Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
Centre de pêche en Bosnie.

Accès au Fly Shop Signez le livre d'or Suivez-moi sur facebook Le Fly Shop sur facebook

Gestion piscicole

Les actions menées sur le terrain et infos diverses sur le monde complexe de la gestion halieutique

Fil des billets - Fil des commentaires

samedi 8 novembre 2025

Article de Didier Pruneau sur la prédation du grand Cormoran.

Je publie aujourd'hui un article rédigé par l'ami Didier Pruneau qu'il m'a fait parvenir afin de le partager ici. Les articles de Didier sont toujours d'une grande précision. Bonne lecture.

Impact du Cormoran sur les populations piscicoles en Europe Cas d'une rivière emblématique: La Seine en Côte d'Or.

Didier Pruneau - Novembre 2025

Résumé :

  • Le Grand Cormoran, Phalacrocorax carbo, est un oiseau piscivore dont la population a explosé en Europe passant de 70 000 à 2 millions d'individus en 50 ans. Le Grand Cormoran fréquente les eaux dormantes et courantes, et consomme en moyenne 500 g de poisson par jour.
  • Des études scientifiques récentes menées au Danemark et en Autriche, et extrapolables à la Seine en Côte d'Or, montrent clairement un impact majeur du Grand Cormoran sur les populations de truites fario et d'ombres commun.
  • Ces études menées dans le cadre du projet européen Protect-Fish démontrent sans ambiguïté que le Grand Cormoran réduit en deux ans les populations de truites fario sauvages d'environ 30% et celles d'ombres communs de plus de 70%. La prédation hivernale seule (5 mois environ) par le Grand Cormoran réduit de 33 à 40% les effectifs d'ombres communs.
  • Rappelons que l'ombre commun est classé comme espèce vulnérable en Europe et que ses populations s'effondrent.
  • A cela s'ajoutent les blessures souvent sévères occasionnées par le Grand Cormoran pouvant conduire au dépérissement des poissons et/ou au développement de maladies telles que la Saprolégniose.
  • Au-delà de la prédation directe, le stress exercé par cet oiseau sur les truites et ombres, notamment en période de fraie, est considérable et ne peut qu'affecter leur reproduction. Des études seraient nécessaires pour quantifier cet impact.
  • La Seine en Côte d'Or est une rivière de première catégorie et les observations qui y sont faites par les pêcheurs sont en parfaite cohérence avec les données scientifiques.
  • Sur ce parcours, l'ombre commun dont le prélèvement est interdit sur plusieurs secteurs par arrêté préfectoral voit sa population stagner à des niveaux très faibles (en particulier dans les tailles moyennes de 25 à 40 cm) du fait de la prédation par les cormorans.

Photo Alain Gaudiau - Cormoran avec une truite sur la Dordogne.

Introduction

Le Grand Cormoran est un oiseau piscivore de grande taille. En Europe, on distingue deux sous-espèces, Phalacrocorax carbo carbo, la maritime, et Phalacrocorax carbo sinensis, la continentale. En dehors des nicheurs, la France accueille aussi des migrateurs et des hivernants venant de Grande-Bretagne ou du nord de l’Europe. Le Grand cormoran est un redoutable prédateur constituant une des plus grandes menaces pour nos populations de poissons d'eaux douces courantes et dormantes. Il faut observer que cet oiseau n'a pas de prédateur hormis le pygargue à queue blanches dont la population est malheureusement anecdotique en France. En nous appuyant sur des études scientifiques solides, nous démontrerons dans cet article l'ampleur de la prédation du Grand Cormoran sur les populations piscicoles d'eau douce et nous évoquerons les conséquences écologiques et économiques qui en découlent. Plus particulièrement, nous nous intéresserons à la prédation massive par le Cormoran des truites fario et ombres communs, sachant que ces deux espèces indigènes et emblématiques des rivières de première catégorie sont en situation précaire du fait notamment de la dégradation des milieux.

Une situation préoccupante en Europe.

