Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
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Mot-clé - Grosses truites

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dimanche 17 mars 2019

Le contre canal de Serrières-de-Briord.

Voilà plus d'un an que ce parcours est mis en place. A l'initiative de la Fédération de Pêche de l'Ain, un contre canal du Rhône situé sur la commune de Serrières-en Briord a été mis en No-Kill sur 6 kilomètres ! J'ai été invité plusieurs fois par des administrateurs et amis de cette fédération sans répondre favorablement. Il faut dire que ce parcours, classé en deuxième catégorie, avait pour but d'être rempoissonné en truites arc-en-ciel. Et vous connaissez ma passion pour ces poissons de remises mise à part quelques exceptions.

Pêcher dans l'eau claire alors que tout est en crue, génial non ?

Une fois de plus, je me suis trompé et pas qu'un peu ! J'ai fini par céder et j'ai souhaité juger par moi-même. Nous nous sommes donc rendus avec mon fils sur ce parcours atypique. Un contre canal, c'est quoi ? En fait, vous avez une succession de tronçons séparés par des sortes de buses où le courant s'accélère. Plus vous allez vers l'amont, plus le profil du canal est petit. Vers l'aval, il s'élargit. Mais surtout, et c'est un atout extraordinaire, il conserve un niveau quasiment stable à l'année et une clarté incroyable. Vous avez là un parcours de pêche à vue à l'année ! Peu importe les conditions, de l'eau claire tous les jours ! J'ai été agréablement surpris. Car au-delà de cette eau claire, j'ai découvert un milieu (malgré le côté artificiel du canal) rempli de vie. Poissons fourrage (vairons, chevesnes...), insectes (gammares, chiro, éphémères...), des herbiers, des fonds sableux...Par endroit, et cela parlera aux jurassiens, j'ai cru voir quelques spots de la Cuisance.

Des combats incroyables dans ce milieu tout resserré. La truite est en bas à droite.

Et la pêche me direz-vous ? Si j'ai bien tout compris, il y a deux gros alevinages au cours de l'année en arc-en-ciel. Des poissons allant de 1 à 3 kilos voir plus afin d'éviter la prédation des oiseaux pêcheurs qui sévissent par centaines sur le Rhône à côté. Du coup, la pêche évolue dans l'année selon si vous vous y rendez proche des lâchers ou pas. Avec Thibaut, nous avons rencontré sur la parcours des poissons "frais" et des anciens (qui peuvent donc avoir un an de canal). La pêche devient extrêmement intéressante pour le coup. Des poissons qui cherchent la végétation, qui se postent comme une belle fario en rivière dans des zones où une dérive n'est pas possible...Des vrais beaux coups de ligne à réaliser. Sincèrement, c'est super technique et compliqué pour les poissons anciens. Et puis, sur les poissons frais, il y a possibilité de faire pêche pour toute une catégorie de pêcheurs selon le niveau technique de chacun. Pour mon ressenti personnel, j'ai eu l'impression de faire une pêche d'ombre sur cette journée. Avec l'obligation pour certains poissons de passer au plus près de la gueule pour les décider. Vraiment sympa. Comme dirait Thibaut, j'ai kiffé !

Repart faire plaisir à un autre pêcheur.

De plus, l'endroit est tout confort avec un chemin le long du canal. Un bar pas loin (merci Niko pour les rafraichissements !) et des dépositaires de cartes à proximité également. Le gros plus de cette initiative qui je l'espère donnera des envies à d'autres fédé est la protection de la petite population de farios sauvages qui vit dans ce canal. 6 kilomètres de parcours en no kill ! Du coup, les places de frai observées ont augmenté considérablement et il est donc possible, les jours où ces dames ont décidé de sortir le bout du nez, de capturer une superbe fario. A savoir que des spécimen dépassant les 70 centimètres ont déjà été pris.

Attention au premier rush !

Les avantages de ce genre de parcours sont multiples, je pense notamment au touriste pêcheur pris par une vague de mauvais temps durant son séjour. Une rivière impraticable...Le contre canal, voilà la solution ! Je pense aussi aux guides de pêche, aux écoles de pêche, voilà un lieu où les élèves verront des poissons à coups sûrs. C'est assez génial. 

Le débit ne facilite pas les combats. Un canal oui, mais avec un courant bien présent.

