Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
Centre de pêche en Bosnie.

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Mot-clé - Champagnole

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mercredi 25 février 2026

Bien en eau !

À quelques jours de l'ouverture de la pêche, c'est le moment de faire un point "météo" (local) sur ce qui s'est passé depuis la fermeture de septembre 2025.

Avec un mois d'octobre à 208mm sur la région de Champagnole (39) et un mois de novembre à 232mm, on peut dire que l'automne a été humide. Ces deux mois étant largement au-dessus des normales. Coup de frein en décembre avec seulement 65mm pour ce qui aurait dû être un des mois les plus pluvieux de l'année. C'est bien en dessous de la normale (quasiment 100mm). Cela aura pu être ennuyeux avant le printemps si janvier et février avaient suivi la même tendance.

Pour le bonheur de nos rivières, c'est bien heureusement tout le contraire qui s'est produit. 152mm sur janvier et plus de 235mm sur février. Le déficit de décembre est devenu qu'un simple souvenir avec de telles intempéries.

À cela il faut ajouter la neige à fondre ces jours avec la hausse des températures. Il y a une belle épaisseur sur les hauteurs des différents bassins versants jurassiens. C'est une bonne nouvelle. Nous allons donc terminer février avec de belles quantités d'eau dans la région. Mais rien n'est acquis malheureusement. Nos sols ont tous les défauts. Quatre ou cinq semaines sans eau et tout sera oublié. Il est donc encore tout à fait possible de faire l'ouverture le 14 mars avec une eau basse comme d'avoir un étiage sévère ce printemps ou/et cet été. À suivre...

Pour les "grincheux" du ciel gris je vous rappelle que ce mois de février 2026 est certes bien au-dessus de la normale avec ces 235mm, mais qu'il est très loin du février de 1970 avec plus de 400mm par exemple. Là, on peut dire que ça ne faisait pas semblant. La mémoire fait souvent défaut mais les chiffres sont là pour nous remettre en place. C'est à l'image des catastrophes qui ont touché pas mal de monde ces dernières semaines. Bien entendu, j'ai une immense pensée pour toutes les personnes touchées par les inondations. C'est catastrophique. Mais encore une fois, si l'on se remémore l'hiver 1989-90 avec ses tempêtes successives sans minimiser ce qu'il s'est passé cet hiver, c'était plus de 40 morts en France pour souvenir dont 23 pour le seul jour du 3 février 1990. J'ai encore des images en tête. Horrible.

Les chiffres ne se trompent pas. Pour les crues, c'est la même chose. C'est souvent la plus importante crue qu'on ait jamais vu. Et pourtant, les crues jurassiennes de cet hiver étaient vraiment modestes. Sur une station comme celle de Jeurre (sur la Bienne), le débit au plus haut a été relevé autour des 300m3. À titre de comparaison, sur les 5 dernières années, le pic le plus haut est à 420m3. Et c'est là que les chiffres sont importants, puisque si on revient sur le très célèbre 22 décembre 1991 (et je m'en souviens bien), la Bienne sur cette même station avait un débit de 882m3 !!! Soit plus du double que le débit maxi des 5 dernières années. Saint-Claude était sous les eaux.

Courbe de l'Ain au Bourg de Sirod le même jour (22/12/1991). Cela vous permettra de comparer avec le débit des crues plus récentes.

Tout cela pour dire que ces derniers mois ont été humides, mais rien d'extraordinaire non plus chez nous (Jura).

Voilà, c'était mon petit point pluviométrie. En espérant que le robinet ne se coupe pas définitivement trop tôt en saison et ce, même si je suis très heureux de revoir enfin le soleil !

mercredi 12 février 2025

La rivière d'Ain au fil de l'hiver.

Retour sur quelques images capturées depuis cet automne jusqu'à la semaine dernière sur la rivière d'Ain. C'est une époque où la rivière, à travers les différentes luminosités des saisons et des horaires de la journée, nous dévoile parfois des reflets rares. Je passe, je pense, encore plus de temps sur ses berges durant cette période que pendant la pêche. Certainement le fait d'être en permanence seul qui m’attire plus que le reste.

