Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
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mercredi 19 septembre 2018

Le Doubs, message d'espoir, la vidéo.

La pêche est terminée dans le Jura, mais les prolongations peuvent avoir lieu autour de chez nous. Sur le Doubs par exemple, et ce jusqu'au 30 septembre.

Mon ami Romain vient de me faire passer une vidéo pleine d'espoir pour cette rivière mythique. Lui et ses amis ont capturé de nombreux beaux poissons cette saison. Je vous laisse voir de vous-mêmes !

lundi 17 septembre 2018

Un week-end de fermeture haut en couleur !

Une fois n'est pas coutume, j'ai fait un week-end plein pour cette fermeture de première catégorie. Un immense merci à ma chérie et mes enfants pour m'avoir laissé profiter comme je le souhaitais de ces trois derniers jours. Oui, car un peu comme en début de saison, le bon horaire en cette mi-septembre reste le coup de midi. Le moment de la journée où le soleil illumine au mieux la rivière ce qui permet une pêche à vue de qualité.

J'ai débuté ma fermeture seul, vendredi matin. La rivière était sans surprise extrêmement basse. La bonne nouvelle est que la température de l'eau a bien baissé ces dernières semaines. On le ressent aux comportements des poissons. Malgré ça, sur certains parcours, la majorité des belle truites restent en "dormant" pour une chasse à l'affut de petits poissons. Je laisse ces poissons de côté les préférant aux rares spécimen actifs entre deux eaux. Oui, en cherchant bien, on en trouve. J'ai d'ailleurs passé pas mal de temps à chercher et j'ai pu voir des choses réconfortantes. Alors que la rivière subit encore et toujours un étiage d'une durée improbable, les truites sont toujours là. Ma seule crainte est l'absence de poissons issus du frai 2018. J'en ai quasiment pas vu. Par contre, pas mal de truites de plus de 2 ans...Et des ombrets de 25 centimètres concentrés dans les radiers...A se demander d'où ils sortent ceux-là !

J'ai finalement commencé à pêcher sérieusement juste après midi. Le temps d'engloutir un sandwich en rejoignant un autre spot, j'ai pu attaquer ma première truite de la journée. C'est mon fils qui m'avait indiqué avoir vu quelques truites tourner à cet endroit dans la semaine. A mon arrivée, le soleil était idéalement placé, toute la zone était éclairée. Deux belles truites étaient là accompagnées de trois autres plus modestes. J'ai posé ma nymphe à plusieurs reprises vers les plus petits poissons pour les faire prendre mon imitation mais sans les ferrer. Du coup, en sentant le fer, ils ont pris la fuite sans excès de peur mais en faisant de la place. Le but était d'éviter qu'ils m'embrouillent la situation lorsque j'allais attaquer les belles truites. J'ai donc pu poser mon petit gammare léger GL-18 à proximité de la première truite. Cette nymphe coule très lentement. Si votre poisson s'y intéresse, vous avez tout le loisir de le voir prendre tranquillement. Et c'est ce qu'il m'est arrivé. Une belle image pour débuter cette session de trois jours. Le combat fut court car j'étais toujours monté avec du gros fil. Un choix qui me permet de remettre mes poissons à l'eau dans les meilleures conditions.

Chouette sourvenir.

La deuxième truite qui était plus loin n'a pas été alerté suite au combat. Tant mieux ! J'ai donc pu la tenter elle aussi en faisant un rouler. Il s'avère qu'elle a pris ma nymphe mais qu'au moment de ferrer, ma canne est venue en contact avec l’arbuste derrière moi sans que la soie ne soit assez tendue pour prendre contact que la truite ! Loupé ! Dommage, le coup de ligne était plutôt sympa.

Le temps passait. Un petit coup de fil au copain Simon pour savoir où il se situait et j'ai repris la voiture pour le retrouver. Cela faisait un bail que l'on ne s'était pas croisé et c'est toujours un immense plaisir. Simon était là pour le week-end lui aussi après avoir très peu pêché cet été. Nous avons passé quelques heures ensemble a essayé de tromper les truites devant nous. Il a eu plus de réussite que moi. Ce fut vraiment un bon moment. Mais comme on dit, le temps passe plus à la pêche qu'au boulot et il allait être déjà 18 heures. J'avais des clients qui devaient passer à la maison récupérer des mouches, il fallait donc que je parte. S'en était fini pour cette première journée.

Le samedi allait être bien différent. Mon fils venait avec moi. Ne pouvant pas pêcher le dimanche, c'était pour lui sa dernière journée. On est parti tous les deux de la maison en début de matinée. il se trouve que cette journée ne pouvait pas mieux commencer ! J'étais situé 20 mètres en aval de mon fils en observation. Lorsque j'ai vu une truite devant moi se soulever du fond. un poisson tout jaune. J'en informe mon fils : "Thibaut, tu as une truite qui monte sur toi gentiment à un dizaine de mètres de la berge". 

Thibaut ne la pas vu de suite car la truite montait vraiment lentement. Une fois que ce fut le cas, il déclencha son mouvement pour allonger la longueur de soie nécessaire. Sa petite nymphe en vautour s'est posée 5 à 6 mètres en amont de la truite. J'ai eu tout le temps d'admirer la scène car la dérive de la nymphe a bien duré une vingtaine de secondes. "Papa, si elle monte la prendre, c'est un coup de ligne de ouf !". La réponse ne fit pas attendre. Dans un geste très ample, le ferrage fut assuré ! Magnifique ! Thibaut débutait sa fermeture sur les chapeaux de roue. 

Une truite bien claire.

Et bien en forme.

Le gosse était heureux ! Le papa aussi, évidement. On a continué à chercher des truites par la suite mais ce n'était pas la folie. Vraiment calme. On est allé vers une zone que je connais bien et qui est bien exposée au soleil à cet horaire. Il a fallu pour ça traverser une battue au chevreuil. Les chasseurs étaient en poste mais bien sympas. Rigolo cette cohabitation durant une semaine. J'en ai même profité pour parler quelques minutes avec un posté pendant que Thibaut continuait son chemin. Au moment où j'ai repris le mien, j'ai entendu : "Papa ! Pendu !"

Ben voilà, j'ai tout loupé...J'ai posé ma canne à la hâte pour profiter de cette nouvelle scène à partager avec mon fils. Waouh, il tenait là une superbe truite. Prise devant un amas de bloc de pierres avec un gammare JFD-10 ! Il a pas fait dans le détail sur ce coup là ! Le combat fut bref pour un résultat somptueux. Quel joli poisson ! Une scène qui restera gravée dans nos mémoires respectives. Un vrai moment de bonheur pour nous deux. 

J'ai pu prendre quelques photos du combat.

On peut se rendre compte de l'extraordinaire travail de la canne Hardy Zéphrus de Thibaut.

Un poisson merveilleux, bravo mon fils !

Bon, il était peut-être temps que je réagisse ! Je plaisante, je prends plus de plaisir à le voir faire. C'est unique comme instant de vie. Il n'y a aucun équivalent pour le papa que je suis.

En continuant devant nous, je repère trois poissons devant un gros bloc. Une truite posée en dormant, une autre derrière le bloc, et une, la plus belle, devant le bloc en attente. "Thibaut, je la sens bien celle-ci !". Bon, il y avait une grande hauteur d'eau. J'ai mis au bout de ma pointe une nymphe sur hameçon de 10 non plombée. Une grosse bouchée ! Un petit posé paquet 4-5 mètres en amont du poisson et j'ai laissé couler ma nymphe. Pensant arriver près d'elle, j'ai animé assez sèchement. Le poisson a décollé devant nous pour venir intercepter la nymphe juste sous la surface ! Incroyable ! Ferrage, pendue ! Gros combat, chandelles, départ avec 10-15 mètres de soie sortie, absolument génial. "Non mais papa, tu as vu comment tu la fais décoller cette truite !"

Mais mon Dieu, je n'en demandais pas autant. Quel plaisir on a pris lors de cette matinée. Un rêve éveillé.

Merci mon fils pour la photo. le moment crucial !

Belle truite que l'on devinait plus imposante au fond de l'eau.

Après un arrêt boulangerie dans Champagnole pour remplir nos estomacs, il était l'heure de rejoindre Simon. Thibaut voulait le voir lui aussi. Nous avons pêché tous les trois une paire d'heures. Les truites étaient bien présentes et une nouvelle fois, Thibaut a fait parler sa jeunesse et sa fougue. il a de nouveau capturé trois beaux poissons. Un régal de le voir évoluer. Il a vraiment pris du plaisir et c'était tellement beau et bon d'être à ses côtés. Un autre bel après-midi qui sonnait la fin de saison truites pour mon fils.

Une petite capturée par mes soins, la dernière ?

Thibaut dans ses œuvres. Une superbe truite en train de se rendre au pied du bloc.

