Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
Le poisson Voyageur, le rêve de pêche à votre mesure !

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vendredi 3 avril 2020

André Terrier nous quittait un 3 Avril...

C'était le 3 Avril 1996. J'ai appris la nouvelle dans un couloir de ma caserne au 74ème R.A de Belfort. J'ai été dévasté. Je n'avais absolument pas conscience à cette époque des ravages qu'apportait la perte d'un être cher. Une période terrible de ma vie débuta ce jour-là.

24 ans ont passé. Mais André est toujours aussi présent à mes côtés. Que cela soit au bord de l'eau ou derrière un étau. Il avait cette faculté, cette envie et ce don d'être toujours en avance sur les autres. Il était surprenant et en permanence dans l'anticipation. Que cela soit dans les techniques de pêche comme dans la recherche fondamentale pour lui du côté pêchant de ces imitations. Pour exemple, quand il a commencé à utiliser de la laine pour réaliser ses mouches de surface jusqu'à faire l'exuvie et même 100% du corps avec, bien des gens l'ont pris pour un fou. Encore aujourd'hui, quand je vois certaines réactions à propos de la SL-rose qu'il a totalement créé à l'époque, je ne peux m'empêcher de penser à lui et de ces moments-là avec le sourire. Cette mouche n'est pas belle à voir, c'est un fait. Mais c'est sans doute une des plus redoutables preneuses de poissons lors des éclosions des grandes echdyos au vol pendulaire. C'est bien tout ce qui comptait pour André, que sa mouche soit plus prenante que les autres. Je suis resté toute ma vie de pêcheur sur sa position.

Il me manque encore terriblement aujourd'hui. Car André a traversé avec moi la très difficile période de ma vie lorsque mes parents se sont séparés. Il était à mes côtés et ne m'a jamais lâché. Certes, il m'a légué tout son savoir de pêcheur, mais surtout ces valeurs d'homme. Je n'arrive pas aujourd'hui à sa cheville mais je tente de faire connaitre son parcours aux nouvelles générations de pêcheurs.

La haute rivière d'Ain n'a plus connu un pêcheur et un homme comme André Terrier depuis sa disparition. Il a laissé un vide très profond.

Je vous laisse avec un souvenir croustillant pour moi. Bon visionnage.

mercredi 1 avril 2020

Belle et courte matinée sur la rivière d'Ain

L'envie était trop forte. Tous ces jours de confinement. Vraiment trop dur...Horrible !

Je suis parti ce matin à la grand nuit avec le sourire aux lèvres ! Arrivé à la rivière, personne, pas âmes qui vivent. Le pied total. Les premières heures du jour sont venues éclairer les berges de la rivière d'Ain. Entendre de nouveau tous ces sons, sentir ces odeurs si particulières au monde rivière, admirer ces lumières spécifiques, quel bonheur intense.

Enfin, je me retrouvais canne en main à la rivière. La traque pouvait commencer. Après ces jours sans pêche, je pensais trouver pas mal de poissons peu craintifs. Ce ne fut pas le cas, loin de là. Très peu de poisson dehors, et seulement un seul et unique actif. Une très belle truite fario repérée après quelques centaines de mètres de berges parcourus. Une truite sauvage robuste, qui régulièrement piochait au fond sa pitance. C'était ma chance ! Est-ce que j'allais encore savoir faire ?

Je venais de refaire ma pointe en 15 centièmes avec une nouveauté nouée au bout. Un JFD en taille 14 ! Je n'étais pas certain de son efficacité, mais je me suis lancé malgré tout dans l'inconnu. Au premier passage, cette petite bombonne s'est décalée gentiment pour aspirer ma bestiole. Pendue ! Elle était à moi. Quelle nymphe ! Quel régal après toutes ces journées d’abstinences ! Heureux le type. Je pouvais vite rentrer me confiner de nouveau !

La puissance incarnée !

Bien sur, tout cela n'aurait pas été possible sans le travail considérable de notre AAPPMA pour avoir obtenu auprès de la préfecture du Jura une dérogation spécifique afin de pouvoir pêcher. Merci infiniment à toutes les personnes qui ont travaillé en ce sens. Ce fut pour moi ce matin une réelle bénédiction.

