Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
Centre de pêche en Bosnie.

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Mot-clé - Harle bièvre

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mardi 6 janvier 2026

Catastrophe en cours.

Depuis Noël, les températures sont négatives. Ces mêmes températures ont encore baissé depuis le 1er janvier. Nous avons régulièrement le matin des valeurs inférieures à -15°C. Hier matin nous avons même frôlé les -18°C par exemple. La conséquence est terrible pour nos rivières et plus encore pour leurs habitants ou ce qu'il en reste.

Effectivement, toutes les eaux closes ou inertes sont prises par les glaces sur une grande partie de la région. Du coup, les oiseaux piscivores, cormorans et harles bièvres, se regroupent pour pêcher sur les seuls linéaires libérés des glaces avec encore quelques truites et ombres dans l'eau. La rivière d'Ain et la Bienne sont en première ligne. Ces deux rivières voient tous les jours des vols compacts d'oiseaux arriver de Coiselet, Vouglans et des autres retenues. C'est le défilé tous les matins dans notre ciel.

Je ne parle pas d'un ou deux oiseaux ici et là. Non, c'est des dizaines d'oiseaux qui se partagent la haute rivière d'Ain. De Châtillon à Sirod c'est un carnage journalier. Cela dure depuis bientôt deux semaines avec une intensité peu commune. Autant dire que si vous avez eu la chance de croiser l'an passé des juvéniles comme sur les deux photos ci-dessous, mettez-vous bien dans la tête qu'ils sont sans doute déjà transformés en fientes ! Vu le carnage journalier, il ne faut pas chercher bien loin pour comprendre la baisse des effectifs de poissons comme des pêcheurs prenant leur carte !

Ces jeunes poissons véhiculaient l'espoir. Ils sont en réalité des casse-croûtes à cormorans !

jeudi 4 septembre 2025

Témoignage.

Aujourd'hui, je vous partage un témoignage écrit que j'ai reçu par mail hier. C'est celui de Bernard, un pêcheur qui vient régulièrement sur la haute rivière d'Ain pour tenter de tromper ses poissons sauvages. En plus d'être pêcheur, il est fin observateur. Il nous relate ici ses observations pour l'année 2025 sur un parcours très connu de l'AAPPMA de Champagnole.

Bonjour Nicolas

Au printemps 2025 un couple de Harle bièvre a niché au niveau des saules touffus un peu en amont du déversoir qui se trouve environ 500 mètres en amont du pont de l'épée de Champagnole (direction Ney) en rive droite.

Sont nés 8 harles qui, début juin, étaient déjà plus gros qu’un canard. Le mâle niche dans les gros arbres qui sont dans l’eau au niveau de la retenue (30 m en amont du pont).

Le mâle et la femelle avaient déjà fait un carton sur les ombres de toutes tailles et les truitelles. !!!En début juillet absence quasi-totale de truites jusqu’à 38 cm. !!!Il restait encore quelques belles truites au dessus de 40 cm.

La femelle et les 8 jeunes restent cachés dans ces saules jusqu’à la tombée du soir…

On peut être quasi certain que la rivière sera vide de tous poissons l’année prochaine. !!!On constate aussi une très forte diminution des truites sur le petit linéaire en aval du pont de la chapelle à Sirod. !!!J’ai vu les premiers harles il y a 4 ans… en amont de la Base de la Roche…l’un en train d’avaler une truite de 40 cm. Vu aussi en amont du pont de Syam de la Billaude sur la Saine. !!!Et encore bien en amont du pont de la chapelle à Sirod.

Je ne suis plus tout jeune et je pensais pouvoir encore passer quelques belles journées de pêche à la mouche au bord de l’eau tout en voyant des poissons. Avec un troupeau de 34 harles que vos amis ont vu entre Champagnole et Syam c’est totalement mort. Ça fait 40 ans que je viens pêcher dans le Jura et que je remets les poissons à l’eau (double plaisir pour moi !).

Mon moral est au plus bas car je crois bien que je n’aurai plus jamais ce plaisir là.

Cordialement, Bernard des Hautes Vosges.

Si vous ne voyez plus de poissons en dessous de 30 centimètres sur le plat de l’hôpital à Champagnole ne soyez pas étonné !