Le temps pour nous de dire au revoir au copain Simon, et nous nous sommes rendus aux portes ouvertes du magasin Jura Pêche à Champagnole. Il y avait du monde ! Bien content d'avoir revu Bastien, Clément, Fabien, Arnaud, Florian et Charles. Charles, l'acheteur compulsif ! ;-) . On était bien content après notre journée de pouvoir boire un coup, au top ces portes ouvertes. J'en profite pour remercier Jura Pêche et particulièrement Arnaud pour m'avoir fait découvrir les soies Vaviras, un vrai coup de cœur pour cette saison. Elles sont toujours disponibles au magasin.

Dimanche, le dernier jour ! Je suis parti en milieu de matinée, très tranquille. Une matinée où j'ai profité de l'instant présent. Mes dernières heures sur ma rivière canne en main pour cette année. Un jour important. Un jour heureux pour les truites. Enfin, on va leur laisser la paix. Elles ne l'auront pas volé. Un petit appel téléphonique de copain Sébastien. J'ai cru qu'il allait me rejoindre mais non, je ne l'ai pas vu ! Sacré Seb ! Du coup, je finirais la saison en compagnie de mon ami de toujours, Denis, le parrain de mon fils. Nous avons fini où nous commençons, comme tous les ans. On était bien tous les deux. J'ai pris deux dernières truites en nymphe à vue, une avec un gammare GL-18 et la dernière avec une cuivre. Comme un symbole. Deux poissons qui m'ont donné comme tous les autres durant cette saison un immense plaisir.

L'avant dernière.

La toute dernière...

 

Après avoir salué cette belle rivière qui me donne tant, j'ai rejoins ma famille pour fêter les 16 ans de ma grande fille ! Oui, un week-end de fermeture haut en couleur !

mardi 11 septembre 2018

Lucas, jeune moucheur baroudeur.

Je suis très heureux aujourd'hui de vous proposez une toute nouvelle interview. Celle-ci sort un peu des sentiers battus. Oui, car mon invité, Lucas, est comme qui dirait dans sa phase d'apprentissage de jeune moucheur. Mais vous allez vite le découvrir, en peu de temps, il a déjà vécu de nombreuses aventures. Bonne lecture...

Nicolas : Salut Lucas. Merci d’avoir accepté mon invitation. Peux-tu s’il te plait nous faire une petite présentation ?

Lucas : Salut Nicolas, merci à toi pour cet exercice, c’est avec plaisir. Je m’appelle donc Lucas et je vis proche de Valence dans la Drôme. Passionné avant tout par la nature et les activités outdoor qu’elle permet, la pêche a bien évidemment sa place et cela depuis maintenant un peu plus d’une dizaine d’années. Également adepte de voyage, j’essaie d’y pratiquer cette même passion ainsi que la photographie aussi souvent que possible.

Nicolas : J’ai souhaité t’interviewer car tu es réellement un pêcheur à la mouche atypique. Tu as fait tes classes il y a moins de 2 ans seulement il me semble. En Nouvelle-Zélande qui plus est. C’est bien ça ?

Lucas : Oui, c’est bien ça, je venais de finir mes études et j’avais donc à ma disposition une paire d’années devant moi pour profiter avant de me lancer pleinement dans la vie professionnelle. Naturellement, l’envie de découvrir ce qui se passe ailleurs s'est faite sentir et tant qu’à faire, autant y lier le côté passion à savoir la pêche. Le fait est que je pratique la pêche à la carpe en France et que ceci nécessite une importante logistique, autrement dit cela ne colle vraiment pas aux types de voyages envisagés. Heureusement, depuis plusieurs années, la pêche à la mouche me fait de l’œil pour diverses raisons (discrétion de l’approche, analyse comportementale des poissons, sélection de l’esche selon des paramètres variables permanents…) tout un ensemble de facteurs techniques qui demandent à se remettre en question régulièrement et également un matériel peu encombrant qui permet d’associer cette technique à la randonnée et donc à la découverte d’espaces sauvages aux quatre coins du monde. Et puis lorsque nous avons évoqué avec Franck le projet d’un voyage en Nouvelle-Zélande, il aurait été bête de partir pêcher autres choses que les truites dans ce magnifique pays qui est le paradis de la pêche en sèche.

Fario de Nouvelle-Zélande prise par Lucas.

Nicolas : C’est quand même un parcours étonnant, mais à la fois tout aussi génial. Revenons un peu au départ. Tu viens du monde de la carpe. Ils ressemblent à quoi les premiers pas du jeune Lucas le pêcheur ? Ainsi que l’évolution qui a suivi ?

Lucas : Effectivement l’image liée à la pêche à la carpe n’est pas des plus glorifiantes pour bon nombre de moucheurs. J’ai fait mes premiers pas il y a onze ans si je ne m’abuse dans les étangs communaux proches de chez moi. Au fil des années et de l’expérience engrangée, l’envie de découvrir de nouveaux espaces s'est faite sentir, je me suis alors orienté vers une pêche plus atypique de ces poissons. Au cœur des grands lacs, des barrages et des rivières sauvages de France, là où la foule et l’image du pêcheur lambda vivant dans l’espoir et l’attente n’est pas présente. Je pratique alors un peu plus d’une centaine de nuits par an à la recherche des carpes oubliées, là où il n’est pas courant de croiser d’autres pêcheurs cherchant ce type de poisson. Une pêche aux antipodes de l’image classique du « carpiste », une approche donc majoritairement mobile, à vue, liée à une recherche de compréhension des eaux, des poissons, de leur structure sociale, de leurs habitudes alimentaires et de déplacement…Tout cela pour tenter d’établir une régularité dans les résultats au fil des saisons mais aussi de cibler les poissons les plus imposants.

Les carpes, sa première passion !

Nicolas : Tu décides donc de faire tes classes de moucheur en Nouvelle-Zélande avec ton pote Franck. Comment avez-vous préparé votre coup ? Au feeling ou vous aviez bien étudié le truc (les aspects techniques de ce mode de pêche j’entends) avant de prendre l’avion ?

Lucas : Oui, c’était une idée un peu folle mais tant qu’à faire d’apprendre, autant essayer de se faire la main sur des beaux poissons dans un cadre paradisiaque non ? Nous avons effectué un bref travail de recherche sur internet et auprès de nos connaissances (Thanks Guido, Alexis, Tom et bien sûr à toi Nico) ayant des bases solides dans ce domaine, afin de connaître exactement le type de matériel à rassembler, de manière à ne pas être pris de court une fois sur place. Autrement dit si quelque chose ne va pas la faute ne pouvait être remise que sur nous. Avant de partir, Franck a pratiqué une paire de fois sur des rivières, et pour ma part je me suis entrainé plusieurs heures le soir à lancer de manière « délicate et précise » sur une cible dans le but de ne pas arriver en touriste complet. Pour ce qui est de l’itinéraire et des rivières c’était un peu au jour le jour, notre carte IGN et le vieux bouquin de John Kent furent nos meilleurs alliés.

Nicolas : Pas trop galère les débuts ? Pas trop frustrant de voir des grosses truites à portée de canne et d’être encore un peu maladroit pour les tromper ?

Lucas : Pas des pires en tout cas ! Heureusement nous pratiquions un autre type de pêche à la base, le fait de tenir une canne et de cibler un poisson n’était pas quelque chose de complètement nouveau pour nous, ce qui permet déjà de ne pas trop être à la ramasse, mais je ne vais pas te mentir, le fait de pratiquer sur un matériel complètement différent à rendu les premiers combats plus que folklorique (et maintenant qu’un poisson est pendue j’en fais quoi de toute cette soie hors du moulinet ? Merde j’y marche dessus ! Décroché pffff ahah). C’est alors un travail quotidien qui s’organise pour mieux gérer ces instants, gagner en précision dans les lancers, combattre un poisson de belle taille sur une pointe fragile, analyser leur comportement et leur présenter une mouche au moment opportun, bref tout un ensemble de facteurs passionnants mais parfois déroutants.

Fario prise en sèche.

Nicolas : Racontes-nous ta première vraie belle truite à la mouche alors ? Un chouette souvenir j’imagine !

Lucas : Ce fut en sèche et bien évidemment à vue alors ça ne peut être que magique… Débuter sur des poissons de 50+ c’est assez dingue, les combats sont à l’image de ceux-ci et du cadre dans lequel ils évoluent, splendide !

Nicolas : Vous êtes parti deux mois. En pêchant tous les jours, vous avez du progresser assez vite au final ?