Si jamais vous aussi vous souhaitez en profiter, la dérogation est à télécharger ici => Attestation Pêche.

lundi 30 mars 2020

Vidéo : alevin de l'année.

Dix jours, soit une éternité pour moi. Malgré le fait que la rivière soit largement dans mon rayon kilométrique autorisé par la loi confinement, je m'autorise le moins de sorties possibles. Ayant ma femme aide-soignante et une fille pompier, je suis pleinement conscient de la situation. C'est pourquoi je reste à la maison sans broncher. Hier, et donc après plus de dix jours sans avoir vu la rivière, je me suis quand même décidé à remplir mon attestation dérogatoire. Je suis localisé dans la limite de distance et de temps.

Je souhaitais me rendre compte visuellement de deux choses.

-Où en était l'éclosion des alevins de l'année.

-Quid de la situation actuelle suite aux épandages.

Je suis bien conscient que pour les personnes confinées en ville ou en appartement, je suis un privilégier. Je suis donc parti à pied depuis la maison afin de rejoindre la rivière qui est à quelques centaines de mètres de là. Je n'ai pas pu y rester aussi longtemps que je le souhaitais puisqu'on est limité dans le temps pour ce genre de sortie. Mais de toutes évidences, et d'après ce que j'ai vu, l'étiage printanier est une bénédiction. J'en étais déjà persuadé. Le fond de la rivière n'est pas noir, ce qui est parfois déjà le cas à cette époque. Mais comme aucune intempérie n'a eu lieu durant les épandages, ceux-ci s'évaporent lentement au lieu de ruisseler dans nos ruisseaux et rivières. Du coup, c'est la qualité de l'air qui en prend un coup car les lisiers libèrent de l’ammoniac. Ceci est à confirmer dans une dizaine jours où je pense programmer une prochaine sortie rapide. En espérant trouver un fond de rivière toujours aussi clean.

L'étiage printanier est également une bénédiction pour favoriser l'émergence des alevins de truites sauvages. Ces nouveaux nés trouvent là les conditions idéales pour débuter leur nouvelle vie. Pour les sceptiques de la reproduction naturelle sur notre rivière, je peux vous affirmer que ce cru 2019-2020 est une pleine réussite. Quel enchantement de pouvoir admirer cette nouvelle génération sauvage.

Belles couleurs pour cette truite de 2 centimètres !

Quand je pense que les membres de notre AAPPMA sont pris par certains pour des hurluberlus voir des extrémistes. Notre parcours en No Kill intégral fait grincer des dents. Il est vrai qu'il est préférable de réintroduire des poissons adultes surdensitaires. Histoire d'apporter une prédation supplémentaire à ces alevins ainsi qu'une concurrence alimentaire dont ils se passeraient bien. Autant ne laisser aucune chance à cette population sauvage. Mais que voulez-vous, il parait que c'est nous les fous !

Je n'abuserai pas de mon attestation dérogatoire durant cette période, bien que légalement j'ai le droit à une sortie d'une heure quotidienne. Je fais ce choix par solidarité envers les personnes qui bossent et qui sont sur le terrain. Je pense juste y retourner pour constater ou non l'évolution du fond de la rivière suite aux épandages qui se font encore actuellement.

Je vous laisse avec une vidéo en compagnie de ces merveilles de la nature sauvage.

vendredi 27 mars 2020

Alors, on continue à voyager comme si de rien n'était ?

C'est les mots de l'ami Philippe sur sa page Facebook qui m'ont donné envie d'écrire ce billet. Je cite : "Je vois passer énormément de posts sur les effets positifs pour notre planète de l'arrêt de certaines activités du fait du coronavirus. Du coup, au-delà de la situation actuelle, la pêche à l'étranger pour les gens qui affichent des convictions bien ancrées, on en parle ? Parce que parfois, c'est un peu la paille et la poutre..."

C'est une interrogation que l'on est en droit de se poser. Certes, les voyages de pêche ne sont qu'une micro-paille dans le trafic aérien global. Mais est-ce que c'est pour cela qu'il faut continuer à traverser la terre entière pour aller pêcher une truite ?