Vraiment, un grand merci à toutes les personnes qui ont donné de leur temps pour créer ce parcours. Un immense bravo et tous mes encouragements à la Fédération de Pêche de l'Ain pour conserver et faire vivre ce linéaire en l'état. De plus, quand on sait les kilomètres de contre canaux que les départements du 73 et 74 possèdent, cela devrait donner des idées à ces fédérations, car la demande des pêcheurs est bien réelle !

Thibaut a passé une super journée !

Conseils pratiques :

•Le parcours est sur du public, donc pas besoin de reprendre une carte. Néanmoins, le savoir-vivre de chacun devrait nous faire prendre une carte à la journée de temps à autres aux AAPPMA qui ont la charge du linéaire. Ne serait-ce pour montrer votre soutiens à ce genre d'initiative.

•AAPPMA gestionnaire : AAPPMA de Lagnieu/Sault-Brenaz et AAPPMA de Bénonces.

•Dépositaires physiques : Intermarché de Serrières-de-Briord et Camping du Point Vert situé au bord du parcours.

•Conseil pêche : ne pas pêcher trop fin. Ces poissons sont surpuissants. Évitez tout ce qui est en dessous de 14 centièmes. Hameçons sans ardillon, épuisette, bref, tout ce qui va bien pour faire repartir au mieux vos prises. Pour les mouches, j'ai fait pas mal de poissons avec un gammare JFD en 10, Thibaut lui sur pheasant tail classique.

C'est pas beau ça ??

mercredi 6 février 2019

Jordan Hernandez

Pas simple de définir mon invité du jour, il y a tellement à dire. Peut-être un fou furieux ou encore un passionné d'un autre monde mais plus sûrement un pêcheur ultra complet, surdoué, en permanence dans la progression et qui possède un mental sans faille. C’est aussi et surtout un jeune homme d’une gentillesse exceptionnelle.

J’ai la chance dans mon parcours de pêcheur de rencontrer de nombreux passionnés. De tous bords et de tous âges. Jordan en fait parti. Il est même dans le peloton de tête. C’est un garçon que j’apprécie énormément pour ces qualités d’homme et de pêcheur. On se connait seulement depuis quelques années, mais pour dialoguer régulièrement, on tombe souvent d’accord sur les sujets qui tournent autour de la pêche. De plus, étant très restreint (par choix) sur ma façon de pêcher, je porte énormément d’intérêt sur sa façon de voir les choses, c'est très enrichissant. Echanger avec lui est toujours un immense plaisir car malgré son jeune âge, il possède déjà un parcours hors normes. A votre tour de le découvrir maintenant, bonne lecture !

Nicolas : Salut Jordan. Très heureux de te recevoir sur mon blog. Pour mes lecteurs qui ne te connaissent pas, peux-tu nous faire une petite présentation, merci.

Jordan : Salut Nico et bonjour à tes lecteurs. Merci à toi pour ton invitation, c'est un plaisir d'être reçu sur ton blog. Je trouve le principe de ces interviews très intéressant et franchement ça change, donc forcément j'adhère !

Moi c'est Jordan Hernandez, je souffle ma 26ème bougie en même temps que je réponds à ton interview... c'est cadeau !

Je suis originaire et je vis actuellement dans le département de la Loire (42, plaine du Forez), en région Rhône Alpes. Comme tu le sais déjà, je travail exclusivement les week-ends en mécanique industrielle et je consacre le reste de ma semaine à mes activités favorites, pêche et sport !

Mon invité, Jordan Hernandez.

Nicolas : Comme je le répète souvent à mes amis, j’en ai déjà croisé des fondus de pêche, mais des comme toi, jamais ! Tu en es conscient ou pour toi c’est la normalité ?

Jordan : Comme quoi, il ne faut jamais dire jamais ! J'ai envie de te répondre les deux. Lorsque j'en parle autour de moi, la réaction des gens me fait souvent prendre conscience que ce n'est pas vraiment ordinaire. Mais d'un côté, quand il s'agit de ton quotidien, par la force des choses ça devient normal. Donc les deux !

Un quotidien pas si ordinaire...

Nicolas : Revenons au tout début. Depuis quand cette passion est née pour toi et comment cela t’es venu ?

Jordan : Cela m'est venu par mon père qui nous emmenait avec mon frangin dès notre plus jeune âge. Il y a plus de vingt ans, je me rappelle de ces premières sorties en famille à la découverte de la truite au toc et des carnassiers. De sacrés souvenirs !

Un des premiers brochets aux leurres de Jordan (avec son grand frère Kévin, collector la photo !!).