Début d'automne.

Dès que la rivière était basse les algues ont repoussé. Et ce encore maintenant.

Le soleil nous quitte ou revient...

L'hiver et les dessins de la rivière sur le sable.

Photo prise ce week-end.

vendredi 18 octobre 2024

Tout sauf un hasard...

Dans le Jura, comme dans les départements voisins et plus globalement dans le pays, le nombre de cartes de pêche baisse.

C’est une tendance, qui, si l’on regarde les rivières à truites du département, suit la même courbe que les populations de truites sauvages qui y vivent encore. C’est ainsi. D’ailleurs, lors de la dernière réunion des président d’AAPPMA du Jura, les discours ne font qu’un lorsque sont évoqués les stocks de truites sauvages encore présents.

Pourtant, ces discours dérivent toujours assez vite sur la taille légale de capture ou bien encore sur le nombre de prises journalières. Pour résumer, il n’y a plus grand-chose mais si on pouvait prélever ce qu’il reste, ça serait bien. Voilà où nous en sommes et voilà comment se fera l’ouverture 2025 sur les rivières de 1ère catégorie du Jura. Car de ce côté-là, rien de nouveau. Notre AAPPMA sera comme depuis longtemps déjà la seule du département à avoir 100% de son linéaire en no kill.

Ah ben voilà que j’ai dit le gros mot. Enfin Nicolas, il y a d’autres priorités ! Oui, je sais. De plus, on me le répète depuis des décennies. En attendant, que cela soit pour la qualité de l’eau, le réchauffement de celle-ci, il n’y a rien qui s’améliore bien au contraire chez nous. Et de plus, au sujet des oiseaux piscivores, je crois que l’on va attendre encore un peu. Les belles annonces des dernières semaines étant à mon avis repoussées à minima pour 2025...Si la LPO ne s’en mêle pas.

Donc qu’est-ce que l’on fait ? Encore des études, encore des réunions ? On espère que nos politiques locaux se découvrent une soudaine envie de rendre la flotte de nos rivières moins polluée ? On prie pour que la population mondiale diminue instantanément de moitié et que cette folle société actuelle dans laquelle on vit fasse machine arrière pour ne plus subir ce dérèglement climatique ? Hein, qu’est-ce qu’on fait ? Parce que s’il y en a qui pensent encore que la qualité de l’’eau de nos rivières jurassiennes va s’améliorer à court et même à moyen terme, ils rêvent !

Bien entendu, je ne dis pas cela dans le but de passer un message du genre c’est mort, laissez tomber. Non, il faut continuer à dénoncer ces abus, il ne faut surtout pas lâcher notre rôle de sentinelle. Il faut ou faudrait être encore plus intransigeant sur les négligences que l’on connait tous par le biais des pollutions agricoles et domestiques. Il faut continuer à travailler sur les habitats, sur la continuité et j’en passe. C’est évident. Mais en attendant, sur le court terme, on laisse en l’état ?

En sachant que les truites sauvages crèvent déjà en nombre à cause des pollutions, qu’elles claquent lors des périodes chaudes estivales, qu’elles se font bouffer (quand elles ont survécu aux deux premières calamités) par les harles bièvres et des cormorans qui deviennent au fil des années sédentaires…On s’autorise nous pêcheur aussi à les prélever ? Il faut croire que oui puisque les 3 principales AAPPMA (en termes de linéaire) qui gèrent la rivière d’Ain jurassienne verront encore en 2025 la majorité de leur parcours où l’on pourra prélever 2 truites sauvages par jour et par pêcheur.

