Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
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Mot-clé - La nymphe à vue

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dimanche 28 juillet 2019

Ma matinée de pêche en vidéo.

Je vous partage de nouveau une petite vidéo de ma matinée de pêche de ce vendredi. Trop chaud pour pêcher la journée entière, j'ai fait un 7h30 - 12h30. Un petit clin d’œil à mon vice président d'AAPPMA qui pourra ainsi se rendre compte que j'ai retrouvé mon rasoir ! Bon visionnage.

dimanche 14 juillet 2019

L’été, cette saison que je n’aime plus.

J’ai pourtant été très ami avec le beau temps et la chaleur, que cela soit pour la vie de tous les jours ou pour la pratique de la pêche en elle-même. Étant un fan inconditionnel de la pêche en nymphe à vue, j’attendais avec une grande impatience l’été et ses grandes journées gorgées de soleil sur une rivière à l'étiage. J’ai passé plusieurs années à pêcher tous les jours en Juin, Juillet et Août lors de mes vacances scolaires. C’était fabuleux, la pêche était fantastique.

Aujourd’hui, et depuis quelques années, je n’aime plus du tout cette période de l’année. Est-ce que je deviens aigri avec le temps, est-ce que les changements sont trop importants, est-ce que je me focalise trop dessus…Certainement un peu de tout cela.

Même cette pêche que j’ai tant aimé ne m’attire plus autant. Les longues pointes, le fil fin, les micro-nymphes…Des poissons hyper éduqués…Tout cet ensemble où j’ai fait mes classes dans le domaine de la nymphe à vue. Cette pêche qui m’a tant fait progresser pour atteindre un niveau correct. Car c'est durant cette période de l’année que l’on rencontre les poissons les plus difficiles à prendre.

Cette saison, comme un peu les précédentes d’ailleurs, les eaux de notre rivière d’Ain sont basses depuis le début du printemps. C’est devenu la norme. Lorsque l’été pointe le bout de son nez, les parties de pêche en nymphe à vue sont déjà bien nombreuses. Autant dire que j'ai ma dose. Pour le coup, l’impatience est moindre et l’envie presque inexistante de mon côté. À cela s'ajoute la montée des températures toujours plus importante au fil des saisons. Une question sur laquelle je ne m’arrêtais pas à l’époque d’ailleurs. J’ai souvenir d’avoir pêché tous les jours en 2003. Aujourd’hui, je ne peux plus. Prendre un poisson pour le relâcher doit être fait dans de bonnes conditions et donc mettre un fil trop fin va à l'encontre de cela.

Au delà de tous ces aspects, c'est l’environnement estival qui me bloque de plus en plus. En tant que citoyen d'abord. Voir la ressource en eau gaspiller comme si elle était inépuisable. Cette prise de conscience qui ne vient pas pour la grande majorité des personnes. C'est franchement flippant surtout lorsque l'on voit le très faible débit de nos rivières jurassiennes...

Et puis toute cette civilisation qui se réveille avec la chaleur pour retrouver la rivière dès début Juillet. Devoir la "partager" avec des gens qui n'ont aucun respect pour ce cour d'eau me fait mal au ventre. Ce monde de consommation ou de plus en plus de personnes viennent laisser leurs déchets après utilisation (baignade, canoé, etc...). J'arrive à ne plus penser pêche quand je vois toutes ces incivilités et ça me rend fou. Sans parler du braconnage, tellement facile avec ces niveaux...Encore le week-end dernier où j'ai croisé cinq gaillards fait comme des cathédrales...Il n'était pas là pour s'amuser eux...On sait tous que la police de la pêche est inexistante pour ce genre de cas.

Alors quand j'en parle, on me dit que ce n'est que quelques truites...Oui, effectivement, c'est bien ça. Comme ce que prélèvent les brochets de plus en plus présents dans l'Ain, comme ce que pêchent les grands cormorans l'hiver ainsi que les harles bièvres qui s'installent maintenant toute l'année avec pour un couple une progéniture pouvant dépasser les 10 individus, rien que ça. On peut aussi parler des pêcheurs qui se donnent bonne conscience en me disant qu'ils ne gardent que quelques truites par an...Je n'ai jamais été un surdoué des mathématiques, mais si l'on additionne tout ces petits pas grand chose, ça commence à faire beaucoup. Surtout lorsque l'on connait le nombre de géniteurs sur les frayères, ça fait même franchement rager ! Il y a quelques jours, j'ai vu une bande de 10 harles bièvres pêcher...Sincèrement, je ne souhaite à personne d'avoir ce genre de volatiles sur sa rivière...Il faut le voir pour le croire.