La population de Grand Cormoran en Europe a augmenté passant de 50 000 dans les années 1970 à plus de deux millions aujourd'hui (1). Cet accroissement des populations s'est accompagné de la conquête et du développement de l'espèce dans les eaux douces. Le coût pour l'aquaculture et la pisciculture de la prédation par le Grand Cormoran en Europe est évalué à 350 millions € en 2023 et 2024 (1). De plus, la perte pour la pêche récréative est de l'ordre de 100 millions € si l'on se base uniquement sur la prédation de poissons d'élevage lâchés en milieu naturel (1). Le problème est tel qu'un plan visant à réguler les populations de Cormoran au niveau européen a été récemment élaboré. Ce plan ayant l'appui de United Nations Fisheries, European Inland Fisheries et de Aquaculture Advisory Commission (EIFAAC) a été établi par Angling Trust et European Angler Alliance (EAA). Ainsi, une première conférence sous l'égide de la Présidence Polonaise de l'Europe s'est tenue en juin dernier à Bruxelles lors de laquelle les premiers résultats du projet Protect-Fish (https://protectfish.eu) ont été présentés. Le projet Protect-Fish soutenu par l'Union Européenne à hauteur de 4 millions € a pour objectif d'étudier l'impact de la prédation du Grand Cormoran sur les poissons d'eau douce, avec un focus particulier sur l'ombre commun. Ce projet, sous la direction du Danois NT Jepsen implique le Danemark, la Suède, l'Allemagne, l'Autriche, la Tchéquie, la Pologne et l'Italie (liste non exhaustive). Si la France ne participe pas, hélas, à ce projet, les résultats concernant, notamment l'ombre commun, sont et seront extrapolables. Rappelons que l'ombre commun (Thymallus thymallus) est en Europe classé espèce vulnérable (classification IUCN) et que les populations sont en déclin marqué depuis une vingtaine d'années (3).

Des études scientifiques européennes récentes démontrent que la prédation par le cormoran entraîne une réduction importante des populations de truites et ombres communs.

Si les acteurs du monde halieutique et piscicole, constatent depuis des années une intense prédation par le cormoran, conduisant à l'anéantissement du cheptel piscicole déjà considérablement amoindri par la pollution chronique des rivières, ces observations ont été contestées, ici ou là, du fait de leur caractère empirique. Deux études récentes viennent balayer cet argument. Tout d'abord, Jepsen et coll. (4) ont réalisé une étude dans deux rivières Danoises dont la biomasse est largement constituée de truites fario et ombres communs. Ces deux rivières ont un profil de rivière de plaine et la pression de pêche amateur ainsi que le prélèvement sont minimes. Dans les zones étudiées, il n'y a pas de lâcher de poissons d'élevage. La méthode utilisée consistait en l'introduction d'un marquage PIT («Passive Integrated Transponder») dans la cavité ventrale des poissons capturés par pêche électrique, méthode semblable à la pose de «microchips» chez les chiens et les chats. 2625 truites et 128 ombres ont été marqués. De plus, 25 ombres était équipés et suivis par une autre méthode, la télémétrie. Les marqueurs des poissons consommés par les cormorans étaient recherchés au pied des nichoirs dans un rayon de 21 km. Il faut remarquer que la prédation par d'autres espèces (hérons cendrés, loutres et visons) a également été estimée. Des caméras placées en bord de rivière ont permis d'estimer le nombre de cormorans. Les principaux résultats de cette étude montrent qu'en trois années (2013 à 2016), 29,5% des truites fario et 72,3% des ombres de la rivière Norrea ont été consommés par les cormorans. Il faut observer qu'un maximum de dix cormorans a été observé pendant les périodes de grand froid, un seul oiseau étant observé en général. En cinq mois seulement sur la rivière Kongea, c'est 33% des ombres qui ont été éliminés par les cormorans.

