Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
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vendredi 14 juin 2019

Pourquoi je relâche mes truites…

Voilà une question que l’on me pose régulièrement. C’est d’ailleurs le plus souvent des personnes de mon entourage qui n’ont que faire de la pêche qui s’interrogent sur les raisons me poussant à relâcher une truite après l’avoir capturée. L’occasion pour moi de mettre tout cela sur le papier en allant au bout de ma pensée.

Tout d’abord, et avant de rentrer dans le vif du sujet, il est important de savoir que ma réflexion est celle d’un pêcheur ayant bientôt 35 ans d’expérience derrière lui sur la rivière d’Ain. Il est tout à fait possible qu’avec un autre âge, un autre vécu, qu’avec un cheminement sur une autre rivière dans un autre contexte ma réflexion aurait été bien différente…Ou pas.

Ensuite, il faut être très clair sur nos agissements. En aucun cas parler de respect quand on laisse la vie à un poisson n’est correct. En aucun cas faire passer des truites sauvages comme des partenaires de jeu n’a de sens. Non, si je voulais réellement respecter les truites sauvages, je ne tenterais pas de leur planter un hameçon dans la gueule. J’arrêterais la pêche tout simplement, mais je n’en ai aucune envie !

Je suis un pêcheur. J’aime chercher et trouver les ruses qui vont me permettre de tromper la vigilance d’un poisson sauvage. Le combat qui s’en suit avec celui-ci me procure des émotions incroyables que je ne trouve nulle part ailleurs. C’est ma passion depuis toujours, j’en ai besoin. C’est mon équilibre.

Je suis un pêcheur. Je connais donc pertinemment mon impact sur la vie d’une truite. Quand celle-ci se met en place au début de l’éclosion alors qu’elle a attendu des heures pour que cette nourriture arrive à la rassasier, je suis là moi aussi et parfois, si j’ai de la réussite, je la capture et donc l’empêche de profiter d’un repas facile. Occasion pour la truite qui ne se représente pas tous les jours…Quand dame fario se met au cul d’un banc de vairons en train de frayer, je suis là moi aussi parce que je sais qu’il ne faut pas manquer ces évènements. J’ai dans ces occasions souvent la réussite de prendre plusieurs poissons et ainsi je prive les truites d’une orgie pleine de protéines. Orgie qui se présente bien souvent une seule fois dans l’année…Ces deux petits exemples parmi tant autres pour bien comprendre que le pêcheur perturbe la vie des truites, c’est ainsi, il faut en être conscient. C’est pourquoi j’ai banni de mon vocabulaire pour ce sujet bien précis le mot respect. Je suis conscient d’embêter les truites, mais je suis un pêcheur et je le revendique, c’est ma passion, je l’assume sans problème. C’est sans doute aussi pour cela que je suis venu assez vite au bénévolat dans le domaine de la protection des milieux aquatiques. Une façon pour moi de me faire pardonner de toutes les misères que je fais aux poissons.  

Truite régurgitant ses vairons après capture.

Oui, la truite elle ne joue pas, elle survit dans un monde sauvage. Pour nous, c’est un divertissement, une échappatoire ou encore une passion qui peut être parfois dévorante (c'est mon cas !). Pourquoi ? Je n’en sais rien finalement. C’est tout un ensemble. L’environnement dans lequel on pratique cette passion, la rivière, ces lieux magiques et sauvages. Mais aussi comprendre ses poissons et finir par les capturer est un plaisir inégalable pour moi ! Un peu contradictoire finalement avec l’amour que l’on porte à ces truites sauvages, avec l’énergie folle que l’on donne sans compter pour les protéger. C’est, si l'on veut faire un parallèle, le même paradoxe chez un chasseur de bécasse qui voue un culte sans limite à cet oiseau emblématique pour le tuer au final. C’est ainsi. Il y a des choses qui sont difficilement explicables.

À la pêche, nous avons cette opportunité. Relâcher nos truites au lieu de les tuer, mais pourquoi agir ainsi ? Je vous avoue que dans une assiette, j’adore le poisson. Que j’aimerais pourvoir manger une bonne truite de ma rivière toutes les semaines en famille. Ce n’est pas faute de ne plus en prendre, non, il m’arrive encore de tromper quelques zébrées, mais au fil du temps, je me suis bien rendu compte que la rivière n’était plus apte à produire assez de poissons pour une consommation régulière, voire même épisodique lorsque celle-ci est multipliée par le nombre de pêcheurs actifs. Je ne relâche pas mes truites par philosophie ou encore par mode, non, pas du tout. Si je le fais, c’est parce que j’estime que je dois le faire pour tenter à mon humble niveau de maintenir la population actuelle. Que nous devons le faire ensemble car la rivière d’Ain ne sait plus produire autant de truites que par le passé. Une époque où j’ai tué sans scrupule des centaines de poissons pour les manger et même pour les vendre à une période assez sombre de ma vie. Si la rivière était encore aussi poissonneuse, je suis certain que je conserverais toujours régulièrement des truites pour le plaisir de les déguster. Oui mais voilà…

Ce n’est plus le cas. La population de truites baisse petit à petit et ce tous les ans. Seul le fait de relâcher ses prises ne suffit pas. Mais toutes nos instances départementales ont prouvés depuis bien trop longtemps leur incompétence mêlée à leur impuissance face aux diverses pollutions, face au réchauffement de l’eau. À ce jour, on ne sait faire qu’une chose sur la rivière d’Ain pour contrer l’hémorragie des effectifs, remettre les poissons à l’eau. Cela fonctionne plutôt bien d’ailleurs. La visite des mêmes frayères tous les hivers le prouve. Les truites sauvages sont toujours là aux endroits où on ne les tue plus. C’est simple finalement comme constat.

Par contre, il ne faut pas être hypocrite, si je remets mes poissons à l’eau, c’est avant tout pour les reprendre, pour qu’ils se reproduisent, pour que je puisse capturer leur descendance et pêcher encore et toujours dans les années à venir… En aucun cas pour leurs beaux yeux. J’adore ces poissons, j’adore ma rivière, mais si je n’étais pas avant tout passionné de pêche, qu’en serait-il ? Ne jamais oublier cela. J’aime les truites et la rivière d’Ain d’un amour véritable mais parce que je suis un pêcheur ! Cela me fait dire également que les pêcheurs sont à ce jour les seuls lanceurs d’alerte des maux qui touchent nos rivières au grand dam de nos politiques d’ailleurs. Eux n’attendent qu’une chose, qu’il n’y ait plus de poisson, donc plus de pêcheur et par le fait plus personne pour rendre publiques au grand jour certaines vérités.

Ancienne image réalisée il y a bien longtemps sur la Loue.

Une fois tout cela pris en compte, une fois la triste réalité des populations en baisse, oui, logiquement, on en vient à relâcher toutes ses prises si l'on souhaite continuer à pêcher. C’est logique. Certains pêcheurs veulent l’ignorer, soit par bêtise (on ne peut plus rien pour eux à part attendre qu’ils trépassent !), soit par méconnaissance du sujet (Là, on peut informer et tenter de convaincre encore). Ces pêcheurs veulent continuer à prélever en disant qu’eux ne s’amusent pas avec les poissons, qu’ils pêchent pour les manger. Soit ! C’est la vérité. Pêcher un poisson pour le manger est moins « tordu » que de le pêcher pour se divertir, c’est un fait, je l’ai évoqué sur plusieurs exemples un peu plus haut. Sauf que si ces pêcheurs peuvent encore conserver les quelques poissons qu’ils prennent, c’est aussi parce de plus en plus les relâchent. Cela aussi est un fait ! J’ai dans mon entourage proche quelques pêcheurs très talentueux, suffit que l’on décide un jour tous ensemble de tuer tous nos poissons, je pense sans prétention aucune qu’ils nous seraient aisés de vider des linéaires importants de la rivière d’Ain. À méditer, vous, messieurs, qui conserver encore vos truites sauvages sur cette rivière fabuleuse.

Ensuite vient la réflexion de comment relâcher ses poissons. Elle a été lente chez moi. À vrai dire, au début de mon cheminement, je me posais peu de questions. Je relâchais mes truites sans forcément prendre de précautions particulières. Je faisais des photos souvenirs. Bref, j’avais l’impression de bien faire. J’avais tout faux. Si l’on fait le choix de remettre à l’eau ses poissons, autant bien le faire ne pensez-vous pas ? Autant réduire le pourcentage de perte au minimum non ? Oui, car quoi que l’on fasse, tous les poissons ne vivront pas une fois relâchés. Cela aussi est un fait. Mais il est possible de s’approcher du minimum en prenant de bonnes habitudes. J’ai évolué avec les années sur ma façon de remettre le poisson à l’eau. Pourquoi, parce que j’aime conserver un souvenir photographique. Mais de toutes évidences, il ne faut pas faire n’importe quoi. J’ai fait des erreurs, j’ai tué des poissons sans le vouloir. J’en ai eu la preuve plusieurs fois en retrouvant des truites mortes un ou deux jours après les avoir relâchées. J’ai donc corrigé tout ça. Depuis 3 saisons, je n’ai pas retrouvé de poisson mort que j’ai laissé repartir. Cela ne veut pas dire qu’il n’y en a pas eu, mais cela m’encourage à continuer en ce sens. Le plus simple bien entendu serait de libérer ses truites au plus vite sans photo. J’y arrive avec le temps. Je fais de moins en moins de photos de truites. Mais pour un beau poisson, il m’est encore très difficile même impossible de ne pas le faire. Ainsi, je peux écrire ce genre d’article pour prouver qu’un poisson peut très bien vivre et donc se reproduire tous les ans si on le relâche correctement (Exemple1, exemple2, exemple3).

