Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
Le poisson Voyageur, le rêve de pêche à votre mesure !

Accès au Fly Shop Signez le livre d'or Suivez-moi sur facebook Le Fly Shop sur facebook

Mot-clé - Harle bièvre

Fil des billets - Fil des commentaires

mercredi 2 novembre 2022

Photo aussi incroyable que la scène est dramatique.

Vous allez me dire que j'insiste sur le sujet et c'est sans doute un peu vrai, mais pas que. En fait, suite à mon dernier article où j'ai partagé un article de presse au sujet du Harle Bièvre, un fidèle lecteur de ce blog, pêcheur et passionné de photos animalières, m'a contacté. Il m'a proposé de me faire passer une photo réalisée par ses soins samedi dernier. Car comme souvent, une image vaut mille mots !

Ce cliché a été réalisé sur la haute rivière d'Ain à Champagnole (39-Jura). Entre la centrale de la base de la roche et le viaduc de la voie de chemin de fer. Cette image est aussi incroyable que le scène est dramatique. Je vous laisse la contempler tout en remerciant une nouvelle fois Claude Muller.

Scène de pêche sur la rivière d'Ain à Champagnole.

Pour un canard censé se nourrir que de petits poissons du genre vairons et autres chabots, il me semble reconnaitre une truite sauvage de belle taille dans le bec de ce mâle Harle. Une de plus qui n'aura pas le temps de se reproduire en passant.

La photo est grandiose, encore bravo Claude. Mais cette scène est dramatique lorsque l'on est conscient du cheptel restant en truite sauvage sur notre rivière comme toutes les autres qui subissent de plein fouet la prédation de ces oiseaux. À cette prédation, il faut bien entendu ajouter celle du grand cormoran qui reste malheureusement d'actualité.

Il est évident que nos têtes de bassins comme la rivière d'Ain à Champagnole/Sirod ne supporteront pas longtemps cette prédation JOURNALIÈRE. Les oiseaux, comme les pyrales après avoir mangé tous les buis, iront ailleurs une fois avoir pillés les populations de truites et d'ombres encore présentes chez nous.

Une truite est préparée dans ses gênes à la prédation du héron cendré ou du martin pêcheur pour les juvéniles car ces prédateurs font parti de la biodiversité locale depuis toujours. La truite est complètement désemparée face aux harles et aux cormorans. Elle ne sait pas s'en défendre et faire face à ces nageurs/pêcheurs exceptionnels. Ces oiseaux sont apparus il y a peu. Ils déséquilibrent totalement la faune piscicole autochtone. Malgré ce que pense leurs défenseurs, c'est une plaie béante pour la biodiversité locale. 

Quand une espèce végétale apparait pour nuire à des espèces locales, on utilise le terme "invasive" sans que cela pose problème. Je pense à la renouée du Japon par exemple. Quand c'est un insecte de type frelon asiatique et que tous les moyens sont bons pour le tuer, cela ne pose pas de problème également. Mais là, un oiseau que nos grands-pères n'ont jamais vu sur nos rivières et qui apparait du jour au lendemain en déséquilibrant toute une chaine, c'est un problème de vouloir agir sur les populations.

Nous sommes plusieurs à passer beaucoup de temps sur ces rivières où les dernières truites sauvages survivent. Personne ne pourra nous convaincre du contraire que ces oiseaux ont un impact très lourd sur les populations. C'est une catastrophe écologique. On laisse une espèce allochtone détruire une espèce autochtone. C'est démoralisant pour le bénévole que je suis. On peut faire ce que l'on veut pour protéger le cheptel, si les oiseaux sont là, c'est peine perdue.

Je souhaite terminer cet article avec les mots de Claude qui accompagnaient sa photo : Les harles sont arrivés à 5 (sur le plat de la Roche) et en quelques secondes cette capture. C'était impressionnant d’efficacité, je n'y croyais pas !

Faites le calcul...Seulement ces 5 oiseaux pêchant durant des mois sur la rivière...

mardi 1 novembre 2022

Article de presse sur le Harle.

Ce court billet pour vous partager un article de presse parut ce jour. Difficile d'être sur la même longueur d'onde entre passionnés des oiseaux et des poissons...

lundi 18 avril 2022

Romain nous parle des oiseaux piscivores (vidéo)

Je publie aujourd'hui une vidéo tournée sur le plateau du chasseur français. Vous y verrez l'interview de Romain. Ce jeune pêcheur passionné nous parle de la problématique des oiseaux piscivores en faisant un focus sur cette espèce allochtone qu'est le harle bièvre. Ce sujet est parfois complètement éclipsé des préoccupations de nos fédérations et pourtant, il devrait être au centre de la table. Cela devient une urgence !

