Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
Centre de pêche en Bosnie.

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Sortie de pêche

Je vous raconte dans cette catégorie mes sorties de pêche illustrées de nombreuses photos

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jeudi 11 mai 2023

L'histoire d'une truite (51)

Les histoires de pêche deviennent rares sur ce Blog. Je n’ai relaté ici aucune de mes sorties depuis l’ouverture. C’est volontaire, je ne vous le cache pas. Je fais de même sur les réseaux sociaux en publiant de moins en moins de photo.

Quoi qu’il en soit, je souhaitais vous partager l’histoire d’une truite capturée il y a quelques temps car c’est assez cocasse comme situation.

C’était une journée non travaillée comme les autres où, avec ma deuxième activité, j’étais quand même à l’atelier afin de monter quelques nymphes. Plus le temps passait, plus ma réflexion tout en travaillant était orientée sur le parcours que j’allais choisir pour une partie de pêche l’après-midi. Allez savoir pourquoi, je me suis décidé de faire un peu de route pour aller voir ailleurs si l’herbe était aussi verte que chez moi. Je suis arrivé vers 13 heures sur la rivière. Je me suis dirigé sur un linéaire que je connais pas trop mal avec l’espoir d’y voir quelques gobages. Je verrais en fait assez vite une truite en bordure que je vais ferrer trop tôt et faire fuir. Pourtant, elle s’est jetée sur le JFD mais je n’ai pas été bon du tout.

Le temps s’écoulait sans qu’aucun gobage ne fasse son apparition. Trois heures passées sur ce linéaire sans rien voir ou presque. Heureusement, j’ai eu une excellente compagnie en la personne du président de l’AAPPMA locale. C’était vraiment un bon moment.

Nous nous sommes quittés vers 16h30. Comme c’était vraiment nul, je me suis posé la question de rentrer chez moi. J’ai finalement opté pour faire un autre linéaire vite fait avant de partir. Là-bas, j’ai fait la connaissance de Florent, un autre bon moment. Après avoir échangé quelques mots, je l'ai laissé pour me poster en amont sur un petit radier. À peine arrivé que j'ai vu un gobage en pleine veine centrale. À la bonne heure ! Enfin !

Un gobage très irrégulier et pas forcément à la même place. Sans chercher d’excuse, je ne suis pas arrivé à le faire monter ce poisson malgré trois changements de mouches et des dérives qui me paraissaient correctes. Dans le même temps, cela faisait deux fois que j’entendais un bruit familier dans mon dos. Je me suis alors retourné pour regarder le long de la berge derrière moi. Je ne voyais rien. Bref, je me retourne pour pêcher mon gobage de nouveau. Encore ce bruit, je me retourne vite au son…J’ai vu comme une fin de gobage. Du coup je suis resté plus longtemps ainsi et finalement j’ai bien vu ce gobage qui s’est répété une fois de plus devant moi. Je ne voyais pas le poisson malgré la faible hauteur d’eau. Normal puisque souvent j’enlève mes polarisantes quand je pêche en sèche. Je les ai remis et là les zébrures me sont apparues ! Un truc incroyable. Dans mon dos, cette belle truite gobait elle très régulièrement. J’avais ma référence SL-mai au bout de ma pointe en 15°. Premier passage bien dans l’axe facilité par le fait que je voyais ma truite et hop, la mouche engloutie. Joli combat derrière et surtout un pêcheur heureux. D’autant plus qu’après avoir remis à l’eau cette truite, j’ai enfin pu capturer celle qui gobait au milieu. Je suis rentré à la maison derrière ce joli doublé bien content.

Une histoire qui n’a rien d’extraordinaire me direz-vous. C’est un fait. Jusqu’à ce que j’échange des photos avec un jeune pêcheur de cette rivière. Il se trouve qu’il a tout de suite reconnu ma première truite car il l’a capturée deux jours avant moi ! En plus des photos qui ne laissaient aucun doute, il m’a décrit le poste où elle se tenait au centimètre près. Le plus rigolo, c’est que ce pêcheur est client chez moi et qu’il a pris cette truite avec ma référence SL-rose.