Lucas : Deux mois et demi pour être exact, avec une bonne partie de notre temps consacré à la traque des truites effectivement. Progresser était donc un des objectifs principaux tout en évoluant dans une nature pure et préservée, mais pas forcément facile dans le sens où nous n’avions tout deux aucune expérience de cette pêche. Tu te retrouves à demander à ton pote, tu sais comment on s’en sert toi d’un streamer, tu sais comment on pratique dans une zone avec un courant si rapide, d’une nymphe etc ?! Et là, tu lui fais remarquer que ton niveau est proche de celui de la mer et que tu n’en sait pas plus que lui ! Le fou rire quoi ! On essaye de regarder sur internet lorsque l’on a du réseau et de faire nos propres tests, ma foi on prend certainement un paquet de mauvaises habitudes mais ça nous permet de piéger une paire de belles truites au quotidien…

Nicolas : Que retiens-tu de ce voyage, de ce pays, de ces poissons ?

Lucas : Un condensé de supers souvenirs dans un pays riche en paysages (plaine sèche, forêt humide, zone volcanique, fjords, lacs turquoises…), je crois qu’il était difficile de rêver mieux pour un premier pas dans cette pêche et pour en devenir addict. Pêcher en sèche du soir au matin, voir d’imposantes truites s’en saisir, et engager des combats dans une eau translucide au milieu de nulle part, il y a pire… J’en retiens aussi et surtout le fait qu’il n’est possible de passer un si bon voyage à deux que s’il existe une vraie complicité et complémentarité entre amis, un gros merci à Franck pour avoir supporté mon caractère de con durant un laps de temps aussi long !

Nicolas : Tu vas continuer à nous faire voyager Lucas ! Après la Nouvelle-Zélande, tu es parti en Colombie Britannique. Un autre pays, une autre aventure ! L’envie de découvrir était née en toi ?

Lucas : Entre temps il y a eu un autre voyage d’un mois avec ma copine, sans canne cette fois-ci. Il fallait donc remettre le couvert. Le canada me fait rêver depuis des années, ce territoire sauvage avec d’immenses forêts de sapins, et notamment la partie Ouest à savoir la Colombie Britannique. Road trip, randonnées, pêche, cet état réunit tout ce qui m’attire, et le fait de pouvoir croiser un ours à n’importe quel moment est une motivation supplémentaire.

Lieu sauvage...

Nicolas : Forcément, tu as pris avec toi ta canne à mouche. Quel genre de poissons as-tu rencontré là-bas ?

Lucas : Exactement, ma 9’ soie de 6 pouvait enfin reprendre du service. Une connaissance m’a également prêté une 9’ soie 7 au cas où (partie avec en 4 brins, elle a fait son retour en 5, merci aux King Salmon). Sur place, j’ai pêché essentiellement les arcs et les cutthroats, mais aussi un peu les King histoire de capturer une paire de grands combattants. Si je devais y retourner (ou plutôt lorsque j’y retournerai) il me semble que ce sera cette fois ci pour les bull trouts et les steelhead.

Joli poisson.

Nicolas : Tu as senti que tu avais progressé par rapport à ton dernier voyage ? Tu étais plus à l’aise avec les truites de l’Ouest canadien ?

Lucas : C’est indéniable, quelques automatismes permettent d’être un poil plus confiant mais il y a toujours cette sensation d’inconnue qui remet les comptes à zéro. J’ai eu la chance de rencontrer Brennan sur place, un canadien de mon âge qui m’a emmené plusieurs jours sur son raft, gratuitement par pur plaisir de partage, nous avons alors pris des centaines de grosses arcs qui se nourrissant abondamment d’œuf de saumons. C’est un souvenir formidable, si ce n’est le meilleur. Il est guide de pêche l’été lors de ses vacances scolaires et également capitaine de l’équipe jeune du canada si je ne m’abuse, autrement dit cela m’a permis d’apprendre via ses conseils et l’observation de sa manière de faire.

Une arc de C.B.

Nicolas : Que retiens-tu de cette région du monde. Les paysages sont-ils aussi beaux qu’on peut le lire ici où là ?

Lucas : Definitely ! C’est sans aucun doute mon coup de cœur en terme de voyage, le plus bel endroit que j’ai eu la chance de visiter, l’idée d’y partir de manière prolongée reste d’ailleurs ancrée dans un coin de ma tête.

Bivouac.

Nicolas : Entre tes voyages, tu reviens en France. Il faut, je pense, un mode de vie bien particulier pour vivre ses rêves comme tu le fais ?

Lucas : Lorsque je rentre en France, il y a toujours ce laps de temps de retour à la réalité, puis les petits récits et anecdotes à la famille et aux amis. Puis vient le moment de défaire le sac à dos, ranger soigneusement la canne à mouche et ressortir le zodiac pour partir pêcher les carpes. Il faut aussi travailler un peu et oublier l’utopie des 35h pour pouvoir repartir au plus vite.

Pêche de la carpe en France.

Nicolas : Et justement, la pêche en France. C’est uniquement carpe ? La pêche à la mouche est réservée pour les voyages ?

Lucas : (Mal)heureusement oui… C’est un feeling vraiment dur à expliquer, le fait de plaquer le matos à mouche est vraiment dur car cette pêche est si passionnante mais de l’autre côté j’ai mes déplacements en zodiac, les bivouacs, les réveils dans la brume au beau milieu d’une forêt et les combats nocturnes avec les carpes qui sont des moments si intenses. Prendre le temps de pratiquer ces deux pêches n’est pas simple surtout lorsque l’on veut s’impliquer à fond dans l’une d’elle…

Nicolas : Parfois, lorsque qu’un pêcheur découvre la mouche, il finit par tout lâcher le reste. Toi non. Qu’est-ce qui te lie ainsi à ce poisson qu’est la carpe et à toutes les heures que tu passes à attendre un départ ?

Lucas : Le fait de ne pas réellement « attendre » justement, mais de pratiquer cette pêche de manière plus active et d’aller chercher les carpes là où elles sont ou sont supposées être. Pratiquer non pas dans un étang rempli de pêcheurs mais sur les berges abruptes d’un barrage, depuis ses zodiacs sur un grand lac alpin ou sur une petite île au milieu d’une rivière. Le fait de traquer un cheptel peu ou pas connue, comprendre le mécanisme qui permet d’être régulier. Et puis il y a aussi cette chose, propre je pense, à tous pêcheurs passionnés, que tout cela est aussi un gros prétexte pour partir s’isoler dans la nature et se ressourcer seul ou entre amis.

Nicolas : Repartons hors de nos frontières. Tu viens de réaliser un voyage en Alaska. Pourquoi ce choix de destination ?

Lucas : Certainement la suite logique après la Colombie Britannique, l’envie d’évoluer dans un territoire frontalier et donc assez proche en terme de paysage mais encore plus sauvage.

Coucher de soleil, il est minuit !

Nicolas : Racontes nous grossièrement ton programme là-bas stp ?

Lucas : Je devais partir seul avec une aventure en tête assez engagée, lorsqu’un ami m’a annoncé qu’il avait du temps de libre et la motivation pour partager ce voyage, ce fut une belle surprise ! L’objectif était donc de traverser l’Alaska en canoé (1500km) via la Yukon river, un projet qui a mobilisé un mois d’effort. Puis, lors du rapatriement en avion depuis la mer de Béring jusqu’à Anchorage, nous avons fait du stop pour nous rendre dans le Denali et attaquer diverses randonnées, bivouacs, traversée de glacier… Suite à cela il fallait décompresser et nous sommes parti faire la fête quelques jours. Mon ami avait son avion plus tôt que le mien, les derniers jours je me suis donc fait déposer en hydravion pour pêcher au milieu des grizzlys. En bref, un condensé d’expériences uniques !

357 magnum, dernier rempart pour les ours au cas où.

Nicolas : La pêche n’était pas la priorité si j’ai tout compris, canoé, randonnée, montagne, glacier. Une vraie belle aventure humaine avant tout non ?

Lucas : Effectivement une belle aventure, rythmée au gré des rencontres humaines et animalières. Les gens sont si accueillants là-bas, que ce soit dans les villages de natifs (esquimaux et indiens) au fin fond de l’Alaska comme dans les villes plus au Sud. La pêche n’était pas une priorité mais une canne à mouche prend tellement peu de place, se serait stupide de ne pas la glisser le long du sac à dos… De plus, lorsque l’on rame entre 8 et 10 heures par jour durant un mois et que les repas tournent autour des pâtes et du riz, capturer un saumon pour améliorer le quotidien, ce n’est pas du luxe.

Le repas du soir !

Nicolas : Finalement, tu as pêché un peu quand même. Il a fallu te faire une place au milieu des ours. Particulier comme ambiance je suppose ?

Lucas : Oui, plus de pêche que prévue et ce n’était pas pour me déplaire. Lors des quatre derniers jours, je me suis fait déposer en hydravion dans une zone reculée, fortement fréquentée par les grizzlys en quête de saumons. Pêcher les arcs et les saumons avec eux fut une expérience assez unique qui demande un minimum d’engagement et de connaissance de ces animaux. Il faut savoir réagir correctement à leur approche, car il m’est arrivé de les côtoyer de près (- de10 mètres), et ne pas hésiter à sacrifier votre prise si l’un d’eux la convoite.