Nicolas : C’est donc une histoire de famille. Il y a la pêche et le reste chez les Hernandez ?

Jordan : Oui c'est bien ça ! Le reste, qui n'est pas des moindre, encore une fois avec mon père qui a clairement géré sa transmission de passions. Ce qui fait que nous le suivons à la pêche, dans la nature, à la chasse et aussi dans le sport (cyclisme). Les semaines sont biens remplies chez les Hernandez !

Vélo avec son papa.

Nicolas : Tu es devenu au fil de temps un pêcheur complet en termes de poissons capturés et de techniques pratiquées. Quel a été ton cheminement personnel ?

Jordan : Mon parcours perso dans la pêche est plutôt varié, dans le style " touche à tout ". A partir du moment où j'ai été assez autonome au bord de l'eau, j'ai commencé à me consacrer à la pêche au coup. C'est là que j'ai pris part à mes premières compétitions (adulte) et que j'ai réalisé mes premières victoires du haut de mes 11/12 ans à l'époque.

La suite de mon adolescence, j'ai alterné la pêche de la carpe et celle des carnassiers. Avec une première participation à un événement de plus grande ampleur, le championnat de France carpiste en 2008 en binôme avec mon frère.

Puis, à ma période lycéenne, je m’investis exclusivement dans la pêche des carnassiers aux leurres artificiels. Tout va très vite, avec plusieurs victoires et podiums lors de dates du championnat de France bateau, l'arrivé des premiers sponsors. Une détermination toujours grandissante nous pousse, mon frangin et moi, à nous lancer dans les plus grandes compétitions européennes où nous nous hisserons sur quelques podiums.

Enfin, venons à la partie que tu préfères...La truite ! Comme je l'avais cité plus haut, j'avais suivis mon père et mon frère lors de quelques sorties truites étant très jeune mais ça restait anecdotique. C'est il y a seulement quatre ans que je me suis mis à parcourir les rivières aussi bien à la mouche qu'aux leurres.

3ème place prédator tour en Hollande.

Nicolas : Aujourd’hui, quels sont les poissons et les techniques que tu préfères ?

Jordan : J'adore tous les carnassiers aux leurres, avec une préférence pour toutes les pêches qui demandent d'avoir beaucoup de tactile. Et la pêche à la mouche, forcément, avec un plus pour la pêche en sèche.

Nicolas : Tu as une belle complicité avec ton frère avec qui tu fais aussi des compétitions carnassiers aux leurres. Que t’apporte ce genre d’évènement par rapport à une pêche loisir ?

Jordan : Ce que ce genre d'événement m'apporte, tout d'abord de l'expérience. Ça me pousse à rehausser mon niveau, à être beaucoup plus réfléchi et concentré. Chose qui est difficile à reproduire en pêche loisir. Pour moi, ces événements sont une étape importante pour ma progression.

Brochet de 123cm pris en compétition internationale.

Nicolas : Ton frère Kévin est connu pour être plutôt un pêcheur de spécimen, comment tu te définirais de ton côté et pourquoi cette philosophie ?

Jordan : Kévin préfère la qualité à la quantité, moi c'est l'inverse. Je mise tout sur la quantité. La recherche de spécimen est un mode spécifique qui demande à s'adapter au comportement d'une minorité de poisson. Personnellement, je suis plus intéressé par le comportement de la majorité, donc forcément des poissons plus petits. Ça n'empêche pas de croiser de beaux poissons, comme tu as pu le remarquer sur mon bateau ! ;-)

Choisir la quantité n'empêche pas de prendre gros !

Nicolas : Ce que j’apprécie chez toi, c’est ta simplicité qui dénote malgré ce monde parfois farfelu pour ne pas dire autre chose de la pêche moderne. Que penses-tu justement de cette évolution dans ton domaine de prédilection qu’est le leurre ?

Jordan : Merci, je te retourne le compliment. Tu connais mes principes de pêche, simple et efficace ! Je pense que cette évolution dépasse un peu la pêche. Comme par exemple, le faite de connaître le dernier leurre qui vient de sortir, ou de connaître le nom de millier de références, etc... Savoir tout cela n'a jamais fait attraper de poissons donc je ne m'y intéresse guère. Au fil du temps, je pense me détacher de cette évolution, de ces mentalités qui ne me correspondent pas.

Nicolas : On est sur un blog de pêche à la mouche, alors on va laisser tes trucs en plastique de côté. Pourquoi avoir voulu aussi pêcher à la mouche ?

