Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
Centre de pêche en Bosnie.

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Mot-clé - Grosses truites

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dimanche 10 mai 2026

Quelques retours clients.

J'ai souhaité aujourd'hui vous partager quelques photos de clients reçues depuis le début de saison. Ils sont nombreux à m'envoyer des retours en images suite à leur achat sur mon Fly Shop. C'est une réelle satisfaction de voir que mon travail permet à tous ces pêcheurs de prendre des poissons et du plaisir au bord de l'eau. Encore merci messieurs et bravo à tous !

Truite à la robe vraiment magnifique capturée par Mathieu. Mon client utilise les bas de ligne du Fly Shop depuis de nombreuses années.

Bientôt 15 ans que j'ai mis en vente de le gammare JFD. Les truites et les ombres ne me remercient pas ! Bravo à Denis pour cette superbe truite capturée avec ce gammare pas comme les autres.

Nicolas et sa superbe truite du Doubs. Quel poisson ! Là aussi mon bas de ligne l'accompagne à chaque sortie.

Vincent guide un peu partout. Il était en Espagne dernièrement. L'élasticité du bas de ligne made in Jura lui a été d'un grand secours pour combattre cette truite aux mensurations gigantesques. Bravo !

Le gammare JFD ne connait pas les frontières. Quelle belle truite belge capturée par François avec l'aide de cette imitation de crevette. Bravo !

Le copain Nassim a fait très fort en début de saison. Son bas de ligne jurassien aussi pour sortir de l'eau cette truite de 72 centimètres !

Magnifique truite sauvage de la BRA capturée par Guillaume avec un combo bas de ligne et gammare du Fly Shop. La photo est de plus magnifique !

Superbe truite capturée par Sylvère en Bosnie. Poisson massif de 69 centimètres qui a mis à rude épreuve le bas de ligne fabriqué de mes mains !

dimanche 1 février 2026

Un chouette retour client.

Je ne partage pas ici tous mes retours clients. Je le fais essentiellement sur la page Facebook de mon Fly Shop qui est faite pour cela. Mais pour une fois, je vais faire un petit écart.

En août dernier, Mathias m'envoie un message. Il m'informe de son projet de voyage en Nouvelle-Zélande pour le début d'année 2026. Il souhaite que je lui réalise une boite complète de nymphes et de sèches pour son séjour. Boite composée de 60% de nymphes (pour pêcher à vue) et 40% de sèches. Je fais donc rapidement une proposition détaillée à Mathias où j'indique les tailles, les poids et les possibles utilisations de chaque imitation. Non pas que je sois déjà allé en Nouvelle-Zélande, mais voilà près de 15 ans que je fabrique des mouches pour mes clients voyageurs de ce beau pays. À cela vous ajoutez 40 années d'expérience dans le domaine de la nymphe à vue.

Quoi qu'il en soit, Mathias n'a pas discuté en acceptant ma proposition dans sa totalité. Cela reste une vraie responsabilité malgré tout. Pour mon client, c'est le voyage de sa vie et je n'ai pas le droit de passer à côté avec ce que je vais lui vendre. De plus, la pêche est quand même différente là-bas, notamment avec une taille moyenne des truites bien plus élevée. Il est donc important d'adapter la résistance des hameçons pour que le pêcheur puisse utiliser des pointes de diamètres importants sans risquer d'ouvrir un hameçon. Je ne le répéterai jamais assez mais une bonne mouche, c'est avant tout un bon hameçon ! J'ai donc fabriqué l'ensemble des mouches de Mathias sur des hameçons forts de fer.

Mathias est venu chercher sa boite de nymphes et sa boite de sèches directement à la maison. J'ai donc eu le plaisir de faire sa connaissance. Nous avons pris le temps de discuter de son futur voyage. Un chouette moment !

Et puis, avant-hier, j'ai eu des nouvelles de Mathias. Il est en plein dans son séjour au pays du grand nuage blanc. Quelle joie de lire son retour. Quel régal de découvrir les photos qu'il m'a envoyé. Des truites magnifiques capturées avec les nymphes fabriquées de mes mains. Il n'a pas eu l'occasion de beaucoup pêcher en sèche, mais pour les nymphes, ça fonctionne fort !

Bien entendu, rien ne remplacera la joie que me procure la capture d'une belle truite si ce n'est la capture d'une belle truite par mon fils...Mais quand même, voir un client s'éclater de la sorte en partie grâce à mon travail me rend sincèrement heureux. Alors merci Mathias pour tes photos et surtout, bravo pour tes beaux poissons !

dimanche 5 octobre 2025

La grande truite de Thibaut.