Quels sont les phénomènes qui font que le pourcentage de perte va augmenter après relâche d’une truite ? Les manipulations, le stress et le temps d’exposition hors de l’eau. Le stress est d’ailleurs engendré par l’ensemble des autres points. Le plus simple pour réduire tout cela reste de laisser son poisson dans l’eau en le relâchant rapidement. C’est très facile qui plus est. Cela évite d’y mettre ses deux grosses mains tout autour. Les mentalités évoluent doucement, même des AAPPMA ont demandé à leurs pêcheurs de le faire sans malheureusement être écoutées. La Biennoise par exemple a lancé un communiqué en début de saison pour ne pas manipuler et laisser en permanence dans l’eau les truites déjà extrêmement fragiles sur cette rivière. Nombre de pêcheurs ne s’en préoccupent pas. C’est hallucinant quand même. Tout cela dans le but de faire une photo avec sa petite tête à côté pour s’exhiber sur les réseaux sociaux. Vous pourriez au moins respecter les demandes des bénévoles qui passent leur temps à défendre cette rivière pour votre petit plaisir non ? Je ne sais pas, la moindre des choses lorsque l’on pêche un linéaire, c'est de prendre connaissance des doléances de l’AAPPMA et les appliquer !

Relâcher dans les meilleures conditions un poisson et donc optimiser sa survie pour s’approcher des 100% de réussite est très simple finalement, il faut le laisser dans l’eau en permanence ! Si vous faites l'inverse, alors vous augmentez délibérément votre pourcentage de perte après relâche, tout le contraire de ce qui est recherché, c'est ridicule non ?

Mon fils laissant la vie à une belle truite.

lundi 10 juin 2019

Veirières, encore et toujours.

Une fois de plus, nous nous sommes rendus au cœur du Cantal avec Thibaut pour retrouver ce lieu pas comme les autres. Nul n'est besoin d'aller à l'autre bout du monde pour voir des choses extraordinaires. Le domaine de Veirières fait parti de ces lieux enchanteurs. Une sorte de bout du monde où il fait bon aller se ressourcer.

Après avoir quitter les grands axes, il faut finir le trajet sur de petites routes départementales. Ensuite, il faut prendre une plus petite route encore classée en communale. On sent à ce moment-là que l'on s'éloigne de toute civilisation. Puis, il faut quitter cette communale pour prendre une piste à travers les pâtures des vaches Salers à près de 1100 mètres d'altitude. Cette piste n'en finit pas...Et puis le Domaine de Veirières nous apparait. Une vision dont nous nous lasserons jamais.

Veirières est un tout. Un site en France préservé, un biotope tellement particulier, une pêche changeante, excitante et parfois déroutante, des poissons à la défense juste exceptionnelle, un accueil et une organisation pour que les pêcheurs ne pensent qu'à la pêche, un gîte et un couvert parfaits et la cerise sur le gâteau, pas de réseau ! Un vrai paradis !

Cette année, forts de nos expériences passées, nous avions élaboré quelques plans pour faire pêche avec Thibaut. Mais c'était sans compter sur les difficultés et mystères de ce lac. C'est pourquoi nous revenons tous les ans avec mon fils, c'est pour cette recherche permanente de la bonne pêche. On pourrait croire le contraire mais les arcs de Veirières peuvent être vraiment difficiles à leurrer et pourtant, la densité est juste incroyable. Il suffit de compter les gobages lors d'un joli coup du soir ou d'une éclosion massive d'olives pour en être convaincu.

Nous avons débuté la pêche le jeudi après-midi de l'ascension pour terminer le dimanche midi suivant. Nous avons pris quelques poissons jusqu'au vendredi midi, mais sans trouver une technique, une imitation pour faire mieux, pour être réguliers. C'est Thibaut qui trouvera finalement à force de tenter des choses différentes. À partir du vendredi midi jusqu'au samedi en fin de journée, ce fut un festival de pêche en sèche à vue ou sur gobage avec des imitations de terrestres. Vraiment géniale comme pêche. On s'est régalés, sincèrement. Nous n'avions encore pas connu cela sur ce lac. Il fallait repérer les truites et être d'une précision diabolique au poser pour que l'imitation soit vraiment sur le trajet du poisson visé. Malgré ça, les refus furent nombreux. Thibaut prenait deux truites pendant que j'en prenais une, autant dire que j'ai pris une sacrée raclée. Sa grande taille lui donnait un meilleur angle pour voir les poissons dans une eau couleur thé (on trouve les excuses que l'on peut !). On a bien rigolé car il n'avait qu'une seule imitation qui convenait. Du coup, tous les deux poissons, Thibaut refaisait son nœud, tous les cinq poissons, sa pointe. Son terrestre a pris au moins 30 truites et il a terminé le séjour dans un état lamentable ! Mais il ne l'a pas perdu.

La pêche est devenue bien plus compliquée et nettement moins intéressante à partir du samedi soir où le lac s'est éteint. La chaleur arrivée brusquement en était sans doute à l'origine. Il a fallu aller chercher les poissons en profondeur sur ce dernier coup du soir et le lendemain matin avant de quitter les lieux. À ce petit jeu, j'ai refait une partie de mon retard, non mais ! Nous avons fini à près de 110 truites au bateau. Des arcs, des farios, et des saumons de fontaines. Des poissons en pleine forme qui se nourrissent naturellement. Nous avons pu le constater en observant les contenus stomacaux des poissons blessés conservés par les pêcheurs. C'est les consignes pour qu'il n'y ait que du poisson de qualité dans le lac et c'est le cas. Une gestion exemplaire !

Dans les anecdotes du séjour, une truite que je combattais à l'approche du bateau a fait une dernière chandelle. Un saut si puissant que la truite a atterri directement dans le bateau ! Du jamais vu pour nous ! Le jour d'avant, je ferre un très beau poisson poisson en sèche à vue. La truite me fait un premier rush où je suis totalement impuissant malgré ma pointe en 18 centièmes, la soie vient se prendre dans l'hélice du moteur électrique. J'ai plongé ma canne sous l'eau pour la passer entre le moteur à notre embarcation...Le combat s'est bien terminé. Et puis le bonheur de voir son backing plusieurs fois dans la même journée...

Une séjour au top, avec des pêcheurs qui nous accompagnaient aux mêmes dates adorables. Un Raphaël égal à lui même, merci à toi. Le gâteau à la noix de coco était top ! Un grand merci à Roland pour la gestion de ce domaine, nous reviendrons !

Les belles truites de Veirières !

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Premier coup du soir...

Thibaut avait repéré un poisson à l'embarcadère...Poisson vu, poisson pris !

Des vents toujours changeants et une pêche en barque dérivante passionante !

Merci Nicole pour le souvenir...Sans oublier nos deux copains avec l'accent du Sud ;-)

Le symbole et la fierté du département.

Gros combat !

Nous avons fait peu de photos de poissons pour ne pas les embêter. Là, Thibaut qui a pêché du bord une petite heure, a pris 4 belles truites à vue !

Deuxième coup du soir !

Le ciel bleu qui aura eu raison de l'activité de surface des poissons en fin de séjour.

Poisson de qualité aux nageoires bien complètes et à la puissance incroyable.

Un dernier coup du soir...

mercredi 5 juin 2019

Les Milieux Aquatiques au sein de l'aménagement du territoire.

Je suis tombé par hasard sur cette vidéo. Elle est l’œuvre des élèves du Bac Pro "Gestion des Milieux Naturels et de la Faune" du Lycée Rochefeuille à Mayenne. Ils ont travaillé à la réalisation de ce documentaire durant deux années.
Leur objectif : communiquer sur l’intérêt de préserver les milieux aquatiques et plus particulièrement les zones humides.

Bon visionnage.

mercredi 29 mai 2019

À tous les sceptiques du No Kill.

Je vous invite aujourd'hui à découvrir une nouvelle histoire de pêche, qui donnera, je l'espère, à réfléchir pour les quelques indécis qui me liront.

Cela faisait plusieurs fois que je voyais ce poisson. Une truite d’ailleurs plutôt portée sur la nourriture se trouvant à la surface de l’eau. Une ombre plutôt qu'une belle image de zébrée, collée à la berge, laissait entrevoir un très joli poisson. Le poste était idéal pour une belle truite. Une grosse souche d’arbre avec des racines de partout. Une profondeur d’eau importante et quelques blocs au fond le tout le plus souvent protégé du soleil. Le courant était quasiment inexistant sur deux bons mètres depuis la berge, puis plus important en revenant vers l’intérieur du lit de la rivière. Au coin amont de l’imposante souche, la rivière formait un petit renfoncement pour venir mourir contre le sable. C’est précisément à cet endroit que je voyais gober le poisson à chacune de mes visites en ces lieux. Depuis plusieurs semaines, je voyais au loin cette truite manger régulièrement. Je ne l’ai jamais tenté. Beaucoup trop compliqué d’envoyer une mouche là où elle était. Les branches de l’arbre en berge qui retombaient sur l’eau n’offraient guère d’espace et d’espoir !  La truite avait sans aucun doute choisit le bon endroit. Elle pouvait aller et venir sans qu’on l’embête.

Et puis à force d'accumuler les jours sans eau ou presque, le niveau de la rivière a vraiment baissé. Il est devenu si bas que cela faisait déjà peur d’ailleurs. Mais bon, comme dirait un jeune homme que j’apprécie au plus haut point, ne nous inquiétons pas avant l’heure…

La rivière étant donc beaucoup plus basse, j’ai pu voir un passage possible pour ma soie et mon bas de ligne entre et sous les branches de mon arbre. Une mince fenêtre pour enfin tenter la belle fario qui se cachait là en me narguant avec ses gobages à répétition. Un niveau bas engendre bien entendu un faible débit, donc une approche sans faute en étant dans l’eau. Ce que je suis parvenu à faire. Ma truite réalisait un court circuit alors que je pensais qu’elle gobait là en poste fixe. Elle montait un peu plus haut que l’endroit où elle gobait, faisait demi-tour avant une grosse branche morte immergée, prenait parfois une mouche dans le petit renfoncement contre le sable puis redescendait dans la zone profonde sur deux à trois mètres en aval. Cela, je ne l’avais jamais vu en fait. C’est l’erreur qu’elle n’aurait pas du commettre et que je n’aurais pas du voir pour sa tranquillité. Car c’est essentiellement sur ces deux mètres que je pouvais éventuellement lancer une mouche ou une nymphe entre les branches. L’espace entre deux était d’un bon mètre. J’étais moi à environ dix bons mètres de la truite. Je ne pouvais approcher plus de peur de la faire fuir à cause des  mouvements d’eau (n’est pas Simon qui veut, l’homme qui avance dans l’eau sans faire une seule ride !). Le poisson, dont je ne voyais qu’une ombre noire à cause des jeux de lumière, allait et venait sans cesse. J’ai d’abord tenté ma chance en sèche avec un sedge. Problème, je ne pouvais le poser exactement là où elle gobait, de plus, il n’y avait pas de courant. Comme je le pensais, la truite est passée dessous sans même regarder ma mouche. J’ai très légèrement fait draguer mon imitation pour provoquer un intérêt. Bingo, la truite s’est retournée pour monter à la surface, coller son nez contre le sedge et redescendre dans le profond. Refus !

