Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
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Sortie de pêche

Je vous raconte dans cette catégorie mes sorties de pêche illustrées de nombreuses photos

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dimanche 19 mai 2019

L'histoire d'une truite (47)

-Tu as vu là-bas, il y a un gobage !

-Oui, je l'ai vu, c'est la troisième fois qu'elle gobe, mais comme tu ne l'avais pas vu, je n'ai rien dit...

C'est ainsi que débute cette nouvelle histoire...Une conversation avec Victor sur les berges de notre rivière préférée qui fut perturbée par cette truite gobeuse ! On s'était retrouvé par le plus grand des hasards tous les deux lors d'une après-midi maussade le long de la rivière d'Ain. Aucun autre pêcheur à l'horizon. Pourtant, toutes les conditions étaient réunies pour une potentielle éclosion. Avant donc de se croiser, j'ai eu la chance de prendre une truite en sèche. Une des toutes première de la saison. Elles sont si rares, que l'on en souvient, croyez moi ! Victor, de son côté, avait perdu un gros poisson bien plus en aval de la même manière. Il était forcément déçu. Oui, car les personnes qui connaissent parfaitement cette rivière savent bien que pour prendre un beau poisson en sèche, il faut que de nombreuses conditions soient réunies. Ce genre de journée se présente à nous pêcheurs qu'une ou deux fois dans l'année, alors lorsque l'on passe à côté, cela peut vite devenir frustrant.

Étant donné que Victor venait de voir le gobage qui est le centre de ce récit, je l'ai invité à aller le tenter. Il est rentré dans l'eau pour se positionner mais surtout pour approcher au maximum le gobage. Le niveau de la rivière était limite pour avancer correctement au plus près de ce poisson. Malgré de nombreuses tentatives, Victor n'a pas pu passer sa mouche dans l'axe du poisson. Une fois sorti de l'eau, j'ai pris sa place pour tenter ma chance. Le résultat fut identique, un échec ! La rivière était trop haute, impossible d'approcher assez près pour allonger la soie. De plus, ce n'est jamais simple de faire un beau lancer lorsque les coudes trempent dans l'eau ! Pas grave, il faut bien que les truites gagnent de temps en temps. Et puis, après tout, elle savait bien pourquoi elle se postait à cet endroit précis, la maline...

Je suis revenu sur le même poste quelques jours plus tard. La rivière avait baissé et j'étais plutôt très optimiste. Oui, sauf que le débit était forcément différent et que le poisson n'est en fait jamais venu se poster devant le tronc sec immergé pour gober. La truite du tronc avait disparut temporairement. C'est souvent le cas pour des poissons gobeurs, en tous les cas chez nous. Ils prennent leur poste selon un débit minimum ou maximum. Je suis souvent tombé sur des poissons que je n'ai jamais pu attaquer en sèche...La parade est de les retrouver à l'eau basse en nymphe à vue, mais le plaisir n'est pas le même.

Les jours sont passés. Nous nous sommes retrouvés avec Victor et Thibaut au même endroit avec une rivière de nouveau plus haute. Bien entendu, on est venu discuter sur le fameux poste de la truite du tronc. La petite bulle caractéristique de son gobage était de nouveau visible ! Ça commençait à me chauffer un peu du coup, même si je ne le montrais pas vraiment. J'ai tenté de chercher plusieurs chemins dans la rivière pour approcher au plus près. Rien n'y a fait, pas moyen d'être assez près avec ce niveau pour passer ma mouche là où le poisson se trouvait. Je ne m'avouais pas vaincu, loin de là, j'avais une idée derrière la tête ! Le lendemain matin, j'ai ressorti ma 9 pieds soie de 6, j'en ai même profité pour mettre une soie neuve avec un bas de ligne assez court. J'avais dans l'idée de gagner les deux mètres qu'il me manquait à chaque lancer avec ma canne en soie de 5. Voir cette truite gober sans arrêt sans pouvoir y passer ma mouche commençait sérieusement à m'agacer !

