Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
Le poisson Voyageur, le rêve de pêche à votre mesure !

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dimanche 14 juin 2020

Nouvelle campagne Pub TV de la FNPF

Vous l'avez peut-être vu sur vos petits écrans, notre fédération nationale a lancé depuis le 5 juin dernier une campagne publicitaire. Quatre spots de 15 secondes chacun diffusés sur les plus grandes chaines TV. 

L'immense majorité des réactions dans le monde de la pêche est très critique pour ne pas dire plus vis à vis de ces spots. On y voit des personnes parlant seules, sans décor "pêche". Il est vrai que s'en est presque ridicule. Je vous livre ci-dessous deux exemples.

Pas un chant d'oiseau, pas de rivière en fond, rien. Difficile de comprendre. Tellement incompréhensible que j'ai fini par penser que ces pubs étaient destinées à un public bien ciblé comme les non-pêcheurs. Car de toutes évidences, ces images ne pouvaient par faire rêver un pêcheur. J'ai donc utilisé mes réseaux sociaux pour leur poser la question, voici leur retour.

  • Réponses négatives :

Jérôme : Dommage que les spots ne soient pas tournés au bord de l'eau.

Isabelle : Je ne pêche pas ! Pour moi, ce sont des pubs pour la radio. Il manque l'essentiel qui n'a pas besoin de commentaire en voix off : montrer la rivière, son calme, les poissons et toutes les émotions qui sont "dites" dans les pubs. Montrer sans dire c'est beaucoup plus fort.

Manon : Je suis une femme et j'ai pêché qu'une fois dans ma vie avec mon grand-père quand j'avais moins de 10 ans. Je suis donc la cible dont tu demandes l'avis ici. Premier point : même si on voit une femme parler, ces 4 pubs ciblent clairement des hommes. En tant que femme, je ne me sens pas du tout être la cible de cette pub SAUF pour ce qui est de mes enfants (et donc dans le rôle de mère, mais pas pour moi personnellement). C'est déjà un gros point négatif. 2ème point encore plus important : c'est 4 pubs parlent d'histoire de famille. ça présente la pêche comme quelque chose qui se transmet de génération en génération (ce qui est le cas d'ailleurs !) et donc du coup, ça exclut tous ceux qui n'ont pas de pêcheurs dans leur famille. ça ne fait que renforcer ce que je pense (et qui m'énerve au plus haut point) concernant la pêche : soit tu connais quelqu'un de proche (ton père, ton grand-père principalement) qui te montre, soit tu peux très difficilement rentrer dans ce milieu. (et je pense la même chose de la chasse ! ce sont des milieux fermés).

Premier spot "Tom et son grand-père" 2ème "Les garçons" 3ème "avec mon père" et le 4ème "Papa se levait tôt". En fait, on dirait des pubs sexistes tout droit sorties des années 80. Une des images que j'ai des pêcheurs (attention, je n'y vais pas par 4 chemins, mais je pense pas être la seule non-pêcheur à imaginer cela), c'est une image d'hommes qui se lèvent tôt pour être au bord de l'eau et qui laissent leur femme gérer la maison et les enfants. Est-ce qu'on imagine la maman de la famille se lever à 5h et laisser toute la maison sans sa surveillance pour aller pêcher ? à l'évidence non. En tous les cas, ces pubs ne l'imaginent même pas, elles proposent juste de reproduire les schémas "classiques". Mais après tout, c'est peut-être exactement la cible qu'ils visaient. Et je pense bien comme dit plus bas, que le but de ces pubs est + de faire reprendre leur carte de pêche à ceux qui l'ont déjà eu un jour que de chercher à toucher de nouveaux publics.

  • Réponses positives :

Nicolas : Je ne pêche pas mais j’ai regardé quand même, j’aime beaucoup.

Amandine : C'est pas mal du tout. On sent le plaisir de chacun, les valeurs, la nature...
En tant que non pêcheuse je suis surtout touchée par la dame qui parle du moment convivial en pleine nature. Ca donne envie.

Romain : Des vidéos qui donnent envie de se lever tôt pour admirer la nature même sans pêcher.