Est-ce que ce refus était lié à la mouche ou au fait qu’elle ne gobait jamais à cet endroit ? Je pense sincèrement à la deuxième option. J’ai souvent vu des poissons avoir ce comportement. Manger toujours du même côté de la berge, ou toujours au même endroit sur un circuit, etc…Cela ne m’étonne pas et j’irais jusqu’à dire que je l’avais prévu. Mais j'avais tellement envie de prendre ce poisson en sèche qu’il fallait que j’essaie malgré mon pessimisme. A noter que je n’ai pas insisté de cette façon, j’allais finir par l’alerter et donc saboter ma tentative pour l'admirer de plus près. Changement de tactique, lui proposer une nymphe. J’ai retiré mon sedge pour mettre un gammare JFD en taille 16. Avec la hauteur d’eau et la faible longueur de dérive qu'offrait le coup, il fallait que ça coule assez vite. De plus, en taille 16, le JFD se lance facilement et précisément, ce dont j’avais besoin. Je suis loin d’être une bête de technique au niveau du lancer, donc jamais vraiment sûr de mon coup quand il faut glisser une nymphe de cette façon. Je parie volontiers plus souvent que je vais mettre ma bestiole dans une branche plus qu’autre chose. Je me suis mis à fouetter en réglant la distance et en attendant que la truite revienne dans le profond après son passage dans le renfoncement. Ce fut le cas assez vite car le circuit était court. J’ai posé sur l’eau mon gammare à ce moment là pour que le poisson tourne le dos lors de l’impact. La nymphe descendait au fond pendant que la truite faisait son demi-tour à l'extrémité aval de son circuit. Le gammare allait atteindre le fond au moment où le poisson était 30-40 centimètres de lui. Le plus dur était fait, tout était parfait. Il suffisait d’animer légèrement ma bestiole. Ce que j’ai fait. La truite s’est jetée littéralement dessus. Là non plus je n’étais pas surpris. Le ferrage a pu être de cette façon effectué dans le bon tempo pour provoquer ensuite la furie de dame fario !

Pour ce genre de combat, c’est les dix premières secondes qui importent, il faut obligatoirement sortir le poisson de sa berge, des racines qui forment cette berge. Tellement d’éléments contraires où une truite peut aller s’aider pour casser le fil. J’ai bridé comme un fou, à la limite de mon fil. La truite n’a eu d’autre choix que de sortir de sa berge pour me rejoindre en milieu de rivière. La fête était finie ! Après quelques gros coups de tête et une belle défense, la belle était à moi, bien au chaud dans le filet de l’épuisette. J’étais dans l’eau au niveau du nombril environ, impossible pour moi d’admirer ma nouvelle amie comme il se doit. J’ai rejoint la berge d’où je venais et j’ai déposé mon épuisette sur le fond de la rivière dans quelques centimètres d’eau afin que le poisson reste en permanence dedans. Là, j’ai découvert ce poisson. De suite j’ai pensé à une truite que j’avais prise deux fois la saison précédente. Mais si c’était vraiment elle, sa taille me laissait un doute. Il y avait bien dix centimètres de plus. Le poste pouvait convenir puisque j’ai pris le poisson que j’avais en tête 10-12 mètres en aval sur un profil similaire mais avec moins de profondeur. Seul le retour à la maison et le visionnage des photos pouvait m’enlever ce doute. J’ai avant tout continué ma partie de pêche durant quelques heures.

Une fois rentré à la maison et après avoir rangé mon matériel, je suis allé sur mon ordinateur. Le doute fut lever en quelques secondes, les points correspondaient, c’était bien le même poisson ! Un poisson pris deux fois l’an passé, et donc une fois cette année, soit 3 fois en 11 mois. Pour une fois, j’avais le regret de ne pas mesurer mes truites, parce que là, franchement, elle avait bien profité. A l’œil, au minimum dix centimètres de plus en onze mois, incroyable. Un poisson pris une première fois avec une blessure vraiment pas jolie sur le haut de la tête, une deuxième fois avec cette même blessure cicatrisée et une troisième fois sans aucun signe de plaie. Que la nature est bien faite, le tout sans toubib ou autres médicaments.

En haut à gauche, notre première rencontre (juin 2018). Déjà une très belle truite. En bas à droite, 11 mois après (mai 2019).

Lors de notre deuxième rencontre en juin 2018 toujours, la cicatrisation était en cours.

Encore une fois une belle leçon de vie. Il fut un temps pas si lointain finalement où j’aurais sacrifié sans remord ce poisson dès la première prise en me disant que je pouvais le garder, qu’il allait crever. Une façon de se donner bonne conscience en continuant à garder les poissons jugés par le pêcheur déficients à cause de blessures ou autres maux. Voir cette truite continuer sa croissance, soigner ses blessures aujourd'hui me rempli de joie. Je pense souvent à tous ces imbéciles (oui, j’ai arrêté le dialogue social) qui pensent le contraire quand on parle « no kill ». Certes il faut le faire dans les règles (poisson toujours dans l'eau sans manipulations), mais remettre ses poissons à l’eau sur un linéaire en mauvaise santé reste la seule et unique action qu’un pêcheur peut mettre en application à son niveau pour le maintien des populations.

Une dernière photo de Madame, elle a bien grandit depuis juin l'année dernière !

samedi 25 mai 2019

Le barrage de Pont-du Navoy va avoir la peau de la rivière !

Je suis vraiment en colère là, mais vraiment beaucoup. J'ai déjà signalé le problème l'année dernière (lire l'article), il a été réglé. Enfin, c'est ce qu'on m'a dit. Il est vraiment qu'un personnel de l'AFB est allé sur les lieux assez vite. Mais force est de constater que rien n'est réglé en fait ! Mais comme tous les problèmes que l'on rencontre annuellement sur la rivière finalement, rien ne se règle, rien !

Aujourd'hui, j'étais à la pêche sur le lot amont de notre AAPPMA. La rivière n'avait pas bougé, toujours le plein d'eau sur toute la largeur. Je pêche, le temps passe...3 heures au total. Je reviens à mon point de départ, et là, qu'est-ce que je vois, la gravière était découverte, et pas qu'un peu ! Sur le coup, je ne comprends pas, bien que j'ai une idée derrière la tête. Des invertébrés de partout qui commençaient à griller au soleil. Je suis resté une heure a sauver ce que j'ai pu et puis j'ai voulu en avoir le cœur net...J'ai pris la voiture pour me rendre compte que mon idée de départ était la bonne.

A mon arrivée 3 heures avant, l'eau recouvrait tout.

C'est l'ouvrage en aval du pont de Pont-du-Navoy qui provoque ces variations d'eau mortelles. 25 centimètres en moins au bas mot. J'espère sincèrement que les truitelles de l'année ne se sont pas fait piéger...Quant aux invertébrés...J'étais fou furieux.

Alors à toutes les instances qui ont le pouvoir de le faire, réglé vite ce problème, mais vite ! La rivière souffre déjà assez comme ça pour ne pas qu'on en rajoute, vous ne croyez pas ?? A moins que cela ne soit volontaire pour appliquer un peu plus vite votre gestion d'usage avec des surdensitaires ?

Je me suis un peu lâché dans la vidéo ci-dessous, mais bon, je n'ai rien censuré, j'assume totalement mes propos. Je ne suis pas là pour me faire des copains. C'était sur le coup de la colère et c'est souvent dans ces moment-là qu'on est le plus sincère...D'ailleurs, règlements amicaux, cela sonne mieux, désolé ! Juste une rectification malgré tout, le garde du secteur m'a rappelé depuis et il va avertir l'AFB dès la première heure lundi matin, merci à lui. En espérant que cela cesse définitivement !

jeudi 23 mai 2019

Il faut bien fêter ça.

En ce jour où je fête mon anniversaire, je souhaitais vous offrir un petit cadeau...

En particulier aux personnes qui m'écrivent de temps en temps pour me dire ô combien elles passent de bons moments à lire ce blog durant leur pause déjeuner. Que cela représente souvent une belle récréation lors d'une journée de travail parfois compliquée. Vous êtes nombreux à me dire que vous n'allez pas à la pêche aussi souvent que vous le souhaitez, que j'ai une immense chance d'habiter près de la rivière...Alors à vous qui êtes concernés, et aussi aux autres pourquoi pas, je vous fais suivre quelques images d'ambiance de la rivière...Sans musique, uniquement avec le chant des oiseaux, comme si vous y étiez. Profitez bien de cette balade vidéo en attendant la prochaine vraie sortie pêche.

dimanche 19 mai 2019

L'histoire d'une truite (47)

-Tu as vu là-bas, il y a un gobage !

-Oui, je l'ai vu, c'est la troisième fois qu'elle gobe, mais comme tu ne l'avais pas vu, je n'ai rien dit...

C'est ainsi que débute cette nouvelle histoire...Une conversation avec Victor sur les berges de notre rivière préférée qui fut perturbée par cette truite gobeuse ! On s'était retrouvé par le plus grand des hasards tous les deux lors d'une après-midi maussade le long de la rivière d'Ain. Aucun autre pêcheur à l'horizon. Pourtant, toutes les conditions étaient réunies pour une potentielle éclosion. Avant donc de se croiser, j'ai eu la chance de prendre une truite en sèche. Une des toutes première de la saison. Elles sont si rares, que l'on en souvient, croyez moi ! Victor, de son côté, avait perdu un gros poisson bien plus en aval de la même manière. Il était forcément déçu. Oui, car les personnes qui connaissent parfaitement cette rivière savent bien que pour prendre un beau poisson en sèche, il faut que de nombreuses conditions soient réunies. Ce genre de journée se présente à nous pêcheurs qu'une ou deux fois dans l'année, alors lorsque l'on passe à côté, cela peut vite devenir frustrant.

