Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
Le poisson Voyageur, le rêve de pêche à votre mesure !

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Mot-clé - Pont-du-Navoy

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dimanche 9 octobre 2022

Avancement des travaux du pont sur l'Ain.

Bien des pêcheurs se sont penchés au moins une fois sur ce pont pour tenter d'apercevoir une truite lors de leur passage dans la région. Cet ouvrage est coupé à la circulation depuis plus d'un mois maintenant. Il a d'abord eu une phase de consolidation sur sa base afin de pouvoir retirer le tablier du pont. Je vous avoue pour passer à côté tous les jours que ça fait mal au cœur de voir le pont comme ça.

La route doit être coupée jusqu'à la fin de l'année puis ouverte en circulation alternée. Il est prévu durant ce temps de réaliser une passerelle métallique pour le passage de la voie verte.

Il va falloir patienter encore pour de nouveau passer sur le pont et encore plus pour s'y pencher de nouveau à la recherche d'une belle zébrée...

jeudi 9 décembre 2021

Faites-moi rêver messieurs !

La fédération départementale de pêche ardéchoise communique actuellement sur les différents réseaux. Le sujet en question est une mise en place exceptionnelle de réglementation pour 2022 visant à protéger ses truites sauvages. Sous l’impulsion des AAPPMA locales, des dizaines de kilomètres de linéaires sur différentes rivières vont passer en No Kill sur la truite fario.

Je vous mets la vidéo dédiée ci-dessous.

Vous le devinez aisément, je rêve de voir un jour une telle vidéo portée par notre fédération départementale du Jura annonçant la même réglementation sur l'ensemble de la rivière d’Ain. Rivière qui est pour moi comme pour beaucoup le dernier sanctuaire à poissons sauvages digne de ce nom de notre département.

Jusqu’à ce jour, malheureusement, cela paraissait impossible puisque vous l’aurez noté, c’est bien sous l’impulsion des AAPPMA locales que la fédération ardéchoise a pu mettre en place cette règlementation. Alors quelle est la situation chez nous ? Sur la rivière d’Ain jurassienne, il y a seulement 5 AAPPMA différentes. Voyons ensemble le détail.

•Sirod qui gère le linéaire le plus en amont et donc par définition le plus proche de la source. La politique là-bas semble différente puisque le seul petit linéaire de parcours no-kill a été effacé des cartes il y a peu. Triste et complètement illogique vis-à-vis de l’évolution des populations qui ne cessent de chuter ! Toujours pas compris pour ma part.

•Champagnole un peu plus en aval qui gère un très grand linéaire ainsi que des affluents. Certainement le parcours le plus varié et le plus poissonneux de la rivière d’Ain jurassienne. Un gros progrès a été fait ces dernières années avec un linéaire de plus de 4 kilomètres en no kill. Par contre, attention à la protection partielle. Forcément, elle oriente inévitablement les prélèvements sur des linéaires plus restreints. Ces parcours paient le prix cher pour le coup. C’est à prendre en compte absolument.

•Crotenay encore plus en aval. 100% du linéaire en no kill. La question est réglée.

•Ain - pays des lacs. Parcours allant de Pont-du-Navoy à Blye avec un linéaire supplémentaire en aval du barrage de Blye. Une partie protégée mais largement inférieure au besoin puisqu’on est là sur les linéaires aux plus faibles densités de la rivière. Avec en plus des situations ridicules comme ce court parcours entre pont et barrage à Pont-du-Navoy. Il est situé entre deux réserves. Chaque poisson qui sort d’un côté comme de l’autre peut être prélevé. Ce ne sont pas les pêcheurs qui squattent les jours d’ouverture au posé à deux cannes chacun qui s’en privent malheureusement. Ce parcours devrait être en no kill depuis bien longtemps.

•La gaule lédonienne qui possède un linéaire en aval de Blye où la truite sauvage est encore plus rare ! Parcours en no kill.

Pour celui qui connait un peu cette rivière sur tout son long, il est facile de comprendre qu’il n’y a plus les populations d’antan. Même plus du tout celles d’il y a seulement 10 ans ! Alors, donner le droit à chaque pêcheur de conserver 3 truites par jour sur la majorité des parcours est une aberration sans nom. Les effectifs s’appauvrissent et nous, on continu sans vergogne à taper dedans. C'est incompréhensible.