Ces réactions hors monde la pêche sont très intéressantes. Mais après coup, et Manon en parle dans son commentaire, il se trouve que ces spots publicitaires ne ciblent pas uniquement les non pêcheurs, mais aussi les pêcheurs, qui par la crise du Covid, auraient laissé ce loisir de côté. On le découvre sur le site de l'agence verte qui a tourné ces spots et qui explique tout ça. Je cite :

LA QUESTION POSÉE :La pêche est une activité populaire pratiquée par plus de 1,5 million de Français de tous âges et de tous milieux. 
Au 1er trimestre 2020, l’épidémie du COVID-19 nous a confiné chez nous.  Conséquence pour la Fédération Nationale de la Pêche en France : moins de cartes de pêche donc moins de ressources financières pour l’entretien de nos rivières, la gestion des ressources ou encore la protection de la biodiversité. 
Comment, dès la fin du confinement, inciter les français à (re)prendre leur carte de pêche ? 
 
Voilà, on comprend déjà un peu mieux "la cible". Ce n'est pas du tout le pêcheur passionné qui est lui on ne peut plus critique sur ces pubs. Mais pourquoi des tournages sans rivière, sans esprit nature ? Peut-être une réponse :
 
LA SOLUTION :
-Des portraits de famille, vrais et touchants qui installent la pêche, au-delà d’un loisir, comme une émotion, un certain rapport à la nature qui se transmet de génération en génération... 
-Une campagne populaire, qui touche au cœur, avec des mots simples.
-Un tournage responsable et agile avec un bilan carbone quasi neutre (équipe technique, réalisateur, comédiens tous présents dans un rayon de 5km + réunions de pré-prod et post-proden visio ou avec un bon vieux téléphone + 1 catering bio et local + 1 équipe de prod réduite au maximum en période d’épidémie.
-Un plan média national et des décrochages régionaux pour combiner visibilité et proximité.
-Une campagne TV conçue pour se décliner sur tous les autres canaux : presse, affichage et web.

Du coup, on en sait un peu plus. Après est-ce que c'est judicieux ? Je vous laisse juge. Quoi qu'il en soit, sur le fond, rien à redire. Une fédération se doit de communiquer pour fidéliser ses adhérents et éventuellement en trouver d'autres. Sur la forme, on a tous nos avis. Je souhaitais juste approndir un peu plus sur ce sujet et avoir des avis hors monde de la pêche. Merci aux personnes ayant répondu à mon appel.

lundi 8 juin 2020

L'histoire d'une truite (49)

Il y a une dizaine de jours, alors que j'étais à la terrasse de la maison avec des amis, mon fils s'est décidé d'un coup à partir à la pêche. Il a salué tout le monde et en avant vroum dans la Clio 20 ans d'âge. Cette année, peut-être à cause du confinement, il pêche avec une intensité plus élevée que les saisons précédentes. Il est d'ailleurs au coup du soir au moment où j'écris ces lignes.

J'avais dans l'idée de le rejoindre par la suite. C'était la fin de matinée. Quoi qu'il en soit, nous avons continué à refaire le monde avec les amis. Un peu plus d'une demie-heure après le départ de Thibaut, je reçois un sms. J'annonce aux copains qu'il doit venir du gamin...Pas manqué, c'était une photo d'un beau poisson. Il n'avait pas trainé ! Dix minutes plus tard, un autre sms, une autre photo. De nouveau dix minutes plus tard, une autre photo...De toutes évidences, le gosse était bien chaud et les poissons dehors. D'autant plus que les truites étaient toutes de belle taille.

Après avoir salué à mon tour mes amis à leur départ, j'ai pris le temps de manger avant de rejoindre Thibaut. Il ne faut quand même pas éliminer des étapes importantes comme celle-là. On s'est donc retrouvé au bord de l'eau en début d'après-midi sur le haut de la rivière.

Les truites étaient effectivement en place. C'est plaisant à voir car cette saison, ce n'est pas souvent que j'ai eu l'occasion de "bien tomber". Thibaut a repris un poisson devant moi. Plus petit. Ce fut ensuite mon tour. La pêche était vraiment agréable d'autant plus que j'étais en très bonne compagnie. Nous pêchions l'un à côté de l'autre, parfois même l'un en spectateur de l'autre. Des moments de vie qui comptent. Les plus beaux.

