Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
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jeudi 23 mai 2019

Il faut bien fêter ça.

En ce jour où je fête mon anniversaire, je souhaitais vous offrir un petit cadeau...

En particulier aux personnes qui m'écrivent de temps en temps pour me dire ô combien elles passent de bons moments à lire ce blog durant leur pause déjeuner. Que cela représente souvent une belle récréation lors d'une journée de travail parfois compliquée. Vous êtes nombreux à me dire que vous n'allez pas à la pêche aussi souvent que vous le souhaitez, que j'ai une immense chance d'habiter près de la rivière...Alors à vous qui êtes concernés, et aussi aux autres pourquoi pas, je vous fais suivre quelques images d'ambiance de la rivière...Sans musique, uniquement avec le chant des oiseaux, comme si vous y étiez. Profitez bien de cette balade vidéo en attendant la prochaine vraie sortie pêche.

dimanche 19 mai 2019

L'histoire d'une truite (47)

-Tu as vu là-bas, il y a un gobage !

-Oui, je l'ai vu, c'est la troisième fois qu'elle gobe, mais comme tu ne l'avais pas vu, je n'ai rien dit...

C'est ainsi que débute cette nouvelle histoire...Une conversation avec Victor sur les berges de notre rivière préférée qui fut perturbée par cette truite gobeuse ! On s'était retrouvé par le plus grand des hasards tous les deux lors d'une après-midi maussade le long de la rivière d'Ain. Aucun autre pêcheur à l'horizon. Pourtant, toutes les conditions étaient réunies pour une potentielle éclosion. Avant donc de se croiser, j'ai eu la chance de prendre une truite en sèche. Une des toutes première de la saison. Elles sont si rares, que l'on en souvient, croyez moi ! Victor, de son côté, avait perdu un gros poisson bien plus en aval de la même manière. Il était forcément déçu. Oui, car les personnes qui connaissent parfaitement cette rivière savent bien que pour prendre un beau poisson en sèche, il faut que de nombreuses conditions soient réunies. Ce genre de journée se présente à nous pêcheurs qu'une ou deux fois dans l'année, alors lorsque l'on passe à côté, cela peut vite devenir frustrant.

Étant donné que Victor venait de voir le gobage qui est le centre de ce récit, je l'ai invité à aller le tenter. Il est rentré dans l'eau pour se positionner mais surtout pour approcher au maximum le gobage. Le niveau de la rivière était limite pour avancer correctement au plus près de ce poisson. Malgré de nombreuses tentatives, Victor n'a pas pu passer sa mouche dans l'axe du poisson. Une fois sorti de l'eau, j'ai pris sa place pour tenter ma chance. Le résultat fut identique, un échec ! La rivière était trop haute, impossible d'approcher assez près pour allonger la soie. De plus, ce n'est jamais simple de faire un beau lancer lorsque les coudes trempent dans l'eau ! Pas grave, il faut bien que les truites gagnent de temps en temps. Et puis, après tout, elle savait bien pourquoi elle se postait à cet endroit précis, la maline...

Je suis revenu sur le même poste quelques jours plus tard. La rivière avait baissé et j'étais plutôt très optimiste. Oui, sauf que le débit était forcément différent et que le poisson n'est en fait jamais venu se poster devant le tronc sec immergé pour gober. La truite du tronc avait disparut temporairement. C'est souvent le cas pour des poissons gobeurs, en tous les cas chez nous. Ils prennent leur poste selon un débit minimum ou maximum. Je suis souvent tombé sur des poissons que je n'ai jamais pu attaquer en sèche...La parade est de les retrouver à l'eau basse en nymphe à vue, mais le plaisir n'est pas le même.

Les jours sont passés. Nous nous sommes retrouvés avec Victor et Thibaut au même endroit avec une rivière de nouveau plus haute. Bien entendu, on est venu discuter sur le fameux poste de la truite du tronc. La petite bulle caractéristique de son gobage était de nouveau visible ! Ça commençait à me chauffer un peu du coup, même si je ne le montrais pas vraiment. J'ai tenté de chercher plusieurs chemins dans la rivière pour approcher au plus près. Rien n'y a fait, pas moyen d'être assez près avec ce niveau pour passer ma mouche là où le poisson se trouvait. Je ne m'avouais pas vaincu, loin de là, j'avais une idée derrière la tête ! Le lendemain matin, j'ai ressorti ma 9 pieds soie de 6, j'en ai même profité pour mettre une soie neuve avec un bas de ligne assez court. J'avais dans l'idée de gagner les deux mètres qu'il me manquait à chaque lancer avec ma canne en soie de 5. Voir cette truite gober sans arrêt sans pouvoir y passer ma mouche commençait sérieusement à m'agacer !

Arrivé à la rivière le lendemain, j'ai vite compris que ça allait être encore plus compliqué. Une légère pluie nocturne avait offert à la rivière un débit encore supérieur. Cela n'a pas empêché la truite du tronc de gober comme une malade durant l'heure où je l'ai observée. Mais il fallait oublier ce jour-là, je pouvais à peine faire cinq mètres dans le lit de la rivière, bien trop peu pour tenter un lancer. Je commençais à me dire que je la verrais jamais de près celle-ci.

Et puis, il y a eu une période de deux jours où les éclosions ont été nombreuses. En quantité et en diversité. Grosses et petites mouches, des claires et des plus foncées. Mais surtout des claires d'ailleurs, des A4 comme dirait mon ami Denis. Excusez mon ignorance en entomologie, mais cela ne m'a jamais vraiment intéressé. Encore plus le jour où un ami dont c'est le métier m'a dit que sans binoculaire, il était impossible d’identifier avec certitude les insectes. Donc autant ne pas dire de bêtise.

Le premier jour de ces éclosions massives (tout est relatif hein, massive pour l'époque, mais ridicule avec ce que j'ai connu il y a 25-30 ans), j'étais au boulot, dommage. Le deuxième jour, j'étais au bord de l'eau, jackpot ! La rivière était basse, donc logiquement, la truite du tronc ne devait pas être à son poste pour gober. Sauf que là, avec une telle quantité de mouches, j'ai pensé le contraire. Je me suis dis qu'elle ne pouvait pas laisser passer une telle opportunité de se nourrir si facilement. Je me suis donc rendu prestement sur le lieu de toutes mes convoitises. Malgré un niveau plus bas, la petite bulle était visible à chaque passage de mouche le long du tronc. Elle était là ! Je suis rentré dans l'eau discrètement, le plus lentement possible. J'ai enfin pu m'approcher assez près. La sensation était bizarre. Presque du trac. Le coup était enfin à ma portée, comme sur un plateau alors que je pensais ne jamais pourvoir le faire. Il restait à être concentré afin de ne pas faire de faute technique.

La suite fut presque trop facile finalement. Le charme était rompu avant même de mettre en action la soie dans les airs. La mouche posée sur l'eau, la dérive se faisant lentement, la truite est venue au premier passage aspirer mon imitation comme une fillette qui n'avais jamais rien vu. Au ferrage, j'ai compris que j'avais au bout une madame plutôt qu'une mademoiselle. Le combat fut intense mais maitrisé, je pêche avec un fil de diamètre conséquent. J'avais enfin la truite du tronc dans mon épuisette ! Prendre un poisson que l'on connait, que l'on tente depuis des jours, c'est vraiment autre chose. Enfin moi j'adore. Mon but était atteint. Je n'aurais pas échanger ce poisson contre 10 autres belles truites prises au hasard. Je la voulais vraiment et je l'ai eu.

Mes photos sont très souvent identiques, mais de cette façon, la truite reste dans l'eau sans manipulation. C'est ma priorité.

mardi 14 mai 2019

Consultation publique concernant l'avenir du statut piscicole de Vouglans (39)

Cette consultation du public est active du 13 mai au 02 juin 2019. Chaque pêcheur peut donc donner un avis favorable ou défavorable sur le passage en deuxième catégorie du lac de Vouglans.
 
Je ne vais pas me lancer dans des explications non argumentées car j'ai une grande méconnaissance de ce plan d'eau et de ses spécificités. Par contre, et par conviction personnelle, j'aurais plutôt tendance à me ranger du côté des personnes qui ont toujours agi en faveur de la protection du milieu et des populations. Je crois savoir que l'AAPPMA de Moirans n'a jamais failli à cela par des actions bénévoles multiples pour le bien-être de ce lac, des poissons et donc des pêcheurs. Cette AAPPMA souhaite le maintien de la première catégorie.
 
A vous de vous faire votre propre avis et surtout, de le donner ! => Consultation publique concernant l'avenir du statut piscicole de Vouglans (39)
 
La bonne adresse mail => ddt-participations-public@jura.gouv.fr
 

vendredi 10 mai 2019

Passage jurassien dans le best-of de Seasons

Ce très court billet pour vous informer que la chaîne Seasons diffuse en ce moment un Best-of avec la séquence jurassienne où nous avons eu le plaisir de participer avec Thibaut.

Voici les dates de diffusions :

•Vendredi 10 mai - 19h30

•Samedi 11 mai - 13h45

•Samedi 11 mai - 23h25

•Dimanche 12 mai - 18h10

•Lundi 13 mai - 13h55

•Mardi 14 mai - 20h05

•Mercredi 15 mai - 12h55

•Vendredi 17 mai - 01h05

•Vendredi 17 mai - 22h45

•Samedi 18 mai - 18h10

•Dimanche 19 mai - 12h10

•Lundi 20 mai - 18h20

•Mardi 21 mai - 15h40

mercredi 8 mai 2019

Sous la surface, le livre d'Anne-Cécile Monnier.

Voilà un beau projet mené par une belle personne dans un contexte qui me plait. Il n'en fallait pas plus pour que je me fasse, via ce blog, le relai de cette souscription en cours pour cet ouvrage qui sera sans aucun doute un merveilleux objet dans votre bibliothèque. J'ai posé quelques questions à Anne-Cécile pour en savoir plus. N'hésitez pas à précommander votre livre, le lien est en fin d'article.

 

Nicolas : Salut Anne-Cécile. Très heureux de te recevoir une seconde fois sur ce blog. Cette fois-ci, c’est pour nous parler de ton tout premier livre « Sous la surface, rencontres au cœur de nos eaux douces » qui débute son aventure. Peux-tu nous parler du cheminement de ce projet.