Une autre étude a été récemment conduite par Kurt Pinter et Michael Grohmann (BOKU University, Vienne, Autriche) (5). Dans cette étude, seule la prédation hivernale (2020-2021 et 2021-2022) a été déterminée sur des tronçons des rivières Ager (3km), Alm (7 km) et Traun (28 km). 25 espèces de poissons sauvages ont été marqués par la méthode PIT (décrite précédemment) pour un total de 4867 individus dont 593 truites fario et 415 ombres. Les marqueurs ont été récupérés sous les nichoirs. Les résultats indiquent que 18% des truites et 40% des ombres ont été éliminés par les cormorans dans les seuls mois d'hiver. A noter que ce sont les poissons de 30 à 35 cm qui sont les plus touchés. Il faut également remarquer que 28 et 24% des perches et des brochets étaient également prédatés par les cormorans.

En résumé,

  • Les deux études scientifiques exemplifiées précédemment montrent clairement que la prédation des truites fario et plus encore des ombres communs par le cormoran est très élevée.
  • La méthodologie utilisée basée sur le marquage électronique des poissons (dite méthode par «PIT-tagging») est robuste.
  • Les résultats des deux études conduites dans deux pays européens différents sont parfaitement cohérents.
  • En un hiver, 18% des truites et 33 à 40% des ombres sont la proie des cormorans.
  • En deux années, 28% des truites et 72% des ombres sont éliminés par les cormorans.
  • Les poissons consommés vont de 12 à 45 cm avec une préférence claire pour les tailles allant de 25 à 35 cm.
  • Selon K Pinter, la pression de prédation sur les ombres est telle qu'un recouvrement des populations, dans l'état actuel des choses, peut être exclu.

Cas de la Seine entre Châtillon sur Seine et Gomméville (Côte d'Or)

La Seine en Côte d'Or est une rivière de première catégorie qui jouit de l'apport de résurgences froides en aval de Châtillon sur Seine. Elle est essentiellement peuplée de truites fario et d'ombres communs. Cette section de la Seine entre St Colombe s/Seine et son arrivée dans l'Aube est, ou du moins était, considérée comme un des plus beaux parcours de France, attirant de nombreux pêcheurs et amoureux de cette rivière n'hésitant pas à parcourir des centaines de kilomètres pour lui rendre visite. Evidemment, ceci avait un impact économique positif, quoique difficilement chiffrable. En dépit d'un état écologique relativement stable et d'une réglementation halieutique restrictive (par exemple, interdiction de prélèvement de l'ombre commun sur une grande partie du parcours), nous assistons à une baisse des populations de truites et ombres, notamment dans les classes moyennes (25 à 40 cm), comme en attestent les résultats de pêche électrique. La présence permanente de cormorans, aisément constatable par toute personne fréquentant la rivière, ne laisse que peu de doute sur les causes d'une érosion des populations de salmonidés. Rappelons que le Grand Cormoran consomme en moyenne 500 g de poisson par jour, chiffre qui peut s'élever à 1,1 kg voire 1,9 kg/jour lors de l'élevage des poussins (6). Les dernières données de pêche électrique montrent des densités de truites et ombres au mieux de 60 kg/ha. Ainsi, on peut estimer qu'une dizaine de cormorans, comme cela est fréquemment observé en hiver, anéantit environ 600 m de la Seine en 10 j. De plus, le cormoran est une espèce «invasive» dans nos régions dans le sens où il est apparu il y a une trentaine d'années et s'est considérablement développé depuis. Ainsi, les truites et encore plus les ombres n'ont pas de stratégie de défense face à ce redoutable prédateur. La prédation par le Cormoran dans les rivières de première catégorie en Côte d'Or n'est pas une préoccupation récente. En effet, en 2000 une étude conduite précisément sur la Seine (7) a permis de montrer que cet oiseau consommait essentiellement truites et ombres et blessait un nombre non négligeable de poissons. Hélas, les moyens techniques utilisés ne permettaient pas de quantifier précisément la prédation. Ce sont donc les données scientifiques obtenues au Danemark et en Allemagne et présentées ci-dessus qui permettent de mesurer l'ampleur du phénomène. Il convient d'observer que ces données sont transposables à la Seine et aux cours d'eau de première catégorie en Côte d'Or. Ainsi, il y a une similitude dans les profils de rivière (population piscicole mixte, rivière à régime peu rapide, fond sableux et herbiers) et la présence de nichoirs de cormorans dans un rayon de 20 km. Sont également régulièrement observés des poissons portant des blessures, souvent importantes, correspondant à l'emprise du bec crochu du Grand Cormoran. Ces blessures peuvent conduire au dépérissement des poissons ou au développement de maladies telles que la Saprolégniose. Enfin, il faut ajouter un élément difficilement quantifiable qui est le stress provoqué par les cormorans sur les poissons. En période de fraie notamment, truites et ombres se rassemblent dans des zones courantes peu profondes, ces rassemblements attirant inévitablement les cormorans ce qui, au-delà de la prédation directe, perturbe considérablement la fraie.

