Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière,la Hte rivière d'Ain.
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lundi 21 mai 2018

EDF tue la Basse rivière d'Ain, les pêcheurs portent plainte.

Une fois encore, EDF tue les habitants de la basse rivière d'Ain. Une fois encore, c'est les pêcheurs qui s'en préoccupent et seulement eux. A tel point que les trois grosses associations de la BRA ainsi que la fédération de pêche du 01 ont porté plainte. J'ai demandé à un de ces bénévoles de répondre à mes questions pour vous aider à comprendre ce qu'il se passe sur cette rivière fantastique.

Nicolas : Plainte a été déposée contre EDF par plusieurs associations de pêche de la basse rivière d’Ain. Quels sont les évènements qui ont déclenché cette procédure ?

Association : Effectivement les 3 associations (PPVA, PLA et AUPRA) qui gèrent la BRA et la FDAAPPMA 01 ont déposé des plaintes en 2017 contre X pour destruction d’habitat d’espèces protégées. Cette procédure fait suite aux nombreuses constatations d’échouages de juvéniles de salmonidés. Ce phénomène arrive quand les barrages ferment brutalement leurs vannes. L’eau de la rivière baisse trop rapidement et les poissons n’ont pas le temps de regagner le lit de la rivière. Ils finissent morts échoués sur la berge. Toute la faune de la rivière subit les conséquences de ces éclusées, les invertébrés paient eux aussi un très lourd tribu.

Ces plaintes ont eu le mérite de faire bouger l'Etat et de faire entendre un peu plus fort la voix des pêcheurs. Malgré les améliorations obtenues, les pêcheurs ont prévenu que les mesures proposées pour 2018 ne seraient pas suffisantes pour éviter la mort des juvéniles de salmonidés. Comme on pouvait malheureusement s'y attendre, en 2018 les AAPPMA ont de nouveau constaté de grosses mortalités. Elles ont décidé de re-porter plainte en 2018, malgré le résultat incertain des procédures de 2017. À ce jour nous savons que le Procureur de la République de l'Ain a commandé une enquête aux services de l'AFB. En 2017 l'AFB a réalisé un travail colossal pour tenter de répertorier toutes les mortalités observées. N'ayant pas de nouvelle de la procédure, la FDAAPPMA 01 a envoyé un courrier de relance auprès du Procureur de la République début 2018. A notre connaissance nous n'avons toujours pas de réponse, mais il semblerait que nos plaintes aient été classées sans suite.



Nicolas : D’un œil extérieur, on pouvait penser que le dialogue était instauré entre les pêcheurs et EDF. Que des accords étaient actés. Ce n’est pas le cas ? EDF ne respecte pas sa parole ?

Association : On va essayer de résumer au maximum, mais c'est une longue histoire. Depuis plus de 30 ans des discussions sont en place avec l'Etat (DDT, DREAL, ONEMA, Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse), EDF, le syndicat de rivière (SBVA) et les pêcheurs. Une première convention frayère avait été signée dans les années 90. Les mesures de cette convention étaient simples, mais on pouvait constater une certaine efficacité. Ces actions étaient loin d'être suffisantes, mais utiles à la survie de la rivière.

Puis dans les années 2010, EDF a brutalement dénoncé cette convention au motif qu'elle était trop coûteuse et restrictive. Les pêcheurs sont alors montés au créneau pour obtenir une nouvelle convention plus ambitieuse et surtout réellement efficace. En parallèle l'AFB (ONEMA à l'époque) consciente des problèmes sur la basse rivière d'Ain, a mené des campagnes de suivis des frayères et des échouages/piégeages. En 2013 cette agence sort un dossier complet sur l'impact de l'hydroélectricité et surtout tout un panel de mesures pour améliorer le fonctionnement des barrages. À partir de là, l'Etat et EDF ne pouvaient plus dire que les barrages et leur gestion catastrophique n'avaient pas un lourd impact sur la faune. Les pêcheurs se sont alors appuyés sur ce rapport et ses préconisations pour négocier une nouvelle convention.