Le témoignage de Bernard est important à mes yeux puisqu'il apporte des compléments d'informations précieux à mes propres observations de terrain. Je savais que depuis peu nous avions des oiseaux sédentaires. Que la reproduction se faisait sur la haute rivière d'Ain. Mais de là à ce que cela se passe même dans les zones urbaines. Il est évident qu'entre la source de l'Ain et le barrage de Vouglans c'est plusieurs familles qui se sont installées. Bien entendu, cet oiseau n'est pas à l'origine de la lente agonie des populations de truites et d'ombres de la rivière d'Ain, mais, et c'est certain, c'est lui qui va parachever le travail.

mercredi 27 août 2025

Une catastrophe de plus

C'était déjà bien connu des pêcheurs qui pratiquent de façon régulière sur les berges des rivières jurassiennes mais là, on vient d'atteindre un autre niveau. Ce lundi 25 août, deux amis pêcheurs étaient sur le célèbre parcours de la Base de la Roche. Ce linéaire se trouve sur les lots de l'AAPPMA de Champagnole (Jura) en direction de Syam. C'est un très long plat en amont d'un barrage. Ils ont pu compter un groupe de 34 harles bièvres.

Si de mon côté j'avais bien vu ici ou là quelques oiseaux dont un ou deux cormorans, j'étais à des années lumières de me rendre compte de la catastrophe en cours. Trente-quatre piscivores ! Sans compter ceux qui seront de passage cet automne / hiver, c'est bien évidemment beaucoup plus que ce que la rivière peut supporter. Nous qui étions si heureux d'observer une reproduction exceptionnelle tant en ombres qu'en truites que l'optimiste laisse déjà place à l'anéantissement. Pour faire simple, si l'on compte 5 truitelles/ombrets par oiseau et par jour (alors que cela doit être plus), cela nous fait plus de 5000 poissons par mois. Autant dire qu'ils vont décimer à eux seuls les juvéniles de l'année sur le linéaire de Champagnole dans les mois qui viennent ! Pas étonnant que malgré de très bonnes reproductions on ne retrouve pas les poissons par la suite.

Avec la reproduction de cette année, nous devrions observer au printemps 2026 des centaines d'ombres de 20 à 25 centimètres. Ça ne sera pas le cas. 80 à 90% de ces ombrets vont finir dans les estomacs des harles et des cormorans dans les prochaines semaines. C'est certain.

Et si l'espoir d'avoir de nouveaux des tirs de régulation sur les eaux libres pour les cormorans (et j'attends de voir si ça sera effectif un jour), nous ne les auront jamais sur les harles ou alors dans un futur très éloigné. Bref, tous ces oiseaux ont de beaux jours devant eux pour décimer ce qu'il reste de truites et d'ombres dans la rivières d'Ain et ses affluents. Une fois ripaille faite, ils partiront ailleurs en laissant un désert derrière eux à l'image du renard qui change de crèmerie une fois le poulailler vidé.

Capture d'écran de téléphone sur une vidéo.

lundi 16 septembre 2024

Encore 3 semaines de pêche en 1ère catégorie !

La fermeture de la pêche en 1ère catégorie s’est faite hier dans le Jura. Il y a toujours les possibilités habituelles pour continuer à pêcher dans les départements voisins comme sur le Doubs Fanco-Suisse (25) : fermeture au 30/09 ou encore dans certains départements dits de montagne comme la Haute-Savoie (74) : fermeture au 06/10. Cette année, et cela intéressera forcément les jurassiens par la proximité géographique, il y a d’autres moyens de jouer les prolongations en 1ère catégorie. Je reçois sur ce blog le très dynamique président de la fédération de pêche de l’Ain (01), Nicolas Mandic, pour nous expliquer cette nouvelle donne pour les pêcheurs.

Nicolas Mandic : Salut Nico, comme tu l'as très bien dit, il y a les grands "classiques" de la prolongation de la pêche type départements de montagne ou frontaliers, et puis il y a les petits nouveaux, un peu moins loin du Jura : les Aindinois ! Bien évidemment, nous aurons des conditions un peu particulières : autorisée seulement sur quelques rivières, et uniquement pêche de l'Ombre.

