Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
Le poisson Voyageur, le rêve de pêche à votre mesure !

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vendredi 5 février 2021

Film, souvenirs de Michel Flénet.

Je suis retombé par hasard sur ce vieux reportage qui nous compte un peu l'histoire de Michel Flénet. Si vous ne l'avez jamais vu, prenez le temps de le visionner pour mieux connaitre cet homme hors du commun.

Michel est devenu sourd à l'âge de 13 mois. Il a grandit dans une famille entendante et a suivi sa scolarité en milieu sourd dans la ville de Chambéry. Une fois diplômé, la société Peugeot l'engage au titre de dessinateur / designer pour prototypes. Comme vous le savez sans doute; en dehors de sa vie professionnelle, il deviendra un passionné des étoiles et de pêche à la mouche.

Bon visionnage.

lundi 1 février 2021

Vidéo : Crue de la rivière d'Ain

En fin de semaine dernière nous avons en plus des précipitations conséquentes, une fonte rapide du manteau neigeux sur les bassins versants. Cela a provoqué une crue assez exceptionnelle. La rivière d'Ain tout comme la Saine, son principal affluent, ont tout deux dépassé le seuil de la crue quinquennale. Une crue à l'image de celle de 2018. J'ai réalisé quelques images vendredi matin lors du pic de crue.

Bon visionnage.

vendredi 29 janvier 2021

En visite chez mon fournisseur.

En cette période où nous sommes tous un peu isolés les uns des autres, il est bon de pourvoir passer du temps avec de belles personnes. J'avais donc planifié dernièrement une visite chez mon fournisseur historique pour les besoins de mon Fly Shop.

Lors de ma précédente virée entre les murs de la maison Mouches de Charette, c'était l'emblématique duo Manu / Andrew qui était aux commandes. Mercredi, j'ai eu le plaisir d'être accueilli par Thibault et Claire. J'ai pu très vite me rendre compte de leur motivation incroyable pour développer encore et toujours la maison des Mouches de Charette. Ils m'ont fait part de leurs nombreux projets à venir et je suis impatient de voir tout cela. Sincèrement. 

Mouches de Charette, c'est plus de 15 salariés. Ce n'est pas rien. Je suis très heureux d'être client là-bas car par le biais de mes commandes pour les besoins de mon fly Shop, je participe à mon échelle au maintien d'emploi sur le sol français.

J'ai bien entendu profité de ma venue pour faire le tour de tous les rayons dans cet immense espace de stockage. Du coup, j'ai eu la main lourde et j'ai de quoi monter quelques bestioles pour mes clients dans les jours à venir.

Petite visite virtuelle des lieux.

Les soies...

Un choix de cous de coq extraordinaire !

Des plumes, des poils de toute sorte.

Un vrai magasin de friandises pour le monteur que je suis.

Vue d'ensemble du site côté stock.

Ma commande du jour. Au boulot cette fois !

Pour le boulot justement, je n'en manque pas et ce grâce à la fidélité de mes clients. Il n'y a rien qui me rend plus heureux qu'un client satisfait de ses précédentes commandes et qui revient pour le réassort de ses boites. C'est hyper motivant. 

Comme les années précédentes et si la situation le permet, vous pourrez venir chercher vos mouches directement chez moi. Il suffit juste de convenir d'un rendez-vous ensemble. N'hésitez pas à me contacter.

Exemple de commande. Celle-ci, je la reçois tous les ans depuis très longtemps. Même client, même besoin. Un fan des olives passe-partout !

Il m'est arrivé de prendre des commandes à la carte de ce type également. A voir ensemble selon ma charge de travail et le délai souhaité.

Et bien sur, du classique, toujours du classique.

samedi 23 janvier 2021

Tonte précoce et lisier, les tueurs de la biodiversité.

Un peu comme le pêcheur qui suit les places de fraie d'année en année, il est facile pour l'observateur attentif de nos campagnes de se rendre compte à quel point les prairies ont évolué. À l'image de la population de truites dans nos rivières, c'est devenu un désert.

La vidéo qui va suivre nous explique de façon claire et précise le pourquoi du comment. De plus, elle est réalisée par un paysan qui plus est ingénieur.

Si vous vous demandez encore pourquoi vous ne voyez plus d'insectes, plus d'oiseaux et donc plus de fleurs, regardez cette vidéo, vous aurez vos réponses. Quand on débute la période des foins début mai au lieu de fin juin il n'y a pas si longtemps...Quand on remplace le fumier par le lisier...Le résultat est là. La vie a quitté la prairie !

Bon visionnage.

mercredi 20 janvier 2021

Evolution de la taille moyenne.

Y’a plus rien ! En voilà une phrase que l’on peut entendre au bord de l’eau. Pour ma part, je l’ai entendu bien des fois par chez moi. Que cela soit sur les berges de la haute rivière d’Ain ou sur une autre rivière de mon département. C’est éloigné de la vérité malgré tout même si on s'en rapproche de jour en jour. Il y a une explication à la naissance de ce sentiment chez bien des pêcheurs.