Si mon fils pêche beaucoup moins qu’à une époque, il prend quand même quelques jours au printemps pour traquer les truites sauvages de notre rivière. La passion pour les zébrées reste bien ancrée en lui mais la faiblesse des densités l’éloigne toujours plus longtemps des berges de la rivière au fil des années. Thibaut passe du temps sur la rivière seulement durant les semaines qu’il ne faut pas manquer. Ces jours où toutes les truites ou presque sont actives. Cela permet de croire qu’il en reste encore un peu. Autant dire qu’il pêche très peu.

Cette saison, durant sa petite période de congés, il a capturé quelques truites sur de très jolis coups de ligne. J’ai en souvenir cette belle truite prise en sèche alors qu’il était en baskets. J’ai encore dans les oreilles le rire de mon fils au téléphone en train de marcher dans l’eau glacée jusqu’à mi-cuisses après une course poursuite pour épuiser cette truite ! Et puis quelques autres…

Mais il y a surtout eu ce poisson. La truite. Cette truite dont il avait connaissance avec son grand copain Victor. Trois ans exactement que Thibaut et Victor croisaient la route de ce poisson une à deux fois chaque saison. Sur le même poste, souvent à la même période. Aucun des deux amis n’avaient réussi jusque-là à tromper la belle zébrée. Parfois même pas "tentable", parfois si mais avec à la clé le refus du poisson devant l’imitation.

Ce printemps, alors que Thibaut terminait ses congés, il eut l’envie de retourner voir si leur truite était toujours là. Il n’y était pas encore allé cette saison. J’étais de mon côté au boulot mais je me souviens avoir reçu des messages où Thibaut me disait qu’elle était toujours au même endroit. Qu’elle ‘était active. Qu’il allait prendre le temps de voir comment il allait faire avant de tenter quoi que ce soit.

Il faut bien dire que le poste où vit ce poisson est très compliqué à aborder. Par endroit des falaises, une grande hauteur d’eau, un débit très faible. Victor et Thibaut, contrairement à leur habitude de pêcher plutôt avec de gros diamètres en pointe, sont déjà descendus en 15 centièmes les saisons précédentes pour tenter ce poisson mais sans succès. Il faut dire que cette truite vit sur un parcours hyper fréquenté sur le plein amont de la rivière. Un parcours où les prélèvements sont autorisés. Autant dire que pour arriver à cet âge-là à cet endroit précis, elle avait oublié d’être stupide.

Après un long temps d’observation, additionné à ses expériences passées sur ce même poisson, Thibaut décide de se positionner sur le poste du haut. Là où il y a un minuscule couloir contre la roche avec une plus faible profondeur d’eau. La truite monte jusque-là pour chercher des nymphes. Le risque est grand mais Thibaut refait toute la fin de son bas de ligne pour mettre une pointe en 13 centièmes. Dans sa réflexion et suite aux expériences passées avec Victor, il était persuadé qu’il fallait la pêcher fin. Le parcours est encore une fois très couru. Les truites voient des pêcheurs tous les jours utilisant toutes les techniques avec une majorité de pêcheurs en nymphe à vue. Le parcours s’y prêtant très bien. Pour mon fils, cette truite reste avant tout un poisson hyper éduqué. La finesse du nylon peut être la clé pour tromper sa vigilance.

Thibaut a fait le choix de nouer une nymphe que son pote Victor lui avait donné. Le tricho d’Alex ! Une jolie bestiole peu plombée montée sur un fort de fer. Après s’être positionné pour avoir le meilleur angle d’attaque, après quelques longues minutes de patience, la belle est arrivée sur le poste comme Thibaut l’avait imaginé. Un coup de ligne à l’arbalète classique comme les deux amis l’avait déjà tenté sur cette même truite par le passé. Mais cette fois-ci, le poisson a ouvert sa grosse gueule sur l’imitation de nymphe de trichoptère au lieu de la refuser comme habituellement. Est-ce le choix du fil plus fin qui a été payant ? Est-ce tout simplement ce jour-là que la truite devait se faire blouser et pas un autre ? Difficile de répondre à ces questions. Thibaut à lui la certitude d'avoir validé son choix de fil fin en tous les cas.