La rivière devenait plus large, plus lente. Nous arrivions à une belle trouée comme on dit chez nous. Une zone de berge où il est possible de fouetter sans que la végétation ne nous embête. Thibaut s'est alors accroupi derrière moi pour me regarder. Sur ma droite, il y avait une jolie truite d'environ trente cinq centimètres en aval d'un petit saule. Devant les yeux de mon fils, j'aime m'appliquer. À la première dérive, la truite est montée entre deux eaux pour venir pousser ma nymphe du bout du nez sans ouvrir la bouche, refus ! Thibaut a adoré la scène ! Moi, un peu moins...Nouvel essai avec encore moins de réaction du poisson. J'ai alors dit à Thibaut de l'essayer. J'ai donc pris sa place et lui la mienne. Mais au moment de tenter le poisson, il m'a dit :

-Je ne vais pas pêcher ta truite papa, je vais plutôt tenter celle-ci.

-Laquelle, j'en ai vu qu'une moi !

-La toute belle qui est au fond de la fosse sur ma gauche dans les bois morts.

Là, il a fallut encaisser. Je n'ai jamais vu ce poisson. Et je ne voulais pas risquer de me relever pour le voir.

-Vas-y gros, elle risque plus que toi cette truite.

Vu la profondeur, Thibaut changea de nymphe pour mettre une cuivre sur hameçon de 16. La base de toutes tentatives. Après avoir sorti quelques mètres de soie dans les airs, le premier poser fut parfait. Suite à une animation très légère, la truite est montée sur près d'un mètre pour venir intercepter la nymphe de mon fils. Ferrage appuyé en treize centièmes et la truite était prise ! C'est en fait la première fois où je la voyais ! Quel poisson !

Dès les premières secondes de combat, la truite a décidé de traverser la rivière aussi large soit-elle à cet endroit. Thibaut a alors sauté à l'eau sur un fond vaseux. Il a eu bien des maux à s'extirper de ce mauvais pas pour ensuite se positionner en milieu de rivière avec la truite qui tentait de rejoindre les obstacles en berge opposée. De mon côté, j'étais aux premières loges. Je me suis même permis une remarque qui m'a fait comprendre que je n'étais plus dans le coup du tout ! Thibaut pendant qu'il gérait le poisson se déplaçait sur sa gauche. Je lui ai conseillé de rester en place. Mais sa réponse était sans équivoque. Il voulait se placer devant les bois morts près de notre berge pour empêcher la truite d'y retourner sur un dernier rush proche de lui. Logique. Et c'est de plus ce qui est arrivé en fin de combat. La belle a tenté le coup mais le pêcheur avait déjà tout compris. Bravo.

La mise à l'épuisette fut un réel moment de joie collectif. La truite était pour le parcours d'une beauté fantastique. Nous l'avons admiré tout en la laissant dans l'eau. Thibaut ce jour-là a fait une pêche extraordinaire. Il m'a laissé les miettes avec deux truites. Mais quel régal de partager de tels moments tous les deux.

J'en redemande !

Une jolie truite de chez nous.

jeudi 4 juin 2020

David, graphiste pêcheur de talent.

Nicolas : Salut David. J’ai souhaité faire un article sur mon Blog pour mettre en avant ton travail que je trouve formidable. Avant d’aller dans le détail, donne-nous les grands traits de ton activité « décoration » et comment en es-tu arrivé là (formation ou autre) ?

David : Salut Nicolas. Autodidacte, j'ai toujours été passionné par tout ce qui se rapporte à la création artistique dans tous les domaines. En 2012, j'ai décidé de quitter le monde de la métallurgie pour créer ma micro-entreprise en tant que tatoueur où j ai pu m'épanouir en tant qu'artiste. Pour des raisons de santé, j'ai dû malheureusement cesser cette activité. Passionné par la pêche depuis mon enfance, c'est tout naturellement que j ai voulu combiner ma passion avec mon savoir faire artistique.

La première activité de David.

Depuis c'est les poissons.

Nicolas : Au départ, j’ai découvert tes vêtements. Maintenant, c’est les chaussures. Peux-tu nous donner des détails ? (dessins standards, à la carte, que de la pêche, etc…)

David : Éprouvant le désir de partager mes dessins exclusivement sur le thème de la pêche en premier lieu, j'ai découvert le site Spreadshirt grâce à un ami, ce qui m'a permis de pouvoir faire imprimer mes premiers vêtements. Au jour d'aujourd'hui, je réalise également des dessins sur demande pour des clubs, des associations et bien sur des indépendants.

Exemple de dessin pour vêtements.

En début d'année 2020, une personne de ma famille est venue à moi, me demandant de lui personnaliser une paire de basket. Ravi de mon travail, son partage ainsi que les réseaux sociaux ont permis de toucher un large public de tous horizons.