Photo Alain Gaudiau - Cormoran avec une truite sur la Dordogne.

Discussion

Si pendant longtemps l'appréciation de l'impact du Grand Cormoran sur les populations de salmonidés et thymallidés est restée non chiffrée et relativement empirique, les études scientifiques récentes et en cours permettent de quantifier les prélèvements par cet oiseau piscivore. Ainsi observe-t-on que les truites sont fortement touchées, et que les ombres peuvent voir leur population, en quelques années seulement, s'effondrer. La truite fario sauvage, quoique n'ayant pas de statut particulier, est une espèce dont le nombre est en forte réduction en Bourgogne-Franche-Comté. L'ombre commun, classé espèce vulnérable en Europe, subsiste à de faibles niveaux en Côte d'Or, et a quasiment disparu de certaines rivières emblématiques de Franche-Comté telles que la Loue et l'Ain. Ainsi, il nous semble indispensable de procéder à une régulation des populations de Grand Cormoran si l'on souhaite préserver la biodiversité des rivières de première catégorie.

Références

  1. 1- Much needed new European Management Plan for Cormorants moves a step closer. Angling Trust, 13 June 2025.
  2. 2- Shocking true cost of Cormorant predation in European waters revealed. Hawkswell A., Angling International, 10 June 2025.
  3. 3- Freyhof J. et al. Rote Liste und Gesamtartenliste der sich im Süßwasser reproduzierenden Fische und Neunaugen (Pisces et Cyclostomata) Deutschlands. Naturschutz und Biologische Vielfalt, 170(6), 63 S, 2023.
  4. 4- Jepsen N., Ravn H.D. and S. Pedersen. Change of foraging behavior of cormorants and the effect on river fish. Hydrobiologia, 820, 189-199, 2018.
  5. 5- Pinter K. Cormorant predation in a grayling stream in the Austrian foothills – Insights from PIT-tagging. Protect-Fish Project, EAA Assembly, 2025.
  6. 6- Platteeuw M., Koffijberg K. and W. Dubbeldam. Growth of Cormorant Phalacrocorax carbo sinensi chicks in relation to brood size, age ranking and parental fishing effort. AEDEA, 83 ; 235-245, 1995.
  7. 7- Commegrain C. Impacts du Grand Cormoran sur les rivières de première catégorie Côte d'Oriennes. Diplôme Universitaire de Recherche, Année 1999-2000.

lundi 27 octobre 2025

Des pluies bénéfiques !

Dans mon cas l'esprit n'est plus à la pêche. Pour moi, une rivière se vit au fil des saisons et du cycle biologique de dame fario. Je profite donc de chaque instant en tant que spectateur attentif et averti.
Après des semaines de lumières et de couleurs automnales changeantes à observer la rivière et ses habitants, la période actuelle ne peut mieux se passer. Des pluies abondantes depuis la semaine passée ont gonflé la rivière et ses affluents. Depuis le 23 octobre, le débit de nos rivières ne cesse de fluctuer avec des pics de crue importants. C'est environ 120mm de pluie sur les 7 derniers jours chez moi. Quasiment la normale mensuelle. Il faut encore compter quelques dizaines de millimètres pour aujourd'hui. Des crues successives qui vont avoir pour effet de nettoyer en profondeur les places de frai. Les truites auront moins à travailler pour creuser leur nid.
C'est une très bonne nouvelle car la période de reproduction des truites sauvages va débuter dans quelques semaines. Encore une fois, je n'en louperai pas une miette.
Les dernières truites jurassiennes auront donc certainement des gravières aussi propres que celle de l'image ci-dessous photographiée par mes soins en 2018.

jeudi 23 octobre 2025

Autriche, une nouvelle étude sur l'impact des cormorans.