Après un bon ferrage, la truite a basculé directement dans le haut fond. Thibaut a dû sauter à l’eau se retrouvant les pieds dans le vide. A cet instant il a compris avoir commis sa seule erreur du jour. Avoir mis ses waders. Ceux-ci se sont remplis assez vite. Tout en combattant la truite dans cette immense fosse, Thibaut a pu s’accrocher au banc de roche avec son bras gauche et se poser sur les talons afin de terminer le combat sans battre des jambes pour rester en surface. L’eau était glacée bien entendu. Il fait bon avoir vingt-cinq ans !

Depuis sa nouvelle position ma foi précaire mais plus stable malgré tout, il a pu gérer son combat de la meilleure des manières. Malgré sa pointe très fine pour un tel poisson, la délivrance est arrivée après quelques minutes de résistance tout en force en glissant la grande truite dans l’épuisette à la première tentative. J’ose croire que l’élasticité du fil rouge qui compose le corps de son bas de ligne l’a bien aidé quand même. Trois ans que ce poisson était connu. Trois ans après il était enfin là, dans le filet. Un poisson d’une beauté incroyable. Un esthétique parfait à nos yeux. Massif derrière la tête avec une proportion poids/taille parfaite également. Quelle magnifique truite sauvage !

Il a tout de suite appelé deux personnes. Son copain Victor qui connaissait lui aussi ce poisson. Il avait à cœur de partager ce moment avec son pote. Et puis son père, trop occupé au boulot pour répondre ! Quand mon temps de pause est arrivé, j’ai vu sur mon téléphone 4 appels en absence de Thibaut. J’étais fou ! Sur mon WhatsApp des photos ! Mon Dieu ce poisson !

Ni une ni deux, je l’ai rappelé. Il était sur le sentier entre son coup de pêche et sa voiture. Il était complètement gaugé, frigorifié d’avoir rempli les waders mais tellement heureux. Une joie si communicative. J’ai passé ma meilleure pause professionnelle en l’écoutant me raconter toute l’histoire dans les moindres détails.

Cette truite, un mâle de toutes évidences, mesure 66 centimètres. Sur ce linéaire, tout en amont de la rivière, c’est très gros. Très rare. Très vieux. La thermie beaucoup plus basse du fait d’être en tête de bassin rend la croissance plus lente et produit des poissons à taille égale beaucoup plus âgés. Une truite très compliquée à prendre tant ces grands poissons en ont vu passer de toutes les couleurs. Rien à voir avec une grande truite d’un parcours aval que l’on peut attaquer en 20 centièmes parce qu’elle voit un pêcheur tous les 36 du mois. Non, là, c’est une truite d’une très grande valeur sur un parcours mythique. Un coup de ligne dont Thibaut se souviendra toute sa vie. De plus, tenter un poisson autour des 3 kilos en 13 centièmes, il fallait oser quand même. Pari réussi. Bravo fils !

Thibaut a quasiment terminé sa saison sur ce poisson. Même si j’ai réussi à le trainer au bord de l’eau pour une ou deux sorties communes, il n’y avait plus rien de sérieux derrière cet instant. Cela doit être quelque chose comme sentiment d’arriver à tromper un tel poisson que l’on suit sur plusieurs années. Le but pour Thibaut maintenant étant d’en trouver une autre pour y passer autant de temps avec espérons-le pour lui, la même fin heureuse.

La grande main de mon fils qui mesure 1.96m parait bien petite.

Cette beauté sauvage est repartie à l'eau comme si de rien n'était.

lundi 28 avril 2025

Même 10 ans après...

10 ans après sa parution, La truite en héritage est toujours lue. Je viens d'avoir un retour qui restera dans mes plus beaux souvenirs de cette fabuleuse expérience littéraire. C'est Anthony, lui même pêcheur à la mouche, qui m'a fait part de l'intérêt de son ainé pour mon livre. Axel, jeune pêcheur déjà très talentueux, prend énormément de plaisir à lire mes histoires de pêche. En lisant l'une d'elle, il a dit à son papa : Le fils à Nicolas Germain a pris sa première grosse truite en nymphe à vue à 11 ans...Tu crois que c’est possible que j’y arrive cette année. Ce petit bonhomme a plein d'étoiles dans les yeux d'après son papa quand il a le livre en main. Il apprend de nombreuses choses à travers celui-lui.

Merci Axel, vraiment. Tu ne peux pas savoir à quel point ton plaisir est le mien également. Je te souhaite de prendre un jour cette grosse truite mais surtout de prendre avant tout énormément de plaisir au bord de l'eau avec ton papa, ton jeune frère et ton papy. C'est le principal !