Arrivé à la rivière le lendemain, j'ai vite compris que ça allait être encore plus compliqué. Une légère pluie nocturne avait offert à la rivière un débit encore supérieur. Cela n'a pas empêché la truite du tronc de gober comme une malade durant l'heure où je l'ai observée. Mais il fallait oublier ce jour-là, je pouvais à peine faire cinq mètres dans le lit de la rivière, bien trop peu pour tenter un lancer. Je commençais à me dire que je la verrais jamais de près celle-ci.

Et puis, il y a eu une période de deux jours où les éclosions ont été nombreuses. En quantité et en diversité. Grosses et petites mouches, des claires et des plus foncées. Mais surtout des claires d'ailleurs, des A4 comme dirait mon ami Denis. Excusez mon ignorance en entomologie, mais cela ne m'a jamais vraiment intéressé. Encore plus le jour où un ami dont c'est le métier m'a dit que sans binoculaire, il était impossible d’identifier avec certitude les insectes. Donc autant ne pas dire de bêtise.

Le premier jour de ces éclosions massives (tout est relatif hein, massive pour l'époque, mais ridicule avec ce que j'ai connu il y a 25-30 ans), j'étais au boulot, dommage. Le deuxième jour, j'étais au bord de l'eau, jackpot ! La rivière était basse, donc logiquement, la truite du tronc ne devait pas être à son poste pour gober. Sauf que là, avec une telle quantité de mouches, j'ai pensé le contraire. Je me suis dis qu'elle ne pouvait pas laisser passer une telle opportunité de se nourrir si facilement. Je me suis donc rendu prestement sur le lieu de toutes mes convoitises. Malgré un niveau plus bas, la petite bulle était visible à chaque passage de mouche le long du tronc. Elle était là ! Je suis rentré dans l'eau discrètement, le plus lentement possible. J'ai enfin pu m'approcher assez près. La sensation était bizarre. Presque du trac. Le coup était enfin à ma portée, comme sur un plateau alors que je pensais ne jamais pourvoir le faire. Il restait à être concentré afin de ne pas faire de faute technique.

La suite fut presque trop facile finalement. Le charme était rompu avant même de mettre en action la soie dans les airs. La mouche posée sur l'eau, la dérive se faisant lentement, la truite est venue au premier passage aspirer mon imitation comme une fillette qui n'avais jamais rien vu. Au ferrage, j'ai compris que j'avais au bout une madame plutôt qu'une mademoiselle. Le combat fut intense mais maitrisé, je pêche avec un fil de diamètre conséquent. J'avais enfin la truite du tronc dans mon épuisette ! Prendre un poisson que l'on connait, que l'on tente depuis des jours, c'est vraiment autre chose. Enfin moi j'adore. Mon but était atteint. Je n'aurais pas échanger ce poisson contre 10 autres belles truites prises au hasard. Je la voulais vraiment et je l'ai eu.

Mes photos sont très souvent identiques, mais de cette façon, la truite reste dans l'eau sans manipulation. C'est ma priorité.

vendredi 3 mai 2019

L'histoire d'une truite (46)

Cette nouvelle histoire ne sera pas le récit d’un poisson capturé par mes soins. Je n'en serais pas non plus le narrateur. Non, cette fois-ci, vous aurez le droit à une histoire où le chanceux pêcheur est mon fils Thibaut et où celui qui nous raconte cette belle histoire n'est autre que son copain Victor. Ces deux-là se connaissent depuis de nombreuses années. Ils ont toujours pêchés ensemble avec parfois des périodes plus ou moins creuses. Cette année, ils partagent pas mal de temps au bord de l’eau. Ils ont profité des dernières vacances scolaires de ce mois d’avril pour aller barouder ici et là. Le fait d’avoir le permis leur permet d’accéder à de nombreux parcours pour leur plus grand plaisir et leur envie de découvrir encore et encore. Victor voulait justement faire découvrir à Thibaut les parcours avals de notre belle rivière à l'époque bénie des gammares. Cette journée découverte restera, je pense, pour tous les deux un très bon souvenir. Je vous laisse en compagnie de Victor qui manie la plume tout aussi bien que sa GLX, c'est dire, un vrai régal !