Au milieu des années 2010 la convention salmonidés voit le jour, un comité de pilotage (COPIL) et un comité technique (COTECH) sont créés. Ces comités sont pilotés par la DREAL Rhône-Alpes Auvergne et la DDT 01. Les participants à ces comités sont la DREAL, les DDT 01 et 39, l'AFB, l'Agence de l'eau, le syndicat de la basse rivière d'Ain, des scientifiques (dont Henri Persat), EDF, un bureau d'études (ECOTEC), la FDAAPPMA 01 et les 3 AAPPMA de la BRA. Lors des COTECH d'autres intervenants ou utilisateurs de la rivière peuvent être sollicités (Micro-centrales, Agriculteurs, filiales spécifiques d'EDF...). Le but de ces comités est de faire un état des lieux de la situation et de trouver des solutions en vue d'améliorer le fonctionnement des ouvrages. EDF joue la montre et demande des études d'études, avec différents scientifiques qui travaillent pour eux à l'appui. Le but de leur démarche est de prouver aux membres des comités que la disparition des salmonidés est de cause multifactorielle, afin de se dédouaner de leur responsabilité. Certes l'hydroélectricité n'est pas le seul facteur qui dégrade la rivière. Mais l'anéantissement de la reproduction des poissons et des invertébrés est bien le fruit d'une mauvaise gestion des ouvrages hydroélectriques de la rivière d'Ain, c'est le gros point noir de la BRA.

Depuis cette nouvelle convention, quelques mesures bénéfiques ont été mises en place, mais on est encore loin du compte. En plus EDF vient régulièrement renégocier les miettes que nous avons si chèrement obtenues. C'est pour cela qu'en 2016 la FDAAPPMA 01 a dénoncé son partenariat avec EDF et que les AAPPMA ont menacé d'engager des procédures judiciaires. Suite à ces événements les AAPPMA ont pris des dispositions en vue de mener des actions judiciaires et de communication.

Nicolas : Qu’attendent les associations de cette plainte ? Qu’est-ce que réellement cela peut apporter ? Pensez-vous arriver un jour à mettre en place avec tous les acteurs un système viable pour la rivière et ses habitants ?

Association : Nous ne sommes pas dupes, on ne compte pas gagner au pénal face à une entreprise comme EDF qui gère des ouvrages appartenant à l'Etat. Mais nous avons bon espoir d'obtenir des mesures efficaces, afin de permettre aux poissons de se reproduire dans des conditions acceptables. Sur d'autres rivières (Dordogne, Doubs...) les pêcheurs ont su faire bouger les lignes et ils ont obtenu des résultats concrets. Nous avons donc contacté les personnes qui ont menées ces actions, afin de comprendre comment ils ont réussi à faire bouger les lignes.

Pendant des années les AAPPMA de la BRA ne se sont pas entendues, ce qui a fait le jeu des fossoyeurs de la rivière. Depuis quelques années les pêcheurs ont compris que pour sauver la rivière, il fallait être soudés coûte que coûte.

Nous effectuons ce travail bénévolement et aux dépens de notre temps de pêche. Si nous ne pensions pas avoir nos chances de faire bouger les choses, nous ne mènerions pas ce combat. Nous sommes lucides, cela fait des dizaines d'années que ça dure, on ne va pas résoudre l'équation en un claquement de doigt. La basse rivière d'Ain a encore un potentiel magnifique, certes elle est malmenée, mais en jouant sur les bons leviers, on a espoir de retrouver un paradis pour la pêche et de transmettre ce patrimoine aux générations à venir.

Nicolas : Un message pour les pêcheurs qui liront ce billet et qui souhaiteraient vous soutenir. Par quel moyen peuvent-ils le faire ?