Oui, l'été ne m'apporte plus toute cette joie comme avant tout simplement parce que j'ai perdu mon insouciance. Je continue de pêcher malgré tout avec une toute autre intensité...en conservant mon fil de gros diamètre, en cherchant des spots avec de l'eau fraiche...C'est le côté obscure de la chose, savoir comment fonctionne sa rivière (la voir souffir), connaitre les problématiques de la survie de nos chères truites et du coup, se poser toutes sortes de questions...Mais je pense que c'est naturel vis à vis de mon vécu sur la rivière d'Ain...

vendredi 3 mai 2019

L'histoire d'une truite (46)

Cette nouvelle histoire ne sera pas le récit d’un poisson capturé par mes soins. Je n'en serais pas non plus le narrateur. Non, cette fois-ci, vous aurez le droit à une histoire où le chanceux pêcheur est mon fils Thibaut et où celui qui nous raconte cette belle histoire n'est autre que son copain Victor. Ces deux-là se connaissent depuis de nombreuses années. Ils ont toujours pêchés ensemble avec parfois des périodes plus ou moins creuses. Cette année, ils partagent pas mal de temps au bord de l’eau. Ils ont profité des dernières vacances scolaires de ce mois d’avril pour aller barouder ici et là. Le fait d’avoir le permis leur permet d’accéder à de nombreux parcours pour leur plus grand plaisir et leur envie de découvrir encore et encore. Victor voulait justement faire découvrir à Thibaut les parcours avals de notre belle rivière à l'époque bénie des gammares. Cette journée découverte restera, je pense, pour tous les deux un très bon souvenir. Je vous laisse en compagnie de Victor qui manie la plume tout aussi bien que sa GLX, c'est dire, un vrai régal !

         Deux ans après, peut-être plus, tout ce temps sans pêcher de façon digne de ce nom ensembles, comme quand nous n’étions encore que des enfants et que la pêche n’était qu’un jeu de cache-cache et d’adresse auquel nous jouions avec les poissons à longueur de journée sans jamais éprouver la moindre lassitude, et après tout je crois qu’il en est toujours ainsi. C’est à chaque fois avec surprise que je remarque à quel point les réflexes et les habitudes reviennent instantanément avec Thibaut, les nombreuses heures passées côte à côte nous ont permis de nous connaitre sur le bout des doigts, de connaitre les points forts mais aussi les qualités de l’autre, de déceler ses moments de motivation pendant lesquels il semble inatteignable mais également ses frustrations et ses moments de doute. Et je ne crois pas me tromper en disant que la prise du poisson dont il est sujet dans ce billet illustre à merveille cette relation et cette complicité amicale.

En effet, après avoir fait face à plusieurs échecs face à de grandes truites, la possibilité d’en prendre une devenait comme une utopie pour Thibaut qui désespérait à tort d’en voir une au fond de son filet, comme si le sort venait s’en mêler pour faire pencher à chaque fois la balance du côté du poisson plutôt que du pêcheur. Ce jour semblait donc idéal pour refaire les comptes, remettre les points sur les « i », l’église au milieu du village, en bref, faire pencher la balance du bon côté, celui du pêcheur et non du poisson. Pourtant, la partie commençait plutôt mal, à l’issu du premier lancer de la journée, Thibaut ferre une grosse truite qui passera malencontreusement sous une branche, la seule qui se trouvait sur la trajectoire de son premier rush, plus par maladresse qu’autre chose à mon avis. Par la suite, la journée se résume par de multiples occasions, mais les personnes qui connaissent la pêche de ces grandes truites sauront qu’il ne suffit pas d’occasions pour capturer l’une d’entre elles. Aucune de ces chances ne se concrétisait, parfois de la faute du poisson, de ses déplacements, tantôt du vent ou encore d’une aimable promeneuse et de ses enfants ayant trouvé la berge le long de laquelle se nourrissait la truite tant convoitée idéale pour une balade en nature.