Anne-Cécile : Bonjour Nicolas, et bonjour à tes lecteurs. Cela fait quelques années maintenant que j’ai présenté une première fois mes actions sur ton blog. Je reviens cette fois-ci avec quelques coups de palmes en plus au compteur et les clichés de mes plus belles rencontres sous la surface de nos rivières, que je souhaite partager à travers ce livre photographique.

La volonté de mettre en lumière ce que j’observe derrière mon masque lors de mes prospections aquatiques ou lors de mes missions en hydrobiologie, n’a cessé de m’emmener sur de nouveaux territoires et de nouvelles rivières depuis plusieurs années à travers des thématiques variées, comme par exemple la préservation et la restauration de frayères à brochets ou le suivi de nouvelles espèces dans nos eaux.

A travers ce livre, je souhaite partager cet univers passionnant et parfois mal connu, et apporter un regard complémentaire sur ce qui se cache de l’autre côté du miroir.

Nicolas : Cet ouvrage est édité par l’association Reflets d’eau douce. Dans un premier temps, peux-tu nous rappeler quelle est la vocation de cette association stp ?

Anne-Cécile : Reflets d’eau douce a pour objectif de valoriser les milieux aquatiques grâce à l’image pour communiquer sur la vie de ces écosystèmes auprès du grand public. Les milieux aquatiques sont fragiles et leur mise en valeur est précieuse pour espérer donner un sens à leur préservation. C’est dans cet esprit que Reflets d'eau douce propose de nombreuses actions autour de la connaissance du patrimoine aquatique comme la réalisation de supports d'information à travers des livrets pédagogiques, des films documentaires, des expositions photos et des conférences sur tout le territoire français, ou bien la sensibilisation du jeune public lors d’animations scolaires. C’est donc tout naturellement que Reflets d'eau douce édite ce livre dans la poursuite de ses actions que vous pouvez découvrir en détails sur :

www.refletsdeaudouce.fr

Nicolas : Sur ce blog, mon public est surtout composé de pêcheurs mais aussi, et c’est compatible ;-) de passionnés des milieux aquatiques. Que vont-ils trouver dans cet ouvrage ? Un petit mot pour les motiver à participer à la souscription afin que ce projet aboutisse.

Anne-Cécile : A travers cet ouvrage, je vous invite à plonger dans l’intimité des eaux douces, sur les traces de leur vie secrète. Au delà de ce que l’on peut observer depuis la surface, je propose de découvrir les animaux sauvages de nos rivières dont des espèces emblématiques comme le brochet, la truite fario, l'ombre commun ou encore l'anguille européenne, à travers mon regard de photographe et de biologiste, grâce à des clichés réalisés en apnée. Chacun a sa propre vision de la rivière et du milieu dans lequel il évolue en fonction de sa façon de le pratiquer. Je veux croire que croiser nos regards sur ces milieux si fragiles est enrichissant et permet de sensibiliser à cette beauté brute et à sa vulnérabilité. C’est le sens que je veux donner à mon travail au travers de cet ouvrage, en ayant à cœur que chaque amoureux des rivières puisse se retrouver dans ces pages.

Extrait du livre (maquettes d’illustration) :

Le livre est actuellement en création et une campagne de souscription vient d’être lancée, vous permettant de soutenir le lancement du projet grâce à votre précommande. La parution de ce livre de 148 pages est prévue en octobre 2019.

Pour en savoir plus sur les coulisses du projet et le soutenir dès à présent, je vous invite à rejoindre la page dédiée sur HelloAsso :

https://www.helloasso.com/associations/association-reflets-d-eau-douce/collectes/sous-la-surface-rencontres-au-coeur-de-nos-eaux-douces-le-livre

vendredi 3 mai 2019

L'histoire d'une truite (46)

Cette nouvelle histoire ne sera pas le récit d’un poisson capturé par mes soins. Je n'en serais pas non plus le narrateur. Non, cette fois-ci, vous aurez le droit à une histoire où le chanceux pêcheur est mon fils Thibaut et où celui qui nous raconte cette belle histoire n'est autre que son copain Victor. Ces deux-là se connaissent depuis de nombreuses années. Ils ont toujours pêchés ensemble avec parfois des périodes plus ou moins creuses. Cette année, ils partagent pas mal de temps au bord de l’eau. Ils ont profité des dernières vacances scolaires de ce mois d’avril pour aller barouder ici et là. Le fait d’avoir le permis leur permet d’accéder à de nombreux parcours pour leur plus grand plaisir et leur envie de découvrir encore et encore. Victor voulait justement faire découvrir à Thibaut les parcours avals de notre belle rivière à l'époque bénie des gammares. Cette journée découverte restera, je pense, pour tous les deux un très bon souvenir. Je vous laisse en compagnie de Victor qui manie la plume tout aussi bien que sa GLX, c'est dire, un vrai régal !

         Deux ans après, peut-être plus, tout ce temps sans pêcher de façon digne de ce nom ensembles, comme quand nous n’étions encore que des enfants et que la pêche n’était qu’un jeu de cache-cache et d’adresse auquel nous jouions avec les poissons à longueur de journée sans jamais éprouver la moindre lassitude, et après tout je crois qu’il en est toujours ainsi. C’est à chaque fois avec surprise que je remarque à quel point les réflexes et les habitudes reviennent instantanément avec Thibaut, les nombreuses heures passées côte à côte nous ont permis de nous connaitre sur le bout des doigts, de connaitre les points forts mais aussi les qualités de l’autre, de déceler ses moments de motivation pendant lesquels il semble inatteignable mais également ses frustrations et ses moments de doute. Et je ne crois pas me tromper en disant que la prise du poisson dont il est sujet dans ce billet illustre à merveille cette relation et cette complicité amicale.

En effet, après avoir fait face à plusieurs échecs face à de grandes truites, la possibilité d’en prendre une devenait comme une utopie pour Thibaut qui désespérait à tort d’en voir une au fond de son filet, comme si le sort venait s’en mêler pour faire pencher à chaque fois la balance du côté du poisson plutôt que du pêcheur. Ce jour semblait donc idéal pour refaire les comptes, remettre les points sur les « i », l’église au milieu du village, en bref, faire pencher la balance du bon côté, celui du pêcheur et non du poisson. Pourtant, la partie commençait plutôt mal, à l’issu du premier lancer de la journée, Thibaut ferre une grosse truite qui passera malencontreusement sous une branche, la seule qui se trouvait sur la trajectoire de son premier rush, plus par maladresse qu’autre chose à mon avis. Par la suite, la journée se résume par de multiples occasions, mais les personnes qui connaissent la pêche de ces grandes truites sauront qu’il ne suffit pas d’occasions pour capturer l’une d’entre elles. Aucune de ces chances ne se concrétisait, parfois de la faute du poisson, de ses déplacements, tantôt du vent ou encore d’une aimable promeneuse et de ses enfants ayant trouvé la berge le long de laquelle se nourrissait la truite tant convoitée idéale pour une balade en nature.

Au fil de la journée, je sentais croitre en nous une frustration, à moins que cela ne soit de la vexation. La frustration des jours où le graal semble tellement accessible qu’on peut l’observer et presque le toucher du bout des doigts, la vexation d’avoir à raconter le soir en rentrant à nos pères respectifs (même s’ils connaissent cette pêche par cœur) que nous avons eu des occasions mais que nous ne sommes pas parvenu à les concrétiser. De la vexation également lorsque, assis dans votre dos sur la berge, votre coéquipier et ami attend que vous illuminiez la journée par un ferrage salvateur sans que vous n’y parveniez. Car pêcher à deux c’est aussi ça, la peur de décevoir l’autre, où l’envie de l’impression suivant que vous voyiez le verre à moitié plein ou à moitié vide. Cependant, et c’est le cas entre Thibaut et moi, le regard de l’autre doit être un moteur, une source d’émulation et non un frein, si l’un n’est pas à son niveau habituel sur un coup, l’autre se contente de lui lancer un : « t’as pas bien pêché mec » ou encore « Tu vois ce lancer ? Et bien ne recommence plus jamais ça », s’il veut être plus taquin et aussitôt nous passons à autre chose car comme le dit un pêcheur de grosses truites avec qui nous partageons au moins cette philosophie : « il y a toujours une balle de match, et les balles de match il ne faut pas les rater ». Et en effet, cette balle de match allait se présenter.

Il s’agit d’une truite qui se baladait rapidement le long d’une bordure, à 5 ou 6 mètres de la berge, entre deux eaux, curieux comportement qui laissait presque entrevoir du stress chez elle. En suivant ce poisson, c’est moi qui repère qu’elle effectue une pause dans son circuit, en amont d’un petit rocher immergé. J’interpelle Thibaut qui se trouve juste en dessous de moi en lui disant de rentrer dans l’eau pour se dégager de la végétation et pouvoir lancer en revers (son point fort à distance).  Après avoir noué une petite nymphe de trichoptère montée par notre pote Alex, il se glisse le long de la berge et entame une courte approche. La truite est toujours là, immobile, les yeux en l’air, comme si elle recherchait des nymphes en train d’éclore plutôt que leur habituel menu composé de gammares courant sur le fond. Après quelques faux lancers d’étalonnage, Thibaut lance sa nymphe légèrement en amont du poisson, le courant, bien qu’extrêmement faible à cet endroit, dirige l’imitation à environ 30 centimètres sur la droite de la truite dont les yeux tournent déjà pour l’observer. Je me souviens dire à Thibaut de ne surtout pas animer, je pense sincèrement que le poisson ne l’aurait pas accepté à cet endroit et en plein soleil avec le fil au-dessus de sa tête. Puis, dans un mouvement d’une lenteur indescriptible, comme pour faire durer le suspense, la truite s’empare du petit tricho. Ferrage !!! Vous savez, celui dont on parlait tout à l’heure ? S’en suit une belle bagarre durant laquelle la truite tentera de rejoindre un grand arbre immergé, mais le pêcheur la stoppera à 7 ou 8 mètres de son objectif grâce à son 16/100. La suite est des plus classiques mais très bien orchestrée par Thibaut qui se contente de suivre sa truite sur la gravière à l’aval en tirant un maximum dessus pour abréger la bagarre. Puis l’instant décisif de l’épuisette, celui qui fait définitivement basculer la balance d’un côté ou de l’autre, le juge entre la victoire et la défaite. Mais vous l’avez compris il s’agit là d’un récit de victoire !