Même en allant à un mariage, Axel est en pleine lecture !

mercredi 12 mars 2025

Communication qui pause question.

La Fédération de Pêche du Jura a fait son choix en termes de communication pour cette ouverture de la pêche. Les images publiées sur les réseaux sociaux de laissent pas de place au doute. Cette panoplie de photos de poissons prélevés (dont des truites sauvages de la rivière d’Ain) a fait réagir et pas qu’un peu. Si l’on peut lire à travers les commentaires la déception et la colère de certains pêcheurs, j’ai également eu de nombreux retours dans un cercle plus privé avec des locaux extrêmement déçus pour ne pas dire plus.

Par cette prise de position, les choses deviennent très claires dorénavant sur les intentions de chacun. Les AAPPMA concernées et la Fédération du Jura semblent assumer pleinement le fait de prélever les derniers poissons sauvages de cette rivière d’Ain. Les critiques pleuvent sur nos dirigeants mondiaux qui vont au bout des ressources toujours plus vite sans tenir compte du changement climatique et des alertes de toutes parts mais finalement, nos dirigeants locaux pour la pêche ne font pas mieux. Ils iront jusqu’aux derniers poissons sauvages malgré des populations en chute libre et des atteintes extérieures toujours plus nocives sur cette rivière. C’est d’une tristesse.

Publication entière à voir sur Facebook.

De mon côté, je ne cherche plus à convaincre les gens. Chacun gère son territoire comme il l’entends après tout. Cependant, il faut assumer jusqu’au bout sans se cacher derrière des arguments plus bancals les uns que les autres. J’entends parfois des voisins en amont et en aval qui prennent notre linéaire en exemple comme quoi le fait de laisser la vie aux truites ne fonctionnait pas, que cela ne servait à rien, que c’était même partie prenante des causes de la baisse des populations…

Nous avons mis notre parcours sur sa totalité en No Kill pour freiner la baisse des populations, rien de plus. Nous possédons un linéaire sur la rivière d’Ain complètement dysfonctionnel. L’espoir pour améliorer la qualité de l’eau s’est envolé depuis longtemps malgré des preuves flagrantes d’excès en tout genre sur les points d’assainissements de Champagnole, Crotenay ou encore Montigny. Tous les témoignages, alertes ou autres plaintes n’ont jamais rien amélioré. L’eau chauffe toujours plus l’été. Les piscivores, harles et cormorans finissent le boulot. Bref, pour continuer à pêcher ces poissons sauvages, pas d’autres choix que de leur laisser la vie. On n’appuie pas sur la tête d’un homme en train de se noyer, on tente au minimum de le maintenir à flot.

Du coup, pourquoi se battre pour réhabiliter les tirs des cormorans s’il y a assez de truites sauvages pour continuer à les prélever. Les pêcheurs oui mais les oiseaux non ? Encore un argument bien bancal. Je souhaite de mon côté également pouvoir réguler les piscivores bien entendu mais pas pour bouffer les truites et les ombres à leur place ! Non, uniquement pour que les populations soient un peu plus solides parce qu’elles sont catastrophiquement basses.

Le pire dans tout ça c’est qu’on tous d’accord là-dessus. Les truites deviennent de plus en plus rares. Depuis 2015 tout s’est accéléré avec des étés caniculaires à répétition, c’est hallucinant les différences. Pas contre, à la fin, ben il y a les types qui vont aller manger dans les réserves sans se soucier du lendemain en se disant ben quand il y en a plus, il y en a plus. Et puis les autres, visiblement en minorité, qui tentent de se rationner au maximum en espérant que ça dure un peu plus longtemps sans non plus croire au père Noël.

Bref, tout ça pour dire que de remettre une truite à l'eau cela permet aussi à plusieurs pêcheurs d'avoir des émotions de joie et bien entendu, de laisser une chance à ces poissons de frayer un hiver de plus et même plusieurs ce qui n'est pas un luxe à la vue des géniteurs restant. La preuve encore, comme s'il en fallait une supplémentaire, avec ce poisson capturé par mon fils en juillet 2024 et mesuré à 60 centimètres. Poisson que j'ai eu l'immense privilège de croiser en ce week-end d'ouverture. Je l'ai pris avec la même nymphe d'ailleurs. Un peu plus long mais aussi plus maigre. Normal pour la saison. Mon fils a déjà revu cette truite deux jours après qui se nourrissait. Que sa vie soit encore longue !

Vous pouvez comparer les points, c'est bien le même poisson.

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