Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
Centre de pêche en Bosnie.

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vendredi 11 septembre 2026

Que penser de cette fermeture temporaire de la pêche dans le Jura ?

Depuis le 09-09-2026, la pêche dans le Jura est de nouveau autorisée sur la rivière d'Ain, la Bienne et tous leurs affluents. L'arrêté préfectoral lié à l'interdiction des diverses activités aquatiques a été levé. Il reste donc une grosse semaine pour en profiter canne en main.

La pêche a été fermée presque 6 semaines sur le bassin de l'Ain et presque 9 semaines sur celui de la Bienne. Sur cette dernière, c'est quasiment un tiers de la saison complète qui a été fermé à la pêche. Tout sauf une paille. Il y aura forcément des conséquences.

À l'évidence, à travers la fermeture de la pêche, c'est avant tout l'équité entre les diverses activités aquatiques qui était visée. En résumé, si l'on veut interdire la navigation, le canyoning ou bien encore la baignade, il faut interdire la pêche. Si l'action de départ est louable bien que discutable (j'y reviendrais), il convient d'analyser ce qu'il s'est réellement passé sur le terrain.

La pêche a été interdite partout sur la Bienne et l'Ain comme sur les affluents sauf de Pont-Du-Navoy à Marigny (uniquement du bord). La raison est toute simple. Une mise à l'eau de canoës à Pont-Du Navoy (comment interdire complètement la pêche si on laisse les canoës naviguer ?) . Eux, ont eu une dérogation pour continuer leur activité et 9h à 17h. Pêche interdite sur les secteurs amont où l'eau possédait une thermie conforme à la pêche de la truite, mais autorisée sur un secteur aval en surchauffe. La logique ? Aucune. Tout comme le canyoning qui a continué tout l'été dans un affluent de l'Ain comme de la Bienne. Là aussi, autre dérogation.

Le canoë et le canyoning sont visiblement des activités économiques qui comptent pour les services de l'état. Les détaillants d'articles de pêche et les guides de pêche pas du tout en comparaison. Ces derniers, on les a totalement ignoré durant cette période. Alors qu'un guide justement, allait pouvoir expliquer à ses clients les problèmes rencontrés cet été, les informer sur les différences de thermie et les emmener sur les linéaires encore compatibles avec l'exercice de la pêche de la truite. Car il y en avait dans le Jura. Encore une fois, mauvaise pioche.

Pour la baignade c'est encore différent. Comment contrôler des centaines de kilomètres sur plusieurs rivières ? Impossible. Alors bien entendu la baignade a continué cet été. Au final, seule la pêche a été interdite réellement. C'est la réalité de terrain.

Mon avis est qu'il faut sortir de cet arrêté cadre. Conserver notre indépendance sans être tributaires des autres activités. Car avec un peu de recul et de vécu sur la rivière et non loin d'elle, est-ce que c'est vraiment nécessaire de se battre pour tout interdire ?

La seule activité réellement néfaste pour les milieux en période d'étiage sévère, c'est le canyoning. Après cet été, nous avons bien compris que cette activité était plus forte que nous. Cela rend les choses déjà bien plus compliquées. Comment faire accepter à des pêcheurs qu'ils ne peuvent pas aller pêcher des gorges d'affluents en été alors que le canyoning s'y pratique tous les jours ? Impossible pour moi.

Ensuite, il y a le canoë. Même si en tant que pêcheur j'ai les poils qui se dressent quand ils arrivent sur moi, il faut rester objectif. Cette activité ne nuit pas au milieu. De plus, un peu comme la pêche, quand les niveaux sont vraiment trop bas, ils ne peuvent plus en faire ou presque. Pour finir vient la baignade. De la même façon, certains excès me rendent fou comme l'utilisation de crème solaire, les déchets laissés sur place, ou bien les abus avec, pour les avoir vu, des cavaliers venant en nombre avec leur chevaux dans la rivière. Mais une fois encore, comment interdire les gens de se baigner avec ces chaleurs excessives ? J'ai reçu de nombreux appels ce mois d'août pour m'avertir que des personnes se baignaient les lots de notre AAPPMA. Qui je suis moi pour interdire la baignade alors que je me suis baigné dans cette rivière tous les étés de 7 à 20 ans ? À aucun moment je ne suis allé voir ces personnes où je les ai dénoncées. Encore une fois, il me semble que le dialogue, l’information et la pédagogie pour éviter les abus sont les solutions. On ne peut pas tout interdire tout le temps. Les rivières ont besoin de la présence des pêcheurs pour continuer à être témoin des abus comme le braconnage, les pollutions, les pompages illégaux. Ou bien encore pour gêner les oiseaux piscivores. Les canoës et les baigneurs aident aussi pour ces derniers. Avec le recul, il vaut mieux trop de présence que pas du tout pour les oiseaux, sincèrement.