Toute la frustration des heures précédentes semble alors s’envoler en fumée, la sensation unique de légèreté après avoir accompli ce que vous aimez le plus… « Merci mon pote » me lance-t-il, un merci qui en dit long. Après avoir mesuré ce poisson et fait une ou deux photos, il repartira d’où il est venu, dans le fond de la fosse abyssale qu’il habite.

En attendant les prochaines occasions de vibrer de nouveau, je te remercie, « t’as bien péché Thib ».

Voici la truite de ce beau récit.

D'un peu plus près.

A mon tour de te remercier Victor, pour avoir écrit ces quelques lignes, mais aussi et surtout pour avoir partagé ces moments avec Thibaut. Certes, c'est lui qui tenait la canne, mais sans toi, il ne se serait jamais trouvé à cet endroit.

Les amitiés construites autour d'une passion commune sont de mon point de vue plus solides que les autres et je pense que la votre durera quelques soient vos chemins de vie respectifs...Il y aura toujours une rivière et des poissons pour une journée de pêche ensemble !

mercredi 1 mai 2019

Mon blog fête ses 12 ans.

Mai 2007, c'était le tout début de ce blog ! Depuis, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts, et pas toujours de bonne qualité malheureusement. Douze années après mon premier billet sur ce blog, c'est plus de 1400 autres articles qui ont été mis en ligne sur ce support que je gère seul depuis le départ. C'est donc quasiment un article tous les 3 jours en moyenne ! Je dis ça au cas où vous découvriez seulement mon blog...Vous avez de la lecture devant vous ;-) 

C'est une magnifique aventure que j'ai envie de continuer. Je ne sais pas si vous êtes nombreux à me suivre depuis le tout début, mais si c'est le cas, je vous en remercie. Vous me témoignez régulièrement votre fidélité que cela soit par mail ou par un petit mot écrit lors de vos commandes de mouches par exemple, je trouve ça toujours très sympa. Merci beaucoup.

Néanmoins, au fil des années, les retours par le biais des commentaires sur les articles se sont réduits très nettement. Alors que dans le même temps, il y en a de nombreux quand je relai ces mêmes articles sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, etc...). C'est vraiment dommage, car ces commentaires, parfois très intéressants et instructifs, sont éphémères. Avec le temps, on ne peut plus les retrouver. Alors qu'à la suite de l'article, ils restent et surtout, ils profitent à tout le monde. Je prends l'exemple de l'article récent sur les gammares que j'ai écrit. Il y a eu un grand nombre de retours sur Facebook quant à de potentielles explications...Il aurait été plus utile de mettre ces observations à la suite de l'article. Cela le complète et tous mes lecteurs peuvent profiter de ces informations. Heureusement, il y a un petit noyau de lecteurs qui laisse une trace écrite de temps à autres, merci pour ça. Voilà, c'était mon petit moment grognon ;-)

Du côté de l'audience, c'est sans arrêt en augmentation. Des pointes à plus de 4000 visites/jour au mois d'avril...Merci sincèrement de vos visites régulières.

Ne vous éloignez pas trop loin, bientôt une nouvelle histoire de truite à lire assez sympa ;-)

A bientôt et surtout merci !

dimanche 28 avril 2019

L'histoire d'une truite (45)

Il faut dire que la journée du samedi avait plutôt bien commencée avec cette bonne nouvelle sur le projet du Center Parc de Poligny. Le tribunal administratif ayant donné raison à l’association du Pic Noir en annulant partiellement le PLU.

La veille, nous avons fait mon fils et moi une sortie de pêche malgré le petit coup de pluie et la légère montée des eaux. En gros, une dizaine de centimètres, tout au plus. La rivière s’était aussi un peu teintée. Le plus gros changement finalement se situait sur la variation de la température de l’eau. Je l’avais mesuré à 11 degrés le week-end dernier. Ce vendredi donc, elle était redescendue à 8 degrés, rien que ça ! Même sans thermomètre, on le sentait assez vite.

Fin avril, par expérience lorsque la pêche à vue est rendue difficile par les conditions, et c’était le cas, nul besoin d’aller à la rivière trop tôt. Ce petit surplus de débit fait en général sortir les mouches à un horaire bien précis.

Malgré quelques grosses mouches très claires dans le ciel, nous avons localisé des gobages dans une seule et unique zone très courte du linéaire. La hauteur d’eau nous a obligés à abonner. Chacun à notre tour, nous avons tenté d’approcher les gobages, mais même en ayant rempli les waders, il en manquait un bout. Thibaut aurait mérité car la prise de risque était belle. Dommage.

Le lendemain, la rivière avait perdu quelques centimètres. De suite, j’ai organisé ma journée pour être à la bonne heure sur les gobages de la veille. Thibaut lui n’est pas venu, on va dire qu’il était en récupération de soirée. Il faut bien que jeunesse se fasse et qu’il y est un peu de variété dans sa vie. Et puis bon, qui va à la chasse, perd sa place. Il me restait donc à prendre la sienne.

Même horaire, même éclosion, même gobage mais niveau d’eau un poil plus bas. Ha ha ! C’était pour moi ! De la berge, j’ai vu ce petit rond discret. Il se situait en bordure de courant et d’une zone plus calme avec des petits contres courants. Je suppose que la truite aurait bien gobé avec une fréquence plus marquée, mais malheureusement, les mouches étaient bien rares. C’est d’ailleurs assez frappant comme phénomène. L’effectif des éclosions est si mince, que si vous êtes sur une zone avec un vol d’hirondelles par exemple, vous pouvez changer de place, il n’y en a pas assez pour tout le monde. Je l’ai vécu aujourd’hui, incroyable. Je suis remonté de 400-500 mètres en amont du vol d’hirondelles, là, les mouches pouvaient dériver et les poissons (que des petits aujourd’hui) pouvaient s’en nourrir.  Il y a une concurrence exceptionnelle sur cette nourriture qui diminue d’années en années…C’est assez dramatique.

Je reviens donc à mon gobage du samedi. Une fois bien localisé, je me suis positionné dans l’eau en pensant à Thibaut la veille tellement il était simple de le faire cette fois-ci avec un niveau plus bas. Une fois en place, j’ai attendu que le poisson gobe de nouveau. Il faisait cela très lentement si bien que j’ai pu apercevoir ses flancs sous la surface. Une couleur bronze orangée bien marquée qui donnait envie d’en voir plus. Pas si simple que ça car il m’a fallu changer de mouches 3 fois avant de tromper la vigilance de ce poisson. Il est venu prendre ma mouche qui devait dériver dans la pellicule. Les fois précédentes, j’étais beaucoup trop haut sur l’eau.

Le combat fut très sympa car indécis. Il y avait entre elle et moi une veine qui poussait pas mal et j’étais dans l’impossibilité de la suivre en descendant la rivière, beaucoup trop d’eau…

Il a fallu faire durer un peu malgré un fil assez gros afin de fatiguer le poisson de façon à lui faire remonter le courant.

Bien souvent, on se souvient d’un poisson par ses mensurations, là, c’est vraiment pour son esthétisme. Réellement une belle truite. Je ne sais pas si elle est de souche ou pas, je n’ai pas les compétences pour le dire, mais j’adore ce genre de poisson. Qui plus est en sèche, technique que j’utilise très peu chez nous. C’est malgré les années et les quelques poissons pris depuis 33 ans, des moments que j’adore et que je sais apprécier à leur juste valeur. La belle est repartie comme si de rien n’était. A bientôt pour une nouvelle histoire…

jeudi 25 avril 2019

Où sont passés les gammares ?

Je ne sais pas chez vous, mais ici, sur la haute rivière d’Ain, il y a une pénurie aggravée de ces petits crustacés. Cela fait 3 ou 4 ans que les gammares ont disparu des radars chez nous. Avant 2015, il m’arrivait de d’observer tous les printemps des belles truites venir se risquer à découvert là où les gammares se rassemblaient pour s’en gaver. Et si sur la basse rivière d’Ain ces scènes sont toujours visibles, ici, c’est terminé. La faute à l’absence quasi-totale de ces bestioles. Même en soulevant ici et là les cailloux sur le fond de la rivière, on en trouve vraiment très peu voir pas du tout. Absolument plus rien à voir avec les quantités que je pouvais observées. Je ne parle pas là du siècle dernier hein, mais bien d'il y a 5 ans.

J’ai des souvenirs bien marqués avec des quantités telles que les truites faisaient un festin durant quelques jours en avril. La pêche en devenait presque facile sur certains secteurs. J’ai vu des truites avec le dos sorti de l’eau pour venir se coller au maximum à la berge pour aspirer les petites crevettes à leur passage. C’était fantastique à voir. Je repérais les poissons par les vagues que provoquait leur repas en cours. De toutes évidences, cet apport de nourriture incroyable doit terriblement manquer aux truites aujourd’hui. Cela a changé leurs habitudes également. Si les gammares ont disparu, je pense qu’ils ne sont pas les seuls à subir les conséquences de la mauvaise qualité de l’eau. Car je ne vois pas une autre raison de leur disparition puisque une fois les barrages en aval passés, on retrouve les gammares en nombre dans la même rivière.

D’ailleurs, si on a un peu de mémoire et qu’on observe les poissons, on peut très vite se rendre compte que les truites font bien plus d’efforts aujourd’hui pour se nourrir qu’il y a quelques années. Elles sont tout le temps en mouvement et mangent à des fréquences bien plus espacées lors de leurs déplacements. En tous les cas, c’est évident pour moi. Mise à part quelques spécimens bien gras, les truites dans leur majorité sont déficitaires en poids. J’ai cette terrible impression qu’elles ne mangent pas à leur faim. Après, ce n'est que le résultat d'observations d'un pêcheur, rien de scientifique.