À gauche, avec la rose. À droite et 2 jours plus tard avec la mai.

Une truite pas stressée par la capture en tous les cas car elle aurait dû au moins changer de poste ou ralentir sur sa manière de se nourrir. Non, tout pareil, à deux jours près. C'est rassurant sur le fait qu'on ne les embête pas tant que ça. Quand je pense à des truites que j’ai manqué au ferrage qui faisaient un détour les jours suivants pour ne plus passer où cela s’était produit…Ou qui changeaient carrément de circuit. Là, rien. Comme si de rien n’était !

Même 35 ans après qu'André Terrier ait eu l'idée de faire une mouche avec un corps (et exuvie) 100% en laine, son modèle fonctionne toujours autant ! Ces laineuses sont aussi efficaces qu'elles ne ressemblent à pas grand chose, c'est dire !

mercredi 15 mars 2023

Une magnifique ouverture 2023 !

On l'attendait tellement que finalement, elle ne nous a pas fait défaut. La pluie est arrivée 36 à 48 heures avant l'ouverture de la truite ce qui a eu pour conséquence de faire enfin gonfler les rivières jurassiennes et notamment la rivière d'Ain.

C'était plus de 80m³/seconde qui coulait en bas de la maison. Moi qui trouve du plaisir uniquement en pêchant à vue, je me suis résolu très vite à faire mon ouverture sans canne. Je n'étais pas le seul puisque nous nous sommes retrouvés assez vite nombreux autour du feu tant les conditions de pêche étaient compliquées que cela soit aux leurres ou au toc.

Qu'importe, une fois de plus et comme le veut notre ancienne tradition, nous étions tous réunis sur une des parcelles appartenant à l'AAPPMA pour fêter ensemble ce jour important à nos yeux. Les maîtres mots étaient convivialité et amitié. Il fallait aussi avoir un solide appétit !

La photo de groupe

Avec mon fils et Victor.

Notre habitude à partager ensemble plutôt qu'à s'acharner à prendre un poisson à tout prix contrastait avec d'autres pêcheurs croisés sur le parcours ou vus sur d'autres linéaires. Il en faut pour tous les goûts me direz-vous.

Malgré les circonstances, malgré les dégradations répétées de nos cours d'eau, malgré la baisse continue des densités de poissons sauvages, il y a encore une majorité de pêcheurs consommateurs. Alors soit dans le but de ramener leurs poissons (pour certains afin de rentabiliser la carte, je l'ai entendu ! ) ou alors de vite mettre une photo bras tendu sur les réseaux sociaux. Nous sommes encore bien loin de l'investissement de chacun dans la protection des milieux aquatiques. Heureusement, j'ai dans mon entourage des jeunes pêcheurs, je pense notamment à Hugo et Victor, qui sont tout le contraire de ce que j'ai vu. Ils me rassurent au quotidien avec leur envie de bien faire et leur investissement personnel dans la protection des milieux. D'ailleurs, je vous invite à lire l'article de presse ci-dessous. Victor, comme à son habitude, a des mots extrêmement justes. De la même façon que lorsqu'il pose une nymphe devant une belle truite, toujours très juste !

Oui, nous sommes loin du compte. Ce qui me fait le plus enrager dans cette histoire, c'est que les personnes qui n'ont pas voulu protéger plus qu'aujourd'hui les dernières truites sauvages le font pour ces pêcheurs là. Des pêcheurs qui connaissent à peine le nom de la rivière dans laquelle ils pêchent. Qui se souviennent qu'elle existe le jour de l'ouverture et qui l'oublient totalement 3 semaines après. Mais le principal, c'est qu'ils puissent encore garder leurs truites !

Quoi qu'il en soit, nous avons nous passé un formidable moment tous ensemble. Je ne suis jamais rentré aussi tard à la maison de mon ouverture alors que je n'avais pas de canne ! Merci les amis pour ce bon moment !