Pour posséder un vécu de plus de 35 ans sur cette rivière, je peux donc avancer que j’ai été le témoin de cette évolution sur la rivière d'Ain en y étant très attentif. D’ailleurs, au moment où j’ai débuté, j’ai croisé des anciens qui me disaient déjà qu’il n’y avait plus rien. Mais de cela j’en ai parlé dans un précédent article.

Magnifique poisson sauvage au gobage.

Lorsque j’ai commencé à pêcher au milieu des années 80, il y avait encore une population de truites et d’ombres extraordinaire. Si les effectifs ont évolué en nombre dans le mauvais sens comme vous le savez, ils ont aussi évolué en taille. De cela, on en parle beaucoup moins. Je m’explique. À l’époque, alors que l’on prenait de nombreuses truites et même encore des ombres, la taille moyenne de ces poissons était assez modeste. J’ai même le souvenir que la barre des quarante-cinq centimètres était un marqueur important. C’est à partir cette taille qu’on parlait de grosse truite. Ce n’est pas une question de savoir-faire ou de technique, c’était le cas pour nombre de pêcheurs. Pour en reparler régulièrement avec eux, on se fait toujours cette même réflexion. Pour voir un gros poisson sur les linéaires que je parcours encore aujourd’hui, il fallait vraiment se focaliser dessus. Le rechercher spécifiquement. Et puis souvent, c’était vraiment un très gros. Il n'y avait cette présence de poissons intermédiaires. En tous les cas pas avec une densité que l'on a pu connaitre dans les années 2010-2015. Depuis, les effectifs chutent d'année en année pour les raisons que l'on connait.

Truite sauvage en poste.

Pour résumer ma pensée, il y a 30 ans, je voyais peu de truites de cinquante centimètres. Il y avait par contre une quantité incroyable de poissons entre vingt et quarante centimètres, mais plus haut, cela devenait rare. On en prenait, mais vraiment très peu. À côté de cela, tous les ans, je voyais plusieurs poissons de plus de soixante-dix centimètres. Il y avait le tout venant et les vraiment grosses. Aujourd'hui, sur ces mêmes parcours, il y a très peu de juvéniles, les poissons d'un ou deux kilos sont les plus répandus et les très très grosses ont quasiment disparues. Ces immenses poissons qui tous les ans me foutaient une trouille en faisant barrer les ombres qui étaient devant moi !

La beauté du poisson sauvage.

La taille moyenne des truites a vraiment évolué de façon considérable sur les trente dernières années. Sans parler de pêche, ces observations sont identiques sur les frayères. C'est flagrant pour celui qui les observe depuis longtemps sur les mêmes linéaires. Cela n'a rien à voir avec une gestion halieutique type parcours no-kill puisque les mêmes observations se font sur les autres linéaires où les prélèvements sont autorisés. J’ai par exemple fait ces dix dernières années des saisons avec plusieurs dizaines de truites à plus de cinquante centimètres alors qu’à l’époque, je devais en prendre une ou deux par an en pêchant beaucoup plus. Pourtant, ado, je pratiquais un peu toutes les pêches dont le vairon manié ou bien encore la pêche à vue au lancer avec des larves de plécoptère et j'avais en plus un temps de pêche considérable. Ces techniques de pêche étaient redoutables et ciblaient justement les plus beaux poissons. Je prenais très régulièrement des quarante ou quarante-cinq mais plus rarement au-delà. Les copains, mon père ou même André Terrier avec qui je pêchais très souvent avaient les mêmes résultats. Pour prendre une très grosse il fallait y passer un temps fou. La repérer dans la masse et l'étudier pour être au bon endroit au bon moment.

Alevin de truite sauvage.

Cette augmentation de la taille moyenne des poissons n’est à l'évidence pas une bonne chose. C’est un signe comme bien d’autres que la rivière s'est dégradée petit à petit. Sauf que ce celui-là « arrange » une partie des pêcheurs, donc on en parle moins.

Quand je pense qu’il y a 35 ans (alors que 99.9% des pêcheurs conservaient toutes leurs prises), cela devait être des milliers de truites tous les ans qui étaient retirées de la rivière entre Marigny et Sirod. On ne voyait pas la différence à l’ouverture l’année d’après. Il y avait plus de truites en bas de la maison alors qu’on pouvait en garder huit par jour que maintenant alors qu'on est en no kill total. Aujourd'hui, les truites sont plus grosses, mais elles sont si peu nombreuses, si précieuses. Quel gâchis quand on y pense...Il va rester des linéaires où vivront quelques truites de deux kilos et plus ici et là. Des truites réservées à une élite tant elles deviendront difficiles à capturer (c'est déjà un peu le cas). Et entre deux poissons, des centaines de mètres de rivière vides de truite.   

Deux poissons sauvages sur frayère.

Dans ces conditions, il est compliqué d'y croire encore, de rester motivé et concentré sur les agressions qui provoquent cette disparition programmée du cheptel sauvage de nos rivières jurassiennes. Mais justement, et plus que jamais, nous devons impérativement rester les sentinelles actives et attentives au chevet de ces rivières. Au moins par respect pour ces derniers poissons merveilleux que sont les truites sauvages. 

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