J’ai un exemple concret pour vous faire mieux comprendre mon ressenti. Lundi dernier, alors que j’étais en affût sur la berge dans l’attente d’une truite, un ombre est passé devant moi. Il avait un barbillon abîmé côté droit qui le rendait facilement reconnaissable. J’avais vu ce poisson quelques minutes avant 80 mètres plus en amont. Bref, rien d’anormal (si ce n’est le barbillon abîmé !). Je le voyais perdre une énergie folle à chercher sa pitance sans trouver grand chose au final. Comme je ne voyais aucune truite et qu’il est passé plusieurs fois devant moi, j’ai voulu m’amuser en lui faisant prendre ma nymphe sans le ferrer bien entendu. Juste pour voir s'il allait la prendre. Même avec le recul, j’ai du mal à croire ce que j’ai vécu ensuite ! Ce poisson, qui devait faire 32-33cm, a pris ma nymphe 16 fois de suite avant de la refuser ! 16 fois la même nymphe, 16 fois en tirant le fil et en sentant la résistance ! Pas juste du bout des lèvres, non, à chaque fois en insistant et en tirant le fil. Il a parfois garder la nymphe en bouche 3-4 secondes avant de la recracher. La première fois que j’ai testé le truc, il a pris le gammare 2 fois à la descente, et il est revenu le prendre au fond ! Je veux bien que le gammare JFD soit une imitation super efficace, mais là faut pas abuser, ce poisson devait crever de faim pour insister de la sorte ! Je n’ai jamais vu ça de ma vie de pêcheur sur l’Ain. 16 fois !

Et puis, là où j’ai pris vraiment une claque, c’est lors de ma sortie sur la Loue, le contraste est effrayant. J’ai compris pourquoi je n'avais pris qu’une seule truite en sèche à ce jour sur ma rivière…Les mouches sur l’eau ! Il n'y en a plus ici ! Pourtant, j’ai passé du temps à la rivière cette année, vraiment beaucoup. Mais je n’ai pas vu une seule belle éclosion de petites olives. Rien. On ne peut pas avoir de gobage comme ça, forcément.

Alors je ne sais pas comment se débrouillent les truites, mais elles doivent avoir de sacrées carences qui je l’espère, sont compensées en parties autrement, mais j’avoue ne pas savoir comment...

Photo d'illustration (2015).

 

vendredi 19 avril 2019

Cademène ou le paradis éternel.

Prendre une journée de congé durant les vacances scolaires de mon fils, voilà une idée qu'elle était bonne. Direction la Loue, Cademène, chez Sanso...Ce lieu, ce linéaire, cette vallée...Le paradis. Il n'y a pas d'autre qualificatif. Un résumé en images de cette belle journée partagée avec mon fils et où j'ai eu le plaisir de revoir bon nombre d'amis. Un régal.

La vallée de la Loue en aval de la ferme Golgru. Une beauté et une ambiance intacte à chaque fois que je viens ici.

Ma première truite de la Loue pour 2019. Un poisson magnifique pris en nymphe à vue avec une nymphe légère mais assez grosse. Un régal de voir monter ce poisson entre deux eaux pour engloutir mon imitation.

Le premier poisson d'après le casse-croûte. La digestion s'est bien passée du coup ! Une truite magnifique qui m'a donné bien du plaisir. 

Mon fils en plein combat après avoir ferré son poisson à dix mètres de la berge. La truite visitera le saule en aval plusieurs fois sans pour autant gagner la bataille.

Les truites de la Loue sont splendides, qu'elles soient préservées par tous les maux qui touchent la rivière.

On a voulu finir par des poissons plus tatillons sur les gravières dans peu d'eau. Thibaut a été le plus adroit. Il a réussit à en prendre plusieurs.

Une des belles de cette gravière. Une couleur caractéristique de ce genre de poste. Joli coup de ligne qui plus est !

La dernière de la journée, juste devant les voitures, le long de la barque au René. Une façon de dire au revoir à la Loue et ses habitantes.

dimanche 14 avril 2019

La rivière d'Ain pas épargnée par les algues brunes.

C'est un peu la tradition maintenant...Comme un jour férié ou une date anniversaire...Mais en beaucoup moins joyeux pour le coup. Les algues brunes sont de retour sur la rivière d'Ain. Les épandages de lisier ayant débutés il y a quelques semaines un peu partout dans le département, la fonte du dernier manteau neigeux nous a offert sa dose de lisier pour l'année. La rivière d'Ain était encore magnifique il y a moins d'une semaine. Des fonds vraiment nickel. Comme d'ailleurs à chaque fois à la sortie de l'hiver. Avec donc la dernière fonte massive de neige, la rivière est montée, elle s'est chargée de cette eau glaciale venue du haut Jura et du plateau de Nozeroy. Mais attention, elle n'était pas seule cette neige fondue...En quelques jours, cela a fait son petit effet sur le fond de la rivière...Les gravières sont passées d'une couleur blanche/sable immaculé à marron/noire gluant. Incroyable cette efficacité dans la crasse et le poison !

Avant le coup d'eau, un fond de rivière comme il devrait être tout le temps !

C'était beau non ?

A partir de vendredi dernier, la transformation...radicale !

Mais pas surpris puisque c'est tous les ans. Puisque rien n'est fait pour que ça change. Bien au contraire, l'intensité augmente d'années en années. Maintenant, il suffit d'attendre les conséquences...Ha ben justement, dès le lendemain, soit samedi matin 11heures, j'ai filmé ma première truite mycosée sur Pont-du-Navoy. Quelle coïncidence non ??? Dingue quand même ! Moi, ça me rends fou furieux, j'ai le ventre qui se tord dans tous les sens bordel. Mais que font nos instances ? Celles de la pêche, des services de l'état, nos élus ??? Ho, on ne va pas laisser faire ça encore des lustres non ? En fait, vous attendez peinard que tout crève et comme ça, plus personne ne vous embêtera, c'est ça ? Mais il n'y a pas d'agriculteurs qui soient aussi amoureux de nos rivières et qui se rendent compte du massacre ? Ce n'est pas possible de laisser perdurer une telle situation...Il doit y avoir forcément des solutions pour faire autrement non ?

Pensez à mettre en HD pour apprécier ce triste spectacle.

Le constat de tout ça, c'est quoi dans le département du Jura ?

  • Échec total sur les pollutions domestiques avec des défaites récurrentes dans les tribunaux et une incapacité évidente à faire entendre raison aux instances dirigeantes.
  • Échec total sur les pollutions agricoles avec des poussées d'algues brunes de plus en plus virulentes tous les ans.
  • Chouette, zéro pointé sur toute la ligne. Il y en a qui doivent trouver le temps long durant leur journée de travail avec de tels résultats.

Par contre, on sait nous dire encore avec un sourire en coin que le No Kill ne sert à rien...On nous prends toujours pour des barjots nous qui nous battons pour que cela soit obligatoire sur toute la rivière d'Ain...On nous accuse même ici et là de créer des clivages entre pêcheurs à force d'être comme ça. Ben voyons, c'est qui les barjots dans cette histoire vous croyez ? Ceux qui pensent cela ou ceux qui prélèvent toujours dans cette ressource à la limite de l'extinction ? Il n'y a que ce paramètre sur lequel on peut influer aujourd'hui, tous les autres sont des échecs à répétitions, pire, ces nuisances augmentent et ne cesseront pas demain, on le sait tous ! Alors ce n'est pas compliqué, actionnez le seul bouton qui peut l'être ! Et vite !

jeudi 11 avril 2019

Des poissons mycosés vus sur le Dessoubre.

Une vidéo reçue ce jour comme un témoignage du pêcheur qui a été le triste spectateur de cette scène. Un façon de ne pas oublier que nos rivières souffrent terriblement et que le double effet épandage va se faire sentir quelques semaines...

Ces poissons ont été filmés aujourd'hui en amont du lieu dit Maurice Maison. Merci à J.C pour la vidéo. 

dimanche 7 avril 2019

L'histoire d'une truite (44)

Prendre une truite me donne toujours énormément d’émotions. Enfin surtout celles de ma rivière de cœur, celles qui comptent réellement pour moi. D’autant plus à notre époque où ces truites sauvages deviennent de plus en plus rares. A chaque poisson, je me dis que je suis un pêcheur privilégié, que la rivière d’Ain m’offre une nouvelle fois un ultime cadeau après toutes ces années à la côtoyer. Ces truites que j’observe durant les douze mois de l’année me fascinent comme au premier jour, voir plus encore. J’ai un profond respect pour ces poissons qui ont survécu à tant de bêtises humaine.  

Mais il y a quelque chose d’encore plus beau, de plus puissant. Bien au-delà de tous les poissons que j’ai pu prendre ou que je prendrai. Je parle là des scènes que je vis en étant le témoin direct des captures de mon fils. Je ne pense pas être capable de mettre les mots exacts pour définir ce que je ressens lors de ces instants magiques. C’est difficilement descriptible. C'est aussi tellement rare. Oui, car souvent, nous sommes éloignés l’un de l’autre de quelques dizaines de mètres. Dans cette situation, j’assiste à la fin du combat, à la mise à l’épuisette. C’est déjà fantastique bien sûr, mais j’ai toujours cette frustration. Car je sais à quel point assister à ce qu’il se passe avant me donne du plaisir. Voir Thibaut repérer la truite, analyser la situation, prendre la décision de se placer à tel endroit plutôt qu’un autre, de lancer de telle manière. Toute cette démarche, que lui fait machinalement pour tenter dans les meilleures conditions son poisson, est un véritable cadeau pour moi lorsque je peux tout voir. C’est là où je me rends compte des progrès qu’il réalise au fil des saisons de pêche. Et c’est aussi durant ces prises de décisions que je peux encore lui donner quelques conseils. Pour le reste, il sait faire maintenant, il n’a plus besoin de moi. Mais que j’aime assister à toute la scène.

Père et fils en quète de zébrées.