         Deux ans après, peut-être plus, tout ce temps sans pêcher de façon digne de ce nom ensembles, comme quand nous n’étions encore que des enfants et que la pêche n’était qu’un jeu de cache-cache et d’adresse auquel nous jouions avec les poissons à longueur de journée sans jamais éprouver la moindre lassitude, et après tout je crois qu’il en est toujours ainsi. C’est à chaque fois avec surprise que je remarque à quel point les réflexes et les habitudes reviennent instantanément avec Thibaut, les nombreuses heures passées côte à côte nous ont permis de nous connaitre sur le bout des doigts, de connaitre les points forts mais aussi les qualités de l’autre, de déceler ses moments de motivation pendant lesquels il semble inatteignable mais également ses frustrations et ses moments de doute. Et je ne crois pas me tromper en disant que la prise du poisson dont il est sujet dans ce billet illustre à merveille cette relation et cette complicité amicale.

En effet, après avoir fait face à plusieurs échecs face à de grandes truites, la possibilité d’en prendre une devenait comme une utopie pour Thibaut qui désespérait à tort d’en voir une au fond de son filet, comme si le sort venait s’en mêler pour faire pencher à chaque fois la balance du côté du poisson plutôt que du pêcheur. Ce jour semblait donc idéal pour refaire les comptes, remettre les points sur les « i », l’église au milieu du village, en bref, faire pencher la balance du bon côté, celui du pêcheur et non du poisson. Pourtant, la partie commençait plutôt mal, à l’issu du premier lancer de la journée, Thibaut ferre une grosse truite qui passera malencontreusement sous une branche, la seule qui se trouvait sur la trajectoire de son premier rush, plus par maladresse qu’autre chose à mon avis. Par la suite, la journée se résume par de multiples occasions, mais les personnes qui connaissent la pêche de ces grandes truites sauront qu’il ne suffit pas d’occasions pour capturer l’une d’entre elles. Aucune de ces chances ne se concrétisait, parfois de la faute du poisson, de ses déplacements, tantôt du vent ou encore d’une aimable promeneuse et de ses enfants ayant trouvé la berge le long de laquelle se nourrissait la truite tant convoitée idéale pour une balade en nature.

Au fil de la journée, je sentais croitre en nous une frustration, à moins que cela ne soit de la vexation. La frustration des jours où le graal semble tellement accessible qu’on peut l’observer et presque le toucher du bout des doigts, la vexation d’avoir à raconter le soir en rentrant à nos pères respectifs (même s’ils connaissent cette pêche par cœur) que nous avons eu des occasions mais que nous ne sommes pas parvenu à les concrétiser. De la vexation également lorsque, assis dans votre dos sur la berge, votre coéquipier et ami attend que vous illuminiez la journée par un ferrage salvateur sans que vous n’y parveniez. Car pêcher à deux c’est aussi ça, la peur de décevoir l’autre, où l’envie de l’impression suivant que vous voyiez le verre à moitié plein ou à moitié vide. Cependant, et c’est le cas entre Thibaut et moi, le regard de l’autre doit être un moteur, une source d’émulation et non un frein, si l’un n’est pas à son niveau habituel sur un coup, l’autre se contente de lui lancer un : « t’as pas bien pêché mec » ou encore « Tu vois ce lancer ? Et bien ne recommence plus jamais ça », s’il veut être plus taquin et aussitôt nous passons à autre chose car comme le dit un pêcheur de grosses truites avec qui nous partageons au moins cette philosophie : « il y a toujours une balle de match, et les balles de match il ne faut pas les rater ». Et en effet, cette balle de match allait se présenter.