Les compagnons de Lucas ! Photo prise par mon invité bien sûr.

Nicolas : Et les truites alors ? Comment as-tu réalisé tes pêches ? En sèche ?

Lucas : Streamer et nymphe, j’aurai pourtant adoré pêcher en sèche, mais les créneaux météo n’ont pas toujours rendu les conditions optimales pour les capturer ainsi. Pour le coup, l’expérience acquise en Colombie Britannique sur les truites se nourrissant d’œuf de saumon a été un vrai plus.

Bien mangé à la cantine celui-là !

Nicolas : Racontes-nous ta plus belle anecdote du séjour stp.

Lucas : Le fait de combattre une grosse truite à proximité d’un grizzly, ou bien peut-être l’approche d’une maman grizzly et de ses deux petits proche de notre bivouac le long de la Yukon river, ou la rencontre d’un ancien aviateur de l’US army nous invitant à un barbecue et nous présentant sa collection de 150 armes comprenant fusils d’assauts, winchester, magnum… Ou alors se réveiller au pied d’un glacier, finalement peut-être que c’était de finir à poil dans un bain nordique à une heure du matin… En vain, il y aurait tellement d’anecdotes folles, des souvenirs par dizaines, ce voyage en lui-même est la plus belle anecdote.

Pêche sur une barque trouvée lors du trip.

Nicolas : Après un tel voyage, je pense que tu n’as qu’une seule idée en tête, repartir ! Mais où ?!?

Lucas : Repartir pêcher les carpes au beau milieu d’un barrage haha ! Plus sérieusement, je ne sais pas, je dois y réfléchir mais j’avoue que la Patagonie représente une option assez alléchante…

Nicolas : Merci Lucas d’avoir partagé ton expérience de baroudeur. Je te souhaite le meilleur pour la suite et de nombreux autres trips pour le futur.

Lucas : Merci à toi Nico pour ces quelques questions mais aussi pour la qualité de tes produits made in Jura qui permettent de piéger des truites en toute confiance bien au-delà de cette belle région !

Vous avez aimé ? Que cela fait du bien de lire ces quelques lignes non ? On ne va pas se quitter de suite. J'ai une surprise pour toi Lucas, je laisse la parole à ton copain Franck ! ;-)

Franck : Alors tout d’abord, salut à tous les lecteurs du blog et merci à toi Nicolas pour l’invitation à participer à cette interview ! Je vais essayer de vous raconter ma rencontre avec Lucas et donc la naissance de cette belle amitié avec ce petit homme.

Lucas et moi on s'est rencontrés, pour la première fois, sur Facebook ! Et oui, comme quoi, on peut y faire de belles rencontres. Pêchant tous les deux les carpes et surtout ayant la même vision de cette pêche, les sessions ensembles aux quatre coins de la France se sont vite mises en place. 

En 2016, un ami me propose de le suivre pour faire ma première sortie à la mouche. Là, c’est le déclic dans ma tête, je vais devenir accro à cette pêche. Bientôt, nos discussions avec Lucas ne tournèrent qu'autour de cette nouvelle technique ( j’étais tout doucement en train de le faire changer de bord …).

Etant aussi adepte de voyages ( je passe en moyenne 2 ou 3 mois par an l’étranger pour visiter et découvrir d’autres cultures et paysages que les nôtres ), la question du voyage pêche c’est alors vite posée et la solution vite trouvée...NOUVELLE ZELANDE !

Un soir j’appelle Lucas pour lui parler de mon projet et 5 minutes après, il m’annonce qu’il vient avec moi (pas du tout impulsif le type). Pour résumer un peu le projet, à nous deux on n'avait même pas 10 sorties mouche à notre actif et on a décidé de partir dans un des plus beaux pays pour la pêche des truites…Couillus les mecs !

Janvier 2017, on décolle pour 3 mois d’apprentissage au paradis.

Les premières semaines furent assez drôles, vu qu’on partait à peu près de zéro. Mais tout doucement les résultats devenaient plus réguliers et on commençait à prendre un réel plaisir dans cette pêche, tout en s’habituant à cette vie rythmée en fonction du temps (capricieux) et des rivières magnifiques que l’on découvrait en parcourant le pays.

C’est une expérience qui a vraiment permis de nous connaitre et de se faire confiance mutuellement, ce qui je pense est très important quand on pratique cette pêche en binôme.

Au final, même s'il y a eu quelques moments de tensions à force de rester ensemble tous les jours, (ce qui nous fait bien rire maintenant en y repensant), l’amitié qui est née de ce voyage est bien réelle, parce que je pense que ce n’est pas avec tout le monde qu’on pourrait passer 3 mois 24h/24 (à dormir dans la même voiture), et j’espère que ça durera encore de nombreuses années !!!

La bise mon petit pote !

dimanche 9 septembre 2018

Portes ouvertes chez Jura Pêche à Champagnole !

A noter dans vos agendas s'il vous plait. Les 14, 15 et 16 septembre prochains, le magasin Jura Pêche à Champagnole vous ouvre ses portes. L'occasion pour vous de découvrir un tout nouveau rayon destiner à la pêche de la carpe. Un guide de pêche, spécialiste de cette technique sera présent pour tous renseignements.

De plus, pour cette occasion, des pourcentages de l'ordre de 20 à 30% de remise seront faits sur l'ensemble du magasin. De quoi réaliser de belles affaires pour les pêches automnales ou pour, par exemple, vous préparer à la saison hivernale près de l'étau.

Si vous venez faire la fermeture de la truite par chez nous, n'hésitez pas à trouver 5 minutes entre deux truites pour profiter de ces instants ;-)

Portes ouvertes les 14, 15 et 16 septembre prochains.

Le nouveau rayon carpe.

 

jeudi 6 septembre 2018

L'histoire d'une truite (42)

La bise, toujours la bise…Je ne sais pas combien de jours de cette satanée bise nous avons eu lors de cette saison de pêche, mais je pense que l’on bat les records. Juste incroyable !

Il était environ 16 heures, j’étais à la maison, mon fils au foot et les filles bien occupées. La bise soufflait de façon intense depuis le milieu de la matinée. Je venais de faire quelques corvées domestiques et malgré ces aléas météorologiques, je n’avais qu’une envie, me retrouver au bord de l’eau. J’ai fini par me décider définitivement. J’ai voulu retourner à un endroit où avec mon fils nous avions vu des beaux poissons quelques jours auparavant.

Au fur et à mesure que je me rapprochais du coin en question, j’observais le mouvement des arbres à travers le pare-brise de la voiture. Ils dansaient dans tous les sens. Je m’imaginais déjà en train de proférer des noms d’oiseaux les pieds dans l’eau !

La voiture garée, la canne montée, le fil passé dans les anneaux, je pouvais, d’un pas décidé, me rendre sur le spot. Bien entendu, comme partout sur la rivière depuis mi-juin, il y avait très peu d’eau. Un léger tirant donnait un semblant de vie à cette eau bien trop immobile à mon goût. La seule bonne nouvelle du moment est que la température de l’eau a bien baissé ces derniers jours.

En arrivant précisément sur les lieux, j’ai de suite repéré une belle truite. Elle était complètement immobile sans avoir les couleurs caractéristiques du dormant. J’étais très méfiant et je n’ai pas voulu m’approcher davantage. Elle était vraiment en bordure, pas du tout dans la veine d’eau comme j’avais pu la voir avec Thibaut. Pour moi, c’était un autre poisson. J’ai voulu tenter ma chance avec une nymphe cuivre non plombée montée pour l’occasion sur un TMC3769 au bout d’une pointe en quatorze centièmes. J’ai réduit ma longueur de pointe par rapport à d’habitude à cause de ma copine la bise. Très compliqué de lancer de façon précise. J’y suis arrivé. Le poisson, alors que je n’ai pas animé ma nymphe, est parti dans la seconde. Il a rejoint sa cache sans réfléchir. Enfin si justement, cette truite avait tout compris en un rien de temps. Maline va !

Qu’à cela ne tienne, j’étais quasiment persuadé qu’il y avait une autre truite dans le coin. J’ai bougé très lentement avec de l’eau jusqu’aux chevilles vers l’aval. Je faisais un pas par minute un peu près. La faible hauteur d’eau m’interdisait de faire « le bourrin ». Je fixais de plus en plus la zone où nous avions vu avec mon fils le poisson que je recherchais.

Elle était là, au même endroit ! Tête pointue positionnée en regardant l’amont. Un poisson très long. Un fois les yeux dessus, je ne voyais plus que ça. Je n’aime pas spécialement attaquer des poissons qui sont situés à mon aval. Légèrement en aval, ça joue, mais là, c’était vraiment accentué. Je n’avais aucune idée de sa taille, si elle était active ou pas pour la bonne et simple raison que la bise et les vagues qu’elle provoquait à la surface de l’eau m’empêchait de me faire une idée. Si j’ai pu repérer la truite, c’est uniquement parce qu’elle était de belle taille. Un poisson de quarante centimètres n’aurait pas pu être vu sous ces vagues, en tous les cas pas par moi. Je n’ai pas cette faculté.