Cette situation est inacceptable. Alors oui, je le sais bien, c’est avant tout la mauvaise qualité de l’eau, son réchauffement et j’en passe qui sont les premières causes de la baisse des effectifs. Je le sais, vous le savez, on le sait tous. Comme on sait également que la production de comté va battre de nouveaux records en 2021 avec des sols déjà saturés, que les pollutions domestiques et industrielles sont toujours présentes. Cela aussi je le sais que trop bien. La situation ne s’améliore pas non, elle s’empire. Je le vis depuis plus de 30 ans en tant qu'acteur de terrain. À cela il faut ajouter des températures moyennes de l’eau toujours plus hautes. Et sur ce sujet, c’est encore bien plus complexe que les pollutions locales. Bref, il faut être réaliste et agir en conséquence. Ces points fondamentaux que sont les pollutions et le réchauffement ne s’amélioreront pas du tout à court ou moyen terme. C’est sûr et certain.

Du coup, il n’y a qu’un seul et unique levier à actionner pour le court terme. Pour tout de suite. Immédiatement. Protéger par l’arrêt des prélèvements cette souche de truites sauvages qui est présente sur des parcours de plus en plus rares. Ce n’est pas plus compliqué que cela. Il y a assez de linéaires voir de rivières entières dans le département déjà mortes ou agonisantes pour mettre des surdensitaires afin de contenter les pêcheurs qui le souhaitent. Sincèrement, arrêtons de prélever là où il reste les dernières, cela devient vraiment insupportable. Ne faisons pas l'erreur de croire qu'on a du temps devant nous. Je me souviens de ce que je voyais en terme de truites autour de 2010, je sais ce que je vois aujourd'hui...En seulement 10 petites années. Je ne vous parle pas d'une autre époque, mais d'hier ! Protégeons ce qui peut l'être encore et vite !

Pour finir sur une note plus positive, je place beaucoup d’espoir sur les nouveaux bureaux d’AAPPMA qui ont vu le jour cet automne afin de prendre les bonnes décisions. Bureaux élus pour 5 ans. Des jeunes pêcheurs motivés, actifs et amoureux de cette rivière magique ont été élus. J’en suis le plus heureux.

-À Champagnole notamment avec un nombre important de jeunes pêcheurs motivés élus aux dernières élections. Je suis certain que leur discours fera bouger les choses rapidement car il est urgent d’agir sur le seul et unique levier que l’on possède pour le court et le moyen terme. De plus, Champagnole est le dernier linéaire avec une densité acceptable. Il est impensable de ne pas la protéger.

-À Sirod ensuite avec un changement de bureau et de présidence. Un président plus jeune, motivé et très actif sur la rivière. Sans parler de son attachement à ce parcours qu’il connait par cœur. C’est quand même primordial de savoir de quoi on parle en le vivant soi-même. Tous mes vœux de réussite !

-À Crotenay, bureau identique avec la même motivation et envie de protéger la souche sauvage.

-Pour l’aval de Pont-du-Navoy et le parcours public, des jeunes pêcheurs sont aussi entrés au bureau de l’AAPPMA Ain pays des lacs. Il y a du boulot mais je crois en eux ! Tous mes vœux de réussite également.

Je rêve que tout ce petit monde devienne enfin conscient que cette rivière d’Ain est le dernier sanctuaire à truites sauvages du département. Je rêve de voir cette population de truites qui diminue inexorablement enfin protégée dans sa totalité ! Alors messieurs, faites-moi rêver s’il vous plait. Merci.

Ce que devrait être la pêche de la truite sauvage sur la rivière d'Ain et seulement ça. Cette image résume tout. Merci Anthony

jeudi 21 octobre 2021

8 mois de fermeture du pont à Pont-du-Navoy.

Voilà une nouvelle qui court depuis quelques semaines. Le pont situé sur la rivière d’Ain dans le village de Pont-Du-Navoy va être fermé à la circulation durant de long mois. Les travaux devraient débuter en octobre 2022 et sont annoncés jusqu’en Juin 2023. Huit mois !

Je ne suis pas là pour débattre du bien fondé de ces travaux même si j’ai mon avis. De ce que je sais, c’est pour que les véhicules se croisent mieux et aussi pour y faire passer la véloroute de façon sécurisée. Des travaux de grandes envergures dans tous les cas vu le délai de fermeture annoncé.