Au fil de la journée, je sentais croitre en nous une frustration, à moins que cela ne soit de la vexation. La frustration des jours où le graal semble tellement accessible qu’on peut l’observer et presque le toucher du bout des doigts, la vexation d’avoir à raconter le soir en rentrant à nos pères respectifs (même s’ils connaissent cette pêche par cœur) que nous avons eu des occasions mais que nous ne sommes pas parvenu à les concrétiser. De la vexation également lorsque, assis dans votre dos sur la berge, votre coéquipier et ami attend que vous illuminiez la journée par un ferrage salvateur sans que vous n’y parveniez. Car pêcher à deux c’est aussi ça, la peur de décevoir l’autre, où l’envie de l’impression suivant que vous voyiez le verre à moitié plein ou à moitié vide. Cependant, et c’est le cas entre Thibaut et moi, le regard de l’autre doit être un moteur, une source d’émulation et non un frein, si l’un n’est pas à son niveau habituel sur un coup, l’autre se contente de lui lancer un : « t’as pas bien pêché mec » ou encore « Tu vois ce lancer ? Et bien ne recommence plus jamais ça », s’il veut être plus taquin et aussitôt nous passons à autre chose car comme le dit un pêcheur de grosses truites avec qui nous partageons au moins cette philosophie : « il y a toujours une balle de match, et les balles de match il ne faut pas les rater ». Et en effet, cette balle de match allait se présenter.

Il s’agit d’une truite qui se baladait rapidement le long d’une bordure, à 5 ou 6 mètres de la berge, entre deux eaux, curieux comportement qui laissait presque entrevoir du stress chez elle. En suivant ce poisson, c’est moi qui repère qu’elle effectue une pause dans son circuit, en amont d’un petit rocher immergé. J’interpelle Thibaut qui se trouve juste en dessous de moi en lui disant de rentrer dans l’eau pour se dégager de la végétation et pouvoir lancer en revers (son point fort à distance).  Après avoir noué une petite nymphe de trichoptère montée par notre pote Alex, il se glisse le long de la berge et entame une courte approche. La truite est toujours là, immobile, les yeux en l’air, comme si elle recherchait des nymphes en train d’éclore plutôt que leur habituel menu composé de gammares courant sur le fond. Après quelques faux lancers d’étalonnage, Thibaut lance sa nymphe légèrement en amont du poisson, le courant, bien qu’extrêmement faible à cet endroit, dirige l’imitation à environ 30 centimètres sur la droite de la truite dont les yeux tournent déjà pour l’observer. Je me souviens dire à Thibaut de ne surtout pas animer, je pense sincèrement que le poisson ne l’aurait pas accepté à cet endroit et en plein soleil avec le fil au-dessus de sa tête. Puis, dans un mouvement d’une lenteur indescriptible, comme pour faire durer le suspense, la truite s’empare du petit tricho. Ferrage !!! Vous savez, celui dont on parlait tout à l’heure ? S’en suit une belle bagarre durant laquelle la truite tentera de rejoindre un grand arbre immergé, mais le pêcheur la stoppera à 7 ou 8 mètres de son objectif grâce à son 16/100. La suite est des plus classiques mais très bien orchestrée par Thibaut qui se contente de suivre sa truite sur la gravière à l’aval en tirant un maximum dessus pour abréger la bagarre. Puis l’instant décisif de l’épuisette, celui qui fait définitivement basculer la balance d’un côté ou de l’autre, le juge entre la victoire et la défaite. Mais vous l’avez compris il s’agit là d’un récit de victoire !

Toute la frustration des heures précédentes semble alors s’envoler en fumée, la sensation unique de légèreté après avoir accompli ce que vous aimez le plus… « Merci mon pote » me lance-t-il, un merci qui en dit long. Après avoir mesuré ce poisson et fait une ou deux photos, il repartira d’où il est venu, dans le fond de la fosse abyssale qu’il habite.

En attendant les prochaines occasions de vibrer de nouveau, je te remercie, « t’as bien péché Thib ».

Voici la truite de ce beau récit.

D'un peu plus près.