Il me fallait être patient maintenant. J’étais en poste, à environ une dizaine de mètres du poisson. Et même si ma préférence aurait été à un positionnement à sa perpendiculaire, je ne voulais surtout plus me déplacer au risque de faire fuir pour de bon ma truite. Je me suis mis à attendre…A attendre que la bise m’offre une accalmie afin d’attaquer la truite et surtout de voir clairement sa réaction. Car sous les vagues, cela aurait été voué à l’échec à moins de la faire déplacer d’un bon mètre, mais je n’y croyais pas du tout. 

J’ai quand même voulu donné deux coups de fouet pour voir comment ma nymphe posait afin de me rassurer avec ces grands courants d’air. Je le fis dans un autre angle sans que la truite puisse le voir. Au deuxième mouvement de canne, j’entendis un « plouf » ! Ma bobine de moulinet venait de tomber à l’eau ! Aus’cours ! J’avais certainement fait une mauvaise manipulation ou que sais-je. J’ai remis ma bobine en vitesse surtout que l’accalmie tant attendue venait de poindre son nez ! J’ai empoigné ma soie avec ma main gauche afin de sortir la distance nécessaire.  Mais, au toucher, je sentis une surépaisseur. « Ce n’est pas possible, rien de veut aller ! »

Il y avait un nœud sur ma soie ! Aus’cours (bis). Adieu l’accalmie. Il m’a fallut démonter ma bobine de moulinet pour la passer dans le nœud de ma soie afin de le défaire. Le truc qui ne m’est jamais arrivé. Bref, j’étais reparti pour une bonne vingtaine de minutes de bise à bloc. Comme c’est frustrant. Savoir que le poisson est là, le deviner sous les vagues sans pouvoir le tenter. Il s’en passe des choses dans la tête. Heureusement que devant moi, il y avait un couple de martin-pêcheur qui vaquait à ses occupations. J’ai pu les observer de longues minutes et pour le coup, l’attente d’une eau plus lisse en surface s’est faite moins longue.   

De nouveau, la bise s’est tue. J’allais enfin avoir mon occasion. Effectivement, au fur et à mesure que les vagues s’estompaient, j’ai pu me rendre compte à qui j’avais à faire. Une truite magnifique, là, bien devant moi. Vite, il fallait faire vite, cette maudite bise pouvait revenir à n’importe quel moment et pour le coup me faire foirer ma tentative.

Ma nymphe cuivre, après avoir fait quelques virevoltes dans les airs, est venue percer la surface de l’eau environ deux bons mètres en amont de la truite. Je ne pouvais la poser plus haut, la hauteur d’eau me l’empêchait une fois de plus. C’était très risqué car très porche du poisson. Dans la seconde qui a suivi le poser de ma nymphe, la bise a refait des caprices en provoquant des vagues en surface. Plus le choix, il fallait laisser dériver. J’ai fixé toute mon attention sur ce que je distinguais de la tête du poisson tout en réalisant une micro animation au moment où je pensais que mon imitation était au plus près de la truite.

Ce qu’il s’est passé par la suite, c’est de la chance, rien de plus. Il m’a semblé avoir vu la tête bouger sur le côté, mais je ne peux l’affirmer, c’est l’impression que j’ai eu. Alors, j’ai ferré ! Et comme par magie, la truite était piquée. Le bas de ligne s’est tendu ainsi que la soie, ma canne s’est courbée. La truite a fait un départ très lourd. J’étais surpris qu’elle ne se tortille pas sur elle-même comme les truites d’une certaine taille le font souvent. En première intention, elle a tenté de rejoindre les saules qui lui servaient de cache à mon avis. J’ai pu la bloquer. Ensuite, elle est restée dans la veine centrale et m’a pris de la soie vers l’aval. J’ai fait le choix de la suivre pour rester au contact rapproché. J’ai eu des maux à la sortir de la veine de ce qui restait de courant. Mais une fois en dehors de cette zone, tout est devenu plus facile. Elle m’a bien refait quelques départs, mais les maîtriser étaient plus simple. Et après quelques tentatives, j’ai pu l’emmener à la surface de l’eau. Le combat fut terminé.

Waouh ! Quel poisson ! Vraiment, une superbe truite avec une tête bien marquée. En voulant retirer ma nymphe de sa gueule, je ne l’ai pas trouvé. Normal, elle n’y était pas. En faite, mon imitation s’est plantée à l’extrémité de son maxillaire. Soit, à l’extérieur de sa gueule ! D’où peut-être ce début de combat peut habituel. Alors pourquoi ? Aucune idée. Avec les vagues, je n’ai rien vu finalement. J’ai juste eu l’impression que la tête avait bougé sur le côté. Pour prendre la nymphe ? Si oui, j’ai ferré un poil tard alors…Pour la refuser ? Si oui, j’ai grappiné ma truite. Je ne le saurais jamais. Tout ce que je sais, c’est que j’ai eu un maximum de réussite et que c’est un peu une truite de raccroc (pensées émues pour mon copain Fred !)

Après une ou deux photos sans sortir le poisson de l’eau, je l’ai laissé repartir sans avoir également pris le temps de l'admirer. Un poisson parfait à qui il manquait une ou deux centaines de grammes. Presque normal après un tel été. Cela n’a pas empêché ce poisson de me faire un énorme combat. La rivière m’a une nouvelle fois bien gâté. Merci !

mercredi 5 septembre 2018

Qui s'amuse avec la rivière d'Ain ?

Vous êtes nombreux à me contacter pour me rapporter vos constations sur la rivière d'Ain, quel que soit le linéaire et je vous en remercie. Il y a quelques jours, on m'a parlé d'un fait étrange et tout sauf naturel. Une baisse brutale du niveau de la rivière visible depuis le pont de Pont-du-Navoy. Comme j'aime bien voir les choses par moi-même, je m'y suis rendu plusieurs fois depuis. Mais j'avoue sans succès, tout me paraissait normal, enfin presque. Je voyais plutôt le contraire. Comme un niveau plus haut que la moyenne avec des galets blancs recouvert d'eau. Bref, rien qui ne correspondait aux informations que l'on m'avait donné.

A la fois, je me suis rendu sur ce linéaire uniquement en journée voir sur le soir en balade. Hier soir, je me suis décidé pour y aller tôt ce matin. Hallucinant ! Quelle ne fut ma surprise !

Ho ! Où est la police s'il vous plait ? La rivière coule péniblement avec à peine plus de 1000 litres par seconde et quelqu'un s'amuse à faire mumuse avec la rivière et son niveau ? J'ai constaté une variation de plus de 25 centimètres ce matin, rien que ça ! Des poissons stressés à outrance !

Il parait évident que c'est un coup de vanne du seuil en aval du pont. Plus on monte la rivière (je l'ai remonté sur 4-5 kilomètres) plus l'effet "coup de vanne" s’atténue. Je ne connais pas les droits des propriétaires de cet ouvrage, mais si ce qu'ils font ces jours est légal, c'est un véritable scandale. 

Et c'est là que je me dis, mais pourquoi diable tu t'es privé de pêcher ce linéaire tout l'été pour ne pas stresser plus qu'il ne faut les poissons...Quand j'ai vu leur comportement ce matin, j'étais furieux bordel ! Sans déconner...Mais tuez la de suite cette rivière, qu'on en parle plus !

25, c'est à vue de nez, mais je pense plus.

La rivière fait à peine plus de 2 mètres de large...

lundi 3 septembre 2018

Des mouches appartenant à Aimé Devaux.

Il y a parfois dans la vie des rencontres improbables. Il y a quelques mois, j'ai fait la connaissance d'un homme, ancien industriel à la retraite. A travers nos conversation, nous sommes venus à parler pêche à la mouche. A ma grande surprise, l'homme que j'avais en face de moi était un ami d'Aimé Devaux.

Il a eu le privilège de partager bon nombre de parties de pêche en sa compagnie, mais pas que...Chasse à la bécasse et autres moments de vie dont il m'a raconté quelques extraits. J'ai ainsi pu mieux faire la connaissance de cet icône jurassien de la pêche à la mouche. Et je peux vous dire que ça m'avait l'air d'être un sacré loustic ! 

"Mon ami" m'a proposé de passer le voir à son domicile car il voulait me montrer quelque chose. En effet, Aimé Devaux lui avait fait don de sa boîte à mouches de son vivant. Pas la petite ronde en métal, célèbre dans les photos de pêche, mais sa boîte de réserve. Une immense boîte à casiers où étaient stockées des centaines de mouches. 

Je ne parle pas de celle-ci qu'il utilisait à la pêche.