J'ai voulu écrire cet article pour de lancer une réflexion / discussion en guise d'alerte sur ce qui risque de se passer en pensant à la rivière et aux pêcheurs. Je sais bien que ce n'est pas la priorité pour beaucoup, mais comme le délai est suffisant avant le début des travaux, il y a peut-être moyen de travailler en bonne intelligence pour limiter les impacts nocifs à l'environnement. Effectivement, je n’imagine pas de tels travaux sans incidence sur le fonctionnement de la rivière. Peut-être que je me trompe, mais il vaut mieux prévenir que guérir. On l’a encore vu malheureusement en cette fin d’été avec les travaux sur le barrage juste en aval de ce même pont avec cette baisse de niveau artificielle en plein étiage. Cela était très mal venu pour la faune et ce, bien entendu,  avec l’accord de la DDT. Un bel exemple d'une non réflexion en amont car il y a eu des mortalité chez les invertébrés et les juvéniles. Une lente baisse du niveau étalée sur 4 ou 5 jours au lieu de quelques heures aurait peut-être permis, il me semble, d'éviter tout ça.

Alors cette fois-ci, plus d'erreurs s'il vous plait ! Si d’aventure, des coulées de sédiments trop importantes venaient avoir lieu durant le frai des truites juste en aval, cela pourrait éventuellement perturber la bonne marche de la reproduction. Je dis cela sans le savoir, simplement, je m’interroge car je ne voudrais pas être le témoin d'une catastrophe. Je souhaite juste qu’on ne se pose pas la question en décembre 2022 avec par exemple des niveaux très bas, des truites sur les frayères et une densité de sédiments dû aux travaux trop importante avec un écoulement difficile à cause d'un débit bien trop faible. Il sera alors trop tard. Certains vont trouver cela hors de propos, mais nos poissons sauvages ont déjà bien du mal à se reproduire sans que rien n’interfère qu’il est à mon avis important de veiller à toutes éventualités. Peut-être faudra t-il aussi réfléchir a évacuer dans la mesure du possible les poissons entre le pont et le barrage ? En tous les cas, et j’insiste, il sera important d'y penser avant sans avoir de regret après. Nous serons plusieurs à y veiller.

Si les travaux durent bien huit mois, soit jusqu’en juin 2023, il va aussi falloir réfléchir à la gestion des pêcheurs qui ont pour habitude de pêcher sur Pont-du-Navoy et les parcours avals. De mars à juin, est-ce-que les parcours avals seront praticables ? Niveaux d’eaux stables ou fluctuants avec de fortes baisses (de façon artificielle) durant les travaux ? Eau chargée en permanence ou pas ? Si par exemple la rivière est toute blanche/laiteuse car chargée de sédiments, il y a une possibilité que toute une population ou au moins une partie des pêcheurs se dirige sur les parcours amonts en augmentant la pression de pêche pour le coup. On peut aussi se poser la question sur les gênes que cela peut provoquer au moment de l’émergence des alevins (je pense notamment au niveau de l'eau si celui-ci est modifié pour les travaux).

Bref, de nombreuses questions dont je ne connais pas les réponses. Encore une fois, cet article n’est pas là pour tenter d’y répondre, mais je l’ai écrit plutôt dans le but d’alerter sur les potentielles nuisances que ces travaux pourront occasionner au cours d’eau et ses habitants. Peut-être que tout se passera pour le mieux et sera tant mieux. Mais on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas !

Dans un an, ce pont ne sera plus qu'un souvenir.

samedi 25 mai 2019

Le barrage de Pont-du Navoy va avoir la peau de la rivière !

Je suis vraiment en colère là, mais vraiment beaucoup. J'ai déjà signalé le problème l'année dernière (lire l'article), il a été réglé. Enfin, c'est ce qu'on m'a dit. Il est vraiment qu'un personnel de l'AFB est allé sur les lieux assez vite. Mais force est de constater que rien n'est réglé en fait ! Mais comme tous les problèmes que l'on rencontre annuellement sur la rivière finalement, rien ne se règle, rien !

Aujourd'hui, j'étais à la pêche sur le lot amont de notre AAPPMA. La rivière n'avait pas bougé, toujours le plein d'eau sur toute la largeur. Je pêche, le temps passe...3 heures au total. Je reviens à mon point de départ, et là, qu'est-ce que je vois, la gravière était découverte, et pas qu'un peu ! Sur le coup, je ne comprends pas, bien que j'ai une idée derrière la tête. Des invertébrés de partout qui commençaient à griller au soleil. Je suis resté une heure a sauver ce que j'ai pu et puis j'ai voulu en avoir le cœur net...J'ai pris la voiture pour me rendre compte que mon idée de départ était la bonne.

A mon arrivée 3 heures avant, l'eau recouvrait tout.

C'est l'ouvrage en aval du pont de Pont-du-Navoy qui provoque ces variations d'eau mortelles. 25 centimètres en moins au bas mot. J'espère sincèrement que les truitelles de l'année ne se sont pas fait piéger...Quant aux invertébrés...J'étais fou furieux.