Cette année, j’ai déjà eu cette chance immense. C’était même au-dessus de tout car, en plus de bien voir Thibaut, je pouvais très bien distinguer le poisson également. J’étais à 10 mètres d’eux à peine. Nous progression sur une berge haute. La vision était au top. Le niveau de la rivière très bon pour pêcher à vue. Le fond de la rivière propre. Des conditions idéales. On pêchait depuis quelques heures et nous n’avions rien pris. Il faut dire que dès que les niveaux sont bas, on pense que ça va le faire. Mais les conditions du mois de mars restent ce qu’elles sont même avec une rivière basse. J’ai mesuré la température de l’eau en dessous des 10 degrés ces jours, il est donc tout à fait normal d’avoir une très faible activité.

Thibaut progressait devant moi. Je privilégie toujours mon fils. Comme je le dis aux copains, j’ai pris ce que je devais prendre, maintenant c’est à lui. Il avait donc une dizaine de mettre d’avance. A la vue du poisson, il s’est tassé pour tenter de camoufler son mètre quatre vingt quinze. « Papa, j’en ai une là, juste devant, elle est pas vilaine en plus. »

J’avais bien compris à son comportement qu’il y avait un poisson. Comme j’étais en amont de Thibaut et près de la berge, j’ai pu localiser la truite. Elle était contre la berge elle aussi à environ un bon mètre. Je la voyais de face en fait, elle était contre le courant, en attente de nourriture. Pour Thibaut, il était placé à sa perpendiculaire. Moi, j’aurais fait une approche à genoux, bien tranquille. Thibaut a fait le choix de rester debout tout en se baissant. Choix payant puisque le poisson ne l’a pas repéré. La truite était assez proche pour un lancer arbalète. Thibaut a pincé sa nymphe, une cuivre, dans sa main gauche. Après avoir tendu sa 9 pieds soie de 5, il a propulsé sa nymphe dans l’eau en amont du poisson. J’ai pu voir l’impact de la nymphe sur l’eau. Ceci m’a permis de suivre seconde par seconde la scène. Fantastique ! J’essayais de regarder la truite et Thibaut en même temps, compliqué ! La nymphe est bien tombée devant le poisson, assez haut de lui, juste bien. La truite était bonne fille puisqu’en voyant la nymphe descendre, elle est venue à sa rencontre (les joies du début de saison, ça va vite changer !). Le ferrage allait intervenir. Ce moment où tout bascule. Cet instant où le poisson se lie au pêcheur par le biais du fil et de la soie. Cette seconde magique et pleine d’adrénaline. Une seconde où j’ai vu les ouïes du poisson s’ouvrir ! Où j’ai vu Thibaut lever le bras droit très sèchement. Cette seconde si importante où mon fils avait réussi son coup de ligne ! Quelle magie ! Quel plaisir !

Mais de suite, il fallait rester lucide. Et comme par réflexe, j’ai crié très fort : « saute !! » Thibaut du coup s’est exécuté sans trop réfléchir. Il le fallait, car la berge est vraiment très haute à cet endroit. Je vous avoue que moi, je n’aurais jamais sauté ! Pas folle la bête ! Mais Thibaut si. Quel saut ! Du coup, il a pu être bien plus au contact de sa truite et c’était une bonne chose tant elle a tenté de rejoindre une racine sous une lignée de saules en bordure. J’ai entendu le fil siffler dans les branches. Il fallait bien un bon 14 centièmes qui en fait en fait 16 au réel (ancien Teklon). Après 30 secondes pas simples du tout, Thibaut a pu sortir définitivement la truite des branches. Mise à épuisette dans la foulée et le gamin était aux anges. Mais sa joie, bien que grande, était bien loin de la mienne. Tout a été fait comme il faut. Il a juste fallu que je le motive à sauter.

Gros bridage !

Après discussion, Thibaut n’était pas certain qu’il aurait sauté en étant seul. Dans ce cas, je pense qu’il aurait perdu la truite. Bon, c'est rassurant d'un côté, je sers encore à quelque chose.

Thibaut étant dans l’eau, c’est moi qui ai donc fait la photo souvenir. Une belle truite de début de saison, le genre de poisson qui fait très plaisir car les occasions de prendre un tel poisson en nymphe à vue sont minimes au mois de mars chez nous. Petit détail qui me fait penser qu’il progresse, c’est qu’il a changé sa pointe de suite après être remonté sur la berge sans que j’ai eu besoin de lui dire. La truite ayant fait siffler et donc souffrir le fil dans les branches de saules, celui-ci a sans doute été endommagé. C’est un bon réflexe.

Je ne doute pas que nous vivrons d'autres aventures similaires dans les prochains jours. J'en garde certaines pour moi et les amis proches, mais je me ferai un plaisir de vous raconter quand même quelques nouvelles histoires durant la saison...A bientôt.

Thibaut tout sourire avec sa truite.

Retour matériel : Comme vous pouvez le voir que la première photo, j'ai rangé mon gilet cette année. Après un petit mois d'ouverture (déjà ! ) je peux revenir sur ce Chest Pack C&F Design. Je m'y suis fais très vite. C'est très facile tellement il se fait oublier, et c'était le but, pêcher léger ! J'ai largement assez de place pour prendre ce qu'il me faut. L'essentiel est là. J'avais un doute sur son équilibre avec une épuisette dans le dos, mais non en fait. C'est nickel. A voir le vieillissement sur les parties aimantées mais à ce jour, rien à redire. J'ai pris la version large. Suivre le lien pour se le procurer => Chest Pack C&F Design Large A-820

mercredi 3 avril 2019

Acheter ses mouches directement chez l'artisan.

Ce court billet pour informer la clientèle de mon Fly Shop qu'il est aussi possible de venir chercher ses mouches et ses bas de ligne directement à la maison. Effectivement, mon atelier est chez moi. Il vous sera donc possible de le visiter à cette occasion.

Bien entendu, il faudra convenir ensemble d'un rendez-vous au préalable. Une belle idée d'étape lors de votre séjour de pêche dans la région.

Mon atelier de montage.

Quelques photos de clients et amis pour illustrer cet article...

Thomas avec une truite magnifique prise entre autre avec un bas de ligne du Fly Shop.

Truite Croate prise par Niko avec une cuivre !

Truite du Sud-Ouest prise par Jérémy avec un bas de ligne du Fly Shop.

Jurassienne prise par mes soins avec une cuivre référence 12TC-16

lundi 1 avril 2019

Jura : révolution dans la réglementation truite !

J'avoue que je n'y croyais plus ! De mon côté, j'étais à bout d'arguments. Pourtant, c'est aussi simple à comprendre que 2 et 2 font 4.

On sait tous que la pêche de la truite sauvage dans le département du Jura ne tient qu'à un fil. Que les sanctuaires où les dernières zébrées sont encore présentes deviennent rares. Oui, on le sait tous...Pêcheurs, élus d'AAPPMA et de Fédération, techniciens et employés, AFB, DTT, etc...Tous !

Pourtant, et pour une espèce bien en mal point, il y a peu d'entrain à la sauvegarder. Je parle ici de concret. Quelques retouches ici et là avec une taille légale augmentée sur certaines rivières mais pas toutes, des quotas journaliers en baisse mais bien trop élevés par rapport à la ressource (car cela aussi, on le sait tous !). Bref, on fait de la politique alors qu'il faut agir immédiatement et de façon radicale pour avoir un semblant d'efficacité ! Le pire, c'est que dans un passé récent on trouve des décisions totalement incompréhensibles et en opposition avec la triste réalité des effectifs. Je prends l'exemple de la rivière d'Ain en vous faisant un petit historique sur un point qui me reste encore en travers de la gorge aujourd'hui. Lors de la saison 2010, une grosse mortalité de truites a été observée en aval de Montigny/Ain. Suite à cela, 9 kilomètres de parcours sont fermés à la pêche. En 2011 également, linéaire fermé. En 2012, ces 9 kilomètres sont ouverts de nouveau mais en no kill. Sage décision, bravo. Une station de pêche électrique est mis en place sur Châtillon afin de suivre l'évolution des populations suite à cette mesure. Celles-ci restent très faibles malgré cette protection totale de la ressource. Mais ça aussi on le savait. Le no kill au pire ralenti la baisse des effectifs et au mieux fait stagner les populations, mais rien de plus. Malgré des chiffres désastreux à l'issue de ces pêches électriques, l'AAPPMA gestionnaire du linéaire (la Truite de l'Ain pour ne pas la nommer) se lasse et demande de faire sauter le no kill sur une grande partie des 9 kilomètres. La Fédération et la DDT ont validé cette décision. J'en ai encore mal au ventre et je ne suis pas le seul ! Alors que dans le département voisin (le Doubs) tout a été mis en œuvre pour protéger un dernier sanctuaire qu'est la Loue (avec la réussite que l'on connait aujourd'hui sur le tourisme pêche et la fréquentation), nous, dans le Jura, on fait le contraire...HALLUCINANT !!

Quoi qu'il en soit, les parcours de Villard et Marigny ont été rasés ces dernières saisons en partie à cause de ce retrait de no kill. La grande classe ! Bravo à tous les acteurs, belle prestation de soutien à une extinction d'espèce autochotone ! Médaille d'or !

Et là, en ce 1er avril, qu'est-ce-que j'apprends ! Alléluia ! La Fédération, l'AFB et la DDT ont repris la main. Enfin un éclair de lucidité. Oui, la truite sauvage est en voie de disparition dans le Jura ! C'est une évidence. Comment peut-on laisser les prélèvements se faire aujourd'hui sur cette espèce ?!? Bien entendu que la priorité est la restauration des milieux et l'amélioration de la qualité de l'eau, mais il est évident que tout cela ne se fera pas demain (si cela se fait un jour d'ailleurs), alors que dès aujourd'hui, on peut limiter la baisse des effectifs par une protection totale du cheptel existant, c'est l'urgence absolue ! Pour l'ouverture 2020, tous les parcours au potentiel existant en truites sauvages seront en no kill !