Association : Le plus simple est de nous suivre sur les réseaux sociaux, de partager nos publications sur ce sujet. Il faut dénoncer cette pseudo énergie qu'on nous vend comme verte et qui fait des ravages sur beaucoup de rivières. Avec nos actions de communication (réseaux sociaux, journaux, télévision), on se rend compte que beaucoup de gens n'avaient pas connaissance du problème; même certains pêcheurs ne se rendaient pas compte du désastre qui a lieu sur les rivières où l'hydroélectricité dicte sa loi. C'est la pression auprès de nos élus qui fera bouger les choses. L'Etat n'aime pas voir en une du journal local qu'une entreprise qui gère ses ouvrages est attaquée en justice pour destruction d'habitat d'espèces protégées. Nos élus locaux commencent à se sentir concernés par ce problème, car leurs administrés leurs en parlent régulièrement.

Là où nous sommes pour le moment très déçus, c'est sur le positionnement des élus du syndicat de rivière local (SR3A), on ne peut pas dire que la démarche des pêcheurs soit très soutenue, espérons que ça change rapidement.

Nicolas : Merci beaucoup pour tous ces éclaircissements. J'espère très sincèrement que vous arriverez à faire bouger les choses. J'ai une pensée pour tous ces bénévoles que vous êtes (Alex, Niko, Marco pour ceux que je connais un peu mieux) qui donnent de leur temps au-delà de ce que peuvent imaginer les gens. Merci pour ça, vous êtes des exemples.

Facebook AAPPMA PLA

Facebook PPVA

Facebook AUPRA

mercredi 16 mai 2018

Informations, expositions à thème sur l'eau.

Un court billet pour vous informer sur des journées à thème qui peuvent vous intéresser et qui se passent près de chez nous.

En premier lieu, à noter dans vos agendas le samedi 2 juin. Voici ci-dessous les affiches de l'évènement.

Et puis je pensais vous annoncer une exposition sur la rivière d'Ain à Champagnole, mais la ville a annulé au dernier moment malheureusement. Le travail du CPIE du haut Jura sera donc visible si j'en crois la presse du 31 ami au 20 juin à la maison des cascades à Ménétrux-en-Joux.

A noter également cette journée organisée par l'association des amis de la rivière d'Ain.

dimanche 13 mai 2018

Vidéo de montage de mouche : A Peliccione par Anthony.

Après quelques mois d'absence, mon ami Anthony s'est remis aux fiches de montage, en vidéo cette fois-ci. Cela va vous permettre de rentrer dans l'univers de mon ami corse.

Anthony est la seule personne extérieure à participer aux publications de ce blog. C'est mon ami et nous partageons de nombreuses valeurs vis à vis de nos régions natales respectives, la famille, la pêche...

De plus, Anthony utilise des imitations assez différentes des miennes pour ses rivières, ce qui vous permets de découvrir un autre univers.

Pour monter a peliccione (ne me demandez pas ce que cela veut dire ;-) ) , il vous faut :

•TMC 2488 n°16 ou 14.

•Soie 8/0 marron.

•Chevreuil marron.

•Z-lon marron.

•Dubbing SLF roux.

•Foam 2mm beige.

A Peliccione. from Nicolas Germain Fly Shop on Vimeo.

jeudi 10 mai 2018

Dates et horaires de diffusions de Seasons Hebdo Jura.

Ce court billet pour vous informer que la première diffusion du Seasons Hebdo auquel nous avons participé mon fils et moi aura lieu demain, le vendredi 11 mai à 19h45.

Cela va nous rappeler de très bons souvenirs.

Pour les rediffusions, je vous laisse découvrir les dates et horaires donnés par la chaîne.

Et si toutefois vous n'êtes pas abonné, vous pouvez dans le pire des cas visualiser la bande-annonce.

mardi 8 mai 2018

Il y a 11 ans...