Pourtant, si l’on regarde le code de l’environnement et plus particulièrement l’article L436-5, la taille de capture ne peut être inférieure à celle correspondant à l’âge de la première reproduction. Alors, si l’on peut émettre des doutes sur les secteurs de Champagnole ou Sirod (eau plus froide), le linéaire en aval de Pont-Du-Navoy à la vue de sa thermie est un parcours à forte croissance qui peut se comparer à ce que l’on trouve sur la Bienne ou sur la basse rivière d’Ain. Sur ces secteurs les études scalimétriques ont démontré par le passé une maturité sexuelle chez les truites sauvages au-delà des 40 centimètres. Étant donné que la taille légale est de 30 centimètres, que celle-ci ne peut être changé par le seul souhait de l’AAPPMA, la seule solution pour être conforme au code de l’environnement est la règlementation no kill. Cela permet de façon certaine de laisser le temps aux truites d’atteindre leur maturité sexuelle afin de se reproduire. Vu les stocks existants, ça ne serait pas du luxe ! Quand on connait la passion des procédures et autres textes de loi du président de l’AAPPMA qui gère ce linéaire, cela me fait rire jaune qu’il soit finalement à côté de la règlementation.

Bref, lors de cette réunion collective, je ne suis pas intervenu sur le sujet. Je ne le ferais plus. Nous avons mis cela en place chez nous depuis longtemps. C’est l’essentiel. Les voisins en amont et aval pensent différemment, c’est ainsi. Que l’on autorise à prélever les dernières truites sauvages en se disant que la qualité de l’eau est plus importante tout en sachant qu’elle ne s’améliorera jamais…Quel gâchis sérieux. Vous avez peur de perdre des cartes en contrariant vos pêcheurs préleveurs ? Vos cartes sont déjà en chute libre…Et sachez quand même que si les cartes baissent dans la plupart des cas, notre AAPPMA voit elle son nombre de cartes majeures augmenter entre 2023 et 2024.

Alors allez savoir, peut-être que cela démontre une vraie demande des pêcheurs actuels et que c’est tout sauf un hasard…

dimanche 25 août 2024

La période compliquée est derrière nous !

Cette nuit a sonné la fin de la période d'étiage estivale. D'orages prévus sur une partie de la nuit, nous avons eu en région de Champagnole des pluies orageuses et continues durant presque 8 heures. Sur la station météo-France de Champagnole c'est plus de 40mm tombés dans la nuit. C'est tout le bassin versant de la rivière d'Ain qui a été arrosé avec une mention spéciale du côté de ses affluents principaux. Effectivement, ce matin, la jauge située à Syam sur la basse Saine explose à près de 100m3 ! Voilà qui va apporter un débit assez important à la rivière d'Ain pour nettoyer les fonds de cette épaisseur d'algues vertes qui étaient présentes depuis des semaines.

Ce n'était pas joli à voir. Les parcours avals ont bien entendu bien plus souffert que les autres. La pente étant plus douce, l’ensoleillement plus conséquent également. La période autour du 10-12 août a été la plus critique cette année. Certainement là où l'eau était la plus chaude. J'ai observé de la casse sur des poissons qui n'avaient rien en apparence.

En tout sur notre AAPPMA j'ai vu une quinzaine de poissons morts durant le mois d'août.

Malgré des quantités de pluie incroyables tombées sur le Jura depuis fin octobre, la rivière a fini à l'étiage sévère ces derniers jours avant les pluies orageuses de la nuit. Hier encore, avec une journée de vent violent et brulant, le niveau était le soir descendu drastiquement. Je suis allé faire un tour vers 20 heures avant les premiers éclairs. On pouvait sentir l'effet dévastateur de la météo du jour. C'est horrible ce vent chaud.

Photo prise hier soir.

Cette période de quelques semaines n'a pas été simple pour les poissons des parcours avals. Cela s'est mieux passé en amont. Au final, ce fut moins pire que les étés passés mais quand même...

La pêche a pu se pratiquer tout l'été dans des conditions plus ou moins correctes en pratiquant les bons secteurs. Quand je faisais mes rondes à l'aval, j'avais systématiquement ma canne et parfois je tentais les zébrées quand je tombais dessus...Les autres zébrées !