A mon tour de te remercier Victor, pour avoir écrit ces quelques lignes, mais aussi et surtout pour avoir partagé ces moments avec Thibaut. Certes, c'est lui qui tenait la canne, mais sans toi, il ne se serait jamais trouvé à cet endroit.

Les amitiés construites autour d'une passion commune sont de mon point de vue plus solides que les autres et je pense que la votre durera quelques soient vos chemins de vie respectifs...Il y aura toujours une rivière et des poissons pour une journée de pêche ensemble !

vendredi 19 avril 2019

Cademène ou le paradis éternel.

Prendre une journée de congé durant les vacances scolaires de mon fils, voilà une idée qu'elle était bonne. Direction la Loue, Cademène, chez Sanso...Ce lieu, ce linéaire, cette vallée...Le paradis. Il n'y a pas d'autre qualificatif. Un résumé en images de cette belle journée partagée avec mon fils et où j'ai eu le plaisir de revoir bon nombre d'amis. Un régal.

La vallée de la Loue en aval de la ferme Golgru. Une beauté et une ambiance intacte à chaque fois que je viens ici.

Ma première truite de la Loue pour 2019. Un poisson magnifique pris en nymphe à vue avec une nymphe légère mais assez grosse. Un régal de voir monter ce poisson entre deux eaux pour engloutir mon imitation.

Le premier poisson d'après le casse-croûte. La digestion s'est bien passée du coup ! Une truite magnifique qui m'a donné bien du plaisir. 

Mon fils en plein combat après avoir ferré son poisson à dix mètres de la berge. La truite visitera le saule en aval plusieurs fois sans pour autant gagner la bataille.

Les truites de la Loue sont splendides, qu'elles soient préservées par tous les maux qui touchent la rivière.

On a voulu finir par des poissons plus tatillons sur les gravières dans peu d'eau. Thibaut a été le plus adroit. Il a réussit à en prendre plusieurs.

Une des belles de cette gravière. Une couleur caractéristique de ce genre de poste. Joli coup de ligne qui plus est !

La dernière de la journée, juste devant les voitures, le long de la barque au René. Une façon de dire au revoir à la Loue et ses habitantes.

mardi 26 mars 2019

L'histoire d'une truite (43)

Que d’eau en ce début de saison, quel plaisir de voir la rivière pleine de vie. Un réel contraste avec cet été puis cet automne où elle était quasiment sans courant, sans mouvement. Triste et muette. Là, depuis début mars, c’est tout le contraire. Des niveaux d’eau importants, un débit soutenu et bruyant, une rivière qui fait plaisir à voir.

Côté pêche, c'est beaucoup moins simple. Si Thibaut s’est lui adapté très facilement à ces fluctuations de débits avec différentes techniques de pêche en prenant du poisson à chaque sortie, pour ma part, j’ai pris mon mal en patience en attendant que la nymphe à vue soit praticable. C’est un choix tout à fait volontaire. Seule la vision du poisson prenant mon imitation me donne du plaisir depuis maintenant quelques années. Mais comme le dit si bien le proverbe, tout vient à point à qui sait attendre. Et puis en attendant, je me régale des anecdotes de mon fils, c'est tout aussi plaisant que de pêcher.

Mais même pour la pêche à vue, Thibaut m’a devancé cette année. Avec ses horaires d’étudiant, il a pas mal de temps de libre en semaine ce qui lui a permis de prendre ses deux premières truites en nymphe à vue avant même que j’aille trainer mes guêtres sur les berges de la rivière avec ma canne à mouche. Qu’à cela ne tienne, c’était mon tour cette fois. Une journée que j’avais déjà imaginé dans ma tête depuis quelques nuits. Tous les matins, je voyais les courbes de niveaux baisser et mes simulations à plusieurs jours me donnaient un niveau limite mais jouable pour espérer voir quelques poissons. Même après toutes ces années de pratique, même après ces trois dernières saisons où l'Ain a énormément souffert, j’ai toujours cette envie de retrouver la rivière et ses dernières truites avec ma canne à mouche. Une envie des plus tenaces !

