Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
Centre de pêche en Bosnie.

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dimanche 15 mars 2026

Ouverture 2026 faite !

Il fallait être plutôt motivé samedi en partant dans la nuit pour rejoindre la rivière. Des flocons de neige tombaient avec une densité peu commune. À cela il fallait ajouter des trombes d'eau tombées dans la nuit avec un vent dont les rafales ont dépassé les 80 km/h. La neige nous a dissuadé de descendre jusqu'au parking avec les voitures. Tout le monde à pied ce samedi matin ! Avec la pluie de la nuit, la rivière était en train de monter et de se teinter à notre arrivée. Vraiment pas engageant. Surtout en pensant à la météo de la veille !

Thibaut a tenté sa chance aux leurres.

Côté pêche, même les copains et mon fils aux leurres ont fait capot. Nous avons croisé aussi des jeunes pêcheurs , 4 de souvenir. Ils avaient fait un poisson en tout et pour tout. Bref, ouverture des plus timides sur nos lots. Pour moi, avec ma canne à mouche, c'était perdu d'avance. J'ai eu de la visibilité au ras de la bordure durant 20 grosses minutes. Après la rivière était trop sale. Dans ce cas-là, direction le feu !

Bien heureusement, il y a des choses qui ne changent pas. La bonne humeur des copains pour le casse-croûte de l'ouverture reste au plus haut niveau. C'est chaque année un moment que l'on attend tous avec impatience. On s'est régalés une fois encore. Et malgré les conditions, nous étions quand même une vingtaine. Une vraie belle matinée passée tous ensemble.

Les copains !

Si je retourne habituellement tenter ma chance un coup dans l'après-midi, cette année, j'ai rendu les armes. La rivière était trop montée et de plus, elle était beaucoup trop sale. Bref, un samedi sans pêcher pour moi.

Ce dimanche, un coup d’œil sur les courbes. L'Ain et la Saine ont perdu un peu. Je me tâte puis me prépare pour le coup de midi. Le ciel est plutôt clair. La rivière a effectivement baissé un peu. Les bordures se sont éclaircies jusqu'à une limite d'un bon mètre. Très compliqué encore pour la nymphe à vue. Il est évident que la rivière charrie de l'eau de neige. Compliqué. Je me suis mis en recherche d'un poisson. Je connais bien ces conditions. Une seule rencontre suffit. La connaissance du terrain et l'expérience sont de vrais atouts. Je vous avoue que c'est dans cette difficulté que je prends un maximum de plaisir. Prendre 3 ou 4 belles truites mi-mai quand tout est actif et que tout le monde en prend, c'est génial, mais prendre un poisson dans des conditions qui ont poussé la majorité des pêcheurs à quitter les lieux, ça, oui, c'est mon plaisir.

J'ai débuté ma traque vers midi pour arriver vers 15h15 sans avoir rien vu. Ni poisson, ni rien du tout mise à part deux harles qui tentaient leur chance eux aussi. Satanés volatiles.

Alors que j'allais abandonner moi aussi, il m'a semblé voir une barre d'un teint plus sombre que le fond dans une veine d'eau courante mais peu profonde. J'ai bien mis 5 minutes pour avoir la certitude que c'était un poisson. La voilà ma truite ! Le plus dur était fait. Y croire en cherchant l'impossible. La visibilité était vraiment médiocre mais j'ai bien vu le mouvement de cette tête au passage de ma cuivre. Un ferrage appuyé avec une pointe de gros diamètre. Un combat court et intense. Mais surtout un petit cri de joie pour la première de l'année ! Elle était pas donnée celle-ci ! Surtout avec ce niveau, cette eau laiteuse et cette bise glaciale. Cela donne encore plus de valeur à ce poisson. 40 ans que je pêche, et ce poisson, j'avais l'impression que c'était le premier ! Cette merveilleuse truite sauvage m'a procuré une immense joie !

La saison est lancée. Profitez bien et prenez soin de ces joyaux !

vendredi 13 mars 2026

Un geste essentiel.