Alors à toutes les instances qui ont le pouvoir de le faire, réglé vite ce problème, mais vite ! La rivière souffre déjà assez comme ça pour ne pas qu'on en rajoute, vous ne croyez pas ?? A moins que cela ne soit volontaire pour appliquer un peu plus vite votre gestion d'usage avec des surdensitaires ?

Je me suis un peu lâché dans la vidéo ci-dessous, mais bon, je n'ai rien censuré, j'assume totalement mes propos. Je ne suis pas là pour me faire des copains. C'était sur le coup de la colère et c'est souvent dans ces moment-là qu'on est le plus sincère...D'ailleurs, règlements amicaux, cela sonne mieux, désolé ! Juste une rectification malgré tout, le garde du secteur m'a rappelé depuis et il va avertir l'AFB dès la première heure lundi matin, merci à lui. En espérant que cela cesse définitivement !

dimanche 14 avril 2019

La rivière d'Ain pas épargnée par les algues brunes.

C'est un peu la tradition maintenant...Comme un jour férié ou une date anniversaire...Mais en beaucoup moins joyeux pour le coup. Les algues brunes sont de retour sur la rivière d'Ain. Les épandages de lisier ayant débutés il y a quelques semaines un peu partout dans le département, la fonte du dernier manteau neigeux nous a offert sa dose de lisier pour l'année. La rivière d'Ain était encore magnifique il y a moins d'une semaine. Des fonds vraiment nickel. Comme d'ailleurs à chaque fois à la sortie de l'hiver. Avec donc la dernière fonte massive de neige, la rivière est montée, elle s'est chargée de cette eau glaciale venue du haut Jura et du plateau de Nozeroy. Mais attention, elle n'était pas seule cette neige fondue...En quelques jours, cela a fait son petit effet sur le fond de la rivière...Les gravières sont passées d'une couleur blanche/sable immaculé à marron/noire gluant. Incroyable cette efficacité dans la crasse et le poison !

Avant le coup d'eau, un fond de rivière comme il devrait être tout le temps !

C'était beau non ?

A partir de vendredi dernier, la transformation...radicale !

Mais pas surpris puisque c'est tous les ans. Puisque rien n'est fait pour que ça change. Bien au contraire, l'intensité augmente d'années en années. Maintenant, il suffit d'attendre les conséquences...Ha ben justement, dès le lendemain, soit samedi matin 11heures, j'ai filmé ma première truite mycosée sur Pont-du-Navoy. Quelle coïncidence non ??? Dingue quand même ! Moi, ça me rends fou furieux, j'ai le ventre qui se tord dans tous les sens bordel. Mais que font nos instances ? Celles de la pêche, des services de l'état, nos élus ??? Ho, on ne va pas laisser faire ça encore des lustres non ? En fait, vous attendez peinard que tout crève et comme ça, plus personne ne vous embêtera, c'est ça ? Mais il n'y a pas d'agriculteurs qui soient aussi amoureux de nos rivières et qui se rendent compte du massacre ? Ce n'est pas possible de laisser perdurer une telle situation...Il doit y avoir forcément des solutions pour faire autrement non ?

Pensez à mettre en HD pour apprécier ce triste spectacle.

Le constat de tout ça, c'est quoi dans le département du Jura ?

  • Échec total sur les pollutions domestiques avec des défaites récurrentes dans les tribunaux et une incapacité évidente à faire entendre raison aux instances dirigeantes.
  • Échec total sur les pollutions agricoles avec des poussées d'algues brunes de plus en plus virulentes tous les ans.
  • Chouette, zéro pointé sur toute la ligne. Il y en a qui doivent trouver le temps long durant leur journée de travail avec de tels résultats.

Par contre, on sait nous dire encore avec un sourire en coin que le No Kill ne sert à rien...On nous prends toujours pour des barjots nous qui nous battons pour que cela soit obligatoire sur toute la rivière d'Ain...On nous accuse même ici et là de créer des clivages entre pêcheurs à force d'être comme ça. Ben voyons, c'est qui les barjots dans cette histoire vous croyez ? Ceux qui pensent cela ou ceux qui prélèvent toujours dans cette ressource à la limite de l'extinction ? Il n'y a que ce paramètre sur lequel on peut influer aujourd'hui, tous les autres sont des échecs à répétitions, pire, ces nuisances augmentent et ne cesseront pas demain, on le sait tous ! Alors ce n'est pas compliqué, actionnez le seul bouton qui peut l'être ! Et vite !

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