...Ce même 8 mai, je mettais en ligne mon premier billet sur ce blog. Il y en a eu 1300 depuis. Merci à tous mes lecteurs pour leur fidélité. Si ce n'est pas encore fait, vous pouvez laisser vos impressions sur le livre d'or de ce blog => Livre d'or.

dimanche 6 mai 2018

Thibaut a retrouvé ma truite !

Voilà une histoire de pêche vraiment peu commune. Le genre d'histoire que nous nous souviendrons, Thibaut et moi, jusqu'à la fin de nos jours.

Revenons à la saison de pêche 2014. Un jeune homme venant des Pyrénées me contacte pour une commande de mouches. Il vient à la maison et j'accroche assez vite avec lui. Il est là pour un long séjour axé nymphe à vue. Je n'ai plus de souvenirs bien précis, mais il se trouve que nous nous sommes croisés au bord de l'eau un ou deux jours après. Il en a profité pour me regarder pêcher un peu. J'étais ce jour-là sur une vaironnée. Quelques belles truites picoraient les vairons sur leur lieu de reproduction. J'avais bien du mal à les faire mordre d'ailleurs. A tel point que je me suis décidé à nouer un streamer au bout de ma pointe et de faire une première dérive inerte un peu comme en nymphe. Une truite a mis un coup de gueule sur le côté, j'ai ferré, elle était à moi. Cette truite que j'ai estimé à l'époque à 45cm avait comme particularité d'avoir des tâches et non des points sur les flancs. Elle était aussi très jaune et avait un léger bécard ce qui pouvait laissé penser que c'était un mâle. Nous étions avec mon compagnon du jour en admiration devant ce poisson. Il était reparti dans son élément sans aucun problème.

Lors de la saison 2015, et ce vers la fin du printemps, j'étais à la pêche avec Akira, mon ami japonais et mon fils. Le niveau était idéal pour une partie de nymphe à vue. Je me souviens que Thibaut avait réalisé un très joli coup de ligne devant les yeux admiratifs d'Akira. De mon côté, et après avoir pris en photo Thibaut en pleine action, je suis monté dans le radier en amont. Alors que j'étais encore sur la berge, j'ai repéré une très belle truite qui remontait le courant tout en piochant sur le fond. J'ai à peine mis un pied dans l'eau pour me décaler afin d'avoir une bonne fenêtre. Je pouvais tenter le poisson. A la première dérive de ma cuivre, elle s'est soulevée. Elle était à moi. Ce que je ne savais pas, c'est que ce poisson était le même que j'avais pris l'année d'avant au streamer. Elle était encore plus belle, plus longue. Et ces tâches irrégulières sur les flancs jaune, une merveille de la nature. Une fois de plus, elle est repartie au mieux.

Prendre le même poisson deux ans de suite, c'est déjà assez cocasse. Cette truite avait du prendre 5 centimètres environ. Je ne l'ai pas revu en 2016, ni en 2017. Je ne vous cache pas que j'étais certain qu'il lui était arrivé malheur. Nous avons eu beaucoup de mortalité sur la population de gros poissons ces deux années là, j'étais donc persuadé qu'elle faisait parti du lot.

Ce samedi, Thibaut s'est levé tôt. Il n'arrivait pas à dormir. Bref, il s'est vite branché à sa console pour faire une ou deux parties. J'étais à l'étau. Je lui ai dit une fois : si tu veux, je t'emmène où tu as envie à la rivière, il faut super beau. Pas de réaction, une autre partie de console. Sa mère, quelques minutes après moi, lui dit qu'il devrait profiter du beau temps. 9h30, Thibaut me dit, papa, je mets le waders et tu m'emmènes stp. Ben voilà !