Au mois de Mars, peu importe finalement le matériel et la technique, ce qui compte le plus, de mon point de vue, c’est la parfaite connaissance de la rivière que l'on pêche et le fait d’être capable d’anticiper les comportements des poissons selon les conditions du moment en sachant que ceux-ci restent très spécifiques avec ces eaux très froides. Si j’ai fais le choix de pêcher à 95% de mon temps le même cours d’eau, d’y passer également un maximum de temps lors de la fermeture, c’est pour plusieurs raisons comme celle d’être d’une grande précision dans mes décisions lors de ces périodes compliquées. Le choix des berges à prospecter selon les horaires fera toute la différence, loin, très loin devant votre choix de mouche ou de diamètre de fil ou encore de puissance de canne. Une truite à cette époque sort peu de temps durant la journée et elle est active encore moins que ça. Il faut prendre les bonnes décisions au bon moment. C’est primordial pour avoir un minimum de réussite. Après plus de 33 ans à pratiquer la rivière d’Ain, à la chérir, à l'observer à toutes saisons et à toutes heures de la journée, j’ai, je pense, ce petit plus sous ma casquette. Je tente de m’en servir pour le mieux, bien évidemment.

Pour ma première journée de pêche, j’étais certain de trouver du poisson avant même d’être arrivé sur les lieux. Cela peut vous paraitre prétentieux, mais c’est la stricte vérité. Après, prendre ces poissons vus est une autre paire de manche qui plus est avec les années qui passent. Je me pose toujours quelques questions en début de saison surtout par rapport à ma vue. Je me rends bien compte que les yeux de mon fils sont bien plus performants, que les miens fatiguent saisons après saisons. Et puis est-ce que je vais conserver cette réussite au ferrage qui a toujours été mon point fort. L’an passé, j’ai eu l’impression de baisser un peu avec quelques loupés grossiers, ce qui ne m’arrivait quasiment jamais. Est-ce que cela allait empirer cette année ? Il fallait que j’ai des prémices de réponses assez vite.

Ce jour-là, le débit de la rivière était encore élevé mais surtout, la clarté de l’eau laissait à désirer. La rivière avait une couleur laiteuse dès que la profondeur se faisait sentir. Certainement une présence d’eau de neige.  Mais la bordure était lisible. On pouvait voir assez bien jusqu’à 1.20m environ. Largement suffisant pour capter les zébrures d’une belle en maraude. J’ai débuté ma partie de pêche assez tôt vers 7h15. Le soleil était encore planqué et ma tenue légère me le rappelait à chaque seconde d'autant plus qu'il a fallu gratter le pare-brise de la voiture pour partir. Hostile le Jura ! Comme je m’en doutais, très peu de poissons dehors. Il faut dire que les trois derniers étés en ont laissé sur le flanc et pas qu'un peu malheureusement. Malgré cela, comme prévu, comme un plan qui se déroule sans accroc, j’ai vu mes deux premières truites aux postes habituels par ces niveaux à cette époque. Pour la première, j’étais limite en arbalète et trop à découvert pour tenter un rouler. Le poisson m’aurait capté de suite, c’est certain. J’ai donc tenté une arbalète sans trop y croire. Le poisson a bien vu le gammare dériver, mais justement, cette dérive était tout sauf naturelle car en bout de course, et même sur un poisson qui n’avait rien vu depuis l’ouverture, il n’y avait pas d’autre alternative que le refus. Cela reste des truites de la rivière d’Ain, elles ont de la mémoire ! Je vous dis cela car j’en ai parlé avec un client (qui se reconnaitra ;-) ) qui est passé ce week-end à la maison prendre ses mouches. Il revenait de 15 mois en Nouvelle-Zélande où il a fait des pêches fantastiques. Il était venu découvrir la rivière d’Ain et ses truites. Le challenge n’était pas simple et son retour tout à fait réaliste sur la difficulté de ces zébrées. Les truites de l’Ain restent de farouches adversaires qui se méritent. Hormis quelques jours dans l'année où tout va bien, où les poissons semblent coopératifs, ces truites demandent au pêcheur d'être complet pour pouvoir les leurrer. C'est d'autant plus gratifiant lorsque l'on réussi ce challenge.