En Autriche, l'impact du grand cormoran sur l'ombre commun a fait l'objet d'une étude très sérieuse.
ProtectFish, l’Université des Ressources Naturelles et des Sciences de la Vie de Vienne (BOKU), partage ses premiers résultats avec l’European Anglers Alliance (EAA) à Vienne.
Lors de la récente Assemblée Générale de l’European Anglers Alliance à Vienne, le Dr Kurt Pinter – membre de notre partenaire ProtectFish, l’Université des Ressources Naturelles et des Sciences de la Vie de Vienne (BOKU) – a présenté les premières conclusions des études de terrain du projet en Autriche, réalisées dans le cadre du Work Package 4.
Principales conclusions de la saison hivernale 2024/25 :
  • Sur la rivière Haute Drau , la biomasse d’ombres communs a diminué de 96 % depuis 1989, sans signe de rétablissement malgré les efforts de restauration. La prédation continue des cormorans est identifiée comme un obstacle majeur.
  • Sur la rivière Traun, une étude par PIT-tag a révélé qu’environ 50 % des ombres communs marqués ont été prédatés par des cormorans.
  • L’impact de 20 cormorans dans un rayon de moins de 25 km de leurs sites de repos est plus important que celui de 1 000 cormorans sur les espèces de poissons situées à plus de 25 km de leurs dortoirs.
Ces résultats soulignent comment la proximité entre les dortoirs de cormorans et les stocks de poissons influence directement la pression de prédation. Le marquage par PIT-tag s’est avéré une méthode précieuse pour illustrer ces dynamiques.
Pour la suite, l’Université des Ressources Naturelles et des Sciences de la Vie de Vienne (BOKU) continuera de collaborer avec les communautés locales et les partenaires pour :
  • Évaluer l’impact de la présence des cormorans sur les stocks de poissons dans le district de Spittal an der Drau (hivers 2025/26, 2026/27 et 2027/28).
  • Réaliser des évaluations annuelles des stocks de poissons et des marquages.
  • Surveiller les populations de cormorans à l’aide de caméras de faune.
ProtectFish reste engagé à développer des solutions pratiques et scientifiques pour la conservation des poissons et une gestion équilibrée des écosystèmes fluviaux.
Pour en savoir plus il suffit de cliquer sur le lien de l'étude => Etude cormoran 
 
 

jeudi 16 octobre 2025

Elections AAPPMA 2026

Dans le cas où vous ne le sauriez pas, je vous informe que l’année 2026 sera une année électorale majeure pour le réseau associatif de la pêche. En effet, les AAPPMA (Associations Agréées pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique) vont renouveler leurs conseils d’administration pour un mandat de 5 ans. Ces élections, organisées en fin d’année 2026, détermineront les nouveaux bureaux d’AAPPMA du Jura pour les années à venir.

Pour pouvoir se présenter aux élections d’un conseil d’administration d’une AAPPMA, il faut avoir été adhérent deux années consécutives de cette dernière, c’est-à-dire avoir pris sa carte de pêche en 2025 et en 2026.

Sont concernées les cartes suivantes :

  • La carte Personne majeure,
  • La carte Découverte femme,
  • La carte Personne mineure (de 12 à 18 ans).

Les jeunes aussi peuvent s’engager :

  • De 12 à 16 ans, un jeune pêcheur titulaire d’une carte Personne mineure peut voter et même se présenter au conseil d’administration de son AAPPMA, avec l’autorisation écrite de ses parents.
  • De 16 à 18 ans, il peut se présenter sans autorisation préalable, mais l’association doit informer ses parents de son élection, par simple transparence.
  • En revanche, un mineur ne peut pas occuper les fonctions de président, vice-président ou trésorier, qui impliquent des responsabilités juridiques et financières.