Thibaut n'avait pas pris la canne depuis le tournage de Seasons. Je l'ai donc laissé à la rivière sur un parcours de son choix pour 2 petites heures. Je devais le récupérer à 12h car il avait un match de foot à l'extérieur. Je n'ai d'ailleurs pas pu aller le chercher car j'avais des clients à la maison. C'est donc sa maman qui y est allée. A peine la voiture devant la maison à leur retour que je suis sorti à leur rencontre. Sa maman me dit : il fallait y aller ce matin ! Et Thibaut d'enchaîner, j'ai fait une truite de 61cm papa !

Ho super ! Montres moi vite les photos que je vois ce poisson. Et là, de suite à la première vision, je regarde Thibaut et je lui dis : Thibaut, c'est ma truite bordel ! On s'est donc précipité tous les deux à mon atelier où j'ai un agrandissement encadré de ce poisson pris la deuxième fois en 2015. Thibaut a mis son téléphone à côté et nous avons comparé les points. Le doute n'était plus permis, ma truite était en fait toujours vivante, plus belle que jamais et c'est mon fils qui l'avait prise. Quelle histoire extraordinaire. Il y avait beaucoup de joie, car un tel poisson, ce n'est pas tous les jours, mais en plus avec un tel passif, c'est vraiment hors normes. Le bécard est encore plus prononcé, ce mâle a du transmettre ses gênes durant tous ces hivers. Et quels gênes. Il est passé entre les mortalités. Quel poisson, quel combattant.

Après l'émotion partagée, Thibaut m'a raconté sa prise. Il venait de casser une truite au ferrage de sa faute avec un mouvement beaucoup trop sec ! Sa pointe était donc neuve. Il avait une cuivre au bout. Il venait de voir dépasser dans le radier amont un museau. Il s'est donc déplacé pour être en face du poisson. Elle était là, au fond. Il a fait deux dérives avec la cuivre sans aucune réaction du poisson. Rien.

Il a donc décidé de nouer un gammare JFD-14. Il a fait poser sa nymphe trois bons mètres en amont du poisson, légère animation et là, la truite s'est bien soulevée pour prendre son imitation. Un joli combat s'en est suivi pour se terminer dans son épuisette. Thibaut n'est pas comme son père, il a son mètre lui. 61 centimètres, soit environ 11 de plus qu'en 2015. La truite est repartie comme une furie et nous espérons tous les deux la revoir avec une immense joie en 2019.

Aux personnes qui pensent que de relâcher un poisson est inutile, dites vous que si cette truite avait été prélevé en 2014, elle aurait frayée 4 hivers de moins...Et cela représente quelques truites au final, pas une seule !

2014, le papa - Estimée à 45cm.

2015, le papa - Estimée à 50cm.

2018, le fils - Mesurée à 61cm.

mardi 1 mai 2018

Les algues brunes et la mort sont de retour.

Les belles gravières blanches ont laissé place avec une vitesse foudroyante à un planché glissant composé d'algues brunes. Les fonds de la haute rivière d'Ain sont méconnaissables. Les premiers affluents que sont la Serpentine, la Saine et la Lemme sont également touchés. En particulier la Saine d'ailleurs dans un état lamentable. Tous les fonds sont brun foncé. Les galets ne respirent plus.

Tout cela est apparu vraiment très vite. Il y a encore 15 jours, lorsque j'ai participé au tournage TV pour Seasons, la rivière était magnifique. Les fonds superbes et je n'avais eu aucun signalement de poisson mort ou malade. Bref, le moral était au beau fixe. Et puis, il a fallut seulement quelques jours de soleil et de chaleur pour que les algues brunes envahissent d'heures en heures les fonds de la rivière d'Ain. C'est incroyable à la vitesse où cela évolue. On est passé d'une rivière splendide à un truc bien moche. Bien sûr, cela coïncide avec la fin des épandages. Oui, le comté est l’emblème de notre région mais à quel prix ? Combien de rivières vont subir l'envers du décor de la production laitière ? Toutes, certainement. La pêche et les pêcheurs ne font pas le poids contre cette économie et le monde agricole, c'est évident. Le seul espoir, et c'est certainement utopique de penser cela, c'est que les truites, au fil des générations, "s'habituent" à ce bouillon de substances et renforcent leurs défenses immunitaires naturelles. Bref, autant croire au père Noël...

