temps de me lire...

  • What luck !

Je pense sincèrement qu'au delà de la technique, être au bon endroit au bon moment est encore plus important. Et si le pêcheur possède dans sa besace une fiole de chance, c'est parfait ! Pour cette première anecdote, je pêchais en toute décontraction avec l'ami Alex sur une berge de la belle rivière d'Ain. Notre ami commun Victor était lui un peu plus en amont. La pêche était ma foi très compliquée. Pas que les truites ne soient pas le nez dehors, mais bon sang, impossible à faire mordre malgré toutes nos tentatives. Là n'était pas l'essentiel car pêcher avec un gaucher est un plaisir rare. Vous pouvez vous positionner à ses côtés aussi proche que vous le souhaitez sans que cela gêne ni l'un, ni l'autre. Vraiment génial pour pêcher à deux. Quoi qu'il en soit et comme les truites nous boudaient sévèrement, nous discutions de divers sujets tout en lançant sans arrêt nos nymphes dans l'eau. Et puis vous savez ce que c'est, parfois, dans une discussion, on est amené à rentrer un peu plus dans le sujet si tant est qu'il soit passionnant. C'était le cas. Alors que ma nymphe dérivait après un lancer à disons dix, douze mètres, je tourne la tête côté gauche pour parler à mon interlocuteur en le regardant. Tout en causant, je sentis comme une légère traction dans ma canne. Ma soie était arrivée en fin de dérive mais ce n'est pas pour cela qu'elle s'est tendue. Non, pas du tout. J'ai relevé ma canne à mouche pour en avoir le cœur net. Qu'elle ne fut pas notre surprise à Alex et moi de voir une truite se tortiller au bout de mon bas de ligne. Une nymphe bien plantée au bout du bec et un poisson magnifique. Cela m'est déjà arrivé de nombreuses fois, mais toujours avec des riquettes ou des ombres, jamais avec un poisson de cette taille...What luck !

  • Pas là où l'on pensait.

Les premières sorties en compagnie de mon fils sont toujours des moments très spéciales. En effet, on se perd un peu de vue durant la fermeture car on partage moins de temps ensemble. C'est donc du pain béni pour le père que je suis. Nous étions tous les deux un peu en galère. Les truites ce jour-là n'étaient pas bonnes copines, vraiment. On tentait de faire de notre mieux mais il fallait se résoudre au capot car l'activité était quasiment nulle. Pas grave, j'étais avec mon fils. Pas pour longtemps d'ailleurs, il décida de prendre un peu d'avance en ayant une idée derrière la tête. En fait, il connaissait un tout petit ruisseau un peu plus en aval de notre position où il avait déjà vu à plusieurs reprises des truites autour des 25 cm. Assez pour satisfaire son envie de prendre un poisson. Arrivé sur le ruisseau, qu'elle ne fut pas sa surprise de voir sortir de la seule racine du coin une très belle truite toute claire du fait de la marne présente au fond du petit affluent. Ni une ni deux et sa nymphe était elle aussi dans l'eau. La truite n'a pas cherché à comprendre et s'en est saisie. Un combat des plus indécis dans cet espace plutôt restreint. La bredouille était sauvée, mais pas là où l'on pensait !

  • Quand la vie rencontre la mort.

33 ans, c'est mon nombre de saisons de pêche complètes que j'ai derrière moi sur la rivière d'Ain. J'ai déjà été témoin d'un très grand nombre de situations abracadabrantesques (c'est d'actualité) sur cette rivière. Les années passent et j'en vis de nouvelles chaque saison, c'est incroyable. Alors que je pêchais seul sur un parcours que je connais par cœur, j'arrive après quelques échecs à enfin ferrer une belle truite. Un poisson massif, robuste, énergique et combattif. Une vraie belle truite bien en forme. Le combat m'a fait un peu dévaler la rivière afin de suivre la truite pour l'épuiser plus facilement. Le soulagement est de mise dans ces cas-là. Une belle truite dans le filet donne toujours le sourire. Celui-ci allait vite disparaitre. Je me suis rapproché de la berge pour faire une photo de mon poisson. Le hasard ou pas d'ailleurs a fait que je suis tombé nez à nez avec un cadavre de truite. Ce poisson certainement mort depuis quelques jours gisait là, devant moi, enfin devant nous. Je ne sais pas pourquoi, mais du coup, j'ai souhaité faire cette photo que l'on peut intituler, quand la vie rencontre la mort.

  • Quand le rêve devient réalité.

Cette histoire est à peine croyable mais pourtant bien réelle. Mon fils en est témoin ! J'ai fait un rêve. Au petit matin, c'était tellement réel. Je me lève, Thibaut lui se préparait pour l'école. Je lui raconte.

-Tu sais gros, j'ai rêvé que je devais aller sur le petit muret que tu connais bien, quand arrivant tôt le matin, j'allais voir un poisson dans les premières secondes et que j'allais le prendre.

Thibaut n'a pas vraiment réagit se disant certainement que le vieux commençait à décabanner. De mon côté, je n'ai pas chercher à comprendre et j'ai laissé l'étau ce matin-là. Je suis parti alors que mon fils prenait son café aux premières lueurs du jour. J'avais une confiance indescriptible quand aux prochaines minutes que j'allais vivre. Sincèrement.

Une fois la canne montée, je me suis dirigé vers le muret en question. La berge est un peu haute donc la visibilité extra même tôt le matin. Je me suis assis en tailleur au coin du mur. Nymphe dans la main entre pouce et index. Je n'ai vraiment aucune raison de vous mentir, vous pouvez me croire même si moi j'ai encore des doutes sur ce qu'il s'est passé...Mais à peine ma nymphe entre mes deux doigts qu'une truite autour des cinquante centimètres est apparut un peu en aval en remontant au ras du mur dans un un peu moins d'un mètre d'eau. J'ai propulsé ma nymphe. Celle-ci s'est mise à couler lentement du fait de son lestage, la truite remontant toujours. Légère animation qui a fait dévier le poisson de sa trajectoire initiale. J'étais tellement près qu'il m'était possible de compter ses dents lorsqu'elle a ouvert la gueule ! Incroyable ! Le poisson était au bout de mon bas de ligne...Quand le rêve devient réalité ! 

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