Merci Romain pour ton intervention. Pour souvenir, cet article complet au sujet du Harle à lire => Harle Bièvre.

vendredi 14 janvier 2022

La pêche n'est jamais fermée finalement.

Étant cloué sur le canapé depuis quelques jours pour cause de Covid bien corsé, j'en profite pour rédiger un nouvel article sur mon Blog. Je souhaite revenir aujourd'hui sur un sujet qui est souvent débattu : la prédation des oiseaux piscivores. Pour être clair, je ne veux pas faire ici un plaidoyer pour l'extermination de ces deux espèces ou pour leur totale protection. J'ai bien entendu mon avis sur la question, mais je voulais avant tout témoigner en tant qu'observateur attentif et studieux. Je peux le faire cette année car j'ai repris mon permis de chasse après presque 20 ans d'arrêt afin de m'adonner à une autre passion qu'est la chasse du gibier d'eau.

Durant toutes ces années où je ne chassais plus, j'ai toujours continué à me rendre régulièrement à la rivière pour observer les truites en période de fermeture. Je prenais même un grand plaisir à les filmer en automne lors des dernières éclosions ou encore en plein hiver lors du frai. Je me suis simplement rendu compte cette année que je faisais ces observations toujours dans la même plage horaire, soit pour la balade digestive du début d'après-midi pour profiter d'un maximum de lumière. Depuis la mi-septembre et la reprise de mon activité en quête des canards sur la rivière d'Ain, je sors à toutes heures de la journée. De plus, les sorties sont encore plus nombreuses. Si je plante le décors de cette façon, c'est pour vous faire comprendre que si l'on croit connaitre la vie d'un bout de rivière par cœur, il suffit parfois de le regarder d'une manière différente pour s'apercevoir que l'on passe à côté de pas mal de choses.

Lever du jour glacial ! Les oiseaux sont déjà passés.

Toutes ces années, je voyais régulièrement en période de fermeture des cormorans ou des harles sur des linéaires de la rivière d'Ain. Bien que cela m'agaçait un tantinet, je n'avais pas l'impression qu'ils y passaient leur vie non plus. Souvent, il m'arrivait de ne pas en voir d'ailleurs. Quelle ne fut pas ma surprise cette année !!

Il est vrai que je suis passé d'environ 4 à 5 heures d'observations hebdomadaires (ou je regardais plus souvent le fond de l'eau que le ciel d'ailleurs) à 15 / 20 heures de présence par semaine sur la rivière. Ce n'est pas rien. Le plus important c'est que sur ces 20 heures, je peux être au bord de l'eau aussi bien au lever du jour comme au coucher du soleil en passant par toutes les heures de la journée. En premier lieu, j'ai appris encore et encore sur le comportement des truites qui me fascine sincèrement mais surtout, j'ai pu me rendre compte de la présence journalière (et j'insiste sur ce mot) des cormorans et des harles sur la rivière.

L'après crue hivernale au soleil, un régal pour les yeux.

Sur notre linéaire, les cormorans qui se nourrissent essentiellement de poissons adultes le font forcément dans 95% des cas sur des truites ou des ombres. Il y a également quelques chevesnes et un ou deux brochets mais peu. Les harles eux prélèvent dans les plus petites tailles. Les vairons en font les frais mais aussi les juvéniles des poissons plus gros de la rivière, donc des truites et des ombres. Avec ce duo, toutes les classes d'âge sont touchées.

Je sors en général le mercredi, le vendredi, le samedi et le dimanche sur la rivière. Depuis mi-septembre, il y a eu une période de deux semaines fin novembre où j'ai vu très peu d'oiseaux piscivores. Sinon, j'en ai vu à chaque sortie. Pour être plus parlant, cela fait environ 60 sorties en ayant vu des oiseaux pêcher sur notre linéaire de seulement 3 kilomètres. 60 jours...Que l'on peut j'imagine au moins doubler pour les jours où je n'y suis pas allé mais restons sur ce que j'ai vu. Du concret quoi.

Des exemples, j'en ai quelques uns. Comme ce dimanche de septembre en fin d'après-midi où j'ai dérangé une famille de harles (9 individus) dans un radier à l'amont de notre parcours. Ou encore en matinée d'octobre où j'ai vu passer sous l'eau en pleine chasse des grands cormorans...Là où la veille gobaient 3 ou 4 truites...Je me souviens aussi d'un tout début de partie de chasse où je suis arrivé sur une gravière en voyant une truite d'environ 30 centimètres complètement affolée sortir de l'eau pour venir presque s’échouer sur les graviers...10 secondes après son retour à l'eau aidé par mes soins un cormoran sortait de l'eau à 20 mètres de moi. J'ai cette image d'un vol de 18 individus montant la rivière et passant au-dessus de ma tête peu de temps après le lever du jour. Je vois encore les écailles brillantes d'ombrets sortir du bec d'un harle mâle devant moi. Combien de fois j'ai été le témoin de la formidable technique de pêche groupée des harles. Ces oiseaux sont des pêcheurs fantastiques et incroyablement efficaces.