La haute rivière d'Ain fin avril, y'a pas comme un soucis ? (merci Sébastien)

Comme les dernières années, c'est les gros poissons souvent au-delà des 45 centimètres qui trépassent en majorité. Rien que ce week-end, on m'a signalé de nombreux cas. Merci aux personnes qui m'ont fait passer les informations.

- 2 truites mycosées trouvées mortes sur Sirod (merci Andy).

- 3 poissons mycosés agonisants sur Crotenay amont (merci Guillaume).

- 1 truite morte (photo ci-dessous) de 54 cm trouvée sur l'aval de Crotenay (merci Bernard).

- 1 truite retirée de l'eau de 55 cm (photo ci-dessous) à Montigny (merci Gilles).

- 1 truite trouvée morte à Villard sur Ain (merci Gaël).

- J'ai moi-même vu une truite agonisante d'environ 50 cm mycosée sur Pont-du-Navoy.

C'est uniquement des signalements du WE. Je pense que c'est juste le début et que l'on va en voir pas mal dans les jours qui viennent malheureusement. J'ai plusieurs sentiments qui se mêlent au final entre dégout, désespoir, espoir, colère...

Oui, car j'ai malgré tout ça encore envie d'y croire. J'ai aussi vu des truites de l'année, de l'an passé et des poissons de 2 ans. Mais j'avoue que c'est bien triste de pêcher une rivière dans un tel état. On en vient à se poser des questions...Sans oublier que l'on est pêcheur.

Je sais très bien que par mes actions (Blog, Seasons, livre, etc...) je fais parti des acteurs pour la promotion du tourisme pêche sur la rivière d'Ain. J'ai toujours essayé d'être honnête vis à vis de mes lecteurs. Donner envie aux gens de venir dans notre région mais sans leur mentir. Oui, à ce jour, la population de truites sur la haute rivière d'Ain reste acceptable et d'un point de vue personnel, je pense que l'on peut continuer à pratiquer la pêche de loisir. Par contre, il devient inacceptable de continuer à prélever les truites adultes au vu des mortalités dans cette classe d'âge depuis 3 ans. J'évoquerai ce point au prochain C.A de fédération sans illusion malheureusement.

Dans le cas où vous pêchez pour remettre ensuite votre poisson à l'eau et au vu de la fragilité de certains individus, faites le de la meilleure des façons possibles. Décrochez votre poisson dans l'eau et relâchez-le vite sans le sortir de son élément tout en évitant des manipulations excessives. Si vous pêchez sans ardillon, on n'a pas besoin de toucher le poisson normalement. C'est le mieux pour lui.

A suivre...

lundi 30 avril 2018

Retour d'expérience : Etau REGAL Médaillon.

Voilà quelques mois que j'ai changé de monture. Il est donc temps de vous faire un retour d'expérience. Je monte tous les jours sur un étau Régal Médaillon. Le made in USA dans toute sa splendeur.

Le socle tout d'abord. Il a une gueule ! Un esthétisme lié a un fonctionnel au top avec son poids qui donne à l'ensemble la stabilité recherchée pour monter ses mouches. A noter une fine plaque en liège collée au bronze pour une bonne adhérence au support.

Ensuite, c'est très simple et terriblement efficace à la fois. Une ouverture des mors qui se fait avec un levier sur le côté. Pour les gens qui ont monté quelques mouches dans leur vie, il ne faut pas longtemps pour comprends que ces mors là ne sont pas comme les autres. Quelle qualité !

C'est l'outil que je recherchais au final. Idéal pour faire des grandes séries de façon très rapide et qui va durer dans le temps. Je l'ai adopté de suite !