La communication locale (presse écrite ou réseaux sociaux) sur ce geste essentiel (voir photo ci-dessous) étant absente en cette veille d'ouverture, je vous rappelle que remettre à l'eau une truite sauvage même maillée n'est pas interdit par la loi.

Plus sérieusement, même sur nos têtes de bassins jurassiens, les populations de truites voient leur effectif fondre comme neige au soleil. C'est tristement réel.

Si la majorité des AAPPMA jurassiennes vous donnent le droit de conserver encore en 2026 ces magnifiques poissons sauvages, ne leur donnez pas raison. Leur irresponsabilité ne doit pas être la vôtre !

Merci pour ces dernières truites sauvages qui subissent déjà quotidiennement les maux d'une mauvaise qualité d'eau et une prédation permanente des oiseaux piscivores allochtones.

jeudi 12 mars 2026

Une ouverture humide !

Visiblement, l'ouverture ce samedi matin sera fera sous l'eau dans le Jura. Effectivement, la météo n'est pas très optimiste même si j'ai toujours espoir qu'elle se trompe. Au moment où j'écris ces lignes, il est annoncé 28mm de précipitations samedi avec des températures proches du zéro. Une pluie glaciale voir de la neige mélangée, voilà le programme chez moi.

Au-delà de l'aspect peu agréable de la chose en particulier pour le casse-croûte avec les copains, c'est le coup d'eau que cela peut avoir en conséquence qui occupe mes pensées. Vous le savez, c'est le week-end où la pression de pêche est la plus intense. C'est le week-end où les prélèvements sont les plus nombreux. Un coup d'eau durant ces deux jours n'est pas une bonne nouvelle pour les truites sauvages. Sur notre linéaire, pas de souci, elles sont protégées. Mais sur les AAPPMA amont et aval, rien n'a été fait en ce sens. Les pêcheurs pourront encore et toujours s'en donner à cœur joie. Deux truites sauvages par jour et par pêcheur. Comme si la prédation quotidienne des oiseaux depuis fin août n'était pas suffisante pour faire fondre les populations restantes. Désolant.

Prévisions pour samedi...

La petite bonne nouvelle, c'est la pluie d'hier soir. Elle a eu pour effet de faire monter nos rivières dans la nuit. Du coup, j'espère sincèrement que les truites vont profiter de ce coup d'eau d'avant ouverture pour bien se remplir le ventre afin d'être moins vulnérables samedi matin. Il faut se rassurer comme on peut. Je suis moins optimiste que l'article de presse locale parut ces jours mais disons que je passe assez de temps au bord de l'eau depuis la fermeture de septembre pour savoir exactement ce qu'il en est.

Et si toutefois vous me lisez, que vous faites partie de ces pêcheurs qui n'ont jamais remis une truite sauvage maillée à l'eau, essayez ce week-end...Au moins une fois. Merci pour ces dernières truites jurassiennes qui subissent déjà tant au jour le jour.

samedi 7 mars 2026

Les derniers ombres jurassiens

Je suis allé faire un tour hier sur le linéaire de notre AAPPMA. Au départ c'était avant tout dans l'idée d'être présent pour faire fuir les oiseaux piscivores pouvant être en pêche. J'ai eu le nez fin puisque j'ai fait partir un couple de harles bièvres qui pêchaient sur l'amont de notre parcours. Une fois encore, harles et cormorans pêchent eux tous les jours. Il est donc primordiale d'être présent au bord de l'eau. Et ce comme eux, le plus souvent possible.

Lors de ma ronde, j'ai pu aussi observer le frai des ombres. Oui, c'est d'époque. Le truc, c'est que sur la frayère principale de notre parcours, il y avait un seul et unique poisson en place. J'ai fait cette petite vidéo => https://youtube.com/shorts/h2ru6qLtKCc?si=wCXi01LEYZtX-dkc C'est d'un triste. Un seul poisson. Quelle catastrophe.

Pour répondre à d'éventuelles interrogations, je vous rappelle que les ombres, sur la rivière d'Ain jurassienne (comme sur la Bienne d'ailleurs), étaient plus nombreux en 1999 lors de la mise en place de l'arrêté préfectoral interdisant leur pêche. Arrêté préfectoral initié par notre directeur technique de l'époque Norbert Morillas, autant vous dire que cela date.