Jordan : Oui, revenons-en à nos plumes !

Tout simplement parce qu'un jour, alors que je pêchais aux leurres, un ami pêchant à la mouche m'a littéralement mit une leçon. Au coup du soir, il m'a fait tester son fouet et je prends deux truites correctes en quelques passages en nymphe au fil. Tu t'imagines bien qu'à partir de ce moment là j'ai voulu savoir faire. Le lendemain, j'avais commandé mon premier ensemble mouche !

La première truite de Jordan avec une canne à mouche.

Nicolas : Toi qui excelles dans la pêche aux leurres, trouves tu des similitudes avec la pêche à la mouche ou est-ce que pour toi c’est deux mondes totalement différents ?

Jordan : Pour moi, il y a de grandes similitudes. Que l'on utilise un leurre en plastique ou une mouche faite de plume, tout deux restent des imitations artificielles. N'en déplaise aux puristes, ces deux techniques sont assez proches, à quelques variantes près du comportement de nos truites. J'estime qu'un bon pêcheur de truites se doit de maîtriser la pêche à la mouche, aux leurres ainsi qu'au toc afin de s'adapter à toutes les situations que l'on rencontre au cours de la saison. Je prends l'exemple du pro " pêche à vue seulement " qui se retrouve au chômage technique lors des crues pendant que moi je me régale aux leurres…Quel dommage ! Il n'y a pas de techniques supérieures ou plus honorables que d'autres, ni de méthodes qui rajoutent de la valeur aux truites...Il n'y a que des bons pêcheurs qui agissent avec passion !

Bien sur, ça ne reste que mon avis.

Une magnifique truite prise au leurre, reste une magnifique truite.

Nicolas : Avec ta canne à mouche, ta priorité est de pêcher en adaptant la technique aux conditions ou est-ce que par exemple tu vas chercher à pêcher à vue en priorité ?

Jordan : Oui, j'essaie toujours de m'adapter au mieux aux conditions de chaque sortie. Mais, si j'ai l'occasion de pêcher à vue, je ne m'en prive pas.

Truite de N.Z prise en nymphe à vue.

Nicolas : Tu reviens d’un voyage en Nouvelle-Zélande en duo avec Franck. Globalement, que retiens tu de ce trip pas comme les autres ?

Jordan : Ce que je retiens le plus c'est que, réellement, on est très loin des vidéos que l'on peut voir sur le net. En réalité, les poissons sont beaucoup plus méfiants et difficiles à aborder. Il faut rajouter à cela des conditions climatiques qui compliquent beaucoup la pêche avec régulièrement une météo mitigée et quotidiennement un vent très fort. Lorsqu'on additionne tous les facteurs négatifs, prendre un poisson devient alors une performance.

Nicolas : En quoi la pêche est-elle différente de ce que tu connais ici ?

Jordan : La seule grosse différence, c'est que l'on croise très peu de petits poissons. La taille moyenne est vraiment haute. Par contre, on en croise beaucoup moins, ce qui est logique. Il faut parfois parcourir plusieurs kilomètres avant de voir une truite.

Plusieurs kilomètres avant de croiser celle-ci !

Nicolas : Tu peux nous raconter l’histoire d’un poisson capturé lors de ce séjour ?

Jordan : Pour rassurer les lecteurs qui auraient en projet ce voyage, mon anecdote sera positive. J'aborde une 60+ avec l'une de tes cuivres, je la prend rapidement et la relâche. Puis j'attaque un nouveau poisson une quinzaine de mètres plus haut, postée en plein courant. Je lui propose une bille montée par mes soins. Après quelques passages, je finirai par la convaincre sur une animation. Ce n'est que lors de la séance photo que Franck me fait remarquer qu'elle a des ressemblances à celle que je venais de prendre juste avant. Et en effet, il y avait plus que des similitudes puisque c'était le même poisson prit deux fois à quelques minutes d'intervalles. De loin le coup de chance du voyage avec cette truite à la mémoire de poisson rouge.

Deux fois la même truite en quelques minutes.

Nicolas : Pour te connaitre un petit peu, je te sais homme de défi qui aime, en autre,  se donner des objectifs ? En as-tu encore de non réalisés côté pêche ?  

Jordan : J'ai réalisé beaucoup de mes objectifs mais il m'en restera toujours. Dès lors que j'en réussi un, je m'en fixe un nouveau plus difficile, plus fou. De manière à ce que la boucle ne soit jamais bouclée !