Rendez-vous fut donc pris avec mon homme. Il alla chercher cette fameuse boîte pour me faire découvrir ces trésors. C'était une boîte à gros casiers blancs avec un couvercle transparent. Dans certains casiers, il y avait des dizaines de mouches en paquet. Toutes montées par Aimé Devaux lui-même. Aucune ne venaient de l'atelier de Champagnole. L'épouse de mon nouvel ami m'a raconté dans l'état où était son époux lorsque qu'Aimé lui a offert cette boîte. C'était quelque chose !

Moi, je n'aurais le droit de regarder et d'apprécier uniquement cette page de l'histoire de la pêche à la mouche durant quelques minutes. Et puis, mon ami me dit que je pouvais en prendre pour moi une ou deux. Que je pouvais choisir. Je ne me suis pas fait prier et je vais conserver ces mouches très précieusement.

Mouches fabriquées par la main d'Aimé Devaux.

Rien à voir avec les mouches commercialisées, un peu à l'image des mouches d'André Terrier. Il y avait une réellement différence entre celles de ses boîtes et celles que l'on trouvaient en magasin. Souvent plus épurées. D'ailleurs, j'ai aussi récupéré quelques mouches venant de l'atelier encore toutes neuves. Peut-être sont-elles passées par les mains de Mme Devaux que j'ai connu personnellement à l'inverse de son époux.

Au final, une magnifique rencontre !

Mouches fabriquées à l'atelier de Champagnole.

Mme Devaux au travail à l'atelier rue du Pont de l'épée.

jeudi 30 août 2018

Trois nouvelles rivières sauvages.

Histoire de ce remonter le moral, je vous invite à découvrir les images en vidéo de trois nouvelles rivières françaises classées "rivières sauvages". Cela fait plaisir de voir qu'il reste quelques zones préservées dans ce pays. Pour combien de temps...

RIVIERES ROUGES - TEASER from Robert Luquès on Vimeo.

lundi 27 août 2018

Vidéo : Chest Pack JMC Compétition.

Je tenais à vous présenter cette vidéo réalisée par Julien Daguillanes. Vous allez découvrir à travers sa démonstration tous les avantages du Chest Pack JMC compétition. Ce produit a déjà séduit un grand nombre de pêcheurs depuis sa sortie.

Avec les explications de Julien, qui a participé au développement du produit, vous aurez sans aucun doute les réponses à vos questions.

Si toutefois vous souhaitez vous le procurer, je vous invite à cliquer sur le lien suivant => Chest Pack JMC Compétition.

jeudi 23 août 2018

Vidéo de montage de mouche : fabrication d'une aile de sedge par Anthony.

Pour ce retour d'activité du blog après la période estivale, voici une nouvelle vidéo de mon ami corse Anthony. Il vous explique comment fabriquer vous-même une aile de sedge.

Bon montage et merci à Anthony de prendre le temps de réaliser ces vidéos.

Fabrication d'une aile de sedge. from Nicolas Germain Fly Shop on Vimeo.

samedi 18 août 2018

Clap de fin !

Il y a malheureusement une fin à tout. La reprise du boulot n'a jamais été aussi près. Des vacances où encore plus que les années précédentes, la priorité a été la famille. Les enfants grandissants, tout est prétexte à passer du temps ensemble.

La pêche dans tout ça, il y en a eu à petites doses. Mais une fois de plus, uniquement lorsque Thibaut voulait m'accompagner ou même ma petite fille. J'ai fait une seule et unique sortie en solo, mais j'avoue que je n'ai pas eu à le regretter. Bien au contraire !

Nous sommes partis en famille dans le 66 cette année. Pas de Corse pour diverses raisons à notre grand regret. Quoi qu'il en soit, nous avons découvert une autre magnifique région de notre beau pays. Nous étions basé vers Vernet-les Bains. Un lieu enchanteur avec des paysages de rêves. Cela devait être une semaine avec seulement une partie de pêche. Effectivement, j'avais contacté l'enfant du pays, Mr Christophe Idre. Nous nous sommes connus lors de mes années compétition. J'ai toujours un grand respect pour l'homme et une profonde admiration pour le pêcheur. Faut dire que Christophe nous mettait régulièrement des volées en compèt, donc difficile d'oublier ! Ce fut un immense plaisir que de revoir Christophe et son ami Olivier. Nous avons fait un petit coup du soir sur la Têt et Thibaut a ainsi pu découvrir la pêche à l'espagnole avec les explications de Christophe. J'ai passé un super moment en sa compagnie à l'écouter me raconter l'histoire de cette rivière où il pêche depuis tant d'années.

Thibaut à l'écoute du maître des lieux.

Voilà, et cela devait être tout pour le 66. Mais le hasard de nos visites nous a conduit vers un parc municipal très joli et ombragé. Un luxe durant cette période de canicule. Dans les eaux du petit plan d'eau se promenaient des carpes. Vous connaissez mon fils ! Il est devenu un peu tendu à la vision des poissons. Aucun panneaux pêche interdite...On demande à un employé du parc qui nous dit qu'on peut y aller...Il n'en fallait pas plus. Seul Thibaut prendra la canne pour assouvir son besoin de grosses bagarres ! Avec une 9 pieds soie de 5, c'était du sport.

La première prise au streamer olive.

La petite sœur se moque bien de ce que fait son grand frère.

La deuxième.

Et ce n'était pas tout. Nous étions à moins d'une heure de la mer et lors d'une sortie "plage" en famille, Thibaut a voulu tenté sa chance dans l'eau salée. Alors autant vous dire qu'on y connait absolument rien, mais bon, comme dirait le gosse : pas capot !

Effectivement, il a pu rajouter plusieurs espèces de poissons à son actif. Streamer en lançant ou encore nymphe en dandinant, il a eu de la réussite. Tout cela depuis la première digue de rochers que l'on a vu. Mon fils était sincèrement heureux !

Maquereau pris à vu dans une chasse !

Gobie à la nymphe devant sa cache.

Chinchard au streamer en lançant le plus loin possible dans la vague.

Pour ce dernier poisson, et quand j'ai vu la courbe de la canne, j'ai cru qu'il avait un thon ! A taille égale, nos truites sont vraiment misérables pour le combat. Il faut le voir une fois pour le croire !

Voilà pour la pêche durant nos vacances familiales. Un peu plus que prévu et bien sympa au final. Difficile de ne pas vous parler de cette journée aux Carlits. C'était un retour pour Lætitia et moi après une bonne vingtaine d'années. Toujours aussi beau. Les enfants qui eux ne connaissaient pas ont adoré. Thibaut a juste eu de la peine car lorsque l'on a traversé le barrage des Bouillouses, il a indiqué une truite à un pêcheur à la mouche qui ne la voyait pas pensant bien faire. Seulement, après avoir pris le poisson, le pêcheur l'a gardé. A aucun moment Thibaut n'a pensé à cette conclusion et du coup, il était un peu énervé...

Les lacs du Carlit !

Après cette semaine passée hors de nos bases, nous sommes rentrés à la maison. Autant vous dire de suite que j'ai très peu pêché. La rivière d'Ain était dans un état catastrophique. Seul le tout amont était acceptable avec des températures d'eau correctes. On a fait une ou deux sorties avec mon fils pour profiter un peu l'un de l'autre. Les truites n'étant pas du tout la priorité.

Thibaut sur le haut de la rivière.

Truite prise au GL-16

On en a même profité pour emmener Lilou au bord de l'eau. Ce coup-là, elle n'a rien pris, mais c'est elle qui relâchait les truites de son frère.

On voit la truite si vous regardez bien.

De mon côté, j'ai fait une seule sortie solo lors des mes congés estivaux. Un record pour moi, sans aucun doute. J'ai choisi une petite rivière francomtoise en tête de bassin. Pourquoi ? Parce que même en plein été, la température de l'eau reste très froide. 11 degrés lors ma sortie. Les truites qui vivent là-bas ne souffrent aucunement de la canicule. C'est donc sans appriori que je vais de temps en temps les embêter l'été.

A peine arrivé au bord de l'eau que j'ai vu une belle truite qui trainait là. Un petit lancer arbalète avec un gammare JFD au bout du fil et le tour était joué. Comment mieux débuter ?

Belle truite sauvage de la rivière.

En fait, je n'ai vu que des belles truites lors de cette journée. Et même des très belles. C'est assez rare pour le signaler, car c'est plus souvent le contraire ! La pêche par contre s'est résumée à de l'arbalète tant cette rivière est petite et encombrée. Peu ou pas de possibilités de faire autrement. Les photos peuvent être trompeuses, car j'ai essuyé beaucoup d'échecs. Malines les cocottes ! A noter tout de même quelques belles rencontres...

Poisson avec une force incroyable...

Poisson avec des couleurs fantastiques !