Il s’agit d’une truite qui se baladait rapidement le long d’une bordure, à 5 ou 6 mètres de la berge, entre deux eaux, curieux comportement qui laissait presque entrevoir du stress chez elle. En suivant ce poisson, c’est moi qui repère qu’elle effectue une pause dans son circuit, en amont d’un petit rocher immergé. J’interpelle Thibaut qui se trouve juste en dessous de moi en lui disant de rentrer dans l’eau pour se dégager de la végétation et pouvoir lancer en revers (son point fort à distance).  Après avoir noué une petite nymphe de trichoptère montée par notre pote Alex, il se glisse le long de la berge et entame une courte approche. La truite est toujours là, immobile, les yeux en l’air, comme si elle recherchait des nymphes en train d’éclore plutôt que leur habituel menu composé de gammares courant sur le fond. Après quelques faux lancers d’étalonnage, Thibaut lance sa nymphe légèrement en amont du poisson, le courant, bien qu’extrêmement faible à cet endroit, dirige l’imitation à environ 30 centimètres sur la droite de la truite dont les yeux tournent déjà pour l’observer. Je me souviens dire à Thibaut de ne surtout pas animer, je pense sincèrement que le poisson ne l’aurait pas accepté à cet endroit et en plein soleil avec le fil au-dessus de sa tête. Puis, dans un mouvement d’une lenteur indescriptible, comme pour faire durer le suspense, la truite s’empare du petit tricho. Ferrage !!! Vous savez, celui dont on parlait tout à l’heure ? S’en suit une belle bagarre durant laquelle la truite tentera de rejoindre un grand arbre immergé, mais le pêcheur la stoppera à 7 ou 8 mètres de son objectif grâce à son 16/100. La suite est des plus classiques mais très bien orchestrée par Thibaut qui se contente de suivre sa truite sur la gravière à l’aval en tirant un maximum dessus pour abréger la bagarre. Puis l’instant décisif de l’épuisette, celui qui fait définitivement basculer la balance d’un côté ou de l’autre, le juge entre la victoire et la défaite. Mais vous l’avez compris il s’agit là d’un récit de victoire !

Toute la frustration des heures précédentes semble alors s’envoler en fumée, la sensation unique de légèreté après avoir accompli ce que vous aimez le plus… « Merci mon pote » me lance-t-il, un merci qui en dit long. Après avoir mesuré ce poisson et fait une ou deux photos, il repartira d’où il est venu, dans le fond de la fosse abyssale qu’il habite.

En attendant les prochaines occasions de vibrer de nouveau, je te remercie, « t’as bien péché Thib ».

Voici la truite de ce beau récit.

D'un peu plus près.

A mon tour de te remercier Victor, pour avoir écrit ces quelques lignes, mais aussi et surtout pour avoir partagé ces moments avec Thibaut. Certes, c'est lui qui tenait la canne, mais sans toi, il ne se serait jamais trouvé à cet endroit.

Les amitiés construites autour d'une passion commune sont de mon point de vue plus solides que les autres et je pense que la votre durera quelques soient vos chemins de vie respectifs...Il y aura toujours une rivière et des poissons pour une journée de pêche ensemble !

dimanche 28 avril 2019

L'histoire d'une truite (45)

Il faut dire que la journée du samedi avait plutôt bien commencée avec cette bonne nouvelle sur le projet du Center Parc de Poligny. Le tribunal administratif ayant donné raison à l’association du Pic Noir en annulant partiellement le PLU.

La veille, nous avons fait mon fils et moi une sortie de pêche malgré le petit coup de pluie et la légère montée des eaux. En gros, une dizaine de centimètres, tout au plus. La rivière s’était aussi un peu teintée. Le plus gros changement finalement se situait sur la variation de la température de l’eau. Je l’avais mesuré à 11 degrés le week-end dernier. Ce vendredi donc, elle était redescendue à 8 degrés, rien que ça ! Même sans thermomètre, on le sentait assez vite.

Fin avril, par expérience lorsque la pêche à vue est rendue difficile par les conditions, et c’était le cas, nul besoin d’aller à la rivière trop tôt. Ce petit surplus de débit fait en général sortir les mouches à un horaire bien précis.

Malgré quelques grosses mouches très claires dans le ciel, nous avons localisé des gobages dans une seule et unique zone très courte du linéaire. La hauteur d’eau nous a obligés à abonner. Chacun à notre tour, nous avons tenté d’approcher les gobages, mais même en ayant rempli les waders, il en manquait un bout. Thibaut aurait mérité car la prise de risque était belle. Dommage.