Le record truite à ce jour de Jordan, et il compte bien le battre !

Nicolas : Merci beaucoup Jordan d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. J’espère te croiser de nouveau cette année.  

Jordan : Pas de quoi Nico, merci à toi. C'était un plaisir et tu sais que tu es toujours le bienvenu sur mon bateau ! ;-)

Tu sais Jordan, il est de tradition sur mon blog lors des interviews qu’un proche de l’invité fasse une petite apparition. Je n’ai pas cherché longtemps à vrai dire. Ton Frère Kévin a bien voulu se prêter au jeu et je trouve qui l’a très bien fait ! C’est pour toi Jordan (et aussi un peu pour nous).

Kévin : S'il fallait faire un résumé du parcours pêche de Jordan, voici ce qu'il serait...

Jordan tient sa force de sa polyvalence dans les techniques, de son mental et de son imperméabilité à toutes les choses annexes !

Maitriser la pêche de plusieurs espèces tout en appliquant des techniques et des principes de base est le principal moteur de ce joli parcours.

Personnellement, c'est pour moi un équipier sûr en compétition car je sais qu'il prendra des poissons qui comptent et ensemble, en plus des souvenirs, nous avons réalisé de belles choses.

Pour les anecdotes de pêche concernant Jordan, je garde un super souvenir de son brochet de 123 cm capturé durant la dernière heure de compétition et qui nous propulse en 3ème place du Predatortour !

Je pense aussi à cette truite de 63cm capturée dans la Loire sur une action improbable alors qu'il n'avait que 10ans...

Il y a aussi ce jour où, au Léman, je lui ai envoyé le blank de ma canne Big bait en plein derrière la tête lors d'un lancé...La casquette, les lunettes, tout avait volé !

Et enfin, un sandre du Rhône que nous avons capturé 2 fois dans la journée, chacun à notre tour. Jordan le fait en verticale, c'était un poisson moche, avec les nageoires abimées et plein de cicatrices...L'après midi, sur la même zone, je prends une touche en linéaire puis arrive ce poisson au bateau. Je lui lance : "il est moche, on dirait le tient"

- "Non, le mien était plus gros" réplique t'il...

Après vérification photographique, il s'agissait bien du même poisson, capturé 2 fois le même jour !

Pour conclure, je pense que ce parcours va encore s'embellir dans les années à venir. Les défis sont là, il y a encore des records à battre et des trophées à aller chercher !

Les deux frangins !

Merci à tous les deux, c’était vraiment top. Je pense que mes lecteurs ont pris autant de plaisir à vous lire que j’en ai eu à réaliser cette interview. Au plaisir de vous revoir et ne changez rien !

dimanche 9 décembre 2018

Les belles rencontres de notre saison 2018.

Retour sur 2018 côté pêche...

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mercredi 3 octobre 2018

Nouvelle tuerie de masse par EDF, Piam témoigne.

Une fois encore, EDF, qui base son message publicitaire sur une énergie verte en parlant de ses barrages, vient d'anéantir des dizaines de milliers de vies. Une fois de plus, les amoureux de la basse rivière d'Ain ont compté les cadavres après une éclusée mortelle tout à fait évitable ! Ce vendredi 28 septembre, en fin de journée, les bénévoles des AAPPMA n'avaient plus que les yeux pour pleurer et constater le massacre. Après 11 jours où EDF a lâché de l'eau avec des débits entre 80 et 200 m3, les responsables ont fait le choix délibéré de couper les vannes et donc de ramener le débit de la rivière de façon immédiate à 12 m3 ! Autant vous dire que même les poissons adultes se sont fait piéger. Un véritable massacre à ciel ouvert. Regardez par vous-même l'historique de la courbe de niveau.

 

Vendredi midi, plus de 100m3, 2 heures plus tard, moins de 20 !

 

Les bénévoles sont bien entendu montés au créneau. La presse écrite et télévisuelle s'est déplacée. EDF doit assumer son rôle de destructeur de la basse rivière d'Ain. Cette énergie est tout sauf verte lorsqu'elle est réalisée de cette manière. Ces éclusées mortelles sont évidemment évitables ! EDF doit changer de discours et surtout de mode de fonctionnement !

Malheureusement, ce combat, et c'est bien le plus triste, ne date pas d'hier. Jean-Pierre Guillemaud, que vous connaissez tous sous le pseudonyme de PIAM a bien voulu témoigner pour les lecteurs de ce blog.