Et puis il y a eu la rencontre. Un poisson incroyable qui m'a fait un combat tout aussi fantastique. Normal dans une eau si froide. Un poisson bien en forme qui m'a interpellé. J'avais comme un doute. Je me suis mis à chercher dans mes archives le soir en rentrant et effectivement, ce poisson ne m'était pas inconnu. Une fois de plus, remettre son poisson à l'eau n'est pas une vaine action. Je suis heureux de réaliser que grâce à mon geste, ce poisson fabuleux a passé un hiver de plus sur les frayères.

Avant...

Après...Avec un bon 10 centimètres de plus.

J'espère le retrouver l'an prochain...

samedi 11 août 2018

Message à l'attention des pêcheurs de la haute rivière d'Ain.

Voici un message que je voulais faire passer après avoir parcouru le secteur de notre AAPPMA aujourd'hui.

lundi 23 juillet 2018

Quelques semaines de pause.

En cette fin du mois de Juillet, il est temps pour moi de m'éloigner du clavier. Je vous laisse avec les 11 ans d'archives de ce blog, certain que vous n'avez pas lu tous les articles ;-)

Sinon, si vous avez 5 minutes, faites la danse de la nuit et des nuits fraiches s'il vous plait, j'ai bien peur que les jours qui viennent sonne le glas pour un grand nombre de truites dans les eaux beaucoup trop chaude de la rivière d'Ain.

En ce qui concerne le Fly Shop, pas d'arrêt cet été pour information. Je reste à votre disposition.

Souvenir d'une belle journée...

mercredi 18 juillet 2018

L'histoire d'un poisson merveilleux.

Cette histoire débute assez tôt en matinée vendredi dernier...

Depuis quelques jours, j'emmène ma grande fille tous les matins à la caserne des pompiers de Champagnole afin qu'elle y suive une formation. Ce fut donc le cas vendredi. Nous étions à la caserne autour des 7h15. Ayant quelques heures devant moi et comme parfois le matériel de pêche dans le coffre, j'ai voulu en profiter pour faire un parcours tout proche que je n'avais pas pratiqué depuis bien longtemps. La seule condition qui m'aurait empêché d'aller au bout de mon idée était de voir un parking trop rempli. Coup de chance, personne ! Le temps de passer le fil dans les anneaux et je pouvais me mettre en quête des zébrées sauvages. Le niveau de la rivière était extrêmement bas. Avant de faire quoi que ce soit, j'ai pris la température de l'eau. 16.5°c à cet endroit. Encore correct pour la pêche, mais déjà chaud malgré tout. Les jours qui arrivent seront cruciaux pour bon nombre de truites de la rivière d'Ain...C'est certain.

Quoi qu'il en soit, j'ai commencé à voir quelques truites assez vite. Les premiers postes pouvaient se pêcher qu'à l'arbalète. J'ai donc naturellement opté pour un gammare JFD. La reine des nymphes pour cette pratique. Parfois, lors d'une partie de pêche, tout tourne à l'envers, rien ne veut aller. Ce matin-là, j'ai eu l'impression contraire très rapidement. Le premier beau poisson actif repéré est passé trop vite devant moi. Il descendait la rivière. Pas eu le temps de tenter quoi que ce soit. J'ai quand même continué à le suivre du regard. Chose qui n'arrive quasiment jamais, il s'est retourné pour me revenir droit dessus. Il était même encore plus près de la berge. Si le facteur chance s'était arrêté là, il n'y aurait pas eu grand chose à dire finalement, mais non, cela a continué à me sourire. J'ai donc arbalèté mon gammare JFD devant la truite afin qu'il soit présent à son niveau et dans sa trajectoire. Pas de réaction du poisson, j'ai donc décidé d'animer ma bestiole. Dès le premier mouvement de la nymphe, la truite est venue dessus. Elle a légèrement changé de niveau en montant mais sans marquer d'arrêt à l'endroit où je pensais que ma nymphe évoluait. Je n'ai donc pas ferré. Erreur ! La truite a mis un coup de gueule sur le côté...Mais elle l'a en bouche ! Ferrage...Au bout ! Rhooo, ce poisson de raccroc ! J'ai tellement eu du retard dans mon ferrage que je pense sincèrement qu'elle s'est piquée toute seule. Je ne l'ai pas vu prendre, tout simplement.

La matinée ne pouvait pas mieux débuter. Quel beau poisson ! 

Enfin, je n'allais pas bouder non plus, d'autant plus que j'avais un combat à gérer. Et avec un poisson très puissant qui plus est. Vraiment pas mal de chance sur ce coup-là. Il en faut parfois. Après avoir remis mon poisson à l'eau, j'ai continué ma prospection. Je suis arrivé près d'un tout petit bief. Une truite tournait là. A l’œil, un poil plus petite que celle que je venais de prendre. Sur ce poisson, rien de spécial à raconter, il est venu prendre mon gammare comme s'il n'avait jamais rien vu. Presque trop simple, mais ça fait du bien de temps en temps. Et puis cela donnait encore plus de valeur à ma partie de pêche du jour car c'était un très joli poisson. En ces périodes d'étiage, faire pêche n'est jamais facile.

Poisson plus fin, mais bien en forme.

Le soleil était un peu plus haut dans le ciel, et je me suis souvenu qu'il y avait un radier sympa un peu plus en amont que je pratiquais beaucoup étant plus jeune à l'étiage. J'avais le souvenir de truites qui venaient en bordure de courant pour se nourrir. Et vous savez, chez les truites, les générations passent, mais les bons postes restent. Effectivement, mon radier était toujours là et comme par magie, j'ai de suite vu deux belles truites qui faisaient un circuit en bordure de la veine principale. Comme si après toutes ces années, rien n'avait changé. Elles étaient très visibles, encore plus avec le soleil qui montait très vite au fil des minutes qui passaient. J'ai pu me mettre en position sans rentrer dans l'eau tout en étant à l'aise pour fouetter. Les deux truites passaient devant moi par séquences à environ 10 mètres. Il me paraissait évident que le JFD n'était pas adapté pour ce coup-là. Peu d'eau et un courant quasiment nul très vite le long du radier. J'ai regardé mon accroche mouche, et allez savoir pourquoi, j'ai pris de ma main droite une énorme tête orange. J'avais ça ici car j'en avais monté quelques unes pour notre sortie à Veirières avec mon fils. Elle n'avait bien entendu par servie depuis. Pourquoi j'ai pris ça, je n'en sais encore rien aujourd'hui. Je l'ai senti, j'ai pensé qu'il fallait cette bestiole par rapport à la situation. Et pourtant, une sacrée bestiole, montée sur un TMC3769 en 8. Pas vraiment une nymphe d'étiage. Non plombée bien entendu. Tête orange en soie floss vernis et non avec une bille. Le reste en faisan. D'ailleurs, elle était bien malade, le faisan avait souffert des dents des grosses arc-en-ciel de Veirières.

Je me suis décidé à suivre le plus gros de deux poissons. Il fallait attendre la meilleure opportunité pour poser la nymphe sur son circuit. La meilleure lumière. Avec ces petites vaguelettes, j'estimais cette truite à un bon 45. Me suis bien planté ! Après deux petits tours sous les vagues, cette truite a remonté le radier dans la partie calme tout en cherchant sa pitance sur les galets du fond de la rivière. C'est à ce moment que j'ai décidé d'étendre ma soie afin de poser ma nymphe hameçon de 8 sur l'eau. Que cet instant qui est très court dure longtemps au final. Ce moment où l'on est en attente de l'immersion totale de la nymphe, où la truite se rapproche...Très légère animation, la truite a réagi de suite en accélérant en direction de mon imitation. Un arrêt du poisson suivi d'un ferrage appuyé grâce à un fil de pointe encore épais pour la saison ! Elle était à moi ! A la première tension du fil, la truite est retournée dans la veine centrale du radier. Tout est relatif avec ce niveau très bas, mais disons qu'elle a très bien utilisé le peu de courant qu'il y avait. Un vrai beau combat avec pas mal d'indécision. C'était vraiment sympa.

Quelle caboche !

Et que dire de la beauté de ce poisson merveilleux lorsque je l'ai vu glisser dans mon épuisette. Un présent de la rivière. Un trésor comme elle seule peut m'offrir. Ce poisson a tout pour lui. Après trois photos rapides dans l'eau, j'ai redonné à la rivière le cadeau qu'elle venait de me faire. Cette truite lui appartenait, comme toutes les autres. Comment peut-on tuer un tel poisson...Comment aujourd'hui, en 2018, lorsque l'on connait le taux de mortalité annuelle lié aux pollutions et au réchauffement, comment peut-on autoriser les pêcheurs à tuer ces poissons sauvages qui sont les derniers réprésentants de cette rivière d'Ain...Comment est-ce possible !?!?!?!

Collector la photo ! ;-)

jeudi 12 juillet 2018

Ho ! Une éclosion d’A4…

...Cette phrase résume à elle seule mon niveau en entomologie !