Belle perche !

Je laissais les truites tranquilles. Par contre, sur l'amont, on pouvait les pêcher sans problème. Les truites sont restées en formes. Parfois actives, ces poissons capturés en août restaient très combatifs et plein de jus.

Deux jolis poissons plein de jus.

L'autre bonne nouvelle de cette période d'étiage est l'observation des juvéniles. Ces eaux basses m'ont permis de voir que les reproductions de truites et d'ombres ont fonctionné dans des proportions intéressantes. Sur les ombres, par endroits, c'est assez bluffant d'ailleurs. Même si ces petits poissons qui feront 10-12 centimètres en octobre seront les premières cibles des jeunes harles et cormorans de l'année. Un carnage annoncé.

Ombret né au printemps.

Ce matin, la rivière est pleine ! Un vrai décapage des fonds est en cours ! C'est plus de 150 m3 qui passe sous la maison. Un régal pour les yeux et un vrai soulagement.

dimanche 9 juin 2024

La STEP de Champagnole encore et toujours...

Déjà condamnée, moultes fois dénoncée, la Station d'épuration de Champagnole n'en fini pas de dysfonctionner.

Je crois que la condamnation date de 2016. De souvenir, en février 2022, il y avait déjà eu un évènement similaire à celui de la semaine dernière.

Février 2022. Sortie de la STEP de Champagnole dans la rivière d'Ain.

Nouveau témoignage en images d'un jeune pêcheur qui passait par-là. Le triste évènement date de quelques jours. Même sortie, même dysfonctionnement ou pas d'ailleurs...À voir en vidéo ici => https://youtube.com/shorts/hkgX09Odp50?si=9qTiytEWHbzSVdNH

J'ai fait suivre à l'OFB qui m'a dit aller voir. Je n'ai pas de nouvelle depuis. De qui que ce soit d'ailleurs. Encore une fois, ici on se rend compte de ce qu'il se passe car c'est signalé. Mais pour toutes les fois où ce genre de chose se passe sans témoin...

Depuis le temps que ça dure, c'est quand même dingue. Tous les élus de la communauté de communes qui a la compétence assainissement sont au courant, les élus de la ville de Champagnole ainsi que ceux de la pêche également. Mais force est de constater que rien ne change. On nous sort des études sur de multiples paramètres, on fait de la promotion, on fait toutes de sortes de choses, mais ça, la base de tout, avoir une eau de qualité. Ben rien. Les années passent et les évènements se répètent. Toujours les mêmes...Je n'invente rien. C'est la réalité. Les faits sont là.

D'ailleurs, si la pollution agricole est souvent mise en avant et à juste titre, n'oublions pas le dégât du rejet des eaux usées quand les systèmes d'assainissement sont dysfonctionnels ou qu'il y a de mauvaises manipulations. C'est le cas de la lagune végétale de notre village. Pareil, moultes fois dénoncé, elle n'a jamais vraiment fonctionné. C'est encore le cas aujourd'hui. Comme Champagnole, comme Montigny (pour aller encore plus loin), il y a eu plainte. Pour notre village, rien n'a changé. C'est toujours une catastrophe. Je vous mets une image du parcours quelques centaines de mètres en aval de la sortie de lagune dans la rivière d'Ain. Photo prise par mes soins le 28 mai de cette année. À cette date, il y avait de l'eau en quantité depuis 8 mois ! Aucune chaleur et un ensoleillement réduit de moitié par rapport à la normale. Et pourtant...

Colmaté avec une sacrée épaisseur !

Après la crue de ces derniers jours, ces algues ont été arrachées partiellement. Mais pas partout malheureusement. Des fonds colmatés sont encore présents alors que le soleil n'est pas encore apparu.

Après la crue.

Après on s'étonne que les populations de truites sauvages baissent régulièrement d'année en année. Mais quand on voit ça, il n'y a rien d'étonnant.

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