Depuis le 09-09-2026, la pêche dans le Jura est de nouveau autorisée sur la rivière d'Ain, la Bienne et tous leurs affluents. L'arrêté préfectoral lié à l'interdiction des diverses activités aquatiques a été levé. Il reste donc une grosse semaine pour en profiter canne en main.
La pêche a été fermée presque 6 semaines sur le bassin de l'Ain et presque 9 semaines sur celui de la Bienne. Sur cette dernière, c'est quasiment un tiers de la saison complète qui a été fermé à la pêche. Tout sauf une paille. Il y aura forcément des conséquences.
À l'évidence, à travers la fermeture de la pêche, c'est avant tout l'équité entre les diverses activités aquatiques qui était visée. En résumé, si l'on veut interdire la navigation, le canyoning ou bien encore la baignade, il faut interdire la pêche. Si l'action de départ est louable bien que discutable (j'y reviendrais), il convient d'analyser ce qu'il s'est réellement passé sur le terrain.
La pêche a été interdite partout sur la Bienne et l'Ain comme sur les affluents sauf de Pont-Du-Navoy à Marigny (uniquement du bord). La raison est toute simple. Une mise à l'eau de canoës à Pont-Du Navoy (comment interdire complètement la pêche si on laisse les canoës naviguer ?) . Eux, ont eu une dérogation pour continuer leur activité et 9h à 17h. Pêche interdite sur les secteurs amont où l'eau possédait une thermie conforme à la pêche de la truite, mais autorisée sur un secteur aval en surchauffe. La logique ? Aucune. Tout comme le canyoning qui a continué tout l'été dans un affluent de l'Ain comme de la Bienne. Là aussi, autre dérogation.
Le canoë et le canyoning sont visiblement des activités économiques qui comptent pour les services de l'état. Les détaillants d'articles de pêche et les guides de pêche pas du tout en comparaison. Ces derniers, on les a totalement ignoré durant cette période. Alors qu'un guide justement, allait pouvoir expliquer à ses clients les problèmes rencontrés cet été, les informer sur les différences de thermie et les emmener sur les linéaires encore compatibles avec l'exercice de la pêche de la truite. Car il y en avait dans le Jura. Encore une fois, mauvaise pioche.
Pour la baignade c'est encore différent. Comment contrôler des centaines de kilomètres sur plusieurs rivières ? Impossible. Alors bien entendu la baignade a continué cet été. Au final, seule la pêche a été interdite réellement. C'est la réalité de terrain.
Mon avis est qu'il faut sortir de cet arrêté cadre. Conserver notre indépendance sans être tributaires des autres activités. Car avec un peu de recul et de vécu sur la rivière et non loin d'elle, est-ce que c'est vraiment nécessaire de se battre pour tout interdire ?
La seule activité réellement néfaste pour les milieux en période d'étiage sévère, c'est le canyoning. Après cet été, nous avons bien compris que cette activité était plus forte que nous. Cela rend les choses déjà bien plus compliquées. Comment faire accepter à des pêcheurs qu'ils ne peuvent pas aller pêcher des gorges d'affluents en été alors que le canyoning s'y pratique tous les jours ? Impossible pour moi.
Ensuite, il y a le canoë. Même si en tant que pêcheur j'ai les poils qui se dressent quand ils arrivent sur moi, il faut rester objectif. Cette activité ne nuit pas au milieu. De plus, un peu comme la pêche, quand les niveaux sont vraiment trop bas, ils ne peuvent plus en faire ou presque. Pour finir vient la baignade. De la même façon, certains excès me rendent fou comme l'utilisation de crème solaire, les déchets laissés sur place, ou bien les abus avec, pour les avoir vu, des cavaliers venant en nombre avec leur chevaux dans la rivière. Mais une fois encore, comment interdire les gens de se baigner avec ces chaleurs excessives ? J'ai reçu de nombreux appels ce mois d'août pour m'avertir que des personnes se baignaient les lots de notre AAPPMA. Qui je suis moi pour interdire la baignade alors que je me suis baigné dans cette rivière tous les étés de 7 à 20 ans ? À aucun moment je ne suis allé voir ces personnes où je les ai dénoncées. Encore une fois, il me semble que le dialogue, l’information et la pédagogie pour éviter les abus sont les solutions. On ne peut pas tout interdire tout le temps. Les rivières ont besoin de la présence des pêcheurs pour continuer à être témoin des abus comme le braconnage, les pollutions, les pompages illégaux. Ou bien encore pour gêner les oiseaux piscivores. Les canoës et les baigneurs aident aussi pour ces derniers. Avec le recul, il vaut mieux trop de présence que pas du tout pour les oiseaux, sincèrement.