Pour vous le procurer, suivez ce lien => Régal Médaillon.

Je suis devenu un grand fan.

Série d'olives...

Des trichos chamois...

Quelques roses !

Un peu de hors catalogue...

Quelques tests...

Qui fonctionnent ;-)

vendredi 27 avril 2018

L'histoire d'une truite (41)

Les années passent, mais les bons postes à truites sauvages ne semblent pas vouloir changer. Il est amusant de se souvenir où l’on prend le plus de truites selon les différentes périodes de la saison de pêche. J’aime beaucoup faire ce travail de recherche et j’ai même parfois des regrets de ne pas avoir pris plus de notes écrites pour confirmer à coup sur tout cela.

Un peu comme pour le grand gibier, il y a « des passages » qui restent réguliers quoi qu’il arrive pour les truites sauvages. Pourtant, d’une saison sur l’autre, ou même plus encore d’une décennie à l’autre, les poissons ne sont pas les mêmes. Peu importe, ils passeront toujours  précisément sur ce banc de sable ou devant cette arrivée de bief. C’est inéluctable.

Chaque année, j’en rigole. Je me mets sur la berge, en attente bien calé contre un frêne ou une verne (aulne) et je me dis : normalement, ça va arriver de là pour venir ici. Bingo, ça marche à chaque fois. Bien entendu, tout est remis en cause une fois le poisson pêché, qu’il soit pris ou pas d’ailleurs. Le simple fait de lui faire peur et il est tout à fait possible ne plus le voir de la saison à ce même endroit. Le « bon passage » d’années en années sur un poste est souvent lié à l’époque, printemps, été et aussi à l’horaire, matin, midi, soir…

Il y a quelques jours, je suis allé faire un bout de berge en pensant aux saisons précédentes. J’ai remarqué depuis de nombreuses années que sur ce linéaire qui doit faire tout juste 150 mètres, les truites sortent à l’eau basse en avril et en début de soirée, jamais plus tôt dans la journée. C’est comme cela tous les ans, et je ne l’ai pas remarqué ailleurs. J’ai fait cette berge à tous les horaires, à toutes les époques, comme de nombreuses autres. Ici, la plus grande activité, c’est fin avril si les eaux sont basses et uniquement en début de soirée. Ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais rien du tout. Ce que je sais, c’est que cette année, c’est de nouveau comme ça.

C’est là qu’on se dit que la maîtrise de la technique de pêche est une chose, mais que la parfaite connaissance du milieu, de son fonctionnement et du comportement des truites est tout aussi important voir plus. Dans ce cas là, c’est largement plus tant les truites sont "faciles" à prendre pendant quelques jours. Elles sortent pour manger et elles ne font pas semblant. Elles sont très actives.

Bien entendu, elles gardent une méfiance naturelle, mais la différence est assez flagrante. Il y a de plus des signes qui ne trompent pas. Je vois durant cette période assez courte (pas la peine de me pister, c’est terminé ;-) ) toutes les classes d’âge sur ce même linéaire. Aucune truite ne s’occupe de celle d’à côté. Elles ne pensent qu’à une chose, manger le plus possible. L’activité stoppe en général brutalement une petite heure avant la nuit noire. Il ne faut donc pas louper le créneau.

Le reste de l’année, il m’arrive de voir des poissons sur ce linéaire, mais cela n’a rien à voir avec la densité de ces quelques jours d’avril et surtout avec la folle activité qui y règne.

Ce soir-là, je venais de voir deux très beaux poissons que j’ai merdouillé par maladresse. Dont une manquée au ferrage ce qui m’arrive de plus en plus malheureusement. C’était mon gros point fort, j’avais quasiment aucun déchet. Les années font que je régresse, va falloir que je m’y habitue !