J'ai vu parfois en une sortie plus de 20 oiseaux sur le parcours. Tous pêchaient bien entendu. Parfois seulement 1. Le plus souvent 4 ou 5. Je n'ai pas fait de grandes études, j'en conviens. Mais je tente malgré tout de faire des additions en comptant simplement un poisson/jour par oiseau vu pour me rendre compte des prélèvements réels entre septembre et février, période où ils sont le plus présents chez moi. Si j'y arrive, vous pouvez le faire aussi.

Si je pensais que ce n'était pas grand chose il y a encore peu, je peux vous dire qu'après ces quelques mois passés au bord de l'eau, j'ai revu ma copie. Encore une fois, je ne cherche pas à convaincre ou donner des leçons, je relate ici, sans amplifier les faits, ce que j'ai vu depuis mi-septembre. Après, chacun en fera ce qu'il en veut. Ce n'est pas une étude scientifique ou autre, juste le témoignage d'un type qui passe énormément de temps au bord de sa rivière. Il me semble que cela doit être dit également.

Merci de m'avoir lu.

samedi 6 mars 2021

2 jours sans muselière. Vive Goumois, vive la pêche !

Le mot muselière est sans doute un peu fort, mais la perspective de passer deux jours sans mettre de masque me remplissait de joie ! Il en faut peu de nos jours pour rendre un homme heureux. Le spectre d'un futur confinement partiel ou plein a fini par me décider de prévoir un séjour sur Goumois pour faire mon ouverture. La dernière que j'ai fait sur les terres de la Franco-Suisse datait de 2013 en compagnie, en autre, de mon ami Michel Flénet. Il manquera tristement sur les berges du Doubs cette année et les suivantes, assurément.

C'est comme une veille d'ouverture et un peu comme un gosse que j'ai préparé mes affaires. J'avais un besoin fou de m'éloigner de mon quotidien et plus particulièrement de mon étau. Une immense envie de me retrouver seul canne à la main s'était emparée de moi. Les paysages de la vallée du Doubs étaient le cadre parfait pour palier mes envies de solitude en plein air.

Les fleurets au fond du sac et c'est parti !

Je vous avoue que malgré toutes les idées positives que j'avais en tête, le trajet pour me rendre sur Goumois m'a fait froid dans le dos. Je n'ai pas comptabilisé les parcelles noircies de lisier, mais c'était pas chouette à voir et accessoirement à sentir. Même dans nos rêves les plus joyeux, la réalité de nos vies nous rattrape inexorablement.

Arrivé le long du Doubs et pas encore équipé, je devine une silhouette de pêcheur tenant sa canne de la main gauche ! L'ami Alex était déjà en approche. Nous avons eu la même crainte d'un possible confinement. Il fallait pêcher, quoi qu'il en coûte ! J'ai abandonné Alex à ses petites affaires où il excelle comme personne pour attaquer un peu plus en aval. Je n'en crois pas mes yeux, le Doubs est somptueux ! La belle crue hivernale a fait le boulot. C'est splendide.

Le fond du Doubs.

Cette vallée reste unique en son genre. On y respire l'esprit encore sauvage. Je le disais encore ce matin à mon ami Denis, la rivière d'Ain est magnifique, mais elle n'a pas cet aspect sauvage du Doubs. En tous les cas, je ne le retrouve pas personnellement. L'ambiance est totalement différente.

L’entrée du bois de la Saulsotte.

Les stigmates de la dernière crue !

La pêche dans tout ça. Il a fallu attendre patiemment l'ouverture légale de la truite pour les tenter de nouveau. Bien qu'ayant une deuxième catégorie à portée de voiture, je me refuse d'aller embêter les truites lors de leur période de repos bien méritée. Ces longs mois à attendre et enfin, le jour J est arrivé. J'ai débuté très fort ! J'étais monté en 16 centièmes et gammare JFD en 12. Je pensais débuter la saison chez moi. Pas vraiment conseillé pour le Doubs et ses truites hypers méfiantes du début de saison ma combinaison diamètre de fil taille de nymphe. Pourtant, sur la première truite vue, elle est venue prendre le gammare comme une fleur. Un beau poisson de 40-45 qui aurait pu être le premier. C'était sans compter sur un ferrage bien rouillé ! Manqué ! Je vois encore le blanc de la gueule, magnifique et tragique ! Je me suis marré tout seul tellement j'ai été mauvais !