On le voit aujourd'hui, la qualité de l'air pratiquement partout dans le monde n'a jamais été aussi bonne. Il parait donc évident que les idées du pêcheur, qui vont dans le sens d'un environnement meilleur, se fracassent tête la première avec le fait de voler des heures pour atteindre des territoires lointains ou même de rouler des centaines de kilomètres pour simplement pêcher ! L'argument afin de se voiler la face et que j'ai glissé plus haut est de se dire que ce n'est rien, que les vols commerciaux ou le tourisme de masse sont à des années lumière. Certes. Donc on continue comme si de rien n'était ? 

Prenons un peu de recul en réfléchissant de façon collective sur un autre exemple. Toujours dans le monde de la pêche. Le sujet des prélèvements. Chez nous, sur la haute rivière d'Ain, les passionnés ont vite compris ces dernières années qu'il fallait les stopper pour conserver quelques petits noyaux de populations sauvages ici ou là. Les stopper complètement par des linéaires de parcours No Kill conséquents. Pourquoi ? Pourquoi ne pas laisser aux pêcheurs le loisir de conserver seulement une dizaine de truites par an ? Ce n'est quand même pas grand chose...Et je suis d'accord avec ça. Sauf que, sur le parcours de notre AAPPMA par exemple, 10 pêcheurs qui conservent 10 truites par an, c'est 100 poissons en moins. Je n'arrive pas à ce nombre en additionnant tous les poissons vus sur les différentes frayères cet hiver. Sans compter qu'il y a plus de 10 pêcheurs qui pratiquent chez nous...Alors 10 poissons ça passe, c'est vrai, mais multiplier par le nombre de pêcheurs, c'est la mort du parcours.

Pour les voyages, c'est une situation identique. Pourtant, ce n'est pas faute de faire un chiffre d'affaire important avec les voyageurs via mon Fly Shop, mais ce n'est pas pour cela que ça ne me fait pas peur. Au contraire, je pense être bien placé pour en parler vu le nombre de boîtes de nymphes que je prépare pour mes clients partant en Nouvelle-Zélande ou dans les Balkans. D'ailleurs, je n'ai jamais fait passer mon activité commerciale avant mes convictions d'homme.

Sincèrement, en prenant en compte qu'il y a des dizaines de monteurs de mouches dans mon cas, je pense qu'il y a plus de Français en Nouvelle-Zélande en Janvier qu'en Juin sur la Loue à la grande époque. C'est juste flippant. Car il faut aussi compter toutes les autres nationalités friandes de cette destination. Mais on peut dire la même chose pour d'autres lieux de pêche bien connus dans le monde.

Je n'ai jamais fait de voyage de pêche hors France, ce qui ne veut surtout pas dire que malgré ce que je viens d'écrire je n'en ferai jamais (j'aimerais vraiment en faire un avec mon fils), mais ce sujet donne à réfléchir. Je ne jette la pierre à personne et ne veut pas paraitre comme un donneur de leçons. Je vous invite simplement à réfléchir sur cette idée que les voyages de pêche restent en total contradiction avec ce que le pêcheur souhaite voir dans l'évolution positive de notre environnement. Et c'est encore plus vrai aujourd'hui quand on voit ce que cela donne quand les avions restent au sol et les voitures au garage...

Photo d'illustration. Truite de Pologne prise par Fred.

jeudi 26 mars 2020

Seasons Hebdo N°117 - Franche-Comté

Pour occuper votre temps libre à la maison, je mets en ligne cet extrait d'un Seasons Hebdo tourné en 2014 sur la Bienne. De souvenir, le but du tournage était de prendre des nouvelles de la rivière suite à sa fermeture et aux nombreuses atteintes que le milieu avait subit. Charles Varenne était à la tête de l'AAPPMA la Biennoise à l'époque. J'étais intervenu uniquement pour le côté pêche. La prise du premier est un grand souvenir car on venait d'allumer la caméra !

Souvenir avec Charles et David.

Une rivière qui six années après souffre toujours autant. Bien des pensées à tous les bénévoles qui ont repris le travail de Charles et qui continuent à y croire. Bravo et merci !

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