Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
Centre de pêche en Bosnie.

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Sortie de pêche

Je vous raconte dans cette catégorie mes sorties de pêche illustrées de nombreuses photos

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vendredi 5 juin 2026

Un début de saison en dent de scie

Voilà un peu plus de deux mois et demi que la saison truite a débuté. L'occasion pour moi de faire le point. Côté pêche, il y a eu deux périodes bien distinctes. De l'ouverture jusqu'au 18-19 avril, pas grand chose à signaler ou presque. J'ai aligné les capots avec des week-end complets sans rien prendre. Des conditions compliquées avec une eau gelée. Constamment inférieure à 10 degrés. Les jours de pluie, avec des conditions que je pensais idéales, j'ai attendu les éclosions. Je les attends encore. Quelques poissons pris à vue malgré tout mais il a fallu passer un temps infini au bord de l'eau.

Une période où la couche brunâtre habituelle s'est fait remarquer par son épaisseur. Des fonds noirs à faire mal au ventre. C'était terrible. Puis à partir du 20 avril, la rivière s'est réveillée. La fin du mois d'avril a vu s'installer une période sèche avec des eaux basses. Les fonds bien que plus propres n'ont jamais réellement perdu la couche brune ultra glissante. Je ne suis jamais tombé sur une belle éclosion jusqu'à aujourd'hui malgré un temps de pêche important. Je n'ai jamais pris si peu de truites en sèche. Il a donc fallu pêcher sous l'eau. Sur les parcours plus amonts, il y a eu de belles choses à faire malgré tout en sèche. La rivière parait bien différente avec quelques kilomètres d'écart.

Je n'ai pas fait de miracle sous l'eau non plus en sachant que les densités sont ce qu'elles sont. Comme depuis quelques années, il faut passer beaucoup de temps pour quelques truites. Mais le plaisir de ferrer une truite sauvage à distance avec l'incertitude que la truite a pris ma nymphe reste immense. Chaque poisson est un cadeau que me fait la rivière. J'en suis pleinement conscient. C'est encore plus vrai après toutes ces années à leur courir après.

D'un point de vue technique, en début de saison, je préféré un bas de ligne pas trop long. Je reste ainsi précis durant les jours de bise que nous avons maintenant tous les ans. Je suis en 0.165mm en pointe depuis l'ouverture. Encore aujourd'hui. Mais je sens qu'il va falloir baisser un peu dans les semaines à venir. 90% des poissons capturés avec une cuivre. Comme depuis 35 ans. Principalement en taille 10,12 et 14 jusqu'à peu. Plutôt en 16 dernièrement. Sur le dernier week-end, la nymphe de tricho cul-vert était plus efficace que la cuivre.

Quelques rencontres de ce début de saison.

Si la première moitié du mois de mai a vu tomber près de 130mm de pluie dans ma région, il a fait sec et très chaud la deuxième moitié. C'est là que le rappel à l'ordre revient très vite en pleine face. Après 130mm, il suffit chez nous de dix jours sans pluie, avec une période de 7 jours proches des 30 degrés en extérieur pour tout flinguer. Que 7 petits jours ! À la fin de cette période de chaleurs extrêmes, j'ai mesuré la rivière de 17 à 18 degrés selon les secteurs. Alors qu'elle était encore à 9 degrés 2 semaines avant ! C'est complètement dingue. Le fond s'est tapissé en 3 ou 4 jours de mousses verte très épaisse. J'ai commencé à croiser des poissons mal en point ou morts. 7 petits jours de chaud, rien que ça. Voilà à quoi tient cette limite entre vie ou mort.

Les 30mm tombés en ce début juin chez moi dont encore quelques millimètres cette nuit ont bien des maux à faire bouger le niveau de nos rivières. J'espère voir les courbes monter un peu dans la journée mais dans tous les cas cela ne va pas aller bien haut. Il est évident que la période anxiogène arrive à grands pas. Les journées les plus longues nous attendent et les mois d'été sont à nos portes. Si une période de fortes chaleurs de seulement 7 jours a eu de telles conséquences, j'imagine la prochaine...Un peu plus longue, un peu plus intense. Il ne faut pas dire "aïe" avant d'avoir mal, mais pour moi, qui aime cette rivière plus que tout, je ne peux pas m'empêcher d'y penser.

Truites croisées fin mai mortes ou en train de mourir.