Le lendemain, la rivière avait perdu quelques centimètres. De suite, j’ai organisé ma journée pour être à la bonne heure sur les gobages de la veille. Thibaut lui n’est pas venu, on va dire qu’il était en récupération de soirée. Il faut bien que jeunesse se fasse et qu’il y est un peu de variété dans sa vie. Et puis bon, qui va à la chasse, perd sa place. Il me restait donc à prendre la sienne.

Même horaire, même éclosion, même gobage mais niveau d’eau un poil plus bas. Ha ha ! C’était pour moi ! De la berge, j’ai vu ce petit rond discret. Il se situait en bordure de courant et d’une zone plus calme avec des petits contres courants. Je suppose que la truite aurait bien gobé avec une fréquence plus marquée, mais malheureusement, les mouches étaient bien rares. C’est d’ailleurs assez frappant comme phénomène. L’effectif des éclosions est si mince, que si vous êtes sur une zone avec un vol d’hirondelles par exemple, vous pouvez changer de place, il n’y en a pas assez pour tout le monde. Je l’ai vécu aujourd’hui, incroyable. Je suis remonté de 400-500 mètres en amont du vol d’hirondelles, là, les mouches pouvaient dériver et les poissons (que des petits aujourd’hui) pouvaient s’en nourrir.  Il y a une concurrence exceptionnelle sur cette nourriture qui diminue d’années en années…C’est assez dramatique.

Je reviens donc à mon gobage du samedi. Une fois bien localisé, je me suis positionné dans l’eau en pensant à Thibaut la veille tellement il était simple de le faire cette fois-ci avec un niveau plus bas. Une fois en place, j’ai attendu que le poisson gobe de nouveau. Il faisait cela très lentement si bien que j’ai pu apercevoir ses flancs sous la surface. Une couleur bronze orangée bien marquée qui donnait envie d’en voir plus. Pas si simple que ça car il m’a fallu changer de mouches 3 fois avant de tromper la vigilance de ce poisson. Il est venu prendre ma mouche qui devait dériver dans la pellicule. Les fois précédentes, j’étais beaucoup trop haut sur l’eau.

Le combat fut très sympa car indécis. Il y avait entre elle et moi une veine qui poussait pas mal et j’étais dans l’impossibilité de la suivre en descendant la rivière, beaucoup trop d’eau…

Il a fallu faire durer un peu malgré un fil assez gros afin de fatiguer le poisson de façon à lui faire remonter le courant.

Bien souvent, on se souvient d’un poisson par ses mensurations, là, c’est vraiment pour son esthétisme. Réellement une belle truite. Je ne sais pas si elle est de souche ou pas, je n’ai pas les compétences pour le dire, mais j’adore ce genre de poisson. Qui plus est en sèche, technique que j’utilise très peu chez nous. C’est malgré les années et les quelques poissons pris depuis 33 ans, des moments que j’adore et que je sais apprécier à leur juste valeur. La belle est repartie comme si de rien n’était. A bientôt pour une nouvelle histoire…

vendredi 19 avril 2019

Cademène ou le paradis éternel.

Prendre une journée de congé durant les vacances scolaires de mon fils, voilà une idée qu'elle était bonne. Direction la Loue, Cademène, chez Sanso...Ce lieu, ce linéaire, cette vallée...Le paradis. Il n'y a pas d'autre qualificatif. Un résumé en images de cette belle journée partagée avec mon fils et où j'ai eu le plaisir de revoir bon nombre d'amis. Un régal.

La vallée de la Loue en aval de la ferme Golgru. Une beauté et une ambiance intacte à chaque fois que je viens ici.

Ma première truite de la Loue pour 2019. Un poisson magnifique pris en nymphe à vue avec une nymphe légère mais assez grosse. Un régal de voir monter ce poisson entre deux eaux pour engloutir mon imitation.

Le premier poisson d'après le casse-croûte. La digestion s'est bien passée du coup ! Une truite magnifique qui m'a donné bien du plaisir. 

Mon fils en plein combat après avoir ferré son poisson à dix mètres de la berge. La truite visitera le saule en aval plusieurs fois sans pour autant gagner la bataille.

