Il fallait être plutôt motivé samedi en partant dans la nuit pour rejoindre la rivière. Des flocons de neige tombaient avec une densité peu commune. À cela il fallait ajouter des trombes d'eau tombées dans la nuit avec un vent dont les rafales ont dépassé les 80 km/h. La neige nous a dissuadé de descendre jusqu'au parking avec les voitures. Tout le monde à pied ce samedi matin ! Avec la pluie de la nuit, la rivière était en train de monter et de se teinter à notre arrivée. Vraiment pas engageant. Surtout en pensant à la météo de la veille !
Thibaut a tenté sa chance aux leurres.
Côté pêche, même les copains et mon fils aux leurres ont fait capot. Nous avons croisé aussi des jeunes pêcheurs , 4 de souvenir. Ils avaient fait un poisson en tout et pour tout. Bref, ouverture des plus timides sur nos lots. Pour moi, avec ma canne à mouche, c'était perdu d'avance. J'ai eu de la visibilité au ras de la bordure durant 20 grosses minutes. Après la rivière était trop sale. Dans ce cas-là, direction le feu !
Bien heureusement, il y a des choses qui ne changent pas. La bonne humeur des copains pour le casse-croûte de l'ouverture reste au plus haut niveau. C'est chaque année un moment que l'on attend tous avec impatience. On s'est régalés une fois encore. Et malgré les conditions, nous étions quand même une vingtaine. Une vraie belle matinée passée tous ensemble.
Les copains !
Si je retourne habituellement tenter ma chance un coup dans l'après-midi, cette année, j'ai rendu les armes. La rivière était trop montée et de plus, elle était beaucoup trop sale. Bref, un samedi sans pêcher pour moi.
Ce dimanche, un coup d’œil sur les courbes. L'Ain et la Saine ont perdu un peu. Je me tâte puis me prépare pour le coup de midi. Le ciel est plutôt clair. La rivière a effectivement baissé un peu. Les bordures se sont éclaircies jusqu'à une limite d'un bon mètre. Très compliqué encore pour la nymphe à vue. Il est évident que la rivière charrie de l'eau de neige. Compliqué. Je me suis mis en recherche d'un poisson. Je connais bien ces conditions. Une seule rencontre suffit. La connaissance du terrain et l'expérience sont de vrais atouts. Je vous avoue que c'est dans cette difficulté que je prends un maximum de plaisir. Prendre 3 ou 4 belles truites mi-mai quand tout est actif et que tout le monde en prend, c'est génial, mais prendre un poisson dans des conditions qui ont poussé la majorité des pêcheurs à quitter les lieux, ça, oui, c'est mon plaisir.
J'ai débuté ma traque vers midi pour arriver vers 15h15 sans avoir rien vu. Ni poisson, ni rien du tout mise à part deux harles qui tentaient leur chance eux aussi. Satanés volatiles.
Alors que j'allais abandonner moi aussi, il m'a semblé voir une barre d'un teint plus sombre que le fond dans une veine d'eau courante mais peu profonde. J'ai bien mis 5 minutes pour avoir la certitude que c'était un poisson. La voilà ma truite ! Le plus dur était fait. Y croire en cherchant l'impossible. La visibilité était vraiment médiocre mais j'ai bien vu le mouvement de cette tête au passage de ma cuivre. Un ferrage appuyé avec une pointe de gros diamètre. Un combat court et intense. Mais surtout un petit cri de joie pour la première de l'année ! Elle était pas donnée celle-ci ! Surtout avec ce niveau, cette eau laiteuse et cette bise glaciale. Cela donne encore plus de valeur à ce poisson. 40 ans que je pêche, et ce poisson, j'avais l'impression que c'était le premier ! Cette merveilleuse truite sauvage m'a procuré une immense joie !
La saison est lancée. Profitez bien et prenez soin de ces joyaux !



















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