Nicolas39 - Pêche à la mouche

La pêche à la mouche sur le blog de Nicolas Germain, un Jurassien amoureux de sa rivière, la Haute Rivière d'Ain.
Le poisson Voyageur, le rêve de pêche à votre mesure !

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Mot-clé - Haute rivière d Ain

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mercredi 24 mars 2021

La fonte a débuté.

Après les jours de bise, voici les jours de fonte ! Sale temps pour l'activité des poissons. L'eau est glaciale !  Si vous êtes assidus des courbes de niveaux, vous avez pu vous rendre compte que les jauges se sont affolées hier soir alors qu'il n'est pas tombé une seule goutte d'eau. C'est tout simplement le manteau neigeux qui commence à fondre avec la hausse des températures en journée.

L'effet devrait être plus fort aujourd'hui puisqu'il va faire encore plus chaud cet après-midi. Sur les graphiques ci-dessous, on voit nettement à quel moment le niveau de la rivière monte suite aux nombreux ruissellements des bassins versants. Oui, les deux bassins versants. Souvent, dans cette situation, il n'y a que la Saine (et a fortiori la Lemme) qui provoque ces montées. Là, il y a de la neige partout et même la rivière d'Ain s'y met.

Je pense néanmoins que cela va durer plus longtemps via la Saine que la rivière d'Ain. Je ne connais pas exactement les hauteurs de neige dans le Haut-Jura, mais on en a sans doute pour plusieurs jours. Bien entendu, cela va avoir une incidence sur l'activité des truites. Ce ne sera pas impossible d'en prendre, mais cela va bien compliquer les choses. De plus, selon votre localisation sur la rivière au moment du pic de fonte, vous trouverez une eau plus ou moins teintée.

Bonne ou mauvaise nouvelle ? Je dirais bonne car la période météo est sèche. Du coup, cela maintient la rivière à un niveau correct. Mais j'ai envie de dire aussi mauvaise si cette neige fondue amène avec elle certains poisons bien connus.

Dans tous les cas, c'est un "cygne" qui ne trompe pas sur la faible activité des truites dans les prochains jours !

mercredi 17 mars 2021

Une ouverture aux multiples facettes.

C’est une rivière d'Ain avec un niveau très bas qui nous attendait en ce samedi d’ouverture. Un niveau qui laissait présager une faible activité avec des résultats de captures médiocres. C’est ce que je pensais en tous les cas. Ce fut tout le contraire. À ma grande surprise, les truites, notamment les deux premières heures de la journée, étaient toutes dehors. S’il y a bien un matin où elles devraient être rangées, c’est bien le jour de l’ouverture. Ces "idiotes" en ont décidé autrement. Pas d’incidence sur notre linéaire puisque les poissons capturés retrouvent leur élément. Je ne vous fais pas de dessin pour les autres parcours car la forte activité matinale s'est faite sentir sur toute la rivière d'après mes échos. De nombreux amis ont été les tristes témoins de prélèvements que l'on peut qualifier de non raisonnés.

Il faut croire que la majorité des pêcheurs pensent que les populations sont encore assez conséquences pour mettre 2 ou même 3 truites d'environ 50 centimètres dans le panier en une matinée. C'est flippant ! Si je devais faire un parallèle en matière de chasse par exemple, c’est comme si un chasseur voyant passer une harde de sangliers tirait et tuait les 3 plus belles laies de la compagnie. C’est juste inconcevable dans le monde cynégétique et contraire à 99% des consignes. À la pêche, ça ne choque personne, bien au contraire. Le nombre de gros géniteurs partis samedi et dimanche est vraiment conséquent cette année. C’est d’une tristesse qui plus est quand on sait que c'est justement ces poissons là qui souffrent le plus des mauvaises conditions estivales. En effet, lorsque les températures montent, les beaux poissons sont les premiers à succomber. Alors voir partir de cette façon ces belles truites alors qu'elles ont réussi à passer tant bien que mal la sécheresse de l'an dernier, ça me fait mal au ventre. Malheureusement, et c'est sans doute ça le plus révoltant à mon sens, c'est que ces pêcheurs n'ont rien fait d'illégal. On peut encore aujourd'hui, sur la rivière d'Ain et ce sur de nombreux linéaires, prélever 3 poissons par jour et par pêcheur. 