Chaussures truites !

Ou autre...

Nicolas : J’ai vu dernièrement que tu avais un partenariat avec JC Patch pour une personnalisation de ses patchs. Peux-tu nous en dire plus s’il te plait ?

David : Grâce aux réseaux sociaux JC Patch a pu découvrir mes créations. Il m'a alors demandé de lui réaliser une peinture sur un premier Patch. Le résultat de notre première collaboration étant très satisfaisant, nous aimerions maintenant réaliser des patchs personnalisés à la demande de futurs clients.

Très sympa !

Nicolas : J’ai l’impression que tu es un jeune homme plein de ressources et que de nouvelles idées vont naître à l’avenir, d’autres projets dans le même style ?

David : j'ai récemment investi dans l'achat d'une tablette graphique afin de continuer et d’améliorer d'autant plus la qualité de mes créations.

Nicolas : Donne-nous les moyens de te contacter ou/et suivre ton travail. Merci pour mes lecteurs.

David : Pour ce qui est des réseaux sociaux je vous invite à me suivre sur Facebook et Instagram

perso : @David Dubbing

reservoir de peche : @lamoucheriedumoulin

basket custom : @sneakart_custom

Nicolas : Tu gères également depuis quelques années un plan d’eau type réservoir. Dis-nous en plus, situation géographique, conditions de pêche, peuplement…

David : j'ai en effet créé un réservoir de pêche ''La Moucherie du Moulin '' dans le Territoire de Belfort (90). Ce réservoir, composé de 3 bassins (1 canal et 2 réservoirs) est exclusivement dédié à la pratique de la pêche à la mouche. Il est riche en salmonidés (farios, arcs, saumons de fontaine), ce qui promets un bon coup de ligne. Il est également possible de se restaurer sur place avec réservation. J'aime accueillir les pécheurs, les novices comme les expérimentés pour partager nos expériences, nos savoir-faire français tels que ''Hoh Flyfish'' fournisseur de canne, Serge Marty tourneur sur bois...

Nicolas : Pour terminer, une question plus personnelle. Quand tu n’es pas à ton plan d’eau ou derrière tes crayons, tu prends du temps pour lancer un peu de soie sur nos rivières ou bien ?

David : bien sûr 0-) ,dès que le temps le permet je fonce sur nos belles rivières comtoises, La Franco-Suisse, la Loue...J’apprécie également me rendre chez notre ami Laurent Jeudy (BelmontFlyFishing 70) pour passer un réel moment de détente et de partage. 

Nicolas : Merci David de nous avoir fait découvrir ton univers. Bonne continuation à toi. Je te souhaite une pleine réussite dans tous tes projets.

David :  Merci à toi de t'intéresser à mon travail, mes activités et mes passions. C'est avec plaisir que je viendrai découvrir les belles de la rivières de l'Ain. A très bientôt au bord de l'eau.

vendredi 29 mai 2020

L'histoire d'une truite (48)

Rares sont les fois où je retourne voir un poisson spécifiquement. Pourtant, c'est ce que j'ai fait mardi soir dernier. Une sortie de pêche dédiée à une seule truite. Non pas parce que c'était le poisson de ma vie, mais parce qu'à notre première rencontre, je n'ai pas pu la tenter de façon convenable.

Tout débute deux jours avant. J'étais à la rivière le dimanche soir, seul, les pieds dans l'eau jusqu'aux chevilles. Un appel téléphonique avec mon copain Simon. On discute de chose et d'autres durant plusieurs minutes. Au milieu de notre conversation, je me permets de couper Simon pour lui signaler qu'un joli poisson passe devant moi. Rien de grave, c'est aussi très sympa d'observer un poisson sans l'embêter. Une fois le coup de fil terminé, j'ai pu localiser cette truite avec une grande difficulté. Malgré ses déplacements dans une très faible hauteur d'eau, j'avais bien du mal à la voir clairement. La cause à ces multiples reflets de fin de journée. J'ai préféré m'abstenir de l'attaquer malgré le fait qu'elle perçait la surface de l'eau avec sa caudale à chaque fois qu'elle capturait une bestiole sur le fond. Si j'avais tenté ma chance de cette façon, avec une visibilité aussi médiocre, je pense que je l'aurais manqué au ferrage.