Il y a aussi les dommages collatéraux. Pour moi, cette interdiction de pêche fait beaucoup plus de mal que de bien. Deux personnes du village sont venues aux renseignements cet été pour savoir s'il était possible d’emmener un gosse pêcher des vairons à la rivière. Je les ai informé de la situation. Arrêté préfectoral interdisant la pêche. Alors que l'été et les basses eaux sont faites pour ça, Une pêche de famille sécurisante avec un gamin. D'autres m'ont appelé pour savoir s'ils pouvaient faire leur bourriche d'écrevisses américaines sur un affluent bien connu de l'Ain. Ben non, arrêté préfectoral interdisant la pêche. Aucun passe droit avec ce texte. Moi qui passe mes étés à courir après les chevesnes et brochets sur nos lots tout en laissant bien tranquille les truites, pareil, interdit. Il est où le problème d'un gosse qui pêche des vairons et d'une pêche de chevesnes avec ces conditions ? Aucun. Mauvaise pioche une fois encore.

Sans parler du message global que l'on fait passer en interdisant la pêche. On admet finalement que notre loisir a un impact négatif sur le milieu lors de ces périodes estivales. En plus d'être totalement faux, il ne faudra pas se plaindre si nos détracteurs reprennent le bâton qu'on vient de leur offrir sur un plateau d'argent. Car finalement, s'il y a eu de grosses campagnes d'informations pour que l'on se méfie des associations anti-pêche, c'est les pêcheurs eux-mêmes qui ont fermé la pêche. Ils n'ont eu besoin de personne.

En aparté, il y a des choses aussi totalement loufoques. Le système de prise de carte sur le net cartedepeche.fr n'empêchait aucunement les touristes pêcheurs de prendre des cartes temporaires (journée ou hebdomadaire) sur les AAPPMA où la pêche était fermée. Donc un type, venant de Mayenne par exemple, prenant sa carte journalière car de passage dans le coin, se voyait alpaguer par un garde au bord de l'eau pour lui signifier que la pêche était interdite. Ou passait sa journée à la pêche dans l'ignorance totale. Nul n'est sensé ignorer la loi me direz-vous. Je vous raconte donc l'histoire d'un client qui est venu prendre quelques mouches à la maison en début de semaine. Cet homme a appelé deux fois la fédération courant août pour préparer son séjour de deux semaines dans le Jura en région de Champagnole. On lui a donné de nombreuses informations mais c'est moi qui lui ai appris l'interdiction de pêche sur les principales rivières du département. Autant vous dire qu'il était sur les fesses. La base serait quand même de mettre un message automatique avant validation de la carte temporaire sur le système cartedepeche.fr. Là, on a continué à vendre des cartes à des personnes qui n'avaient pas le droit de pêche. C'est très limite me semble t-il.

Toujours dans mes incompréhensions, cette réouverture à 10 jours de la fermeture avec, il faut le noter, un niveau plus bas que lors de la fermeture. D'un point de vue personnel, j'en suis très heureux. Je ne souhaitais pas de fermeture. Donc merci. Mais, oui, il y a un mais. J'ai quand même une pensée pour ces personnes qui étaient pour la fermeture en ayant à l'idée qu'ils protégeaient les truites. Un bénévole d'une autre AAPPMA m'a même dit qu'on avait évité un massacre. Que l'on oublie pas que cette ouverture de 10 jours jusqu'au 20 septembre se fait avec la réglementation actuelle, soit le droit de conserver 2 truites par jour et par pêcheurs. Des poissons qui n'ont pas été pêchés depuis juillet. Des truites qui sur les linéaires avals sont terriblement affaiblies. Sans oublier que cette soit disant protection sera vite oubliée en mars 2027 quand tout ce petit monde fera son panier de truites. Bref, j'ai bien une petite idée d'où se situe réellement le massacre.