Sur le poste suivant, un endroit où j’ai déjà tenté des dizaines de truites par le passé, je me suis fondu dans la ripisylve, accroupi et j’ai patienté en prenant le temps d'observer autour de moi. J’ai fixé mon regard sur l’amont, car par expérience, les truites viennent sur ce banc de sable ramasser ce qui s’y trouve uniquement en descendant la rivière. Encore une fois, je ne sais pas exactement pourquoi, mais le circuit des poissons qui passent ici est ainsi fait depuis que je le connais, et ça fait une paire d’années.

Quand la truite du jour est apparue dans mon champ de vision, j’ai rigolé tout seul. J’avais envie de lui dire : On ne se connait pas, mais qu’est ce que tu es prévisible. J’ai même poussé le vice à lui laisser faire deux fois son circuit sans l’embêter. C’est hallucinant de voir à quel point ces poissons de générations en générations font la même chose aux mêmes endroits à la même époque aux mêmes horaires. Alors ce n’est pas forcément tout le temps vrai, mais très souvent d’après mes observations.

A la troisième apparition de la truite, je lui ai poliment proposé d’engamer mon gammare JFD en 14. Elle m’a rendu la politesse en faisant un écart qui ne laissait aucune place aux doutes. Après un ferrage énergique, nous étions liés tous les deux par quelques brins de nylon et un hameçon habillé de plume et de plomb.

Ho certes, ce n’est pas un grand coup de ligne, non, une simple arbalète depuis la berge. Mais le fait d’avoir deviné à l’avance ce qui allait se passer sans même avoir vu le poisson suffisait à mon bonheur. Et j’ai encore ce besoin de conclure ce genre d’action par la prise de la truite. Je n’oublie pas que je suis pêcheur, jamais !

Une truite bien claire, comme souvent sur ce poste, avec une pigmentation bien dense et sans zébrure. Elle m’a fait un combat violent ce qui indique qu’elle est en pleine forme. Une bonne nouvelle !

Elle est repartie après deux photos souvenir. Je pense que je ne la reverrais pas ici celle-là. C’est vraiment une zone où les poissons viennent se nourrir et une fois « emmerdées » par un pêcheur, ces truites quittent les lieux. Du moins jusqu’au mois d’avril de l’année suivante où de nouveau, je leur donnerais rendez-vous. C’est certain !

lundi 23 avril 2018

Séjour père & fils à Veirières.

Une fois encore, c'était top !ver2.jpg

 

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mercredi 18 avril 2018

Vidéo : Les rivières sauvages de l'Ain.

Découvrez en images les richesses naturelles et les acteurs qui œuvrent pour la préservation des rivières-joyaux du département de l'Ain (01) : la Valserine, première rivière labellisée en 2014, la Dorche et la Vézeronce, labellisées en 2016, ainsi que la Pernaz et l’Arvière, candidates au label.

lundi 16 avril 2018

Thibaut chez Hardy (7)

Un court billet pour vous informer de la mise en ligne d'un nouvel article de mon fils sur le blog du Team Hardy France. Cliquez sur le lien suivant, merci pour lui => Un début de saison compliqué.

samedi 14 avril 2018

David Chaignon dans le Jura pour un Seasons Hebdo.

A voir le 11 mai !dc.jpg

 

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mardi 10 avril 2018

La beauté du montage avancé.

Superbe !

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mercredi 4 avril 2018

Romain Casiraghi.

Mon ami Romain...

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dimanche 1 avril 2018

Vers un nouveau défi avec P.A.C Voyages & Piam.

Mon poisson d'avril annuel ;-)

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vendredi 30 mars 2018

Lagune du village : 3ème audience.

La suite de cette procédure toujoues en cours...

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mardi 27 mars 2018

Nouveau : 8'6 par Pêches Sportives.

Nouveau magazine !

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vendredi 23 mars 2018

Changements et bons plans Web.

Du nouveau sur la toile...

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mercredi 21 mars 2018

La rivière d'Ain est en deuil.

Triste nouvelle...

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