Pour le deuxième poisson vu de la matinée, la simple vision des 20 centimètres de mon bout de scion a suffit pour le faire fuir ! Ce n’est plus de la mémoire là, c’est un truc de fou. Le soleil était bien monté dans le ciel pour mon plus grand bonheur. Il était temps de reprendre la voiture pour aller sur une autre berge. Je vous le dis sincèrement, j’ai horreur de faire ça, reprendre la voiture…Une fois posé, je reste en général au même endroit. Mais là, au tout début de l'année, c’est compliqué car il faut suivre le soleil heure par heure, c’est la clé du succès. J’arrive donc sur une nouvelle berge. Pointe de 3 mètres en 14°, gammare JFD -14 noué au bout. Toujours entre le pouce et l’index de la main gauche le gammare, près à être propulsé à la moindre vision d’une truite en bordure. C’est ma nymphe de base pour les prospections depuis la berge. C’est une imitation qui pêche vite et bien. Une valeur sûre. Sur cette berge, j’avais 3 endroits différents où je pensais voir au moins une truite. Le premier ? Rien, aucun poisson (et pourtant je suis resté longtemps à attendre). Le deuxième, une truite de 30-35 qui est partie de suite. Je ne sais pas encore pourquoi. C’est truites sont déroutantes parfois, je ne pense pas avoir fait d'erreur dans mon approche. Les réponses aux questions ne viennent pas. Le troisième endroit ? Haaaa, le troisième endroit !

Pas mécontent de voir le soleil pointer le bout du nez !

C’est un endroit où la profondeur de l'eau est de 70-80 centimètres à la berge pour aller jusqu’à presque 1.50m au plus profond. Avec les niveaux du jour où j’ai pêché bien entendu. Il y a près du bord vers une trouée un très gros chêne. Idéal pour coller son épaule contre le tronc massif de l’arbre et rester là à observer. Oui, je voulais rester, car c’est souvent que je ne vois rien en arrivant sur poste, mais qu’en regardant de partout, je finis par apercevoir un poisson en maraude. Souvent, la truite passe sous les saules qui garnissent la berge et je la vois se nourrir au fond. J’ai en souvent pris de cette façon à l’arbalète, presque dans mes pieds. 5 minutes, 10 minutes, 15 minutes, toujours rien. Mon moral n’était pas atteint. Je vois tous les débuts de saison à ce niveau d’eau des poissons à cet endroit. De plus, j'étais certain d'être au bon endroit dans la bonne plage horaire.

En bout de coup à pêcher, et à environ 10-12 mètres de ma position, il y a un petit banc de sable en léger dévers. Je connais ce coup par cœur. J’y ai passé des dizaines d’heures. Oui, dès mon arrivée, j’avais vu cette forme plus sombre que le sable et qui pour moi n’était pas là l’an passé. Mais voilà, dans mon esprit, après les crues hivernales, n’importe quel morceau de bois ou autre pouvait s’être déposé à cet endroit précis. Bref, je n’avais pas bloqué dessus. Puis, après ce petit quart d’heure à attendre, mes yeux sont revenus dessus pour je ne sais quelle raison. Je me suis mis à fixé comme un fou cette forme sombre qui faisait légèrement contraste avec le sable. Mais rien d’évident avec cette eau laiteuse. A force de fixer, je voyais bouger la forme. Mais bon, je ne suis pas non plus un « gamin du mois d’août » comme on dit au village. Je sais très bien qu’à force de vouloir voir quelque chose, je peux me faire des films, et je m'en fais régulièrement ! Il fallait être sur de soi. Merci mon Dieu, la truite, car oui c’était bien une truite a décidé de m’aider. Elle a bougé franchement. Le doute n’était plus permis ! Je savais que j’allais en trouver une par là ! Rien que pour ça j’étais heureux. C’est vraiment gratifiant de genre de moment où l'on se rend compte que la bonne décision a été prise. C'est aussi bon que la prise du poisson en elle-même.

Il fallait maintenant analyser la situation pour mettre toutes les chances de mon côté. Je n’étais pas pressé, cela faisait au minimum un quart d’heure qu’elle était devant moi déjà. Pour la nymphe, pas de souci, le gammare allait passer crème, c'était certain. Par contre, la question était comment lui amener. J’ai pris la décision de renter légèrement dans l’eau pour m’ouvrir un angle afin de pouvoir fouetter. Première dérive de l‘année sur un poisson à 8-9 mètres, fallait pas trembler. En tenant mon gammare, j’ai sorti tranquillement mon bas de ligne entièrement. Puis, dès que la soie eut passé mon anneau de pointe, j’ai commencé à fouetter afin de sortir la longueur de soie nécessaire à ce coup de ligne. J’étais dos à la truite. J’ai posé avec une précision moyenne mais presque normale pour ce premier jet sur la droite de la truite. Un JFD en 14 coule assez vite et avant qu’il ne touche le fond, j’ai réalisé une animation assez vive. Bien visible quoi !