 

Nicolas : Bonjour Jean-Pierre. Tu fais parti des figures emblématiques de la Basse Rivière d’Ain. Que t’évoque cette nouvelle tragédie subie par cette magnifique rivière ces derniers jours ?

 

Piam : Bonjour Nico et merci de mettre ton blog à dispo pour cette nouvelle catastrophe infligée à la rivière d’Ain.

Que veux tu que cela m’évoque???

Colère ! tristesse ! Et beaucoup plus encore !

Mais vraiment, cela dure depuis trop longtemps et nous sommes aujourd’hui dans l’obligation de bouger car : plus tard sera trop tard !

Si j’ai eu autrefois des responsabilités officielles sur la basse rivière d’Ain, ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Mais la situation est si dramatique que je me sens l’obligation d’intervenir. Le temps des discordes entre partisans de tel ou tel mode de gestion est révolu.

Il y va aujourd’hui de la survie de la rivière et les fiertés personnelles ou les petites chamailleries ou jalousie entre pêcheurs doivent laisser la place à un seul objectif commun : Faire plier EDF par n’importe quel moyen à notre portée !!!

 

Le triste résultat d'une telle éclusée.

 

Nicolas : Pour les plus jeunes qui vont te lire, racontes-nous la rivière d’Ain lors de tes premières saisons de pêche sur cette rivière mythique.

 

Piam : C’est assez difficile à décrire sans que l’on puisse me taxer d’exagération.

En ces temps là je ne travaillais que le dimanche et donc, je pêchais tous les autres jours de la semaine dans des rivières quasiment absentes d’autres pêcheurs. Le rêve...

Mes journées commençaient à 5 heures du mat et je cherchais alors les grosses truites de l’Ain à la « pique » du jour...

Il était fréquent de capturer 4 à 5 truites avant 8 heures, celles-ci oscillant entre 800 grammes et 4 kilos. Les plus grosses étant rares.

Puis vers 8 heures je me dirigeais vers la Bienne ou la Valouze là où les éclosions permanentes me permettaient de capturer d’innombrables truites sauvages à la nymphe ou en sèche...(il y a 45 années les pesticides n’avaient pas encore décimé 80/100 des éphémères et les truites autochtones étaient nombreuses)

Certains jours les crues m’obligeaient à monter jusque chez toi Nico car souvent l’Ain restait clair vers Syam.

Puis je rentrais vers les 18 heures sauf en juin ou juillet où les coups du soir sur l’Ain permettaient encore la prise de grosses truites au sedge dragué.

Eh oui: En ce temps là, point besoin d’aller en Mongolie pour se régaler !

 

Nicolas : De souvenir, ce combat avec EDF est permanent depuis des décennies. Les pêcheurs, à ton époque, étaient déjà très remontés contre cette entreprise destructrice de la faune piscicole.

 

Piam : J’avais la chance de drainer une quantité de pêcheurs derrière moi et tout semblait facile...La confiance était là et rien ne semblait impossible.

J’étais président de la société gérant la basse rivière d’Ain et nous avions réussi à fédérer la plupart des appma du secteur.

De plus, j’avais eu l’idée de créer un mouvement contestataire s’appelant SOS rivière d’Ain...Officiellement, je ne pouvais pas être à l’intérieur, mais les actions menées étaient conjointes, cela va de soi...

Beaucoup d’actions fortes dont je ne peux parler ici ont été menées. Mais je peux cependant citer une énorme manif de pêcheurs (environ 500) sur le pont de Pont d’Ain.

Là on a pu voir les pancartes « EDF assassin »et le président du conseil général de l’époque (J Boyon) fut obligé de nous recevoir.

Et Puis enfin le préfet dut me recevoir et par la suite nous faisions un dossier auprès d’EDF qui permit une légère avancée

Endormis par ce succès nous avons peut-être manqué de vigilance par la suite..

De plus les têtes gérant la rivière avaient changé...avec des orientations plus conventionnelles et plus consensuelles.

C’était la fin de la guerre contre EDF...

On s’est fait envelopper sagement par des spécialistes de la communication...

Je n’étais plus dans la course pour cela et certaines autres « gentillesses »me suis éloigné...

 

Une énergie verte qu'ils disaient...