Je l'ai regardé faire un grand moment. Avant de partir, j'ai voulu voir si à cet endroit, la visibilité était meilleure depuis le milieu de la rivière et non depuis la berge. J'ai fait sauver mon poisson en progressant dans l'eau, mais j'avais ma réponse. En étant positionné ainsi, les reflets n'étaient plus qu'un mauvais souvenir du moins à cet horaire. Je voyais toute la zone où la truite venait se nourrir parfaitement. La chose était entendue, je reviendrais !

Deux jours après, le mardi soir, j'avais une heure devant moi. Une heure dans le bon horaire. J'ai enfilé mes nouvelles cuissardes et hop, direction vite fait bien fait la rivière. Sans regarder si ma truite était là ou pas, je suis descendu dans l'eau bien plus en aval. Je me suis décalé de façon à être en plein milieu de la rivière. Ensuite, j'ai remonté pas à pas en créant le moins d'ondulation possible tout en regardant cette berge. Quel plaisir, je voyais bien le fond sur au moins trente mètres devant moi. J'ai vu ma truite assez vite au final. Elle était bien au rendez-vous. Toujours avec cette façon de manger en venant bouger de l'eau à chaque fois. La profondeur était d'à peine vingt centimètres.

Ma nymphe non plombée et assez planante était déjà fixée à mon quinze centièmes. Je savais exactement ce que j'étais venu faire là ! J'ai posé ma soie et sur cette première courte dérive, la truite est venue croquer ma nymphe sans sourciller. Le combat qui s'en est suivi a été d'une rare violence par contre. Très heureux d'avoir choisi de rester en quinze centièmes ! Il a fallu brider fort tout du long pour l'empêcher d'aller se mettre dans des bois morts en berge opposée. Encore une qui habite d'un côté pour venir manger de l'autre !

Une fois la truite relâchée, je suis rentré à la maison. Mes cuissardes étaient rodées comme on dit au village !

samedi 23 mai 2020

Cademène va bien !

Cademène, le chemin des Baraques, la Grange Golgru sont autant de noms qui raisonnent à l'oreille des passionnés de pêche à la mouche. Ces noms familiers nous font penser naturellement au parcours de la famille Sansonnens situé sur la Loue.

Avec mon fils Thibaut, nous avions décidé de nous rendre chez "Sanso" mercredi dernier. L'envie de retourner fouler les berges de ce linéaire unique était immense. De plus, nous avions la certitude de revoir de belles personnes.

Le plaisir commence à monter doucement à Rurey lorsqu'après avoir passé la croix, nous prenons le chemin des Baraques. Un long chemin qui nous emmène au paradis avec cette exitation qui s'intensifie au fil des kilomètres. Cette première vision une fois la maison passée en bas de la descente reste, pour moi, le plus grand moment de chaque journée passé à Cademène. Rien que de voir ce paysage, cette Loue, suffit pour ma part au bonheur. La journée est d'ors et déjà parfaite !

Ce lieu reste rempli de magie.

L'aval du parcours depuis la rive droite. (pensée à Colette pour les fleurs! )

Nous sommes arrivés vers 8 heures du matin avec Thibaut. À peine sortis de la voiture que le maître des lieux en personne venait nous saluer. Il parait évidement qu'après toutes ces semaines sans pêcheurs, René est redevenu le plus heureux des hommes en voyant les voitures revenir à Cademène.

Après les salutations d'usages, René nous a conseillé d'aller vite profiter de la pêche, non sans me lâcher avec un geste de la main : "il faudra quand même changer de tenue" en faisant allusion à mon t-shirt blanc. J'ai rassuré de suite René que j'allais m'exécuter. Il m'a alors répondu : "Et bien, on a dit ce qui devait être dit, à tout à l'heure ! "

Voilà qui lançait notre journée. Après avoir mis ma chemise de pêche et mes cuissardes, nous sommes partis chacun de notre côté. Thibaut à l'aval rive gauche, moi en amont rive droite. Il me faut normalement une matinée d'adaptation. Je trouve la pêche quand même bien différente entre la Loue et la rivière d'Ain. Mais ce jour-là, j'ai été plus rapide qu'à l'accoutumé. Deux truites sont venues assez vite visiter mon épuisette.

Avec un gammare JFD-12 pour la première.

Prise en milieu de rivière depuis la berge avec une cuivre pour la deuxième.

Très surpris par la puissance des poissons. Je ne gardais pas ce souvenir. Il faut dire que la majorité des poissons étaient bien dodus. De son côté, Thibaut a pris truites sur truites. Des poissons (il les mesure lui ! ) entre 42 et 49cm. Belle moyenne ! Le tout à vue sur gravières peu profondes.

