Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
Le poisson Voyageur, le rêve de pêche à votre mesure !

Accès au Fly Shop Signez le livre d'or Suivez-moi sur facebook Le Fly Shop sur facebook

Mot-clé - Montages de mouches

Fil des billets - Fil des commentaires

dimanche 11 octobre 2020

Préparation de la saison du montage de mouches.

La fin septembre correspond pour moi à la période pleine intensité à l'étau. Les semaines qui arrivent et ma capacité à être régulier dans mon travail sont primordiales. La période actuelle et à venir va conditionner mon temps de pêche au printemps. Effectivement, si je veux être en capacité de fournir les besoins de mes clients dans quelques mois et à la fois avoir du temps de pêche suffisant, il faut que je sois capable de faire de gros stocks cet automne et cet hiver.

La période débute donc par une préparation des matériaux afin de ne pas être pris au dépourvu. Je pense en particulier à ceux que j'utilise énormément, à savoir les plumes de faisan et le dubbing de lièvre.

Pour les grandes plumes de faisan mâle, j'ai depuis quelques années un fournisseur. Les plumes sont perdues par les volatiles au fil des semaines dans les volières avant leur mise en liberté. Ces plumes sont donc récupérées au sol. Elles sont la plupart du temps souillées par la terre et les fientes. Il y a donc un travail important de nettoyage. Cette année, j'ai fait tremper environ 150 plumes dans un bain d'eau chaude. Je laisse ainsi environ trente minutes. J'effectue un premier rinçage avec le pommeau de douche. Ensuite, à l'aide d'une brosse à poils doux, je frotte les plumes par paquet de dix. Ceci afin de retirer les saletés qui s'accrochent. Un dernier rinçage et il reste à faire sécher les plumes sur le fourneau. Pour mon utilisation, je fais un tri. Je mets les belles plumes pour la série "aindispensable" et les plumes de grade inférieur (mais qui restent de qualité) pour les "cuivres" et les "passe-partout brune".

De quoi monter quelques nymphes.

Ensuite vient le temps de préparer le dubbing de lièvre. Je cherche toujours des fournisseurs de peaux de lièvre. C'est un peu plus compliqué. Cette année, j'ai eu la chance d'avoir 5 dos à préparer. Je fais mon dubbing au ciseaux depuis peu en fait. Mais finalement, on est jamais si bien servi que par soi-même. De plus, la qualité s'en ressent grandement. C'est donc un plus pour mes clients à mon avis.

C'est beaucoup de temps mais le résultat est là. Par pincé, une à une, je coupe les poils sur le dos des peaux des animaux. Une fois coupée, je serre la pincé de poils entre le pouce et mon index de la main gauche pour retirer la bourre avec ma main droite. Je laisse néanmoins quelques brins de bourre pour apporter un peu de liant au dubbing final. Aucune idée du pourcentage, c'est au feeling.

Les peaux de lièvre, merci Igor !

Le début du long travail.

Le rendu final est vraiment top. Ce dubbing sera utilisé pour les sedges et olives passe-partout. Ainsi que pour les tricho cul-vert. J'ai longtemps acheté mon dubbing et je dois dire que depuis que je le fais, j'apporte une plus value à mes imitations. C'est indéniable.

Avec 5 peaux, j'ai pu remplir 4 pots de confiture. De quoi faire des centaines de mouches.

Belle quantité et grande qualité.

Voilà, il reste maintenant à passer à l'étau sans faire semblant. Une peu comme hier matin où j'ai réalisé une belle série d'aindispensables en 14. Il va falloir tenir ce rythme quelques semaines...Sans oublier de prendre l'air de temps à autres au bord de la belle.

Je profite de cet article pour faire un appel au troc. J'ai une grosse vingtaine de plumes de faisans obscurs. Je ne m'en sers pas. Je souhaiterais un échange avec des plumes de croupion de bécasse. Si vous êtes intéressé, faites moi signe.

mercredi 7 octobre 2020

Un cadeau qui fait vraiment plaisir.

Je reviens par le biais de cet article sur un évènement marquant de ma fin de saison. Cette fois-ci, cela ne s'est pas passé sur les berges d'une rivière.

J'ai été contacté par une vieille connaissance. Ce fut un plaisir d'avoir des nouvelles et de pouvoir converser ensemble de notre passion commune. Mais ma surprise allait encore être plus grande lorsque cet ami m'a annoncé être retombé par hasard sur des boites de mouches où figuraient des références de nymphes et d'émergentes d'André Terrier.

C'était en fait des boites de l'époque des Mouches Devaux où André avait une collaboration avec cette maison prestigieuse. Une période que j'ai d'ailleurs connue en partie puisque nous nous rendions souvent à l'atelier qui se situait dans le cœur de la ville de Champagnole. Les ouvrières avaient d'ailleurs une vue directe sur la rivière d'Ain une fois devant leur étau. J'étais bien jeune et je n'avais pas pleinement conscience du privilège que j'avais de pouvoir admirer ces dames aux doigts de fées. Quel travail, quelle vitesse d’exécution. Formidable !

Franck, l'ami en question, est passé à la maison pour m'offrir ces deux boites. Un cadeau qui me touche sincèrement. C'est une partie de l'empreinte qu'André a laissé dans le monde de la pêche à la mouche. Merci pour ce cadeau cher ami !

La collection presque complète des fameuses ATT.

Et également quelques ATE dont les orange-tag !

Il y a quelques années, Jean Oulion m'avait fait un cadeau du même acabit. Il m'avait envoyé quelques nymphes originales de ses recherches communes avec André sur la rivière d'Ain. Certains modèles sont apparus par la suite dans les séries ATT et ATO sur le catalogue des Mouches Devaux. Deux séries qui ont disparu du catalogue depuis...Comme la notation "Champagnole" du nouveau logo.