Dans les nouvelles qui font grincer des dents, il y a aussi une vraie évolution. Si du côté des pollutions et du réchauffement de l'eau nous restons constants dans la médiocrité, du côté des oiseaux piscivores, nous avons de plus en plus de sédentaires. Il y a encore très récemment, je ne voyais pas de harles nicheurs ou bien encore de cormorans pêcher à la rivière au mois de mai. Non, jamais. Aujourd'hui, oui. Les harles nichent chez nous, les cormorans sont présents sur site toute l'année.

À se demander comment il peut rester un ou deux poissons dans la rivière sérieusement.

Il reste à croiser les doigts pour la douzaine de semaines à venir...

jeudi 14 mai 2026

La Borgne

Avec Thibaut, nous connaissons cette truite depuis quelques années. Mon fils a capturé ce poisson pour la première fois après bien des déboires en juillet 2024. J'ai de nouveau capturé cette truite en mars 2025. Depuis, cela est devenu très compliqué de la tromper. Pourtant, son handicap l'oblige à se dévoiler en permanence. Mais madame a appris de ses erreurs et il n’était plus possible de la blouser.

J'ai finalement réussi après de nombreuses tentatives infructueuses. Il a finalement suffit de changer de berge pour l'attaquer. Elle avait simplement mémorisé que le danger venait toujours du même endroit. Maline !

Au-delà de cette nouvelle capture sur un poisson mesuré par mon fils à 60 centimètres en juillet 2024, je tenais avant tout à souligner l'immense volonté de cette truite à continuer à vivre, à vieillir et ce malgré son handicap. La cicatrisation de son œil manquant est parfaite. Mais bien évidemment, c'est compliqué pour elle de se nourrir. Chasser les vairons lui est impossible. Elle se contente de faire de longs circuits très lentement en ramassant sur le fond côté œil valide des invertébrés vivants entre les galets. Elle ne peut pas non plus se mettre dans une veine pour intercepter les proies emmenées par le courant. En tous les cas, je ne l'ai jamais vu faire.

Une vraie guerrière qui une fois encore vieillit tranquille malgré son handicap et le fait qu'un Germain vienne de temps en temps l'embêter. Promis, c'était la dernière fois.

mercredi 6 mai 2026

Voyage de pêche aux USA

L'agence de voyages de pêche Escape Fly Fishing propose cette année encore des séjours aux USA. Sur la base du même road trip que j'ai vécu l'an dernier, l'ami Eddie m'informe qui lui reste des places pour son deuxième groupe. Les dates du séjour vont du 4 au 18 juillet 2026. Ces deux semaines sont parfaitement organisées. Au-delà de la pêche qui est exceptionnelle sur les différentes rivières visitées, c'est un vrai voyage avec tout ce qu'il y a de dépaysant.

Il est vrai que c'est un budget, mais à la fois, c'est le voyage d'une vie. N'hésitez pas à prendre contact avec Eddie pour qu'il vous donne les différentes informations relatives à ce voyage. Depuis le temps qu'il va là-bas, tout est carré dans l'organisation, vraiment ! Vous avez son numéro de téléphone dans l'image ci-dessous.

jeudi 16 avril 2026

L'histoire d'une truite (52)

Nous avons tous des attentes différentes en terme de pêche. Quelques soient les techniques utilisées ou les poissons recherchés, il y a, selon les pêcheurs, un instant magique qui domine parmi tant d'autres. Sans occulter tout ce qui nous entoure dans l'environnement dans lequel nous évoluons, il y a forcément dans l'acte de pêche en lui-même un mouvement, une réaction ou encore une décision qui reste un tournant extraordinaire dont jamais vous ne vous lasserez.

Sans avoir pratiqué toutes les techniques ou traquer tous les poissons, j'imagine par exemple que chez le pêcheur au coup c'est le frémissement du bouchon en surface qui peut être cet instant précis. Pour les amateurs de carpes, sans doute le bip du détecteur de touches. Je pourrais ainsi lister de nombreux exemples. Pour moi, au risque de choquer quelques lecteurs, ce n'est pas le moment où la truite vient crever la surface de l'eau pour gober ma mouche. Non, et ce même si j'ai depuis toujours un immense plaisir à pêcher en sèche. Ce n'est pas mon Graal en terme de sensation.

Le plus simple étant de vous raconter une histoire vécue il y a peu. Vous comprendrez mieux mon sentiment.

