Voilà un peu plus de deux mois et demi que la saison truite a débuté. L'occasion pour moi de faire le point. Côté pêche, il y a eu deux périodes bien distinctes. De l'ouverture jusqu'au 18-19 avril, pas grand chose à signaler ou presque. J'ai aligné les capots avec des week-end complets sans rien prendre. Des conditions compliquées avec une eau gelée. Constamment inférieure à 10 degrés. Les jours de pluie, avec des conditions que je pensais idéales, j'ai attendu les éclosions. Je les attends encore. Quelques poissons pris à vue malgré tout mais il a fallu passer un temps infini au bord de l'eau.
Une période où la couche brunâtre habituelle s'est fait remarquer par son épaisseur. Des fonds noirs à faire mal au ventre. C'était terrible. Puis à partir du 20 avril, la rivière s'est réveillée. La fin du mois d'avril a vu s'installer une période sèche avec des eaux basses. Les fonds bien que plus propres n'ont jamais réellement perdu la couche brune ultra glissante. Je ne suis jamais tombé sur une belle éclosion jusqu'à aujourd'hui malgré un temps de pêche important. Je n'ai jamais pris si peu de truites en sèche. Il a donc fallu pêcher sous l'eau. Sur les parcours plus amonts, il y a eu de belles choses à faire malgré tout en sèche. La rivière parait bien différente avec quelques kilomètres d'écart.
Je n'ai pas fait de miracle sous l'eau non plus en sachant que les densités sont ce qu'elles sont. Comme depuis quelques années, il faut passer beaucoup de temps pour quelques truites. Mais le plaisir de ferrer une truite sauvage à distance avec l'incertitude que la truite a pris ma nymphe reste immense. Chaque poisson est un cadeau que me fait la rivière. J'en suis pleinement conscient. C'est encore plus vrai après toutes ces années à leur courir après.
D'un point de vue technique, en début de saison, je préféré un bas de ligne pas trop long. Je reste ainsi précis durant les jours de bise que nous avons maintenant tous les ans. Je suis en 0.165mm en pointe depuis l'ouverture. Encore aujourd'hui. Mais je sens qu'il va falloir baisser un peu dans les semaines à venir. 90% des poissons capturés avec une cuivre. Comme depuis 35 ans. Principalement en taille 10,12 et 14 jusqu'à peu. Plutôt en 16 dernièrement. Sur le dernier week-end, la nymphe de tricho cul-vert était plus efficace que la cuivre.
Quelques rencontres de ce début de saison.

Si la première moitié du mois de mai a vu tomber près de 130mm de pluie dans ma région, il a fait sec et très chaud la deuxième moitié. C'est là que le rappel à l'ordre revient très vite en pleine face. Après 130mm, il suffit chez nous de dix jours sans pluie, avec une période de 7 jours proches des 30 degrés en extérieur pour tout flinguer. Que 7 petits jours ! À la fin de cette période de chaleurs extrêmes, j'ai mesuré la rivière de 17 à 18 degrés selon les secteurs. Alors qu'elle était encore à 9 degrés 2 semaines avant ! C'est complètement dingue. Le fond s'est tapissé en 3 ou 4 jours de mousses verte très épaisse. J'ai commencé à croiser des poissons mal en point ou morts. 7 petits jours de chaud, rien que ça. Voilà à quoi tient cette limite entre vie ou mort.
Les 30mm tombés en ce début juin chez moi dont encore quelques millimètres cette nuit ont bien des maux à faire bouger le niveau de nos rivières. J'espère voir les courbes monter un peu dans la journée mais dans tous les cas cela ne va pas aller bien haut. Il est évident que la période anxiogène arrive à grands pas. Les journées les plus longues nous attendent et les mois d'été sont à nos portes. Si une période de fortes chaleurs de seulement 7 jours a eu de telles conséquences, j'imagine la prochaine...Un peu plus longue, un peu plus intense. Il ne faut pas dire "aïe" avant d'avoir mal, mais pour moi, qui aime cette rivière plus que tout, je ne peux pas m'empêcher d'y penser.
Truites croisées fin mai mortes ou en train de mourir.

Dans les nouvelles qui font grincer des dents, il y a aussi une vraie évolution. Si du côté des pollutions et du réchauffement de l'eau nous restons constants dans la médiocrité, du côté des oiseaux piscivores, nous avons de plus en plus de sédentaires. Il y a encore très récemment, je ne voyais pas de harles nicheurs ou bien encore de cormorans pêcher à la rivière au mois de mai. Non, jamais. Aujourd'hui, oui. Les harles nichent chez nous, les cormorans sont présents sur site toute l'année.
À se demander comment il peut rester un ou deux poissons dans la rivière sérieusement.
Il reste à croiser les doigts pour la douzaine de semaines à venir...




















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