Avec mon copain Denis, c’est ainsi que l’on parle des mouches de façon générale une fois au bord de l’eau. Pour ma part, la raison en est simple, c’est que je n’ai aucune connaissance scientifique sur les insectes dont se nourrissent nos truites et nos ombres (mon copain Denis non plus d’ailleurs, on s’entend très bien là-dessus).

Cela ne m’a jamais intéressé à vrai dire. Autant j’aime passer du temps à les observer au fond de l’eau, à la surface, dans le ciel ou encore sur la végétation qui borde la rivière, autant ce qu’il y a d’écrit sur ces bestioles dans les livres me passe au-dessus de la tête. Je vais faire bondir pas mal de monde, mais c’est la vérité. C'est comme cela depuis toujours. Je parle de perles, de grandes rouge, de grise à corps jaune, d'olive, de tape-cul, de mouche de mai, etc...Dans tous les cas, je ne connais rien de plus sur ces bestioles.

Je n’écris pas ces quelques lignes pour provoquer les amoureux de cette science des insectes, mais bien au contraire pour rassurer certains de mes lecteurs qui pourraient être dans mon cas. Le fait d’être totalement ignorant dans le domaine ne vous empêchera pas d’atteindre un bon voir un très bon niveau à la pêche ou encore de monter des mouches qui prennent du poisson. De cela, j’en suis certain. Je le vis depuis mes débuts. C'est surtout en ce sens que j'ai mis en ligne cet article.

A la question, est-ce que cela peut vous apporter un plus ? J’ai bien évidemment du mal à vous répondre n’étant pas concerné. Je pense que oui sans en être certain, mais si je me réfère à mon cas personnel, je doute que des connaissances entomologiques m’aient apporté un plus en terme d’efficacité dans mes montage de mouche. Mais finalement, je ne le saurais jamais.

Bien entendu, tout dépend de la philosophie qui nous accompagne dans notre vie de pêcheur à la mouche. Depuis toujours, j’ai utilisé des mouches et des nymphes d’ensembles. Je crois réellement en ce mode de fonctionnement. Je ne crois pas en l’imitatif parfait. Je tiens cela d’André Terrier certainement. Bien qu’à mon avis, j’en suis encore plus éloigné que lui à l’époque.

Se passionner pour l’entomologie vous aidera en ce point précis, imiter plus précisément les insectes que vous trouverez sur ou sous l’eau. Connaitre chaque stade de chaque espèce d’éphémère pour mieux représenter leurs teintes, leurs formes, les reflets, les nuances…Et bien sûr croire que cela peut faire la différence. C’est là que ça bloque pour moi, car je n’y crois pas en cette différence…J’ai tellement d’exemples en tête qui me font penser le contraire. A lire les personnes qui se passionne du domaine, cela doit être un plaisir pour le monteur de prendre un poisson gobeur ou pas avec une imitation parfaite. En ayant compris sur quel type de mouche et à quel stade la truite s’en nourrissait, lui présenter la bestiole qui se rapproche au plus près du réel, tout en connaissant son histoire.

De mon côté, et même si j’ai fait dix ans de compétition à haut niveau, je ne pratique pas aujourd’hui assez de rivières différentes pour être affirmatif de façon globale sur le sujet. Mais chez moi, sincèrement, et pour avoir eu un grand nombre d’expériences qui me le prouvent, l’imitation à nettement moins d’importance que la façon dont on la présente au poisson, et de très loin. A la pêche, je ne regarde même pas ce qu’il y a sur l’eau pour choisir mon imitation…Alors parfois, oui, cela ne fonctionne pas, c’est vrai. Mais avec quelques ruses, je m’en sors à chaque fois ou presque.

Encore dimanche dernier, où je voyais cette truite entre deux eaux. Elle montait régulièrement en surface pour gober. J’ai retiré ma nymphe pour mettre une sèche. La première qui s’est présentée à moi sur mon accroche-mouches était un segde en cdc et collerette en lièvre. Le tout sur hameçon de 14. De toute évidence, la truite n’était pas là-dessus (je n’ai pas vu voler de tape-cul de la matinée), d’ailleurs, je n’en avais aucune idée. C’est tout sauf ma priorité lorsque je pêche. Après trois passages, la truite gobait toujours sans avoir pris ma mouche qu’elle était pourtant venue voir une fois. Soit ! J'étais prêt à lui passer une nymphe du coup. Un autre gobage plus bas. Je laisse dériver et pan, le poisson prend ma mouche. Un gros ombre. Je le relâche très vite un peu gêné de l’avoir embêté et en regardant ma mouche, je me suis dis qu’elle était parfaite maintenant. Bien mouillée. Un nouveau passage sans fouetter sur ma truite tentée auparavant, le sedge sous la surface et la truite le prend cette fois-ci. Je n’ai pas vu un sedge de ma partie de pêche. Alors bien entendu, ça reste une mouche passe-partout, donc ça peut le faire dans bien des conditions. Mais voilà, c’est ma philosophie, je pêche comme ça. Et si la truite n'avait pas voulu de mon sedge plus bas dans la pellicule, je l'aurais fait en nymphe.

Je pourrais vous raconter aussi cette manche rivière en 1ère division où je pêchais un cours d’eau avec un courant régulier de petits radiers. J’avais fait une quinzaine de truites avec une grosse mouche de mai. Je n’avais pas mis ça parce que j’en avais vu, mais juste que j’avais jugé que la pêche serait plus efficace à grande distance et donc que je serais plus à l’aise avec une grosse mouche pour bien la voir. Et quelle ne fut pas ma surprise au retour quand les organisateurs m’ont appris après discussion qu’il n’y avait jamais eu de mouche de mai sur cette rivière…Comme mes clients qui prennent des truites en Nouvelle-Zélande avec des gammares alors qu’il n’y en a pas…

Pareil pour les nymphes, je prends des poissons à longueur d’année avec des gammares et bien souvent, les poissons pris ne s’en nourrissent pas. J’ai 3-4 bestioles différentes et ça passe sans souci sur la saison. Et pourtant, j’imagine que les truites se nourrissent d’une variété bien plus importante de larve sur une année…

Bref, ce n’est pas encore demain que je vais monter des 4 ailes où que je vais chercher la plume de coq aux reflets qui se rapprocherait de telle ou telle mouche. Non, je monte rustique et je pêche simple sans me disperser dans ce domaine. Je préfère me casser la tête pour tout ce qui est connaissance des mœurs de la truite, son comportement alimentaire selon les périodes de l’année, ses réactions face aux évènements quels qu’ils soient, ses déplacements selon les températures et les niveaux, etc…Tous ces paramètres qui me font connaitre au mieux « ma proie » pour mieux la leurrer en anticipant ses faits et gestes.

Tout cela pour dire que si comme moi l'entomologie vous passe au-dessus de la tête, ce n'est pas forcément un frein à votre progression à la pêche. ne vous inquiétez pas ;-)

dimanche 8 juillet 2018

Un geste essentiel...

Petite vidéo d'un geste essentiel pour au moins freiner le déclin des populations de truites sauvages de nos rivières jurassienne. Truites capturées lors du week-end dernier.

Un geste essentiel. from Nicolas Germain Fly Shop on Vimeo.

mercredi 4 juillet 2018

Pollueur-payeur, mon cul oui !

Une fois n'est pas coutume, je suis grossier et je l'assume ! Je suis en colère ce matin, comme je l'étais la semaine dernière lorsque j'ai appris le résultat de l'audience concernant l'affaire de la lagune de Crotenay après presque 2 ans de procédure.

Relaxe, prescription, rien, que dalle...Que cela soit pour la STEP de Montigny ou pour la lagune de notre village, Véolia, la communauté de communes et les autres protagonistes s'en sortent blanchis...Ce monde est merveilleux n'est-ce pas ?

Article du jour (source : Le Progrès)

Ces deux systèmes d'épurations ont fait des milliers de victimes entre les poissons et la micro-faune...Notre justice me fait gerber...Sincèrement. Je n'ai pas les mots pour définir ma colère...

Il est évident qu'il n'y a rien à attendre de ce côté là. L'avenir est bien sombre mes amis et je me demande encore pourquoi je perds mon temps dans le milieu associatif...

Même plus envie d'écrire...

lundi 2 juillet 2018

Entre chaud et froid...

Nouvelles sorties...

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vendredi 29 juin 2018

Vidéo de montage de mouche : A Veccio par Anthony.

Je vous présente aujourd'hui une nouvelle vidéo réalisée par mon ami Anthony. Il s'agit d'un montage de mouche sèche en chevreuil. Une vraie belle mouche de pêche

Je vous laisse en compagnie d'Anthony et du toujours du son corse...

Veccio from Nicolas Germain Fly Shop on Vimeo.

dimanche 24 juin 2018

Vous la reconnaissez ?

La revoilà !

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