J'étais à la pêche sur un célèbre parcours pour la journée. Malheureusement, ma maladresse ce jour-là n'a eu d'égale que cette superbe chute dans l'eau en début d'après-midi. Entre mauvaises approches, poissons décrochés ou tout simplement mal pêchés, c'était la journée catastrophe. Vers 15 heures, j'ai rencontré Romain. Nous avons passé la fin de journée ensemble. Malgré cette belle rencontre, j'ai conservé mon tempo. Une truite manquée au ferrage en bordure peu après. Magnifique. À la suite de ce nouvel échec nous avons discuté de tout et rien en continuant notre progression vers l'amont. Très peu de poissons vus sur un grand linéaire. Nous sommes arrivés paisiblement en limite amont. Je m'étais fait à l'idée que cette journée serait un capot magistral. Non pas à cause du manque de poisson mais bien de ma faute.

Sur le chemin du retour pour rejoindre nos véhicules, mon regard fut attiré par un poisson à bonne distance de la berge. Il y avait une belle truite posée sur le fond en amont de la trouée de végétation où l'on se trouvait. La dernière chance dans les arrêts de jeu...De toutes évidences ! Je me suis approché à genoux sur la berge pour m'ouvrir l'angle afin de pouvoir fouetter. Il y avait un bon tirant d'eau et la truite, en apparence du moins, ne se nourrissait pas. Aucun mouvement. Je n'avais d'autres choix que de poser ma nymphe très en amont d'elle tout en tentant de faire un joli poser paquet. Ainsi, j'avais l'espoir que ma cuivre perce la colonne d'eau rapidement pour être à hauteur du poisson en fin de dérive utile. Pas simple mais possible.

Sur les premières dérives, aucune réaction de la truite. Normal, aucun poser ne m'avait apporté satisfaction. C'est complexe de faire un poser paquet avec précision à longue distance. Et puis à un moment, la nymphe a percé la surface de l'eau exactement où je le souhaitais et de la façon voulue. Un "Là, je suis bon" est sorti de ma bouche. Mes yeux sont restés fixés sur la truite lors de la dérive. Je n'ai pas animé. La tête du poisson s'est décalée d'un rien sur sa gauche. Uniquement la tête. Le corps est resté immobile. Mon bras droit, celui qui tient la canne, est monté automatiquement.

C'est bien cette seconde là qui me fait kiffer plus que tout. Ce moment où la truite valide la précision de ma dérive par la prise de mon imitation et où son mouvement de bascule valide lui mon ferrage. Juste cet instant. Et dans ces conditions précises de longue distance avec un poisson qui prend sans se déplacer. C'est vraiment trop bien. Tellement satisfaisant. C'est mon Graal à moi ! Même après 40 ans, je prends toujours mon pied sur ce genre d'action.

dimanche 12 avril 2026

Ha ces brachycentrus !

Il y a des périodes lors d'une saison de pêche de la truite qu'il ne faut surtout pas manquer. Celles des éclosions massives des brachycentrus en fait partie. Ce petit trichoptère appelé plus communément brachy ou encore cul-vert est toujours bien présent sur la Loue. Nous nous sommes donc rendu avec mon fils sur cette rivière du département voisin en espérant assister à une éclosion massive de brachys.

Nous avons opté pour une journée très ensoleillée car oui, c'est un insecte qui possède un net penchant pour le soleil. La matin quelques brachys volaient déjà ici et là. Mais c'est en milieu de matinée que l'éclosion a eu lieu. Un spectacle que seule la Loue en Franche-Comté peut nous offrir. Si cette rivière souffre comme toutes les autres à savoir la Bienne, l'Ain ou encore le Doubs, on ne peut nier y voir de la vie. Nous avions des milliers de mouches devant nous. Des trichoptères à perte de vue. Extraordinaire. Certes, peu de poisson actif, mais qu'il est agréable de voir une rivière avec de la vie. Car il faut bien le dire, sur l'Ain, c'est misérable côté insecte.

Nous pêchions avec des amis. C'est le grand plaisir de cette pêche. L'activité ne dure pas longtemps. Il faut profiter de l'instant présent. Quelques poissons soient manqués, d'autres décrochés et un ou deux qui ont terminé dans le filet pour notre plaisir. Rien d'extraordinaire non plus. La Loue souffre. Son fond est noir comme partout. Les oiseaux volent dans le ciel. La menace est permanente, par la qualité de l'eau ou la prédation.

Toutefois, qu'il est bon de marcher de nouveau sur les berges de la Loue et de profiter de ces instants précieux. Le cadre reste un rêve éveillé. La pêche y est unique. Les hommes peu communs. Chaque journée en ce lieu est un cadeau de la vie.

La Loue.

Une belle zébrée prise en nymphe à vue.

Les brachys !

Cademène.

Thibaut avec Laurent et Théo.

Les brachys volent !

Bien dodue !

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