Mais pas de bol, j'écris cela un 1er avril. Rien de drôle du coup. Je rêve bêtement et naïvement que toutes ces instances ne fassent plus de politique avec les AAPPMA et les pêcheurs réfractaires. Que la protection de la ressource soit LA priorité absolue, mais malheureusement, il est clair que nous n'en prenons pas le chemin. Au contraire, au fil des mois, on arrive à faire avaler à la majorité que tout cela vient du réchauffement climatique, on ne parle plus que de ça d'ailleurs...Et tout le monde va finir par oublier le reste. C'est triste à mourir. Bien entendu qu'il a un impact, mais ce n'est pas demain que la rivière d'Ain sera en surchauffe totale. Oui, elle souffre, oui la température monte, mais avant que tout crève, on peut quand même essayer d'arrêter de claquer les dernières truites pour voir hein ??? C'est possible ça où on continu comme des imbéciles à autoriser ce carnage sur les derniers reproducteurs ?

Sur la toute partie amont, et au plus chaud de cet été, la rivière n'a pas dépassé les 15 degrés. Sur ce secteur il y a encore de la marge. Plus bas, sur Châtillon, alors que la flotte monte au-delà des 23 degrés, il reste des truites. Des nids avec des poissons sauvages ont été observés cet hiver encore ! Alors ne condamnons pas le vivant s'il vous plait, protégeons-le !

Au lieu de cela, à la Fédération, on met en place un PDPG pour au final nous dire comment devront être gérer nos parcours. J'entends déjà les conseils sur les parcours avals de l'Ain et la Bienne par exemple. Je les entends nous parler de gestion d'usage...traduire qu'il faut gérer ces parcours en introduisant des poissons issus de pisciculture...Sur l'Ain et la Bienne...Ho ! Réveillez-vous là !! Révoltez-vous !!

Il y a assez de rivières mortes et laissées à l’abandon dans ce département pour créer ce genre de parcours, pour attirer les pêcheurs qui souhaitent ramener leurs poissons à la maison, je le conçois très bien ça. Alors faites les choses simplement, protégez à 100% les rivières où il reste de la vie et de la reproduction, et empoissonnez autant que vous voudrez les autres rivières, mais arrêtons de casser les nuques de ces derniers poissons sauvages ! Merci !

vendredi 29 mars 2019

Plus de magasin de pêche à Champagnole.

Oui, plus de magasin de pêche à Champagnole ! C'est une bien triste nouvelle. Mais pas une surprise finalement. C'est la suite logique de notre mode de consommation, nous pêcheurs.

Mercredi, comme un coup de tonnerre, j'ai appris la fermeture imminente de l'unique magasin de pêche de Champagnole, Jura Pêche. Pourtant, Arnaud son propriétaire et Fabien le vendeur attitré ont tout mis en œuvre pour que cela fonctionne. Un magasin spacieux entièrement remis à neuf, un matériel complet, moderne dans toutes les techniques de pêche et ce pour tous les budgets. Il y avait un vrai choix de qualité et de quantité. Pour parler de mon domaine, je n'avais jamais vu dans cette ville un tel rayon mouche, c'était le top !

Je n'avais jamais vu ça ! Magnifique !

De plus, des animations gratuites ont été mis en place, carpe, montage de mouche, etc...Mais au final, quoi qu'il se passe, rien ou presque rien. Nous étions trop peu à nous déplacer au magasin. Alors, on pense à la localisation, la communication ? Non, toujours pas ça, puisque mercredi soir dernier, à l'annonce de l'arrêt de l'activité du magasin et de la liquidation du matériel à -70%, les gens ont fait la queue jeudi matin pour littéralement piller le stock ! Un truc de fou ! Là, tout le monde a retrouvé le chemin du magasin, comme par magie, tels des vautours sur une carcasse encore vivante...Oui, vous m'excuserez, mais c'est cette image qui me vient à l'esprit en premier.

Mesdames, messieurs, nous ne sommes pas à féliciter, car c'est nous les premiers responsables de cette fermeture. Nous préférons commander tranquillement depuis notre clavier à la maison en se disant à chaque fois, c'est quand même moins cher...Oui, forcément, lors que l'on commande des produits similaires dans un pays qui n'a pas les mêmes règles fiscales et patronales, c'est moins cher...Mais bon, ne nous plaignons pas alors !

Du coup, aujourd'hui, à Champagnole, ville où sont nées les célèbres mouches Devaux, où j'ai vu dans cet atelier au-dessus du pont de l’Épée jusqu'à 7 monteuses, ville qui a eu jusqu'à 5 détaillants pêche différents dans ma jeunesse, qu'est ce qu'il reste ?? Un rayon pêche dans une grande surface !! C'est terrible ! Quelle tristesse !

Ce n'est pas à Brico ou Super U que l'on va trouver du dubbing !

Merci Arnaud, merci Fabien pour y avoir cru, pour avoir tout mis en œuvre pour nous offrir un bel établissement. Que vos projets futurs vous apportent bonheur et sérénité.

PS : Les -70% sur le matériel restant sont valable toute la semaine prochaine. S'en suivra la fermeture définitive.

mardi 26 mars 2019

L'histoire d'une truite (43)

Que d’eau en ce début de saison, quel plaisir de voir la rivière pleine de vie. Un réel contraste avec cet été puis cet automne où elle était quasiment sans courant, sans mouvement. Triste et muette. Là, depuis début mars, c’est tout le contraire. Des niveaux d’eau importants, un débit soutenu et bruyant, une rivière qui fait plaisir à voir.

Côté pêche, c'est beaucoup moins simple. Si Thibaut s’est lui adapté très facilement à ces fluctuations de débits avec différentes techniques de pêche en prenant du poisson à chaque sortie, pour ma part, j’ai pris mon mal en patience en attendant que la nymphe à vue soit praticable. C’est un choix tout à fait volontaire. Seule la vision du poisson prenant mon imitation me donne du plaisir depuis maintenant quelques années. Mais comme le dit si bien le proverbe, tout vient à point à qui sait attendre. Et puis en attendant, je me régale des anecdotes de mon fils, c'est tout aussi plaisant que de pêcher.

Mais même pour la pêche à vue, Thibaut m’a devancé cette année. Avec ses horaires d’étudiant, il a pas mal de temps de libre en semaine ce qui lui a permis de prendre ses deux premières truites en nymphe à vue avant même que j’aille trainer mes guêtres sur les berges de la rivière avec ma canne à mouche. Qu’à cela ne tienne, c’était mon tour cette fois. Une journée que j’avais déjà imaginé dans ma tête depuis quelques nuits. Tous les matins, je voyais les courbes de niveaux baisser et mes simulations à plusieurs jours me donnaient un niveau limite mais jouable pour espérer voir quelques poissons. Même après toutes ces années de pratique, même après ces trois dernières saisons où l'Ain a énormément souffert, j’ai toujours cette envie de retrouver la rivière et ses dernières truites avec ma canne à mouche. Une envie des plus tenaces !

Au mois de Mars, peu importe finalement le matériel et la technique, ce qui compte le plus, de mon point de vue, c’est la parfaite connaissance de la rivière que l'on pêche et le fait d’être capable d’anticiper les comportements des poissons selon les conditions du moment en sachant que ceux-ci restent très spécifiques avec ces eaux très froides. Si j’ai fais le choix de pêcher à 95% de mon temps le même cours d’eau, d’y passer également un maximum de temps lors de la fermeture, c’est pour plusieurs raisons comme celle d’être d’une grande précision dans mes décisions lors de ces périodes compliquées. Le choix des berges à prospecter selon les horaires fera toute la différence, loin, très loin devant votre choix de mouche ou de diamètre de fil ou encore de puissance de canne. Une truite à cette époque sort peu de temps durant la journée et elle est active encore moins que ça. Il faut prendre les bonnes décisions au bon moment. C’est primordial pour avoir un minimum de réussite. Après plus de 33 ans à pratiquer la rivière d’Ain, à la chérir, à l'observer à toutes saisons et à toutes heures de la journée, j’ai, je pense, ce petit plus sous ma casquette. Je tente de m’en servir pour le mieux, bien évidemment.

Pour ma première journée de pêche, j’étais certain de trouver du poisson avant même d’être arrivé sur les lieux. Cela peut vous paraitre prétentieux, mais c’est la stricte vérité. Après, prendre ces poissons vus est une autre paire de manche qui plus est avec les années qui passent. Je me pose toujours quelques questions en début de saison surtout par rapport à ma vue. Je me rends bien compte que les yeux de mon fils sont bien plus performants, que les miens fatiguent saisons après saisons. Et puis est-ce que je vais conserver cette réussite au ferrage qui a toujours été mon point fort. L’an passé, j’ai eu l’impression de baisser un peu avec quelques loupés grossiers, ce qui ne m’arrivait quasiment jamais. Est-ce que cela allait empirer cette année ? Il fallait que j’ai des prémices de réponses assez vite.

Ce jour-là, le débit de la rivière était encore élevé mais surtout, la clarté de l’eau laissait à désirer. La rivière avait une couleur laiteuse dès que la profondeur se faisait sentir. Certainement une présence d’eau de neige.  Mais la bordure était lisible. On pouvait voir assez bien jusqu’à 1.20m environ. Largement suffisant pour capter les zébrures d’une belle en maraude. J’ai débuté ma partie de pêche assez tôt vers 7h15. Le soleil était encore planqué et ma tenue légère me le rappelait à chaque seconde d'autant plus qu'il a fallu gratter le pare-brise de la voiture pour partir. Hostile le Jura ! Comme je m’en doutais, très peu de poissons dehors. Il faut dire que les trois derniers étés en ont laissé sur le flanc et pas qu'un peu malheureusement. Malgré cela, comme prévu, comme un plan qui se déroule sans accroc, j’ai vu mes deux premières truites aux postes habituels par ces niveaux à cette époque. Pour la première, j’étais limite en arbalète et trop à découvert pour tenter un rouler. Le poisson m’aurait capté de suite, c’est certain. J’ai donc tenté une arbalète sans trop y croire. Le poisson a bien vu le gammare dériver, mais justement, cette dérive était tout sauf naturelle car en bout de course, et même sur un poisson qui n’avait rien vu depuis l’ouverture, il n’y avait pas d’autre alternative que le refus. Cela reste des truites de la rivière d’Ain, elles ont de la mémoire ! Je vous dis cela car j’en ai parlé avec un client (qui se reconnaitra ;-) ) qui est passé ce week-end à la maison prendre ses mouches. Il revenait de 15 mois en Nouvelle-Zélande où il a fait des pêches fantastiques. Il était venu découvrir la rivière d’Ain et ses truites. Le challenge n’était pas simple et son retour tout à fait réaliste sur la difficulté de ces zébrées. Les truites de l’Ain restent de farouches adversaires qui se méritent. Hormis quelques jours dans l'année où tout va bien, où les poissons semblent coopératifs, ces truites demandent au pêcheur d'être complet pour pouvoir les leurrer. C'est d'autant plus gratifiant lorsque l'on réussi ce challenge.