Les truites de la Loue sont splendides, qu'elles soient préservées par tous les maux qui touchent la rivière.

On a voulu finir par des poissons plus tatillons sur les gravières dans peu d'eau. Thibaut a été le plus adroit. Il a réussit à en prendre plusieurs.

Une des belles de cette gravière. Une couleur caractéristique de ce genre de poste. Joli coup de ligne qui plus est !

La dernière de la journée, juste devant les voitures, le long de la barque au René. Une façon de dire au revoir à la Loue et ses habitantes.

dimanche 7 avril 2019

L'histoire d'une truite (44)

Prendre une truite me donne toujours énormément d’émotions. Enfin surtout celles de ma rivière de cœur, celles qui comptent réellement pour moi. D’autant plus à notre époque où ces truites sauvages deviennent de plus en plus rares. A chaque poisson, je me dis que je suis un pêcheur privilégié, que la rivière d’Ain m’offre une nouvelle fois un ultime cadeau après toutes ces années à la côtoyer. Ces truites que j’observe durant les douze mois de l’année me fascinent comme au premier jour, voir plus encore. J’ai un profond respect pour ces poissons qui ont survécu à tant de bêtises humaine.  

Mais il y a quelque chose d’encore plus beau, de plus puissant. Bien au-delà de tous les poissons que j’ai pu prendre ou que je prendrai. Je parle là des scènes que je vis en étant le témoin direct des captures de mon fils. Je ne pense pas être capable de mettre les mots exacts pour définir ce que je ressens lors de ces instants magiques. C’est difficilement descriptible. C'est aussi tellement rare. Oui, car souvent, nous sommes éloignés l’un de l’autre de quelques dizaines de mètres. Dans cette situation, j’assiste à la fin du combat, à la mise à l’épuisette. C’est déjà fantastique bien sûr, mais j’ai toujours cette frustration. Car je sais à quel point assister à ce qu’il se passe avant me donne du plaisir. Voir Thibaut repérer la truite, analyser la situation, prendre la décision de se placer à tel endroit plutôt qu’un autre, de lancer de telle manière. Toute cette démarche, que lui fait machinalement pour tenter dans les meilleures conditions son poisson, est un véritable cadeau pour moi lorsque je peux tout voir. C’est là où je me rends compte des progrès qu’il réalise au fil des saisons de pêche. Et c’est aussi durant ces prises de décisions que je peux encore lui donner quelques conseils. Pour le reste, il sait faire maintenant, il n’a plus besoin de moi. Mais que j’aime assister à toute la scène.

Père et fils en quète de zébrées.

Cette année, j’ai déjà eu cette chance immense. C’était même au-dessus de tout car, en plus de bien voir Thibaut, je pouvais très bien distinguer le poisson également. J’étais à 10 mètres d’eux à peine. Nous progression sur une berge haute. La vision était au top. Le niveau de la rivière très bon pour pêcher à vue. Le fond de la rivière propre. Des conditions idéales. On pêchait depuis quelques heures et nous n’avions rien pris. Il faut dire que dès que les niveaux sont bas, on pense que ça va le faire. Mais les conditions du mois de mars restent ce qu’elles sont même avec une rivière basse. J’ai mesuré la température de l’eau en dessous des 10 degrés ces jours, il est donc tout à fait normal d’avoir une très faible activité.

Thibaut progressait devant moi. Je privilégie toujours mon fils. Comme je le dis aux copains, j’ai pris ce que je devais prendre, maintenant c’est à lui. Il avait donc une dizaine de mettre d’avance. A la vue du poisson, il s’est tassé pour tenter de camoufler son mètre quatre vingt quinze. « Papa, j’en ai une là, juste devant, elle est pas vilaine en plus. »