Étant donné que Victor venait de voir le gobage qui est le centre de ce récit, je l'ai invité à aller le tenter. Il est rentré dans l'eau pour se positionner mais surtout pour approcher au maximum le gobage. Le niveau de la rivière était limite pour avancer correctement au plus près de ce poisson. Malgré de nombreuses tentatives, Victor n'a pas pu passer sa mouche dans l'axe du poisson. Une fois sorti de l'eau, j'ai pris sa place pour tenter ma chance. Le résultat fut identique, un échec ! La rivière était trop haute, impossible d'approcher assez près pour allonger la soie. De plus, ce n'est jamais simple de faire un beau lancer lorsque les coudes trempent dans l'eau ! Pas grave, il faut bien que les truites gagnent de temps en temps. Et puis, après tout, elle savait bien pourquoi elle se postait à cet endroit précis, la maline...

Je suis revenu sur le même poste quelques jours plus tard. La rivière avait baissé et j'étais plutôt très optimiste. Oui, sauf que le débit était forcément différent et que le poisson n'est en fait jamais venu se poster devant le tronc sec immergé pour gober. La truite du tronc avait disparut temporairement. C'est souvent le cas pour des poissons gobeurs, en tous les cas chez nous. Ils prennent leur poste selon un débit minimum ou maximum. Je suis souvent tombé sur des poissons que je n'ai jamais pu attaquer en sèche...La parade est de les retrouver à l'eau basse en nymphe à vue, mais le plaisir n'est pas le même.

Les jours sont passés. Nous nous sommes retrouvés avec Victor et Thibaut au même endroit avec une rivière de nouveau plus haute. Bien entendu, on est venu discuter sur le fameux poste de la truite du tronc. La petite bulle caractéristique de son gobage était de nouveau visible ! Ça commençait à me chauffer un peu du coup, même si je ne le montrais pas vraiment. J'ai tenté de chercher plusieurs chemins dans la rivière pour approcher au plus près. Rien n'y a fait, pas moyen d'être assez près avec ce niveau pour passer ma mouche là où le poisson se trouvait. Je ne m'avouais pas vaincu, loin de là, j'avais une idée derrière la tête ! Le lendemain matin, j'ai ressorti ma 9 pieds soie de 6, j'en ai même profité pour mettre une soie neuve avec un bas de ligne assez court. J'avais dans l'idée de gagner les deux mètres qu'il me manquait à chaque lancer avec ma canne en soie de 5. Voir cette truite gober sans arrêt sans pouvoir y passer ma mouche commençait sérieusement à m'agacer !

Arrivé à la rivière le lendemain, j'ai vite compris que ça allait être encore plus compliqué. Une légère pluie nocturne avait offert à la rivière un débit encore supérieur. Cela n'a pas empêché la truite du tronc de gober comme une malade durant l'heure où je l'ai observée. Mais il fallait oublier ce jour-là, je pouvais à peine faire cinq mètres dans le lit de la rivière, bien trop peu pour tenter un lancer. Je commençais à me dire que je la verrais jamais de près celle-ci.

Et puis, il y a eu une période de deux jours où les éclosions ont été nombreuses. En quantité et en diversité. Grosses et petites mouches, des claires et des plus foncées. Mais surtout des claires d'ailleurs, des A4 comme dirait mon ami Denis. Excusez mon ignorance en entomologie, mais cela ne m'a jamais vraiment intéressé. Encore plus le jour où un ami dont c'est le métier m'a dit que sans binoculaire, il était impossible d’identifier avec certitude les insectes. Donc autant ne pas dire de bêtise.

Le premier jour de ces éclosions massives (tout est relatif hein, massive pour l'époque, mais ridicule avec ce que j'ai connu il y a 25-30 ans), j'étais au boulot, dommage. Le deuxième jour, j'étais au bord de l'eau, jackpot ! La rivière était basse, donc logiquement, la truite du tronc ne devait pas être à son poste pour gober. Sauf que là, avec une telle quantité de mouches, j'ai pensé le contraire. Je me suis dis qu'elle ne pouvait pas laisser passer une telle opportunité de se nourrir si facilement. Je me suis donc rendu prestement sur le lieu de toutes mes convoitises. Malgré un niveau plus bas, la petite bulle était visible à chaque passage de mouche le long du tronc. Elle était là ! Je suis rentré dans l'eau discrètement, le plus lentement possible. J'ai enfin pu m'approcher assez près. La sensation était bizarre. Presque du trac. Le coup était enfin à ma portée, comme sur un plateau alors que je pensais ne jamais pourvoir le faire. Il restait à être concentré afin de ne pas faire de faute technique.

La suite fut presque trop facile finalement. Le charme était rompu avant même de mettre en action la soie dans les airs. La mouche posée sur l'eau, la dérive se faisant lentement, la truite est venue au premier passage aspirer mon imitation comme une fillette qui n'avais jamais rien vu. Au ferrage, j'ai compris que j'avais au bout une madame plutôt qu'une mademoiselle. Le combat fut intense mais maitrisé, je pêche avec un fil de diamètre conséquent. J'avais enfin la truite du tronc dans mon épuisette ! Prendre un poisson que l'on connait, que l'on tente depuis des jours, c'est vraiment autre chose. Enfin moi j'adore. Mon but était atteint. Je n'aurais pas échanger ce poisson contre 10 autres belles truites prises au hasard. Je la voulais vraiment et je l'ai eu.

Mes photos sont très souvent identiques, mais de cette façon, la truite reste dans l'eau sans manipulation. C'est ma priorité.

mardi 14 mai 2019

Consultation publique concernant l'avenir du statut piscicole de Vouglans (39)

Cette consultation du public est active du 13 mai au 02 juin 2019. Chaque pêcheur peut donc donner un avis favorable ou défavorable sur le passage en deuxième catégorie du lac de Vouglans.
 
Je ne vais pas me lancer dans des explications non argumentées car j'ai une grande méconnaissance de ce plan d'eau et de ses spécificités. Par contre, et par conviction personnelle, j'aurais plutôt tendance à me ranger du côté des personnes qui ont toujours agi en faveur de la protection du milieu et des populations. Je crois savoir que l'AAPPMA de Moirans n'a jamais failli à cela par des actions bénévoles multiples pour le bien-être de ce lac, des poissons et donc des pêcheurs. Cette AAPPMA souhaite le maintien de la première catégorie.
 
A vous de vous faire votre propre avis et surtout, de le donner ! => Consultation publique concernant l'avenir du statut piscicole de Vouglans (39)
 
La bonne adresse mail => ddt-participations-public@jura.gouv.fr
 

vendredi 10 mai 2019

Passage jurassien dans le best-of de Seasons

Ce très court billet pour vous informer que la chaîne Seasons diffuse en ce moment un Best-of avec la séquence jurassienne où nous avons eu le plaisir de participer avec Thibaut.

Voici les dates de diffusions :

•Vendredi 10 mai - 19h30

•Samedi 11 mai - 13h45

•Samedi 11 mai - 23h25

•Dimanche 12 mai - 18h10

•Lundi 13 mai - 13h55

•Mardi 14 mai - 20h05

•Mercredi 15 mai - 12h55

•Vendredi 17 mai - 01h05

•Vendredi 17 mai - 22h45

•Samedi 18 mai - 18h10

•Dimanche 19 mai - 12h10

•Lundi 20 mai - 18h20

•Mardi 21 mai - 15h40

mercredi 8 mai 2019

Sous la surface, le livre d'Anne-Cécile Monnier.

Voilà un beau projet mené par une belle personne dans un contexte qui me plait. Il n'en fallait pas plus pour que je me fasse, via ce blog, le relai de cette souscription en cours pour cet ouvrage qui sera sans aucun doute un merveilleux objet dans votre bibliothèque. J'ai posé quelques questions à Anne-Cécile pour en savoir plus. N'hésitez pas à précommander votre livre, le lien est en fin d'article.

 

Nicolas : Salut Anne-Cécile. Très heureux de te recevoir une seconde fois sur ce blog. Cette fois-ci, c’est pour nous parler de ton tout premier livre « Sous la surface, rencontres au cœur de nos eaux douces » qui débute son aventure. Peux-tu nous parler du cheminement de ce projet.

Anne-Cécile : Bonjour Nicolas, et bonjour à tes lecteurs. Cela fait quelques années maintenant que j’ai présenté une première fois mes actions sur ton blog. Je reviens cette fois-ci avec quelques coups de palmes en plus au compteur et les clichés de mes plus belles rencontres sous la surface de nos rivières, que je souhaite partager à travers ce livre photographique.

La volonté de mettre en lumière ce que j’observe derrière mon masque lors de mes prospections aquatiques ou lors de mes missions en hydrobiologie, n’a cessé de m’emmener sur de nouveaux territoires et de nouvelles rivières depuis plusieurs années à travers des thématiques variées, comme par exemple la préservation et la restauration de frayères à brochets ou le suivi de nouvelles espèces dans nos eaux.

A travers ce livre, je souhaite partager cet univers passionnant et parfois mal connu, et apporter un regard complémentaire sur ce qui se cache de l’autre côté du miroir.

Nicolas : Cet ouvrage est édité par l’association Reflets d’eau douce. Dans un premier temps, peux-tu nous rappeler quelle est la vocation de cette association stp ?

Anne-Cécile : Reflets d’eau douce a pour objectif de valoriser les milieux aquatiques grâce à l’image pour communiquer sur la vie de ces écosystèmes auprès du grand public. Les milieux aquatiques sont fragiles et leur mise en valeur est précieuse pour espérer donner un sens à leur préservation. C’est dans cet esprit que Reflets d'eau douce propose de nombreuses actions autour de la connaissance du patrimoine aquatique comme la réalisation de supports d'information à travers des livrets pédagogiques, des films documentaires, des expositions photos et des conférences sur tout le territoire français, ou bien la sensibilisation du jeune public lors d’animations scolaires. C’est donc tout naturellement que Reflets d'eau douce édite ce livre dans la poursuite de ses actions que vous pouvez découvrir en détails sur :

www.refletsdeaudouce.fr

Nicolas : Sur ce blog, mon public est surtout composé de pêcheurs mais aussi, et c’est compatible ;-) de passionnés des milieux aquatiques. Que vont-ils trouver dans cet ouvrage ? Un petit mot pour les motiver à participer à la souscription afin que ce projet aboutisse.