Pour les rivières concernées, rien de mieux que le tableau de notre arrête préfectoral :

Attention, sur ces parcours, hormis BRA et bas Suran, les 3 autres rivières sont non réciprocitaires, et vous devez obligatoirement prendre une carte de pêche de leurs AAPPPMA. Sur cartedepeche.fr, il faut rechercher :

- pour l'Albarine "ALBARINE";

- Pour le Lange et l'Oignin sauf Izernore tapez "RLHB";

- pour le tronçon de l'Oignin sur la commune d'IZERNORE: "IZERNORE";

Je ne peux que vous inciter à profiter de l'offre d'automne, et puisqu'en général nous avons déjà pris une carte et payé la taxe nationale (qui ne se paye qu'une fois), la carte offre d'automne vous permet de pêcher 3 semaines pour environ 25 euros !

Cela vous coûtera le même prix que DEUX cartes à la journée, et vous permettra de multiplier les sorties en vous adaptant à la météo ou aux informations dispo, ou de profiter d'une belle fin de journée en semaine.

Pour la réglementation, et puisque cette prolongation ne concerne QUE l'ombre, toute autre espèce capturée devra être remise a l'eau immédiatement, et notamment les truites : les prendre accidentellement n'est pas un problème, mais pas de séance photo !

Enfin, et concernant les techniques, pas de restriction, mais votre bon sens vous évitera bien des ennuis : TOC, mouche, personne ne viendra vous embêter et vérifier que vous ne touchez pas une truite accidentellement, ça arrive. Par contre, éviter de prendre les gardes pour des imbéciles en peignant les fosses de la BRA avec un Rapala ou un streamer : oui, un ombre arctique en Mongolie peut attaquer un leurre de 10cm, mais nous sommes en France, et mon conseil vous évitera de venir expliquer la biologie de l'Ombre Commun au tribunal de Bourg en Bresse un jeudi matin à 09h...Nous sommes un département anti-discrimination, où toutes les techniques sont autorisées, alors faites-vous déjà plaisir au TOC ou à la mouche, et profitez de l'automne au bord de l'eau.

Enfin, et là je passe un petit message aux défaitistes et moralistes : NON, la pratique de la pêche à la ligne n'a jamais mis en péril une espèce, les "déranger" non plus : La pêche à la ligne dans le cadre du respect du code de l'environnement n'a AUCUN impact sur la pérennité d'une espèce, sans quoi le saumon de l'axe Loire/Allier serait déjà sauvé : ses effectifs continuent de s'effondrer alors que sa pêche est fermée depuis près de 30 ans...On ne compte pas aussi les pays où la pêche ferme mi/fin octobre, voire ne ferme jamais, comme sur la Ribnik en Bosnie, et si la moitié des pêcheurs français partent là-bas, c'est sûrement que leurs populations d'ombres et truites se portent très bien. Et NON, à la fermeture de la première catégorie mi-septembre, les poissons ne découvrent pas un "havre de paix", ne sont pas "tranquilles" et ne mangent pas sereinement pour vous faire plaisir : ils sont bien plus harcelés par les Harles et Cormorans quand il n'y a aucun pêcheur au bord de l'eau, la présence des pêcheurs ayant TOUJOURS un impact POSITIF pour les poissons. Et enfin, vu à quel point ces pauvres ombres ont pris cher avec les cormorans pendant 2 ans, il n'y a pas de plus beau soutien que de les pêcher, encore plus après notre victoire au conseil d'état : les pêcheurs sont encore là, les ombres aussi, et nous ne rangerons ni nos cannes à pêche, ni nos fusils !

Bel automne à tous au bord de l'eau !

Merci Président pour toutes ces informations et précisions. J'espère que les lecteurs de cet article viendront profiter pleinement de ces trois semaines de pêche supplémentaires. Je vous laisse avec une illustration en forme de montage photo réalisé par Niko. Ceux qui le connaissent bien reconnaitront "sa patte" !

dimanche 5 mai 2024

Démission d'une AAPPMA dans le département de l'Ain.