Pour le deuxième poisson vu de la matinée, la simple vision des 20 centimètres de mon bout de scion a suffit pour le faire fuir ! Ce n’est plus de la mémoire là, c’est un truc de fou. Le soleil était bien monté dans le ciel pour mon plus grand bonheur. Il était temps de reprendre la voiture pour aller sur une autre berge. Je vous le dis sincèrement, j’ai horreur de faire ça, reprendre la voiture…Une fois posé, je reste en général au même endroit. Mais là, au tout début de l'année, c’est compliqué car il faut suivre le soleil heure par heure, c’est la clé du succès. J’arrive donc sur une nouvelle berge. Pointe de 3 mètres en 14°, gammare JFD -14 noué au bout. Toujours entre le pouce et l’index de la main gauche le gammare, près à être propulsé à la moindre vision d’une truite en bordure. C’est ma nymphe de base pour les prospections depuis la berge. C’est une imitation qui pêche vite et bien. Une valeur sûre. Sur cette berge, j’avais 3 endroits différents où je pensais voir au moins une truite. Le premier ? Rien, aucun poisson (et pourtant je suis resté longtemps à attendre). Le deuxième, une truite de 30-35 qui est partie de suite. Je ne sais pas encore pourquoi. C’est truites sont déroutantes parfois, je ne pense pas avoir fait d'erreur dans mon approche. Les réponses aux questions ne viennent pas. Le troisième endroit ? Haaaa, le troisième endroit !

Pas mécontent de voir le soleil pointer le bout du nez !

C’est un endroit où la profondeur de l'eau est de 70-80 centimètres à la berge pour aller jusqu’à presque 1.50m au plus profond. Avec les niveaux du jour où j’ai pêché bien entendu. Il y a près du bord vers une trouée un très gros chêne. Idéal pour coller son épaule contre le tronc massif de l’arbre et rester là à observer. Oui, je voulais rester, car c’est souvent que je ne vois rien en arrivant sur poste, mais qu’en regardant de partout, je finis par apercevoir un poisson en maraude. Souvent, la truite passe sous les saules qui garnissent la berge et je la vois se nourrir au fond. J’ai en souvent pris de cette façon à l’arbalète, presque dans mes pieds. 5 minutes, 10 minutes, 15 minutes, toujours rien. Mon moral n’était pas atteint. Je vois tous les débuts de saison à ce niveau d’eau des poissons à cet endroit. De plus, j'étais certain d'être au bon endroit dans la bonne plage horaire.

En bout de coup à pêcher, et à environ 10-12 mètres de ma position, il y a un petit banc de sable en léger dévers. Je connais ce coup par cœur. J’y ai passé des dizaines d’heures. Oui, dès mon arrivée, j’avais vu cette forme plus sombre que le sable et qui pour moi n’était pas là l’an passé. Mais voilà, dans mon esprit, après les crues hivernales, n’importe quel morceau de bois ou autre pouvait s’être déposé à cet endroit précis. Bref, je n’avais pas bloqué dessus. Puis, après ce petit quart d’heure à attendre, mes yeux sont revenus dessus pour je ne sais quelle raison. Je me suis mis à fixé comme un fou cette forme sombre qui faisait légèrement contraste avec le sable. Mais rien d’évident avec cette eau laiteuse. A force de fixer, je voyais bouger la forme. Mais bon, je ne suis pas non plus un « gamin du mois d’août » comme on dit au village. Je sais très bien qu’à force de vouloir voir quelque chose, je peux me faire des films, et je m'en fais régulièrement ! Il fallait être sur de soi. Merci mon Dieu, la truite, car oui c’était bien une truite a décidé de m’aider. Elle a bougé franchement. Le doute n’était plus permis ! Je savais que j’allais en trouver une par là ! Rien que pour ça j’étais heureux. C’est vraiment gratifiant de genre de moment où l'on se rend compte que la bonne décision a été prise. C'est aussi bon que la prise du poisson en elle-même.

Il fallait maintenant analyser la situation pour mettre toutes les chances de mon côté. Je n’étais pas pressé, cela faisait au minimum un quart d’heure qu’elle était devant moi déjà. Pour la nymphe, pas de souci, le gammare allait passer crème, c'était certain. Par contre, la question était comment lui amener. J’ai pris la décision de renter légèrement dans l’eau pour m’ouvrir un angle afin de pouvoir fouetter. Première dérive de l‘année sur un poisson à 8-9 mètres, fallait pas trembler. En tenant mon gammare, j’ai sorti tranquillement mon bas de ligne entièrement. Puis, dès que la soie eut passé mon anneau de pointe, j’ai commencé à fouetter afin de sortir la longueur de soie nécessaire à ce coup de ligne. J’étais dos à la truite. J’ai posé avec une précision moyenne mais presque normale pour ce premier jet sur la droite de la truite. Un JFD en 14 coule assez vite et avant qu’il ne touche le fond, j’ai réalisé une animation assez vive. Bien visible quoi !

J’ai alors vu ma truite ce mouvoir lentement dans sa direction. Je la distinguais plus que je ne la voyais, mais son déplacement ne faisait aucun doute sur ses intentions. Arrêt du poisson, ferrage ! Et pas un petit ! La truite était à moi. J’ai eu bien du mal à la contrarier au premier départ, mais j’ai réussi malgré tout. Une chandelle, puis deux !  Un combat court mais puissant. Une canne en vrac, un nylon qui siffle, le bruit des noeuds dans les anneaux, le pied ! Après, mon diamètre de fil m’autorisait un bridage autoritaire. La mise à l’épuisette me donna l’occasion d’admirer ce trésor de plus près. Et même si je ne pouvais pas le voir, je devais avoir une sacrée banane sur le visage. Un poisson sauvage de sa rivière bien aimée possède une valeur que jamais un autre poisson ne pourra approcher ni même effleurer. Cette truite m’a donné un bonheur réel et sincère. Non pas par ses mensurations, mais par son esthétisme parfait. Quelle robe, quelles couleurs. Je ne pouvais rêver mieux pour un premier poisson en nymphe à vue. En fait si, cela aurait pu être encore mieux si mon fils avait été avec moi pour partager cet instant de vie tous les deux. Mais le connaissant, il n'aurait pas eu la patience de rester un quart d'heure à mes côtés. Il y aura d'autres occasions de vivre de tels moments...

J’ai pris un peu de temps avec le poisson dans l’épuisette tout en le laissant dans l’eau pour le regarder, pour l’admirer. Je voulais que cette truite reste dans ma mémoire à une place bien précise. J’ai fait quelques photos également. Le poisson était tranquille dans l’eau, calme. Comme s’il savait…Et puis je l’ai relâché, tout aussi tranquillement. De mon expérience, je ne la reverrai pas, en tous les cas pas sur ce poste. C’est certain. Par contre, on se croisera peut-être de nouveau dans quelques semaines sur un autre poste pas très loin, et à un autre horaire, ça, c’est fort probable.

Magnifico ! Pensez-y, même pour la photo, un poisson est toujours mieux dans l'eau.

Il fut une époque, où après un joli coup de ligne, je me posais sur la berge, j'allumais une cigarette en repensant seconde par seconde à ce que je venais de vivre. J'avoue que si une cigarette me manque aujourd'hui, c'est sans aucun doute celle-ci ! Je prenais conscience de la chance que je venais d'avoir. Capturer un poisson sauvage de l'Ain est une chance oui, un privilège même, d'autant plus à notre époque avec des effectifs en chute libre. J'ai fait la même chose pour cette truite, mais sans la cigarette. Juste en regardant les quelques photos que je venais de faire. Je ne pouvais quitter des yeux ce trésor que la rivière venait de m'offrir...A bientôt pour une nouvelle histoire de pêche.

Retour Matériel : Aujourd'hui, je voulais vous parler des lunettes polarisantes que nous portons mon fils et moi (à voir sur la première photo de cet article). C'est des lunettes JMC équipées de nouveaux verres "made in France" en polycarbonate 720. Le pouvoir de ce verre est incroyable pour éliminer un maximum de reflet sur la surface de l'eau. Nous avons tous les deux des verres jaunes (il y a deux autres coloris). Vous avez une lumière extraordinaire pour le coup et ce même tôt le matin et/ou par temps sombre. Thibaut possède le modèle "laser" et moi le "treck". J'apprécie également le confort de ces montures et le choix (3 montures différentes) que propose JMC pour un même verre. De plus, et je le signale car ce n'est pas le cas de toutes les marques (c'est du vécu !), vos lunettes sont livrées avec un étui protecteur, un cordon et une chiffonnette. Si vous souhaitez en savoir plus, suivez le lien => Lunettes polarisantes verre 720.

dimanche 24 mars 2019

Prix Charles Ritz : des sentinelles au chevet des rivières.

Vous êtes très nombreux à me demander régulièrement comment aider, comment soutenir des actions de protection des milieux aquatiques en étant loin de tout, en ayant peu ou pas de temps à y consacrer. Voilà pour vous une occasion rêvée de faire un petit geste. Une initiative à soutenir financièrement. Je vous joins la description du projet et à la suite de ce texte, vous avez le lien pour rejoindre la page du KissKissBankBank. Merci d'avance ! 
 