Derrière, je repère une truite sous son caillou. Elle n'était pas calée, mais en poste tout en restant sous sa cache. J'ai passé mon gammare plusieurs fois sans réaction de sa part. Heureusement, j'avais les sparklers magiques de mon ami Julien Daguillanes. Premier passage assez près du caillou et la truite est sortie comme une folle furieuse pour s'emparer de ma guirlande ! Quelle scène !

Première truite de 2021.

J'ai passé un très bon moment. Le peu de connaissances que j'ai de ce parcours est très préjudiciable lorsque les truites sont si peu actives. Il faut connaitre les bonnes berges, les bons moments. J'ai eu l'impression de tout faire à l'envers mais là n'était pas l'essentiel. Non, le poisson n'est que la cerise sur le gâteau. Le fait de me trouver sur les berges du Doubs était amplement suffisant. J'ai eu le plaisir de croiser l'ami Marcel avec qui j'ai passé un agréable moment bien qu'il m'ait appris la disparition peu après Michel de notre ami commun Yvan. Un autre passionné du Doubs maintenant disparu. Pour les plus anciens et amateurs du forum Mouche-Fr, vous le connaissiez sous le pseudo Doubsrivière. Bien triste nouvelle.

J'ai aussi, pour mon plus grand plaisir, croisé la route de mon ami Bruno. Un homme et pêcheur incroyable connu alors que j'étais le tout jeune disciple d'André Terrier. Comme je sais qu'il t'arrive de me lire mon cher Bruno, j'ai été très heureux de te revoir. Merci pour ce bon moment passé en ta compagnie.

Après avoir promené la canne plusieurs heures, j'ai retrouvé un semblant de motivation alors que la pluie tombait. Je suis allé finir ma journée sur le pré Bourrassin vide de pêcheurs. Enfin si j'ose dire, car il y en a eu un paquet de passage durant cette journée. Heureusement pour moi, il m'ont laissé cette belle fario qui s'est laissée leurrer à distance par un petit gammare JFD en 16. Je suis descendu pour l'occasion en 13 centièmes.

Belle truite du Doubs.

Le lendemain matin, j'ai attaqué beaucoup plus tôt. Le Bourrasin était pour moi seul ! Ce lieu reste enchanteur. L'atmosphère y est particulière.

Le pré Bourrasin.

Les truites dehors étaient encore moins nombreuses que la veille. La journée s'annonçait compliquée. La seule truite vue sur la gravière s'est emparée de mon petit gammare noué la vieille. Pas capot, c'est déjà pas rien !

Truite prise en nymphe à vue.

Il y a eu, au contraire de la veille, une activité de surface vers 14 heures déclenchée par une éclosion de petites olives. J'ai vu quelques très beaux gobages mais je n'ai pas eu le courage de reprendre la voiture pour aller sur la berge suisse. De plus, j'ai vu un pêcheur pratiquer le long des zones boisées. Pour se placer correctement pour pêcher les gobages, il se positionnait à chaque fois dans l'eau. Et comme j'ai compris la phrase du règlement intérieur qui stipule l'interdiction de renter dans l'eau avant le 1er Juin, je me suis abstenu.

Malgré ça, j'ai pris une truite en sèche devant les blocs de l'ami Radix avec une passe-partout olive. J'ai décroché un autre poisson que j'ai fait monter à la limite de la distance à laquelle je pouvais propulser ma mouche. J'ai également pris deux méchants refus !

Le Doubs reste magnifique malgré les malheurs qui lui tombent sans arrêt sur la tête. Je suppose, un peu comme chez nous, que le fond de la rivière va se transformer dans les semaines à venir. Ce que j'ai vu dans les champs devrait finir dans la rivière. C'est inévitable et tellement triste.

Les perces-neige de la Franco-Suisse.

Si le lisier était le seul mal qui touche cette rivière à l'image des autres rivières du coin, mais non. Là, sur le plat de la Verrerie, 4 harles bièvres sur une frayère d'ombres (cliquez sur la photo pour l'agrandir). Je les ai vu faire. Un mâle et 3 femelles. Ils n'ont qu'à en manger un chacun par jour durant la période du frai...Je vous laisse faire le compte. Les ombres eux étaient en stress absolu. Un autre sujet à considérer sur les baisses de population, c'est indéniable.

Je suis rentré à la maison avec le plein de bol d'air. Qu'est qu'on respire mieux sans ce maudit masque ! Vive Goumois, vive la pêche !

- page 1 de 2