J’avais bien compris à son comportement qu’il y avait un poisson. Comme j’étais en amont de Thibaut et près de la berge, j’ai pu localiser la truite. Elle était contre la berge elle aussi à environ un bon mètre. Je la voyais de face en fait, elle était contre le courant, en attente de nourriture. Pour Thibaut, il était placé à sa perpendiculaire. Moi, j’aurais fait une approche à genoux, bien tranquille. Thibaut a fait le choix de rester debout tout en se baissant. Choix payant puisque le poisson ne l’a pas repéré. La truite était assez proche pour un lancer arbalète. Thibaut a pincé sa nymphe, une cuivre, dans sa main gauche. Après avoir tendu sa 9 pieds soie de 5, il a propulsé sa nymphe dans l’eau en amont du poisson. J’ai pu voir l’impact de la nymphe sur l’eau. Ceci m’a permis de suivre seconde par seconde la scène. Fantastique ! J’essayais de regarder la truite et Thibaut en même temps, compliqué ! La nymphe est bien tombée devant le poisson, assez haut de lui, juste bien. La truite était bonne fille puisqu’en voyant la nymphe descendre, elle est venue à sa rencontre (les joies du début de saison, ça va vite changer !). Le ferrage allait intervenir. Ce moment où tout bascule. Cet instant où le poisson se lie au pêcheur par le biais du fil et de la soie. Cette seconde magique et pleine d’adrénaline. Une seconde où j’ai vu les ouïes du poisson s’ouvrir ! Où j’ai vu Thibaut lever le bras droit très sèchement. Cette seconde si importante où mon fils avait réussi son coup de ligne ! Quelle magie ! Quel plaisir !

Mais de suite, il fallait rester lucide. Et comme par réflexe, j’ai crié très fort : « saute !! » Thibaut du coup s’est exécuté sans trop réfléchir. Il le fallait, car la berge est vraiment très haute à cet endroit. Je vous avoue que moi, je n’aurais jamais sauté ! Pas folle la bête ! Mais Thibaut si. Quel saut ! Du coup, il a pu être bien plus au contact de sa truite et c’était une bonne chose tant elle a tenté de rejoindre une racine sous une lignée de saules en bordure. J’ai entendu le fil siffler dans les branches. Il fallait bien un bon 14 centièmes qui en fait en fait 16 au réel (ancien Teklon). Après 30 secondes pas simples du tout, Thibaut a pu sortir définitivement la truite des branches. Mise à épuisette dans la foulée et le gamin était aux anges. Mais sa joie, bien que grande, était bien loin de la mienne. Tout a été fait comme il faut. Il a juste fallu que je le motive à sauter.

Gros bridage !

Après discussion, Thibaut n’était pas certain qu’il aurait sauté en étant seul. Dans ce cas, je pense qu’il aurait perdu la truite. Bon, c'est rassurant d'un côté, je sers encore à quelque chose.

Thibaut étant dans l’eau, c’est moi qui ai donc fait la photo souvenir. Une belle truite de début de saison, le genre de poisson qui fait très plaisir car les occasions de prendre un tel poisson en nymphe à vue sont minimes au mois de mars chez nous. Petit détail qui me fait penser qu’il progresse, c’est qu’il a changé sa pointe de suite après être remonté sur la berge sans que j’ai eu besoin de lui dire. La truite ayant fait siffler et donc souffrir le fil dans les branches de saules, celui-ci a sans doute été endommagé. C’est un bon réflexe.

Je ne doute pas que nous vivrons d'autres aventures similaires dans les prochains jours. J'en garde certaines pour moi et les amis proches, mais je me ferai un plaisir de vous raconter quand même quelques nouvelles histoires durant la saison...A bientôt.

Thibaut tout sourire avec sa truite.

Retour matériel : Comme vous pouvez le voir que la première photo, j'ai rangé mon gilet cette année. Après un petit mois d'ouverture (déjà ! ) je peux revenir sur ce Chest Pack C&F Design. Je m'y suis fais très vite. C'est très facile tellement il se fait oublier, et c'était le but, pêcher léger ! J'ai largement assez de place pour prendre ce qu'il me faut. L'essentiel est là. J'avais un doute sur son équilibre avec une épuisette dans le dos, mais non en fait. C'est nickel. A voir le vieillissement sur les parties aimantées mais à ce jour, rien à redire. J'ai pris la version large. Suivre le lien pour se le procurer => Chest Pack C&F Design Large A-820

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