Chacun a sa façon de protéger les truites.

En conclusion et si jamais la fédération de pêche du Jura ainsi que les services de l'état insistent dans cette direction, j'espère sincèrement qu'à minima, la pêche ne sera plus jamais fermée. Il y a la possibilité du moins pire en laissant les pêcheurs pratiquer du bord. Nous sommes les seuls à nous soucier du bien-être de nos rivières, ne nous mettez pas de côté. Merci.

dimanche 6 septembre 2026

La situation devient critique !

800 litres/seconde, voilà le débit actuel de la rivière d'Ain. Jamais de l'été 2026 son débit n'aura été aussi faible. Elle a longtemps lutté au-dessus du mètre cube mais ces derniers jours, elle s'est effondrée. C'est un filet d'eau. Dans les parties lentes en amont d'ouvrages, cela n'est pas trop visible, mais sur les parties courantes, la rivière se traverse en bottes de partout. Terrible.

Les truites souffrent toujours. C'est surtout vrai sur les parties avals. Les poissons ne sont pas actifs et restent sur les froidières. Nous avons observé une hausse sensible de la mortalité cette dernière semaine avec les copains. Des poissons souvent trouvés amaigris, noirs, aveugles. La situation devient critique et le changement de temps annoncé milieu de semaine prochaine sera bien entendu bénéfique. Mais c'est surtout de l'eau en abondance qu'il faut. Vraiment. Sur des journées entières. Bientôt 3 mois complets que le rivière d'Ain est à l'étiage !

La survie (en haut) et la mort (en bas).

La haute rivière d'Ain est à l'étiage depuis mi-juin. Bientôt 3 mois. Terrible.

mercredi 2 septembre 2026

Déjà 15 ans !

En septembre 2011, je me lançais en tant qu'auto-entrepreneur comme monteur de mouches artificielles et de bas de ligne mouche. Ma seule ambition à cette époque était de palier financièrement au changement horaire de ma chérie. Rien de plus.

C'est toujours dans cet esprit que j'ai voulu proposer une collection très restreinte de mouches et de nymphes. Uniquement des modèles que j'utilisais sans aller plus loin si ce n'est que j'ai souhaité donner toutes les fiches de montage détaillées des imitations que je mettais en vente. Il me semble que cela a été très apprécié. Tant mieux. Bien entendu, j'ai également proposé mes bas de ligne qui faisaient déjà à l'époque, beaucoup parler d'eux. Le phénomène ne faiblit pas, bien au contraire.

15 ans plus tard, je suis toujours en place. Toujours avec les même modèles. Toujours dans la simplicité car c'est ce qui caractérise en autres cette pêche qui me passionne tant, la nymphe à vue. C'est sincèrement un plaisir d'être à votre écoute que cela soit à travers les différents modes de communication internet, par téléphone, plus récemment sur les salons ou encore à mon domicile où vous êtes nombreux à prendre rendez-vous. Lors de nos échanges, je peux vous conseiller au mieux sur cette technique que je pratique depuis tout gosse. Une référence d'hameçon plus adaptée, une longueur de bas de ligne particulière, les nuances entre lestages et j'en passe. En faisant appel à me services, vous ne vous adressez pas uniquement à un monteur de mouches pro avec 15 ans de métier, mais avant tout à un pêcheur passionné possédant 40 années d'expérience sur les rivières de Franche-Comté.

Merci à tous les professionnels qui me font confiance. Merci à tous les particuliers qui continuent depuis toutes ces années à utiliser mes références avec succès. Grace à vous tous, les gammares JFD, les cuivres, les bas de ligne rouge et toutes mes autres références ont pris des poissons partout dans le monde. C'est vraiment chouette.