Mon fils a surtout utilisé le JFD-14

Une autre bien jolie.

Et les ombres dans tout ça. Ils nous ont un peu déçu car ils n'ont pas gobé de la journée. Mais après avoir eu des échos ici et là, c'était de même sur toute la rivière. Une journée sans, c'est la pêche. Néanmoins, il y a toujours moyen d'en trouver sur les gravières de Cademène. Des poissons qui en général piochent sur le fond. À ce petit jeu, j'ai pu en tenter un ou deux. C'est toujours agréable de fouetter depuis la berge en faisant de grandes dérives. Même constat que pour les truites, ils sont bien en formes ces ombres de la Loue ! 

Photo vite fait dans l'épuisette pour celui-ci, les autres relâchés sans photo.

Avant de passer à table, j'ai pu assister en face de moi à un superbe coup de ligne de mon fils. Il a pris une très belle truite typique de la Loue en fouettant depuis la berge. C'était vraiment sympa à voir.

Zébrée de chez zébrée ! 

L'heure du repas sonna ! Il était alors temps de poser les cannes pour profiter des quelques personnes qui allaient se joindre à nous. Avec Thibaut, nous avons passé un formidable moment. Être à la même table que René en ayant le privilège de l'écouter nous conter quelques anecdotes passées sur le parcours, c'était vraiment génial. J'ai bu ses paroles avec plaisir et admiration. Nous avons parlé aussi aménagement, car j'ai passé pas mal de temps à observer toutes ces caches artificielles mise en place le long du linéaire. Quel boulot ! Il y a des idées à prendre vu le nombre de truites qui se planquent dessous !

Merci à toutes les personnes autour de la table pour le repas, mais surtout pour la compagnie et la bonne humeur. Même mon fils a trainé la patte pour repartir à la pêche, c'est dire !

Repas en bord de Loue.

Pour la reprise de la pêche, j'ai pu faire mon baptême de barque ! Jamais je n'avais traversé la Loue dans la célèbre embarcation de chez Sanso. C'est chose faite ! Merci Roland pour ce cadeau, sincèrement.

C'est quelque chose !

Après avoir traversé, j'ai rejoins mon fils. Nous avons pêché jusqu'au soir ensemble. C'est à chaque fois un plaisir immense pour moi. Les poissons étaient plus timides que le matin, cela nous a permis plusieurs fois de nous poser pour admirer ce lieu, contempler les insectes, la vallée et puis pour profiter l'un de l'autre. C'est aussi ça la pêche. 

Pour en revenir aux poissons, je n'ai pas fait le poids face à mon fils ce jour-là. Il a terminé avec plus du double en truites que moi. Plus d'envie et un meilleur savoir-faire. Bravo Thibaut.

Une des truites de Thibaut prise sous le soleil de plomb en pleine après-midi.

Celle-ci est pour moi, oui, de temps en temps quand même.

Au cœur de la journée, les quelques truites actives l'étaient sur les belles gravières aval en rive gauche. Jamais simple à prendre, mais un véritable régal à pêcher. C'est juste génial comme coup de ligne. Visibilité parfaite, confort de lancer sans obstacle et grande dérive possible.

Thibaut a été le plus malin.

Mon fils en action au centre du parcours.

A noter, et ce même si je l'ai déjà évoqué plus haut, la taille des poissons. Que de belles truites ! Des poissons approchants les 50 centimètres pour parfois les dépasser. C'est assez remarquable. Quand vous évoluer dans un cadre paradisiaque, avec des poissons en nombre ayant des mensurations comme ceux-ci, il faut en profiter un maximum, car c'est extrêmement rare.

Un autre poisson pris par mon fils.

Juste avant de rejoindre sa gravière. Belle truite.

La plus belle de la session, prise en toute fin de journée par mes soins.

Nous avons vécu une vraie belle journée. Toutes les cases à bonheur ont été comblées. Le lieu, les personnes, les poissons. Comment ne pas revenir encore et encore. Je vous le souhaite en tous les cas. N'hésitez pas, car Cademène va bien !

Remerciements sincères à Véronique, Colette, Roland et Guy pour leur agréable compagnie.

Un dernier immense merci à René pour nous donner accès à ce parcours unique et surtout pour l'homme qui l'est. À très bientôt !

René Sansonnens.

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