Croisons les doigts pour que les 100 mm de pluie tombés sur les 7 derniers jours ne soient pas les derniers ! Que l'été à venir ne soit pas sec et chaud. Même si je n'y crois pas beaucoup...

samedi 4 mars 2023

De retour de Goumois.

Comme tous les ans lorsque les niveaux le permettent, je me suis rendu hier à Goumois pour faire mon ouverture anticipée. Mon fils m'accompagnait. Le contexte était pesant puisque le Doubs franco-suisse subit depuis le milieu de l'hiver une importante vague de saprolénia mortelle pour les truites et les ombres du Doubs. D'ailleurs, hier, suite à la publication sur mon profil Facebook de deux photos de notre journée, certains commentaires allaient jusqu'à nous reprocher de simplement y être allé. Que la pêche devrait y être interdite. J'ai un avis différent. J'assume sans problème avoir fait l'ouverture à Goumois.

C'est le charme des réseaux sociaux finalement où dans le même temps, un des pêcheurs les plus suivis du pays publie une photo de lui avec un ombre tenu de ses deux mains hors de l'eau sans aucune remarque du monde de la pêche. Un poisson aussi fragile, en début de période de repro et en plein épisode de sapro. Une belle communication pour tous les jeunes pêcheurs qui le suivent. Prendre un ombre en pêchant la truite est involontaire, le sortir de l'eau pour le photographier en le manipulant alors que sa pêche est fermée est tout sauf involontaire. Je suis sans doute vieux jeu puisque ça ne gêne pas grand monde.

Quoi qu'il en soit, nous avions décidé d'aller à Goumois hier pour nous faire notre propre ressenti. Pour voir avec nos yeux ce qu'il en était. Nous sommes arrivés en milieu de matinée. Nous nous sommes garés au pré Bourassin. Pour les habitués, et cela devrait être parlant, nous avons descendu la rivière à pied du Bourassin jusqu'en aval de la Verrerie. Pas croisé un pêcheur ! Du jamais vu pour moi. Nous avons croisé nos premiers pêcheurs vers 12h-13h. Et très peu !

Nous avons été refroidis assez vite dans notre envie de pêcher. Nous avons vu des truites et des ombres mycosés. Le plus inquiétant c'est que les petits poissons sont aussi touchés. J'ai vu une truite de 20 centimètres et un ombre de 23-24 centimètres mycosés à la tête. C'est en tout 8 poissons malades vus. À cela il faut ajouter autant de poissons morts vus aussi sur ce même linéaire. Une ambiance avec les fonds complètement colmatés qui ne donnait pas envie de lancer la soie. On s'est donc promenés sur les berges du Doubs. Seule une éclosion m'a fait pêcher sérieusement une heure de 14h à 15H. Thibaut, lui, un peu dégouté de ce qu'il avait vu, avait déjà rangé sa canne au fourreau.

J'ai donc pêché une heure en sèche. J'ai pris sur une bordure au milieu des blocs un ombre en étant certain de pêcher une truite. Décroché dans l'eau sans le toucher, il est bien reparti. Puis finalement, c'est un pêcheur en face de nous qui a fini de nous motiver à partir de façon bien involontaire. Il a pris une truite en sèche devant nous et au moment de la mise à l'épuisette, il nous informe qu'elle était mycosée autour de l’œil. Là, on s'est regardé avec Thibaut et nous sommes partis bien plus tôt que prévu. C'est un choix personnel. Je respecte que d'autres continuent de pêcher car il y a des poissons sains et finalement, ce n'est pas la pêche et les pêcheurs qui tuent les truites et les ombres du Doubs actuellement.

Nous en avons vu très peu de poissons sains, mais il y en a encore. De notre côté, on a fini par avoir le sentiment d'emmerder ces poissons qui tentaient plus de survivre qu'autre chose. On ne prenait aucun plaisir. C'est pour cela qu'on a quitté le Doubs avec un sentiment de tristesse et surtout de dégoût. 

Un dégoût encore plus profond lorsque l'on lit le dernier rapport de Neuchâtel sur la qualité de l'eau.