Continuez à me faire rêver en m'envoyant les photos de vos captures suite à vos virées. Votre satisfaction est une grande motivation pour continuer. Car travailler seul des heures durant devant un étau, c'est tout sauf un rêve ! Encore une fois, merci à tous !

dimanche 30 août 2026

Tournage Seasons avec Thomas

J'ai réalisé hier un tournage avec le talentueux Thomas Bounoure pour un futur film qui sera diffusé sur la chaîne Seasons. Ce film où apparaîtront aussi Marc Delacoste et mon ami Nicolas Mandic (président fédération de l'Ain) aura pour thème la problématique cormoran. Thomas, le réalisateur, donnera également la parole à un représentant LPO afin d'avoir toutes les visions possibles et les éventuelles solutions.

Le titre du film est "Cormoran, l'envahisseur qui dérange." - À voir sur Seasons, chaîne du groupe Canal+, courant 2027.

mercredi 26 août 2026

Il en faudra bien plus !

Sur ma région de Champagnole, en plein cœur du Jura, l'eau est de nouveau tombée du ciel. Pas en grande quantité, mais elle s'est faite si rare depuis mi-juin, que l'on prend chaque goutte ! Depuis le 17 août, c'est 42mm qui sont venus apporter un minimum de répit à nos rivières. Malgré cet apport d'eau, le niveau de l'Ain n'a guère bougé. La Saine un peu plus avec un débit maximum à 2mètres cube/seconde pendant une paire d'heures.

De toutes évidences, il va en falloir beaucoup plus pour que cela se traduise par un vrai coup d'eau. Les prochaines précipitations sont annoncées pour ce vendredi. Situation à suivre donc.

Malgré un été catastrophique, la rivière d'Ain, à ma très grande surprise, s'en tire pas si mal. J'en veux pour preuve son débit. Nous sommes plusieurs à avoir eu un ressenti visuel identique. Avec quelques amis, il nous semblait l'avoir vu bien plus basse. En 2026, pour les valeurs minimum, la rivière d'Ain est restée proche du mètre cube/seconde en débit. C'est extrêmement faible bien entendu, mais loin des 460 litres/secondes d'août 2022, des 648 litres/seconde d'août 2003 ou encore des 819 litres/seconde d'août 2018.

Année 2022

D'ailleurs, lors de ce mois d'août 2022, la rivière d'Ain était restée stable autour des 500 litres/seconde durant une longue période. Donc, si je reste uniquement sur les chiffres, nous avons eu le double de débit en 2026 par rapport à 2022. Impression visuelle finalement validée.

Pour les truites, il y a eu, sur les parcours avals, des mortalités durant le mois de juillet principalement. Même si avec les copains nous trouvons encore ces derniers jours quelques poissons morts ici ou là. Rien de plus normal quand la rivière est à 22 degrés sur une longue période comme cet été. Les individus les plus faibles sont restés sur le carreau malheureusement. Les plus forts sont allés stationner sur les froidières. Ils y sont encore malgré une baisse lente de la température de l'eau.

Pas simple selon les linéaires.

Sur les parcours amont, pour avoir fait quelques sorties sans canne puisque pêche fermée oblige, les truites se comportent bien mieux. La thermie est bien plus basse et si le niveau d'eau est forcément très faible, j'ai pu voir des poissons qui se nourrissaient en pleine eau sans être obligés de rester sur une froidière. J'ai pu observer des truites de toutes tailles avec des comportements normaux. La thermie est un facteur hyper important pour l'activité pêche estivale et pourtant si peu pris en compte dans les discussions (elle n'est pas mentionnée dans l'arrêté préfectoral par exemple). Il suffit pourtant de passer un peu de temps au bord de l'eau pour s'en rendre compte.

En conclusion, et sincèrement, je n'en reviens pas de dire cela, mais il me semble que l'on ne s'en tire pas si mal vis à vis de la météo depuis mi-juin. Un été qui me redonne de l'espoir finalement. Ces truites vont nous survivre même si les populations baissent lentement mais sûrement. Elles sont incroyablement résistantes. À confirmer lors des visites sur frayères en fin d'automne.

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