J’ai alors vu ma truite ce mouvoir lentement dans sa direction. Je la distinguais plus que je ne la voyais, mais son déplacement ne faisait aucun doute sur ses intentions. Arrêt du poisson, ferrage ! Et pas un petit ! La truite était à moi. J’ai eu bien du mal à la contrarier au premier départ, mais j’ai réussi malgré tout. Une chandelle, puis deux !  Un combat court mais puissant. Une canne en vrac, un nylon qui siffle, le bruit des noeuds dans les anneaux, le pied ! Après, mon diamètre de fil m’autorisait un bridage autoritaire. La mise à l’épuisette me donna l’occasion d’admirer ce trésor de plus près. Et même si je ne pouvais pas le voir, je devais avoir une sacrée banane sur le visage. Un poisson sauvage de sa rivière bien aimée possède une valeur que jamais un autre poisson ne pourra approcher ni même effleurer. Cette truite m’a donné un bonheur réel et sincère. Non pas par ses mensurations, mais par son esthétisme parfait. Quelle robe, quelles couleurs. Je ne pouvais rêver mieux pour un premier poisson en nymphe à vue. En fait si, cela aurait pu être encore mieux si mon fils avait été avec moi pour partager cet instant de vie tous les deux. Mais le connaissant, il n'aurait pas eu la patience de rester un quart d'heure à mes côtés. Il y aura d'autres occasions de vivre de tels moments...

J’ai pris un peu de temps avec le poisson dans l’épuisette tout en le laissant dans l’eau pour le regarder, pour l’admirer. Je voulais que cette truite reste dans ma mémoire à une place bien précise. J’ai fait quelques photos également. Le poisson était tranquille dans l’eau, calme. Comme s’il savait…Et puis je l’ai relâché, tout aussi tranquillement. De mon expérience, je ne la reverrai pas, en tous les cas pas sur ce poste. C’est certain. Par contre, on se croisera peut-être de nouveau dans quelques semaines sur un autre poste pas très loin, et à un autre horaire, ça, c’est fort probable.

Magnifico ! Pensez-y, même pour la photo, un poisson est toujours mieux dans l'eau.

Il fut une époque, où après un joli coup de ligne, je me posais sur la berge, j'allumais une cigarette en repensant seconde par seconde à ce que je venais de vivre. J'avoue que si une cigarette me manque aujourd'hui, c'est sans aucun doute celle-ci ! Je prenais conscience de la chance que je venais d'avoir. Capturer un poisson sauvage de l'Ain est une chance oui, un privilège même, d'autant plus à notre époque avec des effectifs en chute libre. J'ai fait la même chose pour cette truite, mais sans la cigarette. Juste en regardant les quelques photos que je venais de faire. Je ne pouvais quitter des yeux ce trésor que la rivière venait de m'offrir...A bientôt pour une nouvelle histoire de pêche.

Retour Matériel : Aujourd'hui, je voulais vous parler des lunettes polarisantes que nous portons mon fils et moi (à voir sur la première photo de cet article). C'est des lunettes JMC équipées de nouveaux verres "made in France" en polycarbonate 720. Le pouvoir de ce verre est incroyable pour éliminer un maximum de reflet sur la surface de l'eau. Nous avons tous les deux des verres jaunes (il y a deux autres coloris). Vous avez une lumière extraordinaire pour le coup et ce même tôt le matin et/ou par temps sombre. Thibaut possède le modèle "laser" et moi le "treck". J'apprécie également le confort de ces montures et le choix (3 montures différentes) que propose JMC pour un même verre. De plus, et je le signale car ce n'est pas le cas de toutes les marques (c'est du vécu !), vos lunettes sont livrées avec un étui protecteur, un cordon et une chiffonnette. Si vous souhaitez en savoir plus, suivez le lien => Lunettes polarisantes verre 720.

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