Il y a aussi les dommages collatéraux. Pour moi, cette interdiction de pêche fait beaucoup plus de mal que de bien. Deux personnes du village sont venues aux renseignements cet été pour savoir s'il était possible d’emmener un gosse pêcher des vairons à la rivière. Je les ai informé de la situation. Arrêté préfectoral interdisant la pêche. Alors que l'été et les basses eaux sont faites pour ça, Une pêche de famille sécurisante avec un gamin. D'autres m'ont appelé pour savoir s'ils pouvaient faire leur bourriche d'écrevisses américaines sur un affluent bien connu de l'Ain. Ben non, arrêté préfectoral interdisant la pêche. Aucun passe droit avec ce texte. Moi qui passe mes étés à courir après les chevesnes et brochets sur nos lots tout en laissant bien tranquille les truites, pareil, interdit. Il est où le problème d'un gosse qui pêche des vairons et d'une pêche de chevesnes avec ces conditions ? Aucun. Mauvaise pioche une fois encore.
Sans parler du message global que l'on fait passer en interdisant la pêche. On admet finalement que notre loisir a un impact négatif sur le milieu lors de ces périodes estivales. En plus d'être totalement faux, il ne faudra pas se plaindre si nos détracteurs reprennent le bâton qu'on vient de leur offrir sur un plateau d'argent. Car finalement, s'il y a eu de grosses campagnes d'informations pour que l'on se méfie des associations anti-pêche, c'est les pêcheurs eux-mêmes qui ont fermé la pêche. Ils n'ont eu besoin de personne.
En aparté, il y a des choses aussi totalement loufoques. Le système de prise de carte sur le net cartedepeche.fr n'empêchait aucunement les touristes pêcheurs de prendre des cartes temporaires (journée ou hebdomadaire) sur les AAPPMA où la pêche était fermée. Donc un type, venant de Mayenne par exemple, prenant sa carte journalière car de passage dans le coin, se voyait alpaguer par un garde au bord de l'eau pour lui signifier que la pêche était interdite. Ou passait sa journée à la pêche dans l'ignorance totale. Nul n'est sensé ignorer la loi me direz-vous. Je vous raconte donc l'histoire d'un client qui est venu prendre quelques mouches à la maison en début de semaine. Cet homme a appelé deux fois la fédération courant août pour préparer son séjour de deux semaines dans le Jura en région de Champagnole. On lui a donné de nombreuses informations mais c'est moi qui lui ai appris l'interdiction de pêche sur les principales rivières du département. Autant vous dire qu'il était sur les fesses. La base serait quand même de mettre un message automatique avant validation de la carte temporaire sur le système cartedepeche.fr. Là, on a continué à vendre des cartes à des personnes qui n'avaient pas le droit de pêche. C'est très limite me semble t-il.
Toujours dans mes incompréhensions, cette réouverture à 10 jours de la fermeture avec, il faut le noter, un niveau plus bas que lors de la fermeture. D'un point de vue personnel, j'en suis très heureux. Je ne souhaitais pas de fermeture. Donc merci. Mais, oui, il y a un mais. J'ai quand même une pensée pour ces personnes qui étaient pour la fermeture en ayant à l'idée qu'ils protégeaient les truites. Un bénévole d'une autre AAPPMA m'a même dit qu'on avait évité un massacre. Que l'on oublie pas que cette ouverture de 10 jours jusqu'au 20 septembre se fait avec la réglementation actuelle, soit le droit de conserver 2 truites par jour et par pêcheurs. Des poissons qui n'ont pas été pêchés depuis juillet. Des truites qui sur les linéaires avals sont terriblement affaiblies. Sans oublier que cette soit disant protection sera vite oubliée en mars 2027 quand tout ce petit monde fera son panier de truites. Bref, j'ai bien une petite idée d'où se situe réellement le massacre.
Chacun a sa façon de protéger les truites.

En conclusion et si jamais la fédération de pêche du Jura ainsi que les services de l'état insistent dans cette direction, j'espère sincèrement qu'à minima, la pêche ne sera plus jamais fermée. Il y a la possibilité du moins pire en laissant les pêcheurs pratiquer du bord. Nous sommes les seuls à nous soucier du bien-être de nos rivières, ne nous mettez pas de côté. Merci.
















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