C'était le 3 Avril 1996. J'ai appris la nouvelle dans un couloir de ma caserne au 74ème R.A de Belfort. J'ai été dévasté. Je n'avais absolument pas conscience à cette époque des ravages qu'apportait la perte d'un être cher. Une période terrible de ma vie débuta ce jour-là.

24 ans ont passé. Mais André est toujours aussi présent à mes côtés. Que cela soit au bord de l'eau ou derrière un étau. Il avait cette faculté, cette envie et ce don d'être toujours en avance sur les autres. Il était surprenant et en permanence dans l'anticipation. Que cela soit dans les techniques de pêche comme dans la recherche fondamentale pour lui du côté pêchant de ces imitations. Pour exemple, quand il a commencé à utiliser de la laine pour réaliser ses mouches de surface jusqu'à faire l'exuvie et même 100% du corps avec, bien des gens l'ont pris pour un fou. Encore aujourd'hui, quand je vois certaines réactions à propos de la SL-rose qu'il a totalement créé à l'époque, je ne peux m'empêcher de penser à lui et de ces moments-là avec le sourire. Cette mouche n'est pas belle à voir, c'est un fait. Mais c'est sans doute une des plus redoutables preneuses de poissons lors des éclosions des grandes echdyos au vol pendulaire. C'est bien tout ce qui comptait pour André, que sa mouche soit plus prenante que les autres. Je suis resté toute ma vie de pêcheur sur sa position.

Il me manque encore terriblement aujourd'hui. Car André a traversé avec moi la très difficile période de ma vie lorsque mes parents se sont séparés. Il était à mes côtés et ne m'a jamais lâché. Certes, il m'a légué tout son savoir de pêcheur, mais surtout ces valeurs d'homme. Je n'arrive pas aujourd'hui à sa cheville mais je tente de faire connaitre son parcours aux nouvelles générations de pêcheurs.

La haute rivière d'Ain n'a plus connu un pêcheur et un homme comme André Terrier depuis sa disparition. Il a laissé un vide très profond.

Je vous laisse avec un souvenir croustillant pour moi. Bon visionnage.