Anne-Cécile : A travers cet ouvrage, je vous invite à plonger dans l’intimité des eaux douces, sur les traces de leur vie secrète. Au delà de ce que l’on peut observer depuis la surface, je propose de découvrir les animaux sauvages de nos rivières dont des espèces emblématiques comme le brochet, la truite fario, l'ombre commun ou encore l'anguille européenne, à travers mon regard de photographe et de biologiste, grâce à des clichés réalisés en apnée. Chacun a sa propre vision de la rivière et du milieu dans lequel il évolue en fonction de sa façon de le pratiquer. Je veux croire que croiser nos regards sur ces milieux si fragiles est enrichissant et permet de sensibiliser à cette beauté brute et à sa vulnérabilité. C’est le sens que je veux donner à mon travail au travers de cet ouvrage, en ayant à cœur que chaque amoureux des rivières puisse se retrouver dans ces pages.

Extrait du livre (maquettes d’illustration) :

Le livre est actuellement en création et une campagne de souscription vient d’être lancée, vous permettant de soutenir le lancement du projet grâce à votre précommande. La parution de ce livre de 148 pages est prévue en octobre 2019.

Pour en savoir plus sur les coulisses du projet et le soutenir dès à présent, je vous invite à rejoindre la page dédiée sur HelloAsso :

https://www.helloasso.com/associations/association-reflets-d-eau-douce/collectes/sous-la-surface-rencontres-au-coeur-de-nos-eaux-douces-le-livre

vendredi 3 mai 2019

L'histoire d'une truite (46)

Cette nouvelle histoire ne sera pas le récit d’un poisson capturé par mes soins. Je n'en serais pas non plus le narrateur. Non, cette fois-ci, vous aurez le droit à une histoire où le chanceux pêcheur est mon fils Thibaut et où celui qui nous raconte cette belle histoire n'est autre que son copain Victor. Ces deux-là se connaissent depuis de nombreuses années. Ils ont toujours pêchés ensemble avec parfois des périodes plus ou moins creuses. Cette année, ils partagent pas mal de temps au bord de l’eau. Ils ont profité des dernières vacances scolaires de ce mois d’avril pour aller barouder ici et là. Le fait d’avoir le permis leur permet d’accéder à de nombreux parcours pour leur plus grand plaisir et leur envie de découvrir encore et encore. Victor voulait justement faire découvrir à Thibaut les parcours avals de notre belle rivière à l'époque bénie des gammares. Cette journée découverte restera, je pense, pour tous les deux un très bon souvenir. Je vous laisse en compagnie de Victor qui manie la plume tout aussi bien que sa GLX, c'est dire, un vrai régal !

         Deux ans après, peut-être plus, tout ce temps sans pêcher de façon digne de ce nom ensembles, comme quand nous n’étions encore que des enfants et que la pêche n’était qu’un jeu de cache-cache et d’adresse auquel nous jouions avec les poissons à longueur de journée sans jamais éprouver la moindre lassitude, et après tout je crois qu’il en est toujours ainsi. C’est à chaque fois avec surprise que je remarque à quel point les réflexes et les habitudes reviennent instantanément avec Thibaut, les nombreuses heures passées côte à côte nous ont permis de nous connaitre sur le bout des doigts, de connaitre les points forts mais aussi les qualités de l’autre, de déceler ses moments de motivation pendant lesquels il semble inatteignable mais également ses frustrations et ses moments de doute. Et je ne crois pas me tromper en disant que la prise du poisson dont il est sujet dans ce billet illustre à merveille cette relation et cette complicité amicale.

En effet, après avoir fait face à plusieurs échecs face à de grandes truites, la possibilité d’en prendre une devenait comme une utopie pour Thibaut qui désespérait à tort d’en voir une au fond de son filet, comme si le sort venait s’en mêler pour faire pencher à chaque fois la balance du côté du poisson plutôt que du pêcheur. Ce jour semblait donc idéal pour refaire les comptes, remettre les points sur les « i », l’église au milieu du village, en bref, faire pencher la balance du bon côté, celui du pêcheur et non du poisson. Pourtant, la partie commençait plutôt mal, à l’issu du premier lancer de la journée, Thibaut ferre une grosse truite qui passera malencontreusement sous une branche, la seule qui se trouvait sur la trajectoire de son premier rush, plus par maladresse qu’autre chose à mon avis. Par la suite, la journée se résume par de multiples occasions, mais les personnes qui connaissent la pêche de ces grandes truites sauront qu’il ne suffit pas d’occasions pour capturer l’une d’entre elles. Aucune de ces chances ne se concrétisait, parfois de la faute du poisson, de ses déplacements, tantôt du vent ou encore d’une aimable promeneuse et de ses enfants ayant trouvé la berge le long de laquelle se nourrissait la truite tant convoitée idéale pour une balade en nature.

Au fil de la journée, je sentais croitre en nous une frustration, à moins que cela ne soit de la vexation. La frustration des jours où le graal semble tellement accessible qu’on peut l’observer et presque le toucher du bout des doigts, la vexation d’avoir à raconter le soir en rentrant à nos pères respectifs (même s’ils connaissent cette pêche par cœur) que nous avons eu des occasions mais que nous ne sommes pas parvenu à les concrétiser. De la vexation également lorsque, assis dans votre dos sur la berge, votre coéquipier et ami attend que vous illuminiez la journée par un ferrage salvateur sans que vous n’y parveniez. Car pêcher à deux c’est aussi ça, la peur de décevoir l’autre, où l’envie de l’impression suivant que vous voyiez le verre à moitié plein ou à moitié vide. Cependant, et c’est le cas entre Thibaut et moi, le regard de l’autre doit être un moteur, une source d’émulation et non un frein, si l’un n’est pas à son niveau habituel sur un coup, l’autre se contente de lui lancer un : « t’as pas bien pêché mec » ou encore « Tu vois ce lancer ? Et bien ne recommence plus jamais ça », s’il veut être plus taquin et aussitôt nous passons à autre chose car comme le dit un pêcheur de grosses truites avec qui nous partageons au moins cette philosophie : « il y a toujours une balle de match, et les balles de match il ne faut pas les rater ». Et en effet, cette balle de match allait se présenter.

Il s’agit d’une truite qui se baladait rapidement le long d’une bordure, à 5 ou 6 mètres de la berge, entre deux eaux, curieux comportement qui laissait presque entrevoir du stress chez elle. En suivant ce poisson, c’est moi qui repère qu’elle effectue une pause dans son circuit, en amont d’un petit rocher immergé. J’interpelle Thibaut qui se trouve juste en dessous de moi en lui disant de rentrer dans l’eau pour se dégager de la végétation et pouvoir lancer en revers (son point fort à distance).  Après avoir noué une petite nymphe de trichoptère montée par notre pote Alex, il se glisse le long de la berge et entame une courte approche. La truite est toujours là, immobile, les yeux en l’air, comme si elle recherchait des nymphes en train d’éclore plutôt que leur habituel menu composé de gammares courant sur le fond. Après quelques faux lancers d’étalonnage, Thibaut lance sa nymphe légèrement en amont du poisson, le courant, bien qu’extrêmement faible à cet endroit, dirige l’imitation à environ 30 centimètres sur la droite de la truite dont les yeux tournent déjà pour l’observer. Je me souviens dire à Thibaut de ne surtout pas animer, je pense sincèrement que le poisson ne l’aurait pas accepté à cet endroit et en plein soleil avec le fil au-dessus de sa tête. Puis, dans un mouvement d’une lenteur indescriptible, comme pour faire durer le suspense, la truite s’empare du petit tricho. Ferrage !!! Vous savez, celui dont on parlait tout à l’heure ? S’en suit une belle bagarre durant laquelle la truite tentera de rejoindre un grand arbre immergé, mais le pêcheur la stoppera à 7 ou 8 mètres de son objectif grâce à son 16/100. La suite est des plus classiques mais très bien orchestrée par Thibaut qui se contente de suivre sa truite sur la gravière à l’aval en tirant un maximum dessus pour abréger la bagarre. Puis l’instant décisif de l’épuisette, celui qui fait définitivement basculer la balance d’un côté ou de l’autre, le juge entre la victoire et la défaite. Mais vous l’avez compris il s’agit là d’un récit de victoire !

Toute la frustration des heures précédentes semble alors s’envoler en fumée, la sensation unique de légèreté après avoir accompli ce que vous aimez le plus… « Merci mon pote » me lance-t-il, un merci qui en dit long. Après avoir mesuré ce poisson et fait une ou deux photos, il repartira d’où il est venu, dans le fond de la fosse abyssale qu’il habite.

En attendant les prochaines occasions de vibrer de nouveau, je te remercie, « t’as bien péché Thib ».

Voici la truite de ce beau récit.

D'un peu plus près.

A mon tour de te remercier Victor, pour avoir écrit ces quelques lignes, mais aussi et surtout pour avoir partagé ces moments avec Thibaut. Certes, c'est lui qui tenait la canne, mais sans toi, il ne se serait jamais trouvé à cet endroit.

Les amitiés construites autour d'une passion commune sont de mon point de vue plus solides que les autres et je pense que la votre durera quelques soient vos chemins de vie respectifs...Il y aura toujours une rivière et des poissons pour une journée de pêche ensemble !

mercredi 1 mai 2019

Mon blog fête ses 12 ans.