Je souhaite malgré tout à tous les amoureux du Doubs de connaitre encore le bonheur sur les berges de cette rivière mythique. Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir !

dimanche 15 janvier 2023

P'tit coup dans l'rétro.

Je profite de ce billet pour donner un petit coup dans le rétroviseur de cette saison 2022 à travers quelques poissons dont je me souviendrais sans doute plus que d'autres.

Débutons ce retour en arrière avec mon plus beau coup de ligne de l'année. Une truite qui passe si loin de moi que je pouvais la confondre avec un fantôme. Une forme fuselée qui ne laissait malgré tout aucun doute. J'ai dû faire un lancer assez rapide à grande distance. Ce poisson évoluait berge opposée dans très peu d'eau. Ma nymphe non plombée perça la surface de l'eau là où je l'avais imaginé lorsque ma soie était dans les airs. La rencontre entre le poisson et mon imitation était inévitable. C'est mon plus beau coup de ligne car à une telle distance, le ferrage se fait presque sans raison puisque je n'ai pas vu le poisson prendre. Je ne sais si c'est l'expérience ou encore un sixième sens propre au nympheur à vue mais j'ai ferré pile dans le bon timing. Quand le poisson se contorsionne dans ces moments-là, c'est une immense joie, qui plus est avec une telle truite !

Le plus beau coup de ligne.

Ensuite, voici certainement ma plus belle truite de la saison en esthétisme. Alors là encore, c'est une histoire de goût personnel. Mais ce poisson a une robe réellement singulière. De plus, je l'ai capturé deux fois en l'espace de trois semaines. Une fois avec une cuivre comme sur la photo, et une autre fois avec un gammare JFD. Elle est vraiment superbe à mes yeux.

La plus belle de l'année.

Continuons ce retour en arrière avec ma plus belle truite en sèche. La seule d'ailleurs. C'est terrible de dire cela mais c'est la vérité. Une saison sans mouche, sans gobage sur les parcours que je pratique. Une catastrophe. Jamais vu une saison où les truites, enfin ce qu'il en reste, ont été aussi peu actives en surface.

La plus belle en sèche.

Voici une très bonne copine. Enfin pour moi, car elle ne peut pas me sentir, c'est certain. Je l'ai capturée pour la sixième fois cette année en quatre ans. C'est juste incroyable. 4 fois capturée en nymphe, une fois en sèche, et cette année au sparkler à vue. Le tout sur les mêmes 300 mètres de rivière. Elle devait faire autour des 40 il y a quatre ans, elle fait autour des 60 aujourd'hui. Qui sait, nous allons peut-être nous revoir.

La plus improbable.

Voici la truite la plus lourde de ma saison. Pas la plus belle photo, mais ce poisson a été capturé un peu avant la nuit en nymphe à vue. En plus de sa longueur, elle a la particularité d'être limite obèse. La photo ne lui rend pas vraiment, mais au réel, c'était impressionnant. Une vraie boule ! Sa puissance s'est bien faite sentir durant le combat d'ailleurs.

La plus obèse.

Je termine ce coup d’œil dans le rétro par cet ombre de plus de cinquante centimètres. Le premier de mon séjour en Bosnie. Mon premier voyage à l'étranger. La pêche de l'ombre étant interdite dans le Jura depuis la fin des années 90, j'étais très heureux de pouvoir pêcher de nouveau ces merveilleux poissons.

L'ombre !

vendredi 16 décembre 2022

Toujours aussi régulière.

Ce court billet pour vous partager quelques images et mon admiration pour une nymphe qui même après plus de 35 années d'utilisation intensive me surprend toujours par sa régularité.

C'est André Terrier qui m'a fait découvrir la cuivre pour la première fois alors que j'étais tout gamin. Depuis, elle n'a jamais quitté mes boites. Elle y est même de plus en plus présente. Je pêche pourtant les mêmes linéaires depuis toutes ces années et au moins d'une saison sur l'autre les mêmes poissons. La cuivre reste ma valeur sûre. Cette année encore, elle m'a offert la majorité de mes poissons.

Je vous invite à cliquer sur les photos pour mieux en profiter.

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