Malgré donc plus de 26 ans à ne pas être pêchés / prélevés par les pêcheurs, leur population continue de baisser. 26 ans ! Rien de mieux, c'est même pire !

Quoi qu'on en dise, à lui seul, l'ombre commun révèle au grand jour un terrible et incontestable constat d'échec de la part de tous les acteurs liés de près ou de loin à la gestion de nos rivières jurassiennes.

mercredi 25 février 2026

Bien en eau !

À quelques jours de l'ouverture de la pêche, c'est le moment de faire un point "météo" (local) sur ce qui s'est passé depuis la fermeture de septembre 2025.

Avec un mois d'octobre à 208mm sur la région de Champagnole (39) et un mois de novembre à 232mm, on peut dire que l'automne a été humide. Ces deux mois étant largement au-dessus des normales. Coup de frein en décembre avec seulement 65mm pour ce qui aurait dû être un des mois les plus pluvieux de l'année. C'est bien en dessous de la normale (quasiment 100mm). Cela aura pu être ennuyeux avant le printemps si janvier et février avaient suivi la même tendance.

Pour le bonheur de nos rivières, c'est bien heureusement tout le contraire qui s'est produit. 152mm sur janvier et plus de 235mm sur février. Le déficit de décembre est devenu qu'un simple souvenir avec de telles intempéries.

À cela il faut ajouter la neige à fondre ces jours avec la hausse des températures. Il y a une belle épaisseur sur les hauteurs des différents bassins versants jurassiens. C'est une bonne nouvelle. Nous allons donc terminer février avec de belles quantités d'eau dans la région. Mais rien n'est acquis malheureusement. Nos sols ont tous les défauts. Quatre ou cinq semaines sans eau et tout sera oublié. Il est donc encore tout à fait possible de faire l'ouverture le 14 mars avec une eau basse comme d'avoir un étiage sévère ce printemps ou/et cet été. À suivre...

Pour les "grincheux" du ciel gris je vous rappelle que ce mois de février 2026 est certes bien au-dessus de la normale avec ces 235mm, mais qu'il est très loin du février de 1970 avec plus de 400mm par exemple. Là, on peut dire que ça ne faisait pas semblant. La mémoire fait souvent défaut mais les chiffres sont là pour nous remettre en place. C'est à l'image des catastrophes qui ont touché pas mal de monde ces dernières semaines. Bien entendu, j'ai une immense pensée pour toutes les personnes touchées par les inondations. C'est catastrophique. Mais encore une fois, si l'on se remémore l'hiver 1989-90 avec ses tempêtes successives sans minimiser ce qu'il s'est passé cet hiver, c'était plus de 40 morts en France pour souvenir dont 23 pour le seul jour du 3 février 1990. J'ai encore des images en tête. Horrible.

Les chiffres ne se trompent pas. Pour les crues, c'est la même chose. C'est souvent la plus importante crue qu'on ait jamais vu. Et pourtant, les crues jurassiennes de cet hiver étaient vraiment modestes. Sur une station comme celle de Jeurre (sur la Bienne), le débit au plus haut a été relevé autour des 300m3. À titre de comparaison, sur les 5 dernières années, le pic le plus haut est à 420m3. Et c'est là que les chiffres sont importants, puisque si on revient sur le très célèbre 22 décembre 1991 (et je m'en souviens bien), la Bienne sur cette même station avait un débit de 882m3 !!! Soit plus du double que le débit maxi des 5 dernières années. Saint-Claude était sous les eaux.

Courbe de l'Ain au Bourg de Sirod le même jour (22/12/1991). Cela vous permettra de comparer avec le débit des crues plus récentes.

Tout cela pour dire que ces derniers mois ont été humides, mais rien d'extraordinaire non plus chez nous (Jura).

Voilà, c'était mon petit point pluviométrie. En espérant que le robinet ne se coupe pas définitivement trop tôt en saison et ce, même si je suis très heureux de revoir enfin le soleil !

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