Mai 2007, c'était le tout début de ce blog ! Depuis, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts, et pas toujours de bonne qualité malheureusement. Douze années après mon premier billet sur ce blog, c'est plus de 1400 autres articles qui ont été mis en ligne sur ce support que je gère seul depuis le départ. C'est donc quasiment un article tous les 3 jours en moyenne ! Je dis ça au cas où vous découvriez seulement mon blog...Vous avez de la lecture devant vous ;-) 

C'est une magnifique aventure que j'ai envie de continuer. Je ne sais pas si vous êtes nombreux à me suivre depuis le tout début, mais si c'est le cas, je vous en remercie. Vous me témoignez régulièrement votre fidélité que cela soit par mail ou par un petit mot écrit lors de vos commandes de mouches par exemple, je trouve ça toujours très sympa. Merci beaucoup.

Néanmoins, au fil des années, les retours par le biais des commentaires sur les articles se sont réduits très nettement. Alors que dans le même temps, il y en a de nombreux quand je relai ces mêmes articles sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, etc...). C'est vraiment dommage, car ces commentaires, parfois très intéressants et instructifs, sont éphémères. Avec le temps, on ne peut plus les retrouver. Alors qu'à la suite de l'article, ils restent et surtout, ils profitent à tout le monde. Je prends l'exemple de l'article récent sur les gammares que j'ai écrit. Il y a eu un grand nombre de retours sur Facebook quant à de potentielles explications...Il aurait été plus utile de mettre ces observations à la suite de l'article. Cela le complète et tous mes lecteurs peuvent profiter de ces informations. Heureusement, il y a un petit noyau de lecteurs qui laisse une trace écrite de temps à autres, merci pour ça. Voilà, c'était mon petit moment grognon ;-)

Du côté de l'audience, c'est sans arrêt en augmentation. Des pointes à plus de 4000 visites/jour au mois d'avril...Merci sincèrement de vos visites régulières.

Ne vous éloignez pas trop loin, bientôt une nouvelle histoire de truite à lire assez sympa ;-)

A bientôt et surtout merci !

dimanche 28 avril 2019

L'histoire d'une truite (45)

Il faut dire que la journée du samedi avait plutôt bien commencée avec cette bonne nouvelle sur le projet du Center Parc de Poligny. Le tribunal administratif ayant donné raison à l’association du Pic Noir en annulant partiellement le PLU.

La veille, nous avons fait mon fils et moi une sortie de pêche malgré le petit coup de pluie et la légère montée des eaux. En gros, une dizaine de centimètres, tout au plus. La rivière s’était aussi un peu teintée. Le plus gros changement finalement se situait sur la variation de la température de l’eau. Je l’avais mesuré à 11 degrés le week-end dernier. Ce vendredi donc, elle était redescendue à 8 degrés, rien que ça ! Même sans thermomètre, on le sentait assez vite.

Fin avril, par expérience lorsque la pêche à vue est rendue difficile par les conditions, et c’était le cas, nul besoin d’aller à la rivière trop tôt. Ce petit surplus de débit fait en général sortir les mouches à un horaire bien précis.

Malgré quelques grosses mouches très claires dans le ciel, nous avons localisé des gobages dans une seule et unique zone très courte du linéaire. La hauteur d’eau nous a obligés à abonner. Chacun à notre tour, nous avons tenté d’approcher les gobages, mais même en ayant rempli les waders, il en manquait un bout. Thibaut aurait mérité car la prise de risque était belle. Dommage.

Le lendemain, la rivière avait perdu quelques centimètres. De suite, j’ai organisé ma journée pour être à la bonne heure sur les gobages de la veille. Thibaut lui n’est pas venu, on va dire qu’il était en récupération de soirée. Il faut bien que jeunesse se fasse et qu’il y est un peu de variété dans sa vie. Et puis bon, qui va à la chasse, perd sa place. Il me restait donc à prendre la sienne.

Même horaire, même éclosion, même gobage mais niveau d’eau un poil plus bas. Ha ha ! C’était pour moi ! De la berge, j’ai vu ce petit rond discret. Il se situait en bordure de courant et d’une zone plus calme avec des petits contres courants. Je suppose que la truite aurait bien gobé avec une fréquence plus marquée, mais malheureusement, les mouches étaient bien rares. C’est d’ailleurs assez frappant comme phénomène. L’effectif des éclosions est si mince, que si vous êtes sur une zone avec un vol d’hirondelles par exemple, vous pouvez changer de place, il n’y en a pas assez pour tout le monde. Je l’ai vécu aujourd’hui, incroyable. Je suis remonté de 400-500 mètres en amont du vol d’hirondelles, là, les mouches pouvaient dériver et les poissons (que des petits aujourd’hui) pouvaient s’en nourrir.  Il y a une concurrence exceptionnelle sur cette nourriture qui diminue d’années en années…C’est assez dramatique.

Je reviens donc à mon gobage du samedi. Une fois bien localisé, je me suis positionné dans l’eau en pensant à Thibaut la veille tellement il était simple de le faire cette fois-ci avec un niveau plus bas. Une fois en place, j’ai attendu que le poisson gobe de nouveau. Il faisait cela très lentement si bien que j’ai pu apercevoir ses flancs sous la surface. Une couleur bronze orangée bien marquée qui donnait envie d’en voir plus. Pas si simple que ça car il m’a fallu changer de mouches 3 fois avant de tromper la vigilance de ce poisson. Il est venu prendre ma mouche qui devait dériver dans la pellicule. Les fois précédentes, j’étais beaucoup trop haut sur l’eau.

Le combat fut très sympa car indécis. Il y avait entre elle et moi une veine qui poussait pas mal et j’étais dans l’impossibilité de la suivre en descendant la rivière, beaucoup trop d’eau…

Il a fallu faire durer un peu malgré un fil assez gros afin de fatiguer le poisson de façon à lui faire remonter le courant.

Bien souvent, on se souvient d’un poisson par ses mensurations, là, c’est vraiment pour son esthétisme. Réellement une belle truite. Je ne sais pas si elle est de souche ou pas, je n’ai pas les compétences pour le dire, mais j’adore ce genre de poisson. Qui plus est en sèche, technique que j’utilise très peu chez nous. C’est malgré les années et les quelques poissons pris depuis 33 ans, des moments que j’adore et que je sais apprécier à leur juste valeur. La belle est repartie comme si de rien n’était. A bientôt pour une nouvelle histoire…

jeudi 25 avril 2019

Où sont passés les gammares ?

Je ne sais pas chez vous, mais ici, sur la haute rivière d’Ain, il y a une pénurie aggravée de ces petits crustacés. Cela fait 3 ou 4 ans que les gammares ont disparu des radars chez nous. Avant 2015, il m’arrivait de d’observer tous les printemps des belles truites venir se risquer à découvert là où les gammares se rassemblaient pour s’en gaver. Et si sur la basse rivière d’Ain ces scènes sont toujours visibles, ici, c’est terminé. La faute à l’absence quasi-totale de ces bestioles. Même en soulevant ici et là les cailloux sur le fond de la rivière, on en trouve vraiment très peu voir pas du tout. Absolument plus rien à voir avec les quantités que je pouvais observées. Je ne parle pas là du siècle dernier hein, mais bien d'il y a 5 ans.

J’ai des souvenirs bien marqués avec des quantités telles que les truites faisaient un festin durant quelques jours en avril. La pêche en devenait presque facile sur certains secteurs. J’ai vu des truites avec le dos sorti de l’eau pour venir se coller au maximum à la berge pour aspirer les petites crevettes à leur passage. C’était fantastique à voir. Je repérais les poissons par les vagues que provoquait leur repas en cours. De toutes évidences, cet apport de nourriture incroyable doit terriblement manquer aux truites aujourd’hui. Cela a changé leurs habitudes également. Si les gammares ont disparu, je pense qu’ils ne sont pas les seuls à subir les conséquences de la mauvaise qualité de l’eau. Car je ne vois pas une autre raison de leur disparition puisque une fois les barrages en aval passés, on retrouve les gammares en nombre dans la même rivière.

D’ailleurs, si on a un peu de mémoire et qu’on observe les poissons, on peut très vite se rendre compte que les truites font bien plus d’efforts aujourd’hui pour se nourrir qu’il y a quelques années. Elles sont tout le temps en mouvement et mangent à des fréquences bien plus espacées lors de leurs déplacements. En tous les cas, c’est évident pour moi. Mise à part quelques spécimens bien gras, les truites dans leur majorité sont déficitaires en poids. J’ai cette terrible impression qu’elles ne mangent pas à leur faim. Après, ce n'est que le résultat d'observations d'un pêcheur, rien de scientifique.

J’ai un exemple concret pour vous faire mieux comprendre mon ressenti. Lundi dernier, alors que j’étais en affût sur la berge dans l’attente d’une truite, un ombre est passé devant moi. Il avait un barbillon abîmé côté droit qui le rendait facilement reconnaissable. J’avais vu ce poisson quelques minutes avant 80 mètres plus en amont. Bref, rien d’anormal (si ce n’est le barbillon abîmé !). Je le voyais perdre une énergie folle à chercher sa pitance sans trouver grand chose au final. Comme je ne voyais aucune truite et qu’il est passé plusieurs fois devant moi, j’ai voulu m’amuser en lui faisant prendre ma nymphe sans le ferrer bien entendu. Juste pour voir s'il allait la prendre. Même avec le recul, j’ai du mal à croire ce que j’ai vécu ensuite ! Ce poisson, qui devait faire 32-33cm, a pris ma nymphe 16 fois de suite avant de la refuser ! 16 fois la même nymphe, 16 fois en tirant le fil et en sentant la résistance ! Pas juste du bout des lèvres, non, à chaque fois en insistant et en tirant le fil. Il a parfois garder la nymphe en bouche 3-4 secondes avant de la recracher. La première fois que j’ai testé le truc, il a pris le gammare 2 fois à la descente, et il est revenu le prendre au fond ! Je veux bien que le gammare JFD soit une imitation super efficace, mais là faut pas abuser, ce poisson devait crever de faim pour insister de la sorte ! Je n’ai jamais vu ça de ma vie de pêcheur sur l’Ain. 16 fois !

Et puis, là où j’ai pris vraiment une claque, c’est lors de ma sortie sur la Loue, le contraste est effrayant. J’ai compris pourquoi je n'avais pris qu’une seule truite en sèche à ce jour sur ma rivière…Les mouches sur l’eau ! Il n'y en a plus ici ! Pourtant, j’ai passé du temps à la rivière cette année, vraiment beaucoup. Mais je n’ai pas vu une seule belle éclosion de petites olives. Rien. On ne peut pas avoir de gobage comme ça, forcément.