Et si les plus petits efforts étaient en réalité les plus importants ? Si les actions de chacun, à son échelle, étaient finalement celles qui amènent les grands changements ? C’est l’idée que veut insuffler le biologiste et réalisateur Philippe Laforge à travers son prochain documentaire sur « les sentinelles des rivières ». Cet amoureux des milieux aquatiques est très inquiet de leur état, jugé « calamiteux »par une étude publiée en 2017 par l’UFC-Que Choisir. Hélas, ce qui se passe sous l’eau se déroule en silence, loin des regards. Et donc du grand public.
Mais il y a encore de l’espoir. Le réalisateur s’est penché sur ceux qui œuvrent pour inverser la tendance. Associations de pêcheurs, militants pour la sauvegarde du patrimoine naturel, enseignants... Il a interrogé sept lauréats du prix Charles Ritz, la seule récompense en France qui salue ceux qui agissent en faveur des cours d’eau.
En créant ce prix en 2003, l’International fario club a rendu hommage à son fondateur, Charles Ritz, disparu en 1976. Ce pêcheur assidu a parcouru canne en main les plus belles des rivières de notre planète. Il était persuadé que garder les cours d’eau en bonne santé était essentiel.
« Il n’est jamais trop tard pour bien faire, le moindre petit ruisseau mérite que l’on s’occupe de lui, exhorte Philippe Laforge. Si chacun s’y met, cela peut avoir une influence bien plus importante qu’on ne le croit. »
Certains travaillent d’arrache-pied pour redonner leur éclat aux cours d’eau et protéger les animaux et les végétaux qui y vivent. D’autres militent pour qu’ils soient pris en compte dans les plans d’envergure de l’Etat. D’autres encore transmettent leur passion aux plus jeunes pour qu’ils prennent conscience de la beauté et de la fragilité de ce patrimoine inestimable.
« Le but est de montrer qu’il y a des gens motivés qui agissent pour améliorer l'état des cours d'eau, souligne Philippe Laforge. Je souhaite transmettre cette motivation au grand public et aux futures générations. »
Pour faire en sorte que ce film soit vu du plus grand nombre, l’équipe de production a besoin de votre soutien. Vos dons serviront à terminer le tournage du documentaire, effectuer son montage et lancer une campagne de communication.
 
Pour aider financièrement ce projet, suiviez le lien => Prix Charles Ritz : des sentinelles au chevet des rivières.

jeudi 21 mars 2019

Dernière crue hivernale pour la rivière d'Ain.

Les trois dernières années ont laissé des séquelles. Aussi bien physiques sur le milieu, sur la faune et la flore que psychologiques chez les pêcheurs et autres passionnées des rivières jurassiennes. Le manque d'eau hante nos esprits. Cela revient en tête de liste des sujets abordés entre pêcheurs bien devant leurs prises éventuelles. Traumatisant et traumatisés !

Entre les deux ponts à Champagnole.

La semaine dernière, la rivière d'Ain s'est mise en colère. Crue importante mais pas exceptionnelle si ce n'est qu'on a plus l'habitude de voir ce genre d'évènement au cœur de l'hiver et non pas à l'arrivée du printemps. Après 48 heures d’intempéries en continue, tous les cours d'eau jurassiens ont gonflé. Des crues puissantes avec des débits élevés. Une bonne nouvelle avant le printemps qui commence ces jours par une période sèche qui va durer d'après les prévisions météo locales.

Sous le seuil de Pont-du-Navoy.

A ce jour, Mars compte 150mm de pluie pour une normale à 110mm. Un mois excédentaire ! Incroyable mais vrai. Bon, cela risque de se figer jusqu'à la fin du mois, mais on va déjà prendre ce petit excédent surtout que d'autres régions de France sont en souffrance...Déjà !

A la sortie des Pertes de l'Ain.

Alors même si cela est une très bonne chose, ça ne suffit pas. Février fut lui en déficit, et pas qu'un peu. Un peu plus de 50mm pour le mois entier soit 44% de la normale. Janvier était déjà légèrement déficitaire, avec 87% de la normale. Soit sur les neuf derniers mois, seul décembre 2018 est en excédent avec donc Mars 2019 aujourd'hui. Vous voyez un peu le chemin qu'il reste à faire pour revenir à bon niveau. 

Au pont de Syam.

L'autre bonne nouvelle, oui, parce qu'il y en a, c'est qu'il reste un peu de neige sur les hauteurs du Jura, plus particulièrement dans les parties boisées. Donc malgré la période sèche qui arrive, de la fonte devrait venir alimenter les ruisseaux et autres petits biefs au profit de la chaleur qui devrait s'installer en journée.

Une photo que je n'avais jamais faite. L'Ain et la Saine réunies par la crue !

Reste à croiser les doigts pour qu'il pleuve au minimum de façon régulière durant les prochains mois. Pas forcément des quantités extraordinaire, mais plus souvent que l'an passé, ce qui n'est pas dur...C'est possible de faire pire ????

Je vous laisse avec une vidéo qui vous en dira plus sur la puissance de cette crue le 15 mars 2019 !

dimanche 17 mars 2019

Le contre canal de Serrières-de-Briord.

Voilà plus d'un an que ce parcours est mis en place. A l'initiative de la Fédération de Pêche de l'Ain, un contre canal du Rhône situé sur la commune de Serrières-en Briord a été mis en No-Kill sur 6 kilomètres ! J'ai été invité plusieurs fois par des administrateurs et amis de cette fédération sans répondre favorablement. Il faut dire que ce parcours, classé en deuxième catégorie, avait pour but d'être rempoissonné en truites arc-en-ciel. Et vous connaissez ma passion pour ces poissons de remises mise à part quelques exceptions.

Pêcher dans l'eau claire alors que tout est en crue, génial non ?

Une fois de plus, je me suis trompé et pas qu'un peu ! J'ai fini par céder et j'ai souhaité juger par moi-même. Nous nous sommes donc rendus avec mon fils sur ce parcours atypique. Un contre canal, c'est quoi ? En fait, vous avez une succession de tronçons séparés par des sortes de buses où le courant s'accélère. Plus vous allez vers l'amont, plus le profil du canal est petit. Vers l'aval, il s'élargit. Mais surtout, et c'est un atout extraordinaire, il conserve un niveau quasiment stable à l'année et une clarté incroyable. Vous avez là un parcours de pêche à vue à l'année ! Peu importe les conditions, de l'eau claire tous les jours ! J'ai été agréablement surpris. Car au-delà de cette eau claire, j'ai découvert un milieu (malgré le côté artificiel du canal) rempli de vie. Poissons fourrage (vairons, chevesnes...), insectes (gammares, chiro, éphémères...), des herbiers, des fonds sableux...Par endroit, et cela parlera aux jurassiens, j'ai cru voir quelques spots de la Cuisance.

Des combats incroyables dans ce milieu tout resserré. La truite est en bas à droite.

Et la pêche me direz-vous ? Si j'ai bien tout compris, il y a deux gros alevinages au cours de l'année en arc-en-ciel. Des poissons allant de 1 à 3 kilos voir plus afin d'éviter la prédation des oiseaux pêcheurs qui sévissent par centaines sur le Rhône à côté. Du coup, la pêche évolue dans l'année selon si vous vous y rendez proche des lâchers ou pas. Avec Thibaut, nous avons rencontré sur la parcours des poissons "frais" et des anciens (qui peuvent donc avoir un an de canal). La pêche devient extrêmement intéressante pour le coup. Des poissons qui cherchent la végétation, qui se postent comme une belle fario en rivière dans des zones où une dérive n'est pas possible...Des vrais beaux coups de ligne à réaliser. Sincèrement, c'est super technique et compliqué pour les poissons anciens. Et puis, sur les poissons frais, il y a possibilité de faire pêche pour toute une catégorie de pêcheurs selon le niveau technique de chacun. Pour mon ressenti personnel, j'ai eu l'impression de faire une pêche d'ombre sur cette journée. Avec l'obligation pour certains poissons de passer au plus près de la gueule pour les décider. Vraiment sympa. Comme dirait Thibaut, j'ai kiffé !

Repart faire plaisir à un autre pêcheur.

De plus, l'endroit est tout confort avec un chemin le long du canal. Un bar pas loin (merci Niko pour les rafraichissements !) et des dépositaires de cartes à proximité également. Le gros plus de cette initiative qui je l'espère donnera des envies à d'autres fédé est la protection de la petite population de farios sauvages qui vit dans ce canal. 6 kilomètres de parcours en no kill ! Du coup, les places de frai observées ont augmenté considérablement et il est donc possible, les jours où ces dames ont décidé de sortir le bout du nez, de capturer une superbe fario. A savoir que des spécimen dépassant les 70 centimètres ont déjà été pris.

Attention au premier rush !

Les avantages de ce genre de parcours sont multiples, je pense notamment au touriste pêcheur pris par une vague de mauvais temps durant son séjour. Une rivière impraticable...Le contre canal, voilà la solution ! Je pense aussi aux guides de pêche, aux écoles de pêche, voilà un lieu où les élèves verront des poissons à coups sûrs. C'est assez génial. 

Le débit ne facilite pas les combats. Un canal oui, mais avec un courant bien présent.

Vraiment, un grand merci à toutes les personnes qui ont donné de leur temps pour créer ce parcours. Un immense bravo et tous mes encouragements à la Fédération de Pêche de l'Ain pour conserver et faire vivre ce linéaire en l'état. De plus, quand on sait les kilomètres de contre canaux que les départements du 73 et 74 possèdent, cela devrait donner des idées à ces fédérations, car la demande des pêcheurs est bien réelle !

Thibaut a passé une super journée !

Conseils pratiques :

•Le parcours est sur du public, donc pas besoin de reprendre une carte. Néanmoins, le savoir-vivre de chacun devrait nous faire prendre une carte à la journée de temps à autres aux AAPPMA qui ont la charge du linéaire. Ne serait-ce pour montrer votre soutiens à ce genre d'initiative.

•AAPPMA gestionnaire : AAPPMA de Lagnieu/Sault-Brenaz et AAPPMA de Bénonces.

•Dépositaires physiques : Intermarché de Serrières-de-Briord et Camping du Point Vert situé au bord du parcours.

•Conseil pêche : ne pas pêcher trop fin. Ces poissons sont surpuissants. Évitez tout ce qui est en dessous de 14 centièmes. Hameçons sans ardillon, épuisette, bref, tout ce qui va bien pour faire repartir au mieux vos prises. Pour les mouches, j'ai fait pas mal de poissons avec un gammare JFD en 10, Thibaut lui sur pheasant tail classique.

C'est pas beau ça ??

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