 

Nicolas : Aujourd’hui encore, il y a des jeunes pêcheurs au sein des AAPPMA concernées, motivés et compétents pour combattre ce fléau. Que souhaites-tu leur faire passer comme message et aussi et surtout, à tous ceux qui finalement ne vont pas plus loin que de s’émouvoir de la situation.

 

Piam : J’observe aujoud’hui en effet que se dessine un espoir...

Je dirai simplement que face à une puissance comme EDF la diplomatie ne peut être à l’avantage des pêcheurs.

Des subventions sont possibles bien sûr.

De même quelques miettes jetées aux pêcheurs peuvent les calmer momentanément...

Mais pour sauver les rivières menacées par EDF seules des actions fortes peuvent aboutir.

Les pancartes EDF taguées le long des rivières ont longtemps dérangé la puissante EDF qui acceptait mal une contre publicité permanente sur tous ces ouvrages.

Eh oui comme me l’avait avoué un "grand" responsable d’EDF qui m’avait été présenté par TéTé pour essayer d’arranger les choses.

Lorsqu’on a l’argent et la puissance en plus on voudrait qu’on nous aime...

Pour qu’on l’aime, à cette époque, EDF dépensait une fortune pour la pub télé avec le slogan...EDF Les hommes au service des hommes. Les images montraient un coureur olympique transmettant un relais enflammé.

 

 

Merci Jean-Pierre d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. J’espère sincèrement qu’un jour les pêcheurs auront raison des agissements assassins d’EDF sur cette rivière que tu aimes tant. Je suis convaincu que les bénévoles en place aujourd'hui ne lâcheront pas l'affaire. Il leur faut pour ça un soutien permanent. Donc rejoignez les rangs ! 

Pour terminer cet article, je vous propose de découvrir l'article de presse et de visionner la vidéo de France 3. A noter la position hallucinante d'EDF qui se demande comment a pu se produire une telle mortalité ! Ils nous prennent vraiment pour des imbéciles !

 

mercredi 19 septembre 2018

Le Doubs, message d'espoir, la vidéo.

La pêche est terminée dans le Jura, mais les prolongations peuvent avoir lieu autour de chez nous. Sur le Doubs par exemple, et ce jusqu'au 30 septembre.

Mon ami Romain vient de me faire passer une vidéo pleine d'espoir pour cette rivière mythique. Lui et ses amis ont capturé de nombreux beaux poissons cette saison. Je vous laisse voir de vous-mêmes !

jeudi 6 septembre 2018

L'histoire d'une truite (42)

Bonne lecture ;)

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samedi 18 août 2018

Clap de fin !

Il y a une fin à tout...

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lundi 2 juillet 2018

Entre chaud et froid...

Nouvelles sorties...

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dimanche 6 mai 2018

Thibaut a retrouvé ma truite !

Voilà une histoire de pêche vraiment peu commune. Le genre d'histoire que nous nous souviendrons, Thibaut et moi, jusqu'à la fin de nos jours.

Revenons à la saison de pêche 2014. Un jeune homme venant des Pyrénées me contacte pour une commande de mouches. Il vient à la maison et j'accroche assez vite avec lui. Il est là pour un long séjour axé nymphe à vue. Je n'ai plus de souvenirs bien précis, mais il se trouve que nous nous sommes croisés au bord de l'eau un ou deux jours après. Il en a profité pour me regarder pêcher un peu. J'étais ce jour-là sur une vaironnée. Quelques belles truites picoraient les vairons sur leur lieu de reproduction. J'avais bien du mal à les faire mordre d'ailleurs. A tel point que je me suis décidé à nouer un streamer au bout de ma pointe et de faire une première dérive inerte un peu comme en nymphe. Une truite a mis un coup de gueule sur le côté, j'ai ferré, elle était à moi. Cette truite que j'ai estimé à l'époque à 45cm avait comme particularité d'avoir des tâches et non des points sur les flancs. Elle était aussi très jaune et avait un léger bécard ce qui pouvait laissé penser que c'était un mâle. Nous étions avec mon compagnon du jour en admiration devant ce poisson. Il était reparti dans son élément sans aucun problème.