Le sujet cormoran peut finir par excéder au-delà du raisonnable. Quand certains parcours sont touchés par un ou deux oiseaux, d'autres sont littéralement pillés par des centaines d'individus. L'arrêt des tirs de régulation et le déséquilibre que cela a engendré étaient de trop pour les membres du bureau de l'AUPRA, association gérant la pêche sur une grande partie de la basse rivière d'Ain. Je vous fais un copier-coller de leur communiqué ci-dessous :

Depuis plus de 40 ans, l’Union des Pêcheurs de la Rivière d’Ain (UPRA devenue AUPRA) a oeuvré pour la préservation
des 35 km de la partie aval de la Basse Rivière d’Ain (BRA).
Nos multiples actions ont conduit entre autres à l’instauration d’une cellule d’alerte estivale, à la diminution du
nombre de captures journalières autorisées ainsi qu’à l’augmentation des tailles légales de capture, à la création des
tous premiers parcours no-kill de France en domaine public et plus récemment à la création d’une convention entre
la Fédération de Pêche de l’Ain et EDF pour atténuer les impacts des éclusées EDF.
Toutes ces actions ont été accompagnées d’une lutte contre la prolifération des cormorans sur la BRA. Cette lutte
depuis 25 ans a permis jusqu’en 2022 le maintien de la population d’ombres communs (et de truites) de la BRA.
Hélas, sous la pression de la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) et de ses mensonges, le ministère de la transition
écologique a supprimé le tir des cormorans sur les eaux libres en 2022 réduisant ainsi à néant tous les efforts de
préservation des rivières et notamment des salmonidés, ombres en tête.
Il faut quant même signaler que la décision du ministère s’appuie sur l’avis du CNPN (Conservatoire National de la
Protection de la Nature) présidé alors par Loic Marion de la LPO ! Ce même Loic Marion qui malgré toutes les
données et études européennes sur la prédation des cormorans en eau douce (notamment sur les rivières à
salmonidés) conclut que la prédation des cormorans s’effectue principalement sur les poissons chats et les perches
soleil !
Quant on demande son avis à la LPO basé sur des études faites par la LPO on peut avoir quelque doute sur
l’objectivité des résultats annoncés. Il serait intéressant de demander son avis aux groupements de viticulteurs sur la
dangerosité de l’alcool et de se servir du résultat en matière de protection de la santé ou de sécurité routière.
Il est bon de mentionner également que, lors de l’enquête préalable à la décision du ministère, une immense
majorité d’avis émis souvent très argumentés était défavorable à cette décision. Les rares avis favorables étaient
dépourvus de toute argumentation. La totalité de ces avis était alors accessibles à tous. Mais comme d’habitude,
cette enquête a été de pure forme et le législateur s’est assis sur les avis des citoyens en donnant raison aux
révisionnistes de la cause animale qui ne semblent pas se préoccuper des effets dévastateurs des espèces invasives
ou envahissantes et qui se moquent éperdument de tout ce qui se passe sous la surface de nos eaux.
Face à cet état de fait, véritable scandale environnemental, notre association a déclaré se mettre en dormance et a
refusé de payer la location des baux de pêche à l’Etat (plus de 5000 € annuels). Le bénévolat a ses limites. Nous ne
sommes pas masochistes au point de continuer à nous échiner à gérer une rivière livrée au pillage par des centaines
de cormorans (et autres harles bièvres).
Car contrairement aux propos mensongers du représentant local de la LPO Thierry Lengagne, il s’agit bien de
centaines de cormorans qui pêchent la BRA durant 6 mois (et bientôt le reste de l’année vu leur sédentarision
naissante). Lorsque nous avions l’autorisation de réguler les cormorans, c’est une moyenne annuelle de 230 oiseaux
que l’AUPRA régulait sur 35 km. 230 cormorans pendant 6 mois, c’est environ 20 tonnes de poissons consommés !
Comment envisager une seconde qu’une telle prédation (sans même parler de celle des harles bièvres) laisse une
seule chance aux poissons les plus vulnérables comme les ombres.
Car, là encore, contrairement aux racontars de la LPO, il n’y a pas de cachettes qui, en milieu naturel, permettraient
aux ombres d’échapper aux cormorans. Il est bon d’expliquer aux génies de la LPO que les ombres ne se réfugient