Alors je ne sais pas comment se débrouillent les truites, mais elles doivent avoir de sacrées carences qui je l’espère, sont compensées en parties autrement, mais j’avoue ne pas savoir comment...

Photo d'illustration (2015).

 

vendredi 19 avril 2019

Cademène ou le paradis éternel.

Prendre une journée de congé durant les vacances scolaires de mon fils, voilà une idée qu'elle était bonne. Direction la Loue, Cademène, chez Sanso...Ce lieu, ce linéaire, cette vallée...Le paradis. Il n'y a pas d'autre qualificatif. Un résumé en images de cette belle journée partagée avec mon fils et où j'ai eu le plaisir de revoir bon nombre d'amis. Un régal.

La vallée de la Loue en aval de la ferme Golgru. Une beauté et une ambiance intacte à chaque fois que je viens ici.

Ma première truite de la Loue pour 2019. Un poisson magnifique pris en nymphe à vue avec une nymphe légère mais assez grosse. Un régal de voir monter ce poisson entre deux eaux pour engloutir mon imitation.

Le premier poisson d'après le casse-croûte. La digestion s'est bien passée du coup ! Une truite magnifique qui m'a donné bien du plaisir. 

Mon fils en plein combat après avoir ferré son poisson à dix mètres de la berge. La truite visitera le saule en aval plusieurs fois sans pour autant gagner la bataille.

Les truites de la Loue sont splendides, qu'elles soient préservées par tous les maux qui touchent la rivière.

On a voulu finir par des poissons plus tatillons sur les gravières dans peu d'eau. Thibaut a été le plus adroit. Il a réussit à en prendre plusieurs.

Une des belles de cette gravière. Une couleur caractéristique de ce genre de poste. Joli coup de ligne qui plus est !

La dernière de la journée, juste devant les voitures, le long de la barque au René. Une façon de dire au revoir à la Loue et ses habitantes.

dimanche 14 avril 2019

La rivière d'Ain pas épargnée par les algues brunes.

C'est un peu la tradition maintenant...Comme un jour férié ou une date anniversaire...Mais en beaucoup moins joyeux pour le coup. Les algues brunes sont de retour sur la rivière d'Ain. Les épandages de lisier ayant débutés il y a quelques semaines un peu partout dans le département, la fonte du dernier manteau neigeux nous a offert sa dose de lisier pour l'année. La rivière d'Ain était encore magnifique il y a moins d'une semaine. Des fonds vraiment nickel. Comme d'ailleurs à chaque fois à la sortie de l'hiver. Avec donc la dernière fonte massive de neige, la rivière est montée, elle s'est chargée de cette eau glaciale venue du haut Jura et du plateau de Nozeroy. Mais attention, elle n'était pas seule cette neige fondue...En quelques jours, cela a fait son petit effet sur le fond de la rivière...Les gravières sont passées d'une couleur blanche/sable immaculé à marron/noire gluant. Incroyable cette efficacité dans la crasse et le poison !

Avant le coup d'eau, un fond de rivière comme il devrait être tout le temps !

C'était beau non ?

A partir de vendredi dernier, la transformation...radicale !

Mais pas surpris puisque c'est tous les ans. Puisque rien n'est fait pour que ça change. Bien au contraire, l'intensité augmente d'années en années. Maintenant, il suffit d'attendre les conséquences...Ha ben justement, dès le lendemain, soit samedi matin 11heures, j'ai filmé ma première truite mycosée sur Pont-du-Navoy. Quelle coïncidence non ??? Dingue quand même ! Moi, ça me rends fou furieux, j'ai le ventre qui se tord dans tous les sens bordel. Mais que font nos instances ? Celles de la pêche, des services de l'état, nos élus ??? Ho, on ne va pas laisser faire ça encore des lustres non ? En fait, vous attendez peinard que tout crève et comme ça, plus personne ne vous embêtera, c'est ça ? Mais il n'y a pas d'agriculteurs qui soient aussi amoureux de nos rivières et qui se rendent compte du massacre ? Ce n'est pas possible de laisser perdurer une telle situation...Il doit y avoir forcément des solutions pour faire autrement non ?

Pensez à mettre en HD pour apprécier ce triste spectacle.

Le constat de tout ça, c'est quoi dans le département du Jura ?

  • Échec total sur les pollutions domestiques avec des défaites récurrentes dans les tribunaux et une incapacité évidente à faire entendre raison aux instances dirigeantes.
  • Échec total sur les pollutions agricoles avec des poussées d'algues brunes de plus en plus virulentes tous les ans.
  • Chouette, zéro pointé sur toute la ligne. Il y en a qui doivent trouver le temps long durant leur journée de travail avec de tels résultats.

Par contre, on sait nous dire encore avec un sourire en coin que le No Kill ne sert à rien...On nous prends toujours pour des barjots nous qui nous battons pour que cela soit obligatoire sur toute la rivière d'Ain...On nous accuse même ici et là de créer des clivages entre pêcheurs à force d'être comme ça. Ben voyons, c'est qui les barjots dans cette histoire vous croyez ? Ceux qui pensent cela ou ceux qui prélèvent toujours dans cette ressource à la limite de l'extinction ? Il n'y a que ce paramètre sur lequel on peut influer aujourd'hui, tous les autres sont des échecs à répétitions, pire, ces nuisances augmentent et ne cesseront pas demain, on le sait tous ! Alors ce n'est pas compliqué, actionnez le seul bouton qui peut l'être ! Et vite !

jeudi 11 avril 2019

Des poissons mycosés vus sur le Dessoubre.

Une vidéo reçue ce jour comme un témoignage du pêcheur qui a été le triste spectateur de cette scène. Un façon de ne pas oublier que nos rivières souffrent terriblement et que le double effet épandage va se faire sentir quelques semaines...

Ces poissons ont été filmés aujourd'hui en amont du lieu dit Maurice Maison. Merci à J.C pour la vidéo. 

dimanche 7 avril 2019

L'histoire d'une truite (44)

Prendre une truite me donne toujours énormément d’émotions. Enfin surtout celles de ma rivière de cœur, celles qui comptent réellement pour moi. D’autant plus à notre époque où ces truites sauvages deviennent de plus en plus rares. A chaque poisson, je me dis que je suis un pêcheur privilégié, que la rivière d’Ain m’offre une nouvelle fois un ultime cadeau après toutes ces années à la côtoyer. Ces truites que j’observe durant les douze mois de l’année me fascinent comme au premier jour, voir plus encore. J’ai un profond respect pour ces poissons qui ont survécu à tant de bêtises humaine.  

Mais il y a quelque chose d’encore plus beau, de plus puissant. Bien au-delà de tous les poissons que j’ai pu prendre ou que je prendrai. Je parle là des scènes que je vis en étant le témoin direct des captures de mon fils. Je ne pense pas être capable de mettre les mots exacts pour définir ce que je ressens lors de ces instants magiques. C’est difficilement descriptible. C'est aussi tellement rare. Oui, car souvent, nous sommes éloignés l’un de l’autre de quelques dizaines de mètres. Dans cette situation, j’assiste à la fin du combat, à la mise à l’épuisette. C’est déjà fantastique bien sûr, mais j’ai toujours cette frustration. Car je sais à quel point assister à ce qu’il se passe avant me donne du plaisir. Voir Thibaut repérer la truite, analyser la situation, prendre la décision de se placer à tel endroit plutôt qu’un autre, de lancer de telle manière. Toute cette démarche, que lui fait machinalement pour tenter dans les meilleures conditions son poisson, est un véritable cadeau pour moi lorsque je peux tout voir. C’est là où je me rends compte des progrès qu’il réalise au fil des saisons de pêche. Et c’est aussi durant ces prises de décisions que je peux encore lui donner quelques conseils. Pour le reste, il sait faire maintenant, il n’a plus besoin de moi. Mais que j’aime assister à toute la scène.

Père et fils en quète de zébrées.

Cette année, j’ai déjà eu cette chance immense. C’était même au-dessus de tout car, en plus de bien voir Thibaut, je pouvais très bien distinguer le poisson également. J’étais à 10 mètres d’eux à peine. Nous progression sur une berge haute. La vision était au top. Le niveau de la rivière très bon pour pêcher à vue. Le fond de la rivière propre. Des conditions idéales. On pêchait depuis quelques heures et nous n’avions rien pris. Il faut dire que dès que les niveaux sont bas, on pense que ça va le faire. Mais les conditions du mois de mars restent ce qu’elles sont même avec une rivière basse. J’ai mesuré la température de l’eau en dessous des 10 degrés ces jours, il est donc tout à fait normal d’avoir une très faible activité.

Thibaut progressait devant moi. Je privilégie toujours mon fils. Comme je le dis aux copains, j’ai pris ce que je devais prendre, maintenant c’est à lui. Il avait donc une dizaine de mettre d’avance. A la vue du poisson, il s’est tassé pour tenter de camoufler son mètre quatre vingt quinze. « Papa, j’en ai une là, juste devant, elle est pas vilaine en plus. »

J’avais bien compris à son comportement qu’il y avait un poisson. Comme j’étais en amont de Thibaut et près de la berge, j’ai pu localiser la truite. Elle était contre la berge elle aussi à environ un bon mètre. Je la voyais de face en fait, elle était contre le courant, en attente de nourriture. Pour Thibaut, il était placé à sa perpendiculaire. Moi, j’aurais fait une approche à genoux, bien tranquille. Thibaut a fait le choix de rester debout tout en se baissant. Choix payant puisque le poisson ne l’a pas repéré. La truite était assez proche pour un lancer arbalète. Thibaut a pincé sa nymphe, une cuivre, dans sa main gauche. Après avoir tendu sa 9 pieds soie de 5, il a propulsé sa nymphe dans l’eau en amont du poisson. J’ai pu voir l’impact de la nymphe sur l’eau. Ceci m’a permis de suivre seconde par seconde la scène. Fantastique ! J’essayais de regarder la truite et Thibaut en même temps, compliqué ! La nymphe est bien tombée devant le poisson, assez haut de lui, juste bien. La truite était bonne fille puisqu’en voyant la nymphe descendre, elle est venue à sa rencontre (les joies du début de saison, ça va vite changer !). Le ferrage allait intervenir. Ce moment où tout bascule. Cet instant où le poisson se lie au pêcheur par le biais du fil et de la soie. Cette seconde magique et pleine d’adrénaline. Une seconde où j’ai vu les ouïes du poisson s’ouvrir ! Où j’ai vu Thibaut lever le bras droit très sèchement. Cette seconde si importante où mon fils avait réussi son coup de ligne ! Quelle magie ! Quel plaisir !