Lors de la saison 2015, et ce vers la fin du printemps, j'étais à la pêche avec Akira, mon ami japonais et mon fils. Le niveau était idéal pour une partie de nymphe à vue. Je me souviens que Thibaut avait réalisé un très joli coup de ligne devant les yeux admiratifs d'Akira. De mon côté, et après avoir pris en photo Thibaut en pleine action, je suis monté dans le radier en amont. Alors que j'étais encore sur la berge, j'ai repéré une très belle truite qui remontait le courant tout en piochant sur le fond. J'ai à peine mis un pied dans l'eau pour me décaler afin d'avoir une bonne fenêtre. Je pouvais tenter le poisson. A la première dérive de ma cuivre, elle s'est soulevée. Elle était à moi. Ce que je ne savais pas, c'est que ce poisson était le même que j'avais pris l'année d'avant au streamer. Elle était encore plus belle, plus longue. Et ces tâches irrégulières sur les flancs jaune, une merveille de la nature. Une fois de plus, elle est repartie au mieux.

Prendre le même poisson deux ans de suite, c'est déjà assez cocasse. Cette truite avait du prendre 5 centimètres environ. Je ne l'ai pas revu en 2016, ni en 2017. Je ne vous cache pas que j'étais certain qu'il lui était arrivé malheur. Nous avons eu beaucoup de mortalité sur la population de gros poissons ces deux années là, j'étais donc persuadé qu'elle faisait parti du lot.

Ce samedi, Thibaut s'est levé tôt. Il n'arrivait pas à dormir. Bref, il s'est vite branché à sa console pour faire une ou deux parties. J'étais à l'étau. Je lui ai dit une fois : si tu veux, je t'emmène où tu as envie à la rivière, il faut super beau. Pas de réaction, une autre partie de console. Sa mère, quelques minutes après moi, lui dit qu'il devrait profiter du beau temps. 9h30, Thibaut me dit, papa, je mets le waders et tu m'emmènes stp. Ben voilà !

Thibaut n'avait pas pris la canne depuis le tournage de Seasons. Je l'ai donc laissé à la rivière sur un parcours de son choix pour 2 petites heures. Je devais le récupérer à 12h car il avait un match de foot à l'extérieur. Je n'ai d'ailleurs pas pu aller le chercher car j'avais des clients à la maison. C'est donc sa maman qui y est allée. A peine la voiture devant la maison à leur retour que je suis sorti à leur rencontre. Sa maman me dit : il fallait y aller ce matin ! Et Thibaut d'enchaîner, j'ai fait une truite de 61cm papa !

Ho super ! Montres moi vite les photos que je vois ce poisson. Et là, de suite à la première vision, je regarde Thibaut et je lui dis : Thibaut, c'est ma truite bordel ! On s'est donc précipité tous les deux à mon atelier où j'ai un agrandissement encadré de ce poisson pris la deuxième fois en 2015. Thibaut a mis son téléphone à côté et nous avons comparé les points. Le doute n'était plus permis, ma truite était en fait toujours vivante, plus belle que jamais et c'est mon fils qui l'avait prise. Quelle histoire extraordinaire. Il y avait beaucoup de joie, car un tel poisson, ce n'est pas tous les jours, mais en plus avec un tel passif, c'est vraiment hors normes. Le bécard est encore plus prononcé, ce mâle a du transmettre ses gênes durant tous ces hivers. Et quels gênes. Il est passé entre les mortalités. Quel poisson, quel combattant.

Après l'émotion partagée, Thibaut m'a raconté sa prise. Il venait de casser une truite au ferrage de sa faute avec un mouvement beaucoup trop sec ! Sa pointe était donc neuve. Il avait une cuivre au bout. Il venait de voir dépasser dans le radier amont un museau. Il s'est donc déplacé pour être en face du poisson. Elle était là, au fond. Il a fait deux dérives avec la cuivre sans aucune réaction du poisson. Rien.

Il a donc décidé de nouer un gammare JFD-14. Il a fait poser sa nymphe trois bons mètres en amont du poisson, légère animation et là, la truite s'est bien soulevée pour prendre son imitation. Un joli combat s'en est suivi pour se terminer dans son épuisette. Thibaut n'est pas comme son père, il a son mètre lui. 61 centimètres, soit environ 11 de plus qu'en 2015. La truite est repartie comme une furie et nous espérons tous les deux la revoir avec une immense joie en 2019.

Aux personnes qui pensent que de relâcher un poisson est inutile, dites vous que si cette truite avait été prélevé en 2014, elle aurait frayée 4 hivers de moins...Et cela représente quelques truites au final, pas une seule !

2014, le papa - Estimée à 45cm.

2015, le papa - Estimée à 50cm.

2018, le fils - Mesurée à 61cm.

mardi 1 mai 2018

Les algues brunes et la mort sont de retour.

Triste réalité...

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