Si je fais cet article, c’est pour vous alerter à la prise d’une carte supplémentaire en 2025 dans le cas où vous souhaiteriez vous engager dans une AAPPMA différente.

Exemple local : Vous prenez votre carte à Crotenay par habitude et par soutien à l’AAPPMA (merci) mais vous souhaitez vous engager dans une AAPPMA voisine pour tenter de changer les mentalités sur le prélèvement journalier. Pensez à bien à reprendre une carte dans l’AAPPMA concernée avant la fin de l’année 2025 sinon cela ne sera pas possible. Pour voter, la carte seule de l’année en cours suffit.

mercredi 1 octobre 2025

Vente de cartes en baisse ?

La fermeture étant derrière nous, nous pouvons d'ors et déjà dresser un bilan de cette saison 2025 à travers les effectifs de pêcheurs. Si sur le plan national l'année 2025 semble positive c'est tout le contraire dans le département du Jura. La baisse continue des effectifs peut être qualifiée de très préoccupante. En première ligne les rivières à truites qui ont perdu ces dernières années leur attractivité historique. Le constat est tellement accablant que même la haute Loue chez les voisins du 25, touchée très régulièrement par de grosses mortalités, se porte bien mieux que l'Ain ou la Bienne. Les densités de truites sont incomparables. Tous les témoignages sont unanimes.

Il est clair que la Bienne et la haute rivière d'Ain, mais aussi toutes les autres rivières à truites du Jura, notamment la Cuisance, ne sont plus que l'ombre d'elles-mêmes. Seuls des pêcheurs aguerris réussissent encore à tirer leur épingle du jeu. Et encore, même pour ces "spécialistes", cela devient très compliqué.

Il y a pourtant une petite AAPPMA d'irréductibles jurassiens sur la haute rivière d'Ain qui résiste à cette baisse constante. Notre AAPPMA, que je préside depuis bientôt 28 ans, n'est pas du tout en phase avec les pourcentages départementaux. Je ne me fais aucune illusion pour l'avenir car nous subirons nous aussi la même baisse mais ce n'est pas le cas actuellement. En 2025, nous avons quatre sociétaires de moins qu'en 2024 mais onze de plus qu'en 2023. Globalement, nous sommes très stables.

Je rebondis justement sur ce point car la fédération du Jura avance en autres choses la piste du manque de fidélisation. Alors cela est sans doute vrai pour la majorité des AAPPMA du Jura, mais pourquoi ne pas mettre en avant l'exemple de notre AAPPMA qui prouve qu'on peut malgré tout fidéliser encore aujourd'hui dans le Jura. La fédération avance également que le pêcheur n'adhère plus historiquement à une AAPPMA mais qu'il devient un consommateur qui se déplace au gré des spots et des saisons. Pas chez nous encore une fois. Nos adhérents sont fidèles et ce depuis des années. Nos ventes de cartes sont stables même si nous ne courons pas après, mais c'est un fait. Cette stabilité est due par la prise de cartes des mêmes adhérents dans une grande majorité.

La seule et unique différence avec nos collègues en amont ou en aval est notre gestion halieutique car finalement la qualité de l'eau est la même ainsi que les médiocres densités de poissons. Nous sommes la seule AAPPMA du Jura à posséder un linéaire 100% en No Kill. Nous mettons en avant cette mesure réglementaire qui fait tant peur à nos voisins. Pourtant, nous sommes tous d'accord pour dire que les populations de truites s’effondrent mais nous sommes en désaccord sur la finalité puisque sur leurs lots les prélèvements sont toujours autorisés.

Contrairement aux idées reçues et surtout locales, il faut croire que le tout No-Kill ne fait pas aussi peur que ça aux pêcheurs puisque nous sommes à l'opposé de la tendance départementale sur les ventes de cartes. Il serait bon que notre exemple entre en compte dans la réflexion finale !

- page 2 de 84 -