Le barrage du Plain n'est plus
Par Nicolas39 le mercredi 23 septembre 2026, 05:53 - Gestion piscicole - Lien permanent
Il reste une bonne semaine pour profiter de la pêche sur le Doubs Franco-Suisse. Vous serez sans doute nombreux à vous y rendre ce week-end pour tenter les truites zébrées de la vallée. Ne soyez pas surpris, car le paysage a bien changé. Le barrage du Moulin du Plain n'est plus !
Les travaux de l'arasement du barrage situé devant le célèbre hôtel du Plain à Goumois ont été effectués début septembre. Le but avoué de la manœuvre est de faciliter le déplacement des poissons, le transit des sédiments et limiter le réchauffement de l’eau. Je ne vais pas m'étendre sur le sujet ne le maîtrisant pas totalement mais je souhaitais juste vous partager quelques photos de Nicolas, pêcheur amoureux du Doubs depuis des années. Des photos et son témoignage de pêcheur qui vit cette rivière à travers ses yeux de pêcheur passionné.
Quand j'ai demandé à Nicolas ce qu'il pensait de cet effacement de barrage, ses mots ont été ceux-ci :
Ça a été un sacré choc quand je suis arrivé au Pré Bourassin et que j’ai vu toute la prairie retournée, ainsi que la partie de la rivière en aval jusqu’au Moulin…Il manque 2-3 m d’eau en dessous du barrage.
Il fallait un changement, la rivière est vraiment au plus bas. Les retenues réchauffent inutilement l’eau, mais elles permettent aussi un débit constant pendant les périodes de sécheresse, comme cette année.
Je trouve que ça a été fait de manière assez brutale dans un écosystème déjà menacé, mais il y a aussi beaucoup de nostalgie, surtout sur ce secteur, ce qui donne encore plus de poids à tout ça…
Maintenant la rivière est à nouveau libre, et la nature va reprendre ses droits.
On devine la compréhension des travaux, mais aussi la mémoire du pêcheur et l'attachement à son parcours avec tout ce que cela engendre.














Commentaires
Sous couvert d'écologie on détruit un système en place depuis 5 siècles. En plus de sacrifier le patrimoine et le paysage. On amène dans cette vallée des trains de semi-remorques pour 1400 tonnes de matériaux de carrière et 400 tonnes de blocs de carrière.
Ou est le naturel et l'écologie dans tous ça ?
Bonjour Nicolas
C'est un phénomène qui, malheureusement, a le vent en poupe.
Sur la rivière de mon AAPPMA les derniers barrages ou seuils, sont, ou vont être, supprimés, transformant la rivière en une longue rigole pour l'eau, qui ne fait plus que passer.
Le premier hiver a déjà montré les dégâts occasionnés, par les crues, sur les rives et les champs alentours, par la violence de cette eau que plus rien n'amortit.
Je n'ose même pas évoquer le coût de cette "destruction", je le connais, et en cette période économiquement compliquée pour beaucoup, ca fait tousser..
Concernant le Doubs, si le barrage du Moulin avait empêché les poissons de circuler, je pense que l'on s'en serait aperçu il y a un moment
Il paraît que les responsables de ces travaux "savent". Et surtout savent mieux que les gens de terrain, qui côtoient la rivière en toute saison, depuis des décennies.
Ce sont sans doute ces mêmes "bien sachant" qui ont installé sur cette même rivière que j'évoquais en début d'intervention, une échelle à poissons sur un seuil ( il y a longtemps, il n'existe plus), du côté qui était systématiquement à sec chaque année, alors que tout le monde le savait et avait mis en garde....
Technocratie quand tu nous tiens...
Bonsoir,
Pareil pour une petite rivière du Haut Doubs : la rêverotte (qui ne fait plus rêver !) Les petits seuils installés il y a longtemps ont disparus .. Ainsi que l'indique Nicolas, c'est maintenant une longue rigole.Les rochers installés pour d'éventuelles caches à truites (c'est une souche particulière ici) se retrouvent de chaque côté de cette rigole ! .Je ne vous parle pas du coût des travaux !
Peut être que dans 100 ans , s'il y a encore des truites;"ils" reconstruiront des seuils !.......
Merci messieurs pour vos retours. De mon côté je ne prends pas position car je ne connais pas les conséquences selon les décisions prises. Ce que je sais par contre, c'est que si des barrages de ce type étaient pétés chez moi alors que je les ai toujours connus, j'aurais du mal à l'accepter...