pas plus dans des cachettes que les lapins ne grimpent aux arbres. Seule une ignorance crasse de la biologie des
poissons (ou une malhonnêteté éhontée) peut permettre de raconter de tels mensonges. Mensonge également
lorsque la LPO évoque des trous de 6 mètres de profondeurs qui serviraient de refuges aux poissons de la BRA. Outre
que cette profondeur n’est jamais atteinte sur les 35 km aval de la BRA, n’importe quel ornithologue honnête (et il y
en a) sait que les cormorans sont tout à fait capables de plonger et pêcher bien en dessous de cette profondeur.
Quant à l’affirmation que la population des cormorans dans le département de l’Ain n’excèderait pas un millier
d’individus, là encore épouvantable mensonge de la LPO. Lorsque les tirs étaient autorisés, les déclarations faites
annuellement à l’administration par les différents porteurs d’autorisation de tir faisaient état de plus de 2000
cormorans abattus. Et les animalistes affirmaient alors que l’on minorait le nombre de cormorans abattus ! Il faut
être de véritables exterminateurs pour parvenir à éliminer plus de 2000 cormorans là où il y en aurait moins de 1000 !
Mais comment attendre des propos réalistes des animalistes lorsqu’une de leur chef de file (élue de plus au conseil
municipal d’une grande métropole) confond une perdrix avec un faisan (vidéo croustillante sur internet). Tant que le
ministère prendra avis auprès de tels « spécialistes » il n’y aura aucun espoir pour nos rivières et notamment nos
rivières à salmonidés.
Et dire que, sur la BRA, l’Agence de l’Eau dépense plusieurs millions d’euros (d’argent public) ces dernières années
pour protéger ses ombres et ses truites dans le cofinancement de nombreuses réalisations (réseau de substitution
au prélèvement en nappes par un pompage sur le Rhône, lâchers de barrages décidés en cellule d’alerte,
améliorations du fonctionnement hydro électrique et diminution des impacts des éclusées EDF via le projet Saut
Mortier, etc…) ! Et en même temps le ministère condamne à mort les salmonidés de la BRA en laissant proliférer les
cormorans.
Pour preuve de la catastrophe annoncée fin 2022, il suffit d’examiner un paramètre édifiant : des ombres très
nombreux en fin d’été 2022 étaient observés (voir rapports de cellule d’alerte) dans les zones refuges de la BRA
(pont de Gévrieux notamment) et avaient donc survécu grâce aux lâchers EDF obtenus par la cellule d’alerte. Or,
durant l’été 2023, après un hiver de présence massive non régulée des cormorans, aucun ombre n’a été observé
dans les zones refuges de la BRA malgré une situation climatique et hydraulique équivalente à 2022. Quant il n’y a
quasiment plus d’ombres dans la rivière et qu’ils sont tous partis en vol dans l’estomac des cormorans et bien
bizarrement il n’en est observé aucun dans les zones refuges estivales !
Face à ce désastre qui ne touche hélas pas que la BRA (voir les nombreuses vidéos sur internet sur tout type de cours
d’eau et même plans d’eau), notre AAPPPMA s’était mise en stand by depuis un an et demi dans l’attente d’une
prise de conscience du ministère, du résultat des recours devant les tribunaux et dans l’espoir du retour à une
régulation légale des cormorans sur les eaux libres seule solution actuelle sur une rivière du profil de la BRA. Mais la
mise en demeure par l’administration d’effectuer ses assemblée générale et autres obligations légales a contraint à
la démission le président de l’AUPRA suivie de celles de tous les membres du CA. A quoi bon en effet dépenser son
argent, son temps et sa santé pour n’avoir pour tout résultat que le spectacle épouvantable du carnage hivernal
perpétré par des centaines de cormorans pillant en toute impunité des décennies de travail bénévole.
Pour finir nous souhaitons bon courage et beaucoup d’abnégation à ceux qui voudront bien s’occuper dorénavant
des 35 km aval de la BRA qui devrait être un véritable trésor de biodiversité ; une biodiversité qui existe aussi sous la
surface de l’eau et que devrait défendre la LPO puisque son slogan n’est autre (sans rire) qu’ « agir pour la
biodiversité ».
Nous adressons à tous les pêcheurs et aux véritables défenseurs de l’environnement nos salutations désabusées.
Pour l’ex Active Union des Pêcheurs de la Rivière d’Ain.
Son ex président Daniel ROJON

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