Il est donc bon de rappeler aux plus jeunes les origines de cette maison. Car il est de mon point de vue important de se souvenir d'où on vient. Si parfois les gens l'oublient de façon inconsciente ou non, ce n'est pas mon cas. C'est pour cela que je profite de la moindre occasion pour vous parler d'André et de son histoire à travers ses mouches ou ses actions.

Ces nymphes ont déjà quelques années. Grand merci Jean.

Ces cadeaux liés à la vie d'André ont une immense valeur sentimentale pour moi. C'est même inestimable. Alors encore merci à tous ceux qui pensent à moi dans ces cas là.

dimanche 13 septembre 2020

Neuf années d'activité.

Voilà 9 ans que je me suis lancé dans l'aventure. Monter sa petite entreprise et la faire vivre du mieux possible au fil des années n'est pas de tout repos. Je suis très heureux d'avoir encore aujourd'hui la confiance de nombreux clients.

Cette année est très particulière. Il y a eu un phénomène de tourisme pêche franco/français. J'ai ainsi pu faire la connaissance de nombreux pêcheurs à la suite du confinement. Merci pour vos visites.

J'espère vous retrouver pour un article l'année prochaine pour fêter les 10 ans de mon FlyShop.

Série de SL-mai et SL-rose.

Commande prête à expédier d'Aindispensables.

Lexa, pêcheuse américaine utilisant les bas de ligne "made in Jura".

mardi 12 mai 2020

Heureux de vous accueillir à nouveau !

En ce 12 mai, nous vivons le retour de certaines de nos libertés avec en tête que le covid est bel et bien toujours présent. C'est donc dans ce contexte bien particulier que les commandes du Fly Shop reprennent tout à fait normalement. Le bureau de poste de mon village étant de nouveau fonctionnel.

Plus important à mes yeux, je peux de nouveau accueillir les pêcheurs qui désirent acheter leurs mouches directement chez moi. Bien entendu, la barrière des 100 kilomètres va faire que vous serez moins nombreux que les années précédentes, mais sachez que c'est possible. Toujours sur rendez-vous pour être certain que je sois là pour vous recevoir.

La période de confinement a été productive.

Pour les nymphes et les mouches, aucun problème, le stock est bien présent. Si vous désirez des bas de ligne, merci de me donner vos références au moment de la prise du rendez-vous. Je les fabrique au fur et à mesure des demandes.

Atelier bas de ligne.

La visite de l'atelier sera de nouveau possible...Mais sans éternuer hein ;-)

mardi 28 avril 2020

Monteur de mouches artificielles, un vrai métier.

Fabriquer ses mouches résulte avant tout d'un besoin. Effectivement, pour pêcher à l'aide d'une canne à mouche, il faut obligatoirement des imitations artificielles de nos insectes naturels dont se délectent les truites et les ombres. Ce besoin peut devenir pour certains d’entre nous, une véritable passion. Au point même de fabriquer plus de mouches que de besoin. 

Cela n'a jamais été mon cas. La passion du montage de mouches ne m'a jamais habité. J'ai toujours fabriqué mes propres artificielles uniquement par besoin. Pour pêcher, et rien d'autre. Bien entendu, j'ai fait des recherches, que cela soit sur les matériaux ou encore dans les techniques de montage, mais toujours dans l'idée de prendre une truite plus efficacement, non par plaisir. Le plaisir justement, je le trouve uniquement au bord de l'eau.

Depuis bientôt 9 ans, j'en ai fait mon métier. Une fois de plus, par besoin.

Oui, monteur de mouches artificielles est un véritable métier. Une fois bien installé et la fidélisation d'une clientèle conséquente acquise au fil des années, la petite aventure devient un métier à part entière. Si j'insiste sur ce point, c'est que parfois, certaines remarques, certains regards et autres indifférences me font penser que ce n'est pas le cas dans l'esprit de tout le monde. Peut-être est-ce dû justement au fait que cette activité découle d'une passion. C'est fort possible.

Sauf que non, il y a un véritable gouffre entre le fait de monter quelques mouches de temps en temps pour son propre besoin, et celui d'en fabriquer plusieurs dizaines par jour, tous les jours, toute l'année, sur plusieurs années. La répétition journalière sur la durée n'est parfois pas simple à gérer.  Alors oui, c'est un choix que j'ai fait comme d'autres, je ne m'en plains pas du tout. Je savais ce qui m'attendait et finalement, c'est très bien comme ça.

Ce qui fait mal, c'est cette non considération qu'il m'arrive parfois de ressentir. Que cela vienne de contacts internet ou plus encore de proches. Comme si toutes ces heures passées derrière mon étau était simplement un passe-temps.

C'est justement tout le contraire. Sans parler du fait que chaque produit est identifié à mon nom avec tout ce que cela impose. La satisfaction de chaque client est omniprésente dans mon esprit. C'est, selon sa propre mentalité, très lourd à porter. C'est mon cas. Ce métier comporte toutes les spécificités des autres. La relation client, celle avec les fournisseurs, le temps de travail (20 à 25 heures/semaine en plus de mon 1er métier), l'administratif, et donc tous les soucis liés qu'ils soient physiques ou psychologiques.

Je suis très heureux et plutôt satisfait de ce que j'ai accompli depuis septembre 2011, mais qu'on se le dise, monteur de mouches artificielles n'est pas un passe-temps, c'est un métier au même titre que bien d'autres.

- page 2 de 24 -