Mais de suite, il fallait rester lucide. Et comme par réflexe, j’ai crié très fort : « saute !! » Thibaut du coup s’est exécuté sans trop réfléchir. Il le fallait, car la berge est vraiment très haute à cet endroit. Je vous avoue que moi, je n’aurais jamais sauté ! Pas folle la bête ! Mais Thibaut si. Quel saut ! Du coup, il a pu être bien plus au contact de sa truite et c’était une bonne chose tant elle a tenté de rejoindre une racine sous une lignée de saules en bordure. J’ai entendu le fil siffler dans les branches. Il fallait bien un bon 14 centièmes qui en fait en fait 16 au réel (ancien Teklon). Après 30 secondes pas simples du tout, Thibaut a pu sortir définitivement la truite des branches. Mise à épuisette dans la foulée et le gamin était aux anges. Mais sa joie, bien que grande, était bien loin de la mienne. Tout a été fait comme il faut. Il a juste fallu que je le motive à sauter.

Gros bridage !

Après discussion, Thibaut n’était pas certain qu’il aurait sauté en étant seul. Dans ce cas, je pense qu’il aurait perdu la truite. Bon, c'est rassurant d'un côté, je sers encore à quelque chose.

Thibaut étant dans l’eau, c’est moi qui ai donc fait la photo souvenir. Une belle truite de début de saison, le genre de poisson qui fait très plaisir car les occasions de prendre un tel poisson en nymphe à vue sont minimes au mois de mars chez nous. Petit détail qui me fait penser qu’il progresse, c’est qu’il a changé sa pointe de suite après être remonté sur la berge sans que j’ai eu besoin de lui dire. La truite ayant fait siffler et donc souffrir le fil dans les branches de saules, celui-ci a sans doute été endommagé. C’est un bon réflexe.

Je ne doute pas que nous vivrons d'autres aventures similaires dans les prochains jours. J'en garde certaines pour moi et les amis proches, mais je me ferai un plaisir de vous raconter quand même quelques nouvelles histoires durant la saison...A bientôt.

Thibaut tout sourire avec sa truite.

Retour matériel : Comme vous pouvez le voir que la première photo, j'ai rangé mon gilet cette année. Après un petit mois d'ouverture (déjà ! ) je peux revenir sur ce Chest Pack C&F Design. Je m'y suis fais très vite. C'est très facile tellement il se fait oublier, et c'était le but, pêcher léger ! J'ai largement assez de place pour prendre ce qu'il me faut. L'essentiel est là. J'avais un doute sur son équilibre avec une épuisette dans le dos, mais non en fait. C'est nickel. A voir le vieillissement sur les parties aimantées mais à ce jour, rien à redire. J'ai pris la version large. Suivre le lien pour se le procurer => Chest Pack C&F Design Large A-820

mercredi 3 avril 2019

Acheter ses mouches directement chez l'artisan.

Ce court billet pour informer la clientèle de mon Fly Shop qu'il est aussi possible de venir chercher ses mouches et ses bas de ligne directement à la maison. Effectivement, mon atelier est chez moi. Il vous sera donc possible de le visiter à cette occasion.

Bien entendu, il faudra convenir ensemble d'un rendez-vous au préalable. Une belle idée d'étape lors de votre séjour de pêche dans la région.

Mon atelier de montage.

Quelques photos de clients et amis pour illustrer cet article...

Thomas avec une truite magnifique prise entre autre avec un bas de ligne du Fly Shop.

Truite Croate prise par Niko avec une cuivre !

Truite du Sud-Ouest prise par Jérémy avec un bas de ligne du Fly Shop.

Jurassienne prise par mes soins avec une cuivre référence 12TC-16

lundi 1 avril 2019

Jura : révolution dans la réglementation truite !

J'avoue que je n'y croyais plus ! De mon côté, j'étais à bout d'arguments. Pourtant, c'est aussi simple à comprendre que 2 et 2 font 4.

On sait tous que la pêche de la truite sauvage dans le département du Jura ne tient qu'à un fil. Que les sanctuaires où les dernières zébrées sont encore présentes deviennent rares. Oui, on le sait tous...Pêcheurs, élus d'AAPPMA et de Fédération, techniciens et employés, AFB, DTT, etc...Tous !

Pourtant, et pour une espèce bien en mal point, il y a peu d'entrain à la sauvegarder. Je parle ici de concret. Quelques retouches ici et là avec une taille légale augmentée sur certaines rivières mais pas toutes, des quotas journaliers en baisse mais bien trop élevés par rapport à la ressource (car cela aussi, on le sait tous !). Bref, on fait de la politique alors qu'il faut agir immédiatement et de façon radicale pour avoir un semblant d'efficacité ! Le pire, c'est que dans un passé récent on trouve des décisions totalement incompréhensibles et en opposition avec la triste réalité des effectifs. Je prends l'exemple de la rivière d'Ain en vous faisant un petit historique sur un point qui me reste encore en travers de la gorge aujourd'hui. Lors de la saison 2010, une grosse mortalité de truites a été observée en aval de Montigny/Ain. Suite à cela, 9 kilomètres de parcours sont fermés à la pêche. En 2011 également, linéaire fermé. En 2012, ces 9 kilomètres sont ouverts de nouveau mais en no kill. Sage décision, bravo. Une station de pêche électrique est mis en place sur Châtillon afin de suivre l'évolution des populations suite à cette mesure. Celles-ci restent très faibles malgré cette protection totale de la ressource. Mais ça aussi on le savait. Le no kill au pire ralenti la baisse des effectifs et au mieux fait stagner les populations, mais rien de plus. Malgré des chiffres désastreux à l'issue de ces pêches électriques, l'AAPPMA gestionnaire du linéaire (la Truite de l'Ain pour ne pas la nommer) se lasse et demande de faire sauter le no kill sur une grande partie des 9 kilomètres. La Fédération et la DDT ont validé cette décision. J'en ai encore mal au ventre et je ne suis pas le seul ! Alors que dans le département voisin (le Doubs) tout a été mis en œuvre pour protéger un dernier sanctuaire qu'est la Loue (avec la réussite que l'on connait aujourd'hui sur le tourisme pêche et la fréquentation), nous, dans le Jura, on fait le contraire...HALLUCINANT !!

Quoi qu'il en soit, les parcours de Villard et Marigny ont été rasés ces dernières saisons en partie à cause de ce retrait de no kill. La grande classe ! Bravo à tous les acteurs, belle prestation de soutien à une extinction d'espèce autochotone ! Médaille d'or !

Et là, en ce 1er avril, qu'est-ce-que j'apprends ! Alléluia ! La Fédération, l'AFB et la DDT ont repris la main. Enfin un éclair de lucidité. Oui, la truite sauvage est en voie de disparition dans le Jura ! C'est une évidence. Comment peut-on laisser les prélèvements se faire aujourd'hui sur cette espèce ?!? Bien entendu que la priorité est la restauration des milieux et l'amélioration de la qualité de l'eau, mais il est évident que tout cela ne se fera pas demain (si cela se fait un jour d'ailleurs), alors que dès aujourd'hui, on peut limiter la baisse des effectifs par une protection totale du cheptel existant, c'est l'urgence absolue ! Pour l'ouverture 2020, tous les parcours au potentiel existant en truites sauvages seront en no kill !

Mais pas de bol, j'écris cela un 1er avril. Rien de drôle du coup. Je rêve bêtement et naïvement que toutes ces instances ne fassent plus de politique avec les AAPPMA et les pêcheurs réfractaires. Que la protection de la ressource soit LA priorité absolue, mais malheureusement, il est clair que nous n'en prenons pas le chemin. Au contraire, au fil des mois, on arrive à faire avaler à la majorité que tout cela vient du réchauffement climatique, on ne parle plus que de ça d'ailleurs...Et tout le monde va finir par oublier le reste. C'est triste à mourir. Bien entendu qu'il a un impact, mais ce n'est pas demain que la rivière d'Ain sera en surchauffe totale. Oui, elle souffre, oui la température monte, mais avant que tout crève, on peut quand même essayer d'arrêter de claquer les dernières truites pour voir hein ??? C'est possible ça où on continu comme des imbéciles à autoriser ce carnage sur les derniers reproducteurs ?

Sur la toute partie amont, et au plus chaud de cet été, la rivière n'a pas dépassé les 15 degrés. Sur ce secteur il y a encore de la marge. Plus bas, sur Châtillon, alors que la flotte monte au-delà des 23 degrés, il reste des truites. Des nids avec des poissons sauvages ont été observés cet hiver encore ! Alors ne condamnons pas le vivant s'il vous plait, protégeons-le !

Au lieu de cela, à la Fédération, on met en place un PDPG pour au final nous dire comment devront être gérer nos parcours. J'entends déjà les conseils sur les parcours avals de l'Ain et la Bienne par exemple. Je les entends nous parler de gestion d'usage...traduire qu'il faut gérer ces parcours en introduisant des poissons issus de pisciculture...Sur l'Ain et la Bienne...Ho ! Réveillez-vous là !! Révoltez-vous !!

Il y a assez de rivières mortes et laissées à l’abandon dans ce département pour créer ce genre de parcours, pour attirer les pêcheurs qui souhaitent ramener leurs poissons à la maison, je le conçois très bien ça. Alors faites les choses simplement, protégez à 100% les rivières où il reste de la vie et de la reproduction, et empoissonnez autant que vous voudrez les autres rivières, mais arrêtons de casser les nuques de ces derniers poissons sauvages ! Merci !

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