Oui, il y a eu une activité incroyable samedi matin. Ne pensez surtout pas d'ailleurs que vous êtes devenu un champion du monde de la pêche durant l’hiver si vous avez fait une belle pêche ce jour-là. Non, c’est bien la faute des truites qui n’ont décidément pas choisi leur jour pour être mordeuses comme jamais. Si j’avais dû parier, j’aurais perdu gros. À aucun moment je n’aurais imaginé cela. Même de mon côté, j’ai eu la chance de toucher du poisson en nymphe à vue…Un jour d’ouverture avec le monde qui passe sur les berges, inespéré. Thibaut s’est bien débrouillé lui aussi avec notamment une mésaventure peu ordinaire le dimanche puisqu’à la touche, il s’est fait casser son leurre dur derrière la tête !

La première de l'année...Avec une cuivre, pour changer !

Du côté des nouvelles peu réjouissantes, l’évolution de la rivière est beaucoup plus rapide que ce que je l’avais imaginé également. Nous avons été très étonnés avec les copains de voir le fond de la rivière déjà tout colmaté et bien noirci. Les belles gravières blanches d’il y a quelques jours ont totalement disparu. Elles ont laissé place à un tapis d’algues brunes à l’aspect des plus douteux. C’est répétitif et toujours aussi destructeur. Les origines sont connues, les actions de nos politiques sont totalement absentes. Il faut, de toutes évidences, que les truites comptent uniquement sur elles et leur pouvoir d’adaptation, nous ne viendrons pas à leur secours. J'ai d'ailleurs eu des nouvelles en images de copains sur la Loue et la Bienne assez glauques.

Il faut l'avoir vu pour le croire, une évolution ultra rapide ! Plus un galet de visible !

Trois poissons morts vus samedi dont ce bel ombre.

Des images datant de dimanche sur la Loue. J'en ai reçu d'identiques hier de la Bienne.

Pour terminer sur une note plus positive car cela devient un besoin vital, quel plaisir de retrouver les amis autour du feu. Après un an de pandémie, cette matinée a été ô combien appréciée de tous. Bien entendu, cela était compliqué de respecter dans les règles de l'art les distanciations à la lettre. Nous avons fait de notre mieux. Nous étions en plein air et nous avions surtout une immense envie de casser la croûte ensemble. Un merveilleux moment que l’on a apprécié encore plus que toutes les autres années. Je retiendrais d'ailleurs cette phrase de mon ami Fred lors du retour à la voiture : "j'ai passé une super matinée, j'étais avec des gens ! "

Comme on dit chez nous, on aura bien vécu !

Heureux !

lundi 1 février 2021

Vidéo : Crue de la rivière d'Ain

En fin de semaine dernière nous avons en plus des précipitations conséquentes, une fonte rapide du manteau neigeux sur les bassins versants. Cela a provoqué une crue assez exceptionnelle. La rivière d'Ain tout comme la Saine, son principal affluent, ont tout deux dépassé le seuil de la crue quinquennale. Une crue à l'image de celle de 2018. J'ai réalisé quelques images vendredi matin lors du pic de crue.

Bon visionnage.

mercredi 20 janvier 2021

Evolution de la taille moyenne.

Y’a plus rien ! En voilà une phrase que l’on peut entendre au bord de l’eau. Pour ma part, je l’ai entendu bien des fois par chez moi. Que cela soit sur les berges de la haute rivière d’Ain ou sur une autre rivière de mon département. C’est éloigné de la vérité malgré tout même si on s'en rapproche de jour en jour. Il y a une explication à la naissance de ce sentiment chez bien des pêcheurs.

Pour posséder un vécu de plus de 35 ans sur cette rivière, je peux donc avancer que j’ai été le témoin de cette évolution sur la rivière d'Ain en y étant très attentif. D’ailleurs, au moment où j’ai débuté, j’ai croisé des anciens qui me disaient déjà qu’il n’y avait plus rien. Mais de cela j’en ai parlé dans un précédent article.

Magnifique poisson sauvage au gobage.

Lorsque j’ai commencé à pêcher au milieu des années 80, il y avait encore une population de truites et d’ombres extraordinaire. Si les effectifs ont évolué en nombre dans le mauvais sens comme vous le savez, ils ont aussi évolué en taille. De cela, on en parle beaucoup moins. Je m’explique. À l’époque, alors que l’on prenait de nombreuses truites et même encore des ombres, la taille moyenne de ces poissons était assez modeste. J’ai même le souvenir que la barre des quarante-cinq centimètres était un marqueur important. C’est à partir cette taille qu’on parlait de grosse truite. Ce n’est pas une question de savoir-faire ou de technique, c’était le cas pour nombre de pêcheurs. Pour en reparler régulièrement avec eux, on se fait toujours cette même réflexion. Pour voir un gros poisson sur les linéaires que je parcours encore aujourd’hui, il fallait vraiment se focaliser dessus. Le rechercher spécifiquement. Et puis souvent, c’était vraiment un très gros. Il n'y avait cette présence de poissons intermédiaires. En tous les cas pas avec une densité que l'on a pu connaitre dans les années 2010-2015. Depuis, les effectifs chutent d'année en année pour les raisons que l'on connait.

Truite sauvage en poste.

Pour résumer ma pensée, il y a 30 ans, je voyais peu de truites de cinquante centimètres. Il y avait par contre une quantité incroyable de poissons entre vingt et quarante centimètres, mais plus haut, cela devenait rare. On en prenait, mais vraiment très peu. À côté de cela, tous les ans, je voyais plusieurs poissons de plus de soixante-dix centimètres. Il y avait le tout venant et les vraiment grosses. Aujourd'hui, sur ces mêmes parcours, il y a très peu de juvéniles, les poissons d'un ou deux kilos sont les plus répandus et les très très grosses ont quasiment disparues. Ces immenses poissons qui tous les ans me foutaient une trouille en faisant barrer les ombres qui étaient devant moi !

La beauté du poisson sauvage.

La taille moyenne des truites a vraiment évolué de façon considérable sur les trente dernières années. Sans parler de pêche, ces observations sont identiques sur les frayères. C'est flagrant pour celui qui les observe depuis longtemps sur les mêmes linéaires. Cela n'a rien à voir avec une gestion halieutique type parcours no-kill puisque les mêmes observations se font sur les autres linéaires où les prélèvements sont autorisés. J’ai par exemple fait ces dix dernières années des saisons avec plusieurs dizaines de truites à plus de cinquante centimètres alors qu’à l’époque, je devais en prendre une ou deux par an en pêchant beaucoup plus. Pourtant, ado, je pratiquais un peu toutes les pêches dont le vairon manié ou bien encore la pêche à vue au lancer avec des larves de plécoptère et j'avais en plus un temps de pêche considérable. Ces techniques de pêche étaient redoutables et ciblaient justement les plus beaux poissons. Je prenais très régulièrement des quarante ou quarante-cinq mais plus rarement au-delà. Les copains, mon père ou même André Terrier avec qui je pêchais très souvent avaient les mêmes résultats. Pour prendre une très grosse il fallait y passer un temps fou. La repérer dans la masse et l'étudier pour être au bon endroit au bon moment.

Alevin de truite sauvage.

Cette augmentation de la taille moyenne des poissons n’est à l'évidence pas une bonne chose. C’est un signe comme bien d’autres que la rivière s'est dégradée petit à petit. Sauf que ce celui-là « arrange » une partie des pêcheurs, donc on en parle moins.

Quand je pense qu’il y a 35 ans (alors que 99.9% des pêcheurs conservaient toutes leurs prises), cela devait être des milliers de truites tous les ans qui étaient retirées de la rivière entre Marigny et Sirod. On ne voyait pas la différence à l’ouverture l’année d’après. Il y avait plus de truites en bas de la maison alors qu’on pouvait en garder huit par jour que maintenant alors qu'on est en no kill total. Aujourd'hui, les truites sont plus grosses, mais elles sont si peu nombreuses, si précieuses. Quel gâchis quand on y pense...Il va rester des linéaires où vivront quelques truites de deux kilos et plus ici et là. Des truites réservées à une élite tant elles deviendront difficiles à capturer (c'est déjà un peu le cas). Et entre deux poissons, des centaines de mètres de rivière vides de truite.   

Deux poissons sauvages sur frayère.

Dans ces conditions, il est compliqué d'y croire encore, de rester motivé et concentré sur les agressions qui provoquent cette disparition programmée du cheptel sauvage de nos rivières jurassiennes. Mais justement, et plus que jamais, nous devons impérativement rester les sentinelles actives et attentives au chevet de ces rivières. Au moins par respect pour ces derniers poissons merveilleux que sont les truites sauvages. 

mercredi 13 janvier 2021

Balades hivernales.

Si ma vingtaines de sorties automnales m'avaient mis sur la piste, mes observations hivernales me l'ont confirmé sans aucun doute possible. De souvenir, je n'ai jamais observé une chute aussi brutale des effectifs sur une année. Bien entendu, il reste quelques poissons ici et là, mais bien peu. Les plus gros sujets ont disparus. Pas vu sur les frayères en tous les cas. Là où je voyais l'an passé 25 poissons sur une place de frai, j'en ai vu 5 ou 6 cette année. Essentiellement des poissons entre 30 et 40 centimètres. Si ce frai là ne fonctionne pas avec le peu de reproducteurs vus, on sera très proche de la fin.

Une truite seule sur son nid entouré de galets bien noirs !

Voilà ce que je voyais encore l'an passé sur les mêmes zones de reproduction. Sur la photo ci-dessous, il y a une vingtaine de truites. Il y en avait d'autres hors cadre. Je n'ose mettre une image d'il y a une dizaines d'années...

Photo prise il y a plus d'un an. Hors nid, le fond était bien moins noir quand même.

La femelle a trouvé son mâle. Pas si simple cette année !

La rivière se vide encore plus vite que mes prévisions les plus pessimistes. Un peu comme le réchauffement qui bat records sur records au-delà des prévisions les plus sombres. Malgré ça, et sans trop savoir pourquoi, je me sens toujours aussi bien sur les berges de la rivière d'Ain. Je sais aujourd'hui que je foulerai ses berges avec ou sans poisson. Hiver comme été, au printemps ou bien encore à l'automne. Elle reste à mes yeux la plus belle.

La rivière d'Ain sous la neige.

Avec mon fils, nous nous sommes octroyés une petite fenêtre de deux jours pour amener de la variété lors de nos balades hivernales. Deux jours près de l'eau salée. Nous avons tenté de capturer des poissons dont nous ignorons tout. Une belle petite récréation en ces périodes plutôt moroses.

Le port de la Ciotat.

Pris à vue avec un bonbon blanc.

Lever du jour en bord de mer.

De retour sur nos terres natales, j'ai repris mes balades le long des cours d'eau jurassien. Si la rivière d'Ain reste ma préférée et de loin, j'aime aller à droite et à gauche pour voir ce qui s'y passe.

Un méandre d'une rivière de plaine.

Les différents coups d'eau de l'automne ont en partie décolmaté le fond de la rivière d'Ain. On peut voir sur la photo ci-dessous que c'est surtout le cas pour la veine centrale. Les autres zones restent bien sombres. La crue annoncée fin de semaine avec le cumul précipitations et fonte de manteau neigeux pourrait terminer ce nettoyage nécessaire.

La rivière d'Ain photographiée ce dimanche.

Il n'y a pas que des mauvaises nouvelles. Il faut s'accrocher à des petits détails ou une simple rencontre par exemple. J'en ai fait une plutôt inattendue ce dimanche. Alors que j'étais très loin du premier accès à la rivière, j'ai croisé sur mes berges favorites un jeune homme de 15 ans qui était là lui aussi pour observer. Il faisait un froid de canard. Nous avons discuter ensemble et partager nos observations du jour. Quel plaisir de voir un jeune homme motivé de la sorte. Cela m'a fait chaud au coeur.

Il en faut de la motivation. Car si la rivière se porte plutôt mal, c'est aussi le cas de la végétation en berge. Tous les épicéas sèchent les uns après les autres. C'est une catastrophe. Il va falloir couper ces arbres. Les berges vont ressembler à un champ de mines !

Ici sur une parcelle dont l'AAPPMA est propriétaire.

Comme si tout cela ne suffisait pas, j'ai vu un seul et unique poisson dimanche, jour de ma dernière sortie à cette date. Une truite d'environ 50 centimètres. Morte. C'est moralement difficile à supporter quand même. Croisons les doigts pour que je sois passé à côté de certaines choses, ce qui est aussi tout à fait possible.

Il me semble malgré tout que la pêche sur la rivière d'Ain va se résumer à Champagnole et son amont dorénavant. Les parcours avals seront peuplés de très rares poissons qui seront finalement réservés à une élite de la pêche tant ils seront traqués au vu de leur faible densité qui contraste avec celle des pêcheurs les recherchant